Pierre Hazette sur le « Pacte d’excellence »

Il y a une semaine, le magazine Le Vif/L’Express publiait une carte blanche signée Pierre Hazette, qui exerça, faut-il le rappeler, les fonctions de ministre en charge de l’enseignement. Voici ce que cet homme sage, qui soutient l’AWF, a éprouvé le besoin d’écrire à propos du « Pacte d’excellence ».

Pacte d’excellence: « Prétendre à l’excellence sans mobiliser le travail, c’est mentir »

Peut-être s’est-il rouvert le champ des alternatives aux propositions accumulées dans ce qu’il est ou était convenu d’appeler le pacte d’excellence.

J’en salue la possibilité et je m’autorise quelques observations et suggestions que m’inspire l’expérience.

Je ne me réfère pas à un titre académique en psychologie, pédagogie ou psychopédagogie. J’ai été professeur, parlementaire, puis ministre dans le gouvernement de la Communauté française en charge de l’enseignement.

Cela, j’en conviens, il y a bien longtemps ! 

Voici une observation qui ne m’appartient pas en propre : elle s’impose en de multiples milieux ; elle est véhiculée par des institutions internationales : en Communauté française de Belgique, l’enseignement, quoique souvent réformé, va de mal en pis.

Aux résultats catastrophiques de nos étudiants en première année de l’enseignement supérieur, et singulièrement à l’université, s’ajoutent aujourd’hui les contreperformances des écoliers qui peinent à sortir du primaire.

Bref : cela ne va pas ; il faut faire mieux.

Il me semble que ce n’est pas en répétant de réforme en réforme les mêmes erreurs que la solution se fera jour. Mais où serait la solution ? Cherchons-la du côté de la vérité.

Le temps de travail proprement scolaire, c’est-à-dire le temps passé par l’écolier ou l’élève avec un instituteur ou un professeur s’est dramatiquement réduit. En deux générations, l’enseignement obligatoire est passé de 400 demi-jours par an à 180 jours qui comprennent les après-midis de congés, les journées blanches d’après examen, et les heures passées à la salle d’étude, faute de professeur remplaçant.

Or, il faut du temps pour enseigner, comme il faut du temps pour apprendre.

Conclusion

Il faut ajouter du temps au temps.

Je propose d’admettre dans l’enseignement primaire les enfants de cinq ans qui y resteront sept ans. Pour le reste, ce ne peut être le secteur des loisirs, ni l’industrie du tourisme, ni les centrales syndicales qui doivent dicter ou le moment, ou la durée des vacances scolaires. C’est tout simplement l’intérêt général, dont est dépositaire le gouvernement.

L’école est le lieu de la transmission des savoirs.

C’est dans ses murs que se situe l’apprentissage de la langue française, telle que nous l’ont livrée des auteurs exceptionnels, telle que l’ont préparée, pour les générations montantes, des grammairiens de génie.

Il n’y a pas de multiculturalisme qui tienne devant l’obligation qui s’impose à une communauté de langue et de culture françaises : la priorité, c’est la maîtrise de la langue, son respect, l’explication de ses subtilités, l’assimilation des particularités de son orthographe. C’est aussi l’ardente nécessité de faire naître et d’entretenir le plaisir de lire et de vérifier la compréhension du texte lu.

Un enseignement de qualité part de là. Comment concevoir, en effet, la compréhension des consignes en mathématiques ou en sciences, si le vocabulaire fait défaut, si les articulations du texte ne sont pas comprises ?

Dès lors qu’aucun compromis, aucun renoncement n’est admissible sur ce chapitre, il faut ouvrir le champ des possibles.

Enseigner aujourd’hui ne peut plus se concevoir sans une attention portée en permanence à des formes d’intelligence qui ont été ignorées ou méprisées par l’école traditionnelle.

A côté des enfants qui vont exceller dans l’usage de la langue ou que l’arithmétique fascinera, d’autres dessineront avec talent, trouveront à s’exprimer dans le travail du bois, les montages électriques ou les manipulations du clavier d’ordinateur, d’autres encore chercheront leur plaisir dans la musique ou les exercices sportifs. Les formes d’intelligence sont multiples et chacune peut ouvrir la voie à l’épanouissement personnel. Il n’y faut qu’une condition : L’enseignement fondamental, dès les premiers jours, doit être organisé pour les révéler toutes et leur assurer la même considération.

Mais « ouvrir le champ des possibles », c’est aussi offrir aux enfants, aux adolescents qui n’ont pas le français comme langue maternelle, qui ne le parlent pas et ne l’entendent pas à la maison, un enseignement qui tienne compte de ce handicap et s’emploie à le résorber par un horaire différent de celui appliqué aux autochtones. Sur ce point aussi, le renoncement est coupable même s’il se drape dans les plis d’une mixité sociale artificielle qui bafoue les libertés de choix de l’école, prérogative de la famille, contestée par l’idéologie régnante.

J’ai évoqué mon expérience ministérielle. Je puis, à ce titre porter témoignage. Des dizaines de professeurs du secondaire m’ont dit lors de ma tournée des écoles de Wallonie et de Bruxelles : 

– De grâce, Monsieur le Ministre, mettez un terme au passage automatique de première en deuxième année du secondaire.

Je les ai écoutés.

Or, l’orientation du prétendu pacte d’excellence allonge le tronc commun jusqu’à la fin de la troisième année du secondaire, avec l’intention de réduire les redoublements budgétivores.

Je suis convaincu que, sur rapport des instituteurs et au départ des observations fournies par les CPMS, tout le monde gagnerait à orienter les élèves vers des enseignements adaptés à leurs aptitudes. Il n’y a que du profit à tirer d’un adolescent bien dans sa peau devant un banc de menuisier, un banc de montage électrique, un bac de pâte à pain ou un plan de cuisine. C’est là que réside la solution au problème réel des redoublements excessifs.

Faut-il attendre que l’ado ait quinze ans et ait traîné son ennui, quand ce n’est pas sa rébellion, de classe en classe avant de lui ouvrir le champ des possibles ?

