La Belgique ne vaut pas une messe

Par VALMY

A tous les jeunes wallons, en politique ou non, ni la Belgique ni Bruxelles ne valent une messe, pas plus que de se plier à apprendre la langue de Vondel.

Certains en ce « plat pays qui n’a jamais concerné la Wallonie » s’inquiètent de la désaffection des élèves wallons pour l’apprentissage de la langue de Vondel (RTBf, Aubry Touriel, 28/07/2018). Il ne faut pas perdre de vue que l’apprentissage du français en Flandre et du néerlandais en Wallonie relève d’un diktat politique soutenu par tous les partis politiques en ce Royaume. La Belgique multiculturelle, bien avant la mode actuelle, doit impérativement se survivre par tous les moyens mêmes les plus rebutants.

Par bonheur, la liberté de choix en Wallonie facilite l’engouement général, logique et compréhensible aujourd’hui, en faveur de l’anglais et d’autres langues. Or, pour certains déloyaux personnages en Communauté française – Fédération Wallonie-Bruxelles, il est important de convaincre les parents de choisir le néerlandais parce qu’en Belgique « on y est obligé pour trouver un emploi (sic) ».

Bénies soient les familles manifestant de la répulsion pour le néerlandais. Qu’à cela ne tienne, la solution immonde, afin de lobotomiser les petits Wallons en parfait zombies belgicains, se nomme : l’école en immersion. Par chance, la Communauté française – Fédération Wallonie-Bruxelles est à l’os et n’a plus les moyens de mener des politiques nouvelles et désastreuses (cf. Emily Hoyos, le 24/09/2013)

Cette évolution ne serait pas irréversible. De « mauvais génies en ce Royaume » constatent avec joie un afflux de Bruxellois francophones dans les écoles flamandes. En Région bruxelloise, la liberté de choix n’existe pas. Une nuance capitale, svp, ne pas confondre un Wallon avec un Bruxellois francophone ! Destrée en faisait d’ailleurs une description exotique qui se confirme encore actuellement. De plus, avec les générations qui passent, Bruxelles entre en orbite de la Flandre (les affaires sont les affaires !). Les Bruxellois plébiscitent le bilinguisme et les communes à facilités se diluent lentement dans la mouvance flamande.

Si la Communauté française – Fédération Wallonie-Bruxelles souhaite promouvoir l’excellence en Wallonie, qu’elle biffe le néerlandais de son enseignement au profit de langues à diffusion mondiale. L’entêtement contraire serait dévastateur surtout au vu de l’anglicisation de l’enseignement supérieur aux Pays-Bas. L’impulsion initiale à l’anglicisation massive qui se propage maintenant irrésistiblement a été donnée, en fait, en 2003 par le rapport Nederlands, tenzij … (Le néerlandais, sauf si …) de la Commissie Nederlands als Wetenschapstaal (Commission sur le néerlandais comme langue scientifique) de la Koninklijke Nederlandse Academie van Wetenschappen (KNAW – Académie royale des sciences des Pays-Bas). La teneur de ce rapport rend parfaitement l’état d’esprit dans lequel s’inscrit l’anglicisation actuelle, comme l’illustre l’extrait suivant de la conclusion : « L’avènement d’une lingua franca unique à l’échelle mondiale présente d’énormes avantages, surtout dans le domaine de la connaissance. Pas seulement dans les disciplines scientifiques, mais aussi dans les disciplines littéraires ou les sciences humaines. C’est pourquoi il faut encourager l’usage de l’anglais sans rancune et avec entrain ». Le lecteur français ne manquera pas de remarquer avec quelle franchise la « perte d’importance » du néerlandais est rationalisée. (13/03/2016, Sepentrion, Daardaar).

Toutefois, en Belgique, la connaissance du néerlandais ouvre-t-elle toutes les portes pour trouver un travail ? FAUX, archi-faux !

Le 23/04/2014, Trends Tendances publiait un article primé (prix Citi – 2013) de Gilles Quoistiaux, au titre plus qu’évocateur : « Comment les Flamands ont kidnappé l’économie belge ». Le sujet est toujours tabou car il n’existe pas d’avenir professionnel pour les jeunes Wallons « en notre royaume où il fait si bon vivre (sic) ». Dans le privé, les Flamands détiennent SEPTANTE POUR CENT des fonctions de directeur financier, de directeur juridique, de directeur de marketing et SEPTANTE-TROIS POUR CENT des fonctions (stratégiques) de directeur des RESSOURCES HUMAINES. Les Flamands se retrouvent également majoritaires dans le secteur du conseil, à savoir les avocats d’affaires (très influents) et les consultants stratégiques.

