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Invitation

Chères Amies,

Chers Amis,

J’ai le plaisir de vous inviter à la réunion du Conseil général élargi de notre association, fixée le samedi 16 novembre à partir de 10 heures au restaurant Les Tanneurs (13, rue des Tanneries à 5000 Namur).

L’ordre du jour est le suivant :

1. Attribution du titre de Président d’honneur de l’AWF à Paul Durieux.

2. Tour de table sur la situation politique belge actuelle (Région wallonne, Fédération Wallonie-Bruxelles, Etat fédéral).

3. Détermination des actions à mener à court, moyen et long termes.

4. Appel aux contributions pour le site de l’AWF et les réseaux sociaux auxquels elle est affiliée.

5. Divers.

Par ailleurs, pour ceux qui le souhaiteraient, les discussions pourront se prolonger autour d’un déjeuner où, pour un montant de 32 euros, vous pourrez vous délecter d’un apéritif, de mises en bouche, d’un plat (filet de cabillaud ou grillade de bœuf, à choisir par vous), de vin, d’une assiette de desserts de la maison et d’un café ou d’un thé. Si vous souhaitez participer à ces agapes, je vous remercie d’en informer notre ami Paul Mélot (tél. : 086.21.15.76 ; boîte de messagerie : paulmelot1@gmail.com) et de verser sur le compte bancaire de ce dernier (BE69 0639 9803 7378), pour le 8 novembre au plus tard, un montant de 32 euros par personne désirant déjeuner. Merci d’accompagner votre versement du choix du plat en communication. Je me permets également d’insister sur le fait qu’en cas de désistement après le 13 novembre, le prix (que nous avons négocié avec le restaurateur pour qu’il soit compétitif) sera facturé à l’association et que, par conséquent, aucun remboursement ne pourra être opéré après cette date. Je vous remercie déjà de votre compréhension.

Je me réjouis de vous revoir à cette occasion et d’échanger sur les thèmes qui nous tiennent à coeur.

Bien cordialement,

Nicolas Thirion

Comment peut-on être belge ?

Par Valmy

Comment peut-on être wallon ?

Chers lecteurs ne vous alarmez pas. La provocation dénigrante de Monsieur Nicolas De Decker, journaliste au VIF (Roularta media Group) ne mérite qu’un vibrant « RASTRINS VALET » !

Le sieur De Decker parodie les Lettres persanes de Montesquieu afin de nous décrier. Sa plume belgicaine au service d’une agence flamande ne peut nous surprendre. Il sert, croit-il, un bon Maître (Meester : bij wie men in dienst is); il faut bien vivre (hélas).

D’accord, parodions donc Montesquieu.

D’entrée de jeu, cher Rica (je préfère Rica à Usbek), comme nous le chantons, « Nous sommes fiers d’être Wallons » et nous le confirmons par la Marseillaise car nous n’oublions pas les noms de nos héros inscrits sur l’Arc de Triomphe à Paris : les généraux de la République et de l’Empire : Lahure, Jardon et Dumonceau.

Afin de te convaincre, cher Rica, de ton erreur provocatrice, je m’en vais te dessiller les yeux avec l’aide d’un homme honnête et amoureux de la Belgique : Monsieur Francis Delpérée.

En 2011, Monsieur Delpérée développe dans la revue n°136 de Pouvoirs (Seuil) une analyse inattendue de sa part, un écrit existentiel, dont je te conseille la lecture :

« La Belgique existe-t-elle ? » Accroche-toi Rica, cela décoiffe !

LA BELGIQUE A-T-ELLE JAMAIS EXISTÉ ?

« L’Etat belge n’est pas né de l’alliance de deux peuples. Il ne procède pas du contrat de vie commune qu’ils auraient scellé à cette occasion. »

Valmy te le confirme, adieu le mirage ; au 19e siècle, l’Angleterre (celle du Brexit actuel) a créé de toutes pièces le Royaume de Belgique, pour mille ans, face à la France, au détriment des Néerlandais méridionaux (les Flamands) et des Français septentrionaux (les Wallons). Hélas pour toi, Rica, tu vivras l’« Ondergang » de cette « colonie pénitentiaire » que deux peuples, étrangers l’un à l’autre, ne méritaient pas.

LA BELGIQUE EXISTE-T-ELLE ENCORE ?

Rappelle-toi, Rica, Gaston Eyskens : « L’Etat unitaire est dépassé par les faits ». Les faits, comme c’est têtu, la cruelle réalité que Jules Destrée décrivit en 1912 : « Sire, il n’y a pas de Belges mais des Flamands et des Wallons ». Mais il fallut le séisme du remplacement de la vieille U.C.L. par la fringante K.U.L. pour que disparaissent les familles politiques unitaires issues de la bourgeoisie « francophone » de 1830, toutes remplacées par des partis régionalistes.

