Archives pour la catégorie Exprimez-vous !

Pourquoi pas nous ?

Par Valmy

La presse et tous les médias nous inondent du trentième anniversaire de la Chute du Mur de Berlin.

En bonne Germaine égocentriste, Angela Merkel exhorte l’Europe à défendre « la liberté » et « la démocratie ».  « Les valeurs qui fondent l’Europe (…) doivent toujours être défendues. A l’avenir, il faut s’engager pour la démocratie, la liberté, les droits de l’Homme et la tolérance ».

« Le Mur de Berlin appartient à l’Histoire et nous enseigne qu’aucun mur qui exclut les gens et restreint la liberté n’est assez haut ou long qu’il ne puisse être franchi ». « Cela vaut pour nous tous, à l’Est comme à l’Ouest », a-t-elle jugé.

Navré mais les « Murs » ne s’élèvent pas seulement en béton. Ils peuvent aussi ressembler à des frontières administratives et étatiques imposées à d’innocentes populations par la loi des plus forts, pour des intérêts égoïstes et, parfois, de court terme.

On croit souvent que le partage, après la Seconde Guerre mondiale, de l’Europe en deux zones d’influence, l’une anglo-saxonne (tiens, tiens) , l’autre soviétique, s’est fait à la Conférence de Yalta de février 1945. En réalité, ce sommet en Crimée entre Staline, Roosevelt et Churchill – où de Gaulle ne parvint pas à se faire inviter – n’a fait qu’entériner un partage déjà ébauché par Churchill et Staline le 9 octobre 1944, à Moscou.

Ainsi, depuis le dix-neuvième siècle, la Grande-Bretagne se trouve toujours à l’œuvre derrière des plans de partage et d’affaiblissement de l’Europe continentale.

Les Wallons, ces Français septentrionaux, et les Flamands, ces néerlandais méridionaux, en savent quelque chose depuis bientôt deux cents années. Afin de ne pas l’oublier, bien avant les Britanniques, les Autrichiens et les Espagnols ne laissèrent pas d’autre choix aux Wallons, aux Flandriens et aux Brabançons que de loger dans un « enclos » pompeusement dénommé « Pays-Bas habsbourgeois ».

Si l’Europe, que l’on nous vante malgré les déboires engendrés par sa gestion politique chaotique, défend réellement la LIBERTE, alors la France et les Pays-Bas se doivent de déposer leur dossier de réunification sur les bureaux de Madame Von Der Leyen et de Monsieur Charles Michel.

Lorsque l’on observe la déliquescence du Royaume de Belgique et la confrontation, naturelle et logique, entre le Nord et le Sud, il n’y a aucune raison, au 21e siècle, d’empêcher la réunification des Pays-Bas à l’image de l’Union d’Utrecht d’avant 1585.

Et il n’existe aucune raison de ne pas restituer à la France ses départements wallons dont, avant tout, l’ancien Pays de Liège qui vota librement son union à la République Française en 1793 !

Ces deux réunifications réenchanteraient l’Europe, une Europe enfin composée de nations, et lui redonneraient une autre image bien plus positive que l’actuelle !

Une Wallonie sans tête

Par Claude Roland

Regardons autour de nous la réalité actuelle.

Les médias « francophones » sont majoritairement bruxellois, certains même proches des médias flamands, et diffusent l’identité bruxelloise, belgicaine au mépris de l’identité wallonne qu’ils noient dans l’identité vide de « francophones ». En clair, la population wallonne est manipulée par ces médias bruseleer : RTBrux, RTL, Le Soir, La Libre, la DH et même les médias wallons dépendant de leur grand frère bruseleer (Sud-Presse/Le Soir et l’Avenir/La Libre) dans le but de nous unir à Bruxelles, comme francophones (exit l’identité wallonne) dont la capitale est Bxl et la Wallonie, une simple extension au sud de Bruxelles.

Et dès qu’un politique wallon ose déclarer son régionalisme et ose mettre en doute l’utilité du brol wallo-brux, il est vilipendé sur la place médiatique comme le méchant qui veut couper les subsides des pauvres bruseleer.

Et ça marche ! Les Wallons perdent leur identité, se disent francophones, se solidarisent de Bruxelles et deviennent belgicains.

