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Nous vous consultons

Madame, Monsieur,

Comme promis lors de notre dernier contact, voici le questionnaire (anonymat respecté) qui nous permettra de recueillir votre perception, vos attentes, afin que nous nous adressions aux partis politiques démocratiques wallons, comme décidé, afin de connaître leurs fermes intentions suivies bien évidemment d’actions en les priant de ne pas nous renvoyer aux programmes électoraux ! C’est donc bien du CONCRET dont il s’agit.

Faut-il rappeler nos préoccupations et craintes les plus vives pour la Région wallonne et la Communauté française dès les années 2024-2025, mais hélas aussi déjà auparavant vu les contraintes budgétaires alourdies par les retombées économiques négatives du coronavirus… tout cela rendant plus crédible que jamais notre aspiration profonde à rejoindre la France ! Au-delà de la grande idée, c’est aussi l’économie qui nous rappelle à l’ordre.

Suite au dépouillement du présent questionnaire, après rédaction et expédition des questions posées aux partis, après réception de leurs réponses, nous publierons, sur notre site et ailleurs, les réponses – ou absences de réponses. Elles nous permettront, c’est le but, de prévoir notre ligne d’action jusqu’aux prochaines échéances électorales fédérales et régionales.

Ces compilations et publications des acquis concrets validées par le Conseil général ou l’Assemblée générale de notre mouvement, selon les circonstances, dicteront donc bien notre ligne d’action décidée par VOTRE volonté.

MODE D’EMPLOI DU QUESTIONNAIRE :

  1. Merci de le renvoyer AVANT le 20 AVRIL sous forme informatique interne (cliquer sur le lien) OU en version papier (également anonyme) à l’adresse 105A/9A, avenue Dolez, 1180 Uccle).  Nos actions programmées devront en effet suivre au plus tôt.
  2. Seul l‘avenir de la Wallonie compte pour notre mouvement citoyen pluraliste : la généralisation voulue des questions exclut donc tout intérêt ou revendication partisane, chacun(e) conservant cependant son expression politique propre. On  le comprendra aisément.
  3. Liberté de répondre ou pas aux questions reçues considérées comme plus personnelles.
  4. Possibilité de joindre séparément des questions, réflexions ou suggestions.
  5. Aux questions OUI  –  NON : entourer la réponse souhaitée.
  6. Aux questions 0  1  2  3  4  5 : idem (0 = pas du tout, 5 = tout à fait).

VOTRE AVIS EST INDISPENSABLE ! MERCI D’AVANCE !

la Wallonie radiographiée par la C.E.S.E.

Chères amies et chers amis de l’AWF,

Nous vous invitons à découvrir une étude objective, sur base de chiffres et de constats, qui n’émet pas de jugements sur les politiques menées (ou pas !). 

75 ans d’histoire économique en Wallonie : 1945-2020, publiée par le C.E.S.E (Conseil Economique Social et Environnemental de Wallonie.)

Les graphiques des courbes du P.I.B. de Flandre et de Wallonie montrent le basculement, d’abord, l’écart qui se creuse ensuite, sans se combler. Les politiques wallonnes peinent à éviter de retomber plus bas, de crise en crise…

L’aveu : « les objectifs ambitieux ont du mal à se concrétiser en termes de création de valeur et d’emploi » (données les plus récentes, entre 2010 et 2020).

Et durant tout ce temps, combien de fois n’a-t-on entendu dans la bouche de certains politiques que la Wallonie se redressait ? Surtout en périodes électorales !

Chacun pourra se faire une idée suite à une lecture très instructive des pages annexées. Pour notre part, nous posons la question suivante qui va ouvrir débat sur notre site de l’ALLIANCE WALLONIE FRANCE :

 Mais que convient-il donc de faire pour que notre Wallonie se redresse REELLEMENT ?

Lettre aux membres, sympathisants et citoyens,

Madame, Monsieur, Chers Affiliés et Sympathisants,

2020 restera pour toutes les associations dont la nôtre une année particulièrement marquée par la distance et la distanciation (!) entre les adhérents ! Impossibilité de réunir normalement Conseil général ou Assemblée générale, mais cependant et heureusement de nombreuses visio-conférences de votre Bureau exécutif qui a mis au point l’expédition de la brochure « Une Wallonie maîtresse de son destin ? » aux sénateurs et députés des Hauts-de-France et de la Région Grand-Est (plus de deux mille euros, impression et frais postaux).  Nous avons de plus  adopté le plan de travail suivant :

–        Un mois après versement de vos cotisations pour 2021, vous recevrez des informations sous forme de questionnaire. Votre précieuse collaboration nous permettra de fixer une ligne de conduite pour les prochaines années, 2024-2025 étant surtout dans le viseur…

–        Après dépouillement et dès que possible, réunion du Conseil général ou de l’A.G. en vue de valider notre appel pressant aux partis politiques démocratiques wallons. Il est effectivement plus que temps que les formations politiques disent et surtout fassent tout pour éviter la faillite de la Wallonie ET de la Communauté française dès 2024-2025 (suppression programmée des transferts Nord-Sud suite à la Loi de Financement de 2014 découlant de la réforme de l’Etat de 2011)

–        Effectivement, il est plus que temps que Wallonie ET Communauté française, cette dernière  en voie de perdition, donnent les élans et réalisations concrètes résultant des traités signés avec la France, gages de collaboration fructueuse, rapprochement bien visible et retombées positives pour tous !

Dès lors, tout en rappelant bien que notre mouvement citoyen pluraliste ne reçoit aucune subvention, que nous existons, personne d’entre nous n’en doute, pour nous consacrer à la défense de NOTRE Wallonie face à l’hégémonie flamande, nous nous permettons de vous inviter à renouveler votre cotisation pour 2021.

