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Sociétés du déni !

Par Philippe Dutilleul, journaliste à la retraite, auteur, notamment de Bye Bye Belgium (RTBF, 2006).

Aux pays des aveugles, les borgnes sont rois ! Formule qui peut résumer quelques évidences qu’on se refuse de voir en face, plus encore de solutionner.

La thématique la plus prégnante est celle des changements climatiques désormais visibles en de nombreux endroits du globe.  La communauté scientifique est quasi unanime pour valider la théorie de l’effet de serre et du réchauffement à cause des activités humaines. Malgré les catastrophes annoncées, malgré l’évidence et le constat sans appel de la hausse des températures et de ses conséquences, on tergiverse, on remet en question cette réalité pourtant tangible. Bref, on tarde à agir, collectivement et individuellement, alors que de nombreux scientifiques n’hésitent plus à parler de la proche extinction de l’espèce humaine. Les manifestations de jeunes, la timide percée des Verts lors des élections européennes sont des signes politiques encourageants mais très insuffisants pour inverser la tendance car les rejets de gaz à effet de serre n’ont jamais été aussi élevés dans le monde.  L’homme est-il en train de causer sa propre perte par inconscience, indifférence et égoïsme ?

La crise des hôpitaux publics en France couve depuis longtemps, en particulier le service des urgences complètement débordé en maints endroits (situation un peu équivalente dans certaines cliniques de Wallonie). Le sous-financement, la recherche à tout prix de rentabilité, la pauvreté grandissante, le vieillissement de la population, le manque de personnel et de médecins (en maintes zones rurales) expliquent cette situation intolérable d’un point de vue de santé publique et d’humanité. Ainsi, une dame est morte d’une méningite après avoir été parquée de longues heures dans un couloir d’un hôpital parisien sans être prise en charge. Un cas mortel parmi d’autres.  Cela démontre la difficulté d’Etats démocratiques de financer correctement leurs Services Publics par manque d’argent et de volonté politique. En attendant, beaucoup de monde trinque et les incidents se multiplient. Prend-t-on le parti de désertifier sciemment des régions peu peuplées (donc coûteuses pour la collectivité), de laisser mourir les patients les plus faibles et les plus âgés ?

Autre déni, celui qui consiste à vouloir partager ce qu’on ne possède et ne produit pas. Le creusement des déficits publics qui obèrent le bien-être des générations présentes et futures, facilités par des taux d’intérêt historiquement et durablement bas, est remarquable dans plusieurs pays dont la Belgique, dans sa partie francophone et au niveau fédéral où le prochain gouvernement (qui est loin d’être formé) devra trouver 11 milliards d’euros pour éponger le trou budgétaire. Malgré cela, certains responsables politiques, en période électorale, promettent d’augmenter les minima sociaux, les retraites, etc…, d’autres d’augmenter encore les taxes alors que le taux d’imposition y est déjà très (trop) élevé. Ces promesses rarement suivies d’effets bénéfiques finissent par fatiguer l’électeur qui se tourne alors vers les partis extrémistes. Il faut sans cesse dénoncer celles et ceux qui veulent raser gratis et distribuer tout azimut, comme les populistes et les fascistes au pouvoir en Italie, car ils ne font que creuser une tombe dans laquelle leurs électeurs des classes populaires tomberont les premiers. Voir la sombre et inextricable impasse dans laquelle est plongé le Venezuela de CHAVES et de son successeur MADURO.  Il n’y a de pire programme que la démagogie qui veut faire fi des règles élémentaires de l’économie, qu’on soit de gauche ou de droite, pro ou anti-capitaliste, pro ou anti-libéral…

