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Il est temps de se mettre à table

Par Paul Mélot

Il me paraît complètement illusoire de croire à un sursaut de belgitude ! Cette idée ne peut que faire rire la Flandre : la Wallonie est hélas un fardeau qui empêche un plus grand développement de cette région ! Mal gérée par TOUS les partis depuis belle lurette, notre Wallonie ne se redresse hélas pas (comme je le montre lorsqu’il m’est permis de m’exprimer dans des exposés hélas trop confinés aux Maisons de la Laïcité, un des rares endroits où la confrontation d’idées est permise… alors que je souhaite adresser mes propos avec le plus grand pluralisme). Au contraire, le fossé se creuse encore ! Les indicateurs économiques le montrent et le monde politique occulte soigneusement cette triste réalité. Les budgets (Région et Communauté) se plantent inexorablement et l’impasse est programmée pour 2024-2025, moment où les pleins effets de la sinistre Loi de financement donneront leur pleine mesure. Lors de la campagne électorale de mai 2019, DI RUPO a déjà signalé qu’il faudra revoir la Loi de financement – SA Loi de financement- …mais en 2024 ! Quelle illusion de croire que ce que la Flandre a obtenu en 2011 d’abord, en 2014 ensuite, serait revu dans un sens favorable ! Et de plus, au moment où nous danserons devant un frigo vide ! Sans monnaie d’échange, excepté la scission de la sécu… Si la sécu n’est pas scindée, elle le sera de toute manière en 2024. Je pense que des personnes telles LABILLE et BODSON en sont convaincues et ont déjà intégré cette réalité dans leur mental. Il me semble également que le patronat wallon est sensiblement sur la même ligne.

Dans un récent article du SOIR (22/1), Vincent DE COOREBYTER qui s’interroge sur le sens à donner aux vainqueurs et perdants d’une élection, fait une comparaison qui me paraît des plus pertinentes : quand deux états sont en conflit, les intérêts s’affrontent alors que chacun dispose de sa propre organisation, de sa propre constitution et seule la diplomatie peut tenter de trouver une solution. Ici, pour constituer un gouvernement, nous transposons cette logique internationale au niveau fédéral, mais nous nous heurtons alors à une constitution commune… que nous, francophones, ne voulons pas revoir (l’erreur capitale du refus d’inscrire les articles qui permettent de revoir cette même constitution avant les élections de mai 2019). Dès lors, l’issue devient de plus en plus problématique. C’est bien là où nous sommes actuellement, en y ajoutant le fossé entre les partis wallons… Il me semble donc qu’il n’y a comme seule porte de sortie que de se mettre à table avec la Flandre (et en particulier avec la N-VA) et d’y mettre à l’ordre du jour la scission du pays. Puis-je fournir un exemple du délitement de l’Etat qui entraîne l’évaporation de la Belgique ? La non-élection de Mme KHATTABI à la Cour constitutionnelle. J’emprunte encore ma source au SOIR des 1 et 2 février. Madame BOURGAUX, Constitutionnaliste de l’UMons a fait les comptes relativement à l’élection (acquise ou pas) de 12 personnes à cette Cour. Dans cinq cas, « on » a comptabilisé la majorité des deux tiers sans compter les votes blancs et nuls. Dans sept autres votes, « on » a acquis une majorité des deux tiers en comptant les votes blancs et nuls. Et dans le cas KHATTABI, elle aurait été élue (MALGRE les VOTES NEGATIFS du BELANG ET DE LA N-VA, ainsi qu’une élue OpenVLD). Comprenons donc que, pour la plus haute juridiction du pays, par absence de précision, une fois on joue une pièce, une autre fois on la joue dans l’autre sens… (et ici, je me fiche que ce soit au détriment de KHATTABI ou pas, il ne s’agit pas de la personne en question). Donc, comprenons bien que si cette juridiction, demain, devait rendre un avis sur une décision de type constitutionnel, cette décision serait entachée de contestation, au vu de la procédure… Vous avez donc bien lu qu’au sommet, amateurisme et délitement existent ! Et on voudrait fabriquer un gouvernement ? Tout cela montre bien l’état de confusion dont nous ne sommes pas capables de sortir et j’en reviens donc à ma suggestion de se mettre à table !

Dépassons l’impasse belge

Par Pierre Hazette

Publié sur le site du Vif/L’Express le 4 février 2020

L’ancien ministre MR Pierre Hazette constate l’échec de l’Etat belge. Il faut « abattre le mur » au bout de l’impasse. Et le sud du pays doit prendre son destin en mains.

Naguère engagé dans l’action politique, je répétais à chaque scrutin que la campagne électorale, c’était la fête de la démocratie.

Désenchanté, je ne tiendrais plus le même langage aujourd’hui.

Les élections de mai 2019 constatèrent une poussée considérable de l’extrême droite en Flandre et de l’extrême gauche, héritière du communisme, en Wallonie.

Huit mois après le vote, les leaders des partis, qui récusent toute possibilité de gouverner avec les extrêmes de droite et de gauche, sont enlisés dans un jeu d’exclusives réciproques que se signifient à intervalles réguliers socialistes francophones et nationalistes flamands.

Ne serait-il pas temps de conclure qu’au bout de l’impasse, il faut démolir le mur ?

La Belgique a évolué depuis les golden sixties d’un état unitaire vers la reconnaissance des communautés linguistiques et culturelles distinctes, puis vers la création des Régions et, de réforme en réforme, vers le transfert progressif de compétences importantes de l’Etat central, qui s’appelle désormais fédéral, vers les Régions et Communautés.

