Au milieu de nulle part

Par VALMY

Quelles sont les options qui se présentent au duo De Wever-Magnette en ce 8 août 2020 ?

Option 1 : Une nouvelle invitation serait envoyée aux libéraux.

Option 2 : la remise en selle d’un autre parti.

Option 3 : un gouvernement de “courte” durée avec un programme “limité”, centré sur l’après-corona et la crise économique qui s’annonce.

Option 4 : mettre sur pied un gouvernement minoritaire, avec les 5 partis en négociation. Cette “bulle de 5” dispose de 69 sièges. Elle devrait aller chercher l’appoint au Parlement pour chaque décision.

Mais est-ce jouable face aux défis qui s’accumulent ?

Oui, le Vlaams Belang compte 18 députés dans l’opposition. Cela signifie, pour les votes à caractère institutionnel, une majorité de 69 + 18 soit 87 députés.

Cela semble jouable pour la NVA qui peut ainsi exercer un sérieux chantage à l’encontre des Wallons, comme Monsieur Bouchez et consorts, toujours englués dans la nasse du royaume de Belgique.

Pour les partis flamands, cela leur permet d’affirmer hypocritement qu’ils ne gouvernent pas avec le VB mais qu’ils ne peuvent l’empêcher de voter les lois, surtout celles profitables à la Flandre.

Nous vivons en démocratie, n’est-ce pas !

Quant au PS, il pourra compter sur les verts et le PTB pour voter les lois sociales. Mais uniquement les lois sociales accordées par la Flandre au PS au cours du donnant-donnant préalable au « confédéralisme ». Ces lois sociales profiteront aussi aux Flamands.

Pour Monsieur Bouchez qui semble accorder du crédit aux paroles du VLD, il ne faut pas oublier que dans ce parti « uni » au MR, les parlementaires nationalistes soutiendront toutes les lois profitables à la Flandre que cela plaise ou non à leur président Monsieur Lachaert.

Option 5. Personne ne se souhaite les élections. Pourtant tous y vont à grands pas. Excepté que la NVA pourra se lancer en campagne en se targuant d’avoir concocté avec le PS la mise sur pied du confédéralisme !

Il ne s’agissait pas d’un poker menteur, la Flandre détient toutes les bonnes cartes depuis 1960 !

B Plus ou le refus de voir la réalité

Par Jules Gheude

C’est avec grand intérêt que j’ai pris connaissance de la carte blanche de Frédéric Amez, Vice-président de B Plus, publiée sur « Le Vif », ce 27 juillet (https://www.levif.be/actualite/belgique/fin-imminente-de-la-belgique-le-reve-et-la-realite-carte-blanche/article-opinion-1314123.html)

Selon M. Awez, la crise que traverse actuellement la Belgique n’a rien d’inédit et il est excessif d’en tirer argument pour convaincre l’opinion publique wallonne qu’il ne sert à rien de compter sur l’avenir de la Belgique.

Je ne souhaite pas refaire ici l’historique du Royaume de Belgique. Je rappellerai tout simplement qu’il naquit en 1830 de la volonté des grandes puissances européennes de l’époque, l’Angleterre notamment, pour faire barrage à la France. Les populations concernées n’eurent pas voix au chapitre. Le Congrès national belge fut le fruit d’un vote d’à peine 2% de la population. Quant au choix du souverain, il nous fut imposé par Londres.

Dès les premières années d’existence du pays, un Mouvement populaire flamand vit le jour, afin de s’insurger contre le sort fait à la langue et à la culture flamandes. De nature romantico-littéraire à ses débuts, il ne tarda pas à acquérir une dimension sociale et politique.

Au terme d’un combat de nombreuses décennies, les premières lois linguistiques furent acquises et la Flandre finit par obtenir ses lettres de noblesse sur l’échiquier politique belge.

Tout cela laissa des traces durables, comme on put le constater lors des deux conflits mondiaux du 20e siècle. Il en résulta, en tout cas, au Nord du pays, un sentiment collectif et puissant d’appartenance, transcendant les clivages politiques, et qui finira par déboucher sur le concept de Nation.

Sous sa forme unitaire, le Royaume de Belgique ne parvint pas à souder les Communautés belges de façon harmonieuse. La question royale et la guerre scolaire virent s’entre-déchirer le Nord et le Sud.  La fixation de la frontière linguistique, en 1962, afficha clairement la dualité du pays. Quant au « Walen buiten » de Louvain, en 1968, il entraîna la scission du parti social-chrétien en deux ailes linguistiques (les libéraux et les socialistes suivront le mouvement, respectivement en 1972 et 1979).

Après de longues années de palabres, la Constitution belge finit par intégrer une Belgique fédérale, composée des Régions et des Communautés.

Mais dès cette époque, le ministre-président flamand Luc Van den Brande lança l’idée d’un confédéralisme à deux Etats, Flandre et Wallonie, avec cogestion de Bruxelles. Cela fut repris dans les cinq résolutions votées par le Parlement flamand en 1999. Cela est aujourd’hui au cœur du débat politique.

Echec de la Belgique fédérale, après celui de la Belgique unitaire…

C’est ce que M. Amez résume par cette phrase : Force est de constater que, de crise en crise, la Belgique malmenée, réformée, rafistolée d’une manière pas toujours très heureuse, est toujours là.

Certes, elle est toujours là. Mais, depuis décembre 2018, elle ne parvient pas à se trouver un gouvernement de plein exercice pour la gérer.

Contrairement à ce que pense M. Amez, la crise actuelle n’est pas politique. Elle est bien existentielle, dans la mesure où l’existence d’une Nation flamande s’avère inconciliable avec le maintien du royaume.

M. Amez se plaît à rappeler que seule une minorité de Flamands souhaitent la scission de la Belgique. Il cite le chiffre de 16%. Il doit cependant savoir que les électeurs sont censés voter en connaissance de cause. Selon les derniers sondages, plus de 47%  se prononcent en faveur de la N-VA et du Vlaams Belang, formations ouvertement indépendantistes. Le jour où leurs élus constitueront la majorité absolue au sein du Parlement flamand, ils auront toute légitimité démocratique pour proclamer unilatéralement l’indépendance de la Flandre. Il sera alors trop tard, pour certains électeurs, de s’indigner en disant : « Ce n’est pas pour ce que nous voulions ! ».

M. Amez dénie au Parlement flamand cette légitimité démocratique et cite le cas de la Catalogne. Mais les deux situations ne sont en rien comparables.

La Catalogne ne représente que 1/15e du territoire espagnol. En partant, elle ne met pas fin à l’Espagne ni au pouvoir en place à Madrid, qui peut évidemment s’opposer à sa reconnaissance.

Si la Flandre largue les amarres, c’est la déstabilisation complète de la Belgique et… l’absence de tout pouvoir à Bruxelles pour réagir. L’Union européenne ne pourrait qu’acter la chose.

M. Amez souligne qu’une telle décision serait si manifestement inconstitutionnelle que l’assemblée se mettrait irrévocablement hors-la-loi, préférant la révolution à l’Etat de droit. Mais qu’est-ce qu’un Etat qui ne parvient plus à constituer un gouvernement, si ce n’est un Etat qui n’existe plus ?

Je remercie M. Amez de citer François Perin. Avec la lucidité et la clairvoyance qui le caractérisaient, celui-ci avait annoncé, dès 1981, l’évolution actuelle : A un moment donné, le malheureux chef de l’Etat se mettra à courir après un gouvernement introuvable. La Belgique peut disparaître par implosion. Qu’est-ce qui empêcherait les Flamands de proclamer unilatéralement leur indépendance et d’affirmer leur nation ? Ils ont créé tous les instruments de leur future légitimité.

Ne sommes-nous pas arrivés à stade ?

Lors de la crise de 2010-2011, la Commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale française avait jugé la situation belge suffisamment inquiétante pour dépêcher deux de ses membres à Bruxelles. Dans leur rapport, ceux-ci constatèrent que la division de la Belgique en deux groupes linguistiques de plus en plus cohérents et dissemblables rendait son existence de moins en moins probable.

B Plus n’est-elle pas dans le rêve en  plaidant pour une Belgique rénovée, fédérale et solidaire. Pour M. Amez, cela peut passer notamment par une refédéralisation de certaines compétences, notamment en matière de soins de santé. Mais les ténors du CD&V et de la N-VA ont déjà clairement fait savoir qu’il ne pouvait être question de remettre le dentifrice dans le tube. On connaît la formule : ce que la Flandre fait elle-même, elle le fait mieux.

Quant à une réforme qui consisterait à bâtir la Belgique sur quatre régions, elle s’avère chimérique quand on connaît l’aversion que la Flandre a toujours eue pour Bruxelles, région à part entière.

Je n’ai jamais tenu de discours hostile à l’égard de la Flandre. Au contraire, je me suis toujours efforcé de comprendre sa sensibilité profonde. Voilà plus de quarante ans que je lis quotidiennement la presse flamande et je suis régulièrement invité à donner des conférences (je le fais en néerlandais !) au Nord du pays. J’y suis toujours accueilli avec cordialité et respect. 

En ce qui concerne le sujet réunioniste, il ne s’agit nullement d’une obsession dans mon chef. Mon souci est de réfléchir au meilleur scénario post-belge pour la Wallonie, le jour où nous serons confrontés à l’inéluctable.

Au terme d’études approfondies, qui ont été publiées et que l’on peut consulter sur la toile, seule l’option d’une intégration de la Wallonie à la France, avec un statut particulier, paraît de nature à garantir un avenir pérenne à la population wallonne.

M. Amez brocarde ce scénario. La Wallonie n’a aucun lien historique avec la République française, affirme-t-il. Et de parler de l’une ou l’autre spéculation sur la possibilité pour le droit constitutionnel français d’accueillir la Wallonie au sein de la République française tout en lui accordant une autonomie relative.

Je laisserai à l’historien namurois Félix Rousseau le soin de répondre au premier point : Dès le XIIIe siècle, c’est le français qui est adopté partout comme langue littéraire. Voilà le fait capital de l’histoire intellectuelle de la Wallonie. Sans aucune contrainte, de leur pleine volonté, les Wallons sont entrés dans l’orbite de Paris et, depuis sept siècles, avec une fidélité qui ne s’est jamais démentie, n’ont cessé de participer à la culture française.

