Et si la «suédoise» devait mourir prématurément ?

Nous reproduisons ici la « carte blanche » de Jules Gheude, publiée sur le site du « Soir ».

Marc Goblet, le patron de la FGTB, est sur le point de remobiliser ses troupes contre le saut d’index.

la suédoisePar ailleurs, les relations entre le CD&V et la N-VA semblent être de moins en moins au beau fixe. Dernier sujet de polémique : la présence des paras dans les rues.

Cette évolution ira-t-elle jusqu’à compromettre la survie de la coalition de Charles Michel ? Il est trop tôt pour le dire. Si cela devait être le cas, la Belgique plongerait dans une crise sans issue, qui la ferait passer directement du fédéralisme au séparatisme.

La « suédoise », dont fait partie la N-VA, s’est  engagée à laisser le communautaire au frigo. Mais, dans un entretien au Morgen, le 27 décembre dernier, Bart de Wever a bien souligné qu’il s’agissait d’une formule provisoire (tijdelijk). Quelques jours plus tard, c’était au tour de Siegfried Bracke, le président (N-VA) de la Chambre de rappeler que l’indépendance, c’est l’évolution logique, comme les lois de Darwin.

En cas de chute du gouvernement, il ne fait donc aucun doute que le frigo s’ouvrirait, donnant ainsi aux nationalistes flamands l’occasion de passer à l’offensive finale, en insistant sur le caractère ingouvernable du pays.

Il y a quatre ans, la Commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale française avait chargé deux de ses membres – l’un de la majorité, l’autre de l’opposition – d’analyser la situation intérieure belge. Et le constat des intéressés était clair : l’avenir de la Belgique apparaissait de plus en plus incertain.

Feu Xavier Mabille, le président du CRISP, avait écrit en 2007 qu’il n’avait jamais exclu l’hypothèse de la scission du Royaume.

Mais en dépit de l’évolution que nous connaissons depuis 2007, les responsables francophones n’ont rien fait pour se préparer à une telle échéance. Tout se passe pour eux comme si la Belgique avait vocation à l’éternité.

Pourtant, gouverner c’est prévoir, c’est anticiper ce qui peut se produire.

Les travaux des Etats généraux de Wallonie, démarche citoyenne que j’ai initiée en 2008, ont démontré que seule la France pourrait assurer un avenir post-belge décent à la Wallonie.

En effet, comment imaginer que celle-ci pourrait s’en sortir seule, alors qu’elle connaît un taux de chômage de 16 % et une dette de 18,6 milliards d’euros ? Chargé d’évaluer les pôles de compétitivité, un jury international a conclu qu’ils n’avaient pas atteint leurs objectifs. Quant aux économistes, ils s’accordent pour dire qu’une Wallonie indépendante verrait ses prestations sociales chuter de 15 à 20 %.

L’option d’une Belgique résiduaire, associant la Wallonie et Bruxelles, est tout aussi irréaliste, dès lors que les sondages indiquent qu’elle est rejetée par une majorité écrasante de Bruxellois.

Les Wallons pourraient être Français à part entière

Reste le scénario réunioniste, que d’aucuns redoutent ou rejettent par crainte de voir s’éteindre leurs prérogatives ou de perdre leur spécificité. Je pense non seulement au personnel politique, mais aussi aux responsables des syndicats et des mutuelles. En France, en effet, les syndicats ne paient pas les allocations de chômage et les mutuelles ne remboursent pas les soins de santé.

Il faut dire aux uns et autres que le processus ne serait pas forcément celui d’une assimilation pure et simple. Comme le précise Jacques Lenain, cet ancien haut fonctionnaire français, qui planche sur le sujet depuis des années : Il n’est pas nécessaire que les Wallons se présentent tout nus devant Marianne pour revêtir l’uniforme français.

La Constitution française, en effet, est fort souple. Elle offre la possibilité de statuts particuliers, dont bénéficient déjà la majorité des collectivités d’outre-mer, ainsi que la Corse et l’Alsace-Moselle pour la métropole.

La Wallonie pourrait ainsi disposer d’un tel statut d’autonomie, qui lui permettrait de conserver ses organes d’auto-administration actuels, ainsi que ses compétences, lesquelles pourraient d’ailleurs être élargies, puisque la Communauté française aurait alors de facto disparu. Nos provinces et communes seraient maintenues en l’état. Quant à l’ex-droit fédéral belge, conservé, sauf exceptions, il se trouverait placé sous la responsabilité du législateur français. Et notre système de sécurité sociale serait adossé au système français.

Bref, les Wallons pourraient être Français à part entière tout en restant ce qu’ils sont aujourd’hui. C’en serait ainsi fini des interminables chamailles communautaires, de cette suspicion réciproque qui anime en permanence les acteurs de la scène politique belge.

C’est autour de cette vision d’avenir que les Wallons doivent impérativement se rassembler.