Faut-il imposer aux professeurs de cours généraux de freiner la marche de la classe pour tenter que des jeunes sans motivation rejoignent le groupe à l’arrêt ?

Faut-il continuer à sacraliser l’enseignement général et, par le fait même, mépriser les formations techniques et professionnelles, alors que la société prouve tous les jours leur utilité et leur nécessité ?

La vérité a des droits: un passage de classe se mérite, comme se mérite la rémunération d’un travail bien fait, mais on ne demande pas à un poisson de grimper à un arbre, ni à un oiseau de traverser un fleuve à la nage.

Imaginons donc des élèves bien dans leur classe, bien dans leur peau.

Tous les problèmes ne sont pas, pour autant, derrière nous.

Il est une équivoque qu’il faut lever.

La relation au savoir

Les connaissances ne sont pas figées ; elles évoluent à notre époque plus vite qu’à n’importe quelle autre. Les matières enseignées à l’école évoluent également. Il appartient au professeur d’assurer les connaissances de base indispensables à chacun, connaissances autour desquelles gravitent les innovations. C’est la mission fondamentale de l’enseignant. C’est en l’assumant qu’il établira les bases de son autorité. C’est la qualité de son savoir et la maîtrise de sa communication qui lui permettra d’intégrer les jeunes dans la continuité de la génération qui les précède, en d’autres termes de faire d’eux les acteurs en devenir de la société où ils sont appelés. Il ne s’agit pas d’endoctrinement, mais de susciter une adhésion critique, raisonnée, argumentée.

Le seul engagement requis des enseignants, c’est le ralliement, l’adhésion aux libertés constitutionnelles et aux droits de l’homme. Il n’y a là non plus aucun renoncement tolérable.

C’est là que se situent les réponses aux questions que lui poseront ses élèves, parfois désemparés par les problèmes de notre société.

Ceci posé, il appartient au gouvernement de restituer le professeur dans sa mission de transmission des savoirs et, par voie de conséquence, de l’aider, de l’inciter à construire sa personnalité, son identité professionnelles en s’intégrant lui-même dans un processus d’apprentissage tout au long de la vie.

La relation de l’école au pouvoir

La Communauté française a la compétence d’organiser l’enseignement francophone. Dépourvue du pouvoir fiscal, elle dépend pour son financement de l’Etat fédéral. Elle subventionne les écoles qu’elle n’organise pas elle-même. La loi de financement a été conçue pour contraindre la Communauté à une organisation moins coûteuse, en dépit même des évolutions, notamment dans l’enseignement supérieur, qui annonçaient des charges croissantes. Les difficultés financières sont récurrentes.

La suppression annoncée des provinces jette un éclairage nouveau sur la question. Si le pouvoir fiscal des provinces devait être transféré à la Région wallonne, la compétence de la Communauté en matière d’enseignement pourrait suivre la même voie.

Il y aurait dans cette réforme des moyens nouveaux affectables en Wallonie, tout au moins, aux besoins les plus évidents du secteur : les traitements, l’équipement, les bâtiments.

Je conclurai en citant un vieux sage Yazidi : « We have no other way to survive except through learning. »

Pierre HAZETTE, écrivain et ancien ministre de l’Enseignement de la Communauté française

Les nouvelles précieuses ridicules

En cette période d’un mois d’août pluvieux et d’une situation politique belge de langue française plutôt floue, rire un peu ne fera de tort à personne…

Est-ce vraiment rigolo ou… ?

A lire c’est croustillant on avance vraiment dans la bêtise.

L’éducation nationale fait des progrès dans la transmission de la langue française !!!……..

« Bloc mucilagineux à effet soustractif »… cela veut dire quoi?

Il est vrai que les femmes de ménage étaient devenues des « techniciennes de surface » et les aveugles des « non-voyants » (ben voyons), et les sourds depuis longtemps des malentendants…

Et contrairement à ce que l’on pourrait penser, il ne s’agit pas d’une  « évolution de la langue », mais de « prospective positive modernisée d’un mode de communication oral »… !

Déjà cet été, j’ai adoré les campings qui ne veulent plus qu’on les appelle campings parce que ça suscite instantanément dans l’esprit des gens l’image de Franck Dubosc en moule-boules ou de Roger et Ginette à l’apéro avec casquette Ricard et claquettes Adidas.

Donc les professionnels de la branche demandent que l’on dise désormais : « hôtellerie en plein air »… Ha ha, ça change tout !!!

J’ai aussi appris que je n’étais pas petite mais « de taille modeste » et qu’un nain était une « personne à verticalité contrariée ». Si, si !

Mais rendons à César ce qui lui appartient, l’empereur du genre reste le milieu scolaire et ses pédagos à gogo.

J’étais déjà tombée de ma chaise pendant une soirée de parents quand la maîtresse a écrit sur le tableau que nos enfants allaient apprendre à manier « l’outil scripteur » au lieu de tenir un crayon.

Je me suis habituée au fait que les rédactions sont des « productions  écrites », les sorties en groupe des « sorties de cohésion » et les élèves en difficulté ou handicapés des « élèves à besoins éducatifs spécifiques ».

Mais cette année, sans discussion aucune, la palme est attribuée au Conseil supérieur des programmes en France et à sa réforme du collège. Z’êtes prêts ?… Allons-y.

Donc, demain l’élève n’apprendra plus à écrire mais à « maitriser le geste graphomoteur et automatiser progressivement le tracé normé des lettres ».

Il n’y aura plus de dictée, mais une « vigilance orthographique ».

Quand un élève aura un problème on tentera une « remédiation ».

Mais curieusement le meilleur est pour la gym…Oups pardon !!! pour l’EPS  (Education physique et sportive).

Attention, on s’accroche : courir c’est « créer de la vitesse », nager en piscine c’est « se déplacer dans un milieu aquatique profond standardisé et traverser l’eau en équilibre horizontal par immersion prolongée de la tête », et le badminton est une « activité duelle médiée par un volant ».

Ah ! C’est du sportif,  j’avais prévenu !…

Les précieuses ridicules de Molière, à côté, c’est de l’urine de jeune félidé (je n’ose pas dire du pipi de chat).

