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Wallonie et Bourgogne

Par Georges-Henry SIMONIS

Quelques errements de fin de vacances m’ont permis deux découvertes importantes.

La première, c’est la ville de SEURRE, à une vingtaine de kilomètres à l’ouest de Beaune, jolie ville ancienne en bordure de Saône. Le restaurant « La marine » porte bien son nom : il profite d’une quiétude toute particulière grâce aux nombreux bateaux de plaisance qui voguent sur cette rivière, presque un fleuve, qui annonce le Rhône en aval et permet de remonter  vers le Rhin, la Seine à Paris, la Sambre et la Meuse de chez nous… (Je ne cache pas que ce coin de France profonde me semble  un peu déserté si on en juge par le nombre de maisons en vente…)

Mais mon coup de cœur vint d’une apparition inattendue : SEURRE est jumelée avec BEAURAING, « notre » Beauraing, presque notre Lourdes à nous, si proche de Givet-la-rattachiste… Un maillon de plus entre France et Wallonie. Je me devais de la rajouter à ma liste, en suggérant à celles et ceux qui connaitraient d’autres liens du genre de me les communiquer.

Ma seconde découverte, sans doute plus futile, mais pourquoi ne pas vous la confier,  est la découverte du vin de CHOREY-LES-BEAUNE, à quelques encablures de Beaune. Certes, sa notoriété est moindre que celle des Gevrey ou autres Chambolle-Musigny. Mais, parole de rattachiste, il vaut le détour…

On ne connaît pas suffisamment l’importance des liens qui unissent la Wallonie et la Bourgogne, spécialement en Entre-Sambre-et-Meuse. Sans remonter à Philippe le Bon, ou aux foires médiévales qui attiraient nos ancêtres à Dijon ou à Troyes, je constate les liens qui se sont tissés grâce à de nombreux jumelages : Philippeville  avec  Saulieu, Couvin avec Montbard, Walcourt avec Chatillon-sur Seine, Ciney avec Semur-en-Auxois, Florennes avec Longvic (Dijon), Silenrieux (Cerfontaine) avec Recey-sur-Ouche, Tamines (Sambreville) avec  Nuits-Saint Georges… et BEAURAING avec SEURRE !

L’amour du bon vin n’y est certainement pas étranger, avec, dans ce domaine aussi, une différence bien belge entre les Flamands, plus attirés par les vins de Bordeaux qui leur parvenaient par bateaux, et les Wallons plus proches de ces routes terrestres devenues pour beaucoup des itinéraires de vacances classiques par Couvin, Charleville, Poix-Terron, Mazagran, Vitry-le-François…

Il est une autre raison, non moins honorable : au début de la guerre de 1914, de nombreuses familles wallonnes ont fui les hordes allemandes qui faisaient preuve d’une violence inouïe. On n’a pas assez parlé des massacres de Dinant ou de Tamines qui ont fait des milliers de morts, hommes, femmes et enfants…  Les Wallons ont trouvé en Bourgogne  une hospitalité exceptionnelle qui a laissé de nombreuses traces dans le cœur des gens. D’où tous ces jumelages plus que folkloriques.  Les territoires ont de la mémoire…

Aujourd’hui, enfin, les Wallons s’émancipent peu à peu de la Belgique artificiellement créée au XIXe siècle  pour se rapprocher de leur mère-patrie. Il ne me déplairait pas que les maires des communes concernées, et les comités de jumelage, participent à ce rapprochement en marche. Qui plus est, pourquoi la Région wallonne, et son nouveau gouvernement impromptu, ne pourrait-elle encourager ces rapprochements et en susciter d’autres, spécialement avec  les Régions françaises les plus proches  et  les métropoles voisines ?

Ainsi, si Liège est déjà jumelée avec Lille et Nancy, et Tournai avec Troyes, Charleroi aurait tout à gagner à se rapprocher rapidement de Reims et de Dijon, en profitant de l’amélioration sensible des liaisons routières  qui se profile enfin  vers le Sud, et, espérons-le,  demain à l’Ouest vers  la Haute Sambre, Maubeuge, et les autoroutes françaises.                     

Qu’on se le dise ! Vive la France et vive  la Wallonie !     