En 1999, une large majorité s’exprima au parlement flamand en faveur du confédéralisme.

Le Petit Robert définit ce mode de gouvernement : « union de plusieurs Etats qui s’associent tout en conservant leur souveraineté ». Depuis ce vote, il est clair que la Flandre voit son avenir comme Etat souverain. Les nationalistes ne cachent pas que ce confédéralisme est une étape vers l’indépendance. C’est aussi le projet de l’extrême droite et l’alliance de ces deux partis est aujourd’hui proche de la majorité absolue au nord du pays.

Observons encore que la crise ouverte après le scrutin de mai 2019 n’affecte que l’Etat central.

Quelle conclusion tirer, sinon que l’Etat belge en tant qu’entité représentative de l’ensemble des citoyens est incapable, faute d’un consensus interne, d’assumer cette mission, essentielle à la promotion de l’intérêt général ?

Le divorce est profond, car en face de la majorité favorable au confédéralisme, constatée il y a vingt ans au Parlement flamand, on ne trouve, ni à Bruxelles, ni en Wallonie de revendication allant dans ce sens. C’est que l’économie wallonne ne s’est pas remise de la révolution industrielle qui a fermé les charbonnages, les usines sidérurgiques, les verreries et les manufactures lainières. La Flandre a prospéré après avoir été à la traîne pendant cent trente ans. La Wallonie a, à son tour aujourd’hui, besoin d’une solidarité que la nation flamande, en voie de parachèvement, ne lui accordera plus.

Pour les francophones, le problème majeur réside autant dans le refus du confédéralisme que dans l’impossibilité d’assurer les charges de l’indépendance.

Et pourtant, abattre le mur au fond de l’impasse, c’est dire bien haut que les entreprises wallonnes de haute technologie brillent, notamment, dans le domaine de l’aéronautique et de l’armement, que l’industrie alimentaire soutenue par une eau d’une qualité exceptionnelle peut affronter toutes les concurrences que l’on aille de l’eau de Spa ou de Villé au whisky de Fexhe, en passant par les bières aussi diverses que savoureuses ou par les vins blancs, rouges ou champagnisés, que les poutres en lamellé-collé d’Etalle ont été les premiers étais de sécurisation de Notre-Dame de Paris, que les panneaux photovoltaïques ou les éoliennes ou encore l’exploitation de la biomasse mettent la Wallonie sur la voie de la transition énergétique, que dans le secteur des biotechnologies, nos universités ont ouvert la voie à des entreprises de hautes performances, confirmant la vocation de nos chercheurs et de nos entrepreneurs dans la production de médicaments.

L’optimisme n’est pas béat : il repose sur les relations fortes établies par nos Instituts d’enseignement supérieur, nos Universités, nos Facultés, d’une part, et d’autre part, nos centres hospitaliers, garants de la qualité et de la proximité des soins dispensés. La Wallonie s’est aussi inscrite dans une stratégie réussie du transport multimodal : les aéroports de Charleroi et de Liège sont connectés aux voies ferrées et autoroutes et même, pour ce qui concerne Liège, la voie d’eau fait de son port fluvial un grand d’Europe. On ajoutera, en ces moments d’inquiétude climatique, que les réserves d’eau de la Wallonie pourraient devenir richesses si les prévisions de réchauffement climatique se confirment. Le tourisme wallon se présente lui aussi sous des auspices favorables : les massifs forestiers, les vastes prairies, la fraicheur des cours d’eau sont autant d’invitations à la promenade qu’agrémenteront, par ailleurs, des découvertes archéologiques, artistiques ou gastronomiques.

Et cela étant dit et tant de choses oubliées, la Wallonie ne peut négliger ses atouts. Elle ne peut s’accommoder du pourrissement de l’Etat.

La Wallonie fait partie intégrante d’un vaste espace linguistique et culturel. C’est probablement lorsqu’elle s’en souviendra qu’elle abattra le mur du fond, tout au bout de l’impasse.

Le raisonnement est différent pour Bruxelles. La ville et les communes qui lui sont intégrées dans la structure régionale ont acquis une dimension européenne et internationale. L’union européenne et l’OTAN y ont leur siège. La diversité culturelle y est florissante. Le destin de Bruxelles n’est pas lié à celui de la Wallonie, plutôt rurale, d’où n’émerge aucune ville de plus de 300 000 habitants. Il n’est pas davantage dans le statut de capitale d’un résidu de Belgique qu’ambitionne d’être la Flandre indépendante. Washington D.C. ne serait-il pas un modèle qui pourrait séduire l’Europe ?

Quant à la Communauté germanophone, elle est entourée d’amis qui lui ouvrent les bras : la Wallonie, d’abord, puis le Grand -Duché de Luxembourg ou le Land de Rhénanie-Westphalie.

Reconnaissons-le : notre pays piétine dans ses rancoeurs, dans des échanges venimeux de reproches, dans l’impossibilité de mettre en chantier de grands projets d’avenir. La dernière œuvre commune aux deux communautés fut l’Exposition Universelle de 1958.

Sur le plateau de cette manifestation d’union nationale, la Belgique est aujourd’hui incapable de se doter d’un stade digne de nos footballers.

Ouvrons les yeux : les déficits qui se profilent dans la gestion de l’Etat central comme dans la conduite des entités fédérées nous contraignent à la lucidité.

