La langue française ne doit pas qu’être franco-française

France 24 a diffusé cette semaine un intéressant débat sur la langue française pratiquée à travers le globe. Il en ressortait que la politique ne devait pas entraver la diffusion de la langue française. Cela signifie que le Quai d’Orsay se devait de mieux soutenir l’Alliance française à travers le Monde. La diffusion de la langue française ne doit pas servir d’instrument politique aux présidents de la France mais devrait servir à une Académie française, certes basée à Paris, plus jeune, plus active, élargie à des académiciens du Québec comme de l’Afrique. Il s’agit d’acter la richesse de vocabulaire tout en garantissant l’homogénéité des règles de grammaire. Les protagonistes de cette émission ne la jouaient pas franco-français.

Valmy

En français… s’il vous plaît :-)

  • Communiqué de presse 20 mars 2019 Journée internationale de la Francophonie
  • « En français… s’il vous plaît 😉 », c’est la formule reprise cette année par 300 millions de francophones pour fêter, à l’occasion de la Journée internationale de la Francophonie, le 20 mars 2019*, leur langue en partage et la diversité de la Francophonie.
  • Ce slogan, choisi par Mme Louise Mushikiwabo, Secrétaire générale de la Francophonie, véhicule l’image d’une langue moderne, apte à nommer toutes les réalités du monde d’ aujourd’hui, que ce soit dans les domaines du numérique, de l’économie, des sciences, des médias…
  • Il s’adresse tout particulièrement aux jeunes francophones pour leur dire : « Vous avez la chance de parler l’une des langues phares du monde moderne, saisissez-la ! Faites preuve d’imagination et de créativité, en français ! ». Cette année, la marraine de la Journée internationale de la Francophonie est la comédienne et humoriste burkinabè Roukiata Ouédraogo, jeune femme engagée qui sensibilise son public à la richesse et aux influences de la langue française grâce aux mots, à leur sonorité , leur diversité.
  • En direct du siège de l’Organisation internationale de la Francophonie (O.I.F) à Paris, elle lira la dictée francophone aux nombreux participants qui cette année encore y prendront part via une diffusion en direct sur les réseaux sociaux.
  • L’autre moment phare de cette journée sera la présentation de la nouvelle édition de la langue française dans le monde, rapport élaboré tous les quatre ans par l’ O.I.F et publié chez Gallimard.
  • Cet ouvrage confirme le dynamisme de l’espace linguistique francophone avec 300 millions de locuteurs répartis dans 106 pays et territoires, le français possède toutes les caractéristiques d’une langue mondiale; deuxième langue enseignée sue la planète, il représente également une importante valeur ajoutée sur le marché de l’emploi et à l’heure de l’intensification des pratiques numériques et de la consommation audiovisuelle, il fait montre d’une grande vitalité sur l’internet et les réseaux sociaux.
  • Vous pouvez retrouver toutes ces activités ainsi que celles organisées partout dans le monde sur le site http://www.20mars.francophonie.org : du Vietnam à l’Argentine, de l’Estonie à l’Afrique du Sud, cette plateforme recense les milliers d’événements qui se tiennent près de chez vous, aussi bien dans les 88 Etats et gouvernements de l’ O.I.F que dans ceux où le français est moins parlé.
  • Cette date fait référence à la naissance, le 20 mars 1970 à Niamey(Niger), de l’Agence de coopération culturelle et technique, qui allait devenir l’Organisation internationale de la Francophonie.
  • L’OIF compte 88 États et gouvernements : 54 membres, 7 membres associés et 27 observateurs. Pour plus de renseignements sur la Francophonie : francophonie.org.
  • Pour consulter les événements organisés dans le monde à cette occasion : 20mars.francophonie.org
  • Contacts presse : media@francophonie.org

Finissons-en et ouvrons un vrai débat wallon sans tabou

Un article paru dans le bulletin de l’ASBL Elie Baussart.

François PERIN n’est plus depuis septembre 2013, mais sa voix continue à nous interpeller. Et d’autant que, d’ici quelques mois, de nouvelles négociations communautaires vont inévitablement s’ouvrir.

Voici cet article en intégrale.

Finissons-en !

C’est en ces termes que François PERIN, nonante ans, mais toujours le verbe aussi décoiffant, s’exprimait en 2011 dans LE SOIR à propos de la reprise programmée des négociations fédérales.

Le problème, pour lui, ce n’est pas tellement ces négociations entamées au moment de mettre sous presse le présent bulletin de l’A.S.B.L, mais cet entêtement des « bons Belges » – en fait essentiellement « la masse de l’opinion publique francophone »- à s’attacher à l’idée de Belgique. Et de stigmatiser la « folie » d’un Francis DELPEREE et sa « Belgique résiduaire avec tout : la Constitution, les institutions, la famille royale, le Roi », en cas de scission de la Flandre.

Il rappellera par ailleurs comment est née la Belgique. En 1830, le « Congrès national belge » élu lors de la Révolution de novembre, le fut par 2% de la population. Ce Congrès se cherche un monarque et jette son dévolu sur un prince français. Refus de l’Angleterre, qui impose son candidat, Léopold de Saxe-Cobourg. La Belgique est donc un artifice, et il n’y a pas de nation belge.

Il y a, par contre, déjà une nation flamande qui trouvera à s’exprimer progressivement avec le suffrage universel à partir de 1919.

Mais pas de nation wallonne. Alain PEYREFITTE dans « C’était de Gaulle » (Editions Fallois-Fayard en 2000) rapportera des entretiens avec le Général de Gaulle.

Ce dernier aurait déclaré : « La Wallonie existe, mais il n’y a pas de nation wallonne, les Wallons n’ont jamais cherché à devenir un Etat. Ils demandent à être intégrés au sein de la République française, dont ils ont déjà fait partie ».

Et PERIN d’estimer que la Wallonie n’a pas d’autre issue que de rejoindre graduellement la France. Quant à Bruxelles, elle doit s’organiser en ville internationale. Sans qu’il le dise explicitement, en district européen.

