Monsieur le Premier sur le départ

Par Frédéric BAEYENS

« Monsieur le Premier ministre,

Permettez-moi de vous féliciter pour votre nomination comme Président du Conseil européen. Votre expérience politique belge, votre personnalité et votre intelligence permettront certainement à l’Union européenne de retrouver la voie du compromis et de l’optimisme. La construction européenne reste l’unique chance pour notre continent de préserver la paix et de rivaliser sur le plan économique, sur pied d’égalité, avec la Chine ou les Etats-Unis.

La tâche sera rude face au pessimisme ambiant et face aux populismes et nationalismes divers qui éclosent sur le territoire de l’Union. Votre force de travail, votre conviction, votre sens de la politique et votre capacité de communication permettront, je l’espère, aux eurosceptiques de retrouver l’envie d’Europe. Des pas essentiels devront être franchis pour démocratiser le fonctionnement des institutions, pour approfondir les politiques européennes en termes de défense commune, de politique sociale et environnementale commune, de justice et police, de gestion des flux migratoires… L’Européen doit retrouver la conviction écornée que l’Union européenne l’enrichit et le protège. Il y a du pain sur la planche, mais le Brexit devrait permettre d’approfondir des politiques restées en rade depuis longtemps, même si les progrès à réaliser devront l’être selon la formule de la géométrie variable.

Le peu d’encouragement que vous avez obtenu de la part des partis francophones montre à quel point le monde politique wallon et bruxellois sombre de plus en plus dans la médiocrité. Cela me rapproche du second point, essentiel, de mon mail.

Certains détracteurs expliquent votre nomination européenne par votre allégeance à Emmanuel Macron. Peu importe. Votre amitié avec le Président français nous servira.

Souvenez-vous des paroles prophétiques de votre père. Il déclarait au Figaro en 1996 : « Je n’ose plus dire que le rattachisme soit une idée folle. Si l’espace francophone ne devient pas une réalité, si le séparatisme est inéluctable, alors les Wallons diront : je préfère être Français plutôt que Wallon. Moi, personnellement, si je dois choisir entre être Wallon dans un Etat socialiste ou être Français, je préfère devenir Français. Entre un Etat wallon replié sur lui-même et la France, je choisis la France car la Wallonie c’est un cul-de-sac économique, social, culturel. Nous avons des contacts avec Paris et je suis sûr que Paris ne ferait pas longtemps la fine bouche. »

Dans le cul de sac, nous y sommes et risquons d’y rester longtemps…

Je vous invite à relire les études du professeur Michel Quévit. En substance, la Flandre a, depuis toujours, détourné les moyens de la Belgique à son profit. La richesse wallonne a permis de doper l’essor économique flamand. Lorsque le retour d’ascenseur devait permettre à une politique industrielle digne de ce nom de transformer la structure de l’économie wallonne, nous avons assisté au « plus un franc flamand pour l’économie wallonne », et à la régionalisation des compétences, sans les moyens. Cette Wallonie paupérisée devenait un oiseau pour le chat socialiste…

Aujourd’hui, le confédéralisme devient inéluctable. Les flamands ne sont pas forcément séparatistes lorsqu’on leur permet d’être panflamandistes. Le confédéralisme permettra à la Flandre de se dispenser de toutes les solidarités avec la Wallonie, de poursuivre le développement de la Flandre en occupant les terres wallonnes, de profiter de la main d’œuvre wallonne, et de rapatrier les plus-values vers la Flandre où seront payés les impôts. En d’autres mots, le confédéralisme permettra de faire de la Wallonie une Colonie de Flandre. Le gouvernement wallon aura le même statut qu’un gouvernement africain de pacotille et ses membres pourront jouir d’avantages et des attributs du pouvoir. Ils s’en contenteront…

