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Pays-Bas et plat pays : une tendance lourde

Par Claude ROLAND

Le rapprochement entre la Flandre et la Hollande, incluant de fait aussi la Belgïe est en progression constante.

Le général en chef néerlandais est venu à la VRT plaider pour l’achat du F35, afin de faciliter l’intégration de la force aérienne dans l’armée néerlandaise. Bien sûr, la RTBrux, qui partage le même bâtiment que la VRT, avec laquelle elle entretient des liens étroits, était donc au courant et n’en a dit mot. Et on a acheté le F35.

La « néderlandisation » des ambassades belges est un fait, même si nos médias bruxellois évitent d’en parler.

De gros investissement ferroviaires et maritimes sont réalisés, aux frais du fédéral, pour rapprocher la Flandre et la Hollande.

Cette union est décrite comme étant celle de 2 pays (Flandre & Hollande) avec éventuellement 2 régions (Bxl et la Wallonie). Ce qui signifie que dans cette union, la Flandre resterait Flandre et ne deviendrait pas Hollande. Voilà qui devrait rassurer les Flamands. Par contre, elle serait défavorable aux Wallons puisque là où la Flandre serait un pays, Bxl et la Wallonie ne seraient que 2 régions.

Et la Belgïe ? Une coquille quasi vide qu’on garderait si sa suppression est trop compliquée. Ce qui rassurerait les belgicains et qui permettrait aussi à la Flandre de garder la main sur Bxl et la Wallonie.

On le voit, la Flandre peut jouer sur plusieurs tableaux : la Belgïe qu’elle domine, une Flandre indépendante et l’union avec la Hollande.

Et la Wallonie ? Engluée dans le brol communauté bruxello-française, elle se laisse étouffer par l’intelligentsia bruseleer et ses médias (RTBrux, Le Soir, La Libre…) qui font tout pour l’enchaîner à BXL, à sa communauté française, à ses dettes avec ses CPAS débordés qui poussent leurs allocataires sociaux à déménager vers la Wallonie, et son Vivaqua Bxl qui pompent sans restriction les eaux de source wallonnes au point de provoquer des pénuries dans les communes avoisinantes.

Un tout Bruxelles qui, à l’aide de ses médias (pourtant financés par la Wallonie), efface l’identité wallonne. Nous ne sommes plus des « Wallons », mais des « francophones indéfinis » du « sud de Bxl ». Alors que dans le même temps, les Bruxellois affirment et renforcent leur identité bien bruxelloise. Et la Wallonie rebaptisée « sud de Bxl » devient ainsi une extension de Bxl. Tandis que Bxl s’affirme comme « Bxl c’est la Belgique et la Belgique c’est Bxl ». Un Bxl qui s’impose partout dans nos médias. Avec l’ULB dont la RTBrux fait la promotion, aux dépens des universités wallonnes qui restent anonymes. Avec l’aéroport flamand de Zaventem, mensongèrement présenté comme aéroport national bruxellois qu’il est bon de promouvoir, etc.

Et quand, parfois, un politique wallon ose affirmer son régionalisme wallon, il est de suite vilipendé par nos médias bruseleer comme « traitre » à l’union avec Bxl. Car pour l’intelligentsia bruxelloise, la Wallonie doit rester scotchée à Bxl et donc à la Belgïe. Ainsi Bxl reste le centre, la CAPITALE de la Belgique et de l’Europe. Et surtout ainsi la Wallonie reste solidaire du financement des institutions bruxelloises, de l’enseignement (un gouffre !), de la culture, des médias (dont la trop bruxelloise RTBrux), etc.

Et vu que la Flandre avance dans l’union avec les Pays-Bas, Bxl prend le pli et suit, sans faire de vagues. Et dans son sillage, Bxl entraîne la Wallonie afin de garder à Bxl son statut de CAPITALE d’une certaine Belgique et de garder la Wallonie sous sa coupe, de celle de la Flandre et progressivement de celle des Pays-Bas. D’autant que la Wallonie, avec ses espaces libres, ses ressources forestières, ses eaux de source, intéresse grandement les Pays-Bas et la Flandre.

Le Boerenbond, le Voka, Unizo ont déjà commencé à « coloniser » des espaces wallons. Ex. : les villages néerlandais, réservés uniquement aux Flamands et Hollandais, aux Barrages de l’Eau d’Heure. Ou encore, certains domaines et zones touristiques des Ardennes wallonnes rebaptisées Ardennen. Ex. : le parc d’attraction et son village à Barvaux, avec du personnel flamand. Il en va aussi de zonings industriels, où s’implantent des industries flamandes, avec en prime des subsides wallons, bien que le personnel soit majoritairement flamand. Idem pour le Boerenbond, qui étend ses exploitations agricoles en Wallonie.

Il est clair que la Wallonie ne peut plus laisser les Bruseleers décider de son avenir et de sa stratégie. Plus encore, laisser les Brusellers et leurs médias détruire notre identité et notre image.

On ne peut plus non plus laisser notre enseignement aux mains de Bxl. On n’a plus non plus les moyens de financer les dettes abyssales de Bxl. Dans cet ensemble confédéral progressivement néerlandais, la Wallonie doit renforcer son image et son identité, notamment en renforçant ses médias (en ne finançant plus ceux de Bxl).