JAMAIS les Wallons ne briseront « ce plafond de verre » pour la simple raison que les recruteurs flamands n’engagent et ne promotionnent qu’au travers d’un prisme ETHNIQUE, contrairement à la minorité de recruteurs wallons (ndlr : dindons).

Dans les institutions centrales, fédérales, du Royaume de Belgique, sans oublier les représentations européennes et internationales, la situation est tout aussi alarmante et défavorable aux Wallons. Dans les administrations fédérales (civiles et militaires) de l’Etat et dans les institutions « para -étatiques », les lois linguistiques auxquelles feu le Bruxellois Arthur Gilson, Ministre de l’intérieur PSC de 1961 à 1965, attacha son nom, ont produit et produisent toujours leurs effets néfastes et discriminatoires à l’encontre des Wallons par le biais d’un « bilinguisme » qui, semble-t-il, est à la portée des seuls Flamands. Ainsi, tous les postes de commande passent définitivement aux mains des Flamands DONC de la Flandre. (cf. Le Divorce Belge, Lucien Outers,1968).

Au XXI e siècle, les Wallons vivent, au sein du Royaume de Belgique, une situation similaire à celle de leurs aïeux sous la coupe du Royaume des Pays-Bas avant la révolution de 1830 ! Cette ségrégation, similaire à un apartheid à peine déguisé, rappelle l’application de « l’arithmétique hollandaise » sous le règne de Guillaume 1er d’Orange. Et dire qu’aujourd’hui, certains au MR et au CDH (ex-PSC) marchent sur la tête et en redemandent. Jusqu’où ira l’aveuglement ? Il devient pressant que les Wallons déchirent le voile de la supercherie belge qui leur dissimule l’horrible réalité.

Comment faire comprendre aux PS, MR, CDH, ECOLO et PTB que grâce au BENELUX, la Belgique et la Hollande s’activent d’effacer 188 ans « d’erreurs ». A la faveur de cette machine de guerre francophobe et wallophobe, créée en 1944 par les gouvernements en exil des Pays-Bas, de la Belgique (bien merci à P.H. Spaak, bruxellois et PS) et du Grand-Duché de Luxembourg, la solidarité entre Flamands et Hollandais devient plus qu’une union douanière, elle implique aussi un rapprochement culturel et spirituel.

Il ne faut pas perdre de vue que le Bénélux et l’unité européenne permettent à la « souche néerlandaise », scindée au XVIe siècle et en 1830, de reforger enfin un noyau colossal d’activités portuaires, commerciales et industrielles au bénéfice exclusif de vingt-trois millions sept cent mille Grand-Néerlandais (NL + VL). Géographiquement, le Bénélux correspond au royaume uni des Pays-Bas tel qu’il existait entre 1815 (congrès de Vienne) et 1830 (indépendance de la Belgique). Dans cet ensemble qui restaure activement les anciens Pays-Bas si les Wallons ne s’en évadent pas à temps, ils subiront, « parqués dans leur réserve d’indiens », la loi implacable d’un ensemble revanchard majoritairement germanique car il faut additionner à la masse néerlandaise : six cent deux mille Grand-Ducaux (attachés à la Maison de Nassau-Weilburg, liée à la Maison Orange-Nassau), septante mille Allemands de l’Ostbelgien et, se coulant dans l’orbite de la Flandre, un million cent quatre-vingt- quatre mille Bruxellois très particuliers, égocentriques, francophobes et wallophobes.

Voilà de quoi dégoûter les Wallons de se plier à l’apprentissage du néerlandais comme le voudrait la Communauté française – Fédération Wallonie-Bruxelles, cet outil hypocrite de l’asservissement des Wallons au Royaume de Belgique et par là au Pays-Bas de 1815 ressuscité.

Le Mouvement flamand et les dirigeants politiques de Flandre s’inquiètent du refus persistant de l’Europe de reconnaître le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, s’agissant de l’irrédentisme de l’Ecosse et de la Catalogne. L’Europe se garde bien de rappeler certains faits historiques survenus en 2008 qu’elle dut accepter ainsi que les USA et l’OTAN.

