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La fin est proche…

Une carte blanche de Jules Gheude publiée aujourd’hui sur le site du journal Le Soir.

Est-ce la fin de la «suédoise»? Si oui, ce pourrait être aussi la fin du pays!

Nul besoin d’être devin pour dire que 2018 se présente mal pour le Premier ministre.

En annonçant que la question énergétique fera l’objet de la campagne électorale en vue du scrutin de 2019, le président de la N-VA, Bart De Wever, vient en fait de toucher l’embarcation suédoise. Il répond ainsi à Charles Michel qui, il y a quelques jours encore, soulignait qu’il ne laisserait personne torpiller le pacte énergétique et que celui-ci devrait être approuvé dès le début 2018.

Nous sommes ici bel et bien confrontés à un casus belli au sein du gouvernement fédéral.

S’il faut en croire L’Echo, tant sur le fond que sur la forme, c’est aujourd’hui le ras-le-bol (quasi) généralisé au MR par rapport à la N-VA.

Le problème, c’est que Charles Michel ne dispose d’aucune marge de manœuvre. Evoquant le dernier baromètre politique (le PS est talonné par le PTB), Paul Magnette a clairement fait savoir que le PS avait tout intérêt à rester dans l’opposition. Une démission du gouvernement ne pourrait donc qu’entraîner des élections législatives anticipées, dont les résultats offriraient l’image d’un pays à deux visages, l’un regardant vers la droite, l’autre vers la gauche.

En 2010, la démission du gouvernement Leterme avait engendré une crise de 541 jours. Aujourd’hui, l’éventualité de ne plus pouvoir mettre sur pied une équipe fédérale est loin de relever de l’utopie. Or, qu’est-ce qu’un Etat sans gouvernement, si ce n’est un Etat qui n’existe plus !

En 1981, soit 25 ans avant le fameux « Bye bye Belgium » de la RTBF, François Perin avait écrit : « Cela fait des années que je pressens ce qui va arriver. (…) Après d’éventuelles élections (…), le malheureux chef de l’Etat se mettra à courir après un gouvernement introuvable : la Belgique peut disparaître par implosion. (…) Qu’est-ce qui empêcherait les Flamands de proclamer unilatéralement leur indépendance et d’affirmer leur nation ? Ils ont créé tous les instruments de leur future légitimité. »

Pas de cohabitation sereine

A l’instar de François Perin, nous n’avons jamais ressenti la Belgique. Depuis sa création artificielle en 1830, elle n’a jamais cessé de se chercher.

Six réformes institutionnelles n’ont pas réussi à engendrer une cohabitation sereine des deux grandes Communautés. Sans doute aucune goutte de sang n’a été versée, mais force est de constater que la complexité extrême de l’organigramme politique est aujourd’hui un facteur majeur de paralysie. La saga du RER et des nuisances sonores au-dessus de l’aéroport de Bruxelles, l’impossibilité de construire un stade « national » sont autant d’éléments qui témoignent d’une profonde déliquescence. Jean Quatremer, le correspondant du journal français Libération à Bruxelles, a parfaitement décrit la situation : « Cinquante ans de luttes communautaires entre Flamands et Wallons (…) ont conduit le royaume dans une voie sans issue : impotence, incompétence, irresponsabilité. »

Entre le Nord et le Sud, le fossé économique est béant : la Wallonie affiche un taux de chômage deux fois supérieur à celui de la Flandre. En 2016, celle-ci a exporté pour 205,7 milliards d’euros, soit près de 5 fois plus que la Wallonie (42,6 milliards). On n’ose imaginer le sort de la Wallonie en 2020, lorsqu’elle sera privée des quelque 6,5 milliards d’euros de transferts financiers en provenance de la Flandre !

Une nation bien réelle

Les partis séparatistes flamands sont aujourd’hui crédités de quelque 40 %. Et l’on commettrait une lourde erreur en pensant que cette mouvance est absente des autres formations politiques. Les déclarations du député CD&V Hendrik Bogaert sont là pour nous le rappeler !

L’ancien éditorialiste du Standaard, Manu Ruys, vient de décéder. Il avait écrit, en 1973, Les Flamands, dont le sous-titre est éloquent : Un peuple en mouvement, une nation en devenir.

Cette nation existe bel et bien aujourd’hui, comme le précise le préambule de la « Charte pour la Flandre », adoptée en 2012 Et rien ne pourra l’empêcher de devenir à terme un Etat !

