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Lettre ouverte à Monsieur le Président de la République française

Par Jules Gheude

Monsieur le Président,

Par le biais de trois ouvrages intitulés  » C’était de Gaulle  » (Editions de Fallois/Fayard), Alain Peyrefitte nous a restitué les nombreux entretiens qu’il eut avec le Président Charles de Gaulle. Alors que, pour la seconde fois depuis 2010, le Royaume de Belgique est confronté à une crise politique qui menace sa survie même, il n’est pas sans intérêt de relire ce que votre illustre prédécesseur disait à ce sujet.

Je sais bien qu’après la Libération, il aurait suffi que je claque des doigts pour que la Wallonie demande son rattachement à la France. Mais justement, j’estimais qu’il ne m’appartenait pas de claquer des doigts. Il aurait fallu que les Wallons ou leurs représentants légitimes prennent l’initiative. (…) Un moment, j’avais songé à faire un voyage qui aurait commencé à Gand, je me serais arrêté à Dinant où j’ai été blessé en 14, à Namur, capitale de la Wallonie, j’aurais descendu la Meuse jusqu’à Liège, dont Michelet disait qu’elle était plus française que la France. Ç’aurait été comme le Chemin du Roy au Québec. Mais j’ai résisté à la tentation.

Notez bien que depuis mon retour aux affaires, une de mes premières initiatives a été d’inviter le Roi et la Reine des Belges. On ne m’a jamais rendu l’invitation. On avait trop peur, sans doute, des manifestations populaires en Wallonie.

J’avais reçu une délégation de Wallons, bien décidée à préparer le rattachement. Elle m’avait expliqué que les Flamands étaient de plus en plus arrogants et finiraient par faire d’eux-mêmes sécession. C’est peut-être comme cela que ça finira.

La Wallonie existe, mais il n’y a pas une nation wallonne, les Wallons n’ont jamais cherché à devenir un État. Ils demandent à être intégrés au sein de la République, dont ils ont déjà fait partie. (…)

Beaucoup de Wallons pensent qu’ils seraient mieux traités par la France que par la Flandre. C’est probable. Ils retrouveraient au sein de la France la fierté d’appartenir à une grande nation, la fierté de leur langue et de leur culture, le goût de participer aux grandes affaires du monde et de se battre pour de grandes causes humaines.

Toutes choses qu’ils ont perdues dans leur association contre nature, imposée par les Anglais, avec les Flamands qui ne les aiment pas et qu’ils n’aiment pas. Pour les besoins de l’unité de la Belgique, on a raboté ce qu’ils avaient de différent. Ils en sont frustrés.

Il y a un malaise belge (…). Il ne faut pas exclure qu’il aboutisse à une crise, surtout au cas où l’équilibre entre les deux fractions viendrait à se rompre.

Tenus le 29 juillet 1967, ces propos témoignent d’une extrême clairvoyance. Le constat du général de Gaulle se voit corroboré par l’évolution que connaît aujourd’hui la Belgique.

En 2010-2011, le Royaume a traversé sa plus longue crise politique, avec 541 jours sans gouvernement de plein exercice. La situation était telle que la commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale française avait chargé deux de ses membres – Robert Lecou (UMP) et Jean-Pierre Kucheida (PS) – d’une mission d’information sur le sujet.

Adopté le 15 février 2012, le rapport des intéressés soulignait que la division de la Belgique en deux groupes linguistiques de plus en plus cohérents et dissemblables compromettait dangereusement sa survie.

Le problème majeur réside dans le fait que la Flandre est parvenue, au terme d’un long combat, à s’ériger en Nation. Le terme figure expressément dans le préambule de la « Charte pour la Flandre », qui a été adoptée en 2012.

Comme l’a fort bien perçu le général de Gaulle, on ne trouve pas un phénomène équivalent en Wallonie.

La mouvance nationaliste flamande n’a cessé, ces dernières années, de s’affirmer. Elle est aujourd’hui incarnée par la N-VA (Nieuw Vlaamse Alliantie), première force politique du pays avec près de 30%.

L’article 1er des statuts de cette formation vise à faire de la Flandre une République souveraine au sein de l’Europe.

Indépendantiste, lui aussi, mais situé à l’extrême-droite, le Vlaams Belang a également progressé de manière significative lors des élections législatives et régionales du 26 mai dernier.