L’eau en Wallonie : abondante, gaspillée et trop chère

 Combien de fois n’avez-vous pas entendu dire autour de vous : « mais pourquoi ne fait-on pas payer à la Flandre le juste prix pour l’eau que nous lui fournissons gratuitement ? »

Il est vrai que « l’or transparent » wallon est une pépite que nous offrons sans contrepartie à nos voisins du nord.

Imaginez l’inverse. La Flandre aurait-elle la générosité d’offrir à ses meilleurs clients que sont les Wallons une telle manne ?

Ajoutons que je trouve complètement immoral que l’État perçoive une taxe de 6 % sur un don de la nature essentiel à la vie de chaque humain. 

Le propos de Laurent Minguet n’est bien sûr pas là car il s’agit de sujets tabous, mais son analyse sur le prix de l’eau mérite la réflexion. Combien de foyers ne seraient-ils heureux de voir leur facture d’eau diminuer de plusieurs centaines d’€ par an ? 

Saumane

Lu sur le site du Vif le 10 octobre 2017 :

Une opinion de Laurent Minguet, Ingénieur physicien

En Wallonie, les instances communales et régionale – en plein conflit d’intérêts – refusent systématiquement d’octroyer un permis pour capter l’eau du sol et la consommer localement. Cela pour préserver le monopole des intercommunales et autres sociétés publiques, où gaspillages d’eau et d’argent gonflent inutilement la facture des ménages.

Chaque Wallon consomme en moyenne 93,6 litres d’eau par jour dont près de la moitié rien que pour les chasses des WC.

Le débit moyen annuel de la Meuse, qui draine la plupart des pluies wallonnes, est de 237,6 m3 par seconde à Lanaye, soit la consommation de 167 millions de personnes. Environ 2 % de l’eau de la Meuse suffiraient à alimenter toute la Wallonie.

L’eau n’est pas rare en Wallonie. En réalisant des forages à quelques dizaines de mètres de profondeur, on peut capter de l’eau à peu près partout et certainement dans la plaine alluviale qui communique directement avec son cours d’eau.

20% d’eau potable perdus à cause des fuites du réseau

Comme dans de nombreux pays disposant de gisements d’eau naturellement potable, il suffit de la prélever au moyen de forages, de la transporter et de la distribuer aux abonnés, moyennant un traitement préalable qui se limite souvent à ajouter un peu de chlore. Sur la facture du consommateur, le prix de l’eau est constitué du CVD – coût vérité de distribution – et du CVA – coût vérité de l’assainissement. En effet, on fait payer le coût de l’assainissement au consommateur proportionnellement à sa consommation d’eau.

Le transport et la distribution de l’eau sur de grandes distances complique la gestion de l’étanchéité du réseau. En Wallonie, on perd 20 % d’eau potable dans le sol à cause des fuites du réseau. C’est pire en France (22 %)*, mais la situation est bien meilleure en Allemagne (7 %).

Disparité européenne : que nous cache-t-on ?

Le coût de la distribution et de l’assainissement de l’eau devrait être plus élevé dans les pays où la main-d’oeuvre est plus chère, comme la Scandinavie, ainsi que dans les pays à faible densité d’habitants puisqu’il faut une infrastructure plus lourde par habitant pour distribuer l’eau.

En fait, il n’en est rien si l’on en juge par une étude comparative commanditée en 2008 par la Fédération française des entreprises de l’eau. Le prix moyen de l’eau en Italie était de 0,84 €/m3 malgré une densité de population près de deux fois inférieure à la Belgique où le prix était de 3,49 €/m3. Le prix en Suède était de 2,45 €/m3 alors que les salaires y sont plus élevés qu’en Belgique et la densité de population 18 fois plus basse que chez nous. On peut d’ailleurs se demander pourquoi le coût vérité de la distribution et de l’assainissement varie autant d’un pays à l’autre. Nous cacherait-on la « vraie » vérité?

À la CILE, un travailleur coûte trois fois plus cher que dans le privé

Pour en avoir une idée, il est instructif d’étudier le bilan de la Compagnie intercommunale liégeoise des eaux (CILE) qui fournit 37 millions de m3 à 255.000 compteurs au prix de 3 €/m3 (hors coût d’assainissement). Le travailleur de la CILE coûte en moyenne 74.000 €/an alors que seulement 20 % du personnel a un diplôme d’études supérieures, ce qui équivaut à un salaire brut mensuel de 3.900 €.

