Quatre régions : mais allons-y !

Par VALMY

Belgique à quatre régions : une chimère ! Quelle importance s’il s’agit d’un contre-argument ?

Dans un couple en désespérance, la volonté, partagée ou non, de séparation déclenche le divorce.

Ensuite, les avocats s’en mêlent pour la garde des enfants, des animaux de compagnie et le partage du patrimoine.

Depuis 1830, l’histoire de Belgique se présente comme une succession de frustrations des Wallons et des Flamands dont la responsabilité incombe à l’Etat belge, sorte d’Etat « fransquillon-bruxello-colonial » à la « sauce anglaise ».

Mettre fin aux frustrations implique le divorce et la scission de ce pays artificiel qui a généré la « belgitude », une sorte de nationalisme terre à terre, bon enfant, bruxello-centré, stérilisant qui empêche les Wallons de voir la réalité.

Feu Monsieur François Perin déclara que l’Etat belge se disloquerait étapes par étapes jusqu’au jour où il resterait à se partager la dette belge. Nous y sommes !

En vue de l’échéance de 2024, les Wallons proposent une Belgique à quatre régions autonomes impliquant la disparition des communautés, annihilant ainsi l’influence politique pernicieuse des fransquillons-bruxello-belgicains.

Quatre régions autonomes induiraient une confédération de quatre Etats indépendants dont la nation flamande.

En 2024, le Mouvement flamand fêtera son 150e anniversaire, dans cette optique les Flamands proposent un « modèle 2 + 2 », la Flandre & Bruxelles, la Wallonie & l’Ostbelgien, soit une pseudo confédération de deux Etats apparemment indépendants, sans exclusion des « Communautés », dans une Belgique fédérale « coquille vide » dominée par les Flamands.

L’option « modèle 2+2 », les Wallons doivent la refuser car une Belgique « coquille vide » à la flamande, toujours bruxello-centrée, ajoutée aux entraves du Benelux, signifie le piège d’un retour au sein du royaume des Pays-Bas de 1815, sous une peau d’âne euro-bénéluxienne !

Libérer les Wallons de la Belgique impliquerait une version bruxelloise du « Walen buiten » soit, ENFIN, la scission de la RTBF au profit de Liège, de l’ULB au profit de Charleroi, et de toutes les structures culturelles fédérales à partager entre la Wallonie et la Flandre.

Tout dépendra de la négociation mais aucune n’aboutira si les Wallons à la table ne se projettent pas dans un avenir post-Belgique comme les Flamands œuvrant à la reconstruction de la Nation néerlandaise méridionale, incluant logiquement la Région de Bruxelles.

Les Wallons, séparatistes en 1912, régionalistes depuis 1918, tirent encore des plans sur la comète, s’affolent, s’agitent entre le retour à la Nation française, la survie de la sécurité sociale belge et le sort de la monarchie Saxe-Cobourg-Gotha.

En 1830, avant la scission du Royaume des Pays-Bas et l’apparition de la « Belgique », un gouvernement « belge », révolutionnaire, provisoire, se constitua ex nihilo afin de négocier entre parties, d’égale à égale, mais l’Europe et la Grande-Bretagne s’ingérèrent.

Le schéma peut se répéter aujourd’hui, avec l’avantage de l’existence de gouvernements régionaux élus démocratiquement, mais où seule l’Europe tentera de s’immiscer.

Toutefois, si l’esprit du « paternalisme politique fransquillon-bruxello-belgicain » ne disparaît pas, les négociations risquent d’être entravées par les sempiternelles questions de Bruxelles, son financement et la dette publique de l’Etat fédéral.

Il semble donc impératif, comme dans le schéma de 1830, que la Flandre et la Wallonie se parlent d’égale à égale, donc en « Etats indépendants » en excluant tout ingérence parasite.

Est-ce vraisemblable ? OUI !

Si une Nation flamande indépendante s’avère viable, une Wallonie indépendante, certes moins riche mais non pauvre, l’est également, surtout débarrassée du « boulet et du gouffre financier » bruxello-belgicain.

Déclarée indépendante, la Wallonie pourra choisir son destin et se tourner vers la France, seul choix naturel.

En 2008, Jacques Attali, économiste, écrivain et haut fonctionnaire français déclara que « sans faire campagne pour le rattachement de la Wallonie, la France devra bientôt dire publiquement que, si par malheur, la Belgique venait à se défaire, cela pourrait être de son intérêt d’accueillir la Wallonie (…). Le prix à payer pour la France serait sûrement plus faible que ce que cela lui rapporterait, ne serait-ce que par l’augmentation de ses droits de vote dans les institutions européennes. » Sans s’en rendre compte, Jacques Attali marche dans les pas d’Henri IV !