Aujourd’hui, en 2019, la Flandre, que tu sers au Vif, prend le large, toute seule, comme une grande fille assurée de sa force et de sa maturité. Certes, la NVA, suivie par tous les autres partis, patiente à prononcer le mot magique et terrible « INDEPENDANCE » et le remplace par un synonyme tout aussi brutal, « IDENTITE ». Rica, certaines personnes détiennent parfois deux passeports mais elles ne possèdent qu’une identité et une seule !

Rica, la Nation de tes employeurs largue les amarres sans plus se soucier ni de l’opinion ni de l’avenir des Wallons. Elle embarque, de fait, Brussel, sa vassale, dans ses cales. Crois-moi, Rica, les Bruxellois s’expriment encore en français mais la flamandisation des esprits pousse leurs enfants dans les bras du G.O. (Gemeenschap Onderwijs).

Si l’Histoire apprit aux Néerlandais qu’ils n’avaient aucun intérêt à laisser monter la frontière française jusqu’à Brussel, par la grâce des traités européens, ils ne craignent plus la République à Waterloo aux abords de la millénaire frontière linguistique.

Plus loin, cher Rica, comme Jésus portant la croix, Monsieur Delpérée poursuit sa passion : « La Belgique renonce au développement d’une culture juridique et politique commune ; elle s’inscrit résolument dans une logique de partage des compétences et de souveraineté (Rica as-tu bien lu ?) ; la Belgique renonce au mythe puis à la réalité de la Nation unifiée ».

LA BELGIQUE EXISTERA-T- ELLE DEMAIN ?

Dans le n°54 de la revue Pouvoirs (Seuil) en 1991 (!), Monsieur Delpérée écrivait déjà, prémonitoire, « à l’instar des civilisations de Valéry, les société politiques étaient mortelles. La Belgique n’a pas toujours existé ni comme Etat ni comme Nation. Qui serait assez fou ou assez fort pour lui garantir la pérennité sous une forme ou sous une autre ? »

Pour terminer Rica, la Flandre prône le « confédéralisme » ce qui signifie de facto la mort de la Belgique et la coopération (sic) entre les Etats héritiers. Fumisterie ! A l’échelle lilliputienne, le confédéralisme à la Belge rappelle la succession de Charlemagne suivie du traité de Verdun puis du Traité de Meersen.

Rica, tu peux entonner « Plus près de toi, mon Dieu » car il n’existe pas de Plan B.

Le casus belli de la FGTB

Par Valmy

A l’attention des Wallons de la FGTB :

Marc 8,18 : Ayant des yeux, ne voyez-vous pas ? Ayant des oreilles, n’entendez-vous pas ? Et n’avez-vous point de mémoire ?

Robert Vertenueil (FGTB) : « Le trou de la Sécu sera de 1,5 milliard en 2019 ». « On est assez inquiet« , un sentiment qui est renforcé par des perspectives alarmistes pour les prochaines années. « Quatre milliards en 2021, 6,3 milliards en 2024 » (le 26 septembre 2019, le Soir et la RTBF).

La Sécurité sociale n’a plus assez de recettes pour fonctionner.

Et cela alors que le gouvernement a décidé sous la législature écoulée de ne plus compenser le déséquilibre de la Sécu dès l’année prochaine. « Or sans cette dotation, nous constatons que la Sécurité sociale n’a plus assez de recettes pour fonctionner », souligne Robert Vertenueil qui envoie un message préventif aux partis politiques : « Si vous formez un gouvernement en ne prévoyant pas de solution structurelle pour le financement de la Sécu, ce sera pour nous un casus belli ».

NDLR : « Un casus belli » de la FGTB wallonne, voilà ce qu’attendent les partis politiques flamands et particulièrement la NVA et le Belang.

Depuis le décès d’André Renard, les Wallons de la FGTB feignent d’ignorer la volonté de la Flandre de scinder la SECU ! Ils refusent de voir que le sous-financement de la SECU par la réduction des charges au profit du patronat, majoritairement de Flandre, relève d’un travail de sape préalable à la scission. Bien évidemment, ce sera uniquement de la faute des Flamands !

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Lu sur le site du journal Le Soir ce 14 septembre 2019 :

Grand Baromètre : le Vlaams Belang et la N-VA obtiennent la majorité flamande à la Chambre (infographie)

L’extrême droite dépasse pour la première fois les nationalistes de la N-VA côté flamand, selon notre sondage Le Soir-RTL-TVI-Ipsos, mais obtiennent ensemble la majorité dans leur groupe linguistique.

