Le Rafale, Austerlitz ou Berezina wallonne ?

Valmy réagit à la carte blanche d’André Flahaut sur le remplacement de nos avions de combat.

Pourquoi offrir des F35 à la Grande Néerlande juste avant la rupture confédérale ?
Entre 2025 et 2035, les transferts de la Flandre vers la Wallonie et Bruxelles vont graduellement cesser. Dans moins de vingt ans, la Wallonie sera autonome et ne pourra plus compter sur la Flandre. Et bien avant cela, il ne faut pas perdre de vue la menace de la mise en œuvre d’une septième réforme de l’Etat et l’instauration du confédéralisme voulus par la NVA, son président Bart De Wever et le ministre-président flamand Geert Bourgeois, après les élections de 2019.
Dans ce cas de figure, il faudrait prévoir la répartition de la dette fédérale entre les régions. Au total, la Wallonie devrait faire face à un déficit budgétaire de -12,37% du PIB, soit 11,121 milliards d’euros ! Intenable, elle devrait quitter l’Union européenne car incapable de respecter les critères de Maastricht vu un déficit budgétaire de plus de 3%. Ce jour-là, elle devrait réaliser de vastes assainissements et réduire ses dépenses publiques d’un quart. Cela créerait assurément un climat de tension quasi révolutionnaire, d’où la panique dans les partis politiques wallons et leur actuelle sujétion face à la Flandre puisqu’ils renâclent à se tourner vers la France, leur patrie naturelle.
Affabulation délirante ? Absolument pas, la Flandre accepte le statu quo communautaire, parce que la sixième réforme de l’Etat l’avantage outrageusement et n’est pas encore aboutie. Mais, grâce au fameux article premier des statuts de la NVA, elle joue au chantage permanent à l’éclatement du pays.
Bart De Wever n’hésite pas à affirmer que « le confédéralisme est l’essence de son parti » malgré le fait qu’avec la NVA aux manettes, la België marche et la Flandre en sort gagnante. Donc patience tant que les Wallons se prosternent « la corde au cou comme les bourgeois de Calais ». Il faut également observer l’hypocrisie des autres partis flamands qui présentent tous des faces de Janus mais qui n’en laissent pas moins la manœuvre à la NVA tant qu’elle mène l’offensive profitable à Mère Flandre.
Bien que le « Belgian Kingdom » soit un Etat dit fédéralisé mais toujours unitaire quand cela arrange certains cercles d’intérêts puissants, le gouvernement wallon juge-t-il la Wallonie si riche pour jeter des milliards d’euros dans l’achat de 35 nouveaux avions de combat, dont les premiers devront être opérationnels dès 2023, au seul profit de la « Belgische Luchtmacht » en passe de convoler avec la Koninklijke Luchmacht néerlandaise ?
Il faudrait que le gouvernement wallon se souvienne que la Wallonie paie déjà beaucoup pour les bateaux de la « Belgische Zeemacht » ( les ports se situent en Flandre, les navires sont donc flamands) qui se coulent avec délices dans le giron de la néerlandaise Koninklijke Marine.
Ne deviendrait-il pas urgent de réfléchir à la régionalisation de la « Belgian Army », d’autant que les autorités estiment le coût de l’acquisition des F35 à 3,59 milliards d’euros, auxquels il faut ajouter 1,2 milliard pour des activités annexes comme l’entretien ou la formation des techniciens et pilotes. Sur les 40 ans de vie (sic) évaluée pour les futurs avions de chasse, la facture devrait atteindre les 15 milliards d’euros, a précisé l’agence Belga.
Mais à quoi ressemblerait le Belgium en 2023 ?
Dans quel état serait la Wallonie en cas de confédéralisme qui signifierait d’office la fin des transferts flamands, comme cela se programme de toute façon à partir de 2025 ?
Qui va enfin alerter et soulever les Wallons face à cette nouvelle duperie, à ce cambriolage institutionnel ?
Qui va oser s’opposer à cette manœuvre ? Y-a-t-il un homme providentiel dans la salle ?
Le Premier Ministre Charles Michel ? Aucune chance ! Dans le Niewsblad du 5 septembre 2017, Farid El Mabrouk écrivait au sujet du Premier ministre Michel que d’aucuns voient en lui « un Premier ministre à la botte des partis flamands ». Le politologue Carl Devos (U Gent) affirme qu’ « (…) au sein d’un gouvernement dominé par les partis flamands, il n’a jamais mené la danse face aux présidents de parti et vices-premiers ministres influents et ce n’est d’ailleurs pas près d’arriver ».
Au sein des partis politiques wallons (oublions les « francophones ») ? Aucune chance ! Seul le Ministre d’Etat André Flahaut a émis un appel d’alerte mais seulement en faveur de la défense européenne et de l’industrie belge (sic) face à la manœuvre néerlandaise et flamande en faveur du F 35 américain. Quant à son parti le PS, unitariste-monarchiste, englué dans les affaires, ce dernier n’a pas la force de bouger le petit doigt et Monsieur Magnette n’envisage pas de « révolte au palais de l’Empereur ».
Un syndicaliste bien connu pourrait se lever et en appeler, comme en 1960, à la résistance, il s’agit de Thierry Bodson, Secrétaire général de la FGTB wallonne. Il a le charisme et l’âme régionaliste. Mais il lui faudrait dynamiter la FGTB « nationale » ; peu de chance !