Le nationalisme flamand, conclut-il, « ne s’arrêtera jamais ». Autrement dit, à terme, et peu à peu la Belgique fédérale est condamnée à disparaître. Ce qui se fait aujourd’hui, via DI RUPO, c’est un emplâtre sur une jambe de bois.

Beaucoup d’entre nous, dans l’A.S.B.L, ne sommes pas loin de penser que, effectivement, mieux vaut en finir au plus vite. Reste à savoir pour quoi faire ?

A mon sens, c’est là que doit se porter le débat wallon.

Bernard DE COMMER.

Bulletin de l’ASBL Elie Baussart, conscience de Wallonie
N° 59 : juillet/août/septembre 2011

Commentaire de l’A.W.F. : que de temps perdu entre 2011 et 2019 ! Mais il n’est jamais trop tard pour se poser les bonnes questions et surtout pour y apporter le plus rapidement possible des réponses à la lumière de vérités si dérangeantes soient-elles pour certains.

Paul D.

CD&V, Open-vld et N-VA signent pour une 7e réforme de l’Etat

Par Valmy

Pourquoi la NVA retarderait-elle à 2024 sa proposition confédérale ?

Pour faire plaisir au CD&V et VLD, deux partis girouettes hésitant entre hégémonie politique en Belgique et saut dans l’inconnu de l’indépendance ?

Electoralement parlant, ce serait suicidaire pour la NVA !

« CD&V et Open-VLD proposent une 7e réforme de l’Etat qui permettrait de transférer notamment la totalité des soins de santé aux entités fédérées. Cette réforme n’interviendrait toutefois qu’en 2024, pour laisser aux institutions concernées le soin de se préparer à la scission de la sécurité sociale.  »

Mais pourquoi la Flandre, majoritaire au parlement, ne propose-t-elle pas aujourd’hui cette révision des articles de la Constitution nécessaires à son objectif ? Nous votons le 26 mai 2019 et en cas d’une éventuelle dissolution anticipée des Chambres législatives fédérales, des élections ont lieu dans les 40 jours (article 106 du Code électoral). Sauf erreur de calcul, le gouvernement devrait tomber le 17 avril et nous sommes le 12 mars ?

Qu’attendent donc les hérauts et les héros de la Flandre flamboyante pour donner le signal de son émancipation ? Le message aux Wallons aurait l’avantage et l’honnêteté de la clarté et ces derniers n’auraient alors comme choix que de passer, HONTEUSEMENT, sous les fourches caudines du pouvoir flamand ou, avec CRAN, de sauter le Rubicon de la frontière (encore) étatique qui les sépare de la France.

Le choix des Flamands est cornélien. Ils poussent leurs pions mais les Wallons ne leur résistent pas. Or, les reculades des « demandeurs de rien » affaiblissent la marche en avant des nationalistes de tous les partis politiques de Flandre et la « passivité collaborationniste » des gouvernants wallons avantage les « hégémonistes belgicains » du CD&V et VLD.

En fait la Flandre Libre souhaite que la Wallonie Libre actionne la SEPARATION ADMINISTRATIVE avortée en 1917 ! C’est tout bête mais c’est humain: on attend toujours le courage du voisin…

Y a-t-il seulement un « Churchill » à Namur ?

Par Valmy

La théorie de Bart MADDENS (voir la lettre de Paul Mélot dans l’article « Les chiffres inquiétants de la productivité et du P.I.B. wallon ») ne vaut que si la Wallonie demeure au sein du Royaume de Belgique. Tout dépendra du degré de courage ou de couardise des hommes politiques, des syndicalistes et des entrepreneurs de Wallonie.

La richesse de la Flandre n’a certes rien d’artificiel mais elle bénéficie largement de son hégémonie politique (depuis 1830 d’ailleurs mais camouflée sous la peau d’âne francophone jusqu’en 1932) et de la servilité de la Wallonie politique (Belge est notre nom, Wallons et Flamands nos prénoms).

Si la Wallonie osait prendre son destin en main et briser le carcan belge, le PIB de la Flandre en prendrait un sérieux coup !

Mais Bart Maddens et ses coreligionnaires partent du principe que les Wallons n’oseront jamais prendre le chemin de l’indépendance et du retour à la France.

Ce en quoi, ils n’ont pas tout à fait tort car la Communauté française et le soutien indéfectible à Bruxelles ne sont que des alibis cachant la corruption des esprits de nos élites wallonnes et la panique les pétrifiant à l’idée de prendre leur destin en mains !

En 1939, face à l’Allemagne, le gouvernement britannique ressemblait à l’actuel gouvernement wallon.

Y-a-t-il seulement un « Churchill » à Namur ?

Cela surprendrait, lorsque Ecolo et Groen, PTB et PVBA, CDH et CD&V, MR et Open VLD roucoulent à l’unisson à la veille des élections.

Quant au PS, il semble prêt à tout. f

La Flandre a de la suite dans les idées

MIS EN LIGNE LE 11/03/2019 À 16:00 dans « Le Soir + »

A l’approche des élections du 26 mai, les commentaires vont bon train, notamment au sujet de l’évolution de la N-VA. Le parti nationaliste aurait-il renoncé à faire de la Flandre une république indépendante, comme le prévoit l’article 1er de ses statuts ? Le lion serait-il devenu édenté ? Dans la longue chaîne du Mouvement flamand, la N-VA n’est qu’un maillon récent.

Il n’a été ajouté qu’en 2001, suite à la dislocation de la Volksunie. La grande majorité des francophones ignore à quel point ce Mouvement a dû lutter pour que les premières lois linguistiques soient adoptées et faire en sorte que la Flandre obtienne sa pleine reconnaissance sur l’échiquier politique. Au début du XXe siècle, le cardinal Mercier parlait toujours « de l’unité belge, cimentée par l’emploi de la langue française ».

Tout cela laissera des traces durables et contribuera à forger en Flandre un sentiment très fort d’appartenance collective. En 1973, Manu Ruys, l’ancien éditorialiste influent du Standaard, avait sous-titré son livre « Les Flamands : « Un peuple en mouvement, une nation en devenir » ».