Tabou sur la Wallonie qui s’endette pour soutenir Bruxelles, son enseignement et ses institutions. Tabou sur les CPAS bruseleer qui, débordés, au bord de la faillite, poussent leurs allocataires majoritairement migrants à s’installer en Wallonie.

Quant à la Flandre, elle a trouvé mieux qu’une séparation pure et simple qui laisserait la Wallonie et ses territoires qu’elle (la Flandre) et les Pays-Bas convoitent, lui échapper.

Elle prend son indépendance, tout en gardant la main sur la Wallonie, via l’état belge qui est sous son contrôle. C’est une forme de kolonisation.

En même temps, la Flandre construit son union avec les Pays-Bas. Union dans laquelle nous sommes de facto, intégrés, sans notre avis, sans même en parler, puisqu’en fait c’est l’union de 2 pays (Flandre & Hollande) dans laquelle la Wallonie n’a que peu à dire.

Comment peut-on être belge ?

Par Valmy

Comment peut-on être wallon ?

Chers lecteurs ne vous alarmez pas. La provocation dénigrante de Monsieur Nicolas De Decker, journaliste au VIF (Roularta media Group) ne mérite qu’un vibrant « RASTRINS VALET » !

Le sieur De Decker parodie les Lettres persanes de Montesquieu afin de nous décrier. Sa plume belgicaine au service d’une agence flamande ne peut nous surprendre. Il sert, croit-il, un bon Maître (Meester : bij wie men in dienst is); il faut bien vivre (hélas).

D’accord, parodions donc Montesquieu.

D’entrée de jeu, cher Rica (je préfère Rica à Usbek), comme nous le chantons, « Nous sommes fiers d’être Wallons » et nous le confirmons par la Marseillaise car nous n’oublions pas les noms de nos héros inscrits sur l’Arc de Triomphe à Paris : les généraux de la République et de l’Empire : Lahure, Jardon et Dumonceau.

Afin de te convaincre, cher Rica, de ton erreur provocatrice, je m’en vais te dessiller les yeux avec l’aide d’un homme honnête et amoureux de la Belgique : Monsieur Francis Delpérée.

En 2011, Monsieur Delpérée développe dans la revue n°136 de Pouvoirs (Seuil) une analyse inattendue de sa part, un écrit existentiel, dont je te conseille la lecture :

« La Belgique existe-t-elle ? » Accroche-toi Rica, cela décoiffe !

LA BELGIQUE A-T-ELLE JAMAIS EXISTÉ ?

« L’Etat belge n’est pas né de l’alliance de deux peuples. Il ne procède pas du contrat de vie commune qu’ils auraient scellé à cette occasion. »

Valmy te le confirme, adieu le mirage ; au 19e siècle, l’Angleterre (celle du Brexit actuel) a créé de toutes pièces le Royaume de Belgique, pour mille ans, face à la France, au détriment des Néerlandais méridionaux (les Flamands) et des Français septentrionaux (les Wallons). Hélas pour toi, Rica, tu vivras l’« Ondergang » de cette « colonie pénitentiaire » que deux peuples, étrangers l’un à l’autre, ne méritaient pas.

LA BELGIQUE EXISTE-T-ELLE ENCORE ?

Rappelle-toi, Rica, Gaston Eyskens : « L’Etat unitaire est dépassé par les faits ». Les faits, comme c’est têtu, la cruelle réalité que Jules Destrée décrivit en 1912 : « Sire, il n’y a pas de Belges mais des Flamands et des Wallons ». Mais il fallut le séisme du remplacement de la vieille U.C.L. par la fringante K.U.L. pour que disparaissent les familles politiques unitaires issues de la bourgeoisie « francophone » de 1830, toutes remplacées par des partis régionalistes.

Aujourd’hui, en 2019, la Flandre, que tu sers au Vif, prend le large, toute seule, comme une grande fille assurée de sa force et de sa maturité. Certes, la NVA, suivie par tous les autres partis, patiente à prononcer le mot magique et terrible « INDEPENDANCE » et le remplace par un synonyme tout aussi brutal, « IDENTITE ». Rica, certaines personnes détiennent parfois deux passeports mais elles ne possèdent qu’une identité et une seule !