Une vision que, du côté français, on est prêt à envisager favorablement. De passage à Bruxelles, en janvier 1996, Jacques Attali, l’ancien conseiller du président François Mitterrand, avait déclaré : « S’ils étaient consultés demain sur l’éventuel rattachement des francophones de Belgique à la France, 95 % des habitants de l’Hexagone répondraient favorablement ». Et l’intéressé d’ajouter, le 9 septembre 2008 : « Le prix à payer pour la France serait plus faible que ce que cela lui rapporterait ». (…) C’est un beau débat. Qu’il commence !

(1) À paraître prochainement : « François Perin – Une Plume / L’Oeuvre écrite », Editions de la Province de Liège.

Bon à savoir

Un nouveau numéro vert pour l’administration wallonne: le 1718

Eric Deffet
Mis en ligne il y a 8 heures sur le site du journal « Le Soir »

La Wallonie est le premier service public à obtenir le feu vert pour disposer d’un numéro gratuit à quatre chiffres.

Un renseignement sur une prime? Un état d’avancement de votre dossier? Une adresse utile? Des infos sur une procédure? Besoin d’un rendez-vous avec l’administration?

Depuis ce matin, pour contacter l’administration wallonne, il suffit de composer le 1718. Ou le 1719 pour les habitants des communes germanophones.

Ce numéro est bien entendu entièrement gratuit. Comme son prédécesseur, qui était plus compliqué à mémoriser: le célèbre 0800/11901 qui restera parallèlement en service durant deux ans, le temps d’épuiser la foule de documents officiels où il est encore mentionné.

Avec ce 1718, la Wallonie est le premier service public à obtenir le feu vert pour disposer d’un numéro gratuit à quatre chiffres, d’ordinaire réservé à des services d’urgence.

Au bout du fil, les Wallons auront accès à une équipe de neuf personnes spécialement formées pour fournir des réponses concrètes. La ligne est accessible de 8h30 à 17h. Au-delà, l’interlocuteur tombera sur un répondeur automatique dépouillé chaque matin par les agents du téléphone vert.

Chaque jour, le numéro gratuit de la Région wallonne est composé à 500 reprises. Un nombre qui a décuplé depuis 1989, date de la mise en service du tout premier standard accessible au public.

Les Wallons électrisés par les Bretons et la France

Voici une initiative à laquelle notre mouvement ne peut qu’applaudir et qui rentre très bien dans le projet de l’AWF. Retenons que dans cette France encore considérée comme affreusement jacobine, rien de plus solide que les clichés, les Bretons ont eu le choix de tourner le dos au nucléaire. Retenons aussi qu’un véritable état dont le pouvoir est bien réel a instauré non un black-out par zones, ah ce fameux sous régionalisme wallon, mais un délestage qui est le même (20 %) pour l’ensemble des Régions qui forment la Nation française. Bel exemple du projet d’intégration-autonomie de la Wallonie à la France que nous prônons. Citoyens français, nous bénéficions de la solidarité nationale et sommes placés devant le même effort à fournir (le délestage de 20 %). Autonomistes wallons, nous avons la possibilité de choisir notre mode de production électrique en fonction des critères, notamment géologiques, propres à notre Région.

Mais, que diable, qu’attendent nos responsables politiques pour étudier le projet d’intégration-autonomie de la Wallonie à la République française dont la plupart ne connaissent rien ?

Paul D.

Lu sur le site de l' »Avenir »

électricitéQuatre députés wallons reviennent d’une mission en France sur les risques de pénurie d’énergie. Ils en reviennent… survoltés.

On se dit que, tant qu’à refaire des missions parlementaires en Wallonie, on aurait pu convenir d’une thématique moins décalée: «les risques de pénurie d’électricité», alors que la menace d’un black-out s’amenuise au fil de l’hiver…

Jean-Luc Crucke n’est pas d’accord. C’est lui, le président de la commission Énergie, qui emmenait les trois autres commissaires, partis lundi, revenus vendredi. Depuis, le député wallon MR ne tarit pas d’éloges sur les Bretons.

Jean-Luc Crucke, vous avez appris des choses utiles pour les Wallons, en Bretagne et dans le Sud de la France?

C’était passionnant ! En Bretagne, on a constaté une cohésion politique et une mobilisation citoyenne… Incroyable ! L’énergie n’est pas dans les compétences des régions, en France. Mais les Bretons sont… des Bretons. Et ils sont unanimes. Droite, gauche, centre, écologistes forcément : ils ont dit «pas de nucléaire chez nous!» Et ils veulent développer des ressources alternatives. Mais ils ont pris aussi l’engagement de maîtriser la demande d’électricité.

Concrètement?

Ils ont un programme appelé ÉcoW’acteur. Quand un éventuel pic de consommation est en vue, l’alerte est donnée. À partie de là, un réseau de citoyens (près de 100 000 personnes) réagit en même temps.

Comment?

Tous ensemble, ils baissent leur consommation électrique par divers gestes: reporter une machine à plus tard, etc. Ils se sont engagés à ça. Et ça réduit la demande aux moments cruciaux. J’en ai même parlé à des gens dans la rue. Ils savent, ils sont engagés. Le fait que tout le monde s’implique, cette mentalité, l’engagement unanime de tous les élus, c’est ce qui m’a le plus impressionné! C’est cette mobilisation qui fait la différence avec le Sud, en région Paca (Provence, Alpes, Côte d’Azur).