Curieusement, le travailleur ne preste en moyenne que 1.272 heures par an, moins d’un trois-quarts temps. L’heure prestée coûte donc 58 € en moyenne ce qui est trois fois plus cher que le coût de base d’un travailleur. Aucune explication sur ce coût astronomique ne figure dans les 100 pages du rapport annuel de la CILE avalisé par une bonne trentaine d’administrateurs politiques. Or si le coût de la main-d’oeuvre se limitait à 30 €/heure, les abonnés de la CILE économiseraient déjà quelque 14 millions d’euros par an, soit 55 € par compteur liégeois.

Un meilleur modèle économique : produire et traiter localement

La technique de l’osmose inverse permet de transformer n’importe quelle eau, même fortement polluée, en eau pure.

Elle consiste à pressuriser l’eau au travers d’une membrane dont les pores font 0,1 nanomètre. Ils ne laissent passer que les molécules d’eau et pas les polluants ou les gros ions comme ceux du sel. L’osmose inverse permet par exemple aux Émirats Arabes Unis d’alimenter en eau potable des millions de personnes en dessalant l’eau de mer.

Mais cette technique a un coût plus élevé que de pomper de l’eau potable dans une nappe aquifère. L’investissement pour une installation de traitement fondée sur l’osmose inverse est de l’ordre de 2.000 € pour une capacité de 1 m3/h, auquel il faut ajouter le remplacement des filtres et des membranes ainsi que l’énergie pour pressuriser l’eau. Cela coûte environ 0,5 € pour obtenir 1 m3 d’eau purifiée.

Pour la centaine de litres quotidiens de la consommation humaine, le coût de l’osmose inverse n’est que de 0,05 € par jour ou 18 € par an. Une goutte d’eau dans le budget familial.

À un niveau local (quelques bâtiments ou quelques dizaines de logements), il revient moins cher et plus écologique de rendre la production d’eau autonome. C’est le modèle du « circuit court » de la production alimentaire appliqué à l’eau.

Mode d’emploi du circuit court de l’eau

  • D’abord, il faut une grande citerne commune qui récupère l’eau de pluie des toitures et des voiries. On résout ainsi le problème fréquent de saturation des égouts publics souvent sous-dimensionnés et mal entretenus par des communes qui n’en n’ont cure.
  • Cette eau de citerne, moyennant une décantation et une filtration sommaire à 10 microns, est de qualité suffisante pour les WC, l’arrosage, la machine à laver, soit environ la moitié de la consommation domestique.
  • D’autre part, une partie de cette eau de citerne peut être filtrée par osmose inverse pour obtenir de l’eau sanitaire ultra douce et alimentaire qu’on utilise pour l’hygiène du corps, la cuisine et la boisson.
  • Pour faire face aux périodes sèches, il est nécessaire de disposer d’un petit forage pour alimenter la citerne en cas de besoin. Le débit d’un tel forage pour alimenter 100 personnes en cas de sécheresse est de 400 litres par heure, moindre que le débit d’un robinet de baignoire. Ce flux n’a pas d’incidence sur les forages voisins même si l’ensemble de la population y avait recours.

Le coût moyen de l’eau via un tel système de production locale, par récupération de l’eau de pluie et par captage, varie entre 1 € et 2 € par mètre cube, compte tenu de l’amortissement et de l’entretien du forage, des citernes, des filtres, de l’osmoseur, etc. Il est donc en moyenne deux fois moindre que le fameux « coût vérité » de distribution des sociétés publiques en Belgique. Il devrait être encouragé pour les nouveaux lotissements mais pourrait aussi être réalisé entre plusieurs habitations existantes.

Quels risques de produire localement ?

On pourrait s’inquiéter qu’un tel système, assez sophistiqué, ne puisse pas fournir en permanence une eau de qualité. Pour répondre à cette inquiétude, la gestion de ces équipements serait contrôlée régulièrement par des organismes publics ou privés, à l’instar des ascenseurs, de la protection contre l’incendie ou des véhicules motorisés. Cela créerait de l’emploi. Mais au coût autorégulé par la concurrence.

En ce qui concerne les risques de pénurie, sur les forages centralisés par les intercommunales, ils viennent du fait qu’on y concentre des débits énormes au point de diminuer le niveau des aquifères en période de sécheresse quand on remplit les piscines et qu’on arrose les jardins. Si de petits forages étaient répartis sur le territoire, ils ne feraient que capter une fraction du cycle de l’eau en valorisant les précipitations plutôt que de les envoyer à l’égout.