Il ne manque, en fait, que 5 sièges à la N-VA et au Vlaams Belang pour détenir ensemble la majorité absolue au Parlement flamand.

Depuis 1970, la Belgique a connu six réformes institutionnelles, au fil desquelles elle n’a cessé de s’alléger au profit des régions et des communautés.

Un fait majeur s’est produit en 1999, lorsque le Parlement flamand s’est clairement prononcé en faveur d’un système confédéral, basé sur deux États, Flandre et Wallonie, avec une cogestion par ceux-ci de Bruxelles.

C’est ce confédéralisme que la N-VA entend aujourd’hui mettre sur la table des négociations. Son constat est simple : Flamands et Wallons vivent sur deux planètes distinctes et constituent deux démocraties différentes. Le fossé économique qui les sépare est béant. Alors que la Flandre opte pour une vision de droite, axée sur l’esprit d’initiative et l’innovation (elle réalise à elle seule 80% des exportations belges !), la Wallonie penche plutôt vers le salariat, de préférence dans le secteur public. Vu ce contexte, il convient de mettre un terme aux transferts financiers de la Flandre vers la Wallonie, qui représentent quelque 7 milliards d’euros par an. Libre à la Wallonie de faire les choix politiques qu’elle souhaite, à condition d’en assumer pleinement la responsabilité financière !

Pas question, pour les partis wallons, et notamment le PS qui arrive en tête, de s’engager dans ce confédéralisme, qui impliquerait la scission de la sécurité sociale et aboutirait finalement à la disparition du pays.

Depuis plus de trois mois, deux informateurs royaux s’efforcent de débroussailler le terrain, mais la tâche relève de la quadrature du cercle.

Impossible de mettre autour de la table la N-VA et le PS qui sont comme chien et chat sur le plan socio-économique et ont des visions diamétralement opposées quant à l’avenir du pays.

Monsieur le Président,

L’hypothèse d’une implosion du Royaume de Belgique ne relève nullement de la chimère. Elle doit être envisagée sérieusement par l’Union européenne.

Si la Flandre devait proclamer unilatéralement son indépendance, on voit mal comment la France pourrait ne pas la reconnaître. Feu François Perin, ce brillant constitutionnaliste liégeois qui joua un rôle politique majeur durant la seconde moitié du 20e siècle, confiait au journal « Le Soir », en août 2011 :

Le mouvement flamand, d’étape en étape, a gagné sur toute la ligne. Il a gagné de devenir une nation, avec un esprit collectif qui, de fil en aiguille, deviendra une conscience nationale. Bart De Wever – le leader de la N-VA – est dans la ligne, et logiquement, il dit : « Nous voulons un État flamand indépendant ». Et vous avez aurez noté que pour expliquer ça, il va d’abord à Londres, chez Cameron, il y a quelques mois. Il connaît l’histoire, De Wever. L’Angleterre – la France n’y verra pas d’inconvénient -sera le premier État à reconnaître l’indépendance de la Flandre quand celle-ci sera proclamée. (…) Le nationalisme flamand est bien ancré. (…) Il ne s’arrête pas, il ne s’arrête jamais.

Les responsables wallons refusent de voir la réalité en face. Ils s’accrochent, de manière suicidaire, à une Belgique dont le démantèlement est devenu inéluctable.

Mais rien n’est pire que de se retrouver un jour le nez sur le poteau, contraints de réagir dans la précipitation.

C’est la raison pour laquelle je m’adresse aujourd’hui à vous, en tant que Wallon soucieux de l’avenir de sa région.

Si la Wallonie devait se retrouver seule à son corps défendant, elle serait confrontée à une situation intenable. Elle ne pourrait compter sur Bruxelles, dont les habitants, à plus de 70%, déclarent souhaiter un statut autonome en cas de disparition du pays.

L’amitié qui vous lie à Charles Michel, notre actuel Premier ministre et futur Président du Conseil européen, est bien connue Voici ce que déclarait son père, Louis, le 28 octobre 1996 – il était alors président du Parti réformateur – au journal « Le Figaro » :

Entre un État wallon replié sur lui-même et la France, je choisis la France.

Voilà plus de dix ans que je m’efforce, par le biais de mes essais, chroniques de presse et conférences, de préparer les esprits wallons à cette échéance.

Outre le général de Gaulle, diverses personnalités politiques françaises se sont déclarées prêtes à accueillir les Wallons le jour où ils en exprimeraient clairement le désir.