Ils nous poussent aussi vers le précipice.

Football : le Nord et le Sud

C’est un vieux projet qui revient sans cesse à la surface : la BeNeLiga, un championnat de football commun aux meilleurs clubs de Belgique et des Pays-Bas, pour élever le niveau de la compétition et, bien sûr, du moins l’espère-t-on, celui des recettes financières. En hockey sur glace, le championnat belge s’est étendu au Benelux en 2015 mais le football est un sport autrement populaire et, de ce fait, changer de cadre induirait, là plus qu’ailleurs, des effets de nature identitaire, comme s’il était plus naturel de nous associer aux Pays-Bas qu’à la France.

Il y a une dizaine d’années, quand le Standard de Liège était dirigé par Lucien D’Onofrio, il semblait clair que le club liégeois préférait se projeter dans la Ligue 1 française plutôt que dans un championnat commun avec les Pays-Bas. Le discours a changé avec Roland Duchâtelet : du temps où il était le patron du Standard, cet homme d’affaires plus flamand que liégeois était un chaud partisan de la BeNeLiga (mais, à défaut, il menaçait d’inscrire son club dans le championnat français). Depuis que Bruno Venanzi a repris le Standard de Liège, celui-ci a retrouvé son identité liégeoise et il n’est pas question, pour lui, de suivre aveuglément le patron du Club de Bruges dans son envie de BeNeLiga: « Je préfère jouer avec le Standard à Marseille plutôt que contre… Nic et Nac », a-t-il répondu en novembre passé. Ce pour quoi nous tenions à le remercier.

Monsieur le Président,

Avant d’aborder l’objet de notre lettre, permettez-nous de nous présenter brièvement. Nous animons un mouvement citoyen et pluraliste ayant pour objectif de réveiller l’identité wallonne et de réorienter la Wallonie vers la francophonie en général et vers la France en particulier. Ce mouvement a été baptisé : Alliance Wallonie-France (AWF).

La presse a rapporté votre réaction aux tentatives de créer et d’imposer aux Wallons une «BENELIGUE». Dire que vous préféreriez évoluer dans le championnat français est l’évidence même : participer à une compétition prestigieuse tirerait vers le haut le Standard de Liège et tous les clubs wallons.

C’est donc avec émotion et un réel enthousiasme que nous partageons votre opinion et nous tenions à vous en remercier.

Enfin, nous sommes heureux de constater que votre action ne se limite pas au domaine sportif. Elle se manifeste également dans vos initiatives économiques. En promouvant un partenariat professionnel avec la Chine, vous orientez la Wallonie vers le grand large et non plus seulement vers les brumes du Nord. Et de cela aussi, nous tenons à vous remercier.

Vous voyez grand pour le Standard de Liège. Nous aussi, nous voyons grand pour la Wallonie. Nous aimerions qu’elle redevienne fière d’elle-même. Nous aimerions que la Wallonie signe des traités économiques avec la France. Nous aimerions qu’elle explore les richesses de la francophonie et du reste du monde.

Nous aimerions que la Wallonie revienne dans l’Histoire.

Encore une fois, un grand merci.

Nicolas Thirion, Président de l’AWF

Evaporation, silence, aveuglement

Par Paul MÉLOT

Le climat délétère des négociations visant à former un gouvernement fédéral de la dernière chance (?) dans une Belgique en voie d’évaporation – un pays incapable de mettre sur pied un gouvernement n’est plus un Etat – occulte parfaitement une autre réalité, tout aussi dramatique : l’avenir de la Communauté française. Les rédactions, yeux fixés sur les aides à la presse, feignent de ne pas voir et prévoir l’avenir, tout comme les organisations politiques gouvernant à échéance de six mois…

Financer un « pacte » qui n’a par ailleurs d’excellent que son nom, supporter une dette de plus en plus lourde, ne pas – plus- pouvoir faire appel aux régions elles aussi exsangues (voir la désastreuse Loi de financement), être amené, demain, comme en Flandre, à réduire les budgets culturels, surtout RTBF y compris, attendre 2024 pour voir les pleins effets de la cotisation dite de « responsabilisation » des pensions (+ ou – 450 millions d’euros supplémentaires dans un budget déjà en difficulté annuelle de 700 millions d’euros!!!) : c’est comme s’il ne se passait rien…

Quand de plus en plus de voix, wallonnes surtout, vu un certain mutisme du côté de Bruxelles, déclarent que la seule issue consiste à fabriquer une Belgique à quatre régions, il faut bien sûr préciser que la fin congénitale programmée de la Communauté française lors de son accouchement aux forceps sur les fonts baptismaux n’empêcherait en rien des accords bilatéraux entre régions. Allo les partis ?????

Les carottes belges sont cuites

Par Jules GHEUDE

Rik Van Cauwelaert, l’ancien rédacteur en chef de « Knack », s’attend à des élections anticipées. Il conseille de ne réserver aucun voyage en février et mars.

Des élections anticipées, au moment où, dans le dernier sondage RTL/Le Soir, la N-VA et le Vlaams Belang sont crédités ensemble de 49,4%, soit la majorité absolue assurée au Parlement flamand.