Je terminerai cette liste non exhaustive (il faudrait un livre entier) par le vieux et récurrent clivage communautaire belge qui fait les délices des échotiers, provoque l’incompréhension de nos voisins directs et plonge le pays dans un immobilisme mortifère depuis de trop nombreuses années. Comme dans le magnifique film de SPIELBERG, « il faut sauver le soldat RYAN », tous les partis francophones, à commencer par le PS, ECOLO et le CDH, sont au chevet du Royaume agonisant et partent en guerre contre les Flamingants (presque majoritaires aujourd’hui) qui veulent démantibuler ce qui reste de commun dans le pays. Une quête à la Don Quichotte chère à Jacques BREL car vaine et sans issue. Cette politique du déni, qui s’appuie sur les forces « belgicaines » très minoritaires en Flandre (les Verts de GROEN, le SPA – et encore pas tous ses représentants- et les extrémistes de gauche du PTB version flamande) va à nouveau aboutir soit à une longue crise politique soit à la formation d’un gouvernement fédéral qui ne gouvernera pas. La volonté très majoritaire en Flandre est de transférer presque toutes les matières qui restent de la responsabilité fédérale vers les Régions et Communautés.  Ce que la Constitution actuelle permet. Les Wallons et les bruxellois francophones vont s’y opposer sur la forme mais finiront par céder. Le plus probable sera la formation d’une Confédération belge avec 4 régions quasi autonomes mais avec une Wallonie à l’agonie.  Cette sortie de crise inéluctable, on la cache au bon peuple wallon et bruxellois qui croit encore naïvement à l’avenir d’un pays réunifié. La politique ne se concocte pas autour d’un terrain de football. Ce miroir aux alouettes, les habitants de Wallonie et sans doute de Bruxelles (ainsi que leurs enfants) le paieront au prix fort faute de ne pas avoir anticipé une évolution qui crève pourtant les yeux, faute aussi de ne pas avoir négocié en temps utile une coopération (voire plus) avec le grand voisin français.

Message à nos décideurs

Par Frédéric BAEYENS

Mon mail aux présidents des partis francophones :

« Cher(e)s Président des partis francophones,

Un fois de plus, la Belgique est plongée dans une crise communautaire.

Sans vouloir reprendre l’Histoire à son point de départ, c’est depuis les premiers pas de ce pays artificiel voulu par la Grande-Bretagne que la Flandre cherche à s’échapper.

Aujourd’hui, il faut se rendre à l’évidence. La Belgique va mourir et le plus tôt sera le mieux.

Malgré une succession de réformes institutionnelles, la volonté identitaire flamande revient sans cesse avec encore plus de vigueur. Ces réformes n’ont rien apaisé. Elles ont simplement débouché sur une usine à gaz institutionnelle et une multiplication des instances qui ne profite qu’aux partis politiques et à leurs mandataires. Le belge moyen n’y comprend plus rien. Il se rend juste compte que l’« Etat » lui coûte de plus en plus cher et que le retour sur investissement n’y est pas :

– les problèmes communautaires ne disparaissent pas, que du contraire;

– le coût de la vie en Belgique est plus cher que dans des pays similaires;

– le niveau des pensions est moins élevé que dans des pays similaires;

– le niveau de l’enseignement est catastrophique au regard des tests internationaux;

– l’économie wallonne stagne malgré l’apport d’argent des fonds structurels européens et les divers plans de relance;

– la justice est malade;

– 53% du pib est capturé par l’Etat;

Bref ! La Belgique n’apporte rien aux citoyens.

Je vous invite donc, comme demandeurs de rien, à négocier une fois pour toute la fin de cet Etat bancal. Il a terminé son job.

Avant de rejoindre la table des négociations, je vous remercie cependant de bien vouloir relire les écrits du professeur Michel Quévit sur les transferts Sud-Nord, à savoir comment la Flandre a utilisé la Belgique à son seul profit. Il est temps de présenter la facture à nos amis flamands.

Il faut définitivement mettre un terme à la gabegie belgo-belge ! Comme disait Monsieur Delpérée, le confédéralisme est le fédéralisme des cons.

Au passage, merci de laisser l’entièreté de la facture des F35 à la Flandre. Nos amis français possèdent de très bons avions qui reviendront bien moins cher.

Mon message ne demande aucune réponse.

En vous remerciant, »

Manœuvre autour de la constitution

Par Paul MELOT

Aujourd’hui, vendredi 16 mai, le gouvernement MICHEL va poser l’acte le plus stupide de sa législature: porter la liste des articles à soumettre à une éventuelle révision de la Constitution, en N’Y INCLUANT AUCUN ARTICLE RELATIF A LA CONSTITUTION ET SUSCEPTIBLE D’ETRE REVISE !!!