Les leaders francophones ne prennent pas conscience de cette réalité. Tout se passe pour eux comme si la Belgique était vouée à l’éternité. Les émissions télévisées « Place royale » et « C’est du belge ! » sont là pour entretenir la fibre « patriotique » !

Voilà près de dix ans que j’exhorte les responsables politiques wallons à réfléchir à cette hypothèse de scission de la Belgique, hypothèse dont le sage Xavier Mabille, alors président du CRISP, avait dit en 2006 qu’il ne fallait en aucun cas l’exclure. Une seule solution

Les travaux approfondis que nous avons personnellement menés et qui ont fait l’objet de publications, démontrent que seule une intégration de la Wallonie à la France, avec un statut de large autonomie, pourrait constituer une solution réaliste.

Jacques Lenain, ce haut fonctionnaire français aujourd’hui retraité, a approfondi la question. Il s’en est entretenu avec le constitutionnaliste Didier Maus, lequel confirme : « Il serait parfaitement possible de créer un titre spécial ‘De la Wallonie…’ qui contiendrait une mini-Constitution sur mesure pour la Wallonie. Il en découle que, sur le fondement de cette mini-constitution, il serait parfaitement réalisable de conserver en l’état, au moins pour l’essentiel, et pour une durée à déterminer le droit belge du travail, celui de la sécurité sociale, et certains droits ‘connexes’, des pans du droit fiscal, le droit des affaires, du commerce, etc. La région wallonne, et aussi la région bruxelloise si la question était posée, conserveraient les compétences qui sont aujourd’hui les leurs, y compris le système éducatif, avec l’enseignement supérieur. Ce ne serait pas une difficulté de faire de la sorte puisqu’il en est déjà ainsi, même si c’est avec moins d’ampleur, dans certains territoires français (…). »

Nous avons la chance énorme de relever d’un cadre général que le Wallon André Renard qualifiait lui-même de grand flambeau, de grande lumière de culture. Ne sommes-nous pas, en effet, des Français que les hasards de l’Histoire ont contraints de vivre en dehors de l’Hexagone ?

Evoquant cette intégration de la Wallonie à la France, Jacques Attali, l’ancien conseiller du Président François Mitterrand, a déclaré : « C’est un beau débat. Qu’il commence ! »

Polices spéciales ?

Par Jean-Luc Lefèvre
Une fois de plus, Francken témoigne d’une imagination délirante.
Parce qu’il espère qu’une police spéciale, labellisée « étrangers », osera se frotter à des émeutiers, ce que la police ordinaire n’ose plus, parfois ? Parce qu’il croit que cette police sera capable d’un tri sélectif de nature à séparer le bon grain (des extrêmes gauche et droite) du mauvais (basané), parce qu’il s’aventure, dans le cadre d’un régime démocratique, sur les pas d’un étrange (pour un nationaliste N-VA) communautarisme : demain, une police des mœurs pour sanctionner, comme en Iran, les agressions sexuelles en rue, demain, une police consacrée aux dégradations syndicales sur la voie publique, demain une police chargée de réprimer les nuisances sonores des plus jeunes pour garantir la sérénité vespérale des aînés…? Demain, peut-être, pour mieux spécialiser les forces de l’ordre, des « bataillons de la mort », des « sections spéciales », comme en Argentine ou dans la Grèce des colonels ?
Au secours ! Ce bonhomme est vraiment dérangé !

Droit international

Par Jean-Sébastien Jamart

MERCI DE PARTAGER TOUS AZIMUTS

NON à l’exécution d’un mandat d’arrêt international (espagnol) contre le président catalan réfugié à Bruxelles !

Si le président catalan est poursuivi en Espagne et fait l’objet d’un mandat d’arrêt international, c’est uniquement vu son comportement politique à la tête de la Catalogne. Les reproches qui lui sont faits n’existent d’ailleurs pas en droit belge. Pourrait-on imaginer un homme politique flamand ou wallon qui serait poursuivi par tous les tribunaux parce qu’il souhaiterait que la Flandre ou la Wallonie devienne indépendante ?

Un mandat d’arrêt international vise essentiellement les comportements terroristes et criminels et ne peut s’appliquer à des comportements politiques. Il est regrettable qu’une partie de la classe politique francophone appuyée par quelques pénalistes du régime ne soit pas plus critique sur le fonctionnement de ce mandat et considère qu’il doit être exécuté purement et simplement.

La Belgique est une terre d’accueil et elle doit regarder à deux fois avant de satisfaire les demandes obsessionnelles d’un Etat qui perd le sens de la mesure.

Pendant son séjour en Belgique, le président PUIGDEMONT ne doit donc être ni arrêté ni remis aux « autorités » espagnoles.
Que cela ne plaise pas à l’Europe ou à l’Espagne n’est pas le problème !

Mépris démocratique

J’ai bien écouté la conférence du Président catalan. Je pense que son tort est d’avoir cru et de croire encore que l’Union européenne est une institution démocratique et aussi d’avoir cru que l’Espagne était devenue une démocratie.

J’ai aussi été frappé par « l’objectivité, l’écoute et la neutralité » des journalistes présents qui n’hésitaient pas à utiliser des termes comme  » vous et vos complices » ( sous-entendu : les millions de Catalans qui vous ont porté au pouvoir)…  Quel mépris !

Claude Thayse

Grisailles d’automne… mais projets printaniers !

Par Georges-Henry SIMONIS

« La Wallonie doit sortir des clivages stériles pour relever la tête. Fièrement et d’urgence. Elle n’a plus le choix. »

J’emprunte cette phrase à l’article de Olivier MOUTON, journaliste au Vif/L’express, qui propose avec intelligence et grand talent une thérapie de choc pour la Wallonie  (n°24 du 03.11.17). J’ai l’impression que, depuis quelques mois, le temps s’est arrêté et que rien ne se dessine  à l’horizon de la Belgique. Il y a un an, j’avais écrit une petite plaquette sur « l’après-confédéralisme belge », où j’espérais des pistes structurelles nouvelles pour la Wallonie  et pour Bruxelles, notamment au prix d’un élargissement de la majorité gouvernementale de l’époque.

Certes, il y a eu un changement de majorité impromptu en Wallonie, les méandres liés à PUBLIFIN et son contexte provincialo-affairiste, ou encore le samu-social de Bruxelles : tout cela n’a pas éclairé le tableau !

Certes, il y a eu des progrès en matière de bonne gouvernance.

Il y a eu aussi des proclamations incantatoires sur la nécessité d’approfondir ou d’élargir le plan Marchal et d’accélérer le redressement de la Wallonie, mais rien de bien neuf. On dirait qu’il n’y a plus d’horizon ni de ligne de mire.

Rien de très visible sur les réformes institutionnelles : sénat, provinces, monarchie protocolaire, intercommunales. On pouvait les croire imminentes.

Rien sur la Fédération Wallonie-Bruxelles, malgré les disfonctionnements criants, et la nécessité de rapprocher enseignement et formation du monde des entreprises.

Rien sur l’élargissement de Bruxelles aux 25 communes, et à de nouvelles institutions régionales bruxelloises cohérentes.

Rien sur les conflits communautaires omniprésents : RER, SNCB, Zaventem, matériel militaire, politiques commerciales internationales des régions…

Le fédéral n’est pas en reste si on s’intéresse à la déstructuration organisée de la Justice, à l’absence d’indemnisation juste des victimes des attentats criminels, ou encore au manque de coordination des services de renseignements…

En outre, des échéances électorales se profilent, avec les risques de particratie étroite  et de mainmise excessive des présidents de partis comme on l’a vu cet été. Cela n’augure rien de bon pour des réformes structurelles dûment et calmement raisonnées.

Je retiens de ces derniers mois la conviction que les solutions dépendent largement des pouvoirs régionaux.

En Wallonie, et sans doute à Bruxelles aussi, peut-être faut-il s’inspirer de la nouvelle philosophie politique à la française surmontant les clivages anciens… Mais il y a peu de chance de voir en Wallonie un front commun associant socialistes, libéraux, écologistes, et autres…

Un  débat en profondeur sur l’avenir de la Wallonie risque de ne pas exister au sein du monde politique francophone.

Ne faut-il pas dès lors rendre la parole aux citoyens ?

Les gens sont inquiets, et souvent à juste titre, de la précarité dans laquelle ils sont contraints de vivre, et des menaces qui planent sur leur avenir et celui de leurs enfants.

Pour redonner une ligne directrice à la Wallonie, revendiquons du Gouvernement et du Parlement  de Wallonie l’organisation rapide d’états généraux de Wallonie.

Ce sera aussi pour nous, Alliance Wallonie France, citoyens qui ont fait le choix d’une intégration à la République Française tout en maintenant une certaine autonomie régionale wallonne, de faire entendre nos voix.

Tel est l’horizon nouveau que nous proposons avec conviction à la Wallonie pour Demain.

Et tant mieux si la région de Bruxelles, engluée dans le maintien d’une sorte de Fédération Wallonie/Bruxelles, réalise aussi des états généraux de Bruxelles.

Qu’en pensez-vous ?

G-H Simonis                                           04.11.17

Et si on privatisait l’armée belge ?

VALMY revient à son tour sur la question du remplacement des F-16 de la « Composante Air » de l’armée belge.

Les éditorialistes du Mouvement flamand, moins toursiveux que les politiques, admettent que si les Wallons souhaitent acheter des Rafales, pourquoi les Flamands ne pourraient-ils pas acheter selon leurs choix ? (Lire ici l’article de Theo Lansloot dans le Doorbraak.) Alors que les « élites et gouvernants » restent au balcon, la Wallonie rattachiste se doit donc de faire entendre sa voix.

Georges-Henry Simonis pose la question d’importance : « …pourquoi ne pas rattacher complètement la marine belge à la marine néerlandaise… ? » Certes, « ça ressemble à une évidence géographique, et même historique qui engendrerait d’importantes économies » (pas de marine militaire avant la création de la section belge par Victor Billet en Grande-Bretagne en 1942), mais que faire des équipages wallons ?

Ne pourraient-ils choisir entre demeurer au service des héritiers de l’Amiral Michiel de Ruyter ou choisir les vaisseaux des héritiers de Surcouf ou de Jean Bart au sein de La Royale ? La Marine Nationale utilise les mêmes chasseurs de mines Tripartite; le commandement de la zone maritime Manche et Mer du Nord est basé à Cherbourg (autre chose que Den Helder…) et elle engage selon les mêmes critères. Ne pas perdre de vue que les navires et les installations portuaires « belges » sont de facto flamands. Les ports d’Antwerpen et de Zeebrugge, le Musée de l’Afrique à Tervuren, sont belges pour les investissements et flamands pour les retombées financières et le titre de propriété… Les Belges ne l’ont toujours pas compris !

Quant à la force aérienne belge, elle s’organise selon ses maîtres flamands à l’heure de l’OTAN et ceux-ci ne conçoivent pas les appels « à la sagesse la plus élémentaire ». Ils font tout pour se rapprocher des Néerlandais et ils n’ont cure de la « perspective européenne de défense ». Une escadre aérienne française se compose de 18 à 24 appareils. Aux experts wallons d’établir le nombre de Rafales à baser à Florennes. Cela permettrait d’insérer cette base wallonne dans le dispositif français de défense. Aux Flamands d’établir le nombre de F35 à acheter en tenant compte des désidératas néerlandais afin d’inclure Kleine-Brogel dans le dispositif néerlandais de défense. Rien d’alarmant, personne ne quitte l’OTAN !

La présente problématique contient en germe la régionalisation de l’armée belge. Inconcevable et horrifiant ? Non, évidemment, puisque toutes les armées de l’OTAN ne connaissent plus la conscription nationale et citoyenne (Valmy, c’est fini !) mais bien la « professionnalisation », soit une forme officielle de « mercenariat ». Voilà qui ouvre des perspectives plus qu’intéressantes ! De l’audace, encore de l’audace et…de l’imagination !

Pour Vincent Dujardin, professeur d’histoire contemporaine à l’UCL, « l’armée est importante pour notre sécurité mais aussi notre image à l’étranger »… « L’armée est l’instrument d’une politique. Vous n’avez pas de politique étrangère si vous n’avez pas aussi une politique de défense. » (Défilé du 21 juillet: RTBF La Première, publié le vendredi 21 juillet 2017 à 10h27). Si cela vaut pour les Belges, cela doit valoir aussi pour les Wallons et les Flamands qui détiennent déjà des compétences importantes en matière de politique étrangère. Compétences qui n’attendent que de se développer !

Ce serait aussi oublier qu’au cours des siècles, les Wallons ont constitué des unités militaires d’élite, au service de nations étrangères. « Aux XVIe, XVIIe, XVIIIe siècles, les régiments wallons ont contribué, pour une large part, à faire connaître le nom de Wallon à l’étranger » (Félix Rousseau, La Wallonie, terre romane – Namur, ville mosane). Au XVIIIe siècle, des Wallons servaient à la fois l’Empire espagnol, l’Empire d’Autriche, les Provinces-Unies et le Royaume de France. Au XIXe, on les retrouve au service de l’Espagne, de l’Autriche, dans les armées de la République française puis du Premier Empire et dans les rangs de l’armée hollando-belge à Waterloo (Histoire militaire des Belges, vicomte Charles Terlinden, La Renaissance du Livre, Bruxelles, 1966).

Voilà qu’en l’année 2000, « Pour ne pas briser l’équilibre Flamands-Wallons, le Ministre Flahaut est prêt à enrôler des étrangers. (…) Il est de plus en plus difficile de recruter des soldats en Flandre, le ministre de la Défense voudrait supprimer les quotas dans une armée qui doit être composée à 60 % de Flamands et 40 % de Francophones. (…) Mais ‘toucher à la répartition dans l’armée, c’est toucher à la clé de voûte de la Belgique. (…) On commence par l’armée et on continue avec le reste’, estime le politologue flamand Kris Deschouwer. (…) Il manque (…) ‘des soldats de base, mais aussi des informaticiens, des médecins, des ingénieurs’, reconnaît le syndicaliste militaire Emmanuel Jacob. Le ministre de la Défense estime qu’’il serait ridicule de refuser des soldats wallons’. Mais pour les Flamands, (…) cette mesure touche une corde très sensible. (..) Le ministre francophone a pensé enrôler des étrangers ‘européens et non européens’ (…). Selon lui, cela ‘pourrait préfigurer la future armée européenne’. (…) Les Flamands sont moins réticents à cette solution qu’à une éventuelle surreprésentation des Wallons. » (Sophie PERRIER — 8 novembre 2000 à 06:18 – Libération).

Alors, dans un confédéralisme intelligent, avant de parler d’indépendance, ne serait-il pas judicieux de donner à la Flandre et à la Wallonie le droit de choisir leur propre politique de défense ? Dans le cadre de l’OTAN bien évidemment. Mais il faut toutefois éviter les débats creux et coincés au Parlement. Un moyen subtil, qui devrait plaire aux Flamands adeptes de l’entreprise privée (ne vivons-nous pas au pays du surréalisme) consisterait à transformer l’armée belge, département public de la défense, en une société militaire privée (SMP) de type société anonyme. L’Etat belge deviendrait le client de l’armée qui lui fournirait des services dans le domaine de la sécurité et de la défense. L’état-major se transformerait en conseil d’administration (organe propre aux sociétés anonymes publique ou privée). Le lieutenant général, chef de l’armée, porterait le titre de Président du conseil et ses officiers supérieurs celui d’administrateurs. Les grandes unités deviendraient des entités de production de services. Des sociétés militaires privées existent en nombre aux USA et ailleurs dans des pays membres de l’OTAN. Il ne s’agirait pas exactement de mercenaires mais de contractuels au service de l’Etat belge comme sous l’Ancien Régime. L’intérêt de cette « astuce » résiderait dans la possibilité de se séparer d’une « unité de production de service » sans justification alors qu’envisager la régionalisation ferait hurler d’horreur les Belges et les hypocrites qui se cachent derrière cette étiquette. Il ne faut pas oublier qu’il existe en Belgique un précédant d’importance, largement ignoré par le bon peuple, la « Banque nationale de Belgique », société anonyme donc privée ! A partir de 1830, feu la Société générale de Belgique assura la fonction de banque centrale. La Banque nationale de Belgique fut créée le 5 mai 1850 sous la forme d’une société anonyme. Le capital social de la Banque est détenu à 50% par l’État belge. Les 50% restant sont cotées sur le marché Euronext Brussels. S’agirait-il d’une hérésie ? Pas du tout : au Québec, plusieurs établissements et institutions publics sont administrés par des conseils d’administration. Ces conseils peuvent être nommés par le gouvernement ou être élus en partie par la population. En conclusion : pourquoi pas l’armée qui se conçoit et se gère d’ailleurs comme une entreprise ?

Tueries du Brabant

Par Jean-Luc Lefèvre

Aucun lien entre la police d’aujourd’hui et celle d’alors, dixit Jambon. Allons, donc !

Une fin de 2e millénaire marquée par la toute-puissance de la gendarmerie. Dix ans après les « Tueries du Brabant », l’Affaire Dutroux, sa guerre de police et une gendarmerie devenue tour d’ivoire.

Sans doute, malgré ses sponsors flamands, tel Van de Lanotte, la gendarmerie ne devient-elle pas le pivot de la nouvelle police née de la Réforme qui lui fait perdre son statut militaire, mais elle parvient à recaser ses cadres bien en vue dans la nouvelle hiérarchie, à la tête même des zones de police locales. Aujourd’hui, toujours venues de Flandre, des voix se lèvent pour une nouvelle fusion de zones de police…

Tout se passe comme si d’aucuns rêvaient encore d’une force de police calquée sur l’ex-gendarmerie, davantage centralisée et donc opaque.

Un nouveau Phénix, sans doute, un messie peut-être à l’heure des états d’urgence structurels ?

Deux poids, deux mesures…

Exemple dans le JT de la RTBF du mercredi 4/10/2017, on y parle de l’entreprise Celyad (entreprise wallonne), comme une entreprise belge. La journaliste bruxelloise, qui oublie que son salaire est payé en grand partie par les Wallons, ne dira pas que c’est une entreprise wallonne. Ça lui ferait mal de le dire que c’est une entreprise wallonne qui réussit en trouvant un remède efficace contre la leucémie, une performance incroyable !

Elle aurait apporté cette précision régionale avec fierté si l’entreprise était bruxelloise et avec respect si l’entreprise était flamande. Mais voilà c’est une entreprise wallonne, alors la RTBF masque et noie son identité dans la belgitude.

Par contre, pour parler des problèmes des grèves surprises des Tec, la même journaliste précise bien les TEC wallons, elle n’a pas dit les TEC de Belgique.

Claude Rolland

Catalogne-Espagne vs Flandre-Belgique, même combat ?

En Espagne, deux entités confrontées à un même projet politique de nature monomaniaque (celui de l’état, tout l’état et rien que l’état et celui d’une région irrédentiste). Chez nous, deux régions schizophrènes : une Flandre écartelée entre le projet indépendantiste de la N-VA, son principe de plaisir, mais consciente de sa mainmise sur l’état fédéral, son principe de réalité, et des Wallons exaspérés par la tutelle du nord, mais arc-boutés sur leur état fédéral gage d’une hypothétique survie…

Des personnalités collectives en mal-être, le même refus de prendre en compte une réalité dérangeante et donc pleine d’incertitudes pour demain. Mais la sagesse populaire ne préconise-t-elle pas de prévoir quand on prétend gouverner. En Espagne, mais aussi en Belgique ? Et si, plutôt que de donner des leçons à Rajoy, on balayait devant notre porte ?

Jean-Luc Lefèvre
Jambes

Le Rafale, Austerlitz ou Berezina wallonne ?

Valmy réagit à la carte blanche d’André Flahaut sur le remplacement de nos avions de combat.

Pourquoi offrir des F35 à la Grande Néerlande juste avant la rupture confédérale ?
Entre 2025 et 2035, les transferts de la Flandre vers la Wallonie et Bruxelles vont graduellement cesser. Dans moins de vingt ans, la Wallonie sera autonome et ne pourra plus compter sur la Flandre. Et bien avant cela, il ne faut pas perdre de vue la menace de la mise en œuvre d’une septième réforme de l’Etat et l’instauration du confédéralisme voulus par la NVA, son président Bart De Wever et le ministre-président flamand Geert Bourgeois, après les élections de 2019.
Dans ce cas de figure, il faudrait prévoir la répartition de la dette fédérale entre les régions. Au total, la Wallonie devrait faire face à un déficit budgétaire de -12,37% du PIB, soit 11,121 milliards d’euros ! Intenable, elle devrait quitter l’Union européenne car incapable de respecter les critères de Maastricht vu un déficit budgétaire de plus de 3%. Ce jour-là, elle devrait réaliser de vastes assainissements et réduire ses dépenses publiques d’un quart. Cela créerait assurément un climat de tension quasi révolutionnaire, d’où la panique dans les partis politiques wallons et leur actuelle sujétion face à la Flandre puisqu’ils renâclent à se tourner vers la France, leur patrie naturelle.
Affabulation délirante ? Absolument pas, la Flandre accepte le statu quo communautaire, parce que la sixième réforme de l’Etat l’avantage outrageusement et n’est pas encore aboutie. Mais, grâce au fameux article premier des statuts de la NVA, elle joue au chantage permanent à l’éclatement du pays.
Bart De Wever n’hésite pas à affirmer que « le confédéralisme est l’essence de son parti » malgré le fait qu’avec la NVA aux manettes, la België marche et la Flandre en sort gagnante. Donc patience tant que les Wallons se prosternent « la corde au cou comme les bourgeois de Calais ». Il faut également observer l’hypocrisie des autres partis flamands qui présentent tous des faces de Janus mais qui n’en laissent pas moins la manœuvre à la NVA tant qu’elle mène l’offensive profitable à Mère Flandre.
Bien que le « Belgian Kingdom » soit un Etat dit fédéralisé mais toujours unitaire quand cela arrange certains cercles d’intérêts puissants, le gouvernement wallon juge-t-il la Wallonie si riche pour jeter des milliards d’euros dans l’achat de 35 nouveaux avions de combat, dont les premiers devront être opérationnels dès 2023, au seul profit de la « Belgische Luchtmacht » en passe de convoler avec la Koninklijke Luchmacht néerlandaise ?
Il faudrait que le gouvernement wallon se souvienne que la Wallonie paie déjà beaucoup pour les bateaux de la « Belgische Zeemacht » ( les ports se situent en Flandre, les navires sont donc flamands) qui se coulent avec délices dans le giron de la néerlandaise Koninklijke Marine.
Ne deviendrait-il pas urgent de réfléchir à la régionalisation de la « Belgian Army », d’autant que les autorités estiment le coût de l’acquisition des F35 à 3,59 milliards d’euros, auxquels il faut ajouter 1,2 milliard pour des activités annexes comme l’entretien ou la formation des techniciens et pilotes. Sur les 40 ans de vie (sic) évaluée pour les futurs avions de chasse, la facture devrait atteindre les 15 milliards d’euros, a précisé l’agence Belga.
Mais à quoi ressemblerait le Belgium en 2023 ?
Dans quel état serait la Wallonie en cas de confédéralisme qui signifierait d’office la fin des transferts flamands, comme cela se programme de toute façon à partir de 2025 ?
Qui va enfin alerter et soulever les Wallons face à cette nouvelle duperie, à ce cambriolage institutionnel ?
Qui va oser s’opposer à cette manœuvre ? Y-a-t-il un homme providentiel dans la salle ?
Le Premier Ministre Charles Michel ? Aucune chance ! Dans le Niewsblad du 5 septembre 2017, Farid El Mabrouk écrivait au sujet du Premier ministre Michel que d’aucuns voient en lui « un Premier ministre à la botte des partis flamands ». Le politologue Carl Devos (U Gent) affirme qu’ « (…) au sein d’un gouvernement dominé par les partis flamands, il n’a jamais mené la danse face aux présidents de parti et vices-premiers ministres influents et ce n’est d’ailleurs pas près d’arriver ».
Au sein des partis politiques wallons (oublions les « francophones ») ? Aucune chance ! Seul le Ministre d’Etat André Flahaut a émis un appel d’alerte mais seulement en faveur de la défense européenne et de l’industrie belge (sic) face à la manœuvre néerlandaise et flamande en faveur du F 35 américain. Quant à son parti le PS, unitariste-monarchiste, englué dans les affaires, ce dernier n’a pas la force de bouger le petit doigt et Monsieur Magnette n’envisage pas de « révolte au palais de l’Empereur ».
Un syndicaliste bien connu pourrait se lever et en appeler, comme en 1960, à la résistance, il s’agit de Thierry Bodson, Secrétaire général de la FGTB wallonne. Il a le charisme et l’âme régionaliste. Mais il lui faudrait dynamiter la FGTB « nationale » ; peu de chance !
Existerait-il une chance d’interpeller le Président Macron, Président de la France et proche du patronat de son pays, sans oublier l’Européen convaincu, afin de lui demander : à quoi sert l’Europe si ses membres fondateurs (Pays-Bas, Italie et Belgique) mettent à mal l’industrie européenne, et française en particulier, au profit de l’américaine ?
Personne en Europe n’ignore que le F-35 est un appareil destiné à torpiller l’industrie aéronautique européenne et notamment la française. La France, seul pays, excepté la Russie, qui maîtrise l’ensemble des technologies pour développer et industrialiser un avion de combat. « Il faut bien savoir que les Américains souhaitent casser notre industrie de défense pour vassaliser l’Europe et accroître leur domination mondiale car la France est leur seul concurrent », expliquait dans l’indifférence générale en mai 2002 Serge Dassault dans une interview accordée à « La Tribune ».
Brussel est évidemment très attirée par le F-35 car la Flandre est naturellement tentée de reformer le club des quatre pays de l’OTAN (Belgique, Pays-Bas, Norvège et Danemark) qui avaient décidé, à l’époque du choix du F16, de faire un choix commun pour leur futur avion de combat.
Il faut également tenir compte de la farouche et opiniâtre volonté de la Flandre d’œuvrer à l’édification d’une Grande-Néerlande (nostalgie compréhensible de la défunte Union d’Utrecht, 16e siècle), actuellement préfigurée par le BENELUX, cheval de Troie destiné à enfermer les « braves » Wallons dans l’ancien Royaume des Pays-Bas dont ils se séparèrent en 1830. Ces « braves » Wallons semblent d’ailleurs l’oublier malgré les commémorations officielles (folkloriques ?) du mois de septembre ! (ndlr : lire Le mémorandum stratégique flamand (voir Doorbraak du 14/07/2017) sur le site AWF « Nation flamande » du 04 août 2017).
De plus, il paraît que la België se voit « contrainte » d’acheter le F-35 si elle veut garder sa tâche nucléaire que l’OTAN lui confie depuis des décennies et qu’elle délègue aux chasseurs-bombardiers stationnés à Kleine-Brogel (F-84F, F-104G et F-16A). Ces avions sont capables d’emporter et de larguer une bombe nucléaire américaine B-61 dont la présence sur la base limbourgeoise n’est « ni confirmée, ni démentie ». Bien évidemment, la Flandre n’abandonnera pas cet honneur ! Et baste l’Europe et les Wallons !
Le gouvernement du Belgium devrait se décider courant 2018 après la remise des propositions finales des candidats.
Mais il paraîtrait déjà que l’offre française d’acquérir des chasseurs Rafale dans le cadre d’un partenariat plus large entre les deux pays, « ressemble à un va-tout » qui « a peu des chances de passer », selon la très belgicaine « La Libre Belgique », qui rappelait vendredi le statut d' »outsider » du Rafale et du Typhoon face au F-35 américain.
De plus, si la België achète les 35 appareils F35 américains, la survie de la base aérienne de Florennes risque de se poser à nouveau, même si les parlementaires MR et CDH de la province de Namur parlent de « casus belli ». Il ne faut pas perdre de vue que tous les partis politiques wallons acceptent l’idée d’un choix américain malgré le fait qu’ils soient tous au courant du « tropisme orangiste » de la Flandre et de son souhait de sauvegarder sa tâche nucléaire au même titre que la Grande-Bretagne et l’Allemagne. (Lire sur Google : http://www.esu.ulg.ac.be/…/20150923123511-Remplacement-des-F16-belges-16-08-2015-pdf- ) Un petit dessin: actuellement au total 68 F16, soit Kleine-Brogel 38 F16 en 3 escadrilles et Florennes 30 F16 en 2 escadrilles. Mais avec deux bases pour seulement 35 avions de chasse F35, on risque assurément le dépôt d’une question budgétaire par les députés flamands au parlement de Brussel !
En conclusion, soit les Wallons refusent la dépense en faveur du F35 qui leur est TOTALEMENT défavorable surtout à terme pour cause d’impécuniosité suite à « séparation confédérale de corps et de biens », soit ils convainquent les industriels flamands de les suivre dans la coopération industrielle française, soit (un rêve !), ils exigent le partage de l’investissement en vue d’acquisition de F35 et de Rafales (nb : prix unitaire estimé par la Cour des comptes française 〈101,1 millions d’euros〉, le Rafale ressort même à 128,6 millions de dollars pièce).
Existerait-il malgré tout un « Danton » wallon providentiel qui oserait reprendre les paroles de l’ex-ministre-président Paul Magnette (2016) : « Quand j’en appelle au patriotisme économique (…). Il ne s’agit en aucune manière d’un repli sur soi. Nous restons une terre d’accueil pour tous ceux qui veulent investir chez nous, et nous voulons nous projeter toujours plus sur la scène internationale. » et inviter la Wallonie à se tourner enfin vers la France au lieu de suivre le train de la soumission aux Germains du BENELUX ?

Valmy