Les gens n’y sont pas mobilisés?

L’initiative EcoW’acteur vient du Sud, en fait. Mais le Sud n’est pas mobilisé. Ce qui se décide à Nice ne va pas s’étendre à toute la région. Par contre, ils y construisent une éolienne flottante, parce que leurs fonds marins sont très bas.

Mais y avait-il encore une raison pour aller voir en France ce qui pouvait nous aider face au black-out? Le danger n’est pas aussi aigu qu’on le disait…

Il n’y a pas que le black-out. Il y a le plan de délestage. Chez eux, on ne déleste pas par zones comme chez nous. On préfère réduire la production de 20% pour tout le monde par exemple. Ça facilite plein de choses. Ne prenons que l’exemple de la circulation des trains… Et puis, il y a la maîtrise qu’on peut avoir sur la demande d’électricité. Il y a la prise de conscience. L’énergie, ça a un coût! ça reste d’actualité. Et il faut arriver à remplacer tôt ou tard le nucléaire.

Et vous ramenez quoi chez nous?

De l’oxygène, de l’énergie… Et en plus du rapport sur la mission bien sûr, les quatre commissaires vont déposer ensemble (Crucke et Olivier Maroy pour l’opposition MR, Dimitri Fourny pour le cdH, Pierre-Yves Dermagne pour le PS) une proposition de résolution sur ce qu’on a vu et sur la mobilisation citoyenne qu’il faut susciter. Sur ce dossier, nous devons parler le même langage. Ne pas nous diviser. Les missions, ça suscite toujours la critique, je sais. Mais on doit jouer la transparence absolue.

Contre l’intégrisme, choisissons la respiration laïque à la française

Je destine le texte qui suit à M. Philippe Geluck afin qu’il s’en inspire et qu’il y puise ne fut-ce qu’un instant de courage quand il se livre à la chaîne marocaine « Maghreb TV » dans l’émission « Tijjini talk ».

Paul D.

Le Monde.fr | 30.01.2015 à 10h57 • Mis à jour le 30.01.2015 à 16h31

Par Catherine Kintzler, philosophe, auteure de Penser la laïcité (Paris : Minerve, 2014)

L’intégrisme ne peut pas souffrir les points de fuite par lesquels on peut échapper à son exigence d’uniformisation de la vie et des mœurs. Tout ce qui troue ce tissu qu’il veut intégral, ordonné à une parole unique, lui est odieux. Rien d’étonnant à ce qu’il s’en prenne à la liberté d’expression, et généralement à toute altérité.

Les États de droit sont naturellement dans le viseur de son tir ; on se souvient des caricatures au Danemark, de Theo van Gogh, de Rushdie, de Redeker, de Toulouse. Avec les assassinats de Paris, où un parcours sanglant des figures de la liberté a été tracé (le «blasphémateur» qui teste la liberté, le policier républicain qui la protège, le juif qui incarne l’altérité haïe), suivis par la démonstration sans précédent d’un peuple se réappropriant ses principes, on atteint une sorte de classicisme dans l’opposition épurée entre la violence intégriste meurtrière et les principes républicains libérateurs. Dans son éditorial du 14 janvier, Charlie-Hebdo, sous la plume de Gérard Biard, pointe le noyau intelligible de cette opposition absolue : le régime laïque, nec plus ultra de l’État de droit.

La laïcité comme régime politique est en effet une cible éminente pour les visées intégristes. Cette éminence la désigne comme le point de résistance le plus puissant pour s’en prémunir – à condition de ne pas renoncer à cette puissance par des «accommodements» qui la ruinent.

La laïcité va jusqu’aux racines de la disjonction entre foi et loi. Au-delà même de la séparation des églises et de l’État, elle rend le lien politique totalement indépendant de toute forme de croyance ou d’appartenance : il ne se forme pas sur le modèle d’un lien préexistant, religieux, coutumier, ethnique. L’appartenance préalable à une communauté n’est pas nécessairement contraire au lien politique, mais elle n’est jamais requise par lui. Et si une appartenance entend priver ses «membres» des droits ou les exempter des devoirs de chacun, l’association politique la combat.

On voit alors que, si l’intégrisme peut encore s’accommoder d’une association politique «moléculaire» où les communautés en tant que telles sont politiquement reconnues, il ne peut que haïr celle qui réunit des atomes individuels, qui accorde aux communautés un statut juridique jouissant d’une grande liberté mais leur refuse celui d’agent politique ès qualités.

UN STATUT D’INTOUCHABLE

En outre, le régime laïque installe une dualité qui traverse la vie de chacun et rend concrète une respiration redoutée par l’intégrisme. D’une part, le principe de laïcité proprement dit applique le minimalisme à la puissance publique et à ce qui participe d’elle : on s’y abstient de toute manifestation, caution ou reconnaissance en matière de cultes, de croyances et d’incroyances. Mais d’autre part ce principe d’abstention, ce moment zéro, n’a de sens qu’à libérer tout ce qu’il ne gouverne pas : l’infinité de la société civile, y compris les lieux accessibles au public, jouit de la liberté d’expression et d’affichage dans le cadre du droit commun. Sans cette dualité, la laïcité perd son sens.