En août 2008, la Russie proclama reconnaître l’indépendance de l’Abkhazie et de l’Ossétie du sud. Le Président Medvedev annonça qu’il s’arrogeait le droit d’agir comme les Occidentaux l’avaient fait dans les Balkans (Guerre en Yougoslavie, le cas du Kosovo). Il insistera sur les principes du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, principes invoqués particulièrement par la France pour justifier « l’indépendance du Kosovo ». (Hélène Carrère d’Encausse – La Russie entre deux mondes – 2011)

En réalité, la reconnaissance russe de l’Abkhazie et de l’Ossétie du sud revêt une toute autre portée, PRIMORDIALE POUR L’AVENIR DE LA WALLONIE ET DE LA FLANDRE : le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes impliquerait non seulement le droit à la séparation mais aussi à l’UNION ! Cela vaudrait également pour l’Irlande et l’Irlande du Nord.

Si l’URSS des années 1920 put se constituer de cette manière, de quel droit refuserait-on à la Flandre de s’unir enfin aux Pays-Bas et recréer le territoire de l’Union d’Utrecht (1579) anéantie par l’Espagne ? De quel droit refuserait-on à la Wallonie de s’unir enfin à la France après les séparations orchestrées unilatéralement par la Grande Bretagne en 1815 et en 1830 ?

Il y a là une piste à suivre par les juristes wallons !

Comme les convoyeurs, Demotte attend

Valmy réagit à un article d’opinion publié le 27 juillet sur le site du Vif/L’Express.

La francophonie mondiale change de chef…              Et alors ?

Par Gaëtan van Goidsenhoven, député au Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles et membre de la Commission des relations internationales

Deux candidatures antagonistes se profilent en vue de l’élection du prochain patron de l’Organisation internationale de la francophonie cet automne.

Au grand désintérêt apparent de la Belgique francophone (…)

Cette question, qui ne semble soulever aucune émotion dans la partie francophone du pays, n’est pourtant pas anodine. En effet, deux candidatures largement antagonistes se profilent et l’élection de la nouvelle figure de proue de la francophonie internationale pèsera indubitablement sur l’avenir et le développement de l’OIF.

D’un côté, l’actuelle titulaire du poste, Michaëlle Jean, au bilan contesté (…). De l’autre, l’actuelle ministre des Affaires étrangères rwandaise, Louise Mushikiwabo, dont la candidature suscite des inquiétudes (…) puisque l’anglais a supplanté le français dans l’enseignement depuis 2008.

Avancer les pions

Le Canada et le Québec ont déjà exprimé leur soutien à leur compatriote Michaëlle Jean. La France, de son côté, a exprimé une prédilection sans nuance en faveur de Louise Mushikiwabo (?). De plus, Louise Mushikiwabo a reçu le soutien officiel du Comité des candidatures de l’Union africaine, malgré les réticences à l’égard d’une candidature jugée trop anglophone.

La francophonie belge ne dit rien

La Fédération Wallonie-Bruxelles, pour sa part, et malgré son statut de gros contributeur de l’OIF (le plus important en nombre d’habitants), reste pratiquement muette dans un dossier jugé digne d’intérêt dans le reste de la francophonie.

Saine prudence ou fâcheuse pusillanimité ? Force est de constater que, pour l’instant, les hautes autorités de la francophonie belge ne disent que peu de choses.

Le très mesuré (sic) chef du gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles, Rudy Demotte, a déclaré en séance publique du parlement : « Pour nous, la stratégie de l’OIF prime sur le choix du futur ou de la future secrétaire. Nous attendons (sic) donc que cette stratégie soit clairement définie… » Soit.

Si cette prudence pouvait être audible à un moment où n’existaient aucune candidature plus ou moins officielle ni aucun soutien officiel de la part des principaux représentants de la francophonie, ce silence risque de devenir assourdissant et le sens que nous pourrions donner à un éventuel soutien de candidature, de moins en moins significatif.

Monsieur Demotte a annoncé récemment qu’il enverrait une liste de questions de fond aux candidats déclarés en leur demandant de se positionner quant à celles-ci. Il considère qu’il sera mieux à même de se prononcer lorsque les candidats se seront positionnés sur les différentes questions. Habile façon de postposer le moment où il faudra décider de l’attitude à adopter. Jusqu’à attendre la tenue du sommet d’Erevan, où notre Fédération se soumettra à l’opinion majoritaire des autres Etats membres, sans avoir eu le courage d’annoncer sa propre position ?

Un rôle de spectateur !