Alors, les amis, ne perdons pas ce merveilleux sens du burlesque et inventons une nouvelle catégorie : la « personne en cessation d’intelligence », autrement dit, le con.

Signé Martine Meunier, mère d’une élève. Ah ! non, re-pardon… Martine Meunier « génitrice d’une apprenante ».

Ben oui, un « outil scriptutaire », c’est un stylo, un « référentiel bondissant », c’est un ballon, et, pour finir et revenir à l’objet de ce courriel, un « bloc mucilagineux à effet soustractif », c’est… une gomme !

Je pense que les « zzzélites » qui ont inventé de telles conneries n’en resteront pas là avant d’être tous en hôpital psychiatrique pour, voyons, voyons… ah ! oui j’y suis : « remédiation de cessation d’intelligence »…

Une avicultrice prend la parole

Notre amie Henriette Havelange tient à remettre les choses en place.

Chers amis,
que de bavardages sans connaître le monde de l’aviculture! Vous dites ne manger que des œufs 0 ou 1. Savez-vous pourquoi les éleveurs ont dû employer un produit plus performant ? Rappelez-vous le mois de juin, il fait très chaud et l’AFSCA demande aux éleveurs de confiner leurs poules (la grippe aviaire). Or, imaginez-vous le sol des poulaillers couvert de poules qui salissent partout jusque dans leurs mangeoires! Ajoutez la chaleur, les poux rouges se multiplient rapidement et infestent la volaille. Alors que faire ?

Et c’est alors que passe un démarcheur qui a belle allure et qui vend un produit bio, le remède miracle… 

Vous connaissez la suite. Et bien moi je vous dis que mes poules en cages répondent mieux à tous les critères d’hygiène et de salubrité que l’on est en droit d’attendre actuellement. Tout le bavardage et les avis de GAIA and co ne sont qu’un écran de fumée, une tromperie diffusée par nos médias à l’affût des événements sensationnels.

Et pourquoi ne poursuit-on pas les coupables au lieu de promettre un dédommagement avec l’argent public ?

A bon entendeur… salut,

Henriette Havelange

Le scandale des œufs traités au fipronil

Mais c’est quoi, au fait, le fipronil ? 

C’est un anti-parasitaire très puissant, couramment utilisé dans des produits vétérinaires destinés aux animaux de compagnie. Il permet de lutter efficacement contre puces, poux, tiques et acariens. Ce biocide, synthétisé par le groupe français Rhône-Poulenc dans les années 1980, a été commercialisé à partir de 1993.

En 2004, la plupart des pays européens (dont la France) a interdit son utilisation dans l’agriculture – le fipronil était accusé d’entraîner une surmortalité des abeilles – mais il reste autorisé en Belgique et aux Pays-Bas. Son usage chez des animaux destinés à la consommation humaine, comme les poules, est néanmoins interdit dans l’ensemble de l’UE.

Mais comment je fais pour acheter de bons œufs ?

Vous voilà avec votre caddie, au rayon œufs, avec l’embarras du choix. Impossible de deviner lesquels sont contaminés, mais vous pouvez en savoir plus sur leur qualité grâce à un code imprimé sur chaque coquille. Le premier chiffre indique le mode d’élevage de la poule, suivi de deux lettres correspondant au pays où l’œuf a été enregistré (FR pour la France, DE pour l’Allemagne, NL pour les Pays-Bas, IT pour l’Italie, BE pour la Belgique…), puis trois caractères identifiant l’élevage d’origine et les deux derniers donnent le numéro d’identification du bâtiment.

Le premier chiffre (0, 1, 2 ou 3) est donc capital, voici comment les décrypter : 0 pour les œufs bio ; 1 pour les œufs issus d’élevages en plein air ; 2 pour les élevages « au sol », où les poules ne vont pas à l’extérieur ; et enfin 3 pour les œufs provenant d’élevages en cage.

Informations puisées dans francetvinfo

Commentaire de l’ A.W.F. : ne serait-il pas utile d’interdire les oeufs catalogués 3 et 2 ? Il y va du bien-être animal ainsi que la santé des humains.

Joyeux enfants de la Bourgogne…

Par Georges-Henry Simonis

On ne connait pas suffisamment l’importance des liens qui unissent la Wallonie et la Bourgogne, spécialement en Entre-Sambre-et-Meuse.

Sans remonter à Philippe le Bon, ou aux foires médiévales qui attiraient nos ancêtres à Dijon ou à Troyes, je constate les liens qui se sont tissés grâce à de nombreux jumelages : Philippeville  avec  Saulieu, Couvin avec Montbard, Walcourt avec Chatillon-sur Seine, Ciney avec  Semur-en-Auxois, Florennes avec Longvic (Dijon), Silenrieux (Cerfontaine) avec Recey-sur-Ouche, Tamines (Sambreville) avec  Nuits-Saint Georges

L’amour du bon vin n’y est certainement pas étranger avec, dans ce domaine aussi, une différence bien belge entre les Flamands, plus attirés par les vins de Bordeaux qui leur parvenaient par bateaux, et les Wallons plus proches de ces routes terrestres devenues pour beaucoup des itinéraires de vacances classiques par Couvin, Charleville, Poix-Terron, Mazagran, Vitry-le-François…

Il est une autre raison, non moins honorable : au début de la guerre de 1914, de nombreuses familles wallonnes ont fui les hordes allemandes qui faisaient preuve d’une violence inouïe. On n’a pas assez parlé des massacres de Dinant ou de Tamines qui ont fait des milliers de morts, hommes, femmes et enfants…  Les Wallons ont trouvé en Bourgogne  une hospitalité exceptionnelle qui a laissé de nombreuses traces dans le cœur des gens. D’où tous ces jumelages plus que folkloriques. Les territoires ont de la mémoire…

Aujourd’hui, enfin, les Wallons s’émancipent peu à peu de la Belgique artificiellement créée au XIXème siècle pour se rapprocher de leur mère-patrie. Il ne me déplairait pas que les maires des communes concernées, et les comités de jumelage, participent à ce rapprochement en marche. Qui plus est, pourquoi la Région wallonne, et son nouveau gouvernement impromptu, ne pourrait-elle encourager ces rapprochements et en susciter d’autres, spécialement avec les Régions françaises les plus proches et les métropoles voisines ?