Chacun vit cette distinction concrètement : l’élève qui ôte ses signes religieux en entrant à l’école publique et qui les remet en sortant fait l’expérience de la respiration laïque, il échappe par cette dualité aussi bien à la pression sociale de son milieu qu’à une uniformisation officielle d’État. Croire qu’une femme voilée serait incapable de comprendre cette articulation, la renvoyer sans cesse à l’uniformité d’une vie de «maman voilée», c’est la mépriser et la reléguer dans un statut d’intouchable ; c’est aussi désarmer celle qui entend échapper au lissage de sa vie.

 DISCOURS compassionnels ET CULPABILISANTS

On comprend que cette altérité fondamentale des espaces, des temps, des règles, des fonctions, soit insupportable à l’intégrisme puisqu’elle fait obstacle, par définition, à toute emprise intégrale sur l’existence humaine. Mais comment comprendre qu’elle soit récusée et même combattue, au prétexte de «respect des cultures» et d’«inclusion», par des progressistes ? Comment comprendre que le brouillage des distinctions soit obstinément reconduit, que les injonctions au conformisme soient complaisamment tolérées, que le grignotage de ce régime libérateur soit systématiquement proposé par des «décideurs» dont la couleur politique varie, mais jamais l’assentiment à cette pensée diffuse qui fait de l’attitude croyante une norme, qui la considère comme un modèle de «vivre ensemble» et qui invite chacun à s’y inscrire, sans répit, sans moment critique, sans respiration ?

L’introduction des signes religieux à l’école publique (sortis par la porte en 2004 et revenant par la fenêtre avec les accompagnateurs de sorties), la mise en quartiers des cimetières, l’appel au financement des cultes – comme si la liberté de culte était un droit créance –, l’injonction faite à l’école de se livrer à son extérieur en organisant l’impossibilité d’instruire (bonne recette pour produire des ghettos scolaires voués à la monotonie communautaire), l’abandon par les services publics de zones qu’on ne devrait pas appeler «urbaines» : en finira-t-on bientôt avec cette politique anti laïque et antirépublicaine qui n’est autre qu’un soutien à l’intégrisme politique ?

Alors oui, la France a effectivement un problème avec la laïcité. Ce problème ce sont nos états d’âme qui nous rendent sensibles aux discours compassionnels et culpabilisants ; ce sont nos états d’âme qui nous font regarder des communautés exclusives et féroces avec indulgence et qui conduisent même certains à désigner d’un index complice les cibles au bras meurtrier en susurrant l’accusation suprême – «islamophobe !» – ; ce sont nos états d’âme qui nous rendent perméables à la normalisation par le religieux à laquelle il faudrait «s’adapter», comme si la laïcité était antireligieuse. Ce problème c’est que nous n’osons pas imposer avec assez de force à nos «décideurs» la réappropriation du modèle politique laïque et de sa puissance libératrice.

Débat

Jean François KAHN* (le Soir  20/1/2015) :

 Jean-François-Kahn«  Prétendre que les tueurs djihadistes sont les enfants de l’injustice sociale (donc tout exploité , tout opprimé, tout chômeur est djihadiste en puissance) avant même d’être les produits d’un décervelage clérical mis au service du fanatisme religieux , est une connerie.  Mais la connerie , en démocratie, est un droit. »

* Agé de 76 ans, Jean-François Khan est journaliste et écrivain français.  En 1984, il crée « L’événement du jeudi » et en 1997, il crée l’hebdomadaire « Marianne » qu’il quitte en 2007. De 1982 à 2015, il  écrit pas moins de 38 essais.

 Philippe MOUREAUX *(twitter rapporté par LE VIF du 23/1/2015) :

 Philippe-Moureaux-« On est dans la cécité  par rapport aux vrais problèmes… : quand on prend des mesures contre les jeunes chômeurs , on augmente automatiquement le nombre de candidats djihadistes. »

* Agé lui aussi de 76 ans, Philippe Moureaux, historien et professeur honoraire de critique historique, a été un homme politique belge bruxellois (P.S.) jusqu’en 2014, année où son mandat de sénateur se termine. En 2012, il perd son mandat de bourgmestre (maire) de Molenbeek face à une coalition M.R./CDh/CD&V/Ecolo/Groen.

L’AWF invitée au 10e anniversaire du groupe de prospective de l’INSTITUT JULES DESTREE

Le 27 novembre 2014, l’ INSITUT JULES DESTREE  fêtait à Namur le 10ème anniversaire de son groupe de prospective, dans les locaux du Parlement Wallon, à Namur. Son directeur, Philippe DESTATTE, n’a pas hésité à ouvrir l’événement à l’Alliance Wallonie France : cinq administrateurs de notre mouvement participèrent aux travaux très intéressants sur l’avenir de la Wallonie.