Une identité plus forte engendrera un régionalisme plus fort qui permettra aux Wallons de mieux défendre leurs intérêts et aussi d’exister par rapport aux pays voisins, sans plus passer par la Belgïe dominée par la Flandre ou par la communauté dite « française » dominée par Bxl.

Par ex : On pourrait se passer du véto flamand qui bloque les chemins de fer luxembourgeois qui veulent desservir la Wallonie.

Ou encore se passer du travail de sape de la RTBRux envers les liaisons ferroviaires directes entre la Wallonie et la France, qui Oh hérésie, ne passent pas par BXL le centre de tout.

Enfin, la Wallonie pourrait refuser de se laisser entraîner vers l’union néerlandaise, n’en déplaise aux Bruseleer belgicains.

Car, ne soyons pas dupes, la Belgique d’aujourd’hui n’est déjà plus celle d’hier. Dès la naissance, Wallons, Flamands, Bruxellois francophones n’ont pas la même langue, pas la même culture, pas les mêmes allocations familiales. Ensuite, ils n’ont pas les mêmes enseignements (qualités et niveaux différents), ils ne payent pas les mêmes taxes, n’ont pas le même niveau de vie, n’ont pas les mêmes salaires (même à job égal dans la même entreprise), n’ont pas les mêmes carrières (la majorité des entreprises sont dirigées par des cadres du VOKA). Et enfin, ils n’auront bientôt plus les mêmes pensions, quoi que c’est déjà la cas, vu que les Flamands bénéficient de salaires supérieurs, surtout en fin de carrières.

Alors c’est quoi cette Belgique que nous louent les Belgicains ?

Tout comme à quoi sert le brol wallo-brux, si ce n’est à enfoncer d’avantage la Wallonie !

On le voit, l’avenir de la Wallonie est en danger.

Les Wallons doivent se réveiller. A l’instar des Flamands, les Wallons doivent construire leurs organismes régionaux dans le genre des Voka, Boerenbond, Inizo, In de Warande, NVV, OVV, KBC.

Et de même que la Flandre se rapproche des Pays-Bas, la Wallonie doit se rapprocher de la France, n’en déplaise aux Bruseleers, dont il est urgent de se libérer de leur influence.

B Plus ou le refus de voir la réalité

Par Jules Gheude

C’est avec grand intérêt que j’ai pris connaissance de la carte blanche de Frédéric Amez, Vice-président de B Plus, publiée sur « Le Vif », ce 27 juillet (https://www.levif.be/actualite/belgique/fin-imminente-de-la-belgique-le-reve-et-la-realite-carte-blanche/article-opinion-1314123.html)

Selon M. Awez, la crise que traverse actuellement la Belgique n’a rien d’inédit et il est excessif d’en tirer argument pour convaincre l’opinion publique wallonne qu’il ne sert à rien de compter sur l’avenir de la Belgique.

Je ne souhaite pas refaire ici l’historique du Royaume de Belgique. Je rappellerai tout simplement qu’il naquit en 1830 de la volonté des grandes puissances européennes de l’époque, l’Angleterre notamment, pour faire barrage à la France. Les populations concernées n’eurent pas voix au chapitre. Le Congrès national belge fut le fruit d’un vote d’à peine 2% de la population. Quant au choix du souverain, il nous fut imposé par Londres.

Dès les premières années d’existence du pays, un Mouvement populaire flamand vit le jour, afin de s’insurger contre le sort fait à la langue et à la culture flamandes. De nature romantico-littéraire à ses débuts, il ne tarda pas à acquérir une dimension sociale et politique.

Au terme d’un combat de nombreuses décennies, les premières lois linguistiques furent acquises et la Flandre finit par obtenir ses lettres de noblesse sur l’échiquier politique belge.

Tout cela laissa des traces durables, comme on put le constater lors des deux conflits mondiaux du 20e siècle. Il en résulta, en tout cas, au Nord du pays, un sentiment collectif et puissant d’appartenance, transcendant les clivages politiques, et qui finira par déboucher sur le concept de Nation.

Sous sa forme unitaire, le Royaume de Belgique ne parvint pas à souder les Communautés belges de façon harmonieuse. La question royale et la guerre scolaire virent s’entre-déchirer le Nord et le Sud.  La fixation de la frontière linguistique, en 1962, afficha clairement la dualité du pays. Quant au « Walen buiten » de Louvain, en 1968, il entraîna la scission du parti social-chrétien en deux ailes linguistiques (les libéraux et les socialistes suivront le mouvement, respectivement en 1972 et 1979).

Après de longues années de palabres, la Constitution belge finit par intégrer une Belgique fédérale, composée des Régions et des Communautés.

Mais dès cette époque, le ministre-président flamand Luc Van den Brande lança l’idée d’un confédéralisme à deux Etats, Flandre et Wallonie, avec cogestion de Bruxelles. Cela fut repris dans les cinq résolutions votées par le Parlement flamand en 1999. Cela est aujourd’hui au cœur du débat politique.

Echec de la Belgique fédérale, après celui de la Belgique unitaire…

C’est ce que M. Amez résume par cette phrase : Force est de constater que, de crise en crise, la Belgique malmenée, réformée, rafistolée d’une manière pas toujours très heureuse, est toujours là.

Certes, elle est toujours là. Mais, depuis décembre 2018, elle ne parvient pas à se trouver un gouvernement de plein exercice pour la gérer.