Une nation, un Etat, de la fixation de la frontière linguistique à l’introduction de l’autonomie culturelle, tout sera mis en œuvre pour que la Flandre acquière les caractéristiques d’une véritable nation : un peuple, un territoire, une langue, une culture. Aujourd’hui, cette nation se comporte déjà en véritable Etat. N’a-t-on pas vu, en 2012, le ministre-président flamand Kris Peeters (CD&V) quitter la mission économique pilotée par le prince Philippe au Vietnam pour aller rencontrer Aung San Suu Kyi au Myanmar.

La N-VA ne fait que s’inscrire dans la logique du Mouvement flamand, qui, d’étape en étape, a balayé tous les obstacles mis sur son chemin. Dernière victoire en date : la scission de Bruxelles-Hal-Vilvorde adoptée en 2012 et assurant l’homogénéité linguistique de la Flandre.

La N-VA n’existait pas en 1962, lorsque les Fourons furent transférés de la province de Liège à celle du Limbourg.

La N-VA n’existait pas en 1968, lorsque le démocrate-chrétien flamand Jan Verroken fit chuter le gouvernement sur le «Walen buiten» de l’université de Louvain.

La N-VA n’existait pas en 1978, lorsque le Premier ministre Léo Tindemans saborda le pacte d’Egmont, qui avait le mérite d’associer la Volksunie et le FDF.

La N-VA n’existait pas en 1988, lorsque José Happart fut sacrifié et que les Toshiba-boys du Premier ministre Jean-Luc Dehaene roulèrent les francophones dans la farine à propos du financement de la Communauté française.

La N-VA n’existait pas au début des années 90, lorsque le ministre président flamand Luc Van den Brande lança l’idée confédéraliste, qui allait être approuvée en 1999 par le Parlement flamand

A chacune de ces étapes, on retrouve l’intransigeance du CVP, l’Etat CVP comme on disait à l’époque. Et n’est-ce pas encore un démocrate-chrétien flamand, Yves Leterme, qui porta en 2004 le cartel avec la N-VA sur les fonts baptismaux ?

L’ancien ministre CVP Stefaan De Clerck l’a d’ailleurs avoué lui-même sans complexe : « La relation entre le nationalisme et la démocratie chrétienne est profondément ancrée dans l’ADN flamand. »

Une réflexion mûrie. Ce constat se vérifie pleinement avec la publication ce lundi dans De Standaard, de la carte blanche signée par quatre ténors du CD&V – le président Wouter Beke, le vice-Premier ministre Kris Peeters, le chef de groupe à la Chambre Servais Verherstraten et la ministre flamande de l’Enseignement Hilde Crevits, soutenus par trois « anciens » : Yves Leterme, Luc Van den Brande et Johan Sauwens.

Les intéressés proposent une 7e réforme de l’Etat, qui permettrait de transférer notamment la totalité des soins de santé aux entités fédérées. Cette réforme n’interviendrait toutefois qu’en 2024, pour laisser aux institutions concernées le soin de se préparer à la scission de la sécurité sociale. Un vieux fantasme flamand, en fait,

En 2002, alors qu’il était président de l’Open VLD, Karel De Gucht, s’était, lui aussi, exprimé sans ambiguïté sur le sujet : « La Belgique est condamnée à disparaître à terme, à s’évaporer et, en attendant, n’apporte plus aucune valeur ajoutée à la Flandre. Il est inadmissible que la Flandre paie davantage pour les soins de santé et reçoive moins en retour de la Wallonie. »

Le chœur flamand se retrouve toujours lorsque les intérêts fondamentaux du Nord sont en jeu. Rappelons-nous ces propos tenus en 2003 par le libéral Bart Somers, alors ministre-président flamand : « Il serait impensable de toucher à l’économie de la Flandre de plein fouet en lui faisant porter l’effort de réduction d’émission de CO2 de façon linéaire, alors que l’appareil industriel au sud, plus vétuste, pollue proportionnellement davantage que le nôtre, qui est à la pointe de la technologie propre. »

Fin stratège, Bart De Wever sait que les conditions ne sont pas encore réunies pour porter l’estocade finale. D’où son choix de recourir à la stratégie confédéraliste. Une fois la Belgique vidée de sa substance, il ne faudrait pas longtemps à la Flandre pour la considérer comme totalement superflue.

Entre la Flandre et la Wallonie, le fossé économique reste béant et ce n’est pas le retour probable d’une coalition progressiste en Wallonie qui arrangera les choses. Depuis la crise de Cockerill-Sambre au début des années 80, la Flandre n’a eu de cesse de remettre en cause la solidarité nationale. Aujourd’hui, la suppression des transferts financiers en provenance de Flandre – quelque 7 milliards d’euros ! – est déjà programmée sur dix ans.

Le confédéralisme repose sur ce principe simple : chacun est évidemment libre de faire les choix politiques qu’il souhaite, mais il doit aussi en assurer totalement la responsabilité financière.

Les Wallons doivent le savoir : livrée à elle-même, leur région se trouvera confrontée à une situation budgétaire intenable, qui la contraindra à se serrer fortement la ceinture.

« Un scénario infernal à la grecque », prévient Jules Gazon professeur émérite d’Economie à l’Université de Liège : « L’effort demandé à tous les Wallons serait d’une telle ampleur qu’il en résulterait un climat insurrectionnel. « 

Jules Gheude, essayiste politique

Les chiffres inquiétants de la productivité et du P.I.B. wallon

Notre ami Georget Blaivie de Binche attire notre attention sur le courriel envoyé de France par Pierre Mélot.

Le cinéma de chez nous a, entre autres célébrités de Wallonie, les Frères Dardenne. L’Alliance Wallonie France a les frères Mélot. L’un se prénomme Pierre et d’Ardèche ou de Liège, il suit la situation de la Wallonie avec vigilance. L’autre se prénomme Paul qui inlassablement répond aux invitations que lui envoient des responsables d’associations qui ont leur siège en Wallonie. Avec sa conférence-débat intitulée : « L’avenir de la Wallonie : thriller ou réalité ? », Paul Mélot parcourt la Wallonie d’est en ouest et de sud au nord afin d’informer la population wallonne qui veut cesser de garder la tête dans le sable.