Colloque Prospective-Parlement Wallon-2014-11-27De l’aveu des organisateurs, il n’y a pas assez de prospective en Wallonie. Une représentante de la Région Nord-Pas de Calais exposa les travaux en cours dans sa région où pas moins de douze personnes sont occupées à temps plein pour faire de la prospective de leur région. Ce n’est pas le cas en Région wallonne, où les moyens sont insuffisants.

Peut-être les membres de l’AWF ont-ils été perçus comme quelque peu incongrus dans ce cénacle au sein duquel la réunion de la Région wallonne à la France ne semble pas être un des thèmes de réflexion privilégiés. Cependant, il est assez évident que les aspects institutionnels font étroitement partie de quelque réflexion que ce soit en matière  de prospective…

Colloque Prospective-Parlement Wallon-2014-11-27

Au fil de discussions très intéressantes, nous avons donc pu énoncer publiquement notre analyse en trois points :

– La fin de la Belgique est inéluctable à court ou moyen terme. Dès à présent, la Flandre se comporte comme une nation.

– Chiffres à l’appui, une Wallonie indépendante n’est pas viable au niveau de ses finances publiques. Un état wallo-bruxellois ne l’est pas plus pour des raisons politiques (95 % des Bruxellois ne voient pas leur sort lié à celui de la Wallonie).

– Par défaut, la Communauté de destin avec la France s’impose. C’est le choix de la raison, de la solidarité interrégionale et du refus de sacrifier au minimum deux générations de Wallons sur l’autel d’une Belgique devenue mortifère pour la Wallonie. Le projet d’intégration-autonomie de la Wallonie dans la République doit être étudié et utilisé au mieux pour que sortent renforcés ET la Wallonie ET la France dans le respect de l’héritage wallon.

Colloque Prospective-Parlement Wallon-2014-11-27

Nous espérons que cette prise de contact avec cet Institut  qui porte judicieusement le nom de Jules Destrée, notre glorieux prédécesseur, aura des suites  intéressantes pour l’avenir le la Wallonie et de nos concitoyens. Nous avons convenu de rester attentifs aux travaux des uns et des autres.

Colloque Prospective-Parlement Wallon-2014-11-27Nous avons évidemment l’espoir que le débat sur la réunion de la Wallonie à la France prenne place sans tarder au sein des états-majors des partis politiques, des universités, des syndicats, de la presse belge et française, et , plus largement de l’ensemble des citoyens concernés.

 Merci à l’Institut Jules Destrée pour l’attention qu’il nous a réservée.

Georges-Henry SIMONIS

Appel

Nous croyons utile de rappeler que l’AWF est un mouvement citoyen pluraliste qui pratique le respect de l ‘Autre. Nous avons été d’autant plus anéanti par les événements qui ont ensanglanté la France.

Lors de ces événements tragiques, les djihadistes ont assassiné les dessinateurs de Charlie-Hebdo et des membres du personnel qui se trouvaient dans leurs locaux. Ils croyaient ainsi tuer la liberté d’expression. Coulibaly a tué à Montrouge une jeune policière parce qu’elle représentait l’ordre républicain. A la porte de Vincennes, le même assassin s’est attaqué à un magasin casher parce qu’il savait qu’il allait pouvoir assassiner des juifs. Quatre jeunes dont le seul tort était d’être juif y ont perdu la vie. Nous sommes conscients des errements du gouvernement d’Israël et des religieux juifs intégristes. Mais ici, il s’agit de jeunes français juifs bien intégrés sans rapport aucun avec le conflit israélo-palestinien qui ont payé de leur sang l’imbécilité de fanatiques.

Nous savons que certains nous en voudront de relayer l’appel de juifs laïques qui journellement sont l’objet d’injures, de menaces ou d’intimidations, mais nous sommes persuadés qu’il nous appartient d’avoir ce  moment de courage.

« Je suis avant tout Citoyen français et il n’est pas question pour moi d’aller vivre en Israël » : tels étaient les mots d’un jeune juif interviewé récemment par France 2. Nous voulons croire en des temps meilleurs où, en Wallonie comme en France, les Valeurs de laïcité républicaine prendront le pas sur le religieux, l’agnosticisme ou l’athéisme qui doivent accepter de rester dans la sphère de la vie privée de chacun.

Paul D.

                                  APPEL

Nous, Juifs laïques, qui plaçons le religieux et le non-religieux dans l’espace intime de chacun et séparons clairement la Synagogue et l’Etat, sommes d’abord et avant tout des citoyens à part entière, droits et devoirs réunis. Mais nous sommes aussi juifs, à savoir, membres d’une communauté, d’un peuple à la longue histoire, riche, belle et tragique, qui, depuis plusieurs années, sommes la cible d’insultes, d’injures, de menaces et d’agressions récurrentes. Plus dramatique, certains des nôtres tombent sous la torture ou les balles de tueurs qui puisent leur haine antisémite dans une instrumentalisation politique d’une religion, l’islam, aujourd’hui victime d’un abus idéologique mortifère. Pourquoi ? Tout simplement, parce qu’ils étaient juifs. Il est donc normal que nous soyons alarmés d’une situation européenne qui semble échapper à nos institutions démocratiques.