Quid de la Région de Bruxelles et de l’Ostbelgien ?

La Région de Bruxelles, même dégraissée des fonctionnaires wallons, s’avère viable par sa situation exceptionnelle au sein de la Flandre. De plus, la présence des instances de l’Union européenne, de l’OTAN, lui conservent une réelle attractivité pour le secteur privé sans oublier l’investissement matériel et humain de la Flandre.

Historiquement thioise, aujourd’hui brabançonne métissée et internationale, Bruxelles détient des atouts pour un avenir apaisé dans un cadre historique retrouvé :

  • soit autonome, amicale vis-à-vis de la Flandre, bilingue avec le maintien d’institutions communautaires internes ;
  • soit un destin « berlinois » confortant l’autonomie d’une Région bilingue associée économiquement à la Flandre et une ville, Bruxelles, élevée au rang, respectable et honorable, de capitale des Pays-Bas méridionaux ressuscités.

L’option « berlinoise » devrait titiller l’imagination des Flamands qui, jusqu’à ce jour, portent des œillères alors qu’ils sont dirigés par des historiens gantois ou anversois, esquivant le glorieux passé du duché de Brabant.

L’Ostbelgien ne compte que 78.000 habitants ; sa taille ne constitue pas un obstacle à son autonomie.

Ce territoire composé des cantons d’Eupen et de Saint-Vith, prussiens depuis le 19e siècle, belges depuis 1920, jouit d’une place exceptionnelle dans la « très allemande » Union Européenne.

Eupen, siège de l’Eurégio-Meuse-Rhin, bénéficie de l’attention de deux puissantes « marraines » : l’association REGIO Aachen et le District de Cologne.

Sans oublier qu’elle se situe également au sein d’une seconde région transfrontalière : la Grande Région qui englobe toute la Wallonie et la Région du Grand Est (Champagne-Ardenne-Lorraine-Alsace) à l’Allemagne et au Grand-Duché de Luxembourg.

L’Allemagne protège toujours les siens !

Régionaliser l’Etat belge est-ce crédible ? Oui !

En réalité, les fonctions régaliennes de l’Etat belge dépendent déjà des Régions, de l’Union européenne, de l’OTAN et du SHAPE.

La régionalisions de la Justice et de la police fédérale existe déjà dans les cartons.

« Le roi est nu mais personne n’ose encore l’avouer au « bon peuple. »

A l’occasion, l’imagination règne en maître en Belgique.

Par exemple, La Banque nationale de Belgique, instituée par une loi du 5 mai 1850, est dotée de la forme juridique de société anonyme (SA). Son capital social est détenu pour moitié par l’État.

Faudrait-il régionaliser une société anonyme ?

Inutile, adapter son conseil d’administration à la nouvelle réalité devrait suffire dans un premier temps.

Comment agir pour L’Office national des pensions, le SPF Pensions et l’ONSS ?

Rien n’empêche la Flandre et la Wallonie, dans l’actuel cadre belge, de leur attribuer une forme juridique similaire à celui de la Banque Nationale, le temps de clarifier la situation née d’un divorce prévisible, tout en leur permettant de continuer leurs tâches une fois les indépendances déclarées.

Pourquoi punir la population innocente ?

Quid de la dette de l’Etat belge ?

La Flandre se rêve tel le chaton d’une bague qui attend d’accueillir la pierre précieuse : la Région de Bruxelles.

Elle propose donc le modèle « modèle 2+ 2 ».

Dans ce poker menteur institutionnel, la Wallonie devrait lui opposer, de bonne guerre, le « modèle 4 Régions ».

Les Wallons devraient enfin convaincre les négociateurs flamands qu’ils ne craignent pas un avenir solitaire, n’ayant déjà plus rien à attendre de la Belgique.

La Wallonie a tout intérêt à se débarrasser du « boulet belgo-bruxellois » et de conclure un accord avec la Flandre qui réglerait la dette publique à son avantage, sans emprunter un euro.

En principe, le partage sur base des moyens économiques, le PIB, serait le plus avantageux pour la Wallonie.

Le seul moyen d’appâter la Flandre en ce sens : troquer Bruxelles à la « sauce berlinoise » ou se figer sur les 4 Régions !

Bien entendu, si la Flandre se cabre, il reste la menace d’un rattachement éclair de la Wallonie à la France avant la signature de tout pacte entre les divorcés.

La Flandre devrait alors négocier la dette publique avec Paris.

Cette probabilité inquièterait déjà les politiques flamands.

Comment réagirait l’Union européenne, qui ne vaut pas mieux que l’Europe de Metternich ?

S’opposerait-elle vraiment à l’implosion du Royaume de Belgique et à son partage logique entre Pays-Bas, France, si l’Allemagne pouvait à cette occasion réintégrer l’Ostbelgien dans le heimatland ?