Existerait-il une chance d’interpeller le Président Macron, Président de la France et proche du patronat de son pays, sans oublier l’Européen convaincu, afin de lui demander : à quoi sert l’Europe si ses membres fondateurs (Pays-Bas, Italie et Belgique) mettent à mal l’industrie européenne, et française en particulier, au profit de l’américaine ?
Personne en Europe n’ignore que le F-35 est un appareil destiné à torpiller l’industrie aéronautique européenne et notamment la française. La France, seul pays, excepté la Russie, qui maîtrise l’ensemble des technologies pour développer et industrialiser un avion de combat. « Il faut bien savoir que les Américains souhaitent casser notre industrie de défense pour vassaliser l’Europe et accroître leur domination mondiale car la France est leur seul concurrent », expliquait dans l’indifférence générale en mai 2002 Serge Dassault dans une interview accordée à « La Tribune ».
Brussel est évidemment très attirée par le F-35 car la Flandre est naturellement tentée de reformer le club des quatre pays de l’OTAN (Belgique, Pays-Bas, Norvège et Danemark) qui avaient décidé, à l’époque du choix du F16, de faire un choix commun pour leur futur avion de combat.
Il faut également tenir compte de la farouche et opiniâtre volonté de la Flandre d’œuvrer à l’édification d’une Grande-Néerlande (nostalgie compréhensible de la défunte Union d’Utrecht, 16e siècle), actuellement préfigurée par le BENELUX, cheval de Troie destiné à enfermer les « braves » Wallons dans l’ancien Royaume des Pays-Bas dont ils se séparèrent en 1830. Ces « braves » Wallons semblent d’ailleurs l’oublier malgré les commémorations officielles (folkloriques ?) du mois de septembre ! (ndlr : lire Le mémorandum stratégique flamand (voir Doorbraak du 14/07/2017) sur le site AWF « Nation flamande » du 04 août 2017).
De plus, il paraît que la België se voit « contrainte » d’acheter le F-35 si elle veut garder sa tâche nucléaire que l’OTAN lui confie depuis des décennies et qu’elle délègue aux chasseurs-bombardiers stationnés à Kleine-Brogel (F-84F, F-104G et F-16A). Ces avions sont capables d’emporter et de larguer une bombe nucléaire américaine B-61 dont la présence sur la base limbourgeoise n’est « ni confirmée, ni démentie ». Bien évidemment, la Flandre n’abandonnera pas cet honneur ! Et baste l’Europe et les Wallons !
Le gouvernement du Belgium devrait se décider courant 2018 après la remise des propositions finales des candidats.
Mais il paraîtrait déjà que l’offre française d’acquérir des chasseurs Rafale dans le cadre d’un partenariat plus large entre les deux pays, « ressemble à un va-tout » qui « a peu des chances de passer », selon la très belgicaine « La Libre Belgique », qui rappelait vendredi le statut d' »outsider » du Rafale et du Typhoon face au F-35 américain.
De plus, si la België achète les 35 appareils F35 américains, la survie de la base aérienne de Florennes risque de se poser à nouveau, même si les parlementaires MR et CDH de la province de Namur parlent de « casus belli ». Il ne faut pas perdre de vue que tous les partis politiques wallons acceptent l’idée d’un choix américain malgré le fait qu’ils soient tous au courant du « tropisme orangiste » de la Flandre et de son souhait de sauvegarder sa tâche nucléaire au même titre que la Grande-Bretagne et l’Allemagne. (Lire sur Google : http://www.esu.ulg.ac.be/…/20150923123511-Remplacement-des-F16-belges-16-08-2015-pdf- ) Un petit dessin: actuellement au total 68 F16, soit Kleine-Brogel 38 F16 en 3 escadrilles et Florennes 30 F16 en 2 escadrilles. Mais avec deux bases pour seulement 35 avions de chasse F35, on risque assurément le dépôt d’une question budgétaire par les députés flamands au parlement de Brussel !
En conclusion, soit les Wallons refusent la dépense en faveur du F35 qui leur est TOTALEMENT défavorable surtout à terme pour cause d’impécuniosité suite à « séparation confédérale de corps et de biens », soit ils convainquent les industriels flamands de les suivre dans la coopération industrielle française, soit (un rêve !), ils exigent le partage de l’investissement en vue d’acquisition de F35 et de Rafales (nb : prix unitaire estimé par la Cour des comptes française 〈101,1 millions d’euros〉, le Rafale ressort même à 128,6 millions de dollars pièce).
Existerait-il malgré tout un « Danton » wallon providentiel qui oserait reprendre les paroles de l’ex-ministre-président Paul Magnette (2016) : « Quand j’en appelle au patriotisme économique (…). Il ne s’agit en aucune manière d’un repli sur soi. Nous restons une terre d’accueil pour tous ceux qui veulent investir chez nous, et nous voulons nous projeter toujours plus sur la scène internationale. » et inviter la Wallonie à se tourner enfin vers la France au lieu de suivre le train de la soumission aux Germains du BENELUX ?