Nous demandons à nos amis, compagnons, sœurs et frères démocrates, croyants, agnostiques ou athées, de prendre toute la mesure de ce qui se passe. Il ne s’agit pas de la part des Juifs et de leurs organisations représentatives de revendiquer de supposés accaparement et monopole de la stigmatisation, du racisme et de la souffrance. Les Juifs ont une trop longue expérience de la persécution pour ne pas voir et reconnaître celle qui accable et peut détruire nos autres frères humains. Nous n’oublions jamais les génocides amérindien, arménien et tutsi, aux côtés du génocide juif, ainsi que la traite esclavagiste noire, souillure de notre passé. Ils sont dans la mémoire collective universelle comme autant de déformations immondes de la condition humaine. Nous voyons et sommes révoltés devant le massacre des chrétiens orientaux, victimes expiatoires des criminels soi-disants califats. Nous n’avons pas de mots pour qualifier le sacrifice des masses musulmanes, des enfants innocents, sur l’autel du terrorisme islamique. Nous dénonçons avec force l’islamophobie rampante et perverse qui gangrène notre vivre-ensemble et ronge le tissu social de nos quartiers et de notre démocratie.

Nous demandons aux citoyens européens, à toute personne sensible au drame qui frappe aujourd’hui les Juifs européens, de toute obédience religieuse et philosophique, de nous rejoindre dans le combat pour l’exercice libre, rien de plus, des droits démocratiques. Les Juifs, où qu’ils résident dans le monde, tout en étant attachés à leur tradition, à leur pratique religieuse, à leur culture, ont toujours voulu s’intégrer aux sociétés et nations qui les ont accueillis. Ils voudraient pouvoir continuer à vivre sans crainte de faire les courses, de visiter un musée, d’aller à l’école et au travail, de se rendre à la synagogue et dans les lieux publics laïques ainsi que de pouvoir s’exprimer librement sans l’ombre de noirs desseins.

Shalom à toutes et à tous.

Echange de courriels entre M. Paul Magnette, ministre-président de la Wallonie, et l’AWF

Petit rappel : en sa séance du 03 octobre 2014, le Conseil Général de l’AWF décidait d’envoyer un mémorandum intitulé « AWF, CAP 2015 » à plus de 5000 adresses électroniques de décideurs politiques, sociétaux, culturels et autres. Vous pourrez retrouver le texte en question puisque nous l’avons publié sur notre site le 30 décembre 2014.

Paul Magnette WallonieVeuillez trouver ci-dessous le chapeau qui accompagnait notre mémorandum ainsi que la réponse de M. Paul Magnette, et celle que nous avons envoyée à notre Ministre-Président wallon.

Le débat est lancé… Nous ferons en sorte qu’il se poursuive tout au long des lettres mensuelles que notre mouvement citoyen enverra au cours de cette année 2015 dans le cadre de notre opération « CAP 2015 ».

De : Durieux Paul [mailto:pauldurieux2003@yahoo.fr]
Envoyé : mardi 2 décembre 2014 19:05
Objet : AWF Cap 2015

Madame, Monsieur,

Le vendredi 28/11/2014, le professeur émérite de HEC-École de gestion de l’Université de Liège, Jules Gazon, s’exprimait lors d’une conférence intitulée « L’avenir de la Belgique et de la Wallonie ? » à la Maison de la Laïcité de Verviers.

Devant un auditoire d’une centaine de personnes, Jules Gazon a présenté le sort de la Wallonie quand celle-ci devra assurer son autonomie budgétaire. Après cinq années de sourdine (relative) à ses revendications communautaires, la N-VA a déjà averti que la mise entre parenthèses du « communautaire » cesserait.

Ses alliés CD&V et Open-VLD ne pourront qu’avaliser la volonté d’entreprendre une 7e réforme de l’État qui conduira au confédéralisme. Celle-ci touchera le cœur de la sécurité sociale et verra les transferts financiers nord-sud et la solidarité interrégionale s’évaporer.

Comme l’exprime le professeur Gazon, il est temps de dire la vérité des chiffres aux Wallons afin qu’ils puissent dès maintenant réfléchir et agir à la meilleure solution pour eux-mêmes, mais surtout pour leurs enfants et petits-enfants.

2015 sera l’année où l’option de l’intégration-autonomie de la Wallonie à la République française prendra place dans le débat qui concerne notre avenir.

Le fichier « AWF Cap 2015 » ci-joint vous éclairera sur les constats, l’analyse et les objectifs qui sont ceux de notre mouvement citoyen. Nous vous en souhaitons la meilleure lecture.

Cordialement,

Pour l’AWF,
Paul Durieux
Président

De : Paul MAGNETTE <paul.MAGNETTE@gov.wallonie.be>
À : « pauldurieux2003@yahoo.fr » <pauldurieux2003@yahoo.fr>
Envoyé le : Lundi 15 décembre 2014 14h17
Objet : Re: AWF Cap 2015

Cher Monsieur,

Votre courriel m’est bien parvenu et j’ai pris connaissance de l’appel de votre mouvement avec intérêt.