Un modèle juridique contourné par les communes

Ce modèle local, qui optimise le cycle naturel de l’eau et le coût d’une eau appropriée aux besoins, doit pouvoir se développer en marge du système centralisé. Le Code wallon de l’eau prévoit d’ailleurs l’existence de compagnies publiques et privées de production et distribution d’eau. Il est donc tout à fait légal de demander à réaliser un forage et de vendre de l’eau en respectant les critères de qualité, peu importe la technique pour y parvenir.

Contrairement aux régions et pays voisins où il est habituel de réaliser son propre forage, les instances communales et régionale en Wallonie – en plein conflit d’intérêts – refusent systématiquement d’octroyer le permis sous des motifs fallacieux, afin de préserver un monopole de fait des sociétés publiques de gestion de l’eau. Au moins devrait-il être permis de confronter le modèle de production locale à la gestion centralisée, ne fût-ce que pour entretenir une saine concurrence au niveau du prix de l’eau.

Conclusion : nous payons trop cher de l’eau « réquisitionnée »

Avec une consommation moyenne d’environ 100 m3 par an par compteur, un abonné paye aujourd’hui plus de 500 € par an. Avec le système de production locale, il pourrait économiser de 100 € à 200 € par an et bénéficier d’une eau plus pure et plus douce que l’eau de distribution actuelle. Le pouvoir public impose actuellement un monopole en réquisitionnant l’eau au profit des intercommunales. Pourtant, il est légitime de chercher à satisfaire ses besoins d’eau de manière durable et plus économique. L’eau, comme l’air, appartient à tous. Chacun doit pouvoir en disposer tant qu’il ne prive pas autrui de cette ressource.

L’eau osmosée est parfaite, le reste n’est que légende

L’eau ainsi purifiée par osmose inverse ne contient plus de germes pathogènes, de calcaire, de chlore, de métaux lourds, de résidus de pesticides, et surtout de nitrates, qu’on trouve parfois dans l’eau de distribution, à des concentrations qui la rendent impropre à la consommation des nourrissons et femmes enceintes. Quand l’eau de distribution est trop dure, il est nécessaire de la retraiter avec un adoucisseur qui échange les ions calcaire contre du sodium ce qui lui donne un gout salé. Mais ne pas le faire endommage rapidement les chauffe-eau, lave-vaisselle, machine à laver, etc., et peut irriter la peau et les yeux.

Une légende urbaine prétend qu’il est mauvais pour la santé de consommer de l’eau osmosée car sa pureté parfaite, donc l’absence de sels minéraux, ferait gonfler les cellules d’eau salée du corps humain au point qu’elles explosent. C’est évidemment faux. Quiconque est resté quelques minutes dans un bain d’eau douce connaît le phénomène qui enfle les tissus des doigts. Tout revient à la normale dès la sortie du bain.

(*) Ce chiffre de 22 % est à relativiser et à mettre en relation avec  l’étendue du territoire et le nombre de km des réseaux tantôt géré par les communes ou intercommunalités ou métropoles, tantôt par des sociétés privées de taille fort différentes. A noter aussi  que la France permet de puiser l’eau du sol pour une consommation locale non marchande. Là où je vivais, je jouissais d’une eau parfaitement potable pompée dans le puits du jardin pour tous mes usages quotidiens. (Saumane)

Valmy m’écrit

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Invitation à sortir la tête du sable

L’A.W.F. vous invite cordialement à la conférence-débat que donnera Paul Mélot le jeudi 26 octobre 2017 à 20.00 à Barvaux-sur-Ourthe (voir l’affiche ci-dessous). Cette conférence-débat a vu le jour le samedi 16 septembre à la « Vigne Philosophe » à Wavreille.

Elle y a connu un succès certain.  Il est plus que temps que les Wallons sortent la tête du sable dans lequel les maintiennent des médias qui refusent dans leur grande majorité de donner la parole au seul mouvement citoyen qui porte un projet solide pour l’avenir de la Wallonie, l’Alliance Wallonie France.

Cette conférence-débat est appelée à tourner dans toutes les provinces wallonnes. 