La Chambre, c’est surtout « de Kamer », puisque le groupe linguistique néerlandophone y occupe 89 sièges sur 150, pour 61 sièges dévolus aux francophones. Pas de problème, tout cela est démocratique et constitutionnel. Sauf que d’après notre Grand baromètre Le Soir-RTL-TVI-Ipsos-Het Laatste Nieuws-VTM, vu la poussée du parti d’extrême droite flamand, qui avait emporté 18 sièges déjà en mai dernier, et qui en reprend 7 aujourd’hui (virtuels là, qu’on se rassure), on arrive à 46 sièges pour les deux formations séparatistes flamandes (la scission est dans leurs programmes et leurs statuts), à savoir le Vlaams Belang et la N-VA. Ce qui leur permet, donc, d’avoir la majorité dans leur groupe linguistique, tout juste mais ça suffit, la majorité étant de 45 sièges. Une configuration qui rendrait le Parlement fédéral proprement ingérable, il exploserait au premier affrontement en séance, la Belgique aussi.

Lire la suite de l’article.

Dans son édition du jour, Le soir reprend aussi une interview de Jean-Claude Junker publiée dans L’Echo, sous le titre suivant : « A la Côte belge, je parle allemand car ils n’acceptent plus les francophones » . Le président de la Commission européenne dit notamment ceci : « La Belgique est un État, mais les communautés se considèrent être des nations – je veux parler de la Flandre. La Wallonie n’a pas d’elle-même une conception nationale, alors que la Flandre se croit et se comporte comme nation. Et ça reste un miracle de voir ces deux entités, si disparates finalement, vivre ensemble sans vivre ensemble. »

Lettre ouverte à Monsieur le Président de la République française

Par Jules Gheude

Monsieur le Président,

Par le biais de trois ouvrages intitulés  » C’était de Gaulle  » (Editions de Fallois/Fayard), Alain Peyrefitte nous a restitué les nombreux entretiens qu’il eut avec le Président Charles de Gaulle. Alors que, pour la seconde fois depuis 2010, le Royaume de Belgique est confronté à une crise politique qui menace sa survie même, il n’est pas sans intérêt de relire ce que votre illustre prédécesseur disait à ce sujet.

Je sais bien qu’après la Libération, il aurait suffi que je claque des doigts pour que la Wallonie demande son rattachement à la France. Mais justement, j’estimais qu’il ne m’appartenait pas de claquer des doigts. Il aurait fallu que les Wallons ou leurs représentants légitimes prennent l’initiative. (…) Un moment, j’avais songé à faire un voyage qui aurait commencé à Gand, je me serais arrêté à Dinant où j’ai été blessé en 14, à Namur, capitale de la Wallonie, j’aurais descendu la Meuse jusqu’à Liège, dont Michelet disait qu’elle était plus française que la France. Ç’aurait été comme le Chemin du Roy au Québec. Mais j’ai résisté à la tentation.

Notez bien que depuis mon retour aux affaires, une de mes premières initiatives a été d’inviter le Roi et la Reine des Belges. On ne m’a jamais rendu l’invitation. On avait trop peur, sans doute, des manifestations populaires en Wallonie.

J’avais reçu une délégation de Wallons, bien décidée à préparer le rattachement. Elle m’avait expliqué que les Flamands étaient de plus en plus arrogants et finiraient par faire d’eux-mêmes sécession. C’est peut-être comme cela que ça finira.

La Wallonie existe, mais il n’y a pas une nation wallonne, les Wallons n’ont jamais cherché à devenir un État. Ils demandent à être intégrés au sein de la République, dont ils ont déjà fait partie. (…)

Beaucoup de Wallons pensent qu’ils seraient mieux traités par la France que par la Flandre. C’est probable. Ils retrouveraient au sein de la France la fierté d’appartenir à une grande nation, la fierté de leur langue et de leur culture, le goût de participer aux grandes affaires du monde et de se battre pour de grandes causes humaines.

Toutes choses qu’ils ont perdues dans leur association contre nature, imposée par les Anglais, avec les Flamands qui ne les aiment pas et qu’ils n’aiment pas. Pour les besoins de l’unité de la Belgique, on a raboté ce qu’ils avaient de différent. Ils en sont frustrés.

Il y a un malaise belge (…). Il ne faut pas exclure qu’il aboutisse à une crise, surtout au cas où l’équilibre entre les deux fractions viendrait à se rompre.

Tenus le 29 juillet 1967, ces propos témoignent d’une extrême clairvoyance. Le constat du général de Gaulle se voit corroboré par l’évolution que connaît aujourd’hui la Belgique.

En 2010-2011, le Royaume a traversé sa plus longue crise politique, avec 541 jours sans gouvernement de plein exercice. La situation était telle que la commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale française avait chargé deux de ses membres – Robert Lecou (UMP) et Jean-Pierre Kucheida (PS) – d’une mission d’information sur le sujet.

Adopté le 15 février 2012, le rapport des intéressés soulignait que la division de la Belgique en deux groupes linguistiques de plus en plus cohérents et dissemblables compromettait dangereusement sa survie.