Je connais évidemment les arguments développés par le professeur Gazon et suis attentif à vos analyses qui ont le mérite d’appeler à la réflexion prospective, en ouvrant l’éventail des possibles.

Comme j’ai déjà eu l’occasion de l’évoquer, il est cependant un de vos « postulats » que je ne partage pas, à savoir la non‑viabilité d’une Wallonie qui dépendrait uniquement de ses propres forces et moyens et ce, même si telle n’est pas l’hypothèse que nous appelons de nos vœux.

D’une part, dans une réalité qui est par nature évolutive, je comprends mal voire regrette une position décrétant a priori qu’un peuple est inapte à assumer son destin. L’Histoire fourmille de contre-exemples et le concept même d’incapacité ou d’immaturité d’une population pose question.

D’autre part, quel que soit le contexte institutionnel dans lequel la Wallonie serait appelée à se trouver dans un avenir plus ou moins rapproché, je suis persuadé que le devoir actuel des représentants wallons mais aussi de chaque responsable et de chaque citoyen wallon est, justement, d’œuvrer au redéploiement économique et à la santé financière de notre Région.

Il en va du bien-être de ses habitants et du poids qu’auront les Wallons dans n’importe quelle configuration institutionnelle. Ce n’est qu’à la condition d’avoir repris en main leur développement économique que les Wallons seront en mesure de choisir plutôt que de subir leur destin. J’entends y œuvrer à la tête du Gouvernement wallon.

Heureux d’avoir pu vous faire part de ces réflexions, je vous prie de croire, cher Monsieur, à l’assurance de mes sentiments les meilleurs.

Paul Magnette

De : Durieux Paul <pauldurieux2003@yahoo.fr>
À : Paul MAGNETTE <Paul.MAGNETTE@gov.wallonie.be>
Envoyé le : Lundi 29 décembre 2014 21h49
Objet : Re: AWF Cap 2015

A M. Paul Magnette, Ministre-Président de la Wallonie,

Cher Monsieur Magnette,

Il est gratifiant pour un mouvement citoyen comme le nôtre de recevoir une réponse de la part du Ministre-Président wallon. Permettez-moi dès lors de vous remercier pour l’intérêt que vous portez à notre appel intitulé « AWF, CAP 2015 ».

Je me plairai tout d’abord à relever ce qui nous unit et qui relève de l’essentiel.

Je vous cite :  » …quel que soit le contexte institutionnel dans lequel la Wallonie serait appelée à se trouver dans un avenir plus ou moins rapproché, je suis persuadé que le devoir actuel des représentants wallons mais aussi de chaque responsable et de chaque citoyen wallon est, justement, d’œuvrer au redéploiement économique et à la santé financière de notre Région. « 

Nous n’aurions pu dire mieux.

Là se situe en effet exactement le défi qui est à relever et qui conditionnera le bien-être du citoyen wallon mais aussi le poids qu’aura la Wallonie, quelles que soient les configurations institutionnelles dans lesquelles ses représentants auront à négocier.

Vous aurez compris que l’Alliance Wallonie France considère la fin de la Belgique inéluctable. Un confédéralisme avec rupture du lien solidaire ne changerait pas la donne pour la Wallonie par rapport à la sécession du pays.

Nous estimons qu’à ce moment les Wallons auront pour l’essentiel à choisir entre l’indépendance éventuellement au sein d’une confédération belge ou une union à la France sous une forme à déterminer.

L’analyse du professeur Gazon dont les chiffres n’ont jamais été mis en doute par ses pairs montre que, sur base des données 2009, une Wallonie autonome n’est pas soutenable au plan des finances publiques. Elle démontre par ailleurs que la Wallonie intégrée à la France sous une option qui assure aux Wallons la solidarité française en matière de sécurité sociale, n’aurait qu’un effet marginal sur la dette publique et les besoins de financement publics de la France augmentée de la Wallonie, ce qui est de nature à évacuer toute opposition française à notre projet pour des raisons budgétaires. Mais ce faisant, la Wallonie autonome échappera aussi au scénario catastrophique qu’elle devrait subir si ses finances publiques, y compris ce qui lui ressortit au niveau fédéral,  devaient rester ce qu’elles sont.

J’ajouterai que lors de ses conférences, le professeur Gazon ne manque jamais de dire qu’une réalité est par nature évolutive, regrettant toutefois ne pouvoir se baser sur des chiffres plus récents qui sont pourtant connus des centres universitaires mandatés par les quatre principaux partis wallons et bruxellois.

Dire la vérité aux Wallons est un passage obligé pour amorcer le redressement wallon.

Monsieur le Président, vous êtes vous-même confronté à cette difficulté de faire comprendre la nécessité de s’attaquer à l’hypertrophie politico-administrative wallonne  et au clientélisme qui en a résulté. On perçoit bien votre volonté de changement et le courage politique qu’il postule.

Nous soutenons évidemment toute initiative de nature à redresser l’économie wallonne et nous serions heureux que vous puissiez y arriver. La Wallonie regorge en effet de talents et d’atouts.

