André Renard, reviens !

L’Alliance Wallonie France est un mouvement, non un parti, mais nous devons réagir fermement à la campagne unitaire menée par le PTB, au nom, soi-disant, de l’unité des travailleurs.

Sans entrer dans une polémique « subtile », nous dénonçons une sorte de racolage nationaliste, une manipulation grossière visant en réalité à recruter des adhésions, de l’argent… une démarche tout à fait contraire à notre volonté d’informer de l’état de la Wallonie dans un Etat belge en trompe-l’œil, une coquille vide qui se refermerait sur une population wallonne incapable de se projeter dans un avenir plus ouvert, plus sécurisant, plus naturel aux côtés de la République française.

De quoi s’agit-il ? De la promotion d’un livre (12.50 euros), « La Belgique en 20 questions-réponses », écrit par David PESTIEAU, Député PTB, accompagnée de ventes de « paquets de soutien » (50 euros) comptant masques, stickers et 6 Tattoo’s tricolores (noir, jaune, rouge … évidemment !), comme indiqué dans les courriels qui circulent.

Si nous réagissons à cette initiative, alors que nous ne relevons pas les propos unitaires du président du MR (dont les affiliés ne partagent pas tous les envolées belgicaines !), c’est bien pour dénoncer une duperie qui, prétextant l’unité des travailleurs, n’est en réalité que la négation d’une Wallonie qui ne tardera pas à subir plus encore, dès 2024-2025, les sinistres effets de la sixième réforme de l’Etat (2011) concrétisés par la Loi de Financement, votée en 2014.

A l’écoute des médias

La publication d’une autobiographie de Paul-Henry Gendebien remet quelque peu en lumière le combat pour une Wallonie française.

Puisque le RWF a choisi de reproduire l’article de La Libre, nous reprenons ici celui de David Coppi pour le journal Le Soir.

Petit article, où David Coppi donne l’impression de ne pas vouloir se mouiller, ce qui le pousse à des contorsions qui se veulent ironiques mais qui traduisent surtout la difficulté de traiter d’un sujet embarrassant.

Prendre en considération l’identité française de la Wallonie ne devrait pas être embarrassant. Bien entendu, il faut aussi pouvoir souligner les nuances qu’ont produit l’histoire et la géographie d’une région longtemps liée, d’une manière ou d’une autre, au monde germanique.

Mais la Wallonie ne sera pas moins wallonne en étant française. Au contraire. Il suffit de le vouloir. L’identité renvoie à une conscience de soi que tous les pouvoirs du monde contribuent à modeler. La responsabilité des autorités wallonnes est engagée.

Le rattachement de la Wallonie à la France ? Ils y croient.

Les réseaux sont dormants, mais les rattachistes y croient à nouveau : la Wallonie en France. Au passage, P.-H. Gendebien publie une autobiographie fournie, « Mon séjour dans la fosse aux lions de la politique belge », qui redonne le ton.

Par David Coppi, article publié sur le site du journal Le Soir le 20 octobre 2021.

La Wallonie en France, c’est demain la veille ? Nos rattachistes, il en reste, on y vient, ne croient pas forcément au sens de l’histoire (du reste, les marxistes, qui y croient, eux, voient revenir au contraire la Belgique unitaire, c’est la nouvelle ligne de com revival des PTBistes), mais ils se disent que, peut-être, allez comprendre, l’histoire a un sens au moins par intermittence, entre deux séquences aléatoires. Alors, jamais sûrs mais convaincus, plusieurs -car ils sont plusieurs, quand même- se disent qu’elle va droit, que c’est le momentum, ou que ça y ressemble.  Soyons fous : il y aurait une fenêtre pour le rattachement à la France.

Prenez Paul-Henry Gendebien, rencontré mercredi midi avec quelques journalistes. Auteur d’un ouvrage autobiographique documenté où il revisite près d’un siècle d’histoire politique en Belgique (« Mon séjour dans la fosse aux lions de la politique belge »), l’ancien président du Rassemblement wallon dans les années septante, délégué de la Communauté Wallonie-Bruxelles à Paris dans les années quatre-vingt, fondateur du « Rassemblement Wallonie France » en 1999, s’interroge gravement à propos du pays après 2024, les élections, l’annoncée réforme de l’Etat, la Belgique en sursis, à nouveau.  Son « Rassemblement Wallonie France » est désactivé pratiquement depuis plusieurs années -un site subsiste-, mais le rêve dure, car le « fédéralisme de dissociation », comme il l’appelle, est avancé, et le « grand malentendu » continue, selon lui : « La Wallonie voit dans  le fédéralisme un aboutissement, alors que la Flandre considère qu’il n’est qu’une étape vers son émancipation », d’abord dans le cadre d’un confédéralisme ad hoc, puis, dans un second temps, sous la forme d’un Etat indépendant.

Pas un proche (les rattachistes vivent séparés) mais à peu près sur le même registre, Jules Gheude, une mouvance à lui tout seul (avec son Gewif, Groupe d’études pour la Wallonie intégrée à la France), biographe de François Perin, chroniqueur régulier désormais dans les médias au sud comme au nord, militant wallon, appelle lui aussi infatigablement, plus fort encore depuis quelque temps, à préparer ses valises pour la France. Toujours le présumé momentum, la « fenêtre ».