Aujourd’hui, c’est « l’Echo » qui s’inquiète des chiffres de la productivité et du P.I.B. wallon par habitant.

Nous pouvons dire que l’Alliance Wallonie France a joué son rôle de mouvement citoyen lanceur d’alerte, dans un premier temps avec le professeur Jules Gazon de l’Ulg, et dans la foulée aujourd’hui avec Paul Mélot, enseignant et ancien vice-président du C.P.A.S. de Liège.

Paul D.

  1. le courriel de Pierre Mélot

Bonjour,

Le message ci-dessous est à lire avec grande attention et à diffuser.

Les discours béats sur l’état de la Wallonie des hommes politiques wallons au pouvoir actuellement à la Région et à l’échelon fédéral et de ceux qui, naguère bien installés à ces postes mais maintenant déchus, souhaitent y revenir, sont à prendre avec beaucoup de prudence.

Pour rappel (ce que beaucoup ignorent ou négligent) : de par la volonté de la Flandre (réforme de l’Etat de 2011), les transferts financiers nord-sud (dont la Flandre a largement bénéficié en sens inverse dans tout son tissu économique et social depuis la création de l’Etat belge en 1830 jusqu’au milieu des années 1970), prendront fin progressivement sur une période de dix ans à partir de 2025. La solidarité interrégionale et interpersonnelle (déjà bien entamée par la scission de certains pans de la Sécurité sociale) aura vécu. Dès la première année de ces réductions de transferts, le choc sera violent pour les Wallons. Tous les services publics, tous les citoyens seront lourdement touchés dans leur quotidien.

J’ajoute qu’il est vain, pour la Wallonie, d’espérer un retournement favorable de situation dans le rapport de forces démographique, politique et économique existant avec constance entre la Flandre et la Wallonie. Par sa domination de l’Etat belge à tous points de vue, la Flandre capte et continuera à capter la plupart des entreprises, des services publics nationaux et internationaux et des emplois publics et privés.

Dans cette conjoncture défavorable et nullement imaginaire, la Wallonie ne peut que devenir l’esclave – au mieux le client – politique, économique et même culturel de la Flandre, en somme son vassal. Ce processus délétère est déjà bien avancé et le rouleau compresseur de la Flandre ne fera pas marche arrière.

Merci de vous intéresser de très près à notre sort commun et de réfléchir à une issue acceptable pour la Wallonie. Bonne lecture et bon approfondissement !

Cordialement,

Pierre Mélot, Mas du Barsac, Ardèche, France

2. Le courriel de Paul Mélot

Les chiffres inquiétants du PIB par habitant

Les éléments statistiques du rapport de la Commission européenne (voir l’article)  confortent les analyses développées dans mes exposés que je peux produire, quand cela m’est permis,  à savoir :

1) que l’écart de croissance du PIB selon les régions ne cesse de croître et donc que la situation économique de la Wallonie est loin des communiqués triomphants ( le dernier en provenance de DI RUPO)  qui font état de son « redressement. »,

2) qu’à l’horizon 2025, moment où progressivement les effets négatifs de la Loi de financement  – votée en 2014 par DI RUPO, le MR, le CDH et l’abstention d’ECOLO,  suite à la sixième réforme de l’Etat de 2011 – se feront sentir d’une manière catastrophique sur les finances wallonnes . Ceci étant délibérément  occulté par les partis politiques wallons !

3) qu’entre 2011 et 2025, cette période devait être mise à profit pour remonter la pente n’a en rien tenu les routes que le législateur pensait être prévues… ceci pesant d’autant plus dès 2025 !

4) que la théorie Bart MADDENS – politologue de la KUL et sympathisant très actif de la N-VA ( la Flandre n’a plus besoin de réforme de l’Etat : la Wallonie s’écroule d’elle-même ) n’a rien de l’utopie que les derniers belgicains affirment. Donc que la Wallonie devra tout accepter de la Flandre !

5) que les objectifs climatiques fixés aux régions , donc pour la Wallonie dans le cas présent ne pourront non seulement être tenus faute d’argent public, mais qu’en plus, les sanctions alourdiront l’ardoise…

6) qu’il importe, POUR AUTANT QUE L’HONNETETE POLITIQUE  SOIT PRESENTE, non seulement de soutenir toutes  initiatives culturelles et économiques en rapport avec les traités signés entre la France et la Wallonie , mais en plus de sonder les perspectives du rapprochement de la Wallonie vers la France.

Merci de ne pas se priver de transférer ce message et l’article de L’ECHO de ce 7 mars qui fait suite et bien cordialement,

Paul Mélot , Tohogne, Wallonie


De : L’Echo – La matinale
Date : jeu. 7 mars 2019 à 07:54

La matinale Jeudi 07 Mars 2019
Cher lecteur,

▶️ Si l’on scrute les chiffres de l’économie belge, certaines données
inquiètent, comme le PIB par habitant à Bruxelles et en Wallonie, ainsi que
la productivité.

En termes de création de richesse, la Flandre a mieux résisté à la crise de
2008, selon la Commission européenne.
C’est un des éléments statistiques du dernier rapport de la Commission
européenne relatif aux réformes structurelles consacré à la Belgique. Les
disparités régionales, voire provinciales, demeurent très importantes en
termes de richesse produite dans notre pays. Et elles ont de quoi
interpeller les pouvoirs publics à Bruxelles et en Wallonie.

La Commission utilise un indicateur, notamment pour orienter ses aides au développement économique : le PIB par habitant par rapport à la moyenne européenne. Méthodologie: on prend la moyenne européenne, on la
ramène à 100 et on compare, province par province.

Que voit-on pour Bruxelles? Le PIB y est toujours très élevé, ce qui n’étonne pas vu son statut de capitale. Le PIB par habitant s’y établit au double de lamoyenne européenne (200) en 2016 mais ce chiffre enregistre la baisse la
plus importante du pays puisqu’en 2009, il était à 220.
Le PIB de la Région bruxelloise a augmenté moins vite que celui de la
Belgique.