Ce serait difficile à défendre devant une cour de justice internationale, alors que le Conseil de l’Europe et l’Union Européenne œuvrent et financent des structures transnationales, les Eurorégions, pouvant à terme affaiblir les cadres étatiques existants.

Etrangement, la Wallonie est imbriquée dans deux structures qui rappellent les possessions de l’Empire germano-habsbourgeois et les ambitions territoriales de l’Allemagne contemporaine :

  • la première : l’Eurégio-Meuse-Rhin,
  • la seconde : la Grande Région.

Autre fait curieux, pourquoi seule la Flandre peut-elle se lier à la France par le biais du Groupement Européen de Coopération Territoriale (GECT) West-Vlaanderen /Flandre- Dunkerque-Côte d’Opale ?

Pourquoi n’existe-t-il aucune Région transfrontalière entre la province de Hainaut et le Hainaut français, le Cambrésis, la Champagne et la Flandre française (l’Artois) ?

L’Escaut et la Sambre ne prennent-ils pas leur source en France et n’irriguent-ils pas notre province hennuyère ?

Pourquoi n’existe-t-il aucune Région transfrontalière wallo-française entre la province de Namur ou la province de Luxembourg et la Champagne, l’Ardenne et la Lorraine sans devoir dépendre de structures germaniques ?

La réponse à toutes ces questions : l’obstacle Belgique !

Comme l’écrivit Monsieur François Perin, « la Belgique ne représente plus aucune nécessité sur le plan diplomatique mondial. »

L’ombre de Palmerston vient de s’évanouir définitivement avec le Brexit.

Il devient impérieux de détricoter l’Etat belge, étouffer les « cris d’angoisse d’Elio Di Rupo » et rendre aux Wallons leur fierté.

Ils n’ont plus rien à attendre de la Belgique.

Il leur reste trois ans pour se convaincre qu’ils peuvent se prendre en charge.

Pourquoi l’option d’une Belgique à 4 Régions est une chimère

Par Jules Gheude

Le programme de la coalition Vivaldi prévoit la préparation d’une 7ème réforme de l’Etat pour 2024.

Du côté wallon, l’option d’une Belgique à 4 Régions (Wallonie, Flandre, Bruxelles et Ostbelgien) se dégage tant au PS qu’au MR. Elle est également défendue par Re-Bel (Rethinking Belgium’s institutions in the European Context), dont l’une des figures de proue est le philosophe-économiste Philippe Van Parys.

Chantre du belgicanisme, celui-ci a publié, il y a trois ans, un essai intitulé « Belgium. Une utopie pour notre temps », dans lequel il explique pourquoi la vision d’une Belgique à 4 Régions peut représenter un destin possible bien plus enthousiasmant que la dystopie de la dislocation.

On remarquera d’emblée l’usage du mot « Belgium ». Pour l’intéressé, en effet, il serait souhaitable que l’anglais devienne le trait d’union de cette nouvelle configuration.

Ceci est loin d’être innocent, comme nous allons le voir. Car Philippe Van Parijs, ne l’oublions pas, est avant tout flamand…

Il était présent au colloque « L’Après-Belgique », organisé en 2011 par le Cercle Condorcet de Liège et au cours duquel, en public, il a répondu par « oui » à la question que je lui avais posée : La Flandre est-elle, selon vous, une Nation ?

Premier paradoxe de sa part. Car il est évident qu’un Etat fédéral ne peut se concevoir avec l’une de ses entités érigée en Nation. Pour le formuler autrement : l’existence d’une Nation flamande compromet de facto la survie de la Belgique. Un dicton africain n’affirme-t-il pas qu’ il ne peut y avoir deux places sur la peau d’un léopard ?

Deuxième élément, qui démontre la côté illusoire de la stratégie Re-Bel : l’aversion que la Flandre a toujours nourrie envers Bruxelles, Région à part entière.

Lorsque l’article 107 quater de la Constitution, reconnaissant l’existence des Régions flamande, wallonne et bruxelloise, a été adopté en 1970, chacun était bien conscient que la Flandre ferait tout pour en empêcher sa concrétisation au niveau de Bruxelles. François Perin, lui-même, avait affirmé que la Région bruxelloise ne verrait jamais le jour. Ce fut sa seule erreur de jugement. La crise fouronnaise des années 80 allait, en effet, permettre à la Région bruxelloise de sortir des limbes fin 1988. Les francophones durent, pour cela, sacrifier José Happart et sa cause. Le marchandage déboucha également sur une extension importante des matières communautaires (enseignement) et régionales (transports, travaux publics, commerce extérieur,…). On sait comment Jean-Luc Dehaene s’arrangea ensuite pour asphyxier financièrement l’enseignement francophone…

Mais la Flandre n’a pas pour autant renoncé à ses ambitions concernant ce territoire bruxellois qui, à ses yeux, lui appartient historiquement.