Certes, la position africaine doit également nous éclairer au regard du poids démographique de ce continent au sein de la francophonie d’aujourd’hui et de demain. Mais à l’heure où la posture des uns et des autres s’affirme toujours davantage, pouvons-nous, Belges francophones, nous contenter d’un rôle d’aimable spectateur face au jeu d’influences qui se déroule devant nos yeux ?

Devons-nous nous inscrire dans la volonté géopolitique du Président français visant à solder son contentieux historique avec le Rwanda à travers une candidature à la tête de l’OIF ?

Voulons-nous réaffirmer notre soutien à l’actuelle secrétaire générale dont les qualités étaient régulièrement louées à chacune de ses apparitions dans nos instances francophones belges ?

A moins que – mais cela est peu probable – le gouvernement francophone ne souhaite proposer une démarche singulière…

Face au silence persistant de Rudy Demotte, nous nous perdons en conjectures. A l’heure où la Fédération Wallonie-Bruxelles se positionne sur un nombre considérable de dossiers internationaux sur lesquels notre influence est limitée (voire nulle), il serait incompréhensible de rester muet sur les prochains enjeux de la francophonie, là où notre voix compte indéniablement et où il est de notre devoir de la faire entendre.

LA CONCLUSION DE VALMY :

Comme d’habitude, les Wallons tiendront encore le rôle de pigeons. Sur le front du Belgium comme sur celui de l’international, la Fédération Wallonie-Bruxelles, en réalité l’apparatchik Demotte, ne sert qu’à jeter de la poudre aux yeux et surtout l’argent des contribuables par les fenêtres. Le mutisme, que ce soit dans ce dossier, jugé digne d’intérêt dans le reste de la francophonie, ou dans tous les autres, en politique intérieure, ne cache même plus la mystification institutionnelle dont les Wallons sont victimes. La F-W-B est bien une mystification institutionnelle, soutenue hélas par toutes les factions politiques wallonnes, destinée à intoxiquer, désinformer et surtout cacher aux Wallons les objectifs inavouables de leurs dirigeants.

Que Charles Michel ne se trompe pas de cible

Par Jules Gheude

Alors que le choix du gouvernement belge concernant le remplacement des F16 devrait tomber prochainement, Claude-France Arnould, l’ambassadrice de France à Bruxelles, a tenu à s’exprimer dans le journal flamand « De Standaard ». Selon elle, si l’option devait se porter sur le F 35 américain, il est clair que la Belgique ne pourrait pas collaborer au projet du nouvel avion de combat franco-allemand : Si l’on pense qu’il est possible d’acheter le F35 tout en développant le SCAF (Système de Combat Aérien futur), je dois souligner que cette idée relève d’un malentendu.

Cette déclaration a déplu au Premier ministre Charles Michel, qui y voit une ingérence inacceptable dans les affaires intérieures belges et qui a chargé son conseiller diplomatique de rappeler l’ambassadrice à l’ordre.

Il est clair que cette situation est de nature à détériorer nos relations avec la France. Ceci alors que les commentaires peu amènes des supporters des Diables Rouges à l’égard de la France ne cessent de se répandre après la victoire des Bleus en Coupe du Monde.

Dans ce délicat dossier du remplacement de nos avions de chasse, seuls l’Eurofighter britannique et le F 35 américain restent officiellement en lice, la proposition française du Rafale ayant été faite en dehors de la procédure de l’appel d’offres. Ce qui ne signifie nullement qu’elle ne peut être prise en considération. Mais la N-VA a clairement fait savoir qu’elle ne voulait pas la soutenir.

Alors que le Royaume-Uni s’est prononcé pour le Brexit et que le président américain Donald Trump n’est pas enclin à faire le moindre cadeau à l’Union européenne, le choix du Rafale ne devrait-il pas tout naturellement s’imposer ? D’autant que, comme l’a rappelé l’ancien patron de la base de Florennes, le colonel Luc Gennart : « Notre coopération avec les armées françaises est depuis plus de deux décennies parmi les plus intenses que nous puissions avoir avec des partenaires européens. Le groupe Dassault Aviation est déjà fortement implanté en Belgique depuis plus de 50 ans dans un réseau de 800 entreprises partenaires. »

