Adrien LHOMME réagit de la façon suivante à un article publié par l’Union des Français du Monde. (Plus bas, nous reprenons l’article en question.)
Je suis wallon et fier de l’être. Je suis donc francophone et fier de l’être aussi.
Je ne regarde jamais les matchs de football, sauf lors des grandes compétitions. J’aime voir jouer les artistes du ballon rond et les combinaisons qu’ils imaginent. J’ai aimé les matchs joués par la Belgique, par la France et j’ai admiré les deux équipes en demi-finale.
Depuis lors, tout a basculé. Mon épouse étant française, il ne se passe pas un jour sans que nous constations, à Bruxelles, une inexplicable animosité envers la France et les Français.
Aujourd’hui, je me demande s’ils n’ont pas raison ceux qui, depuis plus d’un siècle, fustigent une propagande médiatique, sournoise et subliminale anti-wallonne et anti-française.
J’ai honte de cette Belgique qui n’ose même plus s’appeler par son nom puisque nous sommes désormais « the Belgium », pays habité par des « Belgians ».
Que mes frères français sachent que la Wallonie, dans sa grande majorité, aime la France. Certains mêmes rêvent d’appartenir à l’Hexagone.
Adrien Lhomme, le 19 juillet 2018
L’article publié par l’Union des Français du Monde :
Les Belges francophones regardent TF1, sont clients de la BNP et de Carrefour, partent en vacances dans le sud, connaissent mieux les tribulations de nombreux politiques français que nos compatriotes, et pourtant, quand il s’agit d’un match entre les bleus et les diables rouges, la vieille rivalité reprend le dessus !
C’est toute l’amitié franco-belge qui est mise à mal. Guillermo Guiz, humoriste et chroniqueur belge bien connu des Français, dans le quotidien belge Le Soir, jette un pavé dans la mare dès le 30 juin : « Samedi [pour le match France – Argentine NDLR], sur le coup de 16h, on sera tous derrière nos postes avec des pensées impures. Des pensées sales, un peu viles, un peu mesquines, un peu nazes, mais TELLEMENT plus fortes que nous, plus fortes que moi. Parce que sur le terrain, face à l’Argentine, il y aura la France.
Et le Belge moyen, celui dont le père, reporter de guerre, a été torturé à l’éponge électrique dans les geôles de Videla, le Belge moyen, dont la femme s’est brisé une rotule, sa préférée en plus, avec incapacité de travail permanente et divorce à la clé, tout ça parce qu’elle était ‘à fond dans le tango, tu vois ?’, eh bien même lui, même le Belge moyen, il tuerait, samedi, à 16h, pour que la Grande voisine se fasse démonter par l’Argentine. »
La compétition continuant, c’est le choc tant attendu, et redouté, qui est apparu avec un France – Belgique historique au stade de Saint-Pétersbourg mardi 10 juillet.
Les Français de Belgique, si habitués à subir des quolibets sur leur supposée arrogance ont été servis : la Belgique, forte d’une équipe historiquement excellente, était sûre de gagner ce derby, le sien, celui contre le seul adversaire qu’elle souhaitait réellement battre : l’Hexagone. Ce fut pourtant la défaite, et les insultes ont fusé, sur les réseaux sociaux, dans la presse, dans la rue. Match forcément truqué, joueurs français indignes de ce sport, que n’a-t-on pas entendu ?!
Plus grave, mardi 10 juillet, après la qualification historique de la France pour la finale de la coupe du monde, des escarmouches se sont d’ailleurs déroulées dans le centre de Bruxelles et 7 véhicules immatriculés en France ont été incendiés dans les rues de Mouscron dans la province du Hainaut.
Nous sommes plus de 60.000 dans les communes bruxelloises et entre 250.000 et 350.000 dans le pays. Nous partageons avec nos hôtes une langue et dans une large mesure une culture commune. Beaucoup d’incompréhension pourtant parmi les Français de Belgique face à cette hostilité irrationnelle de nos cousins.
Pourquoi une telle rivalité alors ? Philippe Geluck, célébrissime dessinateur belge très présent en France s’en est désolé sur les ondes de BFMTV. Il est un bel exemple de l’amitié franco-belge. Il y en a d’autres : Charline Vanhoenacker qui fait marrer la France chaque matin, Stromae qui remplit des salles entières, Tintin qui fait partie du patrimoine mondial de la francophonie. La France, fière de la diffusion de la culture francophone partout dans le monde est pourtant un merveilleux ambassadeur de cette belgitude francophone si spécifique et attachante que le monde aime.
« Le patriotisme, c’est aimer son pays. Le nationalisme, c’est détester celui des autres » disait le Général de Gaulle. Les Français de Belgique aiment leur pays d’origine et leur pays d’adoption, et souhaitent le meilleur parcours possible aux deux équipes pour la petite et la grande finale. Il n’y a pas de rivalité, seulement de la fraternité.
Et parce que nous sommes des patriotes et non des nationalistes, nous disons haut et fort : vive le Sport. Vive les Bleus. Vive la France, et Vive l’amitié Franco-Belge.
François Lestanguet, le 11 Juillet 2018