Rica, la Nation de tes employeurs largue les amarres sans plus se soucier ni de l’opinion ni de l’avenir des Wallons. Elle embarque, de fait, Brussel, sa vassale, dans ses cales. Crois-moi, Rica, les Bruxellois s’expriment encore en français mais la flamandisation des esprits pousse leurs enfants dans les bras du G.O. (Gemeenschap Onderwijs).

Si l’Histoire apprit aux Néerlandais qu’ils n’avaient aucun intérêt à laisser monter la frontière française jusqu’à Brussel, par la grâce des traités européens, ils ne craignent plus la République à Waterloo aux abords de la millénaire frontière linguistique.

Plus loin, cher Rica, comme Jésus portant la croix, Monsieur Delpérée poursuit sa passion : « La Belgique renonce au développement d’une culture juridique et politique commune ; elle s’inscrit résolument dans une logique de partage des compétences et de souveraineté (Rica as-tu bien lu ?) ; la Belgique renonce au mythe puis à la réalité de la Nation unifiée ».

LA BELGIQUE EXISTERA-T- ELLE DEMAIN ?

Dans le n°54 de la revue Pouvoirs (Seuil) en 1991 (!), Monsieur Delpérée écrivait déjà, prémonitoire, « à l’instar des civilisations de Valéry, les société politiques étaient mortelles. La Belgique n’a pas toujours existé ni comme Etat ni comme Nation. Qui serait assez fou ou assez fort pour lui garantir la pérennité sous une forme ou sous une autre ? »

Pour terminer Rica, la Flandre prône le « confédéralisme » ce qui signifie de facto la mort de la Belgique et la coopération (sic) entre les Etats héritiers. Fumisterie ! A l’échelle lilliputienne, le confédéralisme à la Belge rappelle la succession de Charlemagne suivie du traité de Verdun puis du Traité de Meersen.

Rica, tu peux entonner « Plus près de toi, mon Dieu » car il n’existe pas de Plan B.

Le casus belli de la FGTB

Par Valmy

A l’attention des Wallons de la FGTB :

Marc 8,18 : Ayant des yeux, ne voyez-vous pas ? Ayant des oreilles, n’entendez-vous pas ? Et n’avez-vous point de mémoire ?

Robert Vertenueil (FGTB) : « Le trou de la Sécu sera de 1,5 milliard en 2019 ». « On est assez inquiet« , un sentiment qui est renforcé par des perspectives alarmistes pour les prochaines années. « Quatre milliards en 2021, 6,3 milliards en 2024 » (le 26 septembre 2019, le Soir et la RTBF).

La Sécurité sociale n’a plus assez de recettes pour fonctionner.

Et cela alors que le gouvernement a décidé sous la législature écoulée de ne plus compenser le déséquilibre de la Sécu dès l’année prochaine. « Or sans cette dotation, nous constatons que la Sécurité sociale n’a plus assez de recettes pour fonctionner », souligne Robert Vertenueil qui envoie un message préventif aux partis politiques : « Si vous formez un gouvernement en ne prévoyant pas de solution structurelle pour le financement de la Sécu, ce sera pour nous un casus belli ».

NDLR : « Un casus belli » de la FGTB wallonne, voilà ce qu’attendent les partis politiques flamands et particulièrement la NVA et le Belang.

Depuis le décès d’André Renard, les Wallons de la FGTB feignent d’ignorer la volonté de la Flandre de scinder la SECU ! Ils refusent de voir que le sous-financement de la SECU par la réduction des charges au profit du patronat, majoritairement de Flandre, relève d’un travail de sape préalable à la scission. Bien évidemment, ce sera uniquement de la faute des Flamands !

Lettre ouverte à Monsieur le Président de la République française

Par Jules Gheude

Monsieur le Président,

Par le biais de trois ouvrages intitulés  » C’était de Gaulle  » (Editions de Fallois/Fayard), Alain Peyrefitte nous a restitué les nombreux entretiens qu’il eut avec le Président Charles de Gaulle. Alors que, pour la seconde fois depuis 2010, le Royaume de Belgique est confronté à une crise politique qui menace sa survie même, il n’est pas sans intérêt de relire ce que votre illustre prédécesseur disait à ce sujet.