Contrairement à ce que pense M. Amez, la crise actuelle n’est pas politique. Elle est bien existentielle, dans la mesure où l’existence d’une Nation flamande s’avère inconciliable avec le maintien du royaume.

M. Amez se plaît à rappeler que seule une minorité de Flamands souhaitent la scission de la Belgique. Il cite le chiffre de 16%. Il doit cependant savoir que les électeurs sont censés voter en connaissance de cause. Selon les derniers sondages, plus de 47%  se prononcent en faveur de la N-VA et du Vlaams Belang, formations ouvertement indépendantistes. Le jour où leurs élus constitueront la majorité absolue au sein du Parlement flamand, ils auront toute légitimité démocratique pour proclamer unilatéralement l’indépendance de la Flandre. Il sera alors trop tard, pour certains électeurs, de s’indigner en disant : « Ce n’est pas pour ce que nous voulions ! ».

M. Amez dénie au Parlement flamand cette légitimité démocratique et cite le cas de la Catalogne. Mais les deux situations ne sont en rien comparables.

La Catalogne ne représente que 1/15e du territoire espagnol. En partant, elle ne met pas fin à l’Espagne ni au pouvoir en place à Madrid, qui peut évidemment s’opposer à sa reconnaissance.

Si la Flandre largue les amarres, c’est la déstabilisation complète de la Belgique et… l’absence de tout pouvoir à Bruxelles pour réagir. L’Union européenne ne pourrait qu’acter la chose.

M. Amez souligne qu’une telle décision serait si manifestement inconstitutionnelle que l’assemblée se mettrait irrévocablement hors-la-loi, préférant la révolution à l’Etat de droit. Mais qu’est-ce qu’un Etat qui ne parvient plus à constituer un gouvernement, si ce n’est un Etat qui n’existe plus ?

Je remercie M. Amez de citer François Perin. Avec la lucidité et la clairvoyance qui le caractérisaient, celui-ci avait annoncé, dès 1981, l’évolution actuelle : A un moment donné, le malheureux chef de l’Etat se mettra à courir après un gouvernement introuvable. La Belgique peut disparaître par implosion. Qu’est-ce qui empêcherait les Flamands de proclamer unilatéralement leur indépendance et d’affirmer leur nation ? Ils ont créé tous les instruments de leur future légitimité.

Ne sommes-nous pas arrivés à stade ?

Lors de la crise de 2010-2011, la Commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale française avait jugé la situation belge suffisamment inquiétante pour dépêcher deux de ses membres à Bruxelles. Dans leur rapport, ceux-ci constatèrent que la division de la Belgique en deux groupes linguistiques de plus en plus cohérents et dissemblables rendait son existence de moins en moins probable.

B Plus n’est-elle pas dans le rêve en  plaidant pour une Belgique rénovée, fédérale et solidaire. Pour M. Amez, cela peut passer notamment par une refédéralisation de certaines compétences, notamment en matière de soins de santé. Mais les ténors du CD&V et de la N-VA ont déjà clairement fait savoir qu’il ne pouvait être question de remettre le dentifrice dans le tube. On connaît la formule : ce que la Flandre fait elle-même, elle le fait mieux.

Quant à une réforme qui consisterait à bâtir la Belgique sur quatre régions, elle s’avère chimérique quand on connaît l’aversion que la Flandre a toujours eue pour Bruxelles, région à part entière.

Je n’ai jamais tenu de discours hostile à l’égard de la Flandre. Au contraire, je me suis toujours efforcé de comprendre sa sensibilité profonde. Voilà plus de quarante ans que je lis quotidiennement la presse flamande et je suis régulièrement invité à donner des conférences (je le fais en néerlandais !) au Nord du pays. J’y suis toujours accueilli avec cordialité et respect. 

En ce qui concerne le sujet réunioniste, il ne s’agit nullement d’une obsession dans mon chef. Mon souci est de réfléchir au meilleur scénario post-belge pour la Wallonie, le jour où nous serons confrontés à l’inéluctable.

Au terme d’études approfondies, qui ont été publiées et que l’on peut consulter sur la toile, seule l’option d’une intégration de la Wallonie à la France, avec un statut particulier, paraît de nature à garantir un avenir pérenne à la population wallonne.

M. Amez brocarde ce scénario. La Wallonie n’a aucun lien historique avec la République française, affirme-t-il. Et de parler de l’une ou l’autre spéculation sur la possibilité pour le droit constitutionnel français d’accueillir la Wallonie au sein de la République française tout en lui accordant une autonomie relative.

Je laisserai à l’historien namurois Félix Rousseau le soin de répondre au premier point : Dès le XIIIe siècle, c’est le français qui est adopté partout comme langue littéraire. Voilà le fait capital de l’histoire intellectuelle de la Wallonie. Sans aucune contrainte, de leur pleine volonté, les Wallons sont entrés dans l’orbite de Paris et, depuis sept siècles, avec une fidélité qui ne s’est jamais démentie, n’ont cessé de participer à la culture française.

Notons au passage que M. Amez plaide pour un investissement dans l’apprentissage du néerlandais afin d’apprendre aux jeunes Wallons à connaître et apprécier comme il se doit leurs compatriotes du Nord. Apprendre le néerlandais, donc, pour « rester » avec la Flandre. Mais le fait que le français soit notre mode d’expression et de pensée depuis le XIIIe siècle ne nous « lie » en rien à la France…

Pour ce qui est du scénario « intégration-autonomie », je tiens à fournir à M. Amez les éléments suivants.