Dans moins d’un an se tiendront chez nous des élections législatives qui pourraient bien déboucher sur l’impossibilité de constituer un gouvernement. En cas d’implosion du pays, les Wallons se trouveraient dans une situation budgétaire intenable, qui engendrerait une baisse sensible des prestations sociales. Le seul pays sur lequel ils pourraient alors compter serait la France, dont ils n’ont été écartés que par les hasards de l’Histoire. Souvenons-nous des propos tenus par le général de Gaulle à son ministre Alain Peyrefitte, en 1967 : « Les Wallons retrouveraient au sein de la France la fierté d’appartenir à une grande nation, la fierté de leur langue et de leur culture, le goût de participer aux grandes affaires du monde et de se battre pour de grandes causes humaines. Toutes ces choses qu’ils ont perdues dans leur association contre nature, imposée par les Anglais, avec les Flamands qui ne les aiment pas et qu’ils n’aiment plus. »

Que Charles Michel ne se trompe surtout pas de cible et qu’il n’oublie pas ce qu’avaient déclaré naguère François Perin et Jean Gol ! Jean Gol dont le Centre d’études du MR porte d’ailleurs le nom…

La honte

Adrien LHOMME réagit de la façon suivante à un article publié par l’Union des Français du Monde. (Plus bas, nous reprenons l’article en question.)

Je suis wallon et fier de l’être. Je suis donc francophone et fier de l’être aussi.

Je ne regarde jamais les matchs de football, sauf lors des grandes compétitions. J’aime voir jouer les artistes du ballon rond et les combinaisons qu’ils imaginent. J’ai aimé les matchs joués par la Belgique, par la France et j’ai admiré les deux équipes en demi-finale.

Depuis lors, tout a basculé. Mon épouse étant française, il ne se passe pas un jour sans que nous constations, à Bruxelles, une inexplicable animosité envers la France et les Français.

Aujourd’hui, je me demande s’ils n’ont pas raison ceux qui, depuis plus d’un siècle, fustigent une propagande médiatique, sournoise et subliminale anti-wallonne et anti-française.

J’ai honte de cette Belgique qui n’ose même plus s’appeler par son nom puisque nous sommes désormais « the Belgium », pays habité par des « Belgians ».

Que mes frères français sachent que la Wallonie, dans sa grande majorité, aime la France. Certains mêmes rêvent d’appartenir à l’Hexagone. 

Adrien Lhomme, le 19 juillet 2018

L’article publié par l’Union des Français du Monde :

Les Belges francophones regardent TF1, sont clients de la BNP et de Carrefour, partent en vacances dans le sud, connaissent mieux les tribulations de nombreux politiques français que nos compatriotes, et pourtant, quand il s’agit d’un match entre les bleus et les diables rouges, la vieille rivalité reprend le dessus !

C’est toute l’amitié franco-belge qui est mise à mal. Guillermo Guiz, humoriste et chroniqueur belge bien connu des Français, dans le quotidien belge Le Soir, jette un pavé dans la mare dès le 30 juin : « Samedi [pour le match France – Argentine NDLR], sur le coup de 16h, on sera tous derrière nos postes avec des pensées impures. Des pensées sales, un peu viles, un peu mesquines, un peu nazes, mais TELLEMENT plus fortes que nous, plus fortes que moi. Parce que sur le terrain, face à l’Argentine, il y aura la France.

Et le Belge moyen, celui  dont le père, reporter de guerre, a été torturé à l’éponge électrique dans les geôles de Videla, le Belge moyen, dont la femme s’est brisé une rotule, sa préférée en plus, avec incapacité de travail permanente et divorce à la clé, tout ça parce qu’elle était ‘à fond dans le tango, tu vois ?’, eh bien même lui, même le Belge moyen, il tuerait, samedi, à 16h, pour que la Grande voisine se fasse démonter par l’Argentine. »

La compétition continuant, c’est le choc tant attendu, et redouté, qui est apparu avec un France – Belgique historique au stade de Saint-Pétersbourg mardi 10 juillet.

Les Français de Belgique, si habitués à subir des quolibets sur leur supposée arrogance ont été servis : la Belgique, forte d’une équipe historiquement excellente, était sûre de gagner ce derby, le sien, celui contre le seul adversaire qu’elle souhaitait réellement battre : l’Hexagone. Ce fut pourtant la défaite, et les insultes ont fusé, sur les réseaux sociaux, dans la presse, dans la rue. Match forcément truqué, joueurs français indignes de ce sport, que n’a-t-on pas entendu ?!

Plus grave, mardi 10 juillet, après la qualification historique de la France pour la finale de la coupe du monde, des escarmouches se sont d’ailleurs déroulées dans le centre de Bruxelles et 7 véhicules immatriculés en France ont été incendiés dans les rues de Mouscron dans la province du Hainaut.