Pour plus de renseignements, vous pouvez contacter Paul Mélot au 0497 606 094.

conférence Paul Mélot

Deux nations sur la voie de l’indépendance

Jacques Lenain attire notre attention sur l’article du quotidien Le Monde ci-après.

La position délicate des nationalistes flamands de Belgique face au référendum catalan

Par Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, bureau européen)

Membre du gouvernement fédéral belge qui soutient la position de Madrid, les nationalistes de la N-VA sont pourtant favorables à l’indépendance de la Catalogne.

Membre d’un gouvernement qui, comme tous les autres au sein de l’Union européenne, soutient officiellement la position de Madrid mais en même temps très favorable à l’indépendance de la Catalogne qui organise un référendum interdit dimanche 1er octobre, l’Alliance néo-flamande (N-VA) est contrainte au grand écart. Le parti de Bart De Wever se déchire entre sa participation au pouvoir fédéral belge et son objectif à terme : la séparation de la Flandre et de la Belgique.

Membre d’un gouvernement qui, comme tous les autres au sein de l’Union européenne, soutient officiellement la position de Madrid mais en même temps très favorable à l’indépendance de la Catalogne qui organise un référendum interdit dimanche 1er octobre, l’Alliance néo-flamande (N-VA) est contrainte au grand écart. Le parti de Bart De Wever se déchire entre sa participation au pouvoir fédéral belge et son objectif à terme : la séparation de la Flandre et de la Belgique.

Membre d’un gouvernement qui, comme tous les autres au sein de l’Union européenne, soutient officiellement la position de Madrid mais en même temps très favorable à l’indépendance de la Catalogne qui organise un référendum interdit dimanche 1er octobre, l’Alliance néo-flamande (N-VA) est contrainte au grand écart. Le parti de Bart De Wever se déchire entre sa participation au pouvoir fédéral belge et son objectif à terme : la séparation de la Flandre et de la Belgique.

Sortir de l’ambiguïté

« Vous voyez bien que la N-VA est devenue un parti bipolaire », souligne Hendrik Vuye, député dissident de la formation nationaliste. Ce professeur de droit constitutionnel à l’Université (wallonne) de Namur dénonce l’ambiguïté d’un parti qui, dit-il, défend la cause catalane mais « n’ose rien dire au sein du gouvernement [fédéral] ». Au parlement régional de Flandre, le groupe N-VA a tenté récemment de faire voter une motion dénonçant « la répression » exercée par Madrid en Catalogne. Ses alliés du parti chrétien démocrate CD & V s’y sont opposés.

Le chef du gouvernement fédéral, Charles Michel, n’est pas plus à l’aise. Lui qui a fait le pari de pactiser avec la N-VA pour sortir le royaume d’une crise inextricable s’est exprimé avec une évidente prudence sur le dossier catalan. « C’est une affaire interne espagnole. Si la question se pose au niveau européen, je défendrai certainement un point de vue », a-t-il indiqué en marge du sommet de Tallinn, auquel il participait, jeudi 28 et vendredi 29 septembre.

L’avenir de sa coalition pourrait, en tout cas, être déterminé par la suite des événements en Espagne. Pour beaucoup d’observateurs belges, une déclaration unilatérale d’indépendance prononcée par la Catalogne obligerait M. De Wever à sortir de l’ambiguïté et à soutenir officiellement ce projet. Ce qui ne manquerait pas de créer une situation intenable pour les autres partis néerlandophones et pour la formation de M. Michel.

Quelques réflexions de l’AWF

La Catalogne et la Flandre ne sont pas les seules nations à aspirer à l’indépendance. Nous pourrions y associer l’Ecosse, la Lombardie, … en ne pensant qu’à l’Europe.

Certains nous diront et la Corse, et la Bretagne, et l’Alsace, et le Pays basque, et l’Occitanie pour ne citer que cinq régions françaises à l’identité forte, voire très forte ?

La Corse a un statut bien particulier, sa langue est respectée et les citoyens corses se sont prononcés il n’y a guère pour refuser démocratiquement que plus de pouvoirs soient alloués à leur région.

L’Alsace conserve elle aussi un statut particulier et sa culture est respectée par la République française.