Le Conseil général de l’ALLIANCE WALLONIE France vous présente donc ses meilleurs voeux pour 2021. Puisse la nouvelle année être constructive et vivante !

Rappelons, si ce n’est déjà pas le cas, les DEUX moyens d’être en ordre de cotisation :

1)           a) Un ordre permanent de 2,5 € | 5€ ou 10 € –   ou plus / mois OU

      b) Un versement annuel, soit de 12 € (allocataires sociaux, étudiants, retraités ou membres d’une même famille), soit de 24 € (cotisation ordinaire) soit à partir de 30 euros (membre d’honneur ou de soutien) au compte :

 BE26 0682 4499 3129 (BIC GKCCBEBB) de l’A.W.F, 22, rue Fêchereux, 4130 Esneux.

2)        Ou anonymement au compte BE55 0882 4070 0744. Merci.

Dans les deux cas, merci de préciser votre adresse postale et pour celles et ceux qui reçoivent cette invitation par voie postale et pour autant que vous le désiriez, faites-nous la gentillesse de nous faire parvenir via notre adresse courriel : awf.accueil@gmail.com votre propre adresse de messagerie (économies de timbres, pour l’avenir).

Signaler un changement d’adresse postale ? Courrier à envoyer à M. Adrien LHOMME, 105 A , bte. 9 A,  1180 Uccle.

Recevez, Madame, Monsieur, nos très cordiales salutations.        

Pour le Conseil général de l’Alliance Wallonie France,

Nicolas THIRION, Président.

Quatre régions

Par VALMY

Monsieur Elio Di Rupo, Président de la Wallonie, vient d’ouvrir sa boîte à idées, « Get Up Wallonia ».

Le Président recherche même des influenceurs et des influenceuses car cela fait « mode ».

Il peut, depuis dimanche 13 décembre 2020, arrêter de jeter de l’argent par les fenêtres.

Monsieur Paul Magnette, le Président du PS, vient de « sortir du placard » en annonçant publiquement une opinion personnelle tenue secrète jusque-là car en contradiction flagrante avec l’unitarisme d’acier du Président Di Rupo.

Paul Magnette, sur les plateaux de la VRT et de BEL RTL, vient de signifier (!) que la Belgique devait se reposer sur ses régions.

Une Belgique à QUATRE régions, proposition déjà formulée par le MR. Voilà de quoi provoquer une crise cardiaque au Président Di Rupo. Bruxelles Région de type « Ville-Etat » qui se débarrasserait de la dispendieuse et inefficace Communauté française-Wallonie-Bruxelles. Monsieur Magnette n’avoue pas encore que les Wallons, à l’horizon 2024, désiraient ardemment sceller pour des siècles et des siècles ce tonneau des Danaïdes belgo-brusseleir, fardeau financier à la charge exclusive de la Wallonie.

Apparemment, excepté le CD&V, la proposition de Monsieur Magnette n’a pas été rejetée avec perte et fracas.

De fait, une évolution régionaliste apparait au sein de la société bruxelloise tant chez les francophones que chez les néerlandophones.

De plus, la multilingue Bruxelles (104 langues et autant de communautés) a perdu au cours des décennies sa particularité « belgo-belge », au point que certains politiques en Flandre souhaiteraient se débarrasser de cette agglomération.

La Belgique en quatre régions empêcherait-elle la sécession de la Flandre ou de la Wallonie ou de l’Ost Belgien ? NON ! Bien au contraire.

Les limites régionales en Belgique deviendraient les pointillés des frontières incontestables et incontestées d’Etats, comme prévu dans le Droit international actuel.

En fait, si cela se réalisait, la Constitution belge faciliterait le travail de découpe. Génial !

De toute façon, même Ville-Etat, Bruxelles demeurerait en Brabant (flamand) dont elle fait partie historiquement, géographiquement et humainement.

Ainsi, Bruxelles reprendrait au sein de la Flandre la place de Cité mercantile, égocentrique et égoïste telle qu’elle apparut au milieu du 14e siècle quand elle supplanta Leuven dans le Duché de Brabant.

Bruxelles cosmopolite, totalement étrangère à la Wallonie, ne date pas d’hier.

Depuis, les Ducs de Bourgogne et sous Charles Quint, Bruxelles présentait déjà cet aspect que les historiens ne devraient pas contester.

Seul le centralisme belge et la volonté des fransquillons du nord d’imposer la langue française, afin d’éradiquer le thiois, effaça la « Brussel Babeleer ».

Retour de l’Histoire, « Brussel Babeleer » renaît par la « grâce » de l’Union européenne et de l’immigration extra-européenne.

La Flandre ne doit pas s’énerver, elle tient ferment la Région bruxelloise en ses bras.

Elle peut lâcher l’institution Vlaamse Gemeenschap puisque l’Union européenne permet la libre circulation, des biens, des personnes et des capitaux. D’autant que les Flamands de Flandre et de Bruxelles appartiennent à UN SEUL PEUPLE !

Get up, oufti !

Guett’eup, valè ! Le ministre-président de la Wallonie a été interrogé par notre ami Louis Nisse sur le recours à l’anglais pour mobiliser les Wallons autour d’une initiative visant à « préparer l’avenir de la Wallonie et de ses citoyens ».