Le problème majeur réside dans le fait que la Flandre est parvenue, au terme d’un long combat, à s’ériger en Nation. Le terme figure expressément dans le préambule de la « Charte pour la Flandre », qui a été adoptée en 2012.

Comme l’a fort bien perçu le général de Gaulle, on ne trouve pas un phénomène équivalent en Wallonie.

La mouvance nationaliste flamande n’a cessé, ces dernières années, de s’affirmer. Elle est aujourd’hui incarnée par la N-VA (Nieuw Vlaamse Alliantie), première force politique du pays avec près de 30%.

L’article 1er des statuts de cette formation vise à faire de la Flandre une République souveraine au sein de l’Europe.

Indépendantiste, lui aussi, mais situé à l’extrême-droite, le Vlaams Belang a également progressé de manière significative lors des élections législatives et régionales du 26 mai dernier.

Il ne manque, en fait, que 5 sièges à la N-VA et au Vlaams Belang pour détenir ensemble la majorité absolue au Parlement flamand.

Depuis 1970, la Belgique a connu six réformes institutionnelles, au fil desquelles elle n’a cessé de s’alléger au profit des régions et des communautés.

Un fait majeur s’est produit en 1999, lorsque le Parlement flamand s’est clairement prononcé en faveur d’un système confédéral, basé sur deux États, Flandre et Wallonie, avec une cogestion par ceux-ci de Bruxelles.

C’est ce confédéralisme que la N-VA entend aujourd’hui mettre sur la table des négociations. Son constat est simple : Flamands et Wallons vivent sur deux planètes distinctes et constituent deux démocraties différentes. Le fossé économique qui les sépare est béant. Alors que la Flandre opte pour une vision de droite, axée sur l’esprit d’initiative et l’innovation (elle réalise à elle seule 80% des exportations belges !), la Wallonie penche plutôt vers le salariat, de préférence dans le secteur public. Vu ce contexte, il convient de mettre un terme aux transferts financiers de la Flandre vers la Wallonie, qui représentent quelque 7 milliards d’euros par an. Libre à la Wallonie de faire les choix politiques qu’elle souhaite, à condition d’en assumer pleinement la responsabilité financière !

Pas question, pour les partis wallons, et notamment le PS qui arrive en tête, de s’engager dans ce confédéralisme, qui impliquerait la scission de la sécurité sociale et aboutirait finalement à la disparition du pays.

Depuis plus de trois mois, deux informateurs royaux s’efforcent de débroussailler le terrain, mais la tâche relève de la quadrature du cercle.

Impossible de mettre autour de la table la N-VA et le PS qui sont comme chien et chat sur le plan socio-économique et ont des visions diamétralement opposées quant à l’avenir du pays.

Monsieur le Président,

L’hypothèse d’une implosion du Royaume de Belgique ne relève nullement de la chimère. Elle doit être envisagée sérieusement par l’Union européenne.

Si la Flandre devait proclamer unilatéralement son indépendance, on voit mal comment la France pourrait ne pas la reconnaître. Feu François Perin, ce brillant constitutionnaliste liégeois qui joua un rôle politique majeur durant la seconde moitié du 20e siècle, confiait au journal « Le Soir », en août 2011 :

Le mouvement flamand, d’étape en étape, a gagné sur toute la ligne. Il a gagné de devenir une nation, avec un esprit collectif qui, de fil en aiguille, deviendra une conscience nationale. Bart De Wever – le leader de la N-VA – est dans la ligne, et logiquement, il dit : « Nous voulons un État flamand indépendant ». Et vous avez aurez noté que pour expliquer ça, il va d’abord à Londres, chez Cameron, il y a quelques mois. Il connaît l’histoire, De Wever. L’Angleterre – la France n’y verra pas d’inconvénient -sera le premier État à reconnaître l’indépendance de la Flandre quand celle-ci sera proclamée. (…) Le nationalisme flamand est bien ancré. (…) Il ne s’arrête pas, il ne s’arrête jamais.

Les responsables wallons refusent de voir la réalité en face. Ils s’accrochent, de manière suicidaire, à une Belgique dont le démantèlement est devenu inéluctable.

Mais rien n’est pire que de se retrouver un jour le nez sur le poteau, contraints de réagir dans la précipitation.

C’est la raison pour laquelle je m’adresse aujourd’hui à vous, en tant que Wallon soucieux de l’avenir de sa région.

Si la Wallonie devait se retrouver seule à son corps défendant, elle serait confrontée à une situation intenable. Elle ne pourrait compter sur Bruxelles, dont les habitants, à plus de 70%, déclarent souhaiter un statut autonome en cas de disparition du pays.

L’amitié qui vous lie à Charles Michel, notre actuel Premier ministre et futur Président du Conseil européen, est bien connue Voici ce que déclarait son père, Louis, le 28 octobre 1996 – il était alors président du Parti réformateur – au journal « Le Figaro » :

Entre un État wallon replié sur lui-même et la France, je choisis la France.