Les rattachistes ont des arguments, sans forcer, il suffit de se pencher. Comme tout le monde, ils voient une Flandre où prospèrent les droites nationaliste et extrême ; un Etat fédéral où la loi de financement programme une diminution par étapes des transferts de solidarité nord-sud à partir de 2025 ;  un gouvernement fédéral qui  se mobilise extrêmement timidement en juillet-août dernier lorsque les inondations ravagent le sud du pays, son pays ; et qui… « prête » 1,2 milliard d’euros à la Wallonie exsangue après la catastrophe, il faut dire merci. Au passage, mercredi midi, autour de la table, un journaliste juste francophile, Christophe Giltay pour ne pas le nommer, signale « pour info » que l’article 88 de la Constitution de la Cinquième République ouvre à de possibles associations. Au cas où. Sans blague.

Jacques Rogissart nous a quittés

Nous venons d’apprendre le décès, ce 16 octobre, de notre ami Jacques ROGISSART, grand militant wallon et membre assidu de notre Alliance Wallonie France.

Francophile averti, au départ de ses analyses, quant au devenir de notre chère Wallonie et conscient, comme tant d’autres, de l’impasse qui guette notre région, il avait fait le choix de militer dans un mouvement prônant l’union de celle-ci à la France.

A son épouse qui partageait avec lui ses convictions et qui l’accompagnait dans nos activités, ainsi qu’à ses enfants, l’Alliance Wallonie France présente ses sincères condoléances.

Peu de temps après le décès de notre autre grand ami  Jules GAZON, Jacques nous a donc quittés après un dernier combat…

Merci Belgique, merci

Il ne s’agit pas ici de commenter le match de football qui s’est déroulé ce soir du côté de Torino.

Nous voulons revenir sur la solidarité du « bloc Belgique » après les inondations qui ont frappé le « Sud du pays » au milieu du mois de juillet.

L’article suivant, publié dans le journal L’Echo, est suivi, pour l’AWF, de la réaction de Paul Mélot.

Le Fédéral soulage une Wallonie surendettée

FRANÇOIS-XAVIER LEFÈVRE, le 30 septembre 2021.

Le prêt de 1,2 milliard octroyé par le Fédéral dans le cadre des inondations réduit légèrement la pression sur une Wallonie surendettée.

Confirmation ce jeudi matin. Face aux journalistes, Alexander De Croo (Premier ministre), Vincent Van Peteghem (ministre des Finances), Elio Di Rupo (ministre-président wallon) et Jean-Luc Crucke (ministre du Budget wallon) ont détaillé les différentes mesures négociées entre la Région wallonne et le Fédéral pour venir en aide aux zones sinistrées par les inondations de la mi-juillet.

Le premier accord, qui a été négocié jusqu’à la dernière minute entre Alexander De Croo et Elio Di Rupo mercredi, porte sur un prêt de 1,2 milliard du Fédéral à la Région « au taux du marché ». Ce mécanisme, plutôt qu’un versement de 600 millions comme le proposait le secrétaire d’État socialiste Thomas Dermine, s’explique par différents obstacles juridiques. « Il fallait venir avec une solution stable. Un don par rapport à des compétences qui ne sont pas fédérales n’était pas possible », explique le Premier ministre en précisant être lié à la loi spéciale de financement.

Une dette qui dépasse les 31 milliards

Si la monnaie n’est pas sonnante et trébuchante, la solution est accueillie avec soulagement du côté wallon où les discussions budgétaires ont débuté mardi dans un contexte compliqué face à l’évolution préoccupante de l’endettement de la Wallonie et des besoins qui explosent. Pointée à 12,8 milliards à la fin 2019, la dette directe de la Wallonie est passée à 17,5 milliards fin 2020 et 21,2 milliards à la fin du mois de septembre 2021. À ce montant, il faut ajouter une dette indirecte d’environ 10 milliards d’euros. Soit un total de 31,2 milliards aujourd’hui ! « Le budget est extrêmement limité », reconnaît le ministre-président Elio Di Rupo (PS). « Les inondations représentent un coût de 3 milliards sur un budget de dépenses de 15 milliards », explique-t-il en rappelant l’épisode du covid et son impact de 4 milliards sur les finances wallonnes en 2020 et 2021.