La réponse, envoyée par l’administration wallonne, a de quoi laisser rêveur :

Lorsque nous mettions en place notre plan Get Up Wallonia, nous voulions un nom qui se veuille d’une part facilement compréhensible et identifiable, mais également accessible à la plus jeune génération. Cet anglicisme est donc une initiative née d’une réflexion avec les différents membres du Gouvernement de Wallonie qui signifie « Wallonie, lève-toi ». Cette utilisation de la langue de Shakespeare nous donne une identité forte d’une part en Wallonie, mais aussi à l’international

Commentaire de Michel Pieret : Je traduis le slogan « Wallonie, lève-toi » comme l’intégration dans l’inconscient de nos ministres et de leurs conseillers des idées de Monsieur Barthélemy Le Tisserand, bourgmestre d’Anvers selon lequel les Wallons sont des feignants. Normal donc de leur enjoindre de se lever. Identité forte ? = jargon de marketing primaire. Qui est derrière ces idées ? Mac Kinsey, Bain, … ?

Commentaire de José Fontaine : Cela nous identifie à l’international comme nous soumettant au néolibéralisme dont la langue est l’américain, pas la langue de Shakespeare. C’est comme l’aéroport de Charleroi baptisé Brussels South airport alors que tout le monde en fait use du terme « Charleroi » et que aéroport est un mot compréhensible dans le monde entier, même par des gens qui ne parlent pas le français. S’il faut utiliser l’anglais pour « parler »  à la jeunesse, cela veut dire que les Wallons ne veulent plus croire en leur langue. Dès lors si l’on ne peut même plus croire au français, quelle est la langue en laquelle on pourra croire par rapport à l’américain ? Les Wallons du gouvernement semblent donc s’inscrire dans la tradition wallonne qui est de se déculotter devant tout le monde… Et cela pour avoir une forte identité, quelle blague ! On peut faire encore pire que Macron.

Commentaire d’un ami juriste : Il est pour le moins contradictoire et sot, au moment de donner aux Wallonnes et aux Wallons une injonction forte de se lever dans la résilience, de la proférer en Globish (ce global english contemporain qui est à la langue de Shakespeare ce que le langage de Nicolas Sarkozy est à celle de Voltaire) alors que la plus jeune génération à laquelle elle est destinée aurait pu tout aussi bien l’entendre, la comprendre et s’y conformer dans les langues de la Région bilingue dans laquelle nous vivons (et que nous aimons en allemand comme en français, d’ailleurs).

Wallonie, debout ! Steh auf, Wallonie !

Cette utilisation conjointe des langues de Voltaire, Spaak et Mitterrand, d’une part, de Goethe, Adenauer et Von der Leyen, d’autre part, ne nous aurait-elle pas donné une identité au moins aussi forte (et bien plus riche de sa diversité) d’abord et surtout en Wallonie, mais aussi en Europe et à l’international, que cette utilisation ridicule et servile de la langue de Donald Trump, de Boris Johnson et de Nigel Farage ?  Ce ne sont certes pas Nicola Sturgeon et Sean Connery, pour ne citer qu’eux, qui auraient toléré une telle forfaiture !

Et si tu veux convaincre les jeunes wallons d’aimer la Wallonie, commence à t’adresser à eux dans une langue qu’ils utilisent, qui leur appartient et qui leur ressemble.  Ma position privilégiée au cœur de l’Euregio Meuse-Rhin me permet de le constater tous les jours, aussi bien en Flandre, dans l’Ostbelgien et en Fédération Wallonie-Bruxelles qu’en Allemagne et aux Pays-Bas.

Well ! Je crains fort que le message parti des hauts plateaux des Fagnes et de la Hoëgne ne s’affaiblisse et ne se perde avant d’atteindre la Mehaigne et le Hoyoux et qu’il ne soit devenu inaudible en bord de Sambre et dans ce Far West où coulent encore la Haine et la Trouille ! Mais soit !  J’ai eu bien bon de l’écrire.

« Si vous parlez à une personne dans une langue qu’elle comprend, cela entre dans sa tête. Si vous lui parlez dans sa langue, cela va droit dans son cœur. » (Nelson Mandela)

Ce 26 octobre, le journal télévisé de 20 h, sur FRANCE 2, a consacré une séquence à Giacometti. Dans la foulée, il a été signalé qu’une exposition sur Giacometti avait lieu en ce moment à Liège, en même temps qu’une autre consacrée à Andy Warhol.

GRAND MERCI à FRANCE 2 pour la publicité donnée à ces deux expositions ! 

Signalons aussi celle relative  à Toutankhamon, en espérant que ces trois événements culturels ne subissent pas les conséquences néfastes de la Covid-19…

Pays-Bas et plat pays (suite)

VALMY souhaite à son tour réagir à la chronique d’Amid Faljaoui.

Un cordial merci, Monsieur Chopin, votre article brise un tabou… pour les aveuglés du Belgium.

Comme Monsieur Amid Faljaoui, directeur des magazines en langue française de Roularta, nous devons gagner notre pain à la sueur de notre front.
Mais tout lecteur curieux n’ignore pas que les publications de Roularta destinés aux « Belges », aux Wallons et aux Bruxellois francophones, présentent une similarité philosophique avec celle du « Soir volé » de l’occupation allemande.

Monsieur Amid Faljaoui relève qu’entre Flamands et Néerlandais, ce n’est pas le grand amour mais souvent le mépris réciproque. Cette remarque vaut autant qu’affirmer que les supporters du Standard aiment ceux d’Anderlecht.

Grâce à vous, Monsieur Chopin, voici l’occasion de dessiller les yeux du Directeur Amid Faljaoui et de bien d’autres.