Comment, dans ce contexte, ne pas songer à ce qu’écrivait François Perin, le 28 avril 1981, dans « La Meuse » : Cela fait des années que je pressens ce qui va arriver. Après d’éventuelles élections (…), le malheureux chef de l’État se mettre à courir après un gouvernement introuvable : la Belgique peut disparaître par implosion. Qu’est-ce qui empêcherait les Flamands de proclamer unilatéralement leur indépendance et d’affirmer leur nation ? Ils ont créé tous les instruments de leur future légitimité.

Trente- huit plus tard, nous y sommes !

Les responsables francophones ont beau répéter à l’envi qu’ils tiennent à la Belgique (qu’est-ce que cela signifie, lorsque l’on stigmatise la moitié de l’électorat flamand ?), il est plus que temps qu’ils voient la réalité en face et se mettent enfin à envisager sérieusement l’ère post-belge.

Nous avons déjà expliqué pourquoi une Wallonie indépendante et une Belgique résiduelle, sans la Flandre, ne pouvaient représenter des scénarios d’avenir pérennes et crédibles. Seule la France est susceptible d’offrir à la Wallonie une solution de survie à l’incurable mal belge.

Les élites wallonnes, nous répond-on, y sont opposées, car elles ne souhaitent pas perdre leurs prérogatives actuelles.

Comme si la France était un pays uniforme, qui serait incapable de prévoir un cadre institutionnel et juridique adapté à une collectivité territoriale qui émettrait le souhait de la rejoindre.

Comme le fait observer Jacques Lenain, haut fonctionnaire français aujourd’hui retraité : les Wallons ne devraient pas se présenter nus devant Marianne pour revêtir l’uniforme français.

Et de proposer une solution qui aurait le mérite de préserver, dans ses grandes lignes, l’héritage juridique belge tout en offrant à la Wallonie un statut particulier qui sauvegarderait ses acquis. Une « intégration-autonomie », qui ferait des Wallons des citoyens français à part entière.

Cette formule prend pleinement en compte le fait que l’État français n’est plus cet État jacobin dont certains esprits continuent d’entretenir l’idée. La Constitution française de la Ve République, largement amendée depuis 1958, fonde les bases d’une large décentralisation.

La Constitution française autorise, par son article 72, des statuts particuliers pour certains de ses territoires. En métropole, seule, présentement, la Corse bénéficie d’un tel statut (et aussi, mais avec une portée moindre, la région d’Ile de France). Souvent citée en exemple par les réunionites wallons, l’Alsace-Moselle ne jouit en fait que d’un régime local, à portée limitée.

En outre, la Constitution prévoit explicitement une différenciation des statuts des collectivités territoriales d’outre-mer, pour tenir compte des spécificités de chacune, avec la possibilité de larges transferts de compétences de l’État (articles 73 et 74). Dès lors, une très grande variété de statuts est possible, qui vont du droit commun aménagé à de véritables statuts d’autonomie. C’est ainsi le cas en Polynésie française et en Nouvelle-Calédonie. L’État français n’exerce pour ces territoires autonomes qu’une compétence d’attribution pour des matières expressément réservées.

Il est donc évident que la République française a les aptitudes et les capacités nécessaires pour faire vivre en son sein un statut propre à la Wallonie.

Tout cela est parfaitement réalisable, comme l’a confirmé le constitutionnaliste français Didier Maus à Jacques Lenain :

Il serait parfaitement possible de créer un titre spécial « De la Wallonie » qui contiendrait une mini constitution sur mesure pour cette région. Il en découle que, sur le fondement de cette mini-constitution, il serait parfaitement réalisable de conserver en l’état, au moins pour l’essentiel, et pour une durée à déterminer le droit belge du travail, celui de la sécurité sociale, et certains droits « connexes », des pans du droit fiscal, le droit des affaires, du commerce, etc. La Région wallonne, et aussi la région bruxelloise si la question était posée, conserveraient les compétences qui sont aujourd’hui les leurs, y compris le système éducatif, avec l’enseignement supérieur. Ce ne serait pas une difficulté de faire de la sorte puisqu’il en est déjà ainsi, même si c’est avec moins d’ampleur, dans certains territoires français, qui, selon les cas, disposent d’une sécurité sociale propre (Polynésie, Calédonie…), d’un droit du travail propre (même s’il est largement copié sur celui de la métropole), de nombre de dispositifs fiscaux particuliers, et d’autres régimes spéciaux dans divers domaines (en Corse comme outre-mer).

Concrètement, cela signifie que la législation et les institutions wallonnes pourront être intégralement conservées. Les compétences actuelles de la Région wallonne seront également maintenues, à de rares exceptions comme, par exemple, l’octroi des licences de vente d’armes. Elles seront même enrichies de la plupart des compétences exercées aujourd’hui par la Communauté française, notamment l’enseignement.

Pour ce qui est de l’enseignement, précisément, il restera de cadre juridique inchangé au jour J de l’intégration. Mais rien n’empêche que des convergences puissent advenir ultérieurement. Si, par exemple, une demande wallonne s’exprimait pour un régime de baccalauréat, elle pourrait se concrétiser via un double changement législatif, en droit wallon obligatoirement et en droit commun français si nécessaire. En fait, ce raisonnement logico-juridique vaudra pour l’ensemble des matières de compétence wallonne.

Le statut des élus wallons ainsi que les règles électorales resteront intacts. Rien n’exclut cependant des négociations ultérieures avec Paris, dans une logique de donnant-donnant.

Point capital pour la Wallonie : son financement est garanti, puisque l’Etat français reprend à son compte les transferts actuels en provenance de Flandre (quelque 7 milliards d’euros).