Ce scénario fut présenté par Jacques Lenain, haut fonctionnaire français aujourd’hui retraité, lors des Etats généraux de Wallonie qui se sont tenus à Liège, le 9 mai 2009.

Pour l’intéressé, il s’agit de concilier une intégration étatique à la France avec une forte autonomie au sein de celle-ci, tout en garantissant, par l’exercice de la solidarité financière nationale, l’équivalence des services publics et des systèmes sociaux. Entité régionale maintenue, la Wallonie conserverait ainsi ses organes d’auto-administration actuels. Ses compétences seraient maintenues et même élargies à celles exercées actuellement par la Communauté française, qui aurait de facto cessé d’exister. Quant au droit ex-fédéral belge, conservé, sauf exceptions, il se trouverait placé sous la responsabilité du législateur français.

Certes, il faudrait bien rendre des comptes à l’État central français, qui s’arroge en particulier le pilotage et le contrôle des dépenses sociales et qui veille à un traitement équitable des populations tant en matière de prestations reçues que d’impôts et cotisations prélevés. On peut donc présager que l’État français poserait comme préalable à l’effort pérenne de solidarité nationale l’engagement des responsables wallons sur des réformes susceptibles d’aboutir à une diminution progressive ou, à tout le moins, à une stabilisation des concours financiers en cause. Pour autant, cette exigence légitime de rigueur, qui devrait satisfaire les Wallons qui attendent plus d’efficacité de la part de leurs institutions, ne remettrait jamais en cause l’existence même des services publics et des prises en charge sociales en Wallonie, ainsi que leur équivalence avec les services et prestations assurés sur le reste du territoire français. Loin de perdre leurs acquis, représentatifs de ce qu’ils sont et résultat de leur histoire et de leurs luttes, les Wallons pourraient donc les conserver et mieux les faire fructifier au sein de l’État français.

Comment, pratiquement, les choses pourraient-elles se concrétiser ?

Lorsqu’il sera devenu pour tout le monde évident que les carottes belges sont cuites, les autorités wallonnes – après avoir écarté les options jugées irréalistes et financièrement non viables – négocieront avec Paris un cadre d’intégration, basé sur une grande autonomie. Une fois que les parties concernées se seront mises d’accord sur un projet, celui-ci sera soumis à un référendum, tant en France qu’en Wallonie. Rien ne sera donc imposé.

Une fois que les populations auront accepté cette « intégration-autonomie », c’est à la France qu’il reviendra de négocier avec la Flandre les modalités pratiques de la partition.

Aujourd’hui, la Wallonie coûte chaque année quelque 7 milliards d’euros à la Flandre. Mais le maintien du cadre belge est aussi fondé sur l’extinction progressive de ces transferts, alors que le cadre français garantira toujours aux Wallons le maintien, à parité égale, des services publics et des prestations sociales avec ceux de la République.

Certes, explique Jacques Lenain, il y aura un impact financier, mais pas de quoi inquiéter Bercy : cela coûtera moins cher que la suppression de la taxe d’habitation.

Pour ce qui est de la reprise de la part wallonne de la dette belge, Jules Gazon, professeur émérite d’Economie à l’Université de Liège, précise : Le PIB de la France « augmentée » de la Wallonie serait égal à 24 fois le PIB wallon. L’amplitude des effets en termes de déficit public et de dette publique par rapport au PIB serait divisée par 24. Elle serait marginale.

Jacques Lenain a soumis son projet au constitutionnaliste français Didier Maus, qui en a confirmé la faisabilité (http://www.belgique-francaise.fr/notes-complementaires/wallonie-francaise—cadre-constitutionnel—entretien-avec-didier-maus-constitutionnaliste-francais) : Il serait parfaitement possible de créer un titre spécial “De la Wallonie” qui contiendrait une mini-Constitution sur mesure pour cette région. Il en découle que, sur le fondement de cette mini-Constitution, il serait parfaitement réalisable de conserver en l’état, au moins pour l’essentiel, et pour une durée à déterminer le droit belge du travail, celui de la sécurité sociale, et certains droits « connexes », des pans du droit fiscal, le droit des affaires, du commerce, etc. La région wallonne, et aussi la région bruxelloise si la question était posée, conserveraient les compétences qui sont aujourd’hui les leurs, y compris le système éducatif, avec l’enseignement supérieur. Ce ne serait pas une difficulté de faire de la sorte puisqu’il en est déjà ainsi, même si c’est avec moins d’ampleur, dans certains territoires français, qui, selon les cas, disposent d’une sécurité sociale propre (Polynésie, Calédonie…), d’un droit du travail propre (même s’il est largement copié sur celui de la métropole), de nombre de dispositifs fiscaux particuliers, et d’autres régimes spéciaux dans divers domaines (en Corse comme en Outre- mer).

M. Amez parle encore de la scission présentée comme subie. Que fait un couple quand il ne parvient plus à s’entendre ? Il se sépare. Soit d’un commun accord, comme la Tchéquie et la Slovaquie l’ont fait, soit de la volonté d’un seul conjoint. Si le blocage belge persiste, soit le partenaire flamand, après l’avoir constaté, en tire seul les conséquences et décide de suivre son propre destin, soit les Flamands et francophones se mettent ensemble autour de la table pour acter la séparation et en discuter sereinement les modalités pratiques.