Je sais bien qu’après la Libération, il aurait suffi que je claque des doigts pour que la Wallonie demande son rattachement à la France. Mais justement, j’estimais qu’il ne m’appartenait pas de claquer des doigts. Il aurait fallu que les Wallons ou leurs représentants légitimes prennent l’initiative. (…) Un moment, j’avais songé à faire un voyage qui aurait commencé à Gand, je me serais arrêté à Dinant où j’ai été blessé en 14, à Namur, capitale de la Wallonie, j’aurais descendu la Meuse jusqu’à Liège, dont Michelet disait qu’elle était plus française que la France. Ç’aurait été comme le Chemin du Roy au Québec. Mais j’ai résisté à la tentation.

Notez bien que depuis mon retour aux affaires, une de mes premières initiatives a été d’inviter le Roi et la Reine des Belges. On ne m’a jamais rendu l’invitation. On avait trop peur, sans doute, des manifestations populaires en Wallonie.

J’avais reçu une délégation de Wallons, bien décidée à préparer le rattachement. Elle m’avait expliqué que les Flamands étaient de plus en plus arrogants et finiraient par faire d’eux-mêmes sécession. C’est peut-être comme cela que ça finira.

La Wallonie existe, mais il n’y a pas une nation wallonne, les Wallons n’ont jamais cherché à devenir un État. Ils demandent à être intégrés au sein de la République, dont ils ont déjà fait partie. (…)

Beaucoup de Wallons pensent qu’ils seraient mieux traités par la France que par la Flandre. C’est probable. Ils retrouveraient au sein de la France la fierté d’appartenir à une grande nation, la fierté de leur langue et de leur culture, le goût de participer aux grandes affaires du monde et de se battre pour de grandes causes humaines.

Toutes choses qu’ils ont perdues dans leur association contre nature, imposée par les Anglais, avec les Flamands qui ne les aiment pas et qu’ils n’aiment pas. Pour les besoins de l’unité de la Belgique, on a raboté ce qu’ils avaient de différent. Ils en sont frustrés.

Il y a un malaise belge (…). Il ne faut pas exclure qu’il aboutisse à une crise, surtout au cas où l’équilibre entre les deux fractions viendrait à se rompre.

Tenus le 29 juillet 1967, ces propos témoignent d’une extrême clairvoyance. Le constat du général de Gaulle se voit corroboré par l’évolution que connaît aujourd’hui la Belgique.

En 2010-2011, le Royaume a traversé sa plus longue crise politique, avec 541 jours sans gouvernement de plein exercice. La situation était telle que la commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale française avait chargé deux de ses membres – Robert Lecou (UMP) et Jean-Pierre Kucheida (PS) – d’une mission d’information sur le sujet.

Adopté le 15 février 2012, le rapport des intéressés soulignait que la division de la Belgique en deux groupes linguistiques de plus en plus cohérents et dissemblables compromettait dangereusement sa survie.

Le problème majeur réside dans le fait que la Flandre est parvenue, au terme d’un long combat, à s’ériger en Nation. Le terme figure expressément dans le préambule de la « Charte pour la Flandre », qui a été adoptée en 2012.

Comme l’a fort bien perçu le général de Gaulle, on ne trouve pas un phénomène équivalent en Wallonie.

La mouvance nationaliste flamande n’a cessé, ces dernières années, de s’affirmer. Elle est aujourd’hui incarnée par la N-VA (Nieuw Vlaamse Alliantie), première force politique du pays avec près de 30%.

L’article 1er des statuts de cette formation vise à faire de la Flandre une République souveraine au sein de l’Europe.

Indépendantiste, lui aussi, mais situé à l’extrême-droite, le Vlaams Belang a également progressé de manière significative lors des élections législatives et régionales du 26 mai dernier.

Il ne manque, en fait, que 5 sièges à la N-VA et au Vlaams Belang pour détenir ensemble la majorité absolue au Parlement flamand.

Depuis 1970, la Belgique a connu six réformes institutionnelles, au fil desquelles elle n’a cessé de s’alléger au profit des régions et des communautés.

Un fait majeur s’est produit en 1999, lorsque le Parlement flamand s’est clairement prononcé en faveur d’un système confédéral, basé sur deux États, Flandre et Wallonie, avec une cogestion par ceux-ci de Bruxelles.