Pour ce qui est du droit fédéral et des institutions fédérales, coupées en deux avec la partition du pays, ils relèveront de la compétence de l’État français. Une partie sera abandonnée le jour J (ex : diplomatie, armées, droit de la nationalité et de l’immigration…), une autre le sera plus tard (ex : institutions et procédures judiciaires). Tout le reste est conservé pour une durée indéterminée (notamment le droit et les institutions de la sécurité sociale), sauf négociations, dans une logique de donnant-donnant ou de simple convergence souhaitée de part et d’autre.

La situation des ex-corps fédéraux sera envisagée secteur par secteur, mais l’intégration dans les corps homologues français devrait se faire sans licenciements, avec indemnité compensatoire si nécessaire, comme c’est la règle, et obligation éventuelle de mobilité géographique ou fonctionnelle.

Les élus « nationaux belges » deviendront des élus « nationaux français » et relèveront donc complètement du Droit français, en ce compris les règles électorales.

Mais pas de quoi s’inquiéter à cet égard. La France compte 925 élus nationaux (sénateurs et députés) pour 67 millions d’habitants. Les 11 collectivités d’outre-mer sont très surreprésentées. Pour les 3,6 millions de Wallons, cela donnerait 5%, soit 40/45 élus nationaux. Certes, il y a ce projet d’Emmanuel Macron visant à réduire de 20% l’effectif des élus nationaux. Mais cela resterait néanmoins très correct !

Aussi longtemps que la Belgique subsistera, les Wallons nourriront la fibre belge. Mais, selon un sondage réalisé par « Le Soir » et « La Voix du Nord » en 2008, 49% d’entre eux se déclaraient prêts à opter pour la France si la Belgique disparaissait.

Durant des siècles, les Savoyards et les Niçois s’étaient montrés d’une totale loyauté à l’égard de la Maison royale de Savoie (Royaume du Piémont). Mais confrontés à la perspective de faire partie d’une Italie en voie d’unification, ils se prononcèrent, à 99%, pour le ralliement à la France en 1860. Ralliement qui, deux ans plus tôt, était loin d’être acquis. Seule l’attraction de la Suisse, sur le nord de la Savoie, justifia un traitement territorial particulier, avec la création d’une grande zone franche couvrant les territoires proches de Genève et du lac Léman.

Sans doute faudra-t-il attendre qu’ils se retrouvent mis devant le fait accompli pour que les Wallons réalisent pleinement le sérieux de la situation et adaptent leur comportement en fonction du contexte socio-économique auquel ils seront alors confrontés. Une Wallonie indépendante connaîtrait une évolution à la grecque, qui ne manquerait pas d’entraîner une baisse drastique des prestations sociales. Et la grosse majorité des Bruxellois (73,9%) optent pour un statut autonome en cas de disparition de la Belgique, ce qui met à mal le rêve de certains de voir émerger cette Belgique résiduelle qualifiée de Wallo-Brux.

Il nous faut aussi écarter cet argument « belgicain » habituel, selon lequel un tel cadre d’autonomie serait refusé par les décideurs français, au motif qu’il serait susceptible de tenter d’autres régions métropolitaines.

Le cas de la Corse est volontiers cité. Comme nous l’avons rappelé, cette région dispose déjà d’un statut particulier et l’évolution qu’elle peut en attendre n’a strictement rien à voir avec le régime envisagé ici pour la Wallonie.

Les indépendantistes et autonomistes corses, qui exercent désormais le pouvoir régional, se sont contentés de réclamer à Paris plus d’argent. Des compétences nouvelles – éducatives, sanitaires, sociales… – ne les intéressent pas. Notons que la Bretagne ne réclame pas un statut particulier d’autonomie semblable à celui de la Corse. Pourquoi réclamerait-elle demain un statut calqué sur celui de la Wallonie, qui lui est bien plus étranger ?

Cet argument de la boîte de Pandore qu’un statut d’autonomie wallonne ne manquerait pas d’ouvrir n’est en fait invoqué et défendu que pour empêcher les Wallons de penser à une solution française !

Rappelons enfin qu’un sondage Ifop/ »France-Soir » organisé en 2010 indiquait que 66% des Français (75% dans les régions frontalières) seraient disposés à accueillir la Wallonie si la Belgique disparaissait.

À ceux qui soulignent l’impact financier que l’opération représenterait pour la France, Jacques Attali, l’ancien conseiller du président François Mitterrand, répond : Le prix à payer pour la France serait sûrement plus faible que ce que cela lui rapporterait. C’est un beau débat. Qu’il commence ! (sur son blog, le 9 septembre 2008)

La reprise de la quote-part wallonne de la dette belge n’aurait pas d’incidence macro-financière. La France, c’est en effet six fois la Belgique et vingt fois la Wallonie.

Dans sa dernière tribune du « Vif », intitulée « La Belgique survivra-t-elle jusqu’en l’an 2030 ? », Claude Demelenne écrit : Dans un avenir prévisible, la Belgique ne va pas être scindée en deux États indépendants. L’exemple de la Catalogne a montré que l’Union européenne mettrait son veto.

L’exemple catalan est mal choisi. Amputé de la Catalogne, soit d’un quinzième de son territoire, l’État espagnol continuerait à exister, avec sa capitale Madrid, son gouvernement et son parlement. Et il mettrait évidemment son veto à l’adhésion de la Catalogne à l’Union européenne.