Dans la préface à mon livre « L’incurable mal belge sous le scalpel de François Perin » (Editions Mols, 2007), feu Xavier Mabille, président du CRISP, a toutefois tenu à rappeler ce principe essentiel : La Flandre – ou du moins une majorité parmi les personnes et les institutions qui en assurent l’expression politique – pourrait décider de son autodétermination. Elle ne déciderait pas pour autant du même coup du destin de la Wallonie ni de celui de Bruxelles.

On avance… vers la fin

Par VALMY

Le fédéralisme belge au bout de sa logique. Suite ou clap de fin ?

Les reports successifs de la dernière loi traitant de l’IVG montrent une tournure surprenante de la « démocratie à la belge » : la communautarisation du Parlement et la politique du chantage.

Avec la complicité du CD&V et du VLD, la NVA et le VB viennent d’imposer une dimension politique nouvelle : la communautarisation du fonctionnement de la « fiction démocratique » du parlementarisme belge.

Désormais, tout sera envisagé sous la vision néerlandophone (lire Flandre) face à la vision francophone (lire Wallonie).

Bruxelles passe à la trappe de la réflexion ! At last !

Désormais, sans révision de la Constitution, une loi risque de ne plus être votée si elle n’est pas soutenue majoritairement dans chaque groupe linguistique.

Phénoménale conséquence des dernières élections législatives, la minorisation des partis qui conçurent la Belgique et en vécurent, pousse ceux-ci à céder le pas et à suivre la manœuvre de la NVA et du VB, les deux représentants de la Nation Flandre.

Pour ces deux formations nationalistes, avec l’assentiment des « affaiblis », la parade est toute trouvée : scinder la totalité des compétences pour que « chaque démocratie » les règle à sa meilleure convenance.

« Confédération ! Confédération ! Est-ce que j’ai une g….. de Confédération ? » (cf. Arletty dans le film Hôtel du Nord)

Et si on arrêtait les frais…

Par Jules Gheude

Malgré l’élan d’unité nationale au cours de la crise de Covid-19, il est illusoire d’imaginer une réunification au sein des grandes familles politiques comme celle des socialistes ou celle des libéraux.

On se souvient de l’initiative prise d’autorité par les présidents du PS et du SP.A en vue de relancer la négociation pour la formation d’un gouvernement de plein exercice. Pour Paul Magnette et Conner Rousseau, il appartenait à la première famille politique du pays de reprendre la main.

L’initiative a échoué et, aujourd’hui, le trio Egbert Lachaert (Open VLD) – Joachim Coens (CD&V) – Georges-Louis Bouchez (MR) tend une perche au seul SP.A. Le ministre wallon Pierre-Yves Dermagne fustige cette stratégie visant à diviser la famille socialiste.

Ce retour à la notion de « famille politique » a de quoi surprendre, quand on sait que tous les actes institutionnels posés depuis soixante ans ont eu pour effet de saper le caractère unitaire de l’Etat.

Des prémices du fédéralisme…

La fixation définitive de la frontière linguistique, en 1962, fut le premier coup porté à ce caractère. La preuve était ainsi apportée qu’il n’y avait plus unité, mais bien dualité.

On vit ensuite les partis dits traditionnels, jusque-là gérés de façon unitaire, se scinder l’un après l’autre en deux ailes linguistiques : le PSC-CVP en 1968, dans la foulée du « Walen buiten » de l’Université de Louvain, le PLP-PVV en 1972, et le PSB-BSP en 1979, après l’échec du pacte communautaire d’Egmont.

Ainsi, au fil des années, le Royaume vit son visage se transformer radicalement, jusqu’à prendre officiellement les traits du fédéralisme en 1993.

… à l’option confédéraliste

Mais déjà la Flandre ne se montrait pas satisfaite du résultat et proposait, par la voix de son ministre-président, Luc Van den Brande (CVP), une nouvelle intervention chirurgicale de type confédéraliste.

En portant le cartel CD&V/N-VA sur les fonts baptismaux en 2004, l’ex-Premier ministre démocrate-chrétien Yves Leterme contribua à l’ascension du parti nationaliste.

Pragmatique, et sachant fort bien que l’objectif de sa formation – l’émergence d’une République flamande –, ne pouvait être atteint à court terme, Bart De Wever relaya cette option confédéraliste : deux Etats, Flandre et Wallonie, cogérant Bruxelles (chaque Bruxellois, indépendamment de sa langue et de son origine, étant invité à choisir, pour ce qui concerne les matières « personnalisables » – impôt sur la personne, sécurité sociale… – entre le paquet flamand et le paquet wallon). Dans cette optique, il est clair que la Flandre ne manquerait pas de considérer très vite comme superflu un Etat central belge réduit à sa plus simple expression. Bye bye Belgium !

L’inquiétude française

Lors de la crise politique de 2010 – 541 jours sans gouvernement de plein exercice –, la commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale française s’était inquiétée de la situation et avait chargé deux de ses membres de faire rapport sur le sujet. Pour les intéressés, il ne faisait aucun doute que la division du pays en deux groupes linguistiques de plus en plus cohérents et dissemblables rendait son existence de moins en moins probable.

Aujourd’hui, ce constat se révèle plus criant que jamais.

Plus d’un an après les élections du 26 mai 2019, le Roi est toujours à la recherche d’un gouvernement de plein exercice.