Vu le contexte, Jean-Luc Crucke (MR), le grand argentier wallon, qualifie la solution « d’intéressante » alors que la Région a déjà emprunté 3,7 milliards d’euros sur les marchés cette année et 5,36 milliards en 2020. « Cette somme est essentielle car elle permet de diversifier les sources de financement par rapport aux inondations. Si nous n’avions pas ce soutien, seuls les marchés répondraient et nous ne savons pas de quoi demain sera fait. Ici, nous profitons ainsi du spread fédéral, meilleur que celui de la Région. »

Derrière ce spread, il s’agit en fait des conditions d’accès au marché. Alors que la dernière obligation à dix ans de la Région émise le 30 juin affiche un taux d’intérêt sur le marché de 0,399%, le taux de l’Olo à dix ans du Fédéral pointe à 0,13%. Sur un milliard emprunté, cette différence va permettre à la Wallonie d’économiser quelques dizaines de millions d’euros sur sa charge d’intérêt. Ces économies s’ajouteront à celles réalisées grâce à l’accord négocié avec les assureurs et le prêt sans intérêt de 1 milliard que le secteur a accordé à la Région. « Cela permet de ne pas rentrer dans de l’endettement qu’on ne maîtrise pas », estime le ministre wallon du Budget. L’accord avec le Fédéral prévoit en outre une période de stand still de 5 ans. « Le prêt porte sur une période de 15 ans avec des premiers remboursements à partir de 2025. Ces 5 années sans remboursement permettent de créer la croissance qui permettra le remboursement du prêt. »

Il s’agit bien d’un drôle de pays où la Wallonie emprunte à l’Etat belge (pour les inondations) à 0.13% et donc paye des intérêts à l’Etat belge !!!!!!  Par ailleurs, la Wallonie « justifie » cet emprunt en expliquant qu’il valait mieux emprunter à l’Etat belge (rappel : à 0.13%) plutôt qu’emprunter elle-même à 0.399%. Si on a bien compris, la situation -dramatique- de la Wallonie explique que les banques (soucieuses des risques) prêtent à un taux supérieur à la Wallonie, donc que, dans le cas présent, l’Etat fait des cadeaux à la Wallonie : une bien curieuse façon de voir les choses. Les autorités wallonnes – lire l’article – révèlent en fait, sans le dire clairement, que la situation financière de notre région ne cesse de se dégrader. Du reste, l’Agence Moody’s qui ne cesse de baisser la notation de la Wallonie, comme par ailleurs de la Communauté française, ne s’y trompe pas en orientant les marchés des capitaux vers des taux plus élevés… qui distancient encore plus la Wallonie de la Flandre.

Comme Wallon, je me sens profondément humilié par la démarche de Di Rupo car, enfin, il faut encore rappeler que ce drôle de pays qui PRÊTE de l’argent à une région se distingue de l’Allemagne, Etat fédéral lui aussi, mais qui DONNE de l’argent aux Länder victimes des inondations… Encore une chose : est-ce cette « solidarité » « belge » dont la presse ne cesse de se faire écho ????

Paul Mélot

Ne pas compter sur la solidarité de la Flandre ?

Philippe Destatte: « Cette demande d’aide du PS au fédéral, quel mauvais signal ! »

Un article d’Olivier Mouton mis en ligne sur le site de l’hebdomadaire Le Vif le 21 septembre 2021.

Le directeur général de l’Institut Destrée s’interroge sur la façon dont les socialistes ont imaginé cet appel à l’aide, qui nourrit les nationalistes flamands. La Wallonie aurait pu imaginer une autre formule pour sortir de l’ornière.

Philippe Destatte, directeur général de l’Institut Destrée, a exprimé son « scepticisme » suite à la demande faite par le PS au fédéral d’aider la Wallonie, à hauteur de 50% du coût, pour financer la reconstruction des infrastructures, suite aux ravages des inondations, cet été. Il s’agit d’un montant de quelque 600 millions d’euros. Il s’explique pour Le Vif.

Dans quel sens êtes-vous « sceptique » ?

Cela me pose plusieurs questions. La première, sur la forme : pourquoi le PS envoie-t-il les ministres fédéraux Pierre-Yves Dermagne et Thomas Dermine – deux personnalités que j’apprécie, là n’est pas la question – faire cette demande ? On les envoie au casse-pipe au sein de la majorité fédérale et, ce faisant, on fait un cadeau aux nationalistes flamands qui ont évidemment beau jeu de montrer, une nouvelle fois, que les socialistes sont en demande de l’argent flamand.

La demande aurait dû venir du gouvernement wallon d’Elio Di Rupo ?

Oui, d’autant que le PS coince, en outre, les autres partis flamands de la majorité fédérale. Les caricatures montrent déjà les libéraux et les sociaux-chrétiens flamands qui baissent leur pantalon. La démarche elle-même me rend sceptique et me fait douter.

Pourquoi la demande n’émane-t-elle pas de tous les partis wallons membres de la majorité ? J’ai lu que Bouchez allait déjeuner avec Magnette, ils auraient pu convier Nollet, même si je sais qu’il leur est difficile de s’entendre.

Et oui, comme vous le dites : pourquoi la demande n’émane-t-elle pas du gouvernement wallon ? Il aurait pu l’émettre à travers le Comité de concertation.

Ce serait la logique fédérale, non ?

Absolument. On pourrait aussi se demander, puisque certains évoquent l’exemple allemand, pourquoi le Premier ministre, Alexander De Croo, n’a-t-il pas lui-même fait cette proposition, après avoir été conscientisé par Dermagne et Dermine. Cela ne donnerait pas l’impression qu’il cède au PS. Nous sommes dans un système fédéral qui a ses règles, pourquoi y déroger ? Les socialistes ont-ils voulu marquer des points ? Ce sont des gens intelligents, j’imagine qu’ils ne jouent pas à ce petit jeu-là.