Pour la Belgique, il en va tout autrement. En cas d’impossibilité, devenue insurmontable, de constituer un gouvernement belge, il n’y aura plus de pouvoir à Bruxelles pour s’opposer à la fin de l’Etat belge ou empêcher la reconnaissance d’un État flamand souverain. L’Union européenne ne pourra que constater le décès de l’État belge, du fait du divorce, et d’intégrer un nouveau membre (ou deux, ou trois).

Comme l’avait fait remarquer François Perin en 1981 : Jamais l’Europe ni l’0tan, dira-t-on, ne laisseront éclater la Belgique. Que pourraient-ils faire : débarquer les « Marines » pour nous apprendre par la France à vivre ensemble ?

L’Union européenne devra faire preuve de pragmatisme. Dans un message placé sur Facebook, Michel Hermans, professeur de Sciences politiques à l’Université de Liège, déclare : La fin de la Belgique n’est plus de la pure fiction, mais un scénario de plus en plus envisageable.

Et d’expliquer :

Les Communautés flamande et française sont largement favorables à l’Union européenne. Actuellement, on ne pourra plus accuser l’une ou l’autre Communauté, comme pour la Catalogne indépendantiste, de vouloir mettre fin à l’État belge, même si ce sont les Flamands qui sont les plus favorables à une « Nation » flamande indépendante. De toute façon, le Confédéralisme, dans un cadre légal, envisagé par une majorité politique flamande, comme solution à la subsistance de la Belgique, est quasi dépassé. Par conséquent, pour éviter une crise dans un des pays fondateurs de l’Union européenne et essayer de trouver un statut pour Bruxelles, capitale de l’Union, entre les deux grandes Régions ou Communautés, les autres membres de l’Union européenne accepteront cette évolution particulière.

Un élément important doit retenir ici notre attention. Si la Wallonie rejoint la France, la question de son appartenance à l’Union européenne est automatiquement réglée. Par ailleurs, c’est la France qui sera amenée à négocier, au nom de la Wallonie, les modalités pratiques de la scission belge, notamment l’épineux partage de la dette.

Ça casse ou ça casse

Par VALMY

La presse relate, ce 8 décembre, une « rencontre de courtoisie » entre Messieurs Magnette et De Wever.

Admettons que l’acharnement du Wallon à sauver le royaume de Belgique donne naissance à un gouvernement fédéral « belge », que va-t-il se passer à votre avis ?

a) Sans la présence du VLD et du CD&V, il s’agira d’un gouvernement « wallon » dont on peut imaginer la durée de vie.

b) Avec la présence « mathématique » du VLD et du CD&V, on peut déjà envisager des dissensions entre ailes droite et gauche dans ces deux formations dont les répercussions fragiliseront la durée de vie du gouvernement « belge ».

c) De toute façon, si Monsieur Magnette veut survivre, il n’aura d’autre choix que de mener une politique favorable à la Flandre et au Patronat de Flandre.

d) Mais si Monsieur Magnette ne peut mener sa politique de gauche, même amendée, ses partenaires wallons se devront de réagir, au moins, pour sauver leurs « meubles » sur le plan électoral régional.

Conclusion : il semblerait que, malgré sa volonté jusqu’au-boutiste, Monsieur Magnette se trouve bien devant un dilemme, comme l’envisageait Monsieur François Perin, ou cela se passe très mal ou cela se casse tout de suite. Dans les deux cas la raison du plus fort, la Flandre, sera la meilleure !

Un peu de bon sens, M. Demelenne !

Par Jacques LENAIN

L’opinion de Claude Demelenne (voir ci-après) mérite un temps d’arrêt.

D’abord, parce que, avec tant d’autres, elle accompagne la montée de la vague « pro-confédéraliste » du côté franco-belge.

Ensuite, parce qu’elle comporte deux idées fausses, deux absurdités, qu’il convient de réfuter.

1. Selon C. Demelenne, l’UE fera obstacle à la fin de l’Etat belge, comme le démontrerait le cas catalan !

Or, ça n’a rien à voir : la Catalogne, comme Etat indépendant et souverain, ne pourrait devenir membre de l’UE sans l’accord de Madrid, une capitale espagnole qui existera toujours, avec un gouvernement espagnol qui existera toujours, pour une Espagne qui existera toujours même si l’Espagne avait perdu la Catalogne ! Donc, un vrai problème pour Barcelone…

Pour la Belgique, il en ira tout autrement : puisque, en cas d’impossibilité, devenue insurmontable, de constituer un gouvernement belge, il n’y aura plus de pouvoir à « Bruxelles » pour s’opposer à la fin de l’Etat belge, ni de capitale étatique belge pour s’opposer à la reconnaissance de la Flandre comme nouvel Etat membre de l’UE (ou de la Wallonie ou de Bruxelles…). L’UE, et tous ses membres, ne pourront que se contenter de constater la fin de l’Etat belge, du fait du divorce belge; et accepter d’intégrer un nouveau membre (ou deux, ou trois).

Cette « assimilation » entre situation espagnole et situation belge, entre Madrid et Bruxelles, est donc sans fondement.

2. Selon C. Demelenne, on peut satisfaire les Flamands en scindant presque tout, y compris la Sécurité Sociale, à la satisfaction des Franco-Belges qui conserveraient la solidarité financière Nord/Sud !

C’est stupide de croire cela car pourquoi donc la Flandre continuerait-elle à financer durablement la Wallonie une fois qu’il n’y aurait plus d’institutions régaliennes et/ou sociales belges « communes » à financer ?! La Flandre financerait quoi de la Wallonie, et elle le ferait en échange de quoi ? Mystère…

Ce ne serait envisageable que pour une bien courte période transitoire, et en échange de l’abandon par la Wallonie de Bruxelles à la Flandre. Et là, par contre, la Flandre pourrait effectivement continuer à financer durablement Bruxelles, si Bruxelles se soumettait à elle ! Et il faut vraiment se forcer pour croire à une telle hypothèse !

Ensuite, comment agirait la Wallonie et la Flandre au plan international et européen si, fictivement, l’Etat belge « souverain » demeurait comme « coquille vide », alors que l’Etat flamand, bien que « quasi indépendant », n’existerait pourtant pas, juridiquement, comme Etat « souverain » (ni l’Etat wallon, ni un Etat bruxellois…). Là aussi, au mieux, ce ne pourrait être qu’un montage de courte durée. En effet, avec qui négocieraient et « traiteraient » (donc signeraient et ratifieraient des traités) les instances internationales et européennes et tous les Etats vraiment souverains, pour des affaires impliquant la Flandre ? Avec la seule Flandre (donc non « souveraine » en droit international) ou avec l’Etat belge-croupion et pourtant « souverain », ou avec les deux ? Même questionnement pour une Wallonie « quasi-indépendante » mais non « souveraine »…

Un tel « montage » serait la cause d’une multiplication à l’infini de blocages, par l’exercice multiplié du pouvoir de veto de chacun (comme il en fut pour l’affaire du CETA, au nom de la « compétence internationale » de la Wallonie en économie). Tout petit exemple concret : comment serait calculée, acceptée, partagée, versée, la contribution financière « belge » au budget de l’UE ?

« Le Parlement britannique peut tout faire, sauf changer un homme en femme. » Si, ça, c’est devenu possible ! Par contre, le Parlement britannique ne peut pas faire que le Royaume-Uni soit à la fois dehors et dedans l’UE ! De même, le Parlement et la Constitution belges ne peuvent faire que, pour la communauté internationale des Etats, la Flandre (ou la Wallonie, ou Bruxelles…) puisse être considérée comme « souveraine » en même temps que l’Etat belge, lequel serait « conservé », et dont ladite Flandre (comme la Wallonie et Bruxelles) continuerait à faire juridiquement partie !

Un peu de bon sens, M. Demelenne !

Un arc-en-ciel pour Noël ?

Par Jacques LENAIN

Sans doute, gagner du temps est toujours la seule tactique des partis franco-belges. Et 4 ans de plus, ce sera bon à prendre, avec des transferts financiers nord/sud maintenus. Mais il faut quand même former un gouvernement, qui associe Flamands et Franco-Belges, et le faire vivre pendant ces 4 ans, et c’est de plus en plus difficile, car il faut pour cela donner du grain à moudre aux partis flamands, donc de nouvelles régionalisations de compétences, et pour cela, commencer à menacer les organes vitaux de l’Etat central belge (Justice, Fiscalité, Sécurité sociale, …).

La décomposition de l’Etat belge est un processus lent, parce que le sort incertain de Bruxelles empêche les nationalistes flamands d’aller vite. L’Etat belge conserve son utilité tant qu’il sert à la Flandre de moyen de contrôle de Bruxelles. Du coup, la Flandre continue à financer la Wallonie, tout en réduisant ses transferts… C’était bien une base majeure du deal de 2011 : la scission de BHV contre le maintien desdits transferts, mais, malheureusement, à un niveau réduit. C’est le moyen de chantage de Namur : « je te cède sur Bruxelles, aussi peu que possible, et tu continues à me financer, autant que possible ». Di Rupo l’a dit tout récemment : pas d’accord avec la NVA (pour un volet régional de plus) sans « réforme de la loi de financement » (pour donner de l’air à la Wallonie, à Bruxelles, et à la Communauté française). Mais la presse ne rend pas vraiment compte du volet financier des négociations, sa partie la plus cachée…

La France pour nous sauver…

Dans la dernière édition du magazine Le Vif/L’Express, on a pu lire ce billet du journaliste Olivier Mouton :

La France pour nous sauver de la banqueroute

Les budgets des entités francophones -Régions bruxelloise et wallonne, Communauté française- sont dramatiquement dans le rouge. Et les nouvelles majorités ont tendance à laisser filer les déficits. C’est la chronique d’une catastrophe annoncée. Paul Mélot, socialiste liégeois qui milite activement à l’Alliance Wallonie France (AWF), voit dans cet endettement croissant un argument supplémentaire pour son dessein rattachiste, en plus de son attachement aux valeurs républicaines. « Si la sécurité sociale est scindée, la fin du pays représenterait, par Wallon, une dette de 3 875 000 euros en plus d’une perte de revenus annuels de 1 447 euros », calcule-t-il dans un courriel envoyé le 17 novembre, après une réunion de l’AWF. Conclusion : « Une Wallonie indépendante n’est pas viable et la seule solution possible consiste bien en une union à la France. »

Pour ceux qui ne l’ont pas reçu, voici le courriel en question :

A mes amies, amis et connaissances,

Vous connaissez mon profond et sincère attachement aux valeurs de liberté, d’égalité, de solidarité et de laïcité, donc aux valeurs républicaines.

Vous n’ignorez sans doute pas que je milite activement à l’ALLIANCE WALLONIE FRANCE, mouvement citoyen pluraliste, démocratique et laïc.