Voilà plus de dix ans que je m’efforce, par le biais de mes essais, chroniques de presse et conférences, de préparer les esprits wallons à cette échéance.

Outre le général de Gaulle, diverses personnalités politiques françaises se sont déclarées prêtes à accueillir les Wallons le jour où ils en exprimeraient clairement le désir.

Comme l’a écrit l’historien namurois Félix Rousseau :

Sans aucune contrainte, de leur pleine volonté, les Wallons sont entrés dans l’orbite de Paris et, depuis sept siècles, avec une fidélité qui ne s’est jamais démentie, n’ont cessé de participer à la culture française.

C’est au nom de ces liens indéfectibles que je vous prie de recevoir, Monsieur le Président, mes très respectueuses salutations.

Gouverner c’est voir et prévoir…

Un article de Benoît Mathieu publié sur le site du journal L’Echo le 2 septembre 2019

De quelle Belgique rêvent les francophones ?

C’est le (mauvais) scénario qui prévaut sur la scène institutionnelle belge. Au nord, le spectre du confédéralisme – cette notion qui veut tout et rien dire – rôde. Et au sud, on a l’habitude de se déclarer demandeurs de rien. L’Echo a sondé les mondes académique et politique afin de voir quelle serait la Belgique souhaitée par les francophones. Et si la clef était de tout remettre sur la table ?

On appelle cela une tarte à la crème, quand bien même, à la base, il s’agit plus de pomme de terre ou d’orge. Lorsque la Belgique est évoquée à l’étranger, il ne faut pas longtemps pour que frites, gaufres, bières et chocolat ne déboulent dans la conversation – c’est aussi invariable que légèrement pénible et réducteur. D’autant plus que cela revient à passer à côté d’une des plus grandes spécialités du plat pays. À savoir le bras de fer communautaire et l’imbroglio institutionnel qui l’accompagne. Des décennies que cela dure. Et ce n’est pas fini.

Même lorsque l’on tente de mettre le colis au frigo, il s’en échappe à la première occasion. Aussi a-t-on entendu durant cette législature des ministres se plaignant de ne pas avoir les coudées franches, tant les matières dont ils avaient hérité – Climat, Mobilité et Soins de santé en tête – étaient saucissonnées entre niveaux de pouvoir. Et après une campagne électorale pas réellement centrée sur la question, voilà que le plus important parti du pays n’a (presque) plus que ce mot-là à la bouche : confédéralisme. C’est, en Belgique, une sorte d’état permanent, où il est inscrit que le dernier trifouillage institutionnel en date ne sera pas l’ultime. Où l’on évoque le suivant alors que le précédent n’est pas encore digéré.

Surtout, n’en parlons pas !

Au vu de cette quasi-inéluctabilité, on pourrait penser que les partis francophones sont armés jusqu’aux dents. Du moins, intellectuellement : au courant des manquements actuels, blindés de pistes d’amélioration possibles, dotés de modèles divers et variés, et plus ou moins alignés sur une stratégie commune. Eh bien, pas du tout.

On a effectué la tournée d’une bonne partie des boutiques et la réponse est semblable presque partout. Si l’une ou l’autre personnalité au sein de la formation a bien sa petite idée en la matière, il n’existe guère de réflexion structurée sur le chapitre institutionnel. Surtout, ne pas ouvrir la boîte de Pandore et donner l’impression d’être prêt à en discuter : voilà la position tenue par les deux plus grands partis francophones. « Actuellement, dire qu’on y réfléchit relève de la faute politique », tranche-t-on au cdH.

Une posture attentiste qui peut se comprendre. « Réfléchir à ce qui ne fonctionne pas est assimilé à un constat d’échec, analyse Émilie Van Haute, politologue à l’ULB. Ce qui revient à accepter la thèse flamande et à plaider pour une réforme. Alors, tant qu’à faire, autant ignorer le sujet. » Et puis, embraie le politologue Vincent Laborderie (UCLouvain), les francophones sont toujours embourbés dans la dichotomie entre Communauté et Région. « C’est le nœud du problème. Comment se projeter dans l’avenir si ce débat n’est toujours pas clos ? »

Résultat des courses : jouant en défensive, traçant des lignes rouges qui sont bien souvent franchies par la suite, pas vraiment préparés et demandeurs de rien, les francophones subissent les réformes de l’État. Qui peuvent se caricaturer de la sorte : plus d’autonomie pour le nord, de l’argent pour le sud. Après, il est toujours possible de leur trouver des circonstances atténuantes. « L’institutionnel ne constitue pas la priorité de leurs électeurs, glisse Émilie Van Haute. Cela explique aussi pourquoi ils ne s’en emparent pas davantage. »