Dès 1980, elle a usé de la faculté que lui donnait le législateur de fusionner ses institutions. La Région fut ainsi absorbée par la Communauté. Efficacité et économie des moyens : un gouvernement unique, un Parlement unique, le tout établi à Bruxelles, capitale de la Flandre.

La Belgique à 4 Régions sous-entend la suppression de la notion de Communauté. En tant que Flamand, Philippe Van Parijs ne peut que se réjouir de l’élimination de la Communauté française, ce lien organique entre la Wallonie et Bruxelles. Et avec sa proposition visant à faire de l’anglais la langue de la Belgique, il mise sur l’affaiblissement progressif de la langue française à Bruxelles.

Mais il est confronté ici à une donnée essentielle. Jamais la Flandre ne consentira à supprimer  « sa » Communauté, qui lui permet, via l’exercice des matières dites « personnalisables », d’encadrer sa minorité bruxelloise du berceau jusqu’à la tombe.

Philippe Van Parijs n’ignore pas que l’option confédéraliste qui fut lancée au début des années 90 par le ministre-président flamand CVP Luc Van den Brande et avalisée par le Parlement flamand en 1999, repose sur deux piliers, la Flandre et la Wallonie, assurant la cogestion de Bruxelles.

C’est exactement cela que la N-VA propose aujourd’hui. Selon Bart De Wever, chaque Bruxellois, indépendamment de sa langue et de son origine, devrait choisir entre le paquet flamand et le paquet wallon pour ce qui concerne les matières dites personnalisables : impôt des personnes, soins de santé, immigration/intégration,… 

Sur ce point, N-VA et CD&V restent soudés.

On a ainsi vu récemment la ministre de l’Intérieur, Annelies Verlinden (CD&V), faire état d’un « modèle 2+ 2 », entendez deux entités fédérées (deelstaten) – Flandre et Wallonie –  et deux sous-entités (deelgebienden) – Bruxelles et Ostbelgien.

En fait, il suffirait que la Flandre, suivant en cela l’exemple francophone, rebaptise sa Communauté « Federatie Vlaanderen-Brussel » pour que le chemin de ce confédéralisme à deux soit tracé.

C’est d’ailleurs ce qu’avait déclaré feu Jan Verroken – le tombeur du gouvernement Vanden Boeynants sur l’affaire de Louvain en 1968 – dans sa dernière interview, accordée à « Doorbraak » en 2017 :

Si j’étais encore au CVP, je me battrais pour faire la même chose que les Wallons. Les Wallons font le Fédération Wallobrux. J’aurais fait depuis longtemps une Fédération Flandre-Bruxelles. Il faut toujours faire la même chose que son adversaire. Ils ne peuvent tout de même pas nous reprocher de vouloir faire la même chose qu’eux. Et c’est ainsi qu’on est encore à mille lieues du confédéralisme. 

Une Fédération Wallonie-Bruxelles vs een Federatie Vlaanderen-Brussel : Bruxelles se retrouvant dans les deux équations, est de facto cogérée… CQFD.

Une chose est sûre : on peut encore s’attendre à de belles escarmouches, le jour où l’on entrera vraiment dans le vif du sujet  de cette 7ème réforme de l’Etat.

Philippe Van Parijs, nous l’avons dit, considère que le Flandre est une Nation. Il devrait aussi savoir que l’évolution normale, logique, d’une Nation est de devenir un Etat souverain.

Qui vivra verra…

En attendant, la Flandre n’a nulle envie de continuer à se montrer solidaire d’une Wallonie qui, à ses yeux, n’adopte pas la gestion politique appropriée pour se redresser. Une Wallonie dont, aux dires de son ministre-président Elio Di Rupo, la situation budgétaire est abyssale et se verra encore aggravée par l’extinction programmée des transferts financiers en provenance de Flandre (quelque 7 milliards d’euros par an !).

Notre article dans la revue de Michel Onfray

Par Paul MELOT

Il y a quelques mois, j’ai été contacté par Cédric CHOPIN, citoyen français et affilié à notre AWF. Il m’indiquait qu’il était peut-être en mesure de faire passer un article dans la revue  » Front Populaire » dirigée par Michel ONFRAY.

Avec quelques amis, nous nous sommes interrogés quant à une éventuelle suite à réserver à cette invitation, surtout en réfléchissant au fait que nous participons activement à un MOUVEMENT et non un parti et que nous ne nous situons pas dans un échiquier politique au sens partisan du terme. Notre conclusion a été que nos raisons d’être ne nous empêchaient en aucun cas de faire connaître nos positions et raisons de militer pour une union de la Wallonie à la France, pour autant que nous ne revendiquions pas de nous exprimer au nom de l’AWF et que, d’autre part, nous nous exprimions également dans un autre média français dont la sensibilité politique est autre, à l’exclusion, bien entendu, des partis non démocratiques et extrémistes et des médias qui leur sont proches.