Comme l’a écrit l’historien namurois Félix Rousseau :

Sans aucune contrainte, de leur pleine volonté, les Wallons sont entrés dans l’orbite de Paris et, depuis sept siècles, avec une fidélité qui ne s’est jamais démentie, n’ont cessé de participer à la culture française.

C’est au nom de ces liens indéfectibles que je vous prie de recevoir, Monsieur le Président, mes très respectueuses salutations.

Pour de nouvelles élections

Par Paul MÉLOT

« De nouvelles élections n’y changeront rien »; « On a voté, pourquoi revoter? »; « De nouvelles élections renforceront les extrémismes de droite ou de gauche » : politologues, politiques, journalistes ou hommes de la rue s’expriment mais il convient de recevoir ces affirmations avec beaucoup de circonspection !

Réfléchissons : a) les élections de mai 2019 ont-elles apporté des changements significatifs ? Oui, à coup sûr, aussi évident qu’un nez au milieu de la figure !

                         b) ces changements ont-ils modifié, amplifié les clivages politiques ? Oui, mais ils étaient prévisibles tant les divergences étaient flagrantes avant les élections.

                         c) les positions majoritaires, tant au Nord qu’au Sud, antinomiques, restent aux antipodes, malgré le temps qui passe.

Dès lors, une nouvelle consultation électorale peut-elle déboucher sur une autre voie ? Je prends le pari que OUI :

a) résultats confirmés et amplifiés constatés, le monde politique serait enfin amené à prendre ses responsabilités et à ne pas retarder l’inéluctable : une scission cohérente et honnête de deux peuples contraints à la co-existence depuis le Congrès de Vienne.

b) s’opposer à une nouvelle consultation, c’est, corollairement, s’obliger à tout nouvel « équilibre » (sic!) au détriment , une fois de plus, de la Wallonie. Donc, prolonger l’hégémonie flamande et enterrer définitivement le redressement ô combien nécessaire de notre Wallonie.

c) une bonne fois pour toutes, la consultation populaire n’est-elle pas, jusqu’à nouvel ordre, le moyen le plus démocratique qui soit, face à l’immobilisme que nous constatons actuellement ? Et rebattre les cartes, sermonner le monde politique qui joue à ignorer la réalité du fossé existant.

d) faire courir les bruits d’une inutilité, n’est-ce pas faire le jeu de ceux qui clament que « les élections ne servent à rien. C’est toujours les mêmes qui reviennent », donc les partisans d’une non-démocratie ?

e) mais encore, sait-on que si les votes blancs et nuls étaient additionnés et intégrés dans les dévolutions des sièges, les scores individuels des partis seraient érodés encore plus. Hommes politiques, réfléchissez donc !

f) enfin, au motif de la démocratie, n’est-il pas comique de vouloir retarder une consultation – par ailleurs inéluctable – quelle que soit l’échéance dans le temps, proche ou lointaine ? Ont-ils si peur que cela ? L’électeur a de la mémoire, contrairement à ce qu’on essaie de faire croire, sinon pourquoi les résultats de mai ont-ils tant modifié la donne arithmétique ? (donc politique!)

Politiques, politologues, journalistes, hommes de la rue : réfléchissez, Salvini n’est pas loin…

Monsieur le Premier sur le départ

Par Frédéric BAEYENS

« Monsieur le Premier ministre,

Permettez-moi de vous féliciter pour votre nomination comme Président du Conseil européen. Votre expérience politique belge, votre personnalité et votre intelligence permettront certainement à l’Union européenne de retrouver la voie du compromis et de l’optimisme. La construction européenne reste l’unique chance pour notre continent de préserver la paix et de rivaliser sur le plan économique, sur pied d’égalité, avec la Chine ou les Etats-Unis.

La tâche sera rude face au pessimisme ambiant et face aux populismes et nationalismes divers qui éclosent sur le territoire de l’Union. Votre force de travail, votre conviction, votre sens de la politique et votre capacité de communication permettront, je l’espère, aux eurosceptiques de retrouver l’envie d’Europe. Des pas essentiels devront être franchis pour démocratiser le fonctionnement des institutions, pour approfondir les politiques européennes en termes de défense commune, de politique sociale et environnementale commune, de justice et police, de gestion des flux migratoires… L’Européen doit retrouver la conviction écornée que l’Union européenne l’enrichit et le protège. Il y a du pain sur la planche, mais le Brexit devrait permettre d’approfondir des politiques restées en rade depuis longtemps, même si les progrès à réaliser devront l’être selon la formule de la géométrie variable.