Il ne faudrait pas non plus surestimer la préparation de leurs homologues flamands. « Dont la dernière feuille de route institutionnelle commune remonte à 1999, recadre Benoît Bayenet, professeur de finances publiques à l’ULB et l’ULiège. Et si certains partis ont bien une idée d’où ils veulent aboutir, ils ne sont guère plus avancés sur la voie pour y parvenir. »

Une agora commune pour un vrai débat

Et puis, il n’est pas certain qu’un grand pow-wow francophone soit la voie à suivre. « Stratégiquement, déterminer une position commune francophone à opposer à la néerlandophone, voilà la meilleure manière de ne pas déboucher sur un bon compromis », juge Philippe Van Parijs, professeur de philosophie politique à la KULeuven et à l’UCLouvain. Qui s’est fendu, l’an dernier, d’un ouvrage consacré à l’avenir du pays. Philippe Van Parijs, Benoît Bayenet, ou encore le duo Olivier Maingain/François De Smet de chez DéFI – peut-être le parti qui s’est le moins montré effrayé par la bête institutionnelle – va dans le même sens.

L’idéal serait d’ouvrir le débat dans une agora commune, réunissant francophones et néerlandophones – un peu à l’image de ce que le monde académique fait déjà, notamment via des groupes comme Re-Bel, Pavia, ou des colloques amenant à repenser la Constitution. Une agora certainement pas restreinte aux seuls partis et mariant mondes académique et économique, doublés par cette insaisissable « société civile ».

Le tout n’empêcherait pas la formation actuelle d’un gouvernement et vivrait sa vie en parallèle de la gestion de la maison Belgique. Et s’il risque de forcer les partis francophones à plonger dans ce grand bain qu’ils redoutent tant, au moins cela ne les empêchera plus d’apporter des solutions. Un exercice qu’ils se refusaient à faire jusqu’ici.

Réfédéralisation de certaines compétences, instauration d’une circonscription fédérale : pourquoi certaines demandes, paraissant presque tomber sous le sens, ne pouvaient-elles pas être portées par des partis francophones ? « Parce qu’elles seraient passées pour des demandes francophones, explique-t-on au cdH. À qui l’on aurait fait une concession, moyennant autre chose. C’est pourquoi il est nettement plus intelligent que ce genre de suggestion émane d’une plateforme bilingue. »

Et au final, qui fait quoi ?

C’est évidemment le cœur du problème. Quelle entité gère quelle compétence ? La question est d’autant moins évidente qu’en se laissant porter par le flot du fédéralisme, la Belgique navigue à vue depuis belle lurette. « Il n’existe aucun travail rationnel, cohérent et global examinant, compétence par compétence, ce qui a été fait, et ce qui cloche », déplore Mathias El Berhoumi, professeur de droit constitutionnel à l’Université Saint-Louis. Ce qui rend fou François De Smet. « Pendant longtemps, l’identitaire a confisqué le débat institutionnel. Il faut à présent passer de l’irrationnel au rationnel. Et réfléchir au seul critère de l’efficacité. » Tout en évaluant à l’aune de ce même critère les réformes de l’État jusqu’ici entreprises.

Tel est également le credo de Benoît Bayenet. Ouvrir grand le débat, sans tabou. « Il faut y aller. À chaque fois, les francophones ont accepté le minimum… tout en sachant que le round suivant était déjà en préparation. Or le modèle actuel est d’une complexité folle et se situe à mi-chemin. Ceux qui veulent aller plus loin et ceux qui veulent refédéraliser certains pans ont tous deux raison. » L’efficacité n’est pas au rendez-vous. Or c’est elle qui est censée guider l’organisation de l’État.

Fédéralisme budgétaire

Que dit la raison, donc ? À ce petit jeu, la théorie du fédéralisme budgétaire peut s’avérer utile. « Par exemple, tout ce qui touche à la sécurité sociale et comporte un risque de mobilité des personnes a intérêt à être du ressort du niveau le plus élevé possible, l’idéal étant l’échelon européen. » L’économiste Étienne de Callataÿ ne dit pas autre chose. « Le plus souvent, d’un point de vue économique, régionaliser n’a pas beaucoup de sens. Parce qu’il existe des effets de débordement : si je mène une bonne politique, elle va déborder au-delà de mes frontières. Surtout dans des économies très ouvertes et intégrées. Autrement dit : on est dans le même bateau. »

Le prisme économique n’est toutefois pas le seul. « Cela ne signifie pas que l’on ne peut guère penser à un modèle décentralisé qui garde une certaine efficacité, nuance Benoît Bayenet. Dans une démocratie, il faut également tenir compte des aspirations citoyennes, et l’optimalisation n’en fait pas toujours partie. Le fédéralisme a ceci de magique : on peut inventer le modèle que l’on veut. Si le surcoût lié à la fédéralisation permet à la Belgique de tourner et d’éviter un coûteux blocage, tel est le prix d’une démocratie qui fonctionne. »

L’avantage de la formule est qu’elle débouchera sur un plan de bataille, pouvant être soumis à l’approbation du citoyen. Qui retrouvera son mot à dire dans le domaine institutionnel; mot qu’il avait perdu, à la longue. « Ce qui est démocratiquement problématique », estime Vincent Laborderie.