Quant à la Bretagne, elle cultive sans problème aujourd’hui une langue qui est bien vivante. Pour l’anecdote, je me souviens du chanteur Alan Stivell qui dans les années 70 n’avait de mots trop durs quand il évoquait la France. Aujourd’hui, il est le poète et le chanteur qui arpente les scènes de France et du monde pour mettre en valeur avec sérénité sa langue bretonne, mais aussi la Celtie dont fait partie la France.

Lors de compétitions sportives, les drapeaux bretons, basques, occitans font bon ménage avec leurs athlètes qui défendent les couleurs des Bleus.

En Belgique, je ne vous conseille pas d’aller supporter une équipe belge en arborant le coq wallon ou le lion flamand.  Seul, le noir, jaune, rouge peut exister. Très vite, vous serez obligé de  rendre votre drapeau invisible…!

Il serait réducteur de penser que seule la richesse de ces régions soit le moteur égoïste de leur soif d’indépendance. Un regard approfondi dans l’histoire de la Catalogne donne autant de motivation sinon plus d’obtenir un avenir qui lui appartient.

La réaction brutale du premier ministre espagnol a fait resurgir d’autre part les années sombres du franquisme et de la guerre civile espagnole, ce que n’ont pas manqué de relever nombre de journalistes peu suspects d’être des fanatiques de l’indépendance de la Catalogne.

Paul Durieux

FRANCKEN ? Quousque tandem…?

Jean-Luc LEFEVRE s’adresse à l’un de ses anciens élèves,  David CLARINVAL, devenu chef de groupe MR au parlement fédéral.

Monsieur le Chef de groupe,

Cher David,

Comme Bart de Wever, j’aime me situer par rapport aux grands auteurs latins qui m’ont construit intellectuellement. « Quousque tandem… » ? La citation de CICERON est toujours d’actualité. Combien de temps encore FRANCKEN, cet autre conjuré (de l’état de droit), abusera-t-il, comme Catilina, de notre patience citoyenne ?

Car enfin, j’aimerais que le M.R. m’explique comment et pourquoi il peut encore faire chambre commune avec ce bonhomme qui confond l’action politique avec la télé-réalité depuis toujours (ses tweets, ses caricatures) et dénonce  son portrait au vitriol, mais tellement réaliste, qu’en ont fait les jeunes Ecolo, ce bonhomme dont le vocabulaire n’a rien à envier au Kärcher de l’illustrissime Sarkozy (« nettoyer » le parc Maximilien), ce bonhomme qui, comme tant d’autres dictateurs, flirte depuis longtemps avec la ligne rouge de l’intolérable (l’arme chimique pour l’un, l’arme de l’humour létal pour l’autre)…

Car enfin, cher David, vous réfugier derrière le minable argument du mimétisme entre états, même européens, pour justifier sa « politique », c’est argumenter comme un pitoyable enfant pris en défaut sur une cour de récréation (lui aussi…), c’est confirmer que ce continent européen n’a plus de valeurs, sinon celle du chacun pour soi, amnésique des valeurs démocratiques, et notamment de celle dont tu te revendiques, avec tes amis : la liberté.

Ainsi donc, vous ne parvenez  même pas à nourrir des collaborations policières transfrontalières en Europe (le droit de poursuite par exemple), mais vous invitez des administrations extra-continentales dictatoriales à intervenir chez nous pour exercer leur fonction de basse police.

Savez-vous encore au sein du monde politique fédéral l’héritage de notre passé, comme le droit d’asile, depuis la Grèce antique ? A en juger par votre complicité coupable avec la N-VA, vous avez tous oublié cette dimension de la « spiritualité » occidentale. Pourquoi, sinon en raison d’autres intéressements moins avouables ?

Bien à toi, David,

Jean-Luc

PS – « Sans la liberté de blâmer, pas d’éloge flatteur » (BEAUMARCHAIS).