La réaction de Bart De Wever est déjà significative : il rappelle que le fédéral est exsangue, lui aussi, que la Flandre peut aider la Wallonie, mais à condition que l’on y mène des réformes.

C’est son discours, bien sûr. Cela démonte qu’on lui donne des arguments. Le Premier ministre aurait pu invoquer le fait que la situation découlant des inondations est exceptionnelle, que le moment est venu de faire preuve de loyauté fédérale, que l’on peut faire preuve de créativité comme ce fut le cas dans le cas de la crise du Covid. Vraiment, je m’interroge sur la démarche.

Sur le fond, on a le sentiment que la Wallonie et la Fédération Wallonie-Bruxelles se posent en demandeurs sur le plan financier, une nouvelle fois, quitte à se déforcer ?

Pour moi, il est évident que si les Wallons veulent être respectés, ils doivent sortir de cette logique-là. Il y a une question de dignité, aussi ! Certains parlent déjà de renégocier la loi de financement, alors que l’on arrive à peine au bout d’un moratoire de dix ans. Si on se met un instant dans la peau d’un nationaliste flamand, on se dit que ce n’est pas sérieux.

Je donne souvent cet exemple, qui n’est certes pas scientifique. Quand j’étais jeune, ma mère, à qui je n’ai rien à reprocher, m’a dit un jour : ‘Tu ne passes plus à la maison que pour que l’on s’occupe de ton linge’. J’étais aux études, pris dans mes activités de mouvements de jeunesse et avec mes copains… Ce qu’elle m’a dit m’a blessé dans ma dignité : j’ai acheté une mini-wash et, à partir de ce moment-là, j’ai lavé mon linge moi-même. Pas par arrogance, hein…

Mais par souci d’autonomie.

Oui, par souci d’autonomie. Cela permet de créer des relations sur un autre plan.

C’est un mauvais signal ?

Un très mauvais signal, oui. Or, il y avait un moment favorable et il était possible d’agir autrement. Ce qui est arrivé, ces inondations, c’est une catastrophe, mais Morin dit que ce peut être ‘la genèse d’une métamorphose’. Cela ouvre une fenêtre d’opportunité pour aborder les choses autrement.

Sur le plan budgétaire, ce pourrait notamment être un moment pour changer la gouvernance. Il y a 65 milliards d’euros sur les comptes d’épargne en Wallonie : le gouvernement wallon aurait pu lancer une opération pour chercher à mobiliser celle-ci, via des mécanismes comme des obligations. Si l’on prend un peu moins de 10% de ce montant, on est déjà à 5 milliards. Je ne dis pas que c’est simple, il y a des obstacles techniques, mais il y a des experts pour les surmonter.

Cela donnerait un autre signal, celui d’un élan de solidarité des citoyens et d’une mobilisation des Wallons. Le gouvernement disposerait d’une enveloppe budgétaire qui pourrait être gérée avec le soutien des Wallons. Ce serait l’occasion de sortir d’une situation où l’on est sans cesse demandeur face à l’Europe ou en Belgique.

Jules Gazon est décédé

Notre ami Jules GAZON est décédé ce 7 septembre, à l’âge de 78 ans.

Une carrière dans l’industrie, mais surtout une activité académique à l’ULiège ont fait connaître le brillant économiste qu’il était. Il fut également l’auteur du premier plan de restructuration de la sidérurgie wallonne.

Jules, chacun  s’en souviendra, fut un militant exceptionnel de l’ALLIANCE WALLONIE FRANCE, mais avant tout un militant WALLON, animé par une défense inconditionnelle de notre région qu’il voyait, avec raison, rejoindre la France…

A Marcelle, sa compagne, l’A.W.F. présente ses très sincères condoléances.

Réflexions sur l’état de la France

Par Cédric CHOPIN, citoyen français

Lille, le 14 juillet 2021.

Je me permets de vous adresser ce message, dans la perspective des prochains travaux de notre association. Il me semble en effet que l’AWF devrait garder un œil sur plusieurs problématiques, distinctes du réunionisme mais en réalité reliées à celui-ci.

Outre les questions communautaires présentes et à venir (financement de la Wallonie, échéances de 2024, future réforme de l’État dans un sens confédéral etc.), pour lesquelles nous avons acquis un niveau de connaissance, voire d’expertise, incontestable, nous devrions nous pencher sur les sujets qui suivent.

« Nous pencher » ne signifiant pas « se plonger dans l’étude », ou « produire des rapports » : nous n’en avons ni le temps, ni les moyens ; il s’agit d’articuler nos thématiques principales au regard de l’évolution des contextes français et belge.

1) La crise globale des institutions démocratiques : qui touche la Belgique mais bien plus durement la France.

Il est clair que le système représentatif connaît aujourd’hui un affaiblissement dramatique. L’abstention aux dernières élections régionales et départementales françaises en témoigne, mais n’est que le symptôme d’un mal bien plus profond.