Hier, j’ai participé à notre Conseil général élargi et, en guise d’introduction à nos travaux, présenté une synthèse de la situation politique que nous subissons…

Ma conviction intime est que le SEUL avenir de la Wallonie consiste à être réunie à la France et repose avant tout sur la pratique culturelle de notre langue, us, coutumes, philosophie des lumières, de notre histoire, bref, la culture française. Ce qui n’a absolument rien à voir avec les arguments qui me sont bien souvent avancés (la France de Macron…). Mais derrière ces réalités se profile aussi – et peut-être même surtout dans un avenir plus proche que l’on puisse penser ou espérer –  une réalité et nécessité économique, vu l’évaporation de l’Etat belge et l’écrasante toute-puissance de la Flandre qui a perdu tout sens de solidarité…

Pour vous en documenter, vous trouverez ci-dessous une partie d’un message envoyé à l’ami qui rédige le P.-V. de cette réunion. Je suis la méthodologie de mon ami Jules GAZON, Professeur émérite de l’Uliège dont les travaux n’ont jamais été mis en doute par qui que ce soit, car ils reposent sur des bases scientifiques !

J’ambitionne de compléter ce travail par un autre, qui aura trait à la sécurité sociale et ses diverses branches. Toute personnalité politique wallonne qui envisagerait, pour satisfaire les revendications flamandes, de scinder l’une ou l’autre des branches OU encore de créer deux ministres fédéraux du gouvernement central chargés des rôles flamand et wallon d’un budget de sécu, serait en total porte-à-faux avec l’éthique wallonne, et, pour tout dire, d’une malhonnêteté crasse par rapport aux programmes électoraux qui n’ont jamais avancé une scission, partielle ou totale. S’il arrivait que ce soit le cas, c’est dans la rue qu’il nous appartiendrait de défendre notre avenir et surtout, celui de nos enfants, de nos petits-enfants ! La plus que regrettable scission des allocations familiales (que l’on sait déjà devenir impayables à Bruxelles demain et ici en Wallonie, après-demain) hélas concédée par Di Rupo et les autres en 2011, sa Loi de financement odieuse (2014) qui va précipiter ET la Wallonie ET la Communauté française dans une faillite, dès 2024-2025 suffisent !!! J’ai, par ailleurs, retenu son récent message martelé sur tous les tons : le PS sans la NVA ou la NVA sans le PS, ce qui ne signifie en rien, que du contraire, qu’il faille ignorer ce qui se passe en Flandre, donc se parler et évoquer, comme la Flandre le veut, son indépendance. J’ai aussi, comme vous, pris connaissance des déclarations du même tonneau de Paul Magnette avant qu’il ne soit désigné informateur royal.

Soyons bien persuadés qu’EN PLUS de ce que je décris, situation déjà alarmante au plus haut degré (et occultée par les responsables politiques et trop souvent ignorée par la presse qui craint pour ses subsides) trouver les dizaines de milliards pour la sécurité sociale en Wallonie est mission totalement impossible. Donc que la fin de la Belgique en est inévitablement au rendez-vous !!! Donc, que faire demain ???

En vous souhaitant une lecture vigilante, en vous CERTIFIANT que je « ne roule » pour personne, sinon pour l’avenir de nos enfants et petits-enfants, recevez mes meilleures salutations et amitiés et ne vous privez pas de transférer ce message. Merci d’avance !

Paul Mélot, 17.11.2019

La sécurité sociale dans le viseur

Par Paul MELOT

LE SOIR de ce 7/11 relance une piste évoquée il y a quelques semaines : une sécurité sociale splitsée au sein du gouvernement FEDERAL, deux ministres (VL et W) gérant leur propre budget issu de l’impôt collecté dans chaque région. Dès l’instant où le revenu moyen/habitant est nettement moins élevé ici qu’en Flandre, les revenus d’impôts suivent fidèlement la courbe. Donc, cette idée désastreuse porte le germe d’une sécu à deux vitesses. La misère gérée pour la Wallonie, l’essor protégé pour la Flandre !

Certains se souviendront qu’à la fin des années ’70, Jean-Maurice DEHOUSSE était secrétaire d’Etat à l’économie régionale wallonne au sein du gouvernement FEDERAL… Et que cette scission inachevée, à l’époque, n’a fait que retarder une pleine autonomie de la Région wallonne. Et en rappelant que, plus tard, l’écart entre Flandre et Wallonie n’a fait que croître…

Attention ! Il ne s’agit pas du même débat !!! Scinder la sécu, déjà,  au sein d’un même gouvernement, c’est la rupture (hélas engagée dès la sixième réforme de l’Etat avec les allocations familiales…) c’est donc la rupture des SOLIDARITES, de toutes les solidarités (chômage, pensions, soins de santé…)

Si c’est cela que Paul MAGNETTE va tester, alors il faut crier que le citoyen wallon, lors des élections de mai 2019, n’a en rien émis un vote favorable pour favoriser ce désastre,  au contraire. Quel que soit le parti wallon qui entrerait dans un gouvernement fédéral avec ce funeste projet, il ne serait qu’un traître à NOTRE Wallonie. Ce que je crains hélas…

Aucun électeur d’aucun parti wallon n’a donné mandat à qui que ce soit pour mettre en pratique cette idée émanant de Flandre et qui, de plus, ne règle rien – bien au contraire- pour Bruxelles.