L’illusion d’une « unité nationale »

Le 15 mars dernier, la crise sanitaire du coronavirus a permis à la coalition minoritaire de Sophie Wilmès d’obtenir la confiance du Parlement, grâce à l’appui extérieur de certains partis d’opposition (PS, SP.A, DéFi, Ecolo-Groen et CDH). La Première ministre put également recourir aux pouvoirs spéciaux pour une durée limitée.

Certains se réjouirent de voir ainsi « l’unité nationale » rétablie. Mais celle-ci ne tarda pas à se fissurer de toutes parts. Pas question, en effet, pour les partis d’opposition, que le MR profite de la pandémie pour s’octroyer une sorte de rente de situation.

C’est alors que les présidents du PS et du SP.A entrèrent en piste en proposant la mise sur pied d’une tripartite classique.

« Famille » socialiste, « famille » libérale ?

L’argument selon lequel ils agissaient au nom de la plus grande famille politique du pays prête toutefois à sourire, lorsqu’on se souvient de la manière dont le président du SP.A, John Crombez, avait accueilli le modèle social proposé par son homologue francophone, Elio Di Rupo, en 2016 : « La société que je désire est très différente de celle d’Elio Di Rupo ». Et l’organe d’information 7/7 de titrer : « Entre le PS et le SP.A, c’est la rupture idéologique totale ».

Au niveau du MR, le président Georges-Louis Bouchez ne cesse d’affirmer sa fibre belgicaine, allant jusqu’à souligner également l’unité de la famille libérale.

Ici aussi, il est permis de s’interroger. N’est-ce pas l’ancien président des libéraux flamands, Karel De Gucht, qui avait déclaré en 2002 : « La Belgique est condamnée à disparaître à terme, à s’évaporer et, en attendant n’apporte plus aucune valeur ajoutée à la Flandre » ?On se souvient aussi du cahier de revendications institutionnelles présenté en 2003 par le ministre-président flamand Patrick Dewael et visant à scinder quasi tout l’éventail des compétences restées fédérales, dont les soins de santé…

Aujourd’hui, l’Open VLD se prononce clairement en faveur de la refédéralisation de ce secteur, dans un souci de gestion plus efficace. Une refédéralisation qui constituait également l’une des trois conditions posées par le duo Magnette-Rousseau pour constituer un gouvernement de plein exercice.

Mais le CD&V a réaffirmé avec clarté qu’il n’était pas question pour lui de remettre la pâte de dentifrice dans le tube. Une position également partagée par la N-VA et le Vlaams Belang. Bref, il ne se trouvera jamais en Flandre une majorité pour revenir en arrière.

De la Nation flamande à l’Etat flamand

L’imbroglio belge est donc total et des élections anticipées apparaissent inévitables, comme vient d’ailleurs de le reconnaître l’ex-informateur royal Rudy Demotte.

Mais il faut être lucide. Avec un Vlaams Belang qui montera sur la première marche du podium flamand, ces élections ne feront qu’accentuer le caractère ingouvernable du pays.

Et si l’on arrêtait les frais, en actant, une fois pour toutes, le divorce belge et en se mettant à table pour en discuter les modalités pratiques ?

Dans son livre La Belgique est morte, vive la Belgique ! (Fayard, 2009), José-Alain Fralon, l’ancien correspondant du journal Le Monde à Bruxelles, s’était permis de donner au roi le conseil suivant : « Et si (…) vous la jouiez plus finement ? En admettant, comme nous le ferons tous tôt ou tard, que rien ne pourra arrêter la marche de la Flandre vers son indépendance, et en accompagnant celle-ci au lieu de tenter en pure perte de la stopper ? »

Un conseil de bon sens. Car, qu’on le veuille ou non, la Flandre est devenue une Nation et la vocation naturelle, logique, d’une Nation est de devenir un Etat.

Le Vlaams Belang triomphe

Par VALMY

Une Flandre qui penche encore plus à droite.
Ce sont les principaux enseignements du sondage IPSOS pour Le Soir, RTL-TVI, VTM.
De sondage en sondage, la même tendance se confirme : l’extrême-droite est de loin la première force politique de Flandre. Crédité de 27,7% des intentions de vote, le Vlaams Belang gagnerait 9% par rapport aux élections de mai dernier.
Cette progression se fait principalement au détriment de la N-VA, 20% (-5,5%) et des autres partis traditionnels : SP.A 12,5% (+ 1,7%), CD&V 11,8% (- 2,4%), Open VLD 10 (-3,5%), Groen 9,4% (+0,6 / 9,8%) et PVDA 7,3% (+ 1,7%).

Les médias « belges » francophones manipulent la réflexion de leurs lecteurs en pointant « l’extrême droite », sans spécifier qu’il s’agit d’une situation politique en Flandre : UN AUTRE PAYS ! Il s’agit donc d’une minable loufoquerie.
Espèrent-ils pousser les Wallons à voter encore plus pour la gauche ou l’extrême-gauche ?

Si oui, merci d’avance, pour le Retour à la France !