Ce phénomène peut être lié à une croissance démographique plus rapide
que la croissance économique, mais, relève la Commission, « le PIB de la
Région de Bruxelles-Capitale, qui représentait 18% du PIB de la Belgique en
2016, a augmenté de 0,2% par an entre 2009 et 2016, ce qui est nettement
inférieur à la moyenne nationale qui est de 0,8%« . En d’autres termes,
l’évolution de l’activité économique est pour le moins défavorable pour la
capitale. Les récents départs d’entreprises importantes peuvent alimenter les inquiétudes à cet égard.

« Les provinces belges dont le PIB par habitant était supérieur à la moyenne de
l’UE avant la crise se sont non seulement redressées, mais dépassent la
croissance moyenne de l’UE, exception faite de Bruxelles et d’Anvers. En
revanche, les provinces dont le PIB par habitant était alors inférieur à la
moyenne de l’UE tendent à stagner, voire à reculer« , ajoute la Commission.

Fin de la solidarité nationale

Cette analyse met en lumière les meilleures performances de la Flandre
 par rapport aux deux autres régions, à l’exception notoire du 
Brabant wallon, seule province wallonne où l’on constate une
augmentation du PIB par habitant par rapport à la moyenne européenne.

La productivité inquiète également la Commission. « Entre 2010 et 2016, la
productivité de la main-d’œuvre a augmenté de 2,6% au total en Belgique alors
que sur la même période, elle a diminué de 0,5% en Région bruxelloise et n’a augmenté que de 0,74% en Wallonie« , ajoute-t-elle. Elle constate que cette dernière « s’est avérée moins résiliente que le reste du pays dans le sillage de la crise« .

Cette situation est d’autant plus préoccupante qu’à l’horizon 2025,
les mécanismes de solidarité qui équilibrent le financement des trois
Régions viendront à échéance suite au vote de la sixième réforme de l’Etat. Celle-ci doit responsabiliser les entités fédérées en matière budgétaire et
donc atténuer les transferts entre Régions.

Mathieu Colleyn,
Journaliste
Source: L’Echo

Où en sommes-nous ?

Par Valmy

«Rien ne se perd, rien ne se crée : tout se transforme avec courage et volonté !». Antoine Laurent de Lavoisier (1743-1794) modifié par votre serviteur.

Le site du RWF publie, le 16-02-2019, une carte blanche de Paul Henry Gendebien, ancien député européen, «Vlaanderen boven ! Pour une concertation des Wallons et des Bruxellois» (Le Vif Express, 16 février 2019) dans laquelle il brise une lance pour une concertation des Wallons et des Bruxellois face à la montée en puissance de l’hégémonie de la Flandre au sein du Royaume de Belgique et en prévision des élections de mai 2019 aux accents «confédéraux», avoués chez les NVA/Vlaams Belang et insidieux chez les VLD/CD&V/SPA/Groen.

Certes, Monsieur Gendebien pose correctement le problème, «Le récif électoral de mai 2019 est en vue et le bateau belge, à cette occasion, pourrait subir de nouvelles avaries. On ne peut plus se complaire dans un certain déni de la réalité. Reconnaissons-le : la ‘question nationale’ posée par la Flandre est toujours présente et ne cessera pas de miner l’État». Il pointe également avec justesse que l’hégémonie de la Flandre put se développer encore plus rapidement et largement sous «les gouvernements Di Rupo et Michel. Il est reconnu par des observateurs objectifs. Il s’est même aggravé».

Il observe qu’«En Flandre, dans les partis, dans la presse, dans les milieux patronaux et en particulier les PME, dans les universités, on compte beaucoup de monde pour penser que c’est désormais la Belgique elle-même qui coûte cher, trop cher, à la Flandre, et pas uniquement la Wallonie.»

Et (ndlr : très heureux de pas être le seul à le répéter), «tout ce monde en Flandre estime que Bruxelles est décidément gérée comme un artefact féodal, brouillon, remarquable par ses dysfonctionnements.» De plus, d’insister, «Même aux yeux des cercles flamands modérés, la Belgique fédérale et sa capitale sont ressenties comme des charges et des freins au développement harmonieux du pays flamand.»

Il appréhende avec clairvoyance qu’«Une instabilité gouvernementale prolongée se soldant par une coalition hétéroclite et impuissante serait insupportable aux responsables économiques flamands. On pourrait alors assister à une jonction supplémentaire entre le pilier politique autonomiste et le monde des affaires, connivence fondée sur le constat commun de l’inefficacité de l’État belge ?»

En conclusion il en appelle à renouer avec l’indispensable concertation francophone, au-delà des rivalités électorales quelque peu dérisoires alors même que sont en jeu les intérêts réels des Wallons et des Bruxellois, concertation qui devrait aboutir à une véritable « Realpolitik ».

Malgré tout mon respect pour Monsieur Gendebien et mon admiration de lecteur, il semble qu’il ne parvienne pas à se distancier de son historique prédécesseur Alexandre. Dommage car désirer lier les destins bruxellois et wallon relève d’une nostalgie belge semblable à un certain chagrin français pour son héritage carolingien perdu sous Charles Quint, qui rompit les derniers liens vassaliques unissant le Comté de Flandre au Royaume de France par le traité de Madrid (1526). La Flandre devint alors l’une des Dix-sept Provinces (l’actuel Benelux).

En toute honnêteté, l’analyse politique de Monsieur Gheude touchant la Région de Bruxelles relève, elle, d’un réalisme basé sur des considérations de rapports de force et de possibilités concrètes. D’ailleurs, il vient de publier, à ce sujet, sur le site de Doorbraak, le 16/02/2019, un article percutant : WalloBrux : een hersenschim (WalloBrux: une chimère).

«Une enquête réalisée par RTL-Ipsos-Le Soir en mars 2013 montre que 68% des Bruxellois plaident pour un statut indépendant au cas où la Belgique se décomposerait. En revanche, 61% des Wallons veulent une Belgique recomposée de la Wallonie et de Bruxelles.»