C’est ce confédéralisme que la N-VA entend aujourd’hui mettre sur la table des négociations. Son constat est simple : Flamands et Wallons vivent sur deux planètes distinctes et constituent deux démocraties différentes. Le fossé économique qui les sépare est béant. Alors que la Flandre opte pour une vision de droite, axée sur l’esprit d’initiative et l’innovation (elle réalise à elle seule 80% des exportations belges !), la Wallonie penche plutôt vers le salariat, de préférence dans le secteur public. Vu ce contexte, il convient de mettre un terme aux transferts financiers de la Flandre vers la Wallonie, qui représentent quelque 7 milliards d’euros par an. Libre à la Wallonie de faire les choix politiques qu’elle souhaite, à condition d’en assumer pleinement la responsabilité financière !

Pas question, pour les partis wallons, et notamment le PS qui arrive en tête, de s’engager dans ce confédéralisme, qui impliquerait la scission de la sécurité sociale et aboutirait finalement à la disparition du pays.

Depuis plus de trois mois, deux informateurs royaux s’efforcent de débroussailler le terrain, mais la tâche relève de la quadrature du cercle.

Impossible de mettre autour de la table la N-VA et le PS qui sont comme chien et chat sur le plan socio-économique et ont des visions diamétralement opposées quant à l’avenir du pays.

Monsieur le Président,

L’hypothèse d’une implosion du Royaume de Belgique ne relève nullement de la chimère. Elle doit être envisagée sérieusement par l’Union européenne.

Si la Flandre devait proclamer unilatéralement son indépendance, on voit mal comment la France pourrait ne pas la reconnaître. Feu François Perin, ce brillant constitutionnaliste liégeois qui joua un rôle politique majeur durant la seconde moitié du 20e siècle, confiait au journal « Le Soir », en août 2011 :

Le mouvement flamand, d’étape en étape, a gagné sur toute la ligne. Il a gagné de devenir une nation, avec un esprit collectif qui, de fil en aiguille, deviendra une conscience nationale. Bart De Wever – le leader de la N-VA – est dans la ligne, et logiquement, il dit : « Nous voulons un État flamand indépendant ». Et vous avez aurez noté que pour expliquer ça, il va d’abord à Londres, chez Cameron, il y a quelques mois. Il connaît l’histoire, De Wever. L’Angleterre – la France n’y verra pas d’inconvénient -sera le premier État à reconnaître l’indépendance de la Flandre quand celle-ci sera proclamée. (…) Le nationalisme flamand est bien ancré. (…) Il ne s’arrête pas, il ne s’arrête jamais.

Les responsables wallons refusent de voir la réalité en face. Ils s’accrochent, de manière suicidaire, à une Belgique dont le démantèlement est devenu inéluctable.

Mais rien n’est pire que de se retrouver un jour le nez sur le poteau, contraints de réagir dans la précipitation.

C’est la raison pour laquelle je m’adresse aujourd’hui à vous, en tant que Wallon soucieux de l’avenir de sa région.

Si la Wallonie devait se retrouver seule à son corps défendant, elle serait confrontée à une situation intenable. Elle ne pourrait compter sur Bruxelles, dont les habitants, à plus de 70%, déclarent souhaiter un statut autonome en cas de disparition du pays.

L’amitié qui vous lie à Charles Michel, notre actuel Premier ministre et futur Président du Conseil européen, est bien connue Voici ce que déclarait son père, Louis, le 28 octobre 1996 – il était alors président du Parti réformateur – au journal « Le Figaro » :

Entre un État wallon replié sur lui-même et la France, je choisis la France.

Voilà plus de dix ans que je m’efforce, par le biais de mes essais, chroniques de presse et conférences, de préparer les esprits wallons à cette échéance.

Outre le général de Gaulle, diverses personnalités politiques françaises se sont déclarées prêtes à accueillir les Wallons le jour où ils en exprimeraient clairement le désir.

Comme l’a écrit l’historien namurois Félix Rousseau :

Sans aucune contrainte, de leur pleine volonté, les Wallons sont entrés dans l’orbite de Paris et, depuis sept siècles, avec une fidélité qui ne s’est jamais démentie, n’ont cessé de participer à la culture française.