Enfin, sachez que nous respectons le choix de ceux qui préfèrent pour l’instant l’indépendance à l’union à la France. Mais nous souhaitons que ce choix se fasse en connaissance de l’ « état des lieux ».

Pour l’heure, nous croyons que les combats des « indépendantistes » et des « réunionistes » convergent : faire valoir les atouts de la Wallonie ainsi que mobiliser les Wallons dans l’effort qu’implique nécessairement le renouveau.

A l’AWF, nous sommes demandeurs d’un débat, livres ouverts, sur l’avenir de la Wallonie.

A la tête du gouvernement wallon, vous entendez œuvrer à ce que les Wallons choisissent leur destin plutôt que le subir. Nous sommes faits pour nous entendre. Notre crainte toutefois serait que les Wallons évacuent l’option française par ignorance de la réalité. Et notre conviction est que cette option française sera le choix de raison à défaut d’être, pour certains, celui du cœur.

Que 2015 soit une année où un véritable débat démocratique s’instaure sur l’avenir de la Wallonie se situe parmi nos vœux les plus chers.

Veuillez croire, cher Monsieur Magnette, en l’expression de nos sentiments les meilleurs.

Paul Durieux

P.S. : vous autorisez-nous à publier notre échange de courriels sur notre site ? Merci d’avance pour la réponse que vous voudrez bien nous donner.

Paul Durieux

Bel exemple d’intégration en France grâce au parrainage républicain

Lu sur le site du « Figaro ».

La République met à l’honneur Lassana Bathily, le héros de l’Hyper Cacher

Le jeune homme peu avant le discours de John Kerry, le 16 janvier.
Le jeune homme peu avant le discours de John Kerry, le 16 janvier.  photo : Thibault C

Lassana Bathily, l’employé de l’Hyper Cacher de la porte de Vincennes, est naturalisé français ce mardi. Le ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, organise une cérémonie en l’honneur de ce jeune Malien de 24 ans, qui, le 9 janvier, a caché des otages d’Amedy Coulibaly dans une chambre froide du magasin puis est parvenu à s’enfuir. Une fois dehors, un temps soupçonné d’être un complice du terroriste, il a d’abord été longuement interrogé par la police avant de fournir de précieuses indications sur la configuration du petit supermarché qui ont permis de préparer l’assaut du Raid.

«Ce jour-là, j’ai perdu mon collègue, un ami (tué par Coulibaly, NDLR). Le plus dur, c’est d’oublier ces moments. Mais les félicitations me font plaisir», confiait ce week-end Lassana Bathily au Figaro (contenu reservé aux abonnés). Ce soir, à 18h30 place Beauvau, beaucoup de monde se pressera autour du jeune homme: des ex-otages et leurs familles, la direction du magasin qui l’emploie depuis deux ans, des élus parisiens, le préfet de police et des responsables des services qui sont intervenus le 9 janvier porte de Vincennes. Lassana Bathily a également invité plusieurs de ses amis. Ils sont nombreux depuis que le natif de la région de Kayes, terre d’émigration à l’ouest du Mali, est arrivé en France en 2006.

«Ce qui frappe chez lui, c’est sa volonté et son étonnante capacité d’adaptation»

Clandestin, l’adolescent de 16 ans s’inscrit d’abord à des cours de français puis à un CAP de peintre-applicateur dans le bâtiment. Il cumule ensuite les petits boulots avant d’obtenir sa régularisation en 2011. Une fois en règle, il est embauché dans l’Hyper Cacher et trouve un logement dans une résidence pour jeunes travailleurs à Paris. Partout où il passe, les commentaires sont positifs. Dans sa résidence où un dîner en son honneur a eu lieu jeudi dernier. Dans le club de foot où il fut un temps capitaine. Au supermarché fréquenté par une clientèle juive, où ce musulman pratiquant descendait dans la réserve pour faire sa prière. «Ce qui frappe chez lui, c’est sa volonté et son étonnante capacité d’adaptation. Il a le sens des situations et sait atteindre son but en douceur», note, par exemple, Denis Mercier, membre de la Ligue des droits de l’homme, qui est son «parrain républicain» depuis plusieurs années. De son côté, le cabinet du ministre de l’Intérieur a fait une rapide enquête avant de décider d’accélérer la demande de naturalisation que l’ex-clandestin avait déposée en juillet dernier. Pour constater que le jeune homme n’est pas fiché comme ayant commis une infraction et qu’il paie ses impôts.

Encore sous le choc du tourbillon dans lequel il est aspiré depuis dix jours – il a notamment rencontré François Hollande, le président du Mali, le secrétaire d’État américain John Kerry – Lassana Bathily ignore encore à quoi ressemblera l’après-attentat. «Pour le moment, c’est l’émotion. Je déciderai après. Je suis aussi inquiet pour ma famille au Mali. Je l’ai appelée mais ce n’est pas suffisant. Il faut y aller». Ce soir, après les discours, Bernard Cazeneuve remettra au jeune homme un passeport français. Une pétition pour la naturalisation de Lassana a été signée par près de 300.000 personnes.

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