Le général De Gaulle disait : « Je connais la Wallonie aussi bien et peut-être mieux que le Québec. C’est votre drame d’appartenir à un Etat qui assistera impassible à votre déclin. C’est une manière de faire place à d’autres. C’est une tradition historique germanique d’occuper les terrains en friche. Je regrette de devoir vous dire : Chaque peuple ne peut se redresser que par lui-même. Tâchez de vous trouver des chefs jeunes qui diront la vérité au peuple et qui mobiliseront ce qui en reste. Bien entendu si, un jour, une autorité politique représentative de la Wallonie s’adressait officiellement à la France, ce jour-là, de grand cœur, nous répondrions favorablement à une demande qui aurait toutes les apparences de la légitimité. Avant, c’est impossible. »

Vous allez occuper une des fonctions les plus importante au niveau européen, voire la plus importante. Je sais, évidemment, que l’Union européenne a des difficultés avec les conflits de nationalités qui existent au sein des Etats-membres de peur de l’effet domino. Mais la France a accepté la réunification allemande. L’Allemagne devrait être en mesure d’accepter la réunification française.

J’espère que vous repenserez aux termes prononcés par votre père, et que vous serez un de ces chefs jeunes qui diront la vérité au peuple (même si c’est difficile aujourd’hui dans votre nouvelle fonction).

En d’autres termes, j’espère que vous pourrez user de votre influence pour que cette idée du rattachement de la Wallonie à la France puisse avancer à pas de géants durant votre mandat européen.

Je vous souhaite plein succès dans votre nouvelle fonction et vous prie, d’agréer, Monsieur le Premier ministre, l’expression de mes salutations distinguées.

Lettre au professeur Michel Quévit

Mon mail au professeur Michel Quévit :
« Bonjour Monsieur Quévit,

Je suis un de vos anciens étudiants de la fin des années 80, à l’époque où j’étais un belgicain convaincu, parfois fâché contre les dirigeants wallons incapables de redresser la Wallonie. Début des années 90, j’ai participé à une vaste manifestation à Bruxelles pour le maintien du pays. Nous étions principalement des francophones…

Depuis, j’ai lu vos travaux sur ce que j’appellerais les « transferts sud-nord » et ai compris à quel point la Wallonie a été maltraitée par la Belgique flamande.

C’est lorsque la Wallonie eut besoin des moyens d’une politique industrielle permettant de transformer son économie, que la régionalisation des compétences en la matière a été réalisée, sans transférer bien entendu les moyens qui auraient alors été nécessaires.

Aujourd’hui, je suis devenu un séparatiste convaincu. Le confédéralisme souhaité par la Flandre conduira inéluctablement la Wallonie à devenir une forme de colonie flamande et les wallons, des belges de second rang. La Flandre, à l’étroit sur son territoire, investira en Wallonie, mais rapatriera les plus-values en Flandre.

Bien entendu, au regard du niveau d’endettement de la Wallonie, de l’endettement de la Communauté française, de l’endettement du fédéral, on comprend aisément que les francophones, bruxellois ou wallons, seront parfaitement incapables de dégager les moyens d’un réel redéploiement économique sauf à passer par un libéralisme excessif qui laisserait énormément de gens sur le bord de la route pendant de très nombreuses années.

Les partis politiques francophones sont hypocrites et menteurs. Aucun ne dit la vérité. Il est vrai que le système belgo-belge est particulièrement généreux avec eux et avec leurs mandataires (financement public des partis, mandats à profusion grassement rémunérés,…). Je ne vois poindre aucun Homme d’Etat au sein de ces partis. Et pourtant, c’est dont la Wallonie aurait le plus besoin.

In fine, je ne vois qu’une et une seule issue pour le wallons : la FRANCE. Ce serait non seulement un choix de raison, ouvrant à la Wallonie le marché français au développement économique de ses petites et moyennes entreprises, mais aussi un choix de cœur. Les wallons partagent avec la France bien plus que la langue. Ils sont pétris de culture française.

Je ne sais pas si vous lirez ce mail, mais cela m’a fait plaisir de vous l’écrire. Et si au demeurant, vous aviez encore la force de quelques apparitions médiatiques pour remettre, en ces temps d’acharnements flamands, l’église au milieu de Village, je vous en serais reconnaissant.