Et si la réflexion peut prendre du temps – quel mal après tout à réfléchir cinq ou dix ans, puisque voilà bien cinquante ans que la Belgique est empêtrée dans un fédéralisme évolutif et pas franchement convaincant ? –, il faut garder en mémoire que les transferts qui pourraient s’ensuivre risquent, eux aussi, de ne pas être réglés en deux coups de cuillère à pot. « Prenez le dossier des allocations familiales, transférées dans le cadre de la sixième réforme de l’État, illustre le constitutionnaliste Christian Behrendt (ULiège). Alors que l’accord politique date de 2011, le transfert ne sera totalement effectif qu’en 2020. Soit neuf ans pour un dossier qui n’est pas d’une complexité folle, mais n’est pas si homogène qu’on le croit, puisqu’il recouvre des enfants ne résidant pas en Belgique. C’est ce qui nous pend au nez : les transferts de compétences seront de plus en plus complexes. Les premières réformes ont porté sur des théâtres, des musées, des routes ou des écoles. Autant de choses qui ne déménagent pas. La suite s’avérera plus complexe, surtout si l’on touche à la Sécu. Ne fût-ce que pour respecter le principe de libre circulation. »

Une Belgique à quatre Régions

N’allez pas croire. La Communauté française – ou Fédération Wallonie-Bruxelles si vous préférez – compte encore de fervents défenseurs, en tête desquels figurent le cdH et DéFI. « Avec le spectre du grand soir flamand, la Fédération est vue comme la garante de la solidarité francophone, une sorte de bouclier », analyse Vincent Laborderie. Malgré quoi, pour la plupart de nos interlocuteurs, l’avenir est aux Régions. Une Belgique à quatre Régions : Bruxelles, Flandre et Wallonie, rejointes par une Région germanophone. « Même si je suis très attaché aux compétences des Communautés, il faut reconnaître que le modèle mêlant Communautés et Régions ne fonctionne pas, confesse Mathias El Berhoumi. Modèle d’une hypercomplexité qui se renforce de réforme en réforme. » Réduisant d’autant la lisibilité pour le citoyen.

Sous-financement et absence de moyens propres, tout comme d’élections directes. Déséquilibres en termes de rapport de force entre Wallonie et Bruxelles. Sensibilités différentes entre la Wallonie et la capitale. Réunification de l’Économie, l’Emploi, l’Enseignement et la Formation aux mains d’une seule et même entité. Les arguments en faveur d’un retrait de la Communauté française ne manquent pas. « D’autant que cela permettrait de simplifier fortement le modèle bruxellois », où celui qui s’y retrouve mérite presque une médaille olympique et où la logique territoriale aurait plus de sens que la communautaire. Cela permettrait également de mettre sur pied un enseignement bilingue – voire trilingue, avancent les plus motivés – dans la capitale. Afin que le multilinguisme cesse enfin d’être un caillou dans la chaussure belge et se transforme en avantage.

« Et à tous ceux qui s’inquiéteraient de voir des administrations scindées ou que soit rompue la continuité pédagogique entre Wallonie et Bruxelles, je répondrais ceci, argumente Benoît Bayenet. Les députés bruxellois peuvent très bien voter les mêmes décrets que leurs homologues wallons pour tout ce qui a trait à l’organisation de l’enseignement. Tout en gérant différemment les bâtiments et la mobilité, selon les spécificités bruxelloises. Il n’est par ailleurs nullement besoin de dédoubler les administrations : pourquoi ne pourraient-elles pas travailler pour plusieurs niveaux de pouvoir ? Comme le SPF Finances ? Ou la Sécu, qui travaille pour le Fédéral et les Régions ? »

Et l’argent dans tout ça ?

C’est le risque, reconnaissent ceux qui estiment que la loi spéciale de financement, colonne vertébrale de la Belgique fédérale, n’avantage pas les francophones, parce qu’elle ne tient pas compte des richesses produites sur le territoire bruxellois, ni des spécificités du territoire wallon : paraître, une nouvelle fois, en quête d’argent. N’empêche. Se baser, pour le financement régional, sur l’impôt des personnes physiques perçu en fonction du lieu de résidence « est contraire aux conventions internationales », juge Étienne de Callataÿ. « Comme celle de l’OCDE sur les travailleurs transfrontaliers. On paie ses impôts sur le revenu là où l’on travaille. » Ils sont nombreux à estimer que les francophones devraient exiger que ce tir-là soit rectifié, en tout ou en partie.