Mondialisation économique, politiques européennes intrusives, économie spéculative devenue incontrôlable, « déprise » culturelle générale (culture académique ou culture locale et populaire) face à l’emprise des GAFA etc. Tout cela concourt à la fragilisation des institutions démocratiques, à cause de leur incapacité à avoir prise sur le réel.

Mais le système politique n’est pas seulement une victime : ses acteurs portent une responsabilité écrasante. Appartenant, dans leur très grande majorité, aux « classes sociales supérieures », bénéficiaires de la mondialisation, les mandataires (auxquels s’ajoutent les responsables économiques, médiatiques et, dans une certaine mesure, culturels) n’ont aucune envie de voir le peuple se mêler de « ce qui ne le regarde pas ». Le « cercle de la raison » n’est pas négociable ! There is no alternative, comme disait l’autre…

Tout ce qui dépasse est ramené au rang de « populisme », que ce dernier soit réel (les « complotistes » et autres « anti-vax » ne sont pas une légende urbaine), ou le plus souvent imaginaire (expression des légitimes aspirations populaires, en matière sociale et démocratique)… Bien sûr, les médias dominants ont tout intérêt à mettre en avant les premiers, pour y englober les seconds…

Sur ce dernier point, heureusement, tout n’est pas perdu, il subsiste encore quelques émissions tentant – tant bien que mal – de comprendre le monde tel qu’il va : Démocratie en question(s), saison 2 : https://www.rtbf.be/lapremiere/emissions/detail_les-podcasts-de-lapremiere/accueil/article_democratie-en-question-s-enquete-chez-les-coronasceptique-et-les-antisysteme-saison-2 id=10795790&programId=16224

2) La tentation du repli « identitariste » face au « mondialisme » déraciné.

Je préfère ce néologisme à celui d’ « identitaire », car vouloir s’appuyer sur une identité, voire le plus souvent plusieurs, est un sentiment sain, lui aussi légitime.

L' »identitarisme » renvoie aux discours que l’on entend ou lit sur de nombreuses ondes, livres, articles et sites internet, qui se répandent progressivement dans l’opinion, et possèdent quelques caractéristiques fondamentales : principalement l’essentialisme (par opposition à l’universalisme).

Cette approche prétend que les différentes identités sont irréductibles les unes aux autres, ne pouvant en aucun cas se superposer et s’ajouter. Bien entendu, les apports venant de l’extérieur sont ici particulièrement visés… Anticiper les conflits potentiels ne doit pas devenir une prophétie autoréalisatrice, or c’est ce à quoi nous assistons dans l’hexagone…

Cet essentialisme est une mauvaise réponse à l’idéologie du « grand mélange », dans lequel toutes les cultures (surtout la culture occidentale, pour ne pas dire uniquement…) sont censées disparaître et se fondre dans un « grand tout » « multi-culturel »… Bien entendu, dans ce cadre, limiter les flux migratoires constitue une contrainte inacceptable. En clair, l’alternative infernale serait la suivante : soit le repli « identitariste », afin de lutter contre le « Grand remplacement » ; soit l’avènement du fantasme absolu du néo-libéralisme : la fondation d’une « culture mondiale », grâce aux supports numériques, au sein d’un grand marché global… Pile ou face, l’avers ou le revers d’une même médaille… Ces deux impasses peuvent susciter, à des degrés divers mais chez tout le monde, une forme de tentation : « zemmourisme » d’un côté, fascination pour des mégalos comme Elon Musk, de l’autre.

Pour le mouvement réunioniste, le devoir impérieux – à la fois moral et politique – est de tout faire pour tracer une ligne différente, réellement subversive. Une ligne laïque, républicaine au sens vrai du terme (le mot – et non la chose – étant repris en France par la droite la plus extrême…). Une ligne universaliste, c’est-à-dire proclamant l’existence d’un « fond commun » transcendant les différentes religions, genres et orientations, cultures… pouvant exister sur un même territoire. L’identité, pour être riche, diversifiée et forte, n’a nul besoin d’être arrogante ou agressive ! Au contraire, ces deux derniers adjectifs sont la marque des cultures faibles et déclinantes – voire décadentes…

Sur ces principes, le réunionisme doit participer à l’émergence d’une identité non-identitariste !

Jean Birnbaum : « Dans un climat irrespirable, faire droit à la nuance devient subversif » (https://www.lexpress.fr/actualite/idees-et-debats/jean-birnbaum-dans-un-climatirrespirable-faire-droit-a-la-nuance-devient-subversif_2149546.html): Le Courage de la nuance, éditions du Seuil, 2021.

3) Le risque de dérive autoritaire en France, et le risque de crise sociale, politique et communautaire violente.

La France est un grand pays, et le peuple français un grand peuple, c’est entendu. Ce qui ne signifie évidemment pas idéaliser l’une ou l’autre.

Aujourd’hui, la crise française est véritablement profonde, avec un haut niveau de gravité. Crise politique, culturelle, sociale, communautaire, territoriale. La fracturation du pays s’accentue. Or, rien ne bouge, les crises successives depuis trois ans n’ont pas ébranlé l’inertie ambiante. Les « Gilets Jaunes » ont été un soubresaut qui auraient pu permettre la mise en œuvre d’un nouveau pacte démocratique et social. Il n’en a rien été : absolument rien ! Toutes les revendications d’ordre politique (ex. : Référendum d’Initiative Citoyenne) ont été balayées d’un revers de main! Le « Ségur de la santé » (négociations ayant suivi le premier confinement) a été, de l’avis même des personnels soignants, une vaste arnaque, n’octroyant que quelques menues piécettes. Rien, absolument rien, sur la gouvernance de l’hôpital, ou la fin des « restructurations »! Pourtant, en mars 2020, les médecins, infirmières, aides-soignantes, ont pris le pouvoir sur les gestionnaires, et c’est uniquement cette inversion du pouvoir qui a permis d’éviter la catastrophe totale, dans des établissements de santé dépourvus du matériel le plus élémentaire (masques, blouses, gel)…

A ce propos, la crise sanitaire que nous traversons agit comme un révélateur, au sens chimique du terme : les tendances profondes du pays se manifestent au grand jour ! Et ce n’est pas joli à voir… Il est clair que bien des mesures prises au cours de l’épidémie n’avaient aucun rapport avec les exigences médicales ! Il s’agissait, essentiellement, de « maintenir la pression » sur un peuple jugé immature, irresponsable et incontrôlable… Sans quoi, « ils vont faire n’importe quoi ! »

A cet égard, les dernières mesures décidées en juillet représentent un palier supplémentaire vers une forme d’autoritarisme de moins en moins « doux ». Interdiction, dans de nombreuses communes (suite à décret préfectoral ou municipal) des feux d’artifice du 14 juillet, même en étant masqués ! En effet, il y aurait eu de dangereux attroupements… Dans ce cas, il faut d’urgence interdire tous les marchés extérieurs, fermer les centres commerciaux, et combler les tunnels de tous les métros de France…

Je n’hésite pas à l’écrire (et je précise avoir reçu mes deux doses de vaccin…) : les décisions – souveraines, solitaires, jupitériennes, prises en Conseil de Défense – du président Emmanuel Macron du 12 juillet marquent un tournant, voire… un changement de régime politique ! Nul complotisme là-dedans : simplement la constatation que les considérations médicales et sanitaires (bien entendu nécessaires) ont été le prétexte (peut être inconscient) à l’émergence de pulsions autoritaires. La France est devenue un pays où l’on peut affirmer, sans être démenti, que « en contexte de pandémie, la démocratie est un inconvénient, surtout si elle s’avise de devenir contestataire » (Axel KAHN – paix à son âme – octobre 2020).

Bien sûr, d’autres pays ont été touchés par le phénomène (dont la Belgique et sa fameuse « bulle sociale »), mais en France, ce dernier a aggravé les fractures existantes… ainsi que la terreur des élites à l’égard du peuple, toujours jugé incapable de comprendre la situation… « Passeport sanitaire » à l’intérieur des frontières du pays, surveillance des cafés, des restaurants, des cinémas, devenus bien malgré eux des auxiliaires de police, évacuation de toute discussion rationnelle et contradictoire, spots TV gouvernementaux qui ont dû s’inspirer de la propagande soviétique (ou plutôt chinoise..), disproportion de nombreuses mesures par rapports aux risques véritables (hors personnes à risque, le covid-19 est une maladie quasiment pas létale) : l’irrationalisme du gouvernement (et de certains « médecins de plateaux TV », dont on se demande quand ils soignent des patients…) est en train d’égaler celui des « antivax », avec leurs « puces 5 G injectées par Bill Gates »!

Nous sommes – je l’espère ! – nombreux à penser que la pandémie aurait pu être gérée de façon rationnelle et démocratique, dès la fin du premier confinement (il faut être indulgent pour cette première phase, nous ne savions pas au début ce qui se passait). Au lieu de cela, l’obsession des autorités n’a cessé d’être : contrôler, contrôler, contrôler les citoyens infantilisés, et le cas échéant réprimer. En lieu et place des dernières mesures liberticides, un exposé clair de la stratégie vaccinale (dès le début du printemps 2021), des chiffres de vaccination raisonnables à atteindre chaque semaine, et la levée définitive des mesures sanitaires en fonction de ces chiffres (et non pas en fonction de dates arbitraires, ou du nombre des contaminations), et un discours factuel sur la contagiosité supérieure du variant Delta, auraient sans doute eu des résultats équivalents, voire meilleurs ! Avec cette méthode, ou d’autres méthodes non-coercitives, la France serait peut-être à l’heure qu’il est au même niveau que l’Angleterre !

La leçon à tirer de tout cela est la suivante : en France, bien plus que dans les autres démocraties, nous nous habituons aux mesures autoritaires, jugées plus rapides et plus efficaces que la délibération parlementaire et la responsabilisation des citoyens… L’autoritarisme devient le « mode de fonctionnement par défaut » du pouvoir, et les limites en la matière sont allègrement repoussées. C’est une réalité, et une source de profonde tristesse : nous assistons à l’écroulement de la culture démocratique en France… Le ressentiment et l’esprit de revanche vont également croissants !

La France est le seul pays occidental où a eu lieu – le plus sérieusement du monde – un débat sur la possibilité d’une guerre civile, et l’intervention de l’armée dans les banlieues !

Mais où cela va-t-il finir ?

Le courant réunioniste doit envisager l’hypothèse d’un « scénario catastrophe » (ou du moins celui d’une grave crise de régime) pour la France, et réfléchir au rôle qu’il pourrait jouer dans ce cas. La Wallonie, en l’occurrence, pourrait devenir une sorte de « base arrière », situation qu’il faudra définir et anticiper.

Car, comme j’ai eu le plaisir de l’écrire avec Paul MELOT dans le texte publié sur le site de la revue Front Populaire : « Tous les réunionistes (…) partagent un objectif : être acteurs d’une contreculture alternative, républicaine, sociale et populaire, participant – pour l’instant de l’extérieur – à la reconstruction d’une France libre et rénovée !« 

Tel est l’un des aspects essentiels de notre responsabilité collective, en tant que réunionistes.

A lire : Récidive, 1938, de Michaël FOESSEL, réédition 2021 : https://www.mollat.com/videos/mickaelfoessel-recidive-1938, P.U.F., avec une postface inédite évoquant la crise sanitaire.

Les illusionnistes

Par VALMY

Les journalistes Vincent Rocour et Alice Dive publient dans La Libre Belgique, du 14/08/2021, l’analyse du livre, « Les fossoyeurs de la Belgique » et interrogent l’auteur, le journaliste politique flamand Wouter Verschelden .
L’article de la LLB s’intitule : « Que le Mouvement flamand accepte de lâcher Bruxelles, c’est un geste historique » (sic). De quoi plaire à la « francophonie belge ».
Quel est l’intérêt profond de cet article ?
La confirmation des manœuvres du Palais pour installer la NVA au gouvernement dans l’espoir de trouver une solution définitive au problème institutionnel du pays.
L’accord entre Paul Magnette et Bart De Wever qui ne signifie pas la fin de la Belgique. Il ne s’agit que d’une étape, sinon l’appel de Bart De Wever, le 21 juillet 2021, à la renaissance de Grands Pays-Bas ne rime à rien.
Les conversations menèrent, paraît-il, les deux négociateurs suffisamment loin, au point que Paul Magnette demanda à Bart De Wever s’il voyait un problème à ce que la Wallonie et Bruxelles gardent le nom « Belgique » (sic).
Cette question incroyable ne peut que signifier l’acceptation par Paul Magnette d’une Flandre indépendante à moyen terme.
Pour la Wallonie, cela implique un double danger :
– si la Wallonie conserve le nom de Belgique, Paul Magnette repousse l’option du retour à la France;
si la Wallonie conserve le nom de Belgique, les lois internationales prévoient que les nouvelles entités étatiques héritières d’un pays disparu endossent les dettes de ce dernier, comme la Belgique de 1830 en faveur du royaume des Pays-Bas.
Pour Bart De Wever, il s’agit là d’une demande plus que surprenante de la part d’un « francophone ».
Il est probable que Paul Magnette réalise enfin la gravité de la situation actuelle, l’état de faillite de l’entité wallonne, l’abandon de la solidarité financière flamande et la volonté de la nation flamande d’avancer vers son indépendance.
Pourquoi Paul Magnette dirige-t-il la Wallonie dans le précipice ? Pour de l’argent !
Le nœud de l’accord entre Paul Magnette et Bart De Wever se trouverait dans la renonciation par la Flandre à son obsession du refus d’une Région bruxelloise à part entière et dans un grand refinancement des mesures sociales en faveur du PS.
Qu’a-t-il vendu pour un tel prix ? L’indépendance de la Flandre et la création d’une Belgique résiduelle (illusoire) afin de faire obstacle à la France et d’éviter à la NVA de devoir négocier face à Paris.
Le Mouvement flamand pourrait-il accepter de lâcher Bruxelles ? Oui, car il ne s’agit que d’abandonner le titre de « capitale de la Flandre ».
Rien n’empêche la Flandre de renouer avec le Royaume des Pays-Bas dans un cadre confédéral à deux Etats en emportant la Région de Bruxelles, bien incrustée dans le Vlaams Brabant et séparée de la Wallonie par la frontière linguistique. Le Mouvement flamand n’y perd rien, au contraire.
Bart De Wever, l’historien anversois, a relancé l’option des Grands Pays-Bas, où Anvers redeviendrait la capitale des Pays-Bas méridionaux où se rassembleraient les administrations et les sièges gouvernementaux.
En fait, retirer à Bruxelles le titre de capitale de la Flandre, faciliterait même l’application du scénario institutionnel berlinois : le « Land » bilingue de Bruxelles, coincé au sein des nouveaux Pays-Bas méridionaux. Même minoritaires, les Bruxellois flamands prouvent l’appartenance de cette agglomération au Vlaams Brabant. Les Bruxellois francophones ne sont que des fransquillons ou des immigrés parmi tant d’autres. Bruxelles conservera les lieux de culture, les théâtres, les écoles et les universités de la vlaamse gemeenschap et elle sera obligée d’organiser une « communauté des francophones bruxellois ». Surtout ne pas perdre de vue que Bruxelles dépend économiquement et financièrement de la Flandre.
Bruxelles n’appartint jamais à la Flandre mais aux Pays-Bas méridionaux, OUI !
En conclusion : La manœuvre de Paul Magnette relève d’une supercherie. Il permet, contre de l’argent, l’indépendance de la Flandre et lui offre Bruxelles grâce à la régionalisation à quatre entités. En conservant l’adjectif « belge », il feint de conserver des liens entre la Wallonie et Bruxelles tout en supprimant la Communauté française-Wallonie-Bruxelles. Le miroir aux alouettes version Louis XI !