Voici donc le fruit de la collaboration des plumes de Cédric et de moi. Les diverses réactions de lecteurs qui suivent cet article sont le reflet de pensées variées et ne sont évidemment pas à confondre avec les deux rédacteurs de l’article, cela est aussi le débat démocratique…

Relativement à un autre média, une opération semblable est en cours et l’AWF, cette fois également, ne sera pas citée comme responsable de l’article !

Notre pluralisme est ainsi respecté et c’est tant mieux : nos raisons d’exister sont supérieures à des convictions politiques que chacun, vous comme moi, a bien le droit de professer également à titre individuel.

Nous vous consultons

Madame, Monsieur,

Comme promis lors de notre dernier contact, voici le questionnaire (anonymat respecté) qui nous permettra de recueillir votre perception, vos attentes, afin que nous nous adressions aux partis politiques démocratiques wallons, comme décidé, afin de connaître leurs fermes intentions suivies bien évidemment d’actions en les priant de ne pas nous renvoyer aux programmes électoraux ! C’est donc bien du CONCRET dont il s’agit.

Faut-il rappeler nos préoccupations et craintes les plus vives pour la Région wallonne et la Communauté française dès les années 2024-2025, mais hélas aussi déjà auparavant vu les contraintes budgétaires alourdies par les retombées économiques négatives du coronavirus… tout cela rendant plus crédible que jamais notre aspiration profonde à rejoindre la France ! Au-delà de la grande idée, c’est aussi l’économie qui nous rappelle à l’ordre.

Suite au dépouillement du présent questionnaire, après rédaction et expédition des questions posées aux partis, après réception de leurs réponses, nous publierons, sur notre site et ailleurs, les réponses – ou absences de réponses. Elles nous permettront, c’est le but, de prévoir notre ligne d’action jusqu’aux prochaines échéances électorales fédérales et régionales.

Ces compilations et publications des acquis concrets validées par le Conseil général ou l’Assemblée générale de notre mouvement, selon les circonstances, dicteront donc bien notre ligne d’action décidée par VOTRE volonté.

MODE D’EMPLOI DU QUESTIONNAIRE :

  1. Merci de le renvoyer AVANT le 20 AVRIL sous forme informatique interne (cliquer sur le lien) OU en version papier (également anonyme) à l’adresse 105A/9A, avenue Dolez, 1180 Uccle).  Nos actions programmées devront en effet suivre au plus tôt.
  2. Seul l‘avenir de la Wallonie compte pour notre mouvement citoyen pluraliste : la généralisation voulue des questions exclut donc tout intérêt ou revendication partisane, chacun(e) conservant cependant son expression politique propre. On  le comprendra aisément.
  3. Liberté de répondre ou pas aux questions reçues considérées comme plus personnelles.
  4. Possibilité de joindre séparément des questions, réflexions ou suggestions.
  5. Aux questions OUI  –  NON : entourer la réponse souhaitée.
  6. Aux questions 0  1  2  3  4  5 : idem (0 = pas du tout, 5 = tout à fait).

VOTRE AVIS EST INDISPENSABLE ! MERCI D’AVANCE !

la Wallonie radiographiée par la C.E.S.E.

Chères amies et chers amis de l’AWF,

Nous vous invitons à découvrir une étude objective, sur base de chiffres et de constats, qui n’émet pas de jugements sur les politiques menées (ou pas !). 

75 ans d’histoire économique en Wallonie : 1945-2020, publiée par le C.E.S.E (Conseil Economique Social et Environnemental de Wallonie.)

Les graphiques des courbes du P.I.B. de Flandre et de Wallonie montrent le basculement, d’abord, l’écart qui se creuse ensuite, sans se combler. Les politiques wallonnes peinent à éviter de retomber plus bas, de crise en crise…

L’aveu : « les objectifs ambitieux ont du mal à se concrétiser en termes de création de valeur et d’emploi » (données les plus récentes, entre 2010 et 2020).

Et durant tout ce temps, combien de fois n’a-t-on entendu dans la bouche de certains politiques que la Wallonie se redressait ? Surtout en périodes électorales !

Chacun pourra se faire une idée suite à une lecture très instructive des pages annexées. Pour notre part, nous posons la question suivante qui va ouvrir débat sur notre site de l’ALLIANCE WALLONIE FRANCE :

 Mais que convient-il donc de faire pour que notre Wallonie se redresse REELLEMENT ?

Lettre aux membres, sympathisants et citoyens,

Madame, Monsieur, Chers Affiliés et Sympathisants,

2020 restera pour toutes les associations dont la nôtre une année particulièrement marquée par la distance et la distanciation (!) entre les adhérents ! Impossibilité de réunir normalement Conseil général ou Assemblée générale, mais cependant et heureusement de nombreuses visio-conférences de votre Bureau exécutif qui a mis au point l’expédition de la brochure « Une Wallonie maîtresse de son destin ? » aux sénateurs et députés des Hauts-de-France et de la Région Grand-Est (plus de deux mille euros, impression et frais postaux).  Nous avons de plus  adopté le plan de travail suivant :

–        Un mois après versement de vos cotisations pour 2021, vous recevrez des informations sous forme de questionnaire. Votre précieuse collaboration nous permettra de fixer une ligne de conduite pour les prochaines années, 2024-2025 étant surtout dans le viseur…

–        Après dépouillement et dès que possible, réunion du Conseil général ou de l’A.G. en vue de valider notre appel pressant aux partis politiques démocratiques wallons. Il est effectivement plus que temps que les formations politiques disent et surtout fassent tout pour éviter la faillite de la Wallonie ET de la Communauté française dès 2024-2025 (suppression programmée des transferts Nord-Sud suite à la Loi de Financement de 2014 découlant de la réforme de l’Etat de 2011)

–        Effectivement, il est plus que temps que Wallonie ET Communauté française, cette dernière  en voie de perdition, donnent les élans et réalisations concrètes résultant des traités signés avec la France, gages de collaboration fructueuse, rapprochement bien visible et retombées positives pour tous !

Dès lors, tout en rappelant bien que notre mouvement citoyen pluraliste ne reçoit aucune subvention, que nous existons, personne d’entre nous n’en doute, pour nous consacrer à la défense de NOTRE Wallonie face à l’hégémonie flamande, nous nous permettons de vous inviter à renouveler votre cotisation pour 2021.

Le Conseil général de l’ALLIANCE WALLONIE France vous présente donc ses meilleurs voeux pour 2021. Puisse la nouvelle année être constructive et vivante !

Rappelons, si ce n’est déjà pas le cas, les DEUX moyens d’être en ordre de cotisation :

1)           a) Un ordre permanent de 2,5 € | 5€ ou 10 € –   ou plus / mois OU

      b) Un versement annuel, soit de 12 € (allocataires sociaux, étudiants, retraités ou membres d’une même famille), soit de 24 € (cotisation ordinaire) soit à partir de 30 euros (membre d’honneur ou de soutien) au compte :

 BE26 0682 4499 3129 (BIC GKCCBEBB) de l’A.W.F, 22, rue Fêchereux, 4130 Esneux.

2)        Ou anonymement au compte BE55 0882 4070 0744. Merci.

Dans les deux cas, merci de préciser votre adresse postale et pour celles et ceux qui reçoivent cette invitation par voie postale et pour autant que vous le désiriez, faites-nous la gentillesse de nous faire parvenir via notre adresse courriel : awf.accueil@gmail.com votre propre adresse de messagerie (économies de timbres, pour l’avenir).

Signaler un changement d’adresse postale ? Courrier à envoyer à M. Adrien LHOMME, 105 A , bte. 9 A,  1180 Uccle.

Recevez, Madame, Monsieur, nos très cordiales salutations.        

Pour le Conseil général de l’Alliance Wallonie France,

Nicolas THIRION, Président.

Fiscalité wallonne

Par Paul MELOT

Parlons dette de la Région wallonne, impôts et fraude fiscale….

2018                        2019                          2020                     estimation 2024

21,7 milliards €       23,19                          26,3                     38,2, dette consolidée

Donc, une estimation AVANT le choc prévisible de 2024, suite à la réforme de l’Etat (2011) et la Loi de financement (2014) qui prévoit encore moins de transferts (recettes) de l’Etat fédéral, donc logiquement, plus de dettes… Le trou devient énorme…

Pour information, le remboursement des emprunts coûtait 500 millions d’euros/an à la Région en 2019 (provenance des chiffres : Région wallonne). Le risque de voir des taux plus élevés existe pour l’avenir, vu l’actuelle inflation très modérée et les taux bancaires au plus bas. Taux plus élevés = charge de la dette plus élevée = dette plus élevée !

Et la fraude fiscale ? En 2017, la Banque Nationale de Belgique estimait à 4% du PIB, soit 17,9 milliards d’euros, le coût du travail en noir pour notre pays.

Le Fonds Monétaire International, de son côté, estimait la fraude à 15,8% du P.I.B., soit 70,70 milliards d’euros.