Ainsi, si Liège est déjà jumelée avec Lille et Nancy, et Tournai avec Troyes, Charleroi aurait tout à gagner à se rapprocher rapidement de Reims et de Dijon, en profitant de l’amélioration sensible des liaisons routières qui se profile enfin vers le Sud et, espérons-le, demain à l’Ouest vers la Haute Sambre, Maubeuge et les autoroutes françaises.

Qu’on se le dise ! Vive la France et vive la Wallonie !

André Flahaut passe aux aveux

Valmy souhaite partager ceci avec vous :

Je viens de lire un article intéressant sur levif.be.

Écrit par César Botero González, Militant du PS – Licencié en sciences politiques et science des religions. Voici son opinion (31/07/17 à 10:18 – Mise à jour à 11:35)

André Flahaut passe aux aveux

André Flahaut: « Si Elio Di Rupo part, il n’y a plus de parti! ».
Il se trompe et les militants apprécieront. Lorsqu’il n’y a plus de parti parce que son président part, le parti n’est pas un parti, c’est une bande des thuriféraires se trémoussant au va-et-vient de leurs encensoirs. Mais le PS, dans sa grande majorité, n’est pas de cet acabit, c’est tout autre chose.
Voilà l’aveu inattendu de l’un des affidés du président du PS. « A l’insu de son plein gré », il apporte la preuve de ce que j’ai affirmé dans Levif.be du 13/02/17 : « Le camarade président est persuadé d’être l’homme providentiel, irremplaçable et indispensable qui mènera le PS à la victoire aux prochaines élections. […] Ces individus qui se croient indispensables sont têtus comme une mule. » Pour preuve, il n’excluait pas, en juin 2016 d’être candidat à sa propre succession à la tête du PS en 2019. Cela ferait 24 ans de présidence ou plus s’il décide de se représenter en 2024 ou encore en 2028.
Merci, André Flahaut, avec votre aveu vous apportez de l’eau à mon moulin et du grain à moudre aux militants qui se demandent si vous n’êtes pas tombé sur la tête.

Elio Di Rupo est devenu l’homme providentiel et irremplaçable aux yeux et à cause de son entourage, grâce à une stratégie simple : vous me soutenez, je vous soutiens ; tu nous soutiens, nous te soutenons. C’est pourquoi, dans un langage marin, des ténors et des… sopranos du PS nous annoncent une catastrophe si Elio part. Ce fut d’abord Laurette Onkelinx : « ce serait scandaleux, alors que le parti est dans la tempête, que le capitaine dise : « je m’en vais ». Ce genre de dégagisme pourrait désagréger le parti ». Et récemment André Flahaut : « Quand la mer est démontée, que le navire tangue, le capitaine reste à bord et se bat. [… ] Si Elio di Rupo part, il n’y a plus de parti. »

L’encens trouble la raison dans les espaces confinés des hautes instances du PS et sème l’inquiétude parmi les militants. Voilà donc la confirmation de ce que l’on veut nous faire croire : Elio Di Rupo est le PS. Le Président-Soleil peut parodier le Roi-Soleil et se dire : le PS c’est moi. Et sans lui, pas de PS.

Le départ d’Elio Di Rupo ne suffirait pas à remonter la pente, mais ce serait le signe fort d’un nouveau départ pour un nouveau PS.
C’est le contraire qu’il fallait dire. Sans le parti il n’y a plus d’Elio Di Rupo et encore moins d’André Flahaut et autres Grands Propriétaires du PS. Ils ne seraient pas ce qu’ils sont. Même Di Rupo l’admet lorsqu’il s’exclame dans son discours du 2 juillet au congrès de « Les Lacs de l’Eau d’Heure » : « J’ai coutume de dire que la force du PS, ce sont ses militants ».

Olivier Maingain va plus loin en adoptant la formule d’une ancienne cheffe de parti : « Antoinette Spaak a eu cette jolie formule et je la fais mienne aujourd’hui : « le parti ne me doit rien, c’est moi qui dois tout au parti. Je dois ce que je suis à la force collective de mon parti, j’ai toujours voulu préserver cette force collective, tant mieux si, demain, d’autres poursuivent cette aventure. »  Sont-ils sincères ?

La déclaration d’André Flahaut permet de dégager quelques conclusions :
1. Quand les hautes instances entendent monter la gronde des militants d’en bas, la cour panique et sonne le tocsin dans les médias à la manière d’un chantage.

2. Si Elio Di Rupo est le PS, c’est lui le principal responsable de ce qui arrive au parti. C’est lui qui fait tanguer le navire quand la mer est démontée.

3. Si le capitaine Di Rupo ne peut pas abandonner le navire en pleine tempête, personne d’autre que lui ne peut le piloter bien qu’il ait contribué à le faire tanguer. Bizarre comme raisonnement. Dans ce genre de situation, on change de capitaine.

4. La cour le soutient parce que sans Elio, pas de cour. Elle lui est redevable de l’avoir mise en lumière, de l’avoir aidée à faire carrière. D’autres le soutiennent parce qu’ils rêvent de rejoindre la cour.

5. La figure du capitaine à la barre, au milieu de la tempête, véhicule un autre message : celui qui opposerait sa candidature à la présidence du parti à celle de Di Rupo commettrait quelques fautes graves : crime de lèse-majesté, atteinte à l’unité du parti et déloyauté.

6. Imaginons que des dirigeants plus jeunes et plus récents tiennent ce raisonnement : et si je posais ma candidature à la présidence du PS. Ce serait bien. La démocratie suppose la possibilité de choisir. Et puis, j’ai quelques idées novatrices pour réinventer le socialisme, galvaniser les militants, proposer d’autres horizons à nos citoyens.