En France, on invente le futur

« En France, on n’a pas de pétrole mais on a des idées. » Cette phrase de Giscard d’Estaing, prononcée après le choc pétrolier de 1973, est bien plus qu’une formule incantatoire. Sans remonter au temps de Colbert et à la création de l’Académie des sciences (ni à Denis Papin qui, après avoir exploré avec Huygens les possibilités d’un premier moteur à explosion, fut le véritable inventeur de la machine à vapeur, dont les Anglais surent tirer profit), constatons que la France occupe une position de pointe dans l’industrie nucléaire, à laquelle on cherche aujourd’hui des alternatives pour d’évidentes raisons de sécurité. Le coût environnemental étant davantage pris en compte en France qu’aux Etats-Unis, il n’est pas question d’y exploiter le gaz de schiste. Avec le projet international ITER, développé sur le site de Cadarache, dans les Bouches-du-Rhône, on cherche à passer de la fission nucléaire à la fusion nucléaire, avec la perspective de produire beaucoup plus d’énergie et beaucoup moins de déchet. Mais on semble en droit d’attendre une avancée plus rapide et moins coûteuse dans le secteur des biopiles et, cette fois, sans produire aucun déchet. Là aussi, la France fait la course en tête, ce qui lui permet d’attirer les jeunes chercheurs étrangers.

L’article qui suit a été publié dans le magazine Le Vif/L’Express du 8 septembre 2017.

Une biopile pour la voiture de demain

Alors que s’ouvre, à Francfort, le 12 septembre, le salon de l’automobile, en France, des chercheurs du CNRS ont mis au point un prototype de biopile, sans platine, pour alimenter les voitures électriques à hydrogène. Une technologie prometteuse : coûts de fabrication réduits, « zéro émission » et une production d’hydrogène utilisant la biomasse. Autant d’arguments capables de séduire les gouvernements qui misent sur le « tout-électrique ».

« On n’est pas loin de pouvoir fabriquer une biopile suffisamment puissante pour pouvoir alimenter en électricité une voiture électrique, sans utiliser de platine, mais de simples enzymes issues des bactéries, pour la catalyse », s’enthousiasme Ievgen Mazurenko, chercheur au CNRS. « Déjà, notre biopile peut parfaitement alimenter des ordinateurs portables ou des smartphones. C’est une nouvelle génération de pile à combustible que nous avons mise au point, grâce à la collaboration du CNRS et des universités d’Aix et Marseille. »

Pour rappel : la pile à combustible traditionnelle combine l’hydrogène à l’oxygène de l’air, pour produire de l’électricité. Un réservoir de dihydrogène liquéfié remplace la pesante batterie au lithium, qui grève la plupart des voitures électriques d’aujourd’hui. « Pour réduire encore les émissions de gaz à effets de serre, et obtenir un produit résolument écologique, nous allons utiliser l’hydrogène de la biomasse », souligne encore Ievgen Mazurenko.

Une nouvelle qui pourrait sacrément titiller le marché : aujourd’hui, la majorité des constructeurs de voitures électriques misent sur des batteries au lithium. C’est le cas de Tesla ou de Nissan. D’autres constructeurs, comme Honda, Hyundai et Toyota, parient, eux, sur l’auto à hydrogène, une espèce de « supervoiture électrique », qui fonctionne (pour l’instant) avec la fameuse pile à combustible au platine, capable de produire sa propre électricité, tout en ne rejetant que de l’eau. Le hic : le platine est rare. Et ce qui est rare est cher. C’est également le cas du lithium, utilisé dans les batteries.

Alors que la Wallonie, mais aussi la France, l’Inde ou le Royaume-Uni misent sur les voitures électriques, le Centre commun de recherche européen a récemment alerté du « risque de pénurie » en 2020 – 2030 des métaux stratégiques, comme le lithium ou le platine. En parallèle, la dépendance de l’UE par rapport aux importations chinoises ou sud-africaines n’a pas prévu de baisser. Dans ce contexte, la biopile à enzymes constitue un sacré « plan B ». Aujourd’hui, seulement 0,2 % du parc mondial automobile est électrique. Concrètement, cela ne concerne que deux millions de voitures.

 ROSANNE MATHOT

Regards croisés sur la formation de nos enseignants

Par Jean-Luc Lefèvre, ancien directeur d’écoles normale et secondaire

En Belgique francophone, comme aussi en  France (où la pénurie d’enseignants existe aussi : 14% de postes non pourvus selon le syndicat S.N.E.S.-F.S.U. lors du concours 2016), nombreux sont ceux qui, interpellés par les résultats des élèves lors des enquêtes internationales Pisa, s’interrogent sur la qualité du système éducatif. Qui dit qualité de l’enseignement, dit aussi, d’abord, des gens compétents, des professionnels.

C’est dans ce contexte que la formation des maîtres devient un réel enjeu dans nos deux pays. Dès juillet 2013, la France ouvre le bal de la rénovation : les Instituts Universitaires de Formation des Maîtres – la formation des enseignants incombait déjà avant cette date aux universités !  – sont alors remplacés par les Ecoles Supérieures de Professorat et de l’Education.

Toujours intégrées aux universités, ces écoles sont chargées d’accueillir les étudiants après bac+3, de les former aux métiers de l’enseignement en leur délivrant après deux ans de formation un master censé les préparer aux concours, tant dans l’enseignement fondamental (C.R.P.E.) qu’au collège et au lycée (C.A.P.E.S.). Quant à la tutelle des écoles privées sous contrat avec l’état, elle organise de son côté, à l’intention exclusive de ses enseignants, un Institut Supérieur de Formation de l’Enseignement Catholique dont le mandat doit respecter le socle des 14 compétences requises par l’Administration.

Chez nous, on envisage aussi de porter à quatre ans, et non cinq, la durée des études d’enseignant, dont la première cohorte nouvelle formule serait diplômée en 2023. Un master de spécialisation, non obligatoire, au terme d’une 5e année est aussi programmé, tout cela dans le cadre d’une certification partagée entre universités et hautes écoles.

Contrairement à la France, l’université francophone ne reçoit donc pas le monopole de la formation des maîtres dont l’accent, selon J. THONON de la CGSP – enseignement sur les antennes de la R.T.B.F. le 30 mai 2017, devrait être mis sur « la didactique des disciplines et la gestion du groupe ».

2013 – 2016… Les terres romanes de Belgique ont le recul nécessaire pour évaluer la réforme mise en place en France.

Comme à Grenoble où les étudiants stagiaires se sont mis en grève au printemps dernier, où Grégory Corps, responsable du Syndicat National des Lycées et des Collèges (S.N.A.L.C.), déplore un formatage inefficace en master 2 avec des enseignants–chercheurs qui n’enseignent pas dans le secondaire, comme aussi à Lille où le bilan se veut plus nuancé : des points forts (formation riche et solide, qualité des équipes, aller-retour théorie/pratique… et des points faibles (faiblesse de certains enseignements, éloignement des besoins du terrain…

Récemment, le 22 mai 2016, l’hebdomadaire Marianne déplorait la moyenne de recrutement des instituteurs qui se situe à 8/20 . Quant à Guillaume Mélère, stagiaire des Métiers de l’Enseignement, de l’Education et de la Formation, sur son blog de Mediapart, il dénonce  le peu de place laissée à la didactique de la conjugaison et à la grammaire (moins de 20 heures sur deux cent !).

L’I.S.F.E.C., n’est pas en reste : il déplore « le pédagogiquement correct de l’éducation nationale, le prêt-à-enseigner », ce que confirme G. Corps : « on ne parle pas de liberté pédagogique ».

Autant de clignotants qui devraient inciter, au-delà de toute considération philosophique ou religieuse, à regarder Outre-Quiévrain dont l’ardeur d’avance en la matière ne peut être contestée.

Ne serait-ce que pour éviter certains pièges !

Devenir de la Wallonie : thriller ou réalité?

Ce titre est celui que Paul Mélot, de l’AWF, a choisi pour la conférence qu’il donnera le 16 septembre à l’invitation de l’asbl « La Vigne Philosophe », un bar à vin philosophique installé à Wavreille, dont les activités sont présentées sur le site lavignephilosophe.be.

Nous reprenons ici la fin du courrier envoyé par les organisateurs de la conférence.

Chers Amis de la Vigne, Wallonne, Wallon !

(…)

Oufti ! Il nous faut y voir clair, vite, un guide !

Paul Mélot est un observateur neutre et il aime passionnément la Wallonie, retiré d’un syndicat et d’un parti politique depuis 11 ans, il est libre… et bien informé. Il souhaite partager le fruit de ses recherches.

Le 16 septembre, à 20 heures, il sera devant vous à la Vigne :

« Devenir de la Wallonie: Thriller ou réalité? »

Nous vivons dans une belle région, mais nous voyons que les nuages s’amoncellent : Benoît « a retiré la prise », Bart rigole, la NVA est en embuscade, toujours pas de gouvernement en Communauté, Raoul monte dans les sondages, Elio ne passe pas la main… et, sans rire, « La Bonne Gouvernance » dont on nous abreuve… « démocratie » qu’il disait… humm, