La Belgique ne vaut pas une messe

Par VALMY

A tous les jeunes wallons, en politique ou non, ni la Belgique ni Bruxelles ne valent une messe, pas plus que de se plier à apprendre la langue de Vondel.

Certains en ce « plat pays qui n’a jamais concerné la Wallonie » s’inquiètent de la désaffection des élèves wallons pour l’apprentissage de la langue de Vondel (RTBf, Aubry Touriel, 28/07/2018). Il ne faut pas perdre de vue que l’apprentissage du français en Flandre et du néerlandais en Wallonie relève d’un diktat politique soutenu par tous les partis politiques en ce Royaume. La Belgique multiculturelle, bien avant la mode actuelle, doit impérativement se survivre par tous les moyens mêmes les plus rebutants.

Par bonheur, la liberté de choix en Wallonie facilite l’engouement général, logique et compréhensible aujourd’hui, en faveur de l’anglais et d’autres langues. Or, pour certains déloyaux personnages en Communauté française – Fédération Wallonie-Bruxelles, il est important de convaincre les parents de choisir le néerlandais parce qu’en Belgique « on y est obligé pour trouver un emploi (sic) ».

Bénies soient les familles manifestant de la répulsion pour le néerlandais. Qu’à cela ne tienne, la solution immonde, afin de lobotomiser les petits Wallons en parfait zombies belgicains, se nomme : l’école en immersion. Par chance, la Communauté française – Fédération Wallonie-Bruxelles est à l’os et n’a plus les moyens de mener des politiques nouvelles et désastreuses (cf. Emily Hoyos, le 24/09/2013)

Cette évolution ne serait pas irréversible. De « mauvais génies en ce Royaume » constatent avec joie un afflux de Bruxellois francophones dans les écoles flamandes. En Région bruxelloise, la liberté de choix n’existe pas. Une nuance capitale, svp, ne pas confondre un Wallon avec un Bruxellois francophone ! Destrée en faisait d’ailleurs une description exotique qui se confirme encore actuellement. De plus, avec les générations qui passent, Bruxelles entre en orbite de la Flandre (les affaires sont les affaires !). Les Bruxellois plébiscitent le bilinguisme et les communes à facilités se diluent lentement dans la mouvance flamande.

Si la Communauté française – Fédération Wallonie-Bruxelles souhaite promouvoir l’excellence en Wallonie, qu’elle biffe le néerlandais de son enseignement au profit de langues à diffusion mondiale. L’entêtement contraire serait dévastateur surtout au vu de l’anglicisation de l’enseignement supérieur aux Pays-Bas. L’impulsion initiale à l’anglicisation massive qui se propage maintenant irrésistiblement a été donnée, en fait, en 2003 par le rapport Nederlands, tenzij … (Le néerlandais, sauf si …) de la Commissie Nederlands als Wetenschapstaal (Commission sur le néerlandais comme langue scientifique) de la Koninklijke Nederlandse Academie van Wetenschappen (KNAW – Académie royale des sciences des Pays-Bas). La teneur de ce rapport rend parfaitement l’état d’esprit dans lequel s’inscrit l’anglicisation actuelle, comme l’illustre l’extrait suivant de la conclusion : « L’avènement d’une lingua franca unique à l’échelle mondiale présente d’énormes avantages, surtout dans le domaine de la connaissance. Pas seulement dans les disciplines scientifiques, mais aussi dans les disciplines littéraires ou les sciences humaines. C’est pourquoi il faut encourager l’usage de l’anglais sans rancune et avec entrain ». Le lecteur français ne manquera pas de remarquer avec quelle franchise la « perte d’importance » du néerlandais est rationalisée. (13/03/2016, Sepentrion, Daardaar).

Toutefois, en Belgique, la connaissance du néerlandais ouvre-t-elle toutes les portes pour trouver un travail ? FAUX, archi-faux !

Le 23/04/2014, Trends Tendances publiait un article primé (prix Citi – 2013) de Gilles Quoistiaux, au titre plus qu’évocateur : « Comment les Flamands ont kidnappé l’économie belge ». Le sujet est toujours tabou car il n’existe pas d’avenir professionnel pour les jeunes Wallons « en notre royaume où il fait si bon vivre (sic) ». Dans le privé, les Flamands détiennent SEPTANTE POUR CENT des fonctions de directeur financier, de directeur juridique, de directeur de marketing et SEPTANTE-TROIS POUR CENT des fonctions (stratégiques) de directeur des RESSOURCES HUMAINES. Les Flamands se retrouvent également majoritaires dans le secteur du conseil, à savoir les avocats d’affaires (très influents) et les consultants stratégiques.

JAMAIS les Wallons ne briseront « ce plafond de verre » pour la simple raison que les recruteurs flamands n’engagent et ne promotionnent qu’au travers d’un prisme ETHNIQUE, contrairement à la minorité de recruteurs wallons (ndlr : dindons).

Dans les institutions centrales, fédérales, du Royaume de Belgique, sans oublier les représentations européennes et internationales, la situation est tout aussi alarmante et défavorable aux Wallons. Dans les administrations fédérales (civiles et militaires) de l’Etat et dans les institutions « para -étatiques », les lois linguistiques auxquelles feu le Bruxellois Arthur Gilson, Ministre de l’intérieur PSC de 1961 à 1965, attacha son nom, ont produit et produisent toujours leurs effets néfastes et discriminatoires à l’encontre des Wallons par le biais d’un « bilinguisme » qui, semble-t-il, est à la portée des seuls Flamands. Ainsi, tous les postes de commande passent définitivement aux mains des Flamands DONC de la Flandre. (cf. Le Divorce Belge, Lucien Outers,1968).

Au XXI e siècle, les Wallons vivent, au sein du Royaume de Belgique, une situation similaire à celle de leurs aïeux sous la coupe du Royaume des Pays-Bas avant la révolution de 1830 ! Cette ségrégation, similaire à un apartheid à peine déguisé, rappelle l’application de « l’arithmétique hollandaise » sous le règne de Guillaume 1er d’Orange. Et dire qu’aujourd’hui, certains au MR et au CDH (ex-PSC) marchent sur la tête et en redemandent. Jusqu’où ira l’aveuglement ? Il devient pressant que les Wallons déchirent le voile de la supercherie belge qui leur dissimule l’horrible réalité.

Comment faire comprendre aux PS, MR, CDH, ECOLO et PTB que grâce au BENELUX, la Belgique et la Hollande s’activent d’effacer 188 ans « d’erreurs ». A la faveur de cette machine de guerre francophobe et wallophobe, créée en 1944 par les gouvernements en exil des Pays-Bas, de la Belgique (bien merci à P.H. Spaak, bruxellois et PS) et du Grand-Duché de Luxembourg, la solidarité entre Flamands et Hollandais devient plus qu’une union douanière, elle implique aussi un rapprochement culturel et spirituel.

Il ne faut pas perdre de vue que le Bénélux et l’unité européenne permettent à la « souche néerlandaise », scindée au XVIe siècle et en 1830, de reforger enfin un noyau colossal d’activités portuaires, commerciales et industrielles au bénéfice exclusif de vingt-trois millions sept cent mille Grand-Néerlandais (NL + VL). Géographiquement, le Bénélux correspond au royaume uni des Pays-Bas tel qu’il existait entre 1815 (congrès de Vienne) et 1830 (indépendance de la Belgique). Dans cet ensemble qui restaure activement les anciens Pays-Bas si les Wallons ne s’en évadent pas à temps, ils subiront, « parqués dans leur réserve d’indiens », la loi implacable d’un ensemble revanchard majoritairement germanique car il faut additionner à la masse néerlandaise : six cent deux mille Grand-Ducaux (attachés à la Maison de Nassau-Weilburg, liée à la Maison Orange-Nassau), septante mille Allemands de l’Ostbelgien et, se coulant dans l’orbite de la Flandre, un million cent quatre-vingt- quatre mille Bruxellois très particuliers, égocentriques, francophobes et wallophobes.

Voilà de quoi dégoûter les Wallons de se plier à l’apprentissage du néerlandais comme le voudrait la Communauté française – Fédération Wallonie-Bruxelles, cet outil hypocrite de l’asservissement des Wallons au Royaume de Belgique et par là au Pays-Bas de 1815 ressuscité.

Le Mouvement flamand et les dirigeants politiques de Flandre s’inquiètent du refus persistant de l’Europe de reconnaître le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, s’agissant de l’irrédentisme de l’Ecosse et de la Catalogne. L’Europe se garde bien de rappeler certains faits historiques survenus en 2008 qu’elle dut accepter ainsi que les USA et l’OTAN.

En août 2008, la Russie proclama reconnaître l’indépendance de l’Abkhazie et de l’Ossétie du sud. Le Président Medvedev annonça qu’il s’arrogeait le droit d’agir comme les Occidentaux l’avaient fait dans les Balkans (Guerre en Yougoslavie, le cas du Kosovo). Il insistera sur les principes du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, principes invoqués particulièrement par la France pour justifier « l’indépendance du Kosovo ». (Hélène Carrère d’Encausse – La Russie entre deux mondes – 2011)

En réalité, la reconnaissance russe de l’Abkhazie et de l’Ossétie du sud revêt une toute autre portée, PRIMORDIALE POUR L’AVENIR DE LA WALLONIE ET DE LA FLANDRE : le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes impliquerait non seulement le droit à la séparation mais aussi à l’UNION ! Cela vaudrait également pour l’Irlande et l’Irlande du Nord.

Si l’URSS des années 1920 put se constituer de cette manière, de quel droit refuserait-on à la Flandre de s’unir enfin aux Pays-Bas et recréer le territoire de l’Union d’Utrecht (1579) anéantie par l’Espagne ? De quel droit refuserait-on à la Wallonie de s’unir enfin à la France après les séparations orchestrées unilatéralement par la Grande Bretagne en 1815 et en 1830 ?

Il y a là une piste à suivre par les juristes wallons !

5 réflexions sur « La Belgique ne vaut pas une messe »

  1. On pourrait aussi évoquer le rôle toxique du selor dans les recrutement de la région wallonne. À ce sujet, silence radio de tous les partis francophones. À quand un selor wallon?

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    1. Exact, M. Thi8, le dit SELOR présente un pourcentage similaire de Flamands aux commandes. La devise du SELOR: « Et pour les Wallons la même chose et pourquoi pas un peu moins. » En fait, il se classe dans les institutions centrales, fédérales.

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  2. Pour un peu d’humour.

    Petit poisson (petit wallon) deviendra grand, pourvu que Dieu (les apôtres de Mitterrand ) lui prête vie(…).

    L’ancien ministre-président wallon Paul Magnette a été approché par le PS français pour siéger en tête de liste des élections européennes, qui se tiendront en mai 2019. (RTBF, le 8/8/2018).
    Le bourgmestre de Charleroi s’est dit flatté, mais affirme se concentrer sur les élections communales belges d’octobre prochain. Un tien vaut, ce dit-on, mieux que deux tu l’auras ; impossible de cumuler le statut de député européen et bourgmestre de Charleroi…

    Paul Magnette raterait-il là l’occasion de tenir le rôle prestigieux du « Noé carolorégien » sauvant l’humanité wallonne du déluge belge ?

    D’autant que la France a définitivement adopté le projet de loi asile-immigration ( 01 août 2018). Ce projet de loi « pour une immigration maîtrisée, un droit d’asile effectif et une intégration réussie », vise à limiter « une immigration massive » et « en même temps » garantir le droit d’asile, « sacré » en France, selon le gouvernement.

    Qui oserait douter que les Wallons ne pourraient pas réussir leur intégration en France ?

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  3. Lu ce 21/8/2018 sur le site de RTL Info

    Le 15 août 1912, l’homme politique wallon Jules Destrée a écrit dans la « Revue de Belgique » une lettre au roi Albert Ier. La lettre, dont le titre est « Lettre au roi sur la séparation de la Wallonie et de la Flandre », plaidait pour une scission administrative de la Belgique.

    Le parlementaire socialiste (un vrai Wallon, lui !) , ministre des Arts et des Sciences de 1919 à 1921, y affirme que la Belgique est composée de deux entités distinctes totalement différentes.

    Un sentiment national belge n’est pas possible, selon Jules Destrée. Sa phrase « Il y a en Belgique des Wallons et des Flamands. Il n’y a pas de Belges » est restée dans l’Histoire.

    L’homme politique craignait que la Flandre, plus densément peuplée, allait irrémédiablement dominer le pays et submerger l’identité wallonne.

    Le Roi était d’accord

    Un an auparavant, il avait déjà déclaré: « Nous sommes des vaincus et des vaincus gouvernés contre notre mentalité ». Le parlementaire socialiste plaidait dès lors pour une scission administrative, tout en s’investissant tout au long de sa vie pour la cause wallonne.

    Le souverain avait déclaré à son secrétaire privé être d’accord avec la lettre de Jules Destrée, mais qu’une scission comportait de nombreux désavantages et dangers.

    ndlr: Quels désavantages ? Les Wallons ne supporteraient aucun désavantage à s’insérer dans la zone d’influence commerciale, industrielle et agricole de la France. Pas plus que la Flandre avec les Pays-Bas !

    Quels dangers ? Pas plus hier qu’aujourd’hui pour les populations respectives mais bien pour la monarchie, les « opportunistes » et les « parvenus » du pouvoir politique.

    Il n’y a pas plus de danger en 1912 qu’en 2018. Il s’agit de volonté et de la planification du divorce. L’exemple le plus récent la Tchécoslovaquie ou, pour la bonne bouche, la séparation avec les Pays-Bas.

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