7. Eh bien, non. Notre presque candidat finira par se dire : ça n’ira pas. Celle-là soutient Di Rupo bec et ongles, parce que s’il tombe, elle l’accompagnera dans sa chute. Et celui-là non plus pour les mêmes raisons. Si je suis candidat et je perds, c’est fini pour moi, « adieu veau, vache, cochon, couvée ». Je dois donc adhérer à la candidature unique d’Elio s’il décide de se faire réélire en 2019 par plus de 93.6% de voix comme en 2014 ou 97,6% comme un 2011. Afin d’éviter des élections dont on connait les résultats à l’avance, pourquoi ne pas le nommer à durée indéterminée, avec pleins pouvoirs irrévocables ?

8. Le travail des militants… bof… des colleurs d’affiches, distributeurs de tracts, organisateurs de boudin-purée-compote. Seul compte le travail d’un groupe réduit qui décide sans consulter les militants.

9. Les groupes de réflexion qui surgissent un peu partout dans le but de trouver des solutions à la crise du parti ne valent rien puisque le PS est Di Rupo et Di Rupo est le PS. « démocratique ».
Puisque le parti c’est Elio avec sa cour, la démocratie interne est ce qu’elle est et cela malgré le chantier des idées.

Parlons-en :
1. Après avoir été débarqué une première fois par le MR, Elio lance le chantier des idées. Le but était de « rendre la parole aux militants ». Il reconnaît qu’ils ne l’avaient pas. Pendant le chantier des idées et après non plus. En revanche, il l’a donnée aux experts. Les militants qui n’étaient pas d’accord avec eux avaient 3 minutes pour les réfuter ou parfois deux comme au cours du dernier colloque sur la démocratie interne. Comble de l’ironie. Les débats contradictoires brillèrent par leur absence.

2. Le chantier commença le 22 mars 2015 et se termina le 22 octobre 2016. Aujourd’hui, 28 mois plus tard, aucun militant ne connaît les comptes rendus de ses 15 colloques.
Voilà pourquoi André Flahaut, Laurette Onkelinx et d’autres courtisans, nous prédisent la fin du parti si le président-soleil partait.
Le cas Di Rupo impose une solution pour l’avenir : limiter les mandats de président du parti et des fédérations à deux maximum.
Le départ d’Elio Di Rupo ne suffira pas à remonter la pente, mais ce sera le signe fort d’un nouveau départ pour un nouveau PS. Le parti semble oublier que les électeurs de gauche sont beaucoup plus nombreux que les militants et que leur méfiance à l’égard des socialistes augmenterait si son président ne part pas. Tous ceux qui choisissent le PTB dans les sondages ne le choisiront pas dans les urnes si le PS montre une réelle volonté de changer radicalement. C’est le message des sondages.

Ne pas l’oublier non plus : si le parti part, il n’y a plus d’Elio Di Rupo et compagnie. Et puis, si un parti s’effondre après le départ de son président c’est parce qu’il n’aurait jamais dû exister. Le socialisme est une chose, les partis socialistes une autre.

Stratégie Flandre – Pays-Bas

Comment convaincre les Wallons qu’il ne sert à rien de courir après Mère Flandre. Maurice Bologne écrivait en préambule d’une réédition de « La Lettre au Roi » (Inst. J. Destrée, Charleroi, 1981) :  « …puisque le Flamand ne recule jamais  et qu’il a  la douce obstination têtue du fanatisme, sauf événements imprévus, on en reviendra au régime inauguré par le prince d’Orange en 1814 ». Le Bénélux en est un prélude.

Là, effectivement, il y a lieu de s’inquiéter lorsque la presse de Flandre décerne le titre de « numéro uno » à un Wallon et que  le bon peuple de Wallonie pousse ses gosses dans les classes d’immersion en néerlandais afin d’en faire d’inutiles bons bilingues car seul un Flamand détient cette qualité pour décrocher un emploi intéressant!

Valmy

La langue comme lien dans le mémorandum stratégique Flandre-Pays-Bas
17 juillet 2017, Theo Lansloot

Traduit du néerlandais

Le mémorandum stratégique flamand (voir Doorbraak du 14/07/2017) met, à juste titre, l’accent sur la langue commune des « Bas Pays ». En ce qui concerne la langue, le gouvernement, tant aux Pays-bas qu’en Flandre, a déjà effectué tout un travail.

Ainsi fut fondée l’Union Linguistique en 1980.

L’Union Linguistique

Cette institution intergouvernementale mène une politique commune sur le plan international au profit de la langue et de la littérature néerlandaises et en particulier dans l’Union européenne. Elle définit l’orthographe et la grammaire officielle et fixe une terminologie identique au bénéfice de la législation et des publications officielles. L’Union Linguistique, qui inclut aussi le Suriname et les Antilles néerlandaises est une réalisation majeure unique au monde.

L’union culturelle néerlando – flamande

L’espoir que l’Union Linguistique conduise à une Union culturelle néerlandaise-flamande  demeure vain jusqu’à présent. En 1993 et ​​1994, le Comité interparlementaire de l’Union Linguistique a adopté à l’unanimité une motion en ce sens.

Pour l’instant, cette union n’a pas été mise en œuvre sur base d’un prétexte : bien évidemment une langue mais deux cultures.

Le 17 Janvier 1995 les Pays-Bas et la Flandre ont bien signé à Anvers un traité culturel mutuel. Le 18 décembre 2008, la Seconde Chambre du Parlement néerlandais adopta une motion qui demandait au gouvernement d’élargir la coopération culturelle avec la Flandre sous l’égide de l’Union Linguistique. Une majorité politique s’exprimait ainsi pour une union culturelle entre les Pays-Bas et la Flandre. Cependant, il n’y a toujours rien.

La langue officielle

Depuis 1648, date de la création de la République des Sept Provinces Unies Néerlandaises, le gouvernement néerlandais utilise le néerlandais. La langue officielle fut néanmoins fortement influencée, dans la plupart des cas, par des calvinistes brabançons aisés qui émigrèrent du Sud vers le Nord et principalement vers le Randstad, la conurbation de l’ouest des Pays-Bas. Voilà pourquoi l’Eglise Réformée s’adresse encore à Dieu par le tutoiement brabançon « gij ».