Cette option peut, bien sûr, tenter les nostalgiques de la monarchie mais cette rêvasserie ne tient pas compte des réalités flagrantes de l’Histoire européenne. Tout d’abord, en Europe, les empires, les monarchies, les Etats bicéphales ont TOUS disparus tels l’Autriche-Hongrie, la Tchécoslovaquie.

Aujourd’hui, les Wallons et les Flamands doivent tout de même constater que Bruxelles a acquis la stature et le sens d’une région à part entière. A la N-VA, des responsables de haut rang l’admettent : les Bruxellois sont préparés à leur propre identité parce qu’ils constituent, au bout deux bonnes générations, une communauté de destin dissemblable de celles de la Nation flamande et de la Wallonie, cette branche encore séparée de la Nation française. Ainsi, Hermann Bode, de la N-VA, proche de De Wever et de Jambon, dans le Vif du 22/12/2018, s’exclame : «Quant à Bruxelles, elle ne fait, à mes yeux, plus partie de la Flandre. C’est devenu une tout autre ville depuis bien longtemps, avec une autre dynamique, d’autres défis, une répartition différente de la population. Bruxelles a une autre finalité. Elle doit enfin remplir son rôle de capitale de l’Europe.»

Et, navré pour nos impénitents belgicains du PS, MR, CDH et ECOLO, les additions de capitaux, d’implications budgétaire et économique de style « wallobrux » ne peuvent camoufler l’HEUREUSE VERITE : avec des populations très différentes sur le plan sociologique et humain, avec des sensibilités différentes. Bruxelles et la Wallonie ne pourraient pas former un État cohérent. D’autant que la construction ne montrerait pas d’homogénéité géographique puisque Bruxelles est une enclave en Flandre et que Madame Homans, comme tous ses prédécesseurs, y veille jalousement.

Comme l’indique Monsieur Gheude, il paraît «impraticable d’organiser les pouvoirs et mesurer le poids respectif de Bruxelles et de la Wallonie» ; «il est déjà difficile pour les Wallons et les Bruxellois de former une seule et même entité» ; «les ultra-régionaux wallons détestent la communauté française» et «en outre, il faut quand même compter avec le droit international : si un État disparaît, afin de ne pas déstabiliser les pays voisins, le droit international applique le principe de l’uti possidetis juris : vous posséderez ce que vous possédiez. Cela rend les limites externes inattaquables.»

«La seule manière d’échapper à ces divisions politiques sera un modèle confédéral. Et cela arrivera plus vite qu’on ne le pense. Pas parce que la N-VA va soudainement engranger 50% des voix mais parce que c’est la seule solution possible pour sortir du chaos» (cfr Hermann Bode).

Conclusion : Si « Bruxelles a une autre finalité, elle doit enfin se transformer comme la Flandre et la Wallonie en Région autonome et s’établir en Ville-Etat (cfr les exemples en Allemagne) et remplir un rôle de capitale de l’Europe à discuter avec la France.»

En réclamant une régionalisation à quatre entités autonomes dans un plan d’une Belgique confédérée, vidée et nettoyable de tous pouvoirs, les ultra-régionalistes wallons sauveront la Wallonie… et entreront dans l’Histoire comme leurs devanciers liégeois principautaires de 1793.

« Le Soir » s’offusque …

Grandes compétitions sportives ou sport professionnel et politique ont, hélas, toujours fait bon ménage. Dois-je revenir sur l’exemple des jeux olympiques disputés en Allemagne sous le IIIème Reich ?

Sans aller jusqu’à cet extrême, n’est-ce pas « Le Vif-L’Express » qui, lors de la campagne brésilienne des footballeurs « Red Devils » faisait sa Une de ce titre vindicatif : « Les Diables Rouges, arme anti N-VA » ! Nous connaissons la suite. Aux élections suivantes, la N-VA devenait le premier parti belge.

Nous devons bien avouer que le football professionnel, particulièrement, regorge d’exemples où le mélange des genres est criant. Le mot « respect » que portent les joueurs sur la manche de leur maillot est d’un risible incommensurable.

Petite anecdote : c’est Robert Collignon, ancien Président wallon, qui me confiait : « Nous ne pouvons que nous réjouir de voir Eden Hazard à la tête d’une équipe belge qui pratique un football de qualité, mais ne nous trompons pas. Si il est indéniable que les joueurs belges jouent en équipe, qu’ils soient wallons, flamands ou bruxellois, quand ils rentrent chez eux, les Wallons et les Bruxellois emportent avec eux le noir, jaune, rouge tandis que les Flamands n’emportent que le noir et le jaune laissant le rouge dans les vestiaires. » A méditer…!

Réduire le sport au football professionnel serait bien sûr une erreur. Tous les autres sports souffrent d’ailleurs de cette sur-exposition d’un sport qui les écrase.

Mais revenons au fait qui provoque l’indignation du « Soir ».

Maarten Bauwens n’a fait que suivre la même ligne que bien d’autres sportifs en affichant ses convictions. Ce ne sont pas les exemples qui manquent. Il a tout simplement réaffirmé son penchant pour le nationalisme flamand. La belle affaire ! Cela mérite-t-il les cris d’orfraie de la gazette bruxelloise ? Pour ma part, à tout prendre, je préfère celles et ceux qui se permettent le politiquement incorrect à celles et ceux qui ont des attitudes différentes selon l’interlocuteur ou le public auquel elles/ils s’adressent.

Là, au moins, les choses sont claires !

Paul D.

Ci-après, vous trouverez l’article du site du « Soir »

Un Belge champion d’Europe de jiu-jitsu pose avec le drapeau flamingant sur le podium

Maarten Bauwens sur le podium des championnats d'Europe de jiu-jitsu
Maarten Bauwens sur le podium des championnats d’Europe de jiu-jitsu – © Capture d’écran: Nieuwsblad.be

La performance est belle mais la célébration l’est beaucoup moins. Ce samedi, Maarten Bauwens est devenu champion d’Europe de jiu-jitsu en moins de 85kgs, battant l’Espagnol Rogelio Andres Gonzalez Roja en finale. Newsletter sport

Une superbe performance pour le combattant de 29 ans. Mais au moment d’aller recevoir sa médaille d’or, l’athlète de Tamise (près de Saint-Nicolas) est monté sur le podium avec un drapeau flamingant entre les mains (les ongles du lion sont noirs contrairement aux ongles rouges du lion du drapeau de la Flandre) préférant donc un drapeau régional et non national sur un podium international.