Portez-vous bien.

Cordiales salutations.

Frédéric BAEYENS

Les Eperons d’or… et après ?

Par Valmy

« Dans la nuit du 26 au 27 septembre 1830, les troupes hollandaises se sont retirées de Bruxelles, marquant par là le début de l’indépendance de la Belgique. La Fête de la Fédération Wallonie-Bruxelles commémore les journées révolutionnaires du 23 au 27 septembre 1830. » (Wikipédia)

En fait, au point où on en est dans « la Belgique indépendante » (sic), il semblerait nécessaire aux Wallons de changer, d’urgence, la date de commémoration de son identité, en vue d’inspirer à ce peuple un nouvel élan vers le futur.

Les Flamands choisissent le 11 juillet 1302. Par cette date, sans qu’ils l’avouent, ils remettent plus en cause la succession de Charlemagne et son indivision successorale ignorant les diversités humaines de l’empire carolingien : le traité de Verdun (843) et le traité de Meerssen (870). Mais les Wallons pourraient s’en souvenir également. Treize siècles de malheurs pour les uns comme pour les autres à cause d’une succession « européenne » exemplative du déni des réalités des peuples, déjà à cette époque.

Il ne faut pas oublier qu’antérieurement, l’Empire romain, malgré sa brutalité impitoyable pour maintenir « la paix », tenait compte des peuples qui le composaient.

Mais soit, laissons aux Flamands leur Fête des Eperons d’or, cela les regarde.

Observons, en outre, que les « echte Brusseleirs » fêtent leurs spécificités le 5 mai (l’Iris) et le 11 juillet (Eperons d’or) !

Dès lors, pourquoi les Wallons doivent-ils absolument se ridiculiser à commémorer le 27 septembre 1830 ? Ont-ils vraiment gommé de leur mémoire que de 1795 à 1815, ils adoptèrent sans réserve leur qualité de CITOYENS FRANCAIS ?

Toutes les nations, tous les peuples, au cours des siècles, changèrent pour diverses raisons leurs dates commémoratives.

En conséquence, d’autant que cela ne coûte que le prix de la volonté et du papier, proposons au Parlement de Wallonie d’abandonner le funeste et « dévalorisé » 27 septembre soit par le 20 janvier (20/01/1793 : Plébiscite du Pays de Liège en faveur de l’union à la France) soit le 1er octobre (01/10/1795 : la Convention entérine la réunion du Pays de Liège, des Pays-Bas autrichiens (pour le Hainaut, Namur et province de Luxembourg) et reconnaît à leurs habitants la citoyenneté française). Cela aurait le mérite de la clarté au vu de l’évolution chaotique du « Failed Belgium Kingdom ».

Bien évidemment, les locataires du Boulevard- de-l’Empereur- autrichien ainsi que certains Amis de Charles-le-bourguignon-européiste-multilaréliste de l’avenue de la Toison d’Or, sans oublier les petits hommes verts et les relégués- dans- l’opposition de la Belgicanie, marqueraient assurément des réticences.

Mais qui sait ?

La langue française, un patrimoine wallon

Une rubrique de Michel Francard, Professeur émérite de l’UCLouvain, pour le journal Le Soir du 6 juillet 2019

Paris n’a pas toujours été la référence en matière de littérature française. La Wallonie l’a précédé… il y a longtemps !

Depuis quand parle-t-on français en Belgique ? L’éventail des réponses possibles est large : depuis un millénaire ou depuis un siècle, suivant le point de vue adopté. Avec une différence essentielle entre Bruxelles et la Wallonie : la capitale du pays se situe sur un territoire historiquement flamand et son histoire linguistique n’est pas celle de la Wallonie romane. Notre périple estival nous mènera de l’une à l’autre, en commençant par le sud d’une frontière linguistique dont le tracé n’a guère changé depuis le Moyen Âge.