Pourquoi ?

MICHEL (et tous les autres) ont la trouille de la NVA, donc, pas de révision pour ne pas affronter la NVA.

La réflexion que cela m’inspire :

a) Ce faisant, MICHEL (et les autres) va immanquablement activer l’activisme flamand.

b) Permettre la discussion (ce qui ne veut pas dire accepter une révision de ces articles) aurait cependant été un geste démocratique: de quel droit, dans un Etat où nous nous plaignons d’être aussi souvent minorisés et méprisés, la minorité que nous sommes se permet-elle d’ignorer la majorité flamande ?

c) Pour rappel, réviser la constitution nécessite une majorité des deux tiers et une majorité simple dans chaque rôle linguistique. Donc, la Wallonie a, de toute façon, une minorité  de blocage. Mais seulement dès l’instant où il y aurait discussion sur  la révision de cette constitution.

 d) Disposer d’une minorité  de blocage et ne pas permettre une DISCUSSION ne me paraît pas être digne de la plus élémentaire courtoisie.

e) D’autant que des lois spéciales (que ne manquera pas de revendiquer la NVA les élections étant passées) peuvent elles aussi modifier profondément les choses. 

f) DI RUPO lui-même ayant dit qu’il était nécessaire de revoir la Loi de financement, en ajoutant : pas avant 2024, ne nie plus que la Wallonie et la Communauté française vont droit dans le mur.

g) D’autant que la Loi de financement, SA loi de financement qu’il a fait voter en 2014 (pour devenir premier ministre) est une mauvaise loi et… qu’il le déclare maintenant. Comprenne qui pourra…

 h) Donc, quand DI RUPO (et les autres) vont devenir demandeurs, je vous laisse penser ce que la NVA leur répondra… si toutefois elle leur répondra, et la Wallonie et la Communauté Française iront droit à la ruine programmée (fin des transferts N-S).

 i) Autant gouverner, c’est prévoir, autant les francophones se comportent de la manière la plus lamentable en ne préparant pas l’avenir. MICHEL (et tous les autres) sont minables. Pauvre Wallonie !

Les conflits Flandre, Bruxelles, Wallonie ne sont pas que linguistiques

Par Claude Roland

Contrairement à ce que nos médias bruxellois francophones veulent nous faire croire, les conflits Wallonie / Bruxelles / Flandre ne sont pas que linguistiques.

C’est un problème de DOMINATION nationaliste, économique, régionale, communautaire, sociétale et … linguistique.
La Flandre veut TOUS les avantages à son profit exclusif et ce, au détriment de la Wallonie.

Quand la SNCB avantage la Flandre au détriment de la Wallonie (voir notamment l’exemple du R.E.R.), ce n’est pas suite à un problème linguistique. C’est plus simplement et brutalement suite à un accord entre les Flamands de la SNCB, du Voka , du Boerenbond, du OVV, de UNIZO, de In De Warande, du gouvernement flamand, de toutes ces organisations nationalistes flamandes, qui font en sorte que la Flandre gagne à tous les coups et dans tous les domaines.

Mais c’est aussi suite à la mollesse des Wallons, qui pour garder la « Belgïe unie  » et la solidarité avec Bruxelles ( le brol Wallo-Brux/communauté française ), n’osent pas contrarier les Flamands, de peur d’être accusés de séparatisme et de peur de fâcher les bruxellois francophones si proches des Flamands bruxellois.

Nos décideurs wallons sont paralysés par la peur du séparatisme, alors que la Flandre est déjà plus loin et vise la séparation économique mais avec la colonisation de la Wallonie.

D’ une part, la Flandre progresse dans son union avec la Hollande. Elle ne s’en cache d’ailleurs plus, fusion des ambassades, fusion des armées etc..
Mais d’autre part, la Flandre et les Pays-Bas manquent d’espaces vitaux pour leur habitat, leurs industries et leur agriculture. Pas question donc de lâcher la Wallonie et ses espaces vierges.