Le peu d’encouragement que vous avez obtenu de la part des partis francophones montre à quel point le monde politique wallon et bruxellois sombre de plus en plus dans la médiocrité. Cela me rapproche du second point, essentiel, de mon mail.

Certains détracteurs expliquent votre nomination européenne par votre allégeance à Emmanuel Macron. Peu importe. Votre amitié avec le Président français nous servira.

Souvenez-vous des paroles prophétiques de votre père. Il déclarait au Figaro en 1996 : « Je n’ose plus dire que le rattachisme soit une idée folle. Si l’espace francophone ne devient pas une réalité, si le séparatisme est inéluctable, alors les Wallons diront : je préfère être Français plutôt que Wallon. Moi, personnellement, si je dois choisir entre être Wallon dans un Etat socialiste ou être Français, je préfère devenir Français. Entre un Etat wallon replié sur lui-même et la France, je choisis la France car la Wallonie c’est un cul-de-sac économique, social, culturel. Nous avons des contacts avec Paris et je suis sûr que Paris ne ferait pas longtemps la fine bouche. »

Dans le cul de sac, nous y sommes et risquons d’y rester longtemps…

Je vous invite à relire les études du professeur Michel Quévit. En substance, la Flandre a, depuis toujours, détourné les moyens de la Belgique à son profit. La richesse wallonne a permis de doper l’essor économique flamand. Lorsque le retour d’ascenseur devait permettre à une politique industrielle digne de ce nom de transformer la structure de l’économie wallonne, nous avons assisté au « plus un franc flamand pour l’économie wallonne », et à la régionalisation des compétences, sans les moyens. Cette Wallonie paupérisée devenait un oiseau pour le chat socialiste…

Aujourd’hui, le confédéralisme devient inéluctable. Les flamands ne sont pas forcément séparatistes lorsqu’on leur permet d’être panflamandistes. Le confédéralisme permettra à la Flandre de se dispenser de toutes les solidarités avec la Wallonie, de poursuivre le développement de la Flandre en occupant les terres wallonnes, de profiter de la main d’œuvre wallonne, et de rapatrier les plus-values vers la Flandre où seront payés les impôts. En d’autres mots, le confédéralisme permettra de faire de la Wallonie une Colonie de Flandre. Le gouvernement wallon aura le même statut qu’un gouvernement africain de pacotille et ses membres pourront jouir d’avantages et des attributs du pouvoir. Ils s’en contenteront…

Le général De Gaulle disait : « Je connais la Wallonie aussi bien et peut-être mieux que le Québec. C’est votre drame d’appartenir à un Etat qui assistera impassible à votre déclin. C’est une manière de faire place à d’autres. C’est une tradition historique germanique d’occuper les terrains en friche. Je regrette de devoir vous dire : Chaque peuple ne peut se redresser que par lui-même. Tâchez de vous trouver des chefs jeunes qui diront la vérité au peuple et qui mobiliseront ce qui en reste. Bien entendu si, un jour, une autorité politique représentative de la Wallonie s’adressait officiellement à la France, ce jour-là, de grand cœur, nous répondrions favorablement à une demande qui aurait toutes les apparences de la légitimité. Avant, c’est impossible. »

Vous allez occuper une des fonctions les plus importante au niveau européen, voire la plus importante. Je sais, évidemment, que l’Union européenne a des difficultés avec les conflits de nationalités qui existent au sein des Etats-membres de peur de l’effet domino. Mais la France a accepté la réunification allemande. L’Allemagne devrait être en mesure d’accepter la réunification française.

J’espère que vous repenserez aux termes prononcés par votre père, et que vous serez un de ces chefs jeunes qui diront la vérité au peuple (même si c’est difficile aujourd’hui dans votre nouvelle fonction).

En d’autres termes, j’espère que vous pourrez user de votre influence pour que cette idée du rattachement de la Wallonie à la France puisse avancer à pas de géants durant votre mandat européen.

Je vous souhaite plein succès dans votre nouvelle fonction et vous prie, d’agréer, Monsieur le Premier ministre, l’expression de mes salutations distinguées.

Les Eperons d’or… et après ?