Si nous considérons une moyenne de 44,30 milliards, il est pensable que la part wallonne dans le travail en noir soit de + ou – 15,5 milliards.

Si ces 15,5 milliards entraient dans le circuit officiel, ils rapporteraient approximativement des retombées positives de 5 milliards au budget de notre région… soit l’équivalence d’une annuité de remboursement ET une diminution de la dette d’un milliard d’euros. Et d’une manière récurrente !!! Année, après année… ceci nous laisse rêveurs !

Qui dit DETTE, dit REMBOURSEMENT ! Qui dit REMBOURSEMENT, dit IMPOTS !!! En clair, le citoyen qui ne fraude pas paye une part d’impôts à la place du citoyen fraudeur.

Dès la sortie de crise du Covid-19 (et déjà maintenant), il est à parier que le discours sur le remboursement reprendra vigueur et que le slogan très réducteur « on ne peut laisser la dette à la génération montante pour ne pas hypothéquer son développement ultérieur » sera à nouveau le maître-mot des forces politiques qui ne s’attardent pas trop sur la fraude fiscale… Et qui prônent l’austérité dont nous voyons les conséquences dans la tourmente créée par le virus.

Pour rappel et par définition, une dette d’état (de région) ne se rembourse jamais, contrairement à la dette d’un particulier : sitôt remboursé, un emprunt en appelle un autre et la charge de la dette augmente. C’est cette charge qui devient insupportable et empêche (notamment) des politiques sociales. La déduction de tout cela est qu’avant de parler « impôts », il faut empêcher la « fraude fiscale » !

Quatre régions

Par VALMY

Monsieur Elio Di Rupo, Président de la Wallonie, vient d’ouvrir sa boîte à idées, « Get Up Wallonia ».

Le Président recherche même des influenceurs et des influenceuses car cela fait « mode ».

Il peut, depuis dimanche 13 décembre 2020, arrêter de jeter de l’argent par les fenêtres.

Monsieur Paul Magnette, le Président du PS, vient de « sortir du placard » en annonçant publiquement une opinion personnelle tenue secrète jusque-là car en contradiction flagrante avec l’unitarisme d’acier du Président Di Rupo.

Paul Magnette, sur les plateaux de la VRT et de BEL RTL, vient de signifier (!) que la Belgique devait se reposer sur ses régions.

Une Belgique à QUATRE régions, proposition déjà formulée par le MR. Voilà de quoi provoquer une crise cardiaque au Président Di Rupo. Bruxelles Région de type « Ville-Etat » qui se débarrasserait de la dispendieuse et inefficace Communauté française-Wallonie-Bruxelles. Monsieur Magnette n’avoue pas encore que les Wallons, à l’horizon 2024, désiraient ardemment sceller pour des siècles et des siècles ce tonneau des Danaïdes belgo-brusseleir, fardeau financier à la charge exclusive de la Wallonie.

Apparemment, excepté le CD&V, la proposition de Monsieur Magnette n’a pas été rejetée avec perte et fracas.

De fait, une évolution régionaliste apparait au sein de la société bruxelloise tant chez les francophones que chez les néerlandophones.

De plus, la multilingue Bruxelles (104 langues et autant de communautés) a perdu au cours des décennies sa particularité « belgo-belge », au point que certains politiques en Flandre souhaiteraient se débarrasser de cette agglomération.

La Belgique en quatre régions empêcherait-elle la sécession de la Flandre ou de la Wallonie ou de l’Ost Belgien ? NON ! Bien au contraire.

Les limites régionales en Belgique deviendraient les pointillés des frontières incontestables et incontestées d’Etats, comme prévu dans le Droit international actuel.

En fait, si cela se réalisait, la Constitution belge faciliterait le travail de découpe. Génial !

De toute façon, même Ville-Etat, Bruxelles demeurerait en Brabant (flamand) dont elle fait partie historiquement, géographiquement et humainement.

Ainsi, Bruxelles reprendrait au sein de la Flandre la place de Cité mercantile, égocentrique et égoïste telle qu’elle apparut au milieu du 14e siècle quand elle supplanta Leuven dans le Duché de Brabant.

Bruxelles cosmopolite, totalement étrangère à la Wallonie, ne date pas d’hier.

Depuis, les Ducs de Bourgogne et sous Charles Quint, Bruxelles présentait déjà cet aspect que les historiens ne devraient pas contester.

Seul le centralisme belge et la volonté des fransquillons du nord d’imposer la langue française, afin d’éradiquer le thiois, effaça la « Brussel Babeleer ».

Retour de l’Histoire, « Brussel Babeleer » renaît par la « grâce » de l’Union européenne et de l’immigration extra-européenne.

La Flandre ne doit pas s’énerver, elle tient ferment la Région bruxelloise en ses bras.