Du français en Wallonie

Si l’on se base sur la réalité démolinguistique, il est avéré que le français n’est devenu la langue de communication dominante en Wallonie qu’après l’instauration de l’école primaire gratuite et obligatoire, en 1919. À partir de cette date, à des rythmes différents selon les milieux et les régions, le français va s’imposer au détriment des langues régionales romanes (wallon, picard, gaumais, champenois), bannies par l’institution scolaire car suspectes d’abâtardir la pratique d’un français « correct ». Le processus est aussi rapide qu’irréversible : au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, l’unilinguisme wallon (sic) a cédé la place à un unilinguisme français.

Si l’on adopte un point de vue philologique, on constate que des textes français circulent en Wallonie depuis la fin du 9e siècle. Il s’agit de textes littéraires, juridiques ou savants rédigés dans une langue proche de celle parlée alors dans l’Île de France et qui n’est donc pas assimilable à l’une des langues régionales romanes en vigueur en Wallonie à la même époque. Pour être plus précis, les premiers « monuments littéraires » de la langue française proviennent du territoire de l’actuelle Wallonie ou de ses confins : il s’agit de la Séquence de sainte Eulalie (vers 882), du Sermon sur Jonas (10e siècle) et de la Vie de saint Léger (10e siècle).

D’un diaule pas très français

Comment peut-on assigner une origine géographique à un texte qui remonte au-delà de l’an mil ? En étudiant les formes linguistiques qu’il contient et en tentant de localiser celles-ci d’après ce que nous savons de l’histoire des langues pour la période considérée. Risquons l’exercice pour cette Séquence (ou Cantilène) de sainte Eulalie, considérée par les spécialistes comme le premier texte littéraire écrit dans une langue romane distincte du latin et dont le français est aujourd’hui le continuateur.

Ce poème de 29 décasyllabes nous narre le martyre d’Eulalie après qu’elle a refusé d’épouser le mari qui lui était destiné parce que ce dernier exigeait qu’elle renie sa foi en Dieu. Le texte s’ouvre par quelques vers qui soulignent la beauté physique de la future sainte, en accord avec celle de son âme. De quoi susciter de bien sombres desseins, que l’auteur évoque sobrement :

Buona pulcella fut Eulalia

Bel auret corps bellezour anima.

Voldrent la ueintre li Deo inimi.

Voldrent la faire diaule servir.

Ce qui donne, un millénaire plus tard :

Eulalie était une bonne jeune fille.

Elle avait un beau corps, une âme plus belle encore.

Les ennemis de Dieu voulurent la vaincre.

Ils voulurent la mettre au service du diable.

Dans cet extrait dont les formes linguistiques restent proches du latin, un mot retient l’attention pour l’origine géographique du texte : diaule. Son équivalent en français, diable, a conservé un -b- qui le rapproche de l’étymon latin diabolus. Par contre, tant en picard qu’en wallon, le -b- est absent. Ce diaule est donc un indice de l’origine wallo-picarde de la Séquence de sainte Eulalie, confirmée par d’autres formes du texte. En appliquant le même type de raisonnement, on peut associer à la Wallonie les deux autres monuments littéraires du 10e siècle : le Sermon sur Jonas et la Vie de saint Léger.

D’un fâcheux renoncement

La littérature française a donc d’abord brillé dans nos contrées, bien avant d’autres régions de France, en ce compris l’Île de France. Ce rappel historique peut surprendre, lorsqu’on connaît le prestige dont bénéficie Paris. Mais cela n’a pas toujours été le cas en littérature. Il faut attendre le 12e siècle pour qu’une œuvre majeure soit produite à Paris : il s’agit du Roman de Renart. Avant cela, Turoldus aura signé La chanson de Roland, écrite dans le parler anglo-normand. À la même époque, Béroul, auteur normand, produit une version de Tristan et Iseut ; le champenois Chrétien de Troyes entame son Perceval ou le conte du graal.