Les résultats de notre sondage

Après avoir interrogé ses affiliés et sympathisants, l’Alliance Wallonie france a dépouillé les résultats de son sondage et les a portés à la connaissance des présidents de tous les partis wallons représentés dans les différentes assemblées parlementaires.

La lettre de notre président, Nicolas Thirion, a déjà été publiée sur ce site. Elle sera suivie, prochainement, des réponses qui lui ont été envoyées par les présidents de parti. En attendant, nous vous donnons à voir les résultats du sondage auquel vous avez sans doute participé.

Sachez encore qu’un calendrier d’actions a également été planifié en vue de la rentrée de septembre. Nous y reviendrons ultérieurement.

Le Bureau exécutif de l’Alliance Wallonie France vous souhaite deux mois d’été très agréables !

Lettre aux présidents des partis francophones

La lettre suivante, signée Nicolas THIRION, président de l’AWF, a été envoyée aux (co-)président(e)s du cdH, de Défi, d’Ecolo, du MR, du PS et du PTB.

Je me permets de vous écrire en ma qualité de président de l’Alliance Wallonie France, un mouvement politiquement et philosophiquement pluraliste qui s’intéresse au devenir de la Wallonie et vise à encourager toute réflexion utile à ce sujet. La discussion au sein de notre association prend diverses formes, qui vont du débat participatif avec nos membres et nos sympathisants, à l’organisation de conférences publiques ou la publication de contributions écrites.

Dans ce cadre, nous avons récemment réalisé un sondage en ligne auprès de nos membres adhérents et sympathisants, relatif aux diverses réformes institutionnelles à venir et au degré de confiance qu’ils accordent aux partis francophones dans la défense de la Wallonie.

Une fois passée la crise sanitaire, les questions sur l’avenir de la Belgique dans la perspective d’une septième réforme de l’État risquent en effet de reprendre le dessus. Vous trouverez les résultats de ce sondage en annexe.

Synthétiquement, les répondants sont majoritairement favorables à la suppression du Sénat, des provinces et de la Communauté française de Belgique, ainsi qu’à l’instauration du referendum d’initiative populaire dans la Constitution. Ils sont en revanche majoritairement hostiles à la mise en place d’une circonscription électorale fédérale. S’agissant des questions ouvertes (de 1 : pas du tout d’accord, à 6 : tout à fait d’accord), ils estiment qu’un État belge composé de quatre régions ne permettra pas d’aplanir les tensions communautaires mais qu’il pourrait bien constituer une étape vers la réunion de la Wallonie à la France. Quant au degré de confiance qu’ils témoignent à l’égard des partis politiques wallons pour défendre la cause de la Wallonie et, en particulier, de celui dont ils se sentent le plus proches (de 1 : pas du tout confiance, à 6 : tout à fait confiance), il est, vous le constaterez, particulièrement bas.

Après avoir ainsi sollicité nos membres, nous nous autorisons donc à communiquer les résultats à l’ensemble des (co-)président.e.s des partis politiques ayant des élus francophones au Parlement fédéral dans un triple objectif :

1° leur demander leur position et celle de leur parti en ce qui concerne les questions 1 à 9 du sondage repris en annexe, en motivant le cas échéant leurs réponses;

2° solliciter les explications qu’ils pourraient avancer au sujet de la relative méfiance des sondés à l’égard de la défense de la cause wallonne;

3° communiquer les réponses reçues des différents partis, dans le cadre d’une manifestation publique qui se tiendrait à la rentrée prochaine en vue d’organiser un débat autour de ces différentes thématiques.

En outre, à plus court terme, quelle mesure prioritaire susceptible d’influencer significativement et durablement les finances de la Région wallonne et de la Communauté française comptez-vous faire prendre en considération par les parlements compétents d’ici la fin 2021 ?

Je précise que nous serions heureux de recevoir des réponses franches et ouvertes, sans un simple renvoi aux programmes électoraux ou aux publications officielles de votre parti.

Dans l’hypothèse où vous accepteriez de répondre à notre interpellation, nous serions très honorés si nous pouvions recevoir vos réponses d’ici le 30 juin.

En vous remerciant d’avance pour l’attention que vous voudrez bien accorder à la présente, je vous prie de croire, Monsieur le Président, à l’assurance de ma considération distinguée.

La Wallonie avec la France en Europe et dans le monde