Une célébration que Maarten Bauwens répète fièrement lors de chacun de ses podiums, comme il est possible de le voir sur les réseaux sociaux du combattant. 

Les Belgicains sont des nationalistes qui s’ignorent

Alors que les bons Belges que nous appelons belgicains sont toujours prompts à parler de flamingants quand ils font allusion à des Flamands qui aspirent à une Flandre qui travaille à son autonomie, ils s’octroient les vertus de modérés, de démocrates, d’humanistes. N’allez surtout pas leur dire qu’ils sont chauvins. Ils revendiquent leur amour de la monarchie belge, des frites belges, de la bière belge, de la culture belge (sic), du surréalisme belge, d’une bonhomie que leur envient leurs voisins français. Quel plaisir pour un journaliste belge de faire exprimer à un invité français qu’il aime cette attitude belge de ne pas se prendre au sérieux ! (sic)

En fait, ces belgicains sont de vrais nationalistes belges !

Là se situe le véritable drame wallon.

Est-ce à la Belgique unitaire que certains veulent revenir aujourd’hui ? Cette Belgique unitaire a-t-elle jamais été un exemple d’unité et d’harmonie ?

Kevin De Laet pose deux excellentes questions. L’article qu’il développe dans Knack vaut le détour. Bien sûr, nous ne pouvons être d’accord avec sa vision communautariste qui nie l’existence de la Région de Bruxelles. Vous savez que nous nous inscrivons dans un avenir régionaliste pour la Wallonie avec quatre Régions aux compétences identiques (Flandre, Wallonie, Bruxelles, Région de langue allemande), étape indispensable avant l’intégration-autonomie de la Wallonie dans la République française.

Paul D.

Vlinks aspire à une Flandre sociale, juste et inclusive, avec une autonomie maximale.

Vlinks est un mouvement nationaliste proche du SPa (socialistes flamands)

Opinion publiée dans Knack ce 2 mars 2019. Traduit du néerlandais

« Ceux qui sont encore stupides aujourd’hui avec cette Belgique unitaire qui n’a jamais existé et a de moins en moins de chances d’exister, est essentiellement nationaliste », écrit Kevin De Laet de Vlinks.

La Belgique est un pays complexe, nous le savons. Sur une parcelle relativement petite, nous avons environ six gouvernements, trois régions et trois communautés, et quelque part un comité communautaire commun. La situation pourrait être pire: la Suisse compte trois millions d’habitants de moins, mais 27 parlements, gouvernements et constitutions au total. Mais on dit souvent que la Belgique est un pays désespérément complexe. C’est pourquoi dans les médias des voix doivent souvent simplifier tout cela. «Retour» à un État unitaire, avec un gouvernement et un parlement, et tous les pouvoirs régionaux fédérés à nouveau. Cette vision peut paraître amusante sur le papier, une telle simplification merveilleuse ! Mais faites attention au «retour à un État unitaire». Cela présuppose un passé belge de paix et de libertés unitaires auxquelles nous pouvons revenir avec ne fut-ce que cinq minutes de courage politique. Le problème est que la Belgique a à peine existé.

Nous parlons d’une Belgique unitaire avec un droit de vote unique universel pour tous les citoyens. Il est important de souligner le droit de vote. Après tout, dans l’existence d’une Belgique unitaire, la majorité de la population a longtemps été exclue du pouvoir de décision, ce qui a permis d’interdire assez longtemps les conflits communautaires dans la politique officielle belge. La majorité de la population, qui parlait le vernaculaire local, n’était pas représentée au parlement. Lors des premières élections en Belgique «démocratique», en 1831, lorsque la loi électorale existait, seules 46 000 personnes étaient autorisées à voter. Ce n’est qu’en 1948, lorsque les femmes ont également obtenu le droit de vote général, que le droit de vote plus ou moins normalisé que nous connaissons aujourd’hui existait. La première réforme de l’Etat a eu lieu en 1970, donc seulement 22 ans plus tard (ou : une génération). La Belgique véritablement unitaire, dotée du droit de vote unique universel, n’existe donc que depuis quelques décennies.

Discorde communautaire

Est-ce un bon moment maintenant où l’unité et l’harmonie belge prévalent de revenir à « la Belgique unitaire » ? Non ! Rappelez-vous : Nous avons vécu quasi une guerre civile avec la question royale, puis il y eu les marches sur Bruxelles, il y a eu la question de la mine de charbon de Zwartberg et il y a eu la bataille pour Louvain flamand. Dans tous ces cas, la scission de la Belgique était en réalité beaucoup plus grande qu’elle ne l’a été au cours des décennies qui ont suivi « la Belgique unitaire ». Les gens sont sortis dans la rue en masse, se sont disputés, ont commencé à tuer, à fomenter des émeutes. Ils se sont battus avec la gendarmerie. À cet égard, la situation est particulièrement calme depuis quelques décennies en Belgique, malgré les divisions institutionnelles plus importantes. Quiconque rêve d’un « retour » à la Belgique unitaire harmonieuse peut s’attendre à un réveil douloureux : cette Belgique n’a jamais existé.

Et aujourd’hui ? Après tout, les temps changent et le conflit linguistique a été largement combattu. Une « Belgique unitaire » serait-elle possible aujourd’hui ? Les temps changent et la situation est devenue beaucoup plus difficile. Après tout, la Flandre et la Belgique francophone se sont déjà beaucoup dispersées. En termes de langue, ce ne sont pas les Flamands qui sont convaincus, mais les francophones.

Est-ce la Belgique unitaire que certains veulent aujourd’hui retrouver, avec un tel exemple d’unité et d’harmonie ?