Et puis, il y a ces fameux transferts financiers du nord vers le sud, qui pimentent la vie politique – tout en alimentant parfois les fantasmes. « La Belgique ne se situe pas au top des transferts interrégionaux, modère Benoît Bayenet. Ils ne sont pas énormes, et inférieurs à ceux qui ont cours en France. » Mais puisqu’il est question de mettre à plat les compétences, il pourrait en être de même pour le financement. Avec objectivité. « La Belgique est le seul pays fédéral où l’on ne tient compte que du rendement de l’impôt des personnes physiques, en le rapportant à une clef population. Dans les autres pays, où le modèle fédéral est parfois plus approfondi que le nôtre, il existe quantité de mécanismes de péréquation. Qui permettent de compenser de manière objective les différences entre entités, que ce soit en matière de population ou de géographie. »

Un préalable s’impose toutefois : faire le ménage dans les institutions francophones. Et mettre les budgets en ordre.

Un peu de tuyauterie pour la route

Hiérarchie des normes, communauté urbaine, refonte du Sénat, place de l’anglais, les pistes évoquées ne manquent pas. Faute de place, épinglons une des plus cruciales, défendue par le groupe Pavia depuis… 2005. L’instauration d’une circonscription fédérale élisant, par exemple, 10% de la Chambre, soit 15 députés. « Dans la configuration actuelle, personne ne parle à l’ensemble des Belges, pointe Émilie Van Haute. C’est l’une des causes de la fuite en avant communautaire. » Les personnalités politiques francophones et néerlandophones « ne se concurrencent pas mutuellement, mais luttent dans leurs circonscriptions respectives, au sein de partis distincts, pour obtenir les faveurs d’électorats séparés », écrit Philippe Van Parijs. « Le résultat est, de part et d’autre, une dynamique de surenchère qui construit les intérêts des deux communautés comme opposés. » Sur ce point-là règne une certaine unanimité, côté francophone. Ce serait déjà un bon point de départ.

Pour de nouvelles élections

Par Paul MÉLOT

« De nouvelles élections n’y changeront rien »; « On a voté, pourquoi revoter? »; « De nouvelles élections renforceront les extrémismes de droite ou de gauche » : politologues, politiques, journalistes ou hommes de la rue s’expriment mais il convient de recevoir ces affirmations avec beaucoup de circonspection !

Réfléchissons : a) les élections de mai 2019 ont-elles apporté des changements significatifs ? Oui, à coup sûr, aussi évident qu’un nez au milieu de la figure !

                         b) ces changements ont-ils modifié, amplifié les clivages politiques ? Oui, mais ils étaient prévisibles tant les divergences étaient flagrantes avant les élections.

                         c) les positions majoritaires, tant au Nord qu’au Sud, antinomiques, restent aux antipodes, malgré le temps qui passe.

Dès lors, une nouvelle consultation électorale peut-elle déboucher sur une autre voie ? Je prends le pari que OUI :

a) résultats confirmés et amplifiés constatés, le monde politique serait enfin amené à prendre ses responsabilités et à ne pas retarder l’inéluctable : une scission cohérente et honnête de deux peuples contraints à la co-existence depuis le Congrès de Vienne.

b) s’opposer à une nouvelle consultation, c’est, corollairement, s’obliger à tout nouvel « équilibre » (sic!) au détriment , une fois de plus, de la Wallonie. Donc, prolonger l’hégémonie flamande et enterrer définitivement le redressement ô combien nécessaire de notre Wallonie.

c) une bonne fois pour toutes, la consultation populaire n’est-elle pas, jusqu’à nouvel ordre, le moyen le plus démocratique qui soit, face à l’immobilisme que nous constatons actuellement ? Et rebattre les cartes, sermonner le monde politique qui joue à ignorer la réalité du fossé existant.

d) faire courir les bruits d’une inutilité, n’est-ce pas faire le jeu de ceux qui clament que « les élections ne servent à rien. C’est toujours les mêmes qui reviennent », donc les partisans d’une non-démocratie ?

e) mais encore, sait-on que si les votes blancs et nuls étaient additionnés et intégrés dans les dévolutions des sièges, les scores individuels des partis seraient érodés encore plus. Hommes politiques, réfléchissez donc !

f) enfin, au motif de la démocratie, n’est-il pas comique de vouloir retarder une consultation – par ailleurs inéluctable – quelle que soit l’échéance dans le temps, proche ou lointaine ? Ont-ils si peur que cela ? L’électeur a de la mémoire, contrairement à ce qu’on essaie de faire croire, sinon pourquoi les résultats de mai ont-ils tant modifié la donne arithmétique ? (donc politique!)

Politiques, politologues, journalistes, hommes de la rue : réfléchissez, Salvini n’est pas loin…