Valmy

6 réflexions sur « Le Rafale, Austerlitz ou Berezina wallonne ? »

  1. L’argument, comme quoi l’avion choisi doit être compatible (techniquement et politiquement) pour le transport de charges nucléaires américaines, ne sert qu’à justifier l’achat d’un avion américain, puisque seuls des pilotes américains sous contrôle de l’armée américaine auront l’autorisation de transporter des bombes nucléaires américaines qui sont sous la responsabilité de l’armée américaine et du gouvernement américain. Faut arrêter de mentir. Le F35 est horriblement cher (un gouffre selon le gouvernement américain) et est un avion médiocre, qui trop multifonctionnel, est moins rapide, moins haut, moins manœuvrant que le F16 (un comble selon le père du F16).
    Mais les Hollandais qui, très atlantiste, ont choisit le F35, veulent, avec la complicité des orangistes Flamands, nous imposer le F35, afin de faciliter l’intégration de la force aérienne dans l’armée néerlandaise, une volonté des Flamands (CD&V, NVA, Open VLD, SPA).
    (http://deredactie.be/…/vrtnieuws…/Politique/1.2667546)
    On payera donc cher et vilain le médiocre F35, mais pire, notre armée deviendra, à terme, néerlandaise. Les orangistes poussant carrément l’union Belgique & Hollande.
    Au passage, les Hollandais visent aussi les contrats de sous-traitance des entreprises wallonnes. Ce qui n’est pas pour déplaire aux Flamands.
    A l’inverse, le choix de l’européen Rafale, nettement supérieur au F35, aurait avantagé les entreprises wallonnes, montré l’exemple, de la part de la capitale de l’Europe, d’acheter européen.
    Mais le Rafale est français et ça ne plait pas aux Flamands et visiblement les Wallons s’écrasent.
    Quant à nos médias, dont la RTBF qui est pourtant bien informée par la VRT, on se tait sur les plans des orangistes.