Toute victoire de la gauche en Wallonie alimente le réflexe inverse en Flandre au bénéfice de la mouvance INDEPENDANTISTE !
Mouvance de droite et d’extrême droite dont la brutalité ne s’exercera pas en Flandre mais vis-à-vis de la Wallonie par le sabordage de « leur petite Belgique ». Eindelijk !
Le plus important dans ce sondage est de constater que si on revotait demain, Vlaams Belang (26) et N-VA (20) représenteraient, ensemble, une majorité de députés dans le groupe linguistique néerlandophone (46 élus sur 89).
Avec de tels résultats, certains partis réfléchiront sans doute à deux fois avant de provoquer des élections mais d’autres agiront en sens contraire, d’autant que leurs campagnes électorales promettront à la Flandre DES JOURS DE GLOIRE ET DE REVANCHE !

La Wallonie agit

Par VALMY

Ne pensez-vous pas que les atermoiements, les approximations et les cafouillages managériaux des ministres fédéraux « belges » (open vld) Maggie De Block et Philippe De Backer ne laisseront pas des traces bien visibles entre Flandre et Wallonie ?

Même entre partis flamands d’ailleurs !

Miracle, pour une fois, la Région wallonne, grâce à Monsieur Borsus, se distancie de la Belgique et veut recréer une capacité de production de masques médicaux de protection sur son territoire mais aussi du gel hydroalcoolique ou une autre solution désinfectante.

Un appel urgent a été lancé en Wallonie, par BioWin, le pôle de compétitivité des biotechs et technologies médicales. Et une entreprise sise à Fleurus se déclare prête à agir.

Cette option énerve déjà l’économiste « belge » Étienne de Callataÿ qui n’imagine pas que la Wallonie puisse fabriquer chez elle ce dont elle aurait besoin quand la Flandre agirait de même ?

Mon Dieu où irions-nous si les Flamands ne pouvaient plus écouler leurs marchandises en Wallonie ? Saleté de Coronavirus …

Urgence démocratique !

Par Paul Mélot

Dans trois mois, le « pays » aura battu son record de 2009 de jours sans gouvernement majoritaire (541) puisqu’il « vit » avec un gouvernement en affaires courantes qui ne représente que 25% des Belges… (MR : 14  sièges et 7.6% de l’électorat , CD&V : 12 sièges et 8.9%, Open VLD : 12 sièges et 8.5%)

Un an et 82 jours de gouvernement en affaires courantes, une minorité de 38 députés sur 150 « dirige » donc le pays depuis 448 jours…

Dans cette minorité, si nous regardons les francophones, ils ne représentent que 9.3% au parlement fédéral, puisque seul le MR compose cette minorité en Belgique, en Wallonie et à Bruxelles ! (14 sièges sur les 60 sièges wallons et bruxellois, 14 sièges face à 90 sièges flamands, 14 sièges sur un ensemble belge de 150).

Dire que certains estiment qu’il ne faut pas voter à nouveau ! C’est nous (me) prendre pour des crétins !

Il y a bel et bien urgence démocratique, on ne peut pas continuer ainsi. Le rwa joue un jeu plus que dangereux avec la démocratie et les Wallons doivent en être conscients.

Mieux encore : s’il est bien exact qu’un gouvernement fédéral ne s’arrête pas à comptabiliser le fait de savoir s’il existe une majorité dans chaque rôle linguistique, contrairement à ce qu’avance la N-VA, il reste cependant que sur l’aspect purement démocratique, la N-VA a parfaitement raison (et le CD&V itou !) de continuer à affirmer qu’il faut un gouvernement disposant de la majorité en Flandre. La pertinence de cet argument s’arrêterait-elle aux frontières de la Wallonie et accepterait-on donc que 9.3% des francophones continuent de « diriger » le « pays » au nom des 36% des Wallons ?

Aux URNES, en urgence !

Soyons plutôt nous-mêmes

Par VALMY

Pour Monsieur Geens, CD&V, les peuples n’existeraient que comme cobayes. La Belgique ne serait qu’une « expérience de laboratoire » pleine de richesse à l’instar du « nouvel empire européen ».

Le vice-Premier Koen Geens a tenu ce dimanche 12 janvier 2020 à Louvain un discours fédéraliste, mettant en garde contre les dangers des séparatismes qui menacent la Belgique et l’Europe.

« Lorsque la Belgique a été fondée, beaucoup pensaient que nous ne tiendrions pas plus de dix ans. Elle a pourtant grandi jusqu’à devenir l’une des expériences les plus intéressantes qui soient (ndlr : Ben tiens !). Faisons en sorte que cela continue, avec Bruxelles au centre. Cela ne nous a jamais fait de mal », a déclaré Koen Geens à l’occasion des vœux de Nouvel an du CD & V louvaniste.

Évoquant les négociations fédérales, il a reconnu que ce n’était « pas toujours simple », et que les prochains mois « ne seront pas faciles non plus ». Mais des régions comme l’Écosse, la Catalogne, le Pays basque, la Bretagne, où vivent des sentiments séparatistes forts, feraient mieux de rester membres à part entière de leur pays au sein de l’Union européenne. (Ndlr : le Pays basque et la Bretagne s’unirent à la France par des liens autres que ceux qui lièrent par la force des armées l’Irlande, l’Ecosse à l’Angleterre ainsi que les provinces flamandes et wallonnes à l’Empire germano-hispano-autrichien)

Conclusion : Donc, pour Monsieur Geens, les peuples « emprisonnés » doivent subir leurs peines injustes pour la survie de royaumes et d’empires colonisateurs en voie de disparition et pour la gloire d’une construction européenne niant l’existence et les particularités des peuples composant son espace.