En Flandre, la langue a parcouru un chemin beaucoup plus long. Sans la politique linguistique du Royaume des Pays-Bas (1815-1830), le néerlandais n’aurait pas survécu à 1830. Le Royaume-Uni, par ses arrêtés linguistiques, introduisit une renéerlandisation de nos régions. A partir de 1823, le « Nederduits » devint la langue de toutes les affaires publiques dans ce que nous appelons aujourd’hui la Flandre. La situation dans le royaume belge se révéla bien plus difficile. Une version officielle en néerlandais de la Constitution belge ne date que de 1967. Avant, cette version avait seulement le statut de la traduction. Ce n’est qu’en 1970 que les régions linguistiques furent fixées dans la Constitution. Depuis lors, les modifications ne peuvent y être apportées que par une loi spéciale.

La lutte linguistique en Flandre

Depuis 1830, la Flandre a dû attendre longtemps avant d’être autorisée à pouvoir vivre sa langue et sa culture de manière autonome. La suite de tout ça fut et est encore toujours un conflit linguistique. Cela est particulièrement vrai dans Bruxelles, sa propre capitale autoproclamée. Les Flamands négligent souvent leur langue et leur orthographe. Souvent ils s’en montrent encore trop fiers. Biens des mots n’appartenant pas à la langue officielle sont légion. Les médias pourraient, en ce domaine, jouer un rôle d’exemple influent et enrichissant.

La plupart, cependant, laisse largement à désirer.

Lors d’une récente visite d’Etat en Slovénie par le Premier ministre Charles Michel, ses interlocuteurs lui posèrent la question si, outre le français, le néerlandais était réellement parlé en Belgique. Sa réponse en vint à se résumer qu’il s’agissait d’un néerlandais nuancé.

Pourtant, même s’il n’a pas tout à fait tort, un ministre-président fédéral belge ne peut pas s’exprimer ainsi alors qu’il doit son poste à la majorité néerlandophone de ce pays.

Aux Pays-Bas, la langue se parle presque de la même façon qu’en Flandre. Le dialecte amstellodamois est aussi inintelligible que, par exemple, le dialecte anversois. Un conseiller communal du parti D66 a déjà proposé, en 2008, qu’Amsterdam adopte l’anglais comme seconde langue au profit des habitants et des touristes. A Bruxelles, le français tient ce rôle, non officiel. Voilà pourquoi le ministre-président Bourgeois fut particulièrement sublime à entendre lors de son discours du 11 juillet : « Les dialectes flamands peuvent être beaux mais pour l’espace public nous n’avons besoin que d’une seule langue : le néerlandais. C’est la langue qui unit tous les locuteurs néerlandais, également de par le monde. C’est la langue qui unit les anciens et les nouveaux flamands. »

Une confédération Flandres – Pays-Bas?

Le Français Charles Rogier, l’un des fondateurs de l’Etat belge, suggéra en 1860 d’ériger une Confédération des Pays-Bas. Cela n’a jamais été plus loin parce qu’en 1868 il fut poussé hors du champ politique.

Comme le mémorandum stratégique de 2017 vise à peu près à la même chose, il n’y a apparemment rien de nouveau sous le soleil. Que dans un temps prévisible, la Wallonie choisisse un régime communiste n’est peut-être pas étranger à ça.

Une Confédération Pays-Bas-Flandre s’élèverait dans la liste des dix populations les plus riches de l’Union européenne, ce qui n’est pas sans intérêt.

Les Pays-bas avec ses presque 17 millions d’habitants y arrive tout juste.

La population de la Flandre tourne actuellement autour des 6,5 millions d’habitants. Cet élément, ainsi que des considérations économiques et internationales devraient amener les Pays-Bas à y réfléchir.

Prix du gaz et de l’électricité en Wallonie

Les énergies que nous payons en Wallonie (gaz et électricité) ont un prix parmi les plus élevés d’ Europe. Lisez votre facture en détail et vous constaterez  que le coût de l’électricité et du gaz représente en soi, surtout pour l’électricité, moins de 50 % de la somme qui vous est réclamée.

La cause en revient à la société, différente selon le lieu où vous résidez, qui assure la distribution et le transfert de l’énergie. Ce sont ces sociétés qui se sucrent en vous facturant la location du compteur, la distribution de l’énergie, le transport de celle-ci, une redevance fixe, une taxe CV offshore. Votre facture se met alors à flamber d’autant plus que vous verrez des taxes venir s’ajouter : une cotisation (j’adore ce mot tellement mal choisi en l’occurrence) fédérale belge, une cotisation énergie et une redevance raccordement. N’oubliez pas d’y ajouter 21 % de T.V.A. et vous obtiendrez deux énergies particulièrement onéreuses.

Comment s’étonner dès lors que certaines couches de la population parmi les plus pauvres  peinent à régler le montant de leur facture ?

L’affaire se corse lorsque nous apprenons que ce sont nos fournisseurs, la société que vous choisissez (Engie-Electrabel, Lampiris, Luminus-EDF etc…) qui supportent la facturation de la totalité du prix qui vous est réclamé et donc les impayés.

Si le recours introduit par la Febeg, Engie et Lampiris pouvait aboutir, il serait bien que la région wallonne mette de l’ordre dans les prix prohibitifs réclamés par les sociétés qui assurent la distribution et le transport du gaz et de l’électricité. Ce serait tout bénéfice pour le citoyen wallon.

Paul D.

Lu sur 7s7
1/08/17 – 10h31  Source: Belga
Les recours sont introduits par la Febeg, la fédération belge des entreprises électriques et gazières (Febeg), par Engie Electrabel, et enfin par Lampiris.Les fournisseurs d’énergie ont introduit trois recours devant la Cour constitutionnelle contre un article du décret wallon prévoyant que tous les coûts liés à l’électricité et au gaz soient regroupés dans la facture du client final, rapporte mardi L’Echo.

Les recours sont introduits par la Febeg, la fédération belge des entreprises électriques et gazières (Febeg), par Engie Electrabel, et enfin par Lampiris.