Nous sommes plus de  60.000 dans les communes bruxelloises et entre  250.000 et 350.000 dans le pays.  Nous partageons avec nos hôtes une langue et dans une large mesure une culture commune.  Beaucoup d’incompréhension pourtant parmi les Français de Belgique face à cette hostilité irrationnelle de nos cousins.

Pourquoi une telle rivalité alors ? Philippe Geluck, célébrissime dessinateur belge très présent en France s’en est désolé sur les ondes de BFMTV. Il est un bel exemple de l’amitié franco-belge. Il y en a d’autres : Charline Vanhoenacker qui fait marrer la France chaque matin, Stromae qui remplit des salles entières, Tintin qui fait partie du patrimoine mondial de la francophonie. La France, fière de la diffusion de la culture francophone partout dans le monde est pourtant un merveilleux ambassadeur de cette belgitude francophone si spécifique et attachante que le monde aime.

« Le patriotisme, c’est aimer son pays. Le nationalisme, c’est détester celui des autres » disait le Général de Gaulle. Les Français de Belgique aiment leur pays d’origine et leur pays d’adoption, et souhaitent le meilleur parcours possible aux deux équipes pour la petite et la grande finale. Il n’y a pas de rivalité, seulement de la fraternité.

Et parce que nous sommes des patriotes et non des nationalistes, nous disons haut et fort : vive le Sport. Vive les Bleus. Vive la France, et Vive l’amitié Franco-Belge.

François Lestanguet, le 11 Juillet 2018

France-Belgique

Par Georges Régibeau

La tension monte. On y est. Ce n’est qu’un match de football, évidemment, mais on se souviendra longtemps de celui-là. Parce qu’on est en demi-finale de la coupe du monde. Parce que les deux équipes sont de force égale et que le vainqueur sera favori pour la finale. Parce que c’est la France et la Belgique.

On ne va pas retenir sa joie. Cinquante ans après mai 68, tant mieux si l’humeur est à la fête, il serait malvenu de disserter sur la société du spectacle. On s’abandonne volontiers à ce climat de liesse populaire qui transcende actuellement le quotidien des Belges et des Français. De l’émotion, du rêve à tous les rayons du supermarché. Bien sûr, à cet essaim de consommateurs plus ou moins vissés à leur bière autant qu’à leur télévision, dont nous faisons partie, on peut souhaiter de vivre un bonheur plus authentique et plus intime, moins volatile, que cette excitation qui pousserait les foules à l’orgasme en cas de victoire finale. Mais on s’en fout, ce qui nous transporte est forcément nourri de fantasmes, on ne s’embarrasse pas de subtilité, on se la joue à l’instinct, on s’identifie à des joueurs surpayés, dont les succès seront les nôtres, et peut-être a-t-on raison.

Cela dit, vu de Belgique, les Français ne sont pas des adversaires comme les autres. Pour des Wallons naturellement tournés vers la France, cela tient de l’évidence. Mais une telle proximité génère des sentiments complexes, comme il peut y en avoir au sein d’une même fratrie, en particulier chez le « petit » frère, et quand l’ignorance et la mauvaise foi s’en mêlent, cela peut donner l’impression qu’il y a un contentieux à régler, une revanche à prendre, et cela nous agace.

Il faut faire la part des choses, évidemment. Dans le contexte du football, on pourrait s’attendre à pire. Il y a des rivalités qui sentent la poudre. Pour avoir « liké » un tifo de l’Olympique de Marseille, Thomas Meunier n’était pas loin de se faire lyncher par les ultras du PSG, ceux-là même qui, voici dix ans, se sont distingués par une banderole scandaleuse à l’adresse des supporters de Lens : « pédophiles, chômeurs, consanguins : bienvenues chez les Ch’ti ». Notons que cette banderole a provoqué une réaction forte en France. Rien de comparable en « Jupiler league », où des supporters flamands se plaisent à chanter « les Wallons c’est du caca ».

Passons. Pour les Flamands, nous sommes à la veille du 11 juillet, date anniversaire de la bataille des Eperons d’Or, qui a vu la puissante armée du roi de France tomber sous les coups des milices communales venues de Bruges. Un succès qui n’a pas changé le cours de l’histoire, mais tout un symbole, que l’historiographie nationale s’est approprié pour le faire entrer dans la tête des « p’tits Belges », afin d’y faire exister ce pays qui, depuis, a bien dû abandonner cette référence historique au nationalisme flamand, tellement plus en phase avec le récit qu’en a donné Henri Conscience au milieu du XIXe siècle.  