Avec le CD&V, voilà bien le vrai visage de la vieille Flandre catholique toujours empreinte du passé habsbourgeois. La jeune Flandre ferait mieux de s’inspirer de Guillaume le Taciturne et de rejoindre les Pays-Bas même dans une construction fédérale ou confédérale.

Pourquoi pas nous ?

Par Valmy

La presse et tous les médias nous inondent du trentième anniversaire de la Chute du Mur de Berlin.

En bonne Germaine égocentriste, Angela Merkel exhorte l’Europe à défendre « la liberté » et « la démocratie ».  « Les valeurs qui fondent l’Europe (…) doivent toujours être défendues. A l’avenir, il faut s’engager pour la démocratie, la liberté, les droits de l’Homme et la tolérance ».

« Le Mur de Berlin appartient à l’Histoire et nous enseigne qu’aucun mur qui exclut les gens et restreint la liberté n’est assez haut ou long qu’il ne puisse être franchi ». « Cela vaut pour nous tous, à l’Est comme à l’Ouest », a-t-elle jugé.

Navré mais les « Murs » ne s’élèvent pas seulement en béton. Ils peuvent aussi ressembler à des frontières administratives et étatiques imposées à d’innocentes populations par la loi des plus forts, pour des intérêts égoïstes et, parfois, de court terme.

On croit souvent que le partage, après la Seconde Guerre mondiale, de l’Europe en deux zones d’influence, l’une anglo-saxonne (tiens, tiens) , l’autre soviétique, s’est fait à la Conférence de Yalta de février 1945. En réalité, ce sommet en Crimée entre Staline, Roosevelt et Churchill – où de Gaulle ne parvint pas à se faire inviter – n’a fait qu’entériner un partage déjà ébauché par Churchill et Staline le 9 octobre 1944, à Moscou.

Ainsi, depuis le dix-neuvième siècle, la Grande-Bretagne se trouve toujours à l’œuvre derrière des plans de partage et d’affaiblissement de l’Europe continentale.

Les Wallons, ces Français septentrionaux, et les Flamands, ces néerlandais méridionaux, en savent quelque chose depuis bientôt deux cents années. Afin de ne pas l’oublier, bien avant les Britanniques, les Autrichiens et les Espagnols ne laissèrent pas d’autre choix aux Wallons, aux Flandriens et aux Brabançons que de loger dans un « enclos » pompeusement dénommé « Pays-Bas habsbourgeois ».

Si l’Europe, que l’on nous vante malgré les déboires engendrés par sa gestion politique chaotique, défend réellement la LIBERTE, alors la France et les Pays-Bas se doivent de déposer leur dossier de réunification sur les bureaux de Madame Von Der Leyen et de Monsieur Charles Michel.

Lorsque l’on observe la déliquescence du Royaume de Belgique et la confrontation, naturelle et logique, entre le Nord et le Sud, il n’y a aucune raison, au 21e siècle, d’empêcher la réunification des Pays-Bas à l’image de l’Union d’Utrecht d’avant 1585.

Et il n’existe aucune raison de ne pas restituer à la France ses départements wallons dont, avant tout, l’ancien Pays de Liège qui vota librement son union à la République Française en 1793 !

Ces deux réunifications réenchanteraient l’Europe, une Europe enfin composée de nations, et lui redonneraient une autre image bien plus positive que l’actuelle !

Une Wallonie sans tête

Par Claude Roland

Regardons autour de nous la réalité actuelle.

Les médias « francophones » sont majoritairement bruxellois, certains même proches des médias flamands, et diffusent l’identité bruxelloise, belgicaine au mépris de l’identité wallonne qu’ils noient dans l’identité vide de « francophones ». En clair, la population wallonne est manipulée par ces médias bruseleer : RTBrux, RTL, Le Soir, La Libre, la DH et même les médias wallons dépendant de leur grand frère bruseleer (Sud-Presse/Le Soir et l’Avenir/La Libre) dans le but de nous unir à Bruxelles, comme francophones (exit l’identité wallonne) dont la capitale est Bxl et la Wallonie, une simple extension au sud de Bruxelles.

Et dès qu’un politique wallon ose déclarer son régionalisme et ose mettre en doute l’utilité du brol wallo-brux, il est vilipendé sur la place médiatique comme le méchant qui veut couper les subsides des pauvres bruseleer.

Et ça marche ! Les Wallons perdent leur identité, se disent francophones, se solidarisent de Bruxelles et deviennent belgicains.

Tabou sur la Wallonie qui s’endette pour soutenir Bruxelles, son enseignement et ses institutions. Tabou sur les CPAS bruseleer qui, débordés, au bord de la faillite, poussent leurs allocataires majoritairement migrants à s’installer en Wallonie.

Quant à la Flandre, elle a trouvé mieux qu’une séparation pure et simple qui laisserait la Wallonie et ses territoires qu’elle (la Flandre) et les Pays-Bas convoitent, lui échapper.

Elle prend son indépendance, tout en gardant la main sur la Wallonie, via l’état belge qui est sous son contrôle. C’est une forme de kolonisation.

En même temps, la Flandre construit son union avec les Pays-Bas. Union dans laquelle nous sommes de facto, intégrés, sans notre avis, sans même en parler, puisqu’en fait c’est l’union de 2 pays (Flandre & Hollande) dans laquelle la Wallonie n’a que peu à dire.