Au contraire, il leur faut garder la Wallonie au sein du même territoire, avec une coquille Belgique, fût-elle vide.

Par contre, mettre la main sur les territoires wallons ne veut pas dire s’occuper des Wallons.
Le séparatisme économique aura donc lieu mais sans séparatisme territorial. Les Wallons seront, le processus est déjà bien entamé, les parias d’une Belgique flamande unie aux Pays-Bas sous un régime confédéral.

Où sont les voix en Wallonie des responsables politiques, économiques, sociétaux, syndicaux et culturels qui s’élèveront pour dénoncer ce montage mortifère pour la Wallonie ?Claude Roland


Le printemps vert belge

Il serait en réalité une manipulation des lobbys belgicains pour re-fédéraliser.

C’est Bart Maddens lui-même qui le dit.

Vous ne trouvez pas un peu bizarre l’embrigadement des élèves des écoles ? Donc, tous les trois ans, le rapport Pisa nous apprend que les élèves francophones ne maîtrisent ni l’orthographe, ni la syntaxe, qu’ils sont incapables de produire un raisonnement suivi, qu’ils sont nuls en langues étrangères…

Et du jour au lendemain, ils défilent dans les rues avec des pancartes et des slogans qui ont l’air de sortir d’une agence de publicité.

Hum…

L.D.W.

La Belgique, mauvais élève climat

Emission de CO² en tonnes par habitant en 2016 :

Australie : 16 U.S.A. : 14,95 Allemagne : 8,88

Belgique : 8,33 Chine : 7,54 France : 4,57

source : agence internationale de l’énergie

Tous les Etats ont un effort à produire pour atteindre les objectifs définis par la COP 21 à Paris, mais dans des proportions bien différentes.

Le retour plus ou moins massif au charbon explique les mauvais résultats des U.S.A. et de l’ Allemagne, mais surtout de l’ Australie.

Pablo

CD&V, Open-vld et N-VA signent pour une 7e réforme de l’Etat

Par Valmy

Pourquoi la NVA retarderait-elle à 2024 sa proposition confédérale ?

Pour faire plaisir au CD&V et VLD, deux partis girouettes hésitant entre hégémonie politique en Belgique et saut dans l’inconnu de l’indépendance ?

Electoralement parlant, ce serait suicidaire pour la NVA !

« CD&V et Open-VLD proposent une 7e réforme de l’Etat qui permettrait de transférer notamment la totalité des soins de santé aux entités fédérées. Cette réforme n’interviendrait toutefois qu’en 2024, pour laisser aux institutions concernées le soin de se préparer à la scission de la sécurité sociale.  »

Mais pourquoi la Flandre, majoritaire au parlement, ne propose-t-elle pas aujourd’hui cette révision des articles de la Constitution nécessaires à son objectif ? Nous votons le 26 mai 2019 et en cas d’une éventuelle dissolution anticipée des Chambres législatives fédérales, des élections ont lieu dans les 40 jours (article 106 du Code électoral). Sauf erreur de calcul, le gouvernement devrait tomber le 17 avril et nous sommes le 12 mars ?

Qu’attendent donc les hérauts et les héros de la Flandre flamboyante pour donner le signal de son émancipation ? Le message aux Wallons aurait l’avantage et l’honnêteté de la clarté et ces derniers n’auraient alors comme choix que de passer, HONTEUSEMENT, sous les fourches caudines du pouvoir flamand ou, avec CRAN, de sauter le Rubicon de la frontière (encore) étatique qui les sépare de la France.

Le choix des Flamands est cornélien. Ils poussent leurs pions mais les Wallons ne leur résistent pas. Or, les reculades des « demandeurs de rien » affaiblissent la marche en avant des nationalistes de tous les partis politiques de Flandre et la « passivité collaborationniste » des gouvernants wallons avantage les « hégémonistes belgicains » du CD&V et VLD.

En fait la Flandre Libre souhaite que la Wallonie Libre actionne la SEPARATION ADMINISTRATIVE avortée en 1917 ! C’est tout bête mais c’est humain: on attend toujours le courage du voisin…