Par exemple, alors que le français est encore une matière obligatoire pour tous les élèves néerlandophones, l’inverse n’est pas le cas en Wallonie. Dans de nombreuses écoles, le néerlandais n’est qu’une matière à option et de plus en plus d’élèves abandonnent le néerlandais pour l’anglais. Ceci alors que tous les Flamands doivent encore apprendre le français pendant quelques années à l’école (la qualité de ce français par rapport à ce Flamand est une question différente). C’est un cliché, mais cela reste valable : réunissez cinq Belges flamands et un Belge francophone, et le français est la langue officielle. Rassemblez cinq Belges francophones et un Flamand, et il y a de grandes chances pour que ce dernier se tourne vers le français (bien qu’approximatif) dès le début.

La prochaine génération de Wallons apprendra probablement moins le néerlandais et, lentement, la Belgique deviendra un pays où les deux parties du pays devront communiquer entre elles dans une troisième langue étrangère. A partir de là, il n’est plus question d’une nation, si jamais elle a existé.

Nous sommes déjà en pratique des Etats différents, si ce n’est en nom. Cela n’a qu’un petit rôle à voir avec la scission institutionnelle. C’est une donnée linguistique d’efficacité. La Wallonie et la Flandre sont en fait du même ordre de grandeur, selon les normes européennes. Deux parties plus ou moins égales du pays. Toutes deux sont parfaitement capables de créer un espace public totalement différent, avec une Wallonie qui deviendra peut-être imbriquée dans la France tandis que la Flandre le sera avec les Pays-Bas. Chaque région du pays peut disposer d’un espace culturel presque entièrement développé, qui répond à tous les besoins culturels. Plus besoin de culture soi disant « belge ». Au cas où la Flandre et la Wallonie soient jugées trop petites, nous pouvons simplement nous inspirer de cultures en provenance de l’étranger.

Les programmes de télévision, l’industrie de la musique, les journaux et magazines, la radio, s’appliquent tant bien que mal : soit nous pouvons subvenir à nos besoins, soit nous importons tout à coup directement à l’espace international (à domination américaine). De quoi d’autre avons-nous besoin ensemble ? Les romantiques nationalistes belges peuvent appeler spontanément «bière», «chocolat», «frites» et «Diables Rouges». Mais à l’exception de ces derniers, ces choses seront aussi bonnes sans la « Belgique ». (Nous n’avons même pas le monopole en tant que ‘Belgique’ de toute façon.) Et au-delà ? Regardons les choses en face : combien de Wallons célèbres de la génération actuelle peuvent citer de Flamands célèbres ? Et vice versa ? Et combien d’entre eux ne sont que des hommes politiques qui ne connaissent la frontière linguistique que parce qu’ils sont des hommes politiques belges ? Quel pourcentage de la population lit encore les journaux de l’autre communauté ? Quelles télévisions regardent nos populations à partir de cette constatation ?

Dans l’esprit, ce pays a longtemps été divisé. Il serait en fait réactionnaire et extrêmement conservateur d’essayer de revenir en arrière.

Des minorités

De plus, il y aurait encore des problèmes politiques qui apporteraient un herunitarisering « avec elle. Allez Wallons mais encore une fois expliquer qu’ils maintenant juste une minorité dans ce pays où les Flamands dominent. L’état belgo-Flamand est toujours un cauchemar là – bas. Allez Bruxelles expliquer encore une fois leur terrain de jeu de la « capitale » devrait disparaître et que Bruxelles est à nouveau seulement une ville en Belgique au lieu d’une région à Entière partiel soit « . Et d’ ailleurs, que la cinquième ville de la population, à moins qu’ils ne met en œuvre encore une fusion municipale. Une Belgique unitaire donnerait fait beaucoup plus Flemings possibilité aux exigences de fonds propres pour faire demi – tour. Je pense que les Belges francophones sera le premier à ‘ »appeler s’ils réalisaient ce que cette Belgique unitaire signifie réellement.

Des avantages?

Ce qui compte pour l’espace culturel l’est aussi pour l’économique. La Belgique a-t-elle des avantages par rapport à la Flandre et à la Wallonie? Le niveau « Belgique » peut-il faire quelque chose que les autres niveaux ne peuvent pas prendre en charge en temps voulu? L’avantage d’échelle est souvent cité. Mais honnêtement, y a-t-il une telle différence d’échelle? La Belgique a à peu près la même population que la Grèce, la Flandre ressemble beaucoup au Danemark. Pas vraiment une différence d’échelle qui peut être considérée comme remarquable.

Ce que la Flandre ou la Wallonie ne peuvent faire seules, elles le peuvent probablement mieux dans d’autres contextes qui offrent des économies d’échelle significatives: au niveau européen ou pourquoi pas au niveau du Benelux. Le climat et l’environnement sont l’un des arguments classiques en faveur de la «nouvelle fédéralisation», mais c’est précisément sur ces thèmes que la coopération avec les Pays-Bas serait plus utile que avec la Wallonie, car la Flandre et les Pays-Bas ont plus en commun. Curieusement, si vous dites cela à certains rêveurs belges, vous voyez parfois apparaître l’aversion nationaliste la plus primitive. En tout état de cause, même dans ce domaine, la Belgique n’offrira plus aucun avantage. En fait, il n’ya guère d’arguments rationnels pour maintenir la Belgique.

Sentiment romantique

Ce qui reste est dans tous les sentiments romantiques concernant un passé unitaire belge glorifié (qui n’existait donc pas). Parfois, ils le résument avec l’argument d’une « marque forte », mais il s’agit principalement de symboles et de mythes nationaux. Dans ce domaine, le rêve belge ne diffère pas vraiment du nationalisme flamand romantique. Il ne reste plus vraiment beaucoup de « Belges », dans le sens de : des choses que nous devons encore faire ensemble directement. Cela contraste avec le véritable espace social flamand ou francophone existant. Soyons honnêtes: quiconque adore encore aujourd’hui cette Belgique unitaire, qui n’a jamais existé et qui existe de moins en moins, est fondamentalement nationaliste. Vous pouvez, bien sûr, ne pas être d’accord, mais ne soyez pas si hypocrite de le nier.

Kevin De Laet est le membre principal de Vlinks.

La Wallonie avec la France en Europe et dans le monde