Mais passons, passons. Côté français, c’est plutôt de la conscience de Thierry Henry qu’il est question aujourd’hui, puisqu’il a mis son expérience au service des Diables rouges. Honnêtement, on ne sait pas comment il vivra ce match, mais il nous plaît de relever l’attachement des joueurs wallons à l’équipe de France. Thierry Henry, c’était l’idole du jeune Axel Witsel, ce Liégeois qui, par son père, est d’origine franco-martiniquaise et compte à présent près de cent sélections sous le maillot des Diables rouges. Quant à l’étoile Eden Hazard et son frère Thorgan, formés à Lille et à Lens, c’est avec la vareuse de l’équipe de France et le numéro 10 de Zidane qu’ils rêvaient de gloire en étant gosses. Avec Thomas Meunier, le sociétaire du PSG qui aime tant communiquer dans les médias français, c’est un peu différent. Il défend la Belgique à la façon d’un Benoît Poelvoorde mais il vient du club de Virton, où l’on célèbre les victoires en chantant la Marseillaise, et même s’il a joué plusieurs années au « Jan Breydelstadion » de Bruges, son idole était Michel Platini et pas Jan Breydel, le héros flamand du 11 juillet 1302. Reste Nacer Chadli, qui a grandi avec Witsel; né à Liège, lui aussi, il a la double nationalité belge et marocaine; on serait surpris d’apprendre que l’équipe de France l’a laissé indifférent.

Mais passons, passons, passons. Ce ne sont que des bavardages pour meubler le temps qui nous sépare du match. Il serait plus intéressant de parler du livre de Philippe Van Parijs, cet intellectuel bruxellois (et non parisien) qui veut absolument sauver la Belgique et suggère, pour cela, d’en faire un pays anglophone. Inutile de revenir sur le football, sur Roberto Martinez (l’Espagnol ou Catalan qui parle anglais) et sur le marketing autour des « Diables rouges » (we are Belgium). Faisons seulement remarquer que l’anglais est largement pratiqué aux Pays-Bas (et dans les pays scandinaves) et que si Van Parijs veut faire oublier la frontière linguistique en nous séparant davantage de la France, les choses se présenteront différemment du côté « Nord ».

Mais passons, car le match va commencer… Il semblerait qu’Obélix soit devenu Obelgix. Quant à Astérix, on ne sait pas où il se cache.

Wallon, qui es-tu ?

Cette question a été posée par André Patris dans un livre publié en 1990. L’évolution de l’Etat belge devrait la rendre incontournable.

A la demande du gouvernement wallon, l’Institut Jules Destrée vient de réaliser une video présentant la Wallonie, appréhendée essentiellement dans son épaisseur historique, de façon à lui donner une plus grande conscience d’elle-même.

A voir et à partager.

Que penser des Wallons qui vouent un culte à la N-VA ?

Jean-Luc Lefèvre réagit à la dernière carte blanche que Jules Gheude a publiée sur le site du quotidien « Le Soir ».

Bonjour, Jules,

Que la stratégie de B.D.W. soit la seule de nature à faire imploser l’état belge et donc accélérer un éventuel rattachement à la France est une chose, indiscutable, en tolérer sous ce prétexte, comme effets collatéraux, toutes les dérives en termes humanistes (hier, le wallon paresseux et aujourd’hui l’étranger d’origine subsaharienne) en est une autre.

Car la fin ne justifie pas tous les moyens, sauf à s’inscrire dans les pas de Machiavel et, pire encore, ceux de Hobbes. Après tout, que l’état indépendant soit de Flandre ou d’ailleurs, ce sera toujours un Leviathan, une machine à écraser.

Je prétends pour ma part que l’on peut, à la fois, en avoir ras le bol de l’état belge, sous tutelle flamande, en souhaiter la disparition et l’intégration négociée  de la Wallonie à la France sans faire pour autant preuve d’un culte à la N VA et à son président. Pas même d’allégeance car je ne l’ai pas élu.

Cordialement, mais sans concession,

Jean-Luc, Jambes

La Flandre, qui méprise la Wallonie, est allergique à la France!

Lu sur le blogue de Roland Douhard « Le coin de vue »

Bart de Wever, véritable premier ministre belge, passe son temps à humilier Charles Michel !