1) Commençons par la genèse du BENELUX (1943) qui rassemble les 17 Provinces habsbourgeoises augmentées de la Principauté de Liège.
Aucune haine là-dessous !
Pour en connaître plus cliquer sur le lien suivant :
• Benelux :: Histoire
https://www.benelux.int/fr/benelux-unie/histoire

2) 1962. Qui se rappelle l’interdiction d’entrée sur le territoire belge du professeur Piet Paardekooper prononcée par le Ministre de la Justice, Piet Vermeylen ?
Pour ceux qui n’étaient pas nés à cette époque voici les faits :
Petrus Cornelis Jozef Maria (Piet) Paardekooper (Zoeterwoude, 6 novembre 1920 – Snaaskerke (Gistel), 1er mai 2013) était un linguiste néerlandais et aussi un défenseur du Mouvement flamand.
Son intérêt pour la Flandre était né durant ses études de dialectologie à Leuven.
Après la Seconde Guerre mondiale, il étudia les dialectes flamands à Leuven où il fit connaissance avec le Mouvement flamand.
L’auteur flamand André Demedts l’instruisit de la question franco-flamande.
En 1962, Paardekooper donna six conférences pour la radio KRO, rassemblées dans le livre Er zijn geen Belgen (« Il n’y a pas de Belges »), dans lequel il prenait position pour l’unité culturelle entre la Flandre et les Pays-Bas et contre la discrimination des Flamands en Belgique.
Cela conduisit à une vive controverse en Belgique et le ministre belge de la Justice, Piet Vermeylen, lui interdit d’entrer dans le pays.
Une interdiction qui fut révoquée après de vives protestations au sein de la Chambre des représentants belge.
Aucune haine là-dessous !

3) Que Monsieur Faljaoui s’intéresse donc à la fondation flamando-néerlandaise « Stichting Ons Erfdeel vzw » et qu’il choisisse comme livre de chevet « LES PAYS-BAS », Histoire des Pays-Bas du nord et du sud (J.A. Kossmann-Putto & E.H. Kossmann), 1987.
Aucune haine là-dessous !

Et pour sa facilité, il peut cliquer sur le lien ci-dessous :
les pays-bas français – les plats pays
https://les-plats-pays.com/les-pays-bas-francais

4) Pour terminer, que Monsieur Faljaoui se plonge à tête reposée dans la lecture du Plan N (pour Nederland) de Matthias Storme, en 2010 qui répondait au Plan F (pour France) des Mouvements Wallons.
Aucune haine là-dessous ! A moins que la haine ne soit le visage d’un Amour désespéré ?

ZONDAG, NOVEMBER 21, 2010
• Un Plan “N” pour la Flandre (et Bruxelles).
• Un des moyens de chantage régulièrement invoqués ces derniers mois contre les partisans d’une sécession de la Flandre consiste à dire qu’une Flandre qui se séparerait de la Belgique serait automatiquement en dehors de l’Union Européenne et que, si elle voulait en faire partie et bénéficier de ses atouts, elle devrait demander son admission comme état-membre, sous-entendu que les francophones et leurs alliés seraient bien en mesure de créer des conditions draconiennes à une telle accession.

En premier lieu, cette thèse implique que ce qui resterait de la Belgique resterait aussi automatiquement en tant que tel état membre de l’Union, mais on oublie un peu vite que celui qui hérite la Belgique, hérite de ses dettes et sera tenu à la dette entière de la Belgique. En plus, certains juristes font une distinction très spécieuse entre une sécession et une dissolution de la Belgique. Je n’entre pas dans ce débat pour le moment, parce qu’il y a une autre possibilité très intéressante pour la Flandre de se libérer de ce chantage, un Plan “N”.

Le fondement de ce Plan “N” se trouve dans l’article 355 alinéa 3 du TFUE (Traité sur le fonctionnement de l’Union européenne) combiné avec le Statuut voor het Koninkrijk der nederlanden (Statut du Royaume des Pays-Bas) (1). Ce Statut a été créé par une loi du 28 octobre 1954, modifié plusieurs fois depuis lors, et est reconnu dans les Traités européens.

Ce Statut des Pays-Bas (au pluriel) règle les relations entre les pays “Nederland” – au singulier -, Aruba, Curaçao et Sint-Maarten en tant que quatre pays qui ont convenu de mener une politique étrangère commune et de maintenir une défense commune et une nationalité commune (Nederlanderschap) et de former un royaume sous la maison d’Orange. D’autres matières peuvent être déléguées de commun accord aux institutions communes du royaume (art. 3 du Statut). En d’autres mots, il s’agit d’une confédération entre Nederland et 3 pays plus petits.

La Flandre pourrait également accéder en tant que pays à ce Statut du royaume des Pays-Bas (au pluriel) en gardant toutes les compétences sauf celles qui viennent d’être nommées. On devrait fusionner notre armée avec celle des Pays-Bas et les relations étrangères seraient transférées aux institutions communes du royaume. Et on pourrait bénéficier de notre nationalité naturelle, la néerlandaise.

Une telle accession mettrait directement fin au chantage “Union européenne”. La Flandre continuerait à faire partie intégrante de l’Union européenne en tant que territoire européen faisant partie de la confédération des Pays-Bas. Le statut de Flandre ne se réduirait pas non plus à celui d’Aruba, Curaçao et Sint-Maarten. Ces 3 pays sont membres associés de l’Union européenne en tant que “pays d’outremer” (2), statut par lequel ils font partie du Marché commun mais ne sont pas soumis au droit de l’Union européenne dans tous ses aspects. Puisque la Flandre est un territoire européen et non pas un territoire d’outremer, l’article 355 alinéa 3 du TFUE serait applicable. Cet alinéa dispose que “Les dispositions des traités s’appliquent aux territoires européens dont un État membre assume les relations extérieures”.

Cette solution est également attrayante pour les Pays-Bas: le royaume aurait 6 millions de citoyens supplémentaires et la moitié de son potentiel économique en plus. Le royaume rapprocherait des grands pays auxquels il aimerait être un peu plus égal. Si une majorité des Néerlandais n’exclut même pas une union complète, cette solution intermédiaire trouverait certainement suffisamment de soutien au Nord.