Ils déplorent qu’en Wallonie, moins d’un quart des factures d’électricité concernent encore l’électricité proprement dite. Le reste couvre la distribution et le transport (41%), les certificats verts et les taxes et autres prélèvements.

Tous les risques
C’est pourtant le fournisseur qui est chargé de faire tout le travail de facturation vis-à-vis du client, en assumant les risques en cas de défaut de paiement.

En 2013, la Febeg avait chiffré les frais irrécouvrables supportés par les fournisseurs à 37 millions d’euros.

Pour une refondation du parti socialiste wallon

Le parti socialiste est malade et le mot est faible. Cela ne date pas d’aujourd’hui. Un ami socialiste me disait récemment : il n’y a pas si longtemps, avant une élection, nous nous posions la question de savoir si le P.S. dépasserait en Wallonie la barre des 40 %, puis la question fut de savoir si le P.S. dépasserait ou non les 30 %. Aujourd’hui, la question est de savoir si le P.S. atteindra les 20 % …  Tout est dit !

Ce qui est nouveau est la rapidité de la dégringolade depuis qu’Elio Di Rupo règne sans partage à la tête de son parti. Rappelons-nous son fameux « mon parti, c’est mon pays (entendez la Belgique)« , ou encore « en devenant premier ministre belge, j’ai sauvé la Belgique ». Son belgicanisme aura été et est toujours sans limite.

Paul D.

Willy Burgeon nous livre ses réflexions quant à l’avenir du P.S. wallon. Rappelons qu’un article signé n’engage que son auteur.

1. (En écrivant ces lignes, j’ai une pensée militante pour LIU XIAOBO, Prix Nobel de la Paix, mort dans les prisons chinoises parce qu’il défendait la Liberté.)

2. PS, 2 JUILLET : LE CONGRES DES TABOUS

2 juillet ! C’était le week-end du début des vacances. Comme d’habitude, après un mois de juin estival, la loi des vexations jouant, c’était le vent, la pluie et le crachin qui s’abattaient sur le site des lacs de l’Eau d’Heure. Pas bon signe !

Les congressistes étaient venus nombreux pour assister aux funérailles du parti historique, le PS, jusqu’ici et plus pour longtemps, premier parti de Wallonie et de Bruxelles.

On savait que le seul point à l’ordre du jour était le décumul financier ou intégral et le PS, influencé par le purisme ambiant, se divisa lamentablement en deux parties presque égales, permettant à la vindicte populiste, aidée par les médias, de traquer les élus pour toutes sortes de raisons raisonnées et déraisonnables.

3. Les tabous

Fort opportunément, la presse avait publié la veille un sondage qui abaissait le PS wallon de 32 % (2014) à 16 % et le PS bruxellois de 25,5% (2014) à 10,9 %. A la Chambre, le PS passerait ainsi de 23 à 11 Députés (pas de réaction des jeunes parlementaires ?!).

Le 19 juin, le Président du CDH, Benoit Lutgen, avait « enlevé la prise » pour reléguer le PS dans l’opposition en Wallonie. Mr. Lutgen a profité du déclin du PS pour se permettre une telle incartade, qui affaiblira la Wallonie et il revient maintenant à un petit parti de décider, sans élections, de quoi notre sort sera fait. La coprésidente d’Ecolo osa même l’insulte : « geste de salubrité publique » sans que cela n’amène la moindre réaction du Boulevard de l’Empereur au nom des 90.000 affiliés socialistes.

L’attaque frontale du CDh et le sondage ne furent jamais évoqués par personne au sein du congrès. Incroyable ! Ils étaient les sujets tabous. Courage, fuyons ! Le PS planait sur le nuage noir de sa division.

Le congrès aurait eu un sens si Elio Di Rupo et les responsables du gâchis avaient fait « un pas de côté ». Il n’en fut rien.

Au contraire, le personnage central de ce congrès fut celui qui incarne le plus le « cumulard-parvenu » typique, parce qu’il est, faut-il le rappeler :

  • Président du PS ;
  • Député ;
  • Bourgmestre de Mons ;
  • Il est le doyen des Présidents de parti du pays : vive la jeunesse !

Et comme charité ne commence jamais par soi-même, gageons qu’il fera tout pour se maintenir à ces postes, même s’il faut changer les statuts, ça s’est déjà fait.

4. Analyse des causes du déclin du PS

Rétablissons un certain nombre de vérités .

– Le PS est en déclin depuis les élections communales de 2012 où il a perdu 2% en Francophonie mais 7% en Hainaut et 10% dans le Canton de Mons, le fief d’Elio Di Rupo qui était Premier Ministre. Il y a donc belle lurette que le ver est dans le fruit et bien avant Publifin. Et puis ce fut la déglingue, jamais le PS n’avait perdu de voix en étant dans l’opposition (1).

– Si Elio Di Rupo avait fait son travail de Président, il aurait su ce que gagnaient les mandataires, y compris ceux des intercommunales, puisqu’ils doivent verser 10 % de leur salaire à l’ASBL Fonsoc, instance financière du PS. Un simple contrôle comptable aurait suffi.

– Le PS a reçu deux coups de Jarnac résultant de deux pathologies. Le premier provient de l’exclusion des jeunes chômeurs du paiement des allocations d’insertion (2). Aujourd’hui, ils sont 37.007 dont 67 % de jeunes Wallons. Plutôt que d’accepter cette humiliation et cette injustice, il fallait quitter le gouvernement pour que la misère ne s’étende pas. Mais la pathologie du pouvoir, ça existe ! Le second, les affaires du Samusocial qui heurtent et sont impardonnables pour toute conscience socialiste. La pathologie du fric !

 5. Et l’avenir ?

Le sommet du PS table sur le congrès de réflexion du 24 septembre pour se refaire une virginité. Le Parti continuera à sombrer si c’est la génération actuelle qui s’en occupe car elle n’est plus crédible au sein de la population. Et puis tout sera écrit pour ne pas déplaire à la belgitude qui a été encensée par le tout dernier Premier Ministre socialiste…

Il n’y a plus rien à perdre : le PS doit avancer des idées nouvelles qui rompent avec le conformisme issu du néo-libéralisme et qui renouent avec le Socialisme qui représente, dans son essence même, la dignité de l’humanité.