Le français a donc bénéficié très tôt d’une diffusion en Wallonie, ce qui autoriserait plus d’assurance dans notre rapport à cette langue souvent perçue comme appartenant au « patrimoine de la France ». Mais sa pratique a été longtemps l’apanage des seules élites, le reste de la population parlant les autres langues romanes de la Wallonie. Cependant, les classes favorisées ont maîtrisé le français et la langue régionale de leur choix jusqu’au début du 20e siècle. On leur doit d’ailleurs les premiers textes écrits en langue wallonne, dès le 17e siècle.

Si l’institution scolaire n’avait pas imposé le monolinguisme aux élèves de l’enseignement primaire, il y a fort à parier que la langue de la promotion sociale aurait coexisté jusqu’à aujourd’hui avec les langues de proximité et de solidarité. Et que ce plurilinguisme « naturel » aurait rendu les Wallons moins frileux face à d’autres langues, plus étrangères. Le diaule soit des coupeurs de langue !

Où en est-on ?

Le Grand Oral d’Isabel Albers (directrice L’Echo/De Tijd) : « La Belgique n’est pas loin de l’évaporation »

Ce compte rendu a été publié sur le site de la RTBF.

Directrice des rédactions de L’Écho et De Tijd, Isabel Albers est l’invitée du Grand Oral RTBF/Le Soir ce samedi 29 juin sur La Première et ce dimanche 30 juin sur La Trois. Isabel Albers passe en revue l’actualité politique, médiatique et économique, « vu de Flandre ». Cela commence par son analyse à propos du Vlaams Belang, deuxième parti de Flandre.

« Nous sommes journalistes », commence-t-elle. « Cela fait des années que nous donnons la parole au Vlaams Belang. Le cordon sanitaire est facile à exécuter en Wallonie, mais pas en Flandre, ils ont gagné les élections ».

Isabel Albers défend cette position. « Le Vlaams Belang dit clairement avoir un programme dénué de tout racisme. Mais en dehors du programme, on sait que ça va plus loin. Je crois qu’il faut parler à tout le monde, comme journaliste critique. »

Le fédéral

Jusqu’à présent, seuls les Germanophones sont parvenus à composer un gouvernement. Isabel Albers cite Karel De Gucht : « Il a dit que la Belgique n’allait pas disparaître dans un big-bang, mais plutôt s’évaporer. À un moment donné, dit-il, personne ne voudra plus former de gouvernement fédéral. Ce moment n’est pas loin. »

La Flandre

L’exclusive du PS à l’encontre de la N-VA est en partie liée au fait que les nationalistes ouvrent la porte au Vlaams Belang. Mais s’agit-il d’une véritable ouverture ou d’une pièce de théâtre ?

« Il y a un silence radio, mais selon mes informations, ils ont discuté du contenu. Mais le moment est venu de passer à l’acte. Bart De Wever veut montrer qu’il a entendu le signal des électeurs du Vlaams Belang. La première solution côté flamand, c’est la N-VA avec le CDenV et le VLD. »

La Wallonie

En Wallonie, c’est un gouvernement minoritaire soutenu de l’extérieur et incluant la société civile qui se dessine. « Le coquelicot. Un nouveau mot que j’ai appris », sourit-elle. Pour Marie-Hélène Ska (CSC), cette idée est à côté de la plaque.

Qu’en pense-t-elle ? « Je suis d’accord avec elle. Cela semble moderne, mais c’est un retour aux piliers, des organisations qui n’ont pas été élues démocratiquement. Ce sont les hommes et femmes politiques élues qui doivent gouverner. C’est pour masquer un gouvernement qui a une alliance minoritaire. »

Une « solution » qui, selon Isabel Albers, n’est souhaitable à aucun niveau de pouvoir. « La meilleure option est de gouverner avec des majorités larges. »

Elle a dit :

Former un gouvernement « arc-en-ciel » au fédéral, bonne idée ? « On aurait un pays gouverné par des partis de nains. Qu’importent les votes, les mêmes partis restent au pouvoir. C’est un mauvais signal. »

A propos du PTB : « Ils sont aussi dangereux pour la démocratie, comme le Vlaams Belang, car ce sont des populistes. Ils ne sont pas intéressés à la gestion d’un pays. »