C’est au nom de ces liens indéfectibles que je vous prie de recevoir, Monsieur le Président, mes très respectueuses salutations.

Pour de nouvelles élections

Par Paul MÉLOT

« De nouvelles élections n’y changeront rien »; « On a voté, pourquoi revoter? »; « De nouvelles élections renforceront les extrémismes de droite ou de gauche » : politologues, politiques, journalistes ou hommes de la rue s’expriment mais il convient de recevoir ces affirmations avec beaucoup de circonspection !

Réfléchissons : a) les élections de mai 2019 ont-elles apporté des changements significatifs ? Oui, à coup sûr, aussi évident qu’un nez au milieu de la figure !

                         b) ces changements ont-ils modifié, amplifié les clivages politiques ? Oui, mais ils étaient prévisibles tant les divergences étaient flagrantes avant les élections.

                         c) les positions majoritaires, tant au Nord qu’au Sud, antinomiques, restent aux antipodes, malgré le temps qui passe.

Dès lors, une nouvelle consultation électorale peut-elle déboucher sur une autre voie ? Je prends le pari que OUI :

a) résultats confirmés et amplifiés constatés, le monde politique serait enfin amené à prendre ses responsabilités et à ne pas retarder l’inéluctable : une scission cohérente et honnête de deux peuples contraints à la co-existence depuis le Congrès de Vienne.

b) s’opposer à une nouvelle consultation, c’est, corollairement, s’obliger à tout nouvel « équilibre » (sic!) au détriment , une fois de plus, de la Wallonie. Donc, prolonger l’hégémonie flamande et enterrer définitivement le redressement ô combien nécessaire de notre Wallonie.

c) une bonne fois pour toutes, la consultation populaire n’est-elle pas, jusqu’à nouvel ordre, le moyen le plus démocratique qui soit, face à l’immobilisme que nous constatons actuellement ? Et rebattre les cartes, sermonner le monde politique qui joue à ignorer la réalité du fossé existant.

d) faire courir les bruits d’une inutilité, n’est-ce pas faire le jeu de ceux qui clament que « les élections ne servent à rien. C’est toujours les mêmes qui reviennent », donc les partisans d’une non-démocratie ?

e) mais encore, sait-on que si les votes blancs et nuls étaient additionnés et intégrés dans les dévolutions des sièges, les scores individuels des partis seraient érodés encore plus. Hommes politiques, réfléchissez donc !

f) enfin, au motif de la démocratie, n’est-il pas comique de vouloir retarder une consultation – par ailleurs inéluctable – quelle que soit l’échéance dans le temps, proche ou lointaine ? Ont-ils si peur que cela ? L’électeur a de la mémoire, contrairement à ce qu’on essaie de faire croire, sinon pourquoi les résultats de mai ont-ils tant modifié la donne arithmétique ? (donc politique!)

Politiques, politologues, journalistes, hommes de la rue : réfléchissez, Salvini n’est pas loin…

Monsieur le Premier sur le départ

Par Frédéric BAEYENS

« Monsieur le Premier ministre,

Permettez-moi de vous féliciter pour votre nomination comme Président du Conseil européen. Votre expérience politique belge, votre personnalité et votre intelligence permettront certainement à l’Union européenne de retrouver la voie du compromis et de l’optimisme. La construction européenne reste l’unique chance pour notre continent de préserver la paix et de rivaliser sur le plan économique, sur pied d’égalité, avec la Chine ou les Etats-Unis.

La tâche sera rude face au pessimisme ambiant et face aux populismes et nationalismes divers qui éclosent sur le territoire de l’Union. Votre force de travail, votre conviction, votre sens de la politique et votre capacité de communication permettront, je l’espère, aux eurosceptiques de retrouver l’envie d’Europe. Des pas essentiels devront être franchis pour démocratiser le fonctionnement des institutions, pour approfondir les politiques européennes en termes de défense commune, de politique sociale et environnementale commune, de justice et police, de gestion des flux migratoires… L’Européen doit retrouver la conviction écornée que l’Union européenne l’enrichit et le protège. Il y a du pain sur la planche, mais le Brexit devrait permettre d’approfondir des politiques restées en rade depuis longtemps, même si les progrès à réaliser devront l’être selon la formule de la géométrie variable.