Par Valmy

« Dans la nuit du 26 au 27 septembre 1830, les troupes hollandaises se sont retirées de Bruxelles, marquant par là le début de l’indépendance de la Belgique. La Fête de la Fédération Wallonie-Bruxelles commémore les journées révolutionnaires du 23 au 27 septembre 1830. » (Wikipédia)

En fait, au point où on en est dans « la Belgique indépendante » (sic), il semblerait nécessaire aux Wallons de changer, d’urgence, la date de commémoration de son identité, en vue d’inspirer à ce peuple un nouvel élan vers le futur.

Les Flamands choisissent le 11 juillet 1302. Par cette date, sans qu’ils l’avouent, ils remettent plus en cause la succession de Charlemagne et son indivision successorale ignorant les diversités humaines de l’empire carolingien : le traité de Verdun (843) et le traité de Meerssen (870). Mais les Wallons pourraient s’en souvenir également. Treize siècles de malheurs pour les uns comme pour les autres à cause d’une succession « européenne » exemplative du déni des réalités des peuples, déjà à cette époque.

Il ne faut pas oublier qu’antérieurement, l’Empire romain, malgré sa brutalité impitoyable pour maintenir « la paix », tenait compte des peuples qui le composaient.

Mais soit, laissons aux Flamands leur Fête des Eperons d’or, cela les regarde.

Observons, en outre, que les « echte Brusseleirs » fêtent leurs spécificités le 5 mai (l’Iris) et le 11 juillet (Eperons d’or) !

Dès lors, pourquoi les Wallons doivent-ils absolument se ridiculiser à commémorer le 27 septembre 1830 ? Ont-ils vraiment gommé de leur mémoire que de 1795 à 1815, ils adoptèrent sans réserve leur qualité de CITOYENS FRANCAIS ?

Toutes les nations, tous les peuples, au cours des siècles, changèrent pour diverses raisons leurs dates commémoratives.

En conséquence, d’autant que cela ne coûte que le prix de la volonté et du papier, proposons au Parlement de Wallonie d’abandonner le funeste et « dévalorisé » 27 septembre soit par le 20 janvier (20/01/1793 : Plébiscite du Pays de Liège en faveur de l’union à la France) soit le 1er octobre (01/10/1795 : la Convention entérine la réunion du Pays de Liège, des Pays-Bas autrichiens (pour le Hainaut, Namur et province de Luxembourg) et reconnaît à leurs habitants la citoyenneté française). Cela aurait le mérite de la clarté au vu de l’évolution chaotique du « Failed Belgium Kingdom ».

Bien évidemment, les locataires du Boulevard- de-l’Empereur- autrichien ainsi que certains Amis de Charles-le-bourguignon-européiste-multilaréliste de l’avenue de la Toison d’Or, sans oublier les petits hommes verts et les relégués- dans- l’opposition de la Belgicanie, marqueraient assurément des réticences.

Mais qui sait ?

Sociétés du déni !

Par Philippe Dutilleul, journaliste à la retraite, auteur, notamment de Bye Bye Belgium (RTBF, 2006).

Aux pays des aveugles, les borgnes sont rois ! Formule qui peut résumer quelques évidences qu’on se refuse de voir en face, plus encore de solutionner.

La thématique la plus prégnante est celle des changements climatiques désormais visibles en de nombreux endroits du globe.  La communauté scientifique est quasi unanime pour valider la théorie de l’effet de serre et du réchauffement à cause des activités humaines. Malgré les catastrophes annoncées, malgré l’évidence et le constat sans appel de la hausse des températures et de ses conséquences, on tergiverse, on remet en question cette réalité pourtant tangible. Bref, on tarde à agir, collectivement et individuellement, alors que de nombreux scientifiques n’hésitent plus à parler de la proche extinction de l’espèce humaine. Les manifestations de jeunes, la timide percée des Verts lors des élections européennes sont des signes politiques encourageants mais très insuffisants pour inverser la tendance car les rejets de gaz à effet de serre n’ont jamais été aussi élevés dans le monde.  L’homme est-il en train de causer sa propre perte par inconscience, indifférence et égoïsme ?