A propos du confédéralisme : « C’est encore trop flou. Même la N-VA n’est pas prête. Des réformes sont souhaitables, mais il faudrait commencer par se mettre à la table. »

Aller revoter ? « Ce serait le pire scénario. Cela reviendrait à dire ouvertement aux Belges qu’on se moque d’eux. Trois jours après les résultats, j’entendais déjà cette option. »

Sur la situation économique de la Wallonie : « Il n’y a pas de raison que cela n’aille pas en Wallonie. Est-ce la faute du PS ? Partiellement peut-être… La faute aussi à l’enseignement francophone. Il n’y a qu’à regarder les enquêtes PISA. »

Comment résoudre le casse-tête fédéral ? « Cela prendra du temps, vu les exclusives du PS et de la N-VA (l’un refusant de discuter avec l’autre), mais ils doivent se parler. »

Tout va très bien… (air connu)

Par Paul Mélot

Au moment où le CERPE (UNamur) dévoilait les résultats de son étude relative à la dette de la Communauté française, le ministre du budget (Flahaut) se fendait d’un communiqué où il disait que « les conclusions sont favorables, rassurantes. La situation est sous contrôle. Nous pensons qu’elle va s’améliorer d’année en année ». Voulait-il faire de l’humour ou s’est-il pris les pieds dans le tapis ou bien le joint était-il superpuissant, d’autant que la dette de la C.F. suit une évolution claire : en 1999, 3,03 milliards d’euros; en 2009, 4,49; en 2019, 8,35; en 2024, 11,94 milliards d’euros

Vont arriver progressivement les dépenses suivantes : cotisation de responsabilisation des pensions (450 millions d’euros), démographie (200 millions), enseignement supérieur (300 millions), formation des profs (669 millions), pacte « d’excellence » (306 millions).

Comme on le voit « la situation est sous contrôle et cela va s’améliorer d’année en année »… Et de bien belles années attendent TOUS les secteurs de la Communauté française  !!!!! (culture, enseignement, maisons de justice, etc…)

Ce qui n’a pas été reprécisé, c’est l’élément de la cotation de l’agence MOODY’S  (mars 2019), qui rétrograde la notation de la Communauté française de Aa1 à Aa3. Il était nécessaire de le rappeler…

Ainsi les choses ont-elles débuté en Grèce…

Sociétés du déni !

Par Philippe Dutilleul, journaliste à la retraite, auteur, notamment de Bye Bye Belgium (RTBF, 2006).

Aux pays des aveugles, les borgnes sont rois ! Formule qui peut résumer quelques évidences qu’on se refuse de voir en face, plus encore de solutionner.

La thématique la plus prégnante est celle des changements climatiques désormais visibles en de nombreux endroits du globe.  La communauté scientifique est quasi unanime pour valider la théorie de l’effet de serre et du réchauffement à cause des activités humaines. Malgré les catastrophes annoncées, malgré l’évidence et le constat sans appel de la hausse des températures et de ses conséquences, on tergiverse, on remet en question cette réalité pourtant tangible. Bref, on tarde à agir, collectivement et individuellement, alors que de nombreux scientifiques n’hésitent plus à parler de la proche extinction de l’espèce humaine. Les manifestations de jeunes, la timide percée des Verts lors des élections européennes sont des signes politiques encourageants mais très insuffisants pour inverser la tendance car les rejets de gaz à effet de serre n’ont jamais été aussi élevés dans le monde.  L’homme est-il en train de causer sa propre perte par inconscience, indifférence et égoïsme ?