Notons au passage que M. Amez plaide pour un investissement dans l’apprentissage du néerlandais afin d’apprendre aux jeunes Wallons à connaître et apprécier comme il se doit leurs compatriotes du Nord. Apprendre le néerlandais, donc, pour « rester » avec la Flandre. Mais le fait que le français soit notre mode d’expression et de pensée depuis le XIIIe siècle ne nous « lie » en rien à la France…

Pour ce qui est du scénario « intégration-autonomie », je tiens à fournir à M. Amez les éléments suivants.

Ce scénario fut présenté par Jacques Lenain, haut fonctionnaire français aujourd’hui retraité, lors des Etats généraux de Wallonie qui se sont tenus à Liège, le 9 mai 2009.

Pour l’intéressé, il s’agit de concilier une intégration étatique à la France avec une forte autonomie au sein de celle-ci, tout en garantissant, par l’exercice de la solidarité financière nationale, l’équivalence des services publics et des systèmes sociaux. Entité régionale maintenue, la Wallonie conserverait ainsi ses organes d’auto-administration actuels. Ses compétences seraient maintenues et même élargies à celles exercées actuellement par la Communauté française, qui aurait de facto cessé d’exister. Quant au droit ex-fédéral belge, conservé, sauf exceptions, il se trouverait placé sous la responsabilité du législateur français.

Certes, il faudrait bien rendre des comptes à l’État central français, qui s’arroge en particulier le pilotage et le contrôle des dépenses sociales et qui veille à un traitement équitable des populations tant en matière de prestations reçues que d’impôts et cotisations prélevés. On peut donc présager que l’État français poserait comme préalable à l’effort pérenne de solidarité nationale l’engagement des responsables wallons sur des réformes susceptibles d’aboutir à une diminution progressive ou, à tout le moins, à une stabilisation des concours financiers en cause. Pour autant, cette exigence légitime de rigueur, qui devrait satisfaire les Wallons qui attendent plus d’efficacité de la part de leurs institutions, ne remettrait jamais en cause l’existence même des services publics et des prises en charge sociales en Wallonie, ainsi que leur équivalence avec les services et prestations assurés sur le reste du territoire français. Loin de perdre leurs acquis, représentatifs de ce qu’ils sont et résultat de leur histoire et de leurs luttes, les Wallons pourraient donc les conserver et mieux les faire fructifier au sein de l’État français.

Comment, pratiquement, les choses pourraient-elles se concrétiser ?

Lorsqu’il sera devenu pour tout le monde évident que les carottes belges sont cuites, les autorités wallonnes – après avoir écarté les options jugées irréalistes et financièrement non viables – négocieront avec Paris un cadre d’intégration, basé sur une grande autonomie. Une fois que les parties concernées se seront mises d’accord sur un projet, celui-ci sera soumis à un référendum, tant en France qu’en Wallonie. Rien ne sera donc imposé.

Une fois que les populations auront accepté cette « intégration-autonomie », c’est à la France qu’il reviendra de négocier avec la Flandre les modalités pratiques de la partition.

Aujourd’hui, la Wallonie coûte chaque année quelque 7 milliards d’euros à la Flandre. Mais le maintien du cadre belge est aussi fondé sur l’extinction progressive de ces transferts, alors que le cadre français garantira toujours aux Wallons le maintien, à parité égale, des services publics et des prestations sociales avec ceux de la République.

Certes, explique Jacques Lenain, il y aura un impact financier, mais pas de quoi inquiéter Bercy : cela coûtera moins cher que la suppression de la taxe d’habitation.

Pour ce qui est de la reprise de la part wallonne de la dette belge, Jules Gazon, professeur émérite d’Economie à l’Université de Liège, précise : Le PIB de la France « augmentée » de la Wallonie serait égal à 24 fois le PIB wallon. L’amplitude des effets en termes de déficit public et de dette publique par rapport au PIB serait divisée par 24. Elle serait marginale.

Jacques Lenain a soumis son projet au constitutionnaliste français Didier Maus, qui en a confirmé la faisabilité (http://www.belgique-francaise.fr/notes-complementaires/wallonie-francaise—cadre-constitutionnel—entretien-avec-didier-maus-constitutionnaliste-francais) : Il serait parfaitement possible de créer un titre spécial “De la Wallonie” qui contiendrait une mini-Constitution sur mesure pour cette région. Il en découle que, sur le fondement de cette mini-Constitution, il serait parfaitement réalisable de conserver en l’état, au moins pour l’essentiel, et pour une durée à déterminer le droit belge du travail, celui de la sécurité sociale, et certains droits « connexes », des pans du droit fiscal, le droit des affaires, du commerce, etc. La région wallonne, et aussi la région bruxelloise si la question était posée, conserveraient les compétences qui sont aujourd’hui les leurs, y compris le système éducatif, avec l’enseignement supérieur. Ce ne serait pas une difficulté de faire de la sorte puisqu’il en est déjà ainsi, même si c’est avec moins d’ampleur, dans certains territoires français, qui, selon les cas, disposent d’une sécurité sociale propre (Polynésie, Calédonie…), d’un droit du travail propre (même s’il est largement copié sur celui de la métropole), de nombre de dispositifs fiscaux particuliers, et d’autres régimes spéciaux dans divers domaines (en Corse comme en Outre- mer).

M. Amez parle encore de la scission présentée comme subie. Que fait un couple quand il ne parvient plus à s’entendre ? Il se sépare. Soit d’un commun accord, comme la Tchéquie et la Slovaquie l’ont fait, soit de la volonté d’un seul conjoint. Si le blocage belge persiste, soit le partenaire flamand, après l’avoir constaté, en tire seul les conséquences et décide de suivre son propre destin, soit les Flamands et francophones se mettent ensemble autour de la table pour acter la séparation et en discuter sereinement les modalités pratiques.

Dans la préface à mon livre « L’incurable mal belge sous le scalpel de François Perin » (Editions Mols, 2007), feu Xavier Mabille, président du CRISP, a toutefois tenu à rappeler ce principe essentiel : La Flandre – ou du moins une majorité parmi les personnes et les institutions qui en assurent l’expression politique – pourrait décider de son autodétermination. Elle ne déciderait pas pour autant du même coup du destin de la Wallonie ni de celui de Bruxelles.

Véritable histoire d’un pays imaginaire

Après les réjouissances du 21 juillet, l’actualité sommeille, en principe, et la rédaction du Vif/l’Express s’octroie une semaine de congé. C’est l’occasion de revenir sur la dernière édition du magazine, datée du 16 juillet.

Le royaume de Belgique y est à l’honneur dans un dossier qui, sur un ton plutôt léger, le questionne et le déshabille : La Belgique aura-t-elle un jour 200 ans ?  Plus de vingt pages pour célébrer la fête nationale avec tout ce qu’il faut de pertinence et d’impertinence, sans flonflon patriotique ni feu d’artifice (et le coronavirus n’y est pour rien).  Alors que ce pays s’essouffle à chercher l’impossible équilibre dont il a besoin pour marcher, l’identité belge est chatouillée par la plume, entre autres, de Nicolas De Decker.

Pour se débarrasser d’une mythologie devenue encombrante et se raccrocher à la réalité d’un pays pas si réel que ça, l’inspiration critique est salutaire, indispensable même. Que l’on en juge par ces définitions tirées de « nos 190 ans en 50 mots » :

CANAL

On en creusa beaucoup, des canaux, au XIXe siècle, pour rapprocher de la mer le charbon et l’acier wallons. Depuis Charleroi, le Centre, Liège, tous les canaux mènent à Anvers, où l’on trouvait toujours que l’Etat, français, puis hollandais, puis belge, n’investissait pas assez d’argent public dans ces coûteux creusements et ces dispendieux élargissements. Mais il n’y a plus de charbon ni d’acier wallon, et depuis Anvers désormais, l’on trouve que ces creusements et ces élargissements auront coûté beaucoup trop d’argent public.

CHARBON

Combustible très solide. On en extrayait beaucoup en Wallonie, plus que partout ailleurs en Europe continentale, et plus qu’en Flandre, où l’on n’en extrayait pas. On a commencé à en extraire un peu en Flandre, à partir du début du XXe siècle, tout près d’Anvers, puis beaucoup, et petit à petit on a arrêté d’en extraire en Wallonie. Il n’y a plus de mines en Belgique, et pratiquement plus d’anciens mineurs en Wallonie, mais la Belgique a tout récemment décidé d’augmenter, avec effet rétroactif, les pensions des anciens mineurs, qui sont pratiquement tous flamands, et souvent très solides.

COMPROMIS

(…) Consiste à trouver un accord entre deux parties pas d’accord sur la nécessité de trouver un accord sur ce avec quoi seule une des deux parties n’est plus d’accord. Et à la fin, c’est la Flandre qui gagne. (En deux mots, et avec un changement de lettre, ça marche aussi, donc.)

Pour se faire une idée plus complète de ce dossier aux allures de « véritable histoire d’un pays imaginaire », en voici les deux premières pages :

Wallonie, réveille-toi !

Par André Dumont

Les déclarations incisives des leaders flamands lors de la célébration de leur fête nationale, le 11 juillet dernier, confirment l’arrivée à son terme de la confrontation communautaire Wallonie-Flandre engagée depuis 1830.

Il est de plus en plus évident que la Flandre est proche de son autonomie. Cette perspective devrait inciter les Wallons à se préoccuper d’urgence de l’avenir de leur région, aujourd’hui plongée dans une situation financière et économique alarmante.

Sous la houlette du Ministre Président wallon, Monsieur Elio Di Rupo, belgicain déclaré, la Wallonie accepte la mainmise financière de la Flandre sur ses forêts, ses terres agricoles, ses hôtels, ses résidences et ses industries : Durbuy, Pairi-Daiza, tout autant que le village flamand des Barrages de l’Eau d’Heure ne sont que la face visible d’une occupation réfléchie et méthodique de notre région.