La crise des hôpitaux publics en France couve depuis longtemps, en particulier le service des urgences complètement débordé en maints endroits (situation un peu équivalente dans certaines cliniques de Wallonie). Le sous-financement, la recherche à tout prix de rentabilité, la pauvreté grandissante, le vieillissement de la population, le manque de personnel et de médecins (en maintes zones rurales) expliquent cette situation intolérable d’un point de vue de santé publique et d’humanité. Ainsi, une dame est morte d’une méningite après avoir été parquée de longues heures dans un couloir d’un hôpital parisien sans être prise en charge. Un cas mortel parmi d’autres.  Cela démontre la difficulté d’Etats démocratiques de financer correctement leurs Services Publics par manque d’argent et de volonté politique. En attendant, beaucoup de monde trinque et les incidents se multiplient. Prend-t-on le parti de désertifier sciemment des régions peu peuplées (donc coûteuses pour la collectivité), de laisser mourir les patients les plus faibles et les plus âgés ?

Autre déni, celui qui consiste à vouloir partager ce qu’on ne possède et ne produit pas. Le creusement des déficits publics qui obèrent le bien-être des générations présentes et futures, facilités par des taux d’intérêt historiquement et durablement bas, est remarquable dans plusieurs pays dont la Belgique, dans sa partie francophone et au niveau fédéral où le prochain gouvernement (qui est loin d’être formé) devra trouver 11 milliards d’euros pour éponger le trou budgétaire. Malgré cela, certains responsables politiques, en période électorale, promettent d’augmenter les minima sociaux, les retraites, etc…, d’autres d’augmenter encore les taxes alors que le taux d’imposition y est déjà très (trop) élevé. Ces promesses rarement suivies d’effets bénéfiques finissent par fatiguer l’électeur qui se tourne alors vers les partis extrémistes. Il faut sans cesse dénoncer celles et ceux qui veulent raser gratis et distribuer tout azimut, comme les populistes et les fascistes au pouvoir en Italie, car ils ne font que creuser une tombe dans laquelle leurs électeurs des classes populaires tomberont les premiers. Voir la sombre et inextricable impasse dans laquelle est plongé le Venezuela de CHAVES et de son successeur MADURO.  Il n’y a de pire programme que la démagogie qui veut faire fi des règles élémentaires de l’économie, qu’on soit de gauche ou de droite, pro ou anti-capitaliste, pro ou anti-libéral…

Je terminerai cette liste non exhaustive (il faudrait un livre entier) par le vieux et récurrent clivage communautaire belge qui fait les délices des échotiers, provoque l’incompréhension de nos voisins directs et plonge le pays dans un immobilisme mortifère depuis de trop nombreuses années. Comme dans le magnifique film de SPIELBERG, « il faut sauver le soldat RYAN », tous les partis francophones, à commencer par le PS, ECOLO et le CDH, sont au chevet du Royaume agonisant et partent en guerre contre les Flamingants (presque majoritaires aujourd’hui) qui veulent démantibuler ce qui reste de commun dans le pays. Une quête à la Don Quichotte chère à Jacques BREL car vaine et sans issue. Cette politique du déni, qui s’appuie sur les forces « belgicaines » très minoritaires en Flandre (les Verts de GROEN, le SPA – et encore pas tous ses représentants- et les extrémistes de gauche du PTB version flamande) va à nouveau aboutir soit à une longue crise politique soit à la formation d’un gouvernement fédéral qui ne gouvernera pas. La volonté très majoritaire en Flandre est de transférer presque toutes les matières qui restent de la responsabilité fédérale vers les Régions et Communautés.  Ce que la Constitution actuelle permet. Les Wallons et les bruxellois francophones vont s’y opposer sur la forme mais finiront par céder. Le plus probable sera la formation d’une Confédération belge avec 4 régions quasi autonomes mais avec une Wallonie à l’agonie.  Cette sortie de crise inéluctable, on la cache au bon peuple wallon et bruxellois qui croit encore naïvement à l’avenir d’un pays réunifié. La politique ne se concocte pas autour d’un terrain de football. Ce miroir aux alouettes, les habitants de Wallonie et sans doute de Bruxelles (ainsi que leurs enfants) le paieront au prix fort faute de ne pas avoir anticipé une évolution qui crève pourtant les yeux, faute aussi de ne pas avoir négocié en temps utile une coopération (voire plus) avec le grand voisin français.

Message à nos décideurs

Par Frédéric BAEYENS

Mon mail aux présidents des partis francophones :

« Cher(e)s Président des partis francophones,

Un fois de plus, la Belgique est plongée dans une crise communautaire.

Sans vouloir reprendre l’Histoire à son point de départ, c’est depuis les premiers pas de ce pays artificiel voulu par la Grande-Bretagne que la Flandre cherche à s’échapper.