La crise des hôpitaux publics en France couve depuis longtemps, en particulier le service des urgences complètement débordé en maints endroits (situation un peu équivalente dans certaines cliniques de Wallonie). Le sous-financement, la recherche à tout prix de rentabilité, la pauvreté grandissante, le vieillissement de la population, le manque de personnel et de médecins (en maintes zones rurales) expliquent cette situation intolérable d’un point de vue de santé publique et d’humanité. Ainsi, une dame est morte d’une méningite après avoir été parquée de longues heures dans un couloir d’un hôpital parisien sans être prise en charge. Un cas mortel parmi d’autres.  Cela démontre la difficulté d’Etats démocratiques de financer correctement leurs Services Publics par manque d’argent et de volonté politique. En attendant, beaucoup de monde trinque et les incidents se multiplient. Prend-t-on le parti de désertifier sciemment des régions peu peuplées (donc coûteuses pour la collectivité), de laisser mourir les patients les plus faibles et les plus âgés ?

Autre déni, celui qui consiste à vouloir partager ce qu’on ne possède et ne produit pas. Le creusement des déficits publics qui obèrent le bien-être des générations présentes et futures, facilités par des taux d’intérêt historiquement et durablement bas, est remarquable dans plusieurs pays dont la Belgique, dans sa partie francophone et au niveau fédéral où le prochain gouvernement (qui est loin d’être formé) devra trouver 11 milliards d’euros pour éponger le trou budgétaire. Malgré cela, certains responsables politiques, en période électorale, promettent d’augmenter les minima sociaux, les retraites, etc…, d’autres d’augmenter encore les taxes alors que le taux d’imposition y est déjà très (trop) élevé. Ces promesses rarement suivies d’effets bénéfiques finissent par fatiguer l’électeur qui se tourne alors vers les partis extrémistes. Il faut sans cesse dénoncer celles et ceux qui veulent raser gratis et distribuer tout azimut, comme les populistes et les fascistes au pouvoir en Italie, car ils ne font que creuser une tombe dans laquelle leurs électeurs des classes populaires tomberont les premiers. Voir la sombre et inextricable impasse dans laquelle est plongé le Venezuela de CHAVES et de son successeur MADURO.  Il n’y a de pire programme que la démagogie qui veut faire fi des règles élémentaires de l’économie, qu’on soit de gauche ou de droite, pro ou anti-capitaliste, pro ou anti-libéral…

Je terminerai cette liste non exhaustive (il faudrait un livre entier) par le vieux et récurrent clivage communautaire belge qui fait les délices des échotiers, provoque l’incompréhension de nos voisins directs et plonge le pays dans un immobilisme mortifère depuis de trop nombreuses années. Comme dans le magnifique film de SPIELBERG, « il faut sauver le soldat RYAN », tous les partis francophones, à commencer par le PS, ECOLO et le CDH, sont au chevet du Royaume agonisant et partent en guerre contre les Flamingants (presque majoritaires aujourd’hui) qui veulent démantibuler ce qui reste de commun dans le pays. Une quête à la Don Quichotte chère à Jacques BREL car vaine et sans issue. Cette politique du déni, qui s’appuie sur les forces « belgicaines » très minoritaires en Flandre (les Verts de GROEN, le SPA – et encore pas tous ses représentants- et les extrémistes de gauche du PTB version flamande) va à nouveau aboutir soit à une longue crise politique soit à la formation d’un gouvernement fédéral qui ne gouvernera pas. La volonté très majoritaire en Flandre est de transférer presque toutes les matières qui restent de la responsabilité fédérale vers les Régions et Communautés.  Ce que la Constitution actuelle permet. Les Wallons et les bruxellois francophones vont s’y opposer sur la forme mais finiront par céder. Le plus probable sera la formation d’une Confédération belge avec 4 régions quasi autonomes mais avec une Wallonie à l’agonie.  Cette sortie de crise inéluctable, on la cache au bon peuple wallon et bruxellois qui croit encore naïvement à l’avenir d’un pays réunifié. La politique ne se concocte pas autour d’un terrain de football. Ce miroir aux alouettes, les habitants de Wallonie et sans doute de Bruxelles (ainsi que leurs enfants) le paieront au prix fort faute de ne pas avoir anticipé une évolution qui crève pourtant les yeux, faute aussi de ne pas avoir négocié en temps utile une coopération (voire plus) avec le grand voisin français.

La Wallonie avec la France en Europe et dans le monde