Le PS aura un avenir si :

  • Le Président actuel démissionne.
  • Le congrès de réflexion est reporté au printemps 2018.
  • Si un plan de relance est élaboré qui se base sur la mobilisation des moyens disponibles qui existent (la preuve : 35 milliards ont été trouvés pour amortir la crise financière de 2008, les multinationales ne sont imposées qu’à raison de 7%, la fraude fiscale n’est pas sérieusement combattue etc…etc…), sur la planification et l’initiative publique industrielle pour promouvoir l’emploi, le social et l’écologie et, de façon transversale, la formation, l’éducation et la culture.

L’expérience positive du Plan Marshall sera intégrée dans le plan.

6. Le plan fera appel à la créativité de l’Action Commune Socialiste avec recours à la citoyenneté

Un Congrès des socialistes wallons est convoqué (étouffé par Elio Di Rupo depuis son accession à la Présidence : on mesurera, plus tard, combien ce dernier a négligé la Wallonie et appauvri intellectuellement le PS au profit de la communication tout à son service) pour dégager des priorités pour la Wallonie dans tous les secteurs, avec référence au plan de relance, et réfléchir particulièrement sur le sort de la Wallonie après la cessation du mécanisme de solidarité interrégionale en 2025, en n’éludant aucune question notamment le rattachement de la Wallonie à la France.

Cette liste n’est pas exhaustive.  L’Action Commune Socialiste et la société civile seront sollicitées en veillant à ce que l’imagination et la libre expression soient au pouvoir.

 7. Conclusion

Je n’ai jamais cessé de dénoncer ce qui animait Elio Di Rupo : les motifs personnels, pas le bien public, ni l’idéologie socialiste.

En décembre 2011, j’ai refusé de voter, j’étais le seul, son projet gouvernemental au congrès d’approbation du PS. Aujourd’hui, les faits me donnent raison et je n’en éprouve aucun plaisir.

Si le PS et l’Action Commune Socialiste veulent survivre (car leurs destins sont plus liés qu’on ne le croit), il faut une mobilisation de tous les socialistes pour repartir sur d’autres bases. Il n’est pas question, dans mon esprit, de « putsch » mais plutôt de révolution silencieuse. Même pour cette dernière, il faut du courage.

Enfin, Elio Di Rupo doit comprendre qu’il est temps qu’il parte s’il ne veut pas être chassé dans l’indignité. De toute façon, l’Histoire le jugera !

Le 17 juillet 2017,

Willy Burgeon

Militant socialiste (section de Leval-Trahegnies)

Président honoraire du Parlement Wallon

(1) J’ai connu, au Bureau du parti, tous les Présidents du PS depuis Léo Collard, dans les années soixante, jamais ce ne fut aussi catastrophique qu’aujourd’hui. Je garde un très grand souvenir d’André Cools et de Guy Spitaels.

(2) Cfr la brochure produite par l’IWEPS : « Allocations d’insertion- Témoignages, mondes vécus et systèmes, recueil et analyse de témoignages de personnes exclues des allocations d’insertion ».

Magnette laisse la place à Borsus

Paul Magnette (PS), rendu célèbre bien au-delà des frontières de la Wallonie et notamment en France par son combat contre le CETA (traité commercial entre le Canada et l’Union Européenne) est victime de la politique insensée imposée par son président de parti, Elio Di Rupo.

Relégué dans l’opposition suite au lâchage de Benoît Lutgen, son partenaire au gouvernement et président du  cdH (parti centriste démocrate chrétien), il se voit contraint de laisser la présidence du gouvernement wallon à Willy Borsus (MR – parti de centre-droit), nouvel allié du cdH. Désormais, la Wallonie est dirigée par une majorité MR-cdH. Les défis qui l’attendent sont immenses.

Saumane

  • 29 juillet 2017 11:58

 © BELGA

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Le MR Willy Borsus a rencontré son prédécesseur le PS Paul Magnette à l’Elysette pour la passation de pouvoir à la tête du gouvernement wallon.

Le désormais ex-ministre-président du gouvernement wallon Paul Magnette (PS) a cédé la présidence du gouvernement wallon à son successeur Willy Borsus (MR), samedi matin lors d’une rencontre à l’Élysette. Cette passation a été l’occasion pour les deux hommes politiques de discuter des différents dossiers en cours, mais surtout des enjeux et des défis à relever dans un futur proche.

Après une rencontre de 45 minutes, Willy Borsus est devenu officiellement le nouveau ministre-président du gouvernement wallon. « J’ai veillé à transmettre tous les dossiers dans le meilleur état possible et sur tous les sujets parce qu’il est important que la Wallonie continue de fonctionner », a déclaré Paul Magnette en sortant de la réunion. Le bourgmestre de Charleroi s’est dit serein et prêt à entamer une nouvelle vie.

Quant à la possibilité d’obtenir des indemnités de sortie, l’ex-président a déclaré que si c’était le cas, il utiliserait cet argent notamment pour faire des dons pour des oeuvres sociales par exemple.

De son côté Willy Borsus a tenu à souligner le professionnalisme de son prédécesseur et la façon dont ce dernier a organisé la transmission d’un certain nombre d’informations. « Le contexte est décicat et les enjeux à relever sont aussi énormes. On sait qu’il y a beaucoup de défis à relever tant socio-économiques que budgétaires et j’ai un sentiment de responsabilité aujourd’hui avec des dossiers qui nécessitent, pour certains, des décisions rapides », a souligné le ministre-président.

En ce qui concerne les dossiers plus concrets, dont celui lié aux armes et à l’Arabie Saoudite, Willy Borsus a demandé un peu de temps afin de les étudier et d’avoir les concertations nécessaires avant de se prononcer sur des mesures à prendre. La première réunion formelle du nouveau gouvernement est prévue jeudi matin.

Source: Belga, L’Echo

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