« L’avion de combat français, Rafale, n’est pas un bon plan. Il n’est pas suffisamment performant pour notre défense. La prolongation des F-16 est exclue également », a indiqué dimanche Bart De Wever: « 3,4 milliards d’euros pour un appareil qui permet de ne rien faire, cela n’a aucun sens », a lâché le président du parti nationaliste flamand, N-VA.

Ce 24 juin, Charles Michel, libéral francophone du MR, en principe premier ministre belge, s’est à nouveau fait humilier par son « allié » nordique de la majorité fédérale, en réalité, nous le voyons chaque jour, véritable détenteur du pouvoir en Belgique. Le pays doit renouveler la flotte de ses avions de combat, les vieux F-16, qui arrivent en bout de piste.

La Flandre, qui s’honore, chaque 11 juillet, de manière tonitruante, d’avoir vaincu, avec de pauvres moyens, les fières troupes françaises du roi Philippe IV, lors de la bataille de Courtrai, dite des éperons d’or, en 1302, n’en a toujours pas fini avec son allergie à la France. Il s’agit en fait d’empêcher tout rapprochement économique, voire culturel entre les Wallons et la France.

Par exemple, de manière tout-à-fait anormale, la Belgique n’a jamais accueilli de Sommet de la Francophonie, alors que Paris, Québec, Beyrouth et bien d’autres capitales africaines ont été choisies pour recevoir cette organisation internationale.

Malgré une offre de coopération industrielle exceptionnelle, qui permettrait aux entreprises belges de l’aéronautique, il est vrai, aussi wallonnes, de participer à la construction du nouvel avion de combat franco-allemand, projet hautement européen, annoncé la semaine dernière par Emmanuel Macron et Angela Merkel, les nationalistes flamands n’en démordent pas.

Pour eux, il faut absolument tuer dans l’oeuf toute tentation française, donc écarter la France et son Rafale, probablement le meilleur avion militaire au monde, la plupart des spécialistes internationaux s’accordent sur ce point. L’Inde (36 appareils), le Qatar (36 appareils), l’Egypte (24 appareils), la Malaisie (18 appareils)  ont choisi le Rafale et l’Arabie saoudite s’apprête à faire de même.

Pour un avion « qui ne sert à rien », faut croire qu’il n’y a que des abrutis dans ces pays pour préférer l’appareil de Dassault. « Nos amis flamands » veulent se tourner résolument vers l’avion américain de Lockheed Martin, le F-35, et signer avec les Etats-Unis, un pays en proie à une poussée nationaliste et isolationniste aiguë. « America first », pour Donald Trump et désormais la Flandre.

L’Europe attendra. Pour la forme, afin de respecter les règles juridiques qui régissent les appels d’offre, Il y a aussi dans la course l’Eurofighter Typhoon, qui n’a aucune chance de séduire Bart de Wever.

Trump, voilà un président américain, qui nous crache littéralement au visage, qui passe son temps à nous faire une guerre économique, à tenter de nous diviser et, pour les beaux yeux de l’Etat flamand, nous devrions rompre la solidarité européenne, tourner le dos au projet plus que jamais nécessaire d’une Europe de la défense ? Non. La Flandre, en voulant imposer aux francophones belges un partenaire déloyal, somme toute, dangereux, aux côtés de ses partis frères europhobes, voire racistes, veut soumettre davantage la Belgique au diktat américain, tout en espérant recueillir pour ses entreprises électroniques des retombées commerciales.

Le F-35 n’est certainement pas meilleur que le Rafale, mais il est plus cher, notamment en coûts d’entretien. Il ne peut être question d’écarter l’offre française, sous prétexte qu’elle est proposée hors appel d’offre, procédure juridique, rappelons-le, à un seul coup qui peut, à tout moment, être abandonnée par le gouvernement fédéral belge.

Le véritable partenariat structurel, industriel et militaire européen qui s’ouvre à la Belgique représente une plus-value pour le pays, ses entreprises et ses travailleurs. Et si la Wallonie, pour une fois, y trouve son compte, où est le problème ?

Tout autre choix serait incompréhensible, si ce n’est son rôle de cheval de Troie américain dans l’enceinte européenne. La Flandre, ivre de son nationalisme, méprisante à l’égard de la Wallonie, fidèle à sa répulsion de la France et alliée des europhobes, n’est pas à une fourberie près.

Roland Douhard, le 24 juin 2018.    

La Wallonie avec la France en Europe et dans le monde