Aujourd’hui, il faut se rendre à l’évidence. La Belgique va mourir et le plus tôt sera le mieux.

Malgré une succession de réformes institutionnelles, la volonté identitaire flamande revient sans cesse avec encore plus de vigueur. Ces réformes n’ont rien apaisé. Elles ont simplement débouché sur une usine à gaz institutionnelle et une multiplication des instances qui ne profite qu’aux partis politiques et à leurs mandataires. Le belge moyen n’y comprend plus rien. Il se rend juste compte que l’« Etat » lui coûte de plus en plus cher et que le retour sur investissement n’y est pas :

– les problèmes communautaires ne disparaissent pas, que du contraire;

– le coût de la vie en Belgique est plus cher que dans des pays similaires;

– le niveau des pensions est moins élevé que dans des pays similaires;

– le niveau de l’enseignement est catastrophique au regard des tests internationaux;

– l’économie wallonne stagne malgré l’apport d’argent des fonds structurels européens et les divers plans de relance;

– la justice est malade;

– 53% du pib est capturé par l’Etat;

Bref ! La Belgique n’apporte rien aux citoyens.

Je vous invite donc, comme demandeurs de rien, à négocier une fois pour toute la fin de cet Etat bancal. Il a terminé son job.

Avant de rejoindre la table des négociations, je vous remercie cependant de bien vouloir relire les écrits du professeur Michel Quévit sur les transferts Sud-Nord, à savoir comment la Flandre a utilisé la Belgique à son seul profit. Il est temps de présenter la facture à nos amis flamands.

Il faut définitivement mettre un terme à la gabegie belgo-belge ! Comme disait Monsieur Delpérée, le confédéralisme est le fédéralisme des cons.

Au passage, merci de laisser l’entièreté de la facture des F35 à la Flandre. Nos amis français possèdent de très bons avions qui reviendront bien moins cher.

Mon message ne demande aucune réponse.

En vous remerciant, »

Manœuvre autour de la constitution

Par Paul MELOT

Aujourd’hui, vendredi 16 mai, le gouvernement MICHEL va poser l’acte le plus stupide de sa législature: porter la liste des articles à soumettre à une éventuelle révision de la Constitution, en N’Y INCLUANT AUCUN ARTICLE RELATIF A LA CONSTITUTION ET SUSCEPTIBLE D’ETRE REVISE !!!

Pourquoi ?

MICHEL (et tous les autres) ont la trouille de la NVA, donc, pas de révision pour ne pas affronter la NVA.

La réflexion que cela m’inspire :

a) Ce faisant, MICHEL (et les autres) va immanquablement activer l’activisme flamand.

b) Permettre la discussion (ce qui ne veut pas dire accepter une révision de ces articles) aurait cependant été un geste démocratique: de quel droit, dans un Etat où nous nous plaignons d’être aussi souvent minorisés et méprisés, la minorité que nous sommes se permet-elle d’ignorer la majorité flamande ?

c) Pour rappel, réviser la constitution nécessite une majorité des deux tiers et une majorité simple dans chaque rôle linguistique. Donc, la Wallonie a, de toute façon, une minorité  de blocage. Mais seulement dès l’instant où il y aurait discussion sur  la révision de cette constitution.

 d) Disposer d’une minorité  de blocage et ne pas permettre une DISCUSSION ne me paraît pas être digne de la plus élémentaire courtoisie.

e) D’autant que des lois spéciales (que ne manquera pas de revendiquer la NVA les élections étant passées) peuvent elles aussi modifier profondément les choses. 

f) DI RUPO lui-même ayant dit qu’il était nécessaire de revoir la Loi de financement, en ajoutant : pas avant 2024, ne nie plus que la Wallonie et la Communauté française vont droit dans le mur.

g) D’autant que la Loi de financement, SA loi de financement qu’il a fait voter en 2014 (pour devenir premier ministre) est une mauvaise loi et… qu’il le déclare maintenant. Comprenne qui pourra…

 h) Donc, quand DI RUPO (et les autres) vont devenir demandeurs, je vous laisse penser ce que la NVA leur répondra… si toutefois elle leur répondra, et la Wallonie et la Communauté Française iront droit à la ruine programmée (fin des transferts N-S).

 i) Autant gouverner, c’est prévoir, autant les francophones se comportent de la manière la plus lamentable en ne préparant pas l’avenir. MICHEL (et tous les autres) sont minables. Pauvre Wallonie !