Le peu d’encouragement que vous avez obtenu de la part des partis francophones montre à quel point le monde politique wallon et bruxellois sombre de plus en plus dans la médiocrité. Cela me rapproche du second point, essentiel, de mon mail.

Certains détracteurs expliquent votre nomination européenne par votre allégeance à Emmanuel Macron. Peu importe. Votre amitié avec le Président français nous servira.

Souvenez-vous des paroles prophétiques de votre père. Il déclarait au Figaro en 1996 : « Je n’ose plus dire que le rattachisme soit une idée folle. Si l’espace francophone ne devient pas une réalité, si le séparatisme est inéluctable, alors les Wallons diront : je préfère être Français plutôt que Wallon. Moi, personnellement, si je dois choisir entre être Wallon dans un Etat socialiste ou être Français, je préfère devenir Français. Entre un Etat wallon replié sur lui-même et la France, je choisis la France car la Wallonie c’est un cul-de-sac économique, social, culturel. Nous avons des contacts avec Paris et je suis sûr que Paris ne ferait pas longtemps la fine bouche. »

Dans le cul de sac, nous y sommes et risquons d’y rester longtemps…

Je vous invite à relire les études du professeur Michel Quévit. En substance, la Flandre a, depuis toujours, détourné les moyens de la Belgique à son profit. La richesse wallonne a permis de doper l’essor économique flamand. Lorsque le retour d’ascenseur devait permettre à une politique industrielle digne de ce nom de transformer la structure de l’économie wallonne, nous avons assisté au « plus un franc flamand pour l’économie wallonne », et à la régionalisation des compétences, sans les moyens. Cette Wallonie paupérisée devenait un oiseau pour le chat socialiste…

Aujourd’hui, le confédéralisme devient inéluctable. Les flamands ne sont pas forcément séparatistes lorsqu’on leur permet d’être panflamandistes. Le confédéralisme permettra à la Flandre de se dispenser de toutes les solidarités avec la Wallonie, de poursuivre le développement de la Flandre en occupant les terres wallonnes, de profiter de la main d’œuvre wallonne, et de rapatrier les plus-values vers la Flandre où seront payés les impôts. En d’autres mots, le confédéralisme permettra de faire de la Wallonie une Colonie de Flandre. Le gouvernement wallon aura le même statut qu’un gouvernement africain de pacotille et ses membres pourront jouir d’avantages et des attributs du pouvoir. Ils s’en contenteront…

Le général De Gaulle disait : « Je connais la Wallonie aussi bien et peut-être mieux que le Québec. C’est votre drame d’appartenir à un Etat qui assistera impassible à votre déclin. C’est une manière de faire place à d’autres. C’est une tradition historique germanique d’occuper les terrains en friche. Je regrette de devoir vous dire : Chaque peuple ne peut se redresser que par lui-même. Tâchez de vous trouver des chefs jeunes qui diront la vérité au peuple et qui mobiliseront ce qui en reste. Bien entendu si, un jour, une autorité politique représentative de la Wallonie s’adressait officiellement à la France, ce jour-là, de grand cœur, nous répondrions favorablement à une demande qui aurait toutes les apparences de la légitimité. Avant, c’est impossible. »

Vous allez occuper une des fonctions les plus importante au niveau européen, voire la plus importante. Je sais, évidemment, que l’Union européenne a des difficultés avec les conflits de nationalités qui existent au sein des Etats-membres de peur de l’effet domino. Mais la France a accepté la réunification allemande. L’Allemagne devrait être en mesure d’accepter la réunification française.

J’espère que vous repenserez aux termes prononcés par votre père, et que vous serez un de ces chefs jeunes qui diront la vérité au peuple (même si c’est difficile aujourd’hui dans votre nouvelle fonction).

En d’autres termes, j’espère que vous pourrez user de votre influence pour que cette idée du rattachement de la Wallonie à la France puisse avancer à pas de géants durant votre mandat européen.

Je vous souhaite plein succès dans votre nouvelle fonction et vous prie, d’agréer, Monsieur le Premier ministre, l’expression de mes salutations distinguées.