Elle peut lâcher l’institution Vlaamse Gemeenschap puisque l’Union européenne permet la libre circulation, des biens, des personnes et des capitaux. D’autant que les Flamands de Flandre et de Bruxelles appartiennent à UN SEUL PEUPLE !

Get up, oufti !

Guett’eup, valè ! Le ministre-président de la Wallonie a été interrogé par notre ami Louis Nisse sur le recours à l’anglais pour mobiliser les Wallons autour d’une initiative visant à « préparer l’avenir de la Wallonie et de ses citoyens ».

La réponse, envoyée par l’administration wallonne, a de quoi laisser rêveur :

Lorsque nous mettions en place notre plan Get Up Wallonia, nous voulions un nom qui se veuille d’une part facilement compréhensible et identifiable, mais également accessible à la plus jeune génération. Cet anglicisme est donc une initiative née d’une réflexion avec les différents membres du Gouvernement de Wallonie qui signifie « Wallonie, lève-toi ». Cette utilisation de la langue de Shakespeare nous donne une identité forte d’une part en Wallonie, mais aussi à l’international

Commentaire de Michel Pieret : Je traduis le slogan « Wallonie, lève-toi » comme l’intégration dans l’inconscient de nos ministres et de leurs conseillers des idées de Monsieur Barthélemy Le Tisserand, bourgmestre d’Anvers selon lequel les Wallons sont des feignants. Normal donc de leur enjoindre de se lever. Identité forte ? = jargon de marketing primaire. Qui est derrière ces idées ? Mac Kinsey, Bain, … ?

Commentaire de José Fontaine : Cela nous identifie à l’international comme nous soumettant au néolibéralisme dont la langue est l’américain, pas la langue de Shakespeare. C’est comme l’aéroport de Charleroi baptisé Brussels South airport alors que tout le monde en fait use du terme « Charleroi » et que aéroport est un mot compréhensible dans le monde entier, même par des gens qui ne parlent pas le français. S’il faut utiliser l’anglais pour « parler »  à la jeunesse, cela veut dire que les Wallons ne veulent plus croire en leur langue. Dès lors si l’on ne peut même plus croire au français, quelle est la langue en laquelle on pourra croire par rapport à l’américain ? Les Wallons du gouvernement semblent donc s’inscrire dans la tradition wallonne qui est de se déculotter devant tout le monde… Et cela pour avoir une forte identité, quelle blague ! On peut faire encore pire que Macron.

Commentaire d’un ami juriste : Il est pour le moins contradictoire et sot, au moment de donner aux Wallonnes et aux Wallons une injonction forte de se lever dans la résilience, de la proférer en Globish (ce global english contemporain qui est à la langue de Shakespeare ce que le langage de Nicolas Sarkozy est à celle de Voltaire) alors que la plus jeune génération à laquelle elle est destinée aurait pu tout aussi bien l’entendre, la comprendre et s’y conformer dans les langues de la Région bilingue dans laquelle nous vivons (et que nous aimons en allemand comme en français, d’ailleurs).

Wallonie, debout ! Steh auf, Wallonie !

Cette utilisation conjointe des langues de Voltaire, Spaak et Mitterrand, d’une part, de Goethe, Adenauer et Von der Leyen, d’autre part, ne nous aurait-elle pas donné une identité au moins aussi forte (et bien plus riche de sa diversité) d’abord et surtout en Wallonie, mais aussi en Europe et à l’international, que cette utilisation ridicule et servile de la langue de Donald Trump, de Boris Johnson et de Nigel Farage ?  Ce ne sont certes pas Nicola Sturgeon et Sean Connery, pour ne citer qu’eux, qui auraient toléré une telle forfaiture !

Et si tu veux convaincre les jeunes wallons d’aimer la Wallonie, commence à t’adresser à eux dans une langue qu’ils utilisent, qui leur appartient et qui leur ressemble.  Ma position privilégiée au cœur de l’Euregio Meuse-Rhin me permet de le constater tous les jours, aussi bien en Flandre, dans l’Ostbelgien et en Fédération Wallonie-Bruxelles qu’en Allemagne et aux Pays-Bas.

Well ! Je crains fort que le message parti des hauts plateaux des Fagnes et de la Hoëgne ne s’affaiblisse et ne se perde avant d’atteindre la Mehaigne et le Hoyoux et qu’il ne soit devenu inaudible en bord de Sambre et dans ce Far West où coulent encore la Haine et la Trouille ! Mais soit !  J’ai eu bien bon de l’écrire.

« Si vous parlez à une personne dans une langue qu’elle comprend, cela entre dans sa tête. Si vous lui parlez dans sa langue, cela va droit dans son cœur. » (Nelson Mandela)

La Wallonie avec la France en Europe et dans le monde