Monsieur Elio Di Rupo ignore l’identité wallonne, il s’en tient à l’histoire belge du professeur Henri Pirenne. Il n’ignore pas que parmi ses prédécesseurs, Guy Spitaels, Jean-Claude Van Cauwenbergh et Robert Collignon n’ont pas manqué de déclarer la Belgique ingouvernable à l’issue de leur mandat présidentiel. Paul Magnette a identifié la Wallonie en Europe en refusant de signer l’accord économique et commercial, le CETA. Mais devenu Président du Parti Socialiste, il a envisagé une entente avec le Président de la SPA, Conner Rousseau, pour faire un gouvernement avec la NVA sans ignorer pourtant le partenariat NVA-SPA de la Ville d’Anvers. Rappelé à l’ordre par ses militants, il est rentré dans le rang où le silence est d’or. Il a laissé la parole au sémillant Président du MR, Pierre-Henri Bouchez, qui ne cesse d’affirmer sa ligne belgicaine et qui a proposé de refédérer les partis du Nord et du Sud scindés depuis 1970 ! Comment ne pas y avoir pensé plus tôt ?…

La Wallonie ne manque pas d’atouts économiques : ses laboratoires de recherches, ses industries, ses voies de communication routières, ferroviaires et fluviales, ses aéroports et surtout ses ressources naturelles : la pierre, le bois et l’eau. Mais ces dernières sont valorisées par la Flandre. La pierre de nos carrières est utilisée pour endiguer les marées montantes, les meubles fabriqués à Malines sont faits du bois de nos Ardennes et l’eau de nos nappes phréatiques alimente à prix coûtant les consommateurs flamands.

Les administrateurs fédéraux sont en majorité flamands, ce qui est logique considérant nos populations respectives. Ce qui l’est moins, c’est notamment le RER terminé en Flandre, les travaux d’infrastructures portuaires de Zeebrugge et d’Anvers ainsi que l’aménagement de l’aéroport de Zaventem à charge du budget fédéral. Nos députés et sénateurs wallons en sont très conscients mais, préoccupés par leur réélection, ils se gardent d’intervenir pour éviter de provoquer une élection anticipée les privant de leurs mandats. En face de l’impérialisme flamand, un seul a donné sa démission : le sénateur François Perin.

Très soucieux de nos deniers publics, nos mandataires entretiennent sept ministres sans la Fédération Wallonie-Bruxelles, absolument inutile, ces compétences pouvant être reprises par la Région Wallonne du jour au lendemain. En fait, cette Fédération sans revenus fiscaux et non élue est une aberration coûteuse.

Bruxelles, capitale de la Flandre, n’a jamais revendiqué son appartenance à la francophonie. Aujourd’hui multilingue, c’est désormais l’anglais qui y est utilisé comme langue véhiculaire. Bruxelles n’a jamais été solidaire de la Wallonie. Quand celle-ci était prospère, les administrateurs wallons et bruxellois de nos industries se trouvaient à la Société Générale de Banque à Bruxelles pour partager les bénéfices. Quand celle-ci a disparu, ils se sont évaporés dans la nature en emportant la caisse et en laissant à la Wallonie ses terrils et ses friches industrielles.

Si vous traversez la frontière linguistique puis frontière d’état depuis 1962, vous aurez à juste titre, le sentiment de découvrir un pays différent par ses campagnes et ses villes, par la mentalité de ses habitants. De réforme en réforme de nos institutions, la Flandre construit son autonomie et on constate que des décisions prises par nos gouvernants sont d’application en Flandre depuis des mois, si pas des années.

La Wallonie n’a plus de média. Le journal Le Soir, défenseur d’une Belgique unie, nous abreuve jour après jour de culture flamande. Il sera bientôt bilingue. La RTBF n’est pas en reste en nous gratifiant tous les jours de reportages ornés du drapeau noir-jaune-rouge et en nous offrant chaque semaine, le jeudi au JT de 19h30, une édition spéciale consacrée aux « nouvelles de Flandre ». Heureusement, il nous reste les symboles de notre union nationale. La Wallonie républicaine est devenue monarchiste. Le Roi Philippe de Saxe-Cobourg-et-Gotha a placé ses enfants dans une école flamande. Notre équipe de football : « Les Diables Rouges », le maillot aux couleurs nationales orné d’une bouteille de Jupiler-Belgium, soulève l’enthousiasme de ses supporters alors que les joueurs exercent leurs talents à l’étranger. Heureusement, les frites et Manneken-Pis maintiennent intacte notre image pour les visiteurs étrangers. Le lion, symbole du pays, a perdu sa langue rouge en Flandre tout en gardant sa force alors que notre coq wallon a perdu ses ergots et ses plumes.

Une certitude cependant : personne ne pourra reprocher aux Wallons d’avoir cassé la Belgique.

On avance… vers la fin

Par VALMY

Le fédéralisme belge au bout de sa logique. Suite ou clap de fin ?

Les reports successifs de la dernière loi traitant de l’IVG montrent une tournure surprenante de la « démocratie à la belge » : la communautarisation du Parlement et la politique du chantage.

Avec la complicité du CD&V et du VLD, la NVA et le VB viennent d’imposer une dimension politique nouvelle : la communautarisation du fonctionnement de la « fiction démocratique » du parlementarisme belge.

Désormais, tout sera envisagé sous la vision néerlandophone (lire Flandre) face à la vision francophone (lire Wallonie).

Bruxelles passe à la trappe de la réflexion ! At last !

Désormais, sans révision de la Constitution, une loi risque de ne plus être votée si elle n’est pas soutenue majoritairement dans chaque groupe linguistique.

Phénoménale conséquence des dernières élections législatives, la minorisation des partis qui conçurent la Belgique et en vécurent, pousse ceux-ci à céder le pas et à suivre la manœuvre de la NVA et du VB, les deux représentants de la Nation Flandre.

Pour ces deux formations nationalistes, avec l’assentiment des « affaiblis », la parade est toute trouvée : scinder la totalité des compétences pour que « chaque démocratie » les règle à sa meilleure convenance.

« Confédération ! Confédération ! Est-ce que j’ai une g….. de Confédération ? » (cf. Arletty dans le film Hôtel du Nord)

Et si on arrêtait les frais…

Par Jules Gheude

Malgré l’élan d’unité nationale au cours de la crise de Covid-19, il est illusoire d’imaginer une réunification au sein des grandes familles politiques comme celle des socialistes ou celle des libéraux.

On se souvient de l’initiative prise d’autorité par les présidents du PS et du SP.A en vue de relancer la négociation pour la formation d’un gouvernement de plein exercice. Pour Paul Magnette et Conner Rousseau, il appartenait à la première famille politique du pays de reprendre la main.

L’initiative a échoué et, aujourd’hui, le trio Egbert Lachaert (Open VLD) – Joachim Coens (CD&V) – Georges-Louis Bouchez (MR) tend une perche au seul SP.A. Le ministre wallon Pierre-Yves Dermagne fustige cette stratégie visant à diviser la famille socialiste.

Ce retour à la notion de « famille politique » a de quoi surprendre, quand on sait que tous les actes institutionnels posés depuis soixante ans ont eu pour effet de saper le caractère unitaire de l’Etat.

Des prémices du fédéralisme…

La fixation définitive de la frontière linguistique, en 1962, fut le premier coup porté à ce caractère. La preuve était ainsi apportée qu’il n’y avait plus unité, mais bien dualité.

On vit ensuite les partis dits traditionnels, jusque-là gérés de façon unitaire, se scinder l’un après l’autre en deux ailes linguistiques : le PSC-CVP en 1968, dans la foulée du « Walen buiten » de l’Université de Louvain, le PLP-PVV en 1972, et le PSB-BSP en 1979, après l’échec du pacte communautaire d’Egmont.

Ainsi, au fil des années, le Royaume vit son visage se transformer radicalement, jusqu’à prendre officiellement les traits du fédéralisme en 1993.

… à l’option confédéraliste

Mais déjà la Flandre ne se montrait pas satisfaite du résultat et proposait, par la voix de son ministre-président, Luc Van den Brande (CVP), une nouvelle intervention chirurgicale de type confédéraliste.

En portant le cartel CD&V/N-VA sur les fonts baptismaux en 2004, l’ex-Premier ministre démocrate-chrétien Yves Leterme contribua à l’ascension du parti nationaliste.

Pragmatique, et sachant fort bien que l’objectif de sa formation – l’émergence d’une République flamande –, ne pouvait être atteint à court terme, Bart De Wever relaya cette option confédéraliste : deux Etats, Flandre et Wallonie, cogérant Bruxelles (chaque Bruxellois, indépendamment de sa langue et de son origine, étant invité à choisir, pour ce qui concerne les matières « personnalisables » – impôt sur la personne, sécurité sociale… – entre le paquet flamand et le paquet wallon). Dans cette optique, il est clair que la Flandre ne manquerait pas de considérer très vite comme superflu un Etat central belge réduit à sa plus simple expression. Bye bye Belgium !

L’inquiétude française

Lors de la crise politique de 2010 – 541 jours sans gouvernement de plein exercice –, la commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale française s’était inquiétée de la situation et avait chargé deux de ses membres de faire rapport sur le sujet. Pour les intéressés, il ne faisait aucun doute que la division du pays en deux groupes linguistiques de plus en plus cohérents et dissemblables rendait son existence de moins en moins probable.

Aujourd’hui, ce constat se révèle plus criant que jamais.

Plus d’un an après les élections du 26 mai 2019, le Roi est toujours à la recherche d’un gouvernement de plein exercice.

L’illusion d’une « unité nationale »

Le 15 mars dernier, la crise sanitaire du coronavirus a permis à la coalition minoritaire de Sophie Wilmès d’obtenir la confiance du Parlement, grâce à l’appui extérieur de certains partis d’opposition (PS, SP.A, DéFi, Ecolo-Groen et CDH). La Première ministre put également recourir aux pouvoirs spéciaux pour une durée limitée.

Certains se réjouirent de voir ainsi « l’unité nationale » rétablie. Mais celle-ci ne tarda pas à se fissurer de toutes parts. Pas question, en effet, pour les partis d’opposition, que le MR profite de la pandémie pour s’octroyer une sorte de rente de situation.

C’est alors que les présidents du PS et du SP.A entrèrent en piste en proposant la mise sur pied d’une tripartite classique.

« Famille » socialiste, « famille » libérale ?

L’argument selon lequel ils agissaient au nom de la plus grande famille politique du pays prête toutefois à sourire, lorsqu’on se souvient de la manière dont le président du SP.A, John Crombez, avait accueilli le modèle social proposé par son homologue francophone, Elio Di Rupo, en 2016 : « La société que je désire est très différente de celle d’Elio Di Rupo ». Et l’organe d’information 7/7 de titrer : « Entre le PS et le SP.A, c’est la rupture idéologique totale ».

Au niveau du MR, le président Georges-Louis Bouchez ne cesse d’affirmer sa fibre belgicaine, allant jusqu’à souligner également l’unité de la famille libérale.

Ici aussi, il est permis de s’interroger. N’est-ce pas l’ancien président des libéraux flamands, Karel De Gucht, qui avait déclaré en 2002 : « La Belgique est condamnée à disparaître à terme, à s’évaporer et, en attendant n’apporte plus aucune valeur ajoutée à la Flandre » ?On se souvient aussi du cahier de revendications institutionnelles présenté en 2003 par le ministre-président flamand Patrick Dewael et visant à scinder quasi tout l’éventail des compétences restées fédérales, dont les soins de santé…

Aujourd’hui, l’Open VLD se prononce clairement en faveur de la refédéralisation de ce secteur, dans un souci de gestion plus efficace. Une refédéralisation qui constituait également l’une des trois conditions posées par le duo Magnette-Rousseau pour constituer un gouvernement de plein exercice.

Mais le CD&V a réaffirmé avec clarté qu’il n’était pas question pour lui de remettre la pâte de dentifrice dans le tube. Une position également partagée par la N-VA et le Vlaams Belang. Bref, il ne se trouvera jamais en Flandre une majorité pour revenir en arrière.

De la Nation flamande à l’Etat flamand

L’imbroglio belge est donc total et des élections anticipées apparaissent inévitables, comme vient d’ailleurs de le reconnaître l’ex-informateur royal Rudy Demotte.

Mais il faut être lucide. Avec un Vlaams Belang qui montera sur la première marche du podium flamand, ces élections ne feront qu’accentuer le caractère ingouvernable du pays.

Et si l’on arrêtait les frais, en actant, une fois pour toutes, le divorce belge et en se mettant à table pour en discuter les modalités pratiques ?

Dans son livre La Belgique est morte, vive la Belgique ! (Fayard, 2009), José-Alain Fralon, l’ancien correspondant du journal Le Monde à Bruxelles, s’était permis de donner au roi le conseil suivant : « Et si (…) vous la jouiez plus finement ? En admettant, comme nous le ferons tous tôt ou tard, que rien ne pourra arrêter la marche de la Flandre vers son indépendance, et en accompagnant celle-ci au lieu de tenter en pure perte de la stopper ? »

Un conseil de bon sens. Car, qu’on le veuille ou non, la Flandre est devenue une Nation et la vocation naturelle, logique, d’une Nation est de devenir un Etat.

En Wallonie comme en France…

En Wallonie, le niveau des dépenses publiques est trop élevé, selon le gouverneur de la Banque nationale de Belgique, au point que celui-ci n’hésite pas à dire que la Wallonie est plus proche du communisme que d’une véritable économie de marché. Nul doute que le propos convient davantage aux nationalistes flamands qu’au ministre-président wallon. Celui-ci s’en étrangle presque. Mais Elio Di Rupo devrait comprendre que la Wallonie serait plus naturellement elle-même au sein de la République française, où l’intervention des pouvoirs publics dans l’économie est plus largement admise.

L’information telle qu’elle a été publiée sur le site de la RTBF (1er juillet 2020) :

(…) « Si de tels propos ont réellement été prononcés, ils sont erronés quant au fond et inquiétants en ce qu’ils émanent d’une personnalité exerçant cette fonction. Le Gouverneur de la Banque nationale est au service de son pays, y compris des trois Régions qui le composent », écrit M. Di Rupo.

« Il n’est pas là pour porter des jugements de valeur, ni colporter des propos infondés. On attend d’un Gouverneur qu’il agisse avec sérieux, circonspection et retenue, non qu’il tienne un langage outrancier et malveillant à l’égard des institutions publiques », ajoute-t-il.

« Aujourd’hui, on a un problème de tension institutionnelle et une structure économique dans le sud du pays qui dépend des transferts de la Flandre », déclare de son côté Pierre Wunsch dans la revue néo-louvaniste. « On est probablement à 70% de dépenses publiques en Wallonie pour 2021- 2022. Ça veut dire qu’on sera plus proche d’un régime communiste que d’un régime néo-libéral que d’aucuns décrient. Ce n’est pas une situation unique, cela existe ailleurs comme en France. Mais si on ne prend pas conscience que la structure économique n’est pas autoportante, on passe à côté d’un débat sur la restructuration de l’économie », poursuit-il.

Or, « c’est un enjeu financier non négligeable. On prévoit un déficit public de 6% pour les deux prochaines années, ce n’est pas tenable. On va devoir faire des choix car il y aura moins d’argent », conclut le gouverneur de la Banque nationale.

Interrogé par la RTBF, Pierre Wunsch est revenu sur ses propos : « l’économie wallonne n’est évidemment pas une économie communiste, mais ce qui est vrai, c’est qu’à l’échelle belge, nous sommes les 3e plus élevés en termes de dépenses publiques à l’OCDE. » Un « choix de société » selon lui. « Mais alors qu’on ne dise pas qu’il y a un problème de réduction de dépenses publiques, de manque de dépenses », rappelle-t-il, affirmant qu’il y a « une part substantielle » des dépenses publiques wallonnes qui viennent d’endettements ou de financements de la Flandre. Il faut donc « être prudent » et « se rendre compte qu’on atteint certaines limites. »

Pour le gouverneur, c’est l’accise économique de la Région qui est trop faible. « Le niveau des dépenses publiques est assez comparable aux autres régions, mais la capacité est insuffisante, précise-t-il. On ne peut pas plaider pour plus de dépenses publiques sans s’inquiéter du financement. » Surtout dans un contexte politique où les relations Nord-Sud ne sont pas toujours au beau fixe…

Le Vlaams Belang triomphe

Par VALMY

Une Flandre qui penche encore plus à droite.
Ce sont les principaux enseignements du sondage IPSOS pour Le Soir, RTL-TVI, VTM.
De sondage en sondage, la même tendance se confirme : l’extrême-droite est de loin la première force politique de Flandre. Crédité de 27,7% des intentions de vote, le Vlaams Belang gagnerait 9% par rapport aux élections de mai dernier.
Cette progression se fait principalement au détriment de la N-VA, 20% (-5,5%) et des autres partis traditionnels : SP.A 12,5% (+ 1,7%), CD&V 11,8% (- 2,4%), Open VLD 10 (-3,5%), Groen 9,4% (+0,6 / 9,8%) et PVDA 7,3% (+ 1,7%).

Les médias « belges » francophones manipulent la réflexion de leurs lecteurs en pointant « l’extrême droite », sans spécifier qu’il s’agit d’une situation politique en Flandre : UN AUTRE PAYS ! Il s’agit donc d’une minable loufoquerie.
Espèrent-ils pousser les Wallons à voter encore plus pour la gauche ou l’extrême-gauche ?

Si oui, merci d’avance, pour le Retour à la France !

Toute victoire de la gauche en Wallonie alimente le réflexe inverse en Flandre au bénéfice de la mouvance INDEPENDANTISTE !
Mouvance de droite et d’extrême droite dont la brutalité ne s’exercera pas en Flandre mais vis-à-vis de la Wallonie par le sabordage de « leur petite Belgique ». Eindelijk !
Le plus important dans ce sondage est de constater que si on revotait demain, Vlaams Belang (26) et N-VA (20) représenteraient, ensemble, une majorité de députés dans le groupe linguistique néerlandophone (46 élus sur 89).
Avec de tels résultats, certains partis réfléchiront sans doute à deux fois avant de provoquer des élections mais d’autres agiront en sens contraire, d’autant que leurs campagnes électorales promettront à la Flandre DES JOURS DE GLOIRE ET DE REVANCHE !

L’enseignement francophone paralysé

Si l’on a de bonnes raisons pour ne pas précipiter le retour des élèves à l’école, faut-il pour autant se priver des moyens d’enseigner à distance ?

L’interdiction de progresser dans les matières est-elle pédagogiquement et socialement justifiée ?

Fait-on ce qu’il faut pour s’adapter à une situation qui pourrait durer ?

Coronavirus et fracture numérique : la Flandre a raflé toute l’offre des PC portables de DigitalForYouth

Une information Belga reprise sur le site de la RTBF (28 avril 2020)

La Flandre a raflé toute l’offre de DigitalForYouth, révèle L’Echo ce mardi, notant que près de la moitié des PC portables récoltés par l’ASBL (soit 6.401) ont déjà été attribués dans les familles de Flandre et de la communauté germanophone et qu’aucun ne se retrouvera dans les familles francophones.

L’ASBL, créée en 2019 pour venir en aide aux jeunes défavorisés, bénéficie pourtant de dons par le biais de la Fondation Roi Baudouin. « Avec le confinement, on a commencé à nous demander des portables pour l’école à la maison, explique Philip Du Bois, président du CA de DigitalForYouth. Très vite, Ben Weyts (Enseignement flamand, N-VA) et Sven Gatz (Bruxelles, Open VLD) se sont tournés vers nous ».

Ben Weyts a mis 1 million d’euros sur ta table pour faire reconditionner 10.000 portables récoltés par DigitalForYouth.

Du côté francophone, les choses ont été ralenties avec l’éclatement des compétences. Caroline Désir, ministre PS de l’Enseignement, contactée en premier par DigitalForYouth, n’était pas compétente pour cette question, qui est du ressort de Pierre-Yves Jeholet (ministre-présidence FWB, MR), Willy Borsus (Numérique en Région wallonne, MR) et Rudy Vervoort (Région bruxelloise, PS). Ils ont montré un intérêt. Mais entre-temps, la quasi-totalité des ordinateurs récoltés par l’ASBL a été réservée par la Flandre, et l’ASBL n’a plus pu répondre au marché public francophone.

« Nous n’aurions pu respecter les délais étant donné que les dons des entreprises se sont essoufflés, dit Philip Du Bois. Fournir 500 portables à la FWB alors que la Flandre en a reçu plus de 10.000, cela aurait été trop déséquilibré ».

La Wallonie avec la France en Europe et dans le monde