En plus, ce Plan “N” ne serait pas seulement intéressant pour la Flandre, mais également pour Bruxelles. Bruxelles pourrait accéder au Royaume des Pays-Bas en tant que pays à part entière (et non seulement région à part entière) sans déléguer plus de compétences que celles susnommées, sans faire partie de la Flandre, et ayant sa propre voix dans le Royaume. Et une telle accession ne changerait pas le statut linguistique.

Il serait d’ailleurs même pour la Wallonie une bonne idée de réfléchir à une accession au royaume, en tant que pays à part entière évidemment.

Est-ce le scénario idéal pour la Flandre ? Pas à tout les égards, p.ex. parce que cela ne nous donne pas une voix séparée aux délibérations européennes; cela exige en effet une révision des Traités. Mais au moins cette solution nous immunise contre le chantage “franco-belge”.

(1) http://wetten.overheid.nl/BWBR0002154, ou http://nl.wikisource.org/wiki/Statuut_voor_het_Koninkrijk_der_Nederlanden
(2) http://europa.eu/legislation_summaries/development/overseas_countries_territories/index_nl.htm
• Gepost door matthias e storme op zondag, november 21, 2010

Monsieur Faljaoui peut aussi cliquer sur le lien ci-dessous s’il souhaite en savoir plus sur Monsieur Storme:
L’INVITE DU LUNDI: Matthias Storme.: «.La Belgique est …
https://www.lesoir.be/art/l-invite-du-lundi-matthias-storme-la-belgique-est-irrem_t

Bonne lecture à vous tous et particulièrement à Monsieur Faljaoui.

Pays-Bas et plat pays

Selon un sondage publié hier, un Belge sur quatre voudrait qu’on en finisse avec la Belgique, et 45 % souhaiteraient le « confédéralisme » ; en cas d’élection, les Flamands donneraient une majorité absolue aux nationalistes de la N-VA (23,3 %) et du Vlaams Belang (27 %). Dans ce contexte, le plus inquiétant n’est pas d’envisager « l’après-Belgique », mais de refuser de le faire. On sait ce qu’il en est du côté francophone. En Flandre, une carte blanche a fait resurgir la question du rattachement aux Pays-Bas et, commentant cette option dans une chronique du Trends, Amid Faljaoui a haussé les épaules en faisant part de son incrédulité.

Au nom de la Belgique, la Flandre est pourtant déjà occupée à retisser des liens que la révolution belge avait rompus. C’est qu’en 1830, la création d’une Belgique indépendante était loin d’être évidente : même dans les 2 % de la population qui ont pu s’exprimer par un vote, beaucoup ne voulaient pas se séparer des Pays-Bas (surtout en Flandre) et beaucoup ne pensaient qu’à retourner en France (surtout en Wallonie). L’« orangisme » a toujours été une tendance du mouvement flamand, au minimum sous la forme de relations privilégiées avec les « cousins » du Nord. Le plus dommageable, pour des Wallons qui font partie de « l’espace » français, serait de suivre aveuglément la Flandre dans sa volonté de rapprochement avec les Pays-Bas, car on ne voit pas comment la Wallonie pourrait devenir autre chose qu’un « hinterland » sous domination néerlandophone, avec le risque de connaître une situation comparable à celle de… la Flandre au XIXe siècle (à la différence que les Flamands ont toujours été majoritaires en Belgique et que leur passé glorieux a été chanté par les thuriféraires de l’identité « belge »). 

Nous reprenons ici la chronique d’Amid Faljaoui, suivi d’une réaction de Cédric Chopin, qui est français… et membre de l’AWF.

Et si la Flandre se rattachait aux Pays-Bas ?

Amid Faljaoui, directeur des magazines francophones de Roularta.

Et si la Flandre se rattachait aux Pays-Bas ? C’est la thèse d’un économiste flamand.

En cette veille de week-end, on a enfin l’impression qu’on arrivera à former un gouvernement fédéral. Pour notre Belgique, on pourra dire qu’il était grand temps. Les personnes les plus impatientes sont souvent au nord du pays.

L’un d’eux, Peter De Keyser, ancien économiste en chef de la première banque de Belgique, a décidé de se lancer à son compte et a donc créé une société spécialisée dans la communication financière.

Et sa dernière idée est une bombe, il plaide pour la Flandre soit rattachée aux Pays-Bas. Pourquoi les Pays-Bas ? Parce qu’il y a un lien historique entre les deux régions, parce que les Pays-Bas font mieux que nous sur la plupart des critères socio-économiques que l’on peut choisir. Et puis aussi, parce que Peter De Keyser semble accréditer la thèse que la Flandre ne reçoit pas son juste dû de la Belgique et que les prochains impôts seront payés à 80% par les Flamands.

Bref, selon lui, si la Belgique ne marche pas, pourquoi ne pas essayer les Pays-Bas ? Cette opinion, Peter De Keyser ne l’a pas donnée dans un dîner privé, mais l’a rédigée pour le journal économique TIJD, c’est-à-dire pour le quotidien lu par tous les patrons flamands.

En tant que francophone, j’ai été étonné de cette soudaine envie de rattachement avec les Pays-Bas. J’en ai parlé à quelques patrons flamands et donc ça n’a aucune valeur de sondage, mais je dirais que les plus francophones de ceux que j’ai pu avoir au téléphone sont horrifiés par le message et disent qu’ils iront se réfugier à Bruxelles. Et puis, d’autres, plus nombreux, disent qu’ils en ont marre de la situation de blocage actuelle, car même s’ils restent attachés à la Belgique, ils estiment que nous sommes la risée du monde et que ce pays devient ingouvernable. Bref, que cela nuit à leur business car des décisions ne sont pas prises.

J’entends bien le message, mais en tant qu’observateur subjectif, je me dois aussi de poser la question à l’auteur de cette carte blanche dans le TIJD : en tant que Flamand, vaut-il mieux être majoritaire en Belgique ou minoritaire aux Pays-Bas ? Je ne dois pas mener une enquête approfondie pour constater que les principaux rouages économiques et sociaux fédéraux sont aux mains de managers néerlandophones. Très largement, et bien au-delà de la représentativité démographique du nord du pays.

Et puis, la plupart de mes amis néerlandophones me confirment qu’entre Flamands et Néerlandais, ce n’est pas le grand amour mais souvent le mépris réciproque. Donc, je n’ai pas vraiment compris l’utilité de cette carte blanche. Et vous ?

La réaction de Cédric Chopin

Voilà un article qui brise un tabou !

Ce Monsieur Peter De Keyser a le mérite de briser le consensus, non seulement belge, mais également flamand.

Non, le confédéralisme et l’indépendance ne sont pas les seules options possibles : l’option « thioise-orangiste » en est une autre !

Bien sûr, il y a une part d’exaspération et de provocation, face à une situation politique fédérale stagnante (mais le déblocage semble avoir débuté, suite au revirement des chrétiens-démocrates flamands).

L’article paru dans De Tijd a-t-il été traduit en français ? Cela permettrait d’aller à la source plus facilement.

Cependant, Amid Fadjaoui (chroniqueur que j’entends parfois sur Classic 21) reprend un certain nombre de clichés, sans doute pour minimiser la portée de la thèse de De Keyser :

« (…) vaut-il mieux être majoritaire en Belgique, ou minoritaire aux Pays-Bas ? ».

S’il est vrai que les décideurs flamands contrôlent de facto la Belgique, cette dernière peut également être vue comme un obstacle aux projets politiques et économiques flamands (cf. la question centrale des transferts financiers nord-sud, souligné par De Keyser).

De plus, et je fais là référence au projet de Mathias STORME (que j’évoque dans mon texte sur la question) : le « plan N ».

Ce juriste proche de la NVA prend appui sur le droit constitutionnel néerlandais, qui prévoit la possibilité de créer des territoires à statut particulier, rattachés à la couronne et à l’état néerlandais, mais pouvant bénéficier d’une autonomie interne (comme les Antilles néerlandaises). Loin d’avoir une diminution de son autonomie, la Flandre pourrait au contraire gagner sur tous les tableaux !

– « entre Flamands et Néerlandais, ce n’est pas le grand amour mais souvent le mépris réciproque. »

Je renvoie de nouveau à mon propre texte : c’est exactement le même type d’argument (en petite partie fondé, en très grande partie fallacieux) qui est invoqué, par les tenants de la Belgique à tout prix, pour « démontrer » l’incompatibilité entre la Wallonie et la France, qui rendrait la réunion impossible !

Je pense avoir au contraire montré que les points communs, entre la Flandre et les Pays-Bas, sont beaucoup plus nombreux que les différences, et que ces dernières, au demeurant, se sont largement estompées ces dernières décennies.

Cette relation d' »amour-haine » n’est pas plus marquée que celle qui peut exister, en France, entre Paris et « la Province », ou entre Paris et Marseille… Cela relève du cliché, et ce n’est pas un élément d’opposition « structurant ».

S’il s’agit réellement des seuls obstacles pouvant être invoqués, alors la thèse « thioise-orangiste » vient de gagner d’un seul coup plusieurs échelons de crédibilité !!

L’ère post-belge a commencé

Par Jules Gheude

Le blocage total que connaît actuellement la Belgique, ne peut que réjouir Bart De Wever. Dans la mesure où la preuve est désormais apportée que la Belgique est ingouvernable, rien ni personne ne peut s’opposer à ce que le Parlement flamand, fort de sa légitimité démocratique, proclame unilatéralement l’indépendance de la Flandre.

D’aucuns tirent argument du problème catalan pour souligner le caractère anticonstitutionnel, hors-la-loi, d’un tel scénario. Mais les deux situations ne sont en rien comparables.

La Catalogne ne représente que 1/15e du territoire espagnol. En partant, elle ne met pas fin à l’Espagne ni au pouvoir en place à Madrid, qui peut évidemment s’opposer à sa reconnaissance. Si la Flandre largue les amarres, c’est la déstabilisation complète de la Belgique et… l’absence de tout pouvoir à Bruxelles pour réagir. L’Union européenne ne pourrait qu’acter la chose. Un pays incapable de se trouver un gouvernement est un pays qui n’existe plus. Sa disparition entraîne de facto celle de sa Constitution et de son corpus juridico-législatif.

D’autres soutiennent que le sentiment séparatiste en Flandre ne concerne en fait qu’une minorité de la population. Pas plus de 16%. Mais les citoyens ne sont-ils pas censés voter en toute connaissance de cause ? Selon les derniers sondages, plus de 47% se prononcent en faveur de la N-VA et du Vlaams Belang, formations ouvertement indépendantistes. Le jour où leurs élus constitueront la majorité absolue au sein du Parlement flamand, ils auront toute latitude pour prendre leurs responsabilités. Il sera alors trop tard, pour certains électeurs, de s’indigner en disant : « Ce n’est pas ce que nous voulions ! ».

S’affirmer belgicain, penser qu’il est encore possible de « donner un avenir » à la Belgique relève d’un aveuglement total. Un bref rappel historique s’impose ici.

Le Royaume de Belgique naquit en 1830 de la volonté des grandes puissances européennes de l’époque, l’Angleterre notamment, pour faire barrage à la France. Les populations concernées n’eurent pas voix au chapitre. Le Congrès national belge fut le fruit d’un vote d’à peine 2% de la population. Quant au choix du souverain, il nous fut imposé par Londres.

Dès les premières années d’existence du pays, un Mouvement populaire flamand vit le jour, afin de s’insurger contre le sort fait à la langue et à la culture flamandes. De nature romantico-littéraire à ses débuts, il ne tarda pas à acquérir une dimension sociale et politique.

Au terme d’un combat de nombreuses décennies, les premières lois linguistiques furent acquises et la Flandre finit par obtenir ses lettres de noblesse sur l’échiquier politique belge.

Tout cela laissa des traces durables, comme on put le constater lors des deux conflits mondiaux du 20e siècle. Il en résulta, en tout cas, au Nord du pays, un sentiment collectif et puissant d’appartenance, transcendant les clivages politiques, et qui finira par déboucher sur le concept de Nation.

Sous sa forme unitaire, le Royaume de Belgique ne parvint pas à souder les Communautés belges de façon harmonieuse. La question royale et la guerre scolaire virent s’entre-déchirer le Nord et le Sud. La fixation de la frontière linguistique, en 1962, afficha clairement la dualité du pays. Quant au « Walen buiten » de Louvain, en 1968, il entraîna la scission du parti social-chrétien en deux ailes linguistiques (les libéraux et les socialistes suivront le mouvement, respectivement en 1972 et 1979).

Après de longues années de palabres, la Constitution belge finit par intégrer une Belgique fédérale, composée des Régions et des Communautés.

Mais dès cette époque, le ministre-président flamand Luc Van den Brande, lança l’idée d’un confédéralisme à deux Etats, Flandre et Wallonie, avec cogestion de Bruxelles. Cela fut repris dans les cinq résolutions votées par le Parlement flamand en 1999. Cela est aujourd’hui au cœur du débat politique.

Echec de la Belgique fédérale, après celui de la Belgique unitaire…

En habile stratège, Bart De Wever vient d’amener Paul Magnette à dévoiler ses cartes en matière institutionnelle. On sait désormais que le président du PS est disposé à accentuer le démantèlement de la Belgique, en échange de liards accordés à la Wallonie.

L’option confédéraliste ne peut toutefois sauver le Royaume. Réduit à sa plus simple expression, l’échelon belge central ne tarderait pas à être jugé superflu par la Flandre. Pour Peter De Roover, le chef de groupe N-VA à la Chambre, le modèle idéal est celui où il n’y aurait plus d’élections belges… Bye bye Belgique !

Il importe désormais que les responsables wallons, bruxellois et germanophones se préparent à affronter l’ère post-belge.

Depuis 2010, le Gewif (Groupe d’études pour la Wallonie intégrée à la France) approfondit le scénario d’une Wallonie intégrée à la France, tel qu’il fut présenté par Jacques Lenain, haut fonctionnaire français aujourd’hui retraité, lors des Etats généraux de Wallonie du 9 mai 2009. Un scénario qui aurait le mérite de préserver, dans ses grandes lignes, l’héritage juridique belge et d’offrir à la Wallonie un statut particulier qui sauvegarderait ses acquis.

Cette formule prend pleinement en compte le fait que l’Etat français n’est plus un Etat jacobin, centralisé, autoritaire et uniforme, comme tant de commentateurs mal intentionnés essaient de le faire croire aux Wallons.

La Constitution française autorise, par son article 72, des statuts particuliers pour certains de ses territoires. En métropole, seule, présentement, la Corse bénéficie d’un tel statut (et aussi, mais avec une portée moindre, la Région d’Ile de France). Notons ici que les Corses ont rejeté, en 2003, une réforme renforçant l’autodétermination de leur région.

En outre, la Constitution prévoit explicitement une différenciation des statuts des collectivités territoriales d’outre-mer, pour tenir compte des spécificités de chacune, avec la possibilité de larges transferts de compétences de l’Etat (articles 73 et 74). Dès lors, une très grande variété de statuts est possible, qui vont du droit commun aménagé à de véritables statuts d’autonomie. C’est ainsi le cas en Polynésie française et en Nouvelle-Calédonie, ce qui signifie non seulement des pouvoirs locaux plus puissants et pour lesquels les termes de parlement, gouvernement, ministre sont d’usage, mais aussi des corpus juridiques distincts, qui peuvent concerner de nombreux domaines du droit, tant du droit public que du droit privé, régis par les lois locales (« lois de pays ») et des règlements locaux (exemple : le code civil polynésien est largement distinct du code civil français de droit commun). L’Etat français n’exerce donc pour ces territoires autonomes qu’une compétence d’attribution pour des matières expressément réservées.

Il est donc évident que la République française a les aptitudes et les capacités nécessaires à proposer et à faire vivre en son sein un statut propre pour la Wallonie. Comme l’explique le constitutionnaliste français Didier Maus : Il serait parfaitement possible de créer un titre spécial « De la Wallonie » qui contiendrait une mini-constitution sur mesure pour cette région. Il en découle que, sur le fondement de cette mini-constitution, il serait parfaitement réalisable de conserver en l’état, au moins pour l’essentiel, et pour une durée à déterminer le droit belge du travail, celui de la sécurité sociale, et certains droits « connexes », des pans du droit fiscal, le droit des affaires, du commerce, etc. La région wallonne, et aussi la région bruxelloise si la question était posée, conserveraient les compétences qui sont aujourd’hui les leurs, y compris le système éducatif, avec l’enseignement supérieur. Ce ne serait pas une difficulté de faire de la sorte puisqu’il en est déjà ainsi, même si c’est avec moins d’ampleur, dans certains territoires français, qui, selon les cas, disposent d’une sécurité sociale propre (Polynésie, Calédonie…), d’un droit du travail propre (même s’il est largement copié sur celui de la métropole), de nombre de dispositifs fiscaux particuliers, et d’autres régimes spéciaux dans divers domaines (en Corse comme Outre- mer).

Concrètement, cela signifie que la législation et les institutions wallonnes, qu’elles soient régionales, provinciales et municipales, pourront être intégralement conservées. Les compétences actuelles de la Région wallonne seront également maintenues, avec de rares exceptions comme, par exemple, l’octroi des licences de vente d’armes. Elles seront même enrichies de la plupart des compétences exercées aujourd’hui par la Communauté française, notamment l’enseignement.

Pour ce qui est de l’enseignement, précisément, il restera de cadre juridique inchangé au jour J de l’intégration. Mais rien n’empêche que des convergences puissent advenir ultérieurement. Si, par exemple, une demande wallonne s’exprimait pour un régime de baccalauréat, elle pourrait se concrétiser via un double changement législatif, en droit wallon obligatoirement et en droit commun français si nécessaire. En fait, ce raisonnement logico-juridique vaudra pour l’ensemble des matières de compétence wallonne.

Le statut des élus wallons ainsi que les règles électorales resteront intacts. Rien n’exclut cependant des négociations ultérieures avec Paris, dans une logique de donnant-donnant.

Point capital pour la Wallonie : son financement est garanti, puisque l’Etat français reprend à son compte les transferts actuels en provenance de Flandre (quelque 7 milliards d’euros).

Pour ce qui est du droit fédéral et des institutions fédérales, coupées en deux avec la partition du pays, ils relèveront de la compétence de l’Etat français. Une partie sera abandonnée le jour J (ex : diplomatie, armées, droit de la nationalité et de l’immigration…), une autre le sera plus tard (ex : institutions et procédures judiciaires). Tout le reste est conservé pour une durée indéterminée (notamment le droit et les institutions de la sécurité sociale), sauf négociations, dans une logique de donnant-donnant ou de simple convergence souhaitée de part et d’autre.

Prenons le cas précis de la Justice. L’essentiel pourra être conservé, sauf contradictions pénales. Certains problèmes seront soumis, au fil de l’eau, au Conseil constitutionnel par la voie de la question préjudicielle de constitutionnalité, s’ils n’ont pas été traités en amont, lors de l’adoption du cadre d’intégration de la Wallonie. Ce cadre devra préciser, si besoin, en quoi il déroge au cadre constitutionnel de droit commun, aux principes généraux du droit français, etc.

La situation des ex-corps fédéraux sera envisagée secteur par secteur, mais l’intégration dans les corps homologues français devrait se faire sans licenciements, avec indemnité compensatoire si nécessaire, comme c’est la règle, et obligation éventuelle de mobilité géographique ou fonctionnelle.

Les élus « nationaux belges » deviendront des élus « nationaux français » et relèveront donc complètement du Droit français, en ce compris les règles électorales.

Mais pas de quoi s’inquiéter à cet égard. La France compte 925 élus nationaux (sénateurs et députés) pour 67 millions d’habitants. Les 11 collectivités d’outre-mer sont très surreprésentées. Pour les 3,6 millions de Wallons, cela donnerait 5%, soit 40/45 élus nationaux. Certes, il y a ce projet d’Emmanuel Macron visant à réduire de 20% l’effectif des élus nationaux. Mais cela resterait néanmoins très correct !

Que répondre à ceux qui affirment que les Wallons ne sont pas favorables à l’option réunioniste ?

Il n’est pas sans intérêt de comparer l’évolution de la Wallonie avec celle de la Savoie et de Nice.

En 1860, les Savoyards et les Niçois choisirent de quitter le Royaume du Piémont et la Maison royale de Savoie, auxquels ils avaient été fidèles durant plus d’un millénaire. Il n’y avait aucun consensus au départ. La période 1858-1860 se caractérisa par l’hésitation des élites et des populations concernées.

La France de 1860, unifiée, forte, prospère, aux institutions stables, à la culture identique ou proche, aux mœurs connues, parut finalement plus accessible aux Savoyards et aux Niçois que l’Italie, à l’unification territoriale inachevée, aux populations étrangères, à l’avenir économique incertain, et qui menaçait directement les intérêts de l’Eglise.

Il revenait donc à l’Etat français de rassurer et de séduire les intéressés. Dans la mesure où ceux-ci ne demandaient pas un régime politique et administratif particulier – les deux pays avaient déjà relevé du cadre français à peine quarante-cinq plus tôt -, les choses se déroulèrent de manière aisée. L’Etat français put ainsi garantir des conditions d’intégration favorables aux catégories d’intérêts en cause.

Les populations savoyarde et niçoise furent ensuite invitées à se prononcer séparément – une première en Europe – pour valider le transfert pacifique d’un territoire d’un Etat à un autre. Validation obtenue à 99%.

On le voit, entre la Savoie et Nice d’une part et la Wallonie d’autre part, nombre de similitudes s’imposent, tant dans les situations héritées du passé que dans les évolutions subies conduisant à la remise en cause d’une appartenance étatique pour lui en substituer une autre.

De même que l’Etat français fut hier le nouvel Etat apte à accueillir les Savoyards et les Niçois, devenus des étrangers au sein de l’Etat-nation italien en devenir, il peut être demain celui dont auront besoin les Wallons lorsque l’émergence d’un Etat-nation flamand aura entraîné la désintégration du Royaume de Belgique.