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  2. Excellent article. En ce cas particulier la France a un atout important
    Le groupe Dassault aviation a des usines en Belgique, Si les Belges
    chosissent le F 35 Dassault pourrait fermer les usines SABCA
    et rapatrier les activités en France. Au locataire de l’Elysée de
    montrer de quoi il est capable.Pour le reste rien a espérer des
    politiciens wallons vautrés dans leur belgitude. Le sinistre(sic)
    Crucke enverra ses communiqués en flamand difficile de tomber
    plus bas.

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  3. Cette déclaration serait-elle prémonitoire ? Il ne faut pas trop se faire d’ illusions; il se peut que pour le gouvernement wallon, offrir des F35 à la Grande Néerlande relève  » du prioritaire  » !

    Le miniConclave budgétaire wallon: « On va essayer de rogner partout »
    RTBF Publié le jeudi 21 septembre 2017 à 15h45
    Le ministre du Budget et des Finances Jean-Luc Crucke (MR) déclare :
    (…)
    « On ne peut pas vivre au-dessus de ses moyens »
    Pour le MR, c’est clair, la Wallonie dépense trop : 13,6 milliards d’euros de dépenses pour 12,5 milliards de recette. « On va essayer de rogner partout. Je pense que l’exercice budgétaire, c’est d’avoir le courage d’avoir un budget vérité. Il faut reprendre ligne par ligne et voir où on peut faire des économies. Je maintiens qu’il y a encore des économies à faire. La Région wallonne, c’est comme un ménage : on ne peut pas vivre au-dessus de ses moyens », selon Pierre-Yves Jeholet (MR), ministre de l’Économie.
    « On a vécu probablement avec des moyens qui ont été alloués à des choses qui n’étaient pas prioritaires en ce qui concerne l’avenir wallon et la relance économique », explique le ministre-président Willy Borsus (MR), qui cite « des dépenses de transfert. On sait aussi que, dans l’organisation des moyens pour l’accompagnement des demandeurs d’emploi, on peut faire mieux ».
    Des organismes wallons devront sans doute passer à la caisse, via une rationalisation et, pourquoi pas, des coupes strictes. Si l’horizon budgétaire s’annonce plutôt sombre, il y a tout de même l’espoir de recettes du fédéral plus importantes que prévues. Le gouvernement wallon espère boucler le budget pour ce dimanche.
    stre du Budget et des Finances Jean-Luc Crucke (MR)

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  4. Il est bon de rappeler que le sinistre(sic) Crucke va envioyer ses
    communiqués en flamand. C’est cela dit-il la Wallonie quu change
    Et cet individu est administrateur de l’Institut Jules Destrée, un comble
    Pendant ce temps le seul parti wallon sèparatiste et rattachiste sommeille

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  5. Eh! Voilà c’est plié ! Si les Wallons et les industriels de Wallonie ne comprennent toujours pas, que leur faut-il d’autre comme preuve de leur soumission au Belgium ? Pour les industriels, bien sûr, déménager en Flandre …

    Remplacement des F-16: le gouvernement juge non-recevable la contre-offre française
    Du côté de l’opposition, plusieurs députés parlent de « mascarade » et de « simulacre de marché public ».
    RTBF Publié le mercredi 04 octobre 2017 à 12h14

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  6. Cela ne se passe pas tout à fait comme le Belgium le rêvait:
    Remplacement des F-16: Charles Michel sous pression
    Olivier Rogeau Journaliste au Vif/L’Express
    12/10/17 à 13:50 – Mise à jour à 13:54 – LeVif/l’Express du 13/10/17
    Très embarrassé, Charles Michel !
    Son ami Emmanuel Macron le met sous pression dans le dossier du remplacement des F-16 belges vieillissants.
    Le président français et le Premier ministre belge avaient proclamé leur volonté commune de relancer la défense européenne. Le Premier ministre belge avait même parlé, fin août dernier, d’un  » momentum unique « , allusion à l’électrochoc provoqué par le Brexit…
    Qui donc va se sentir à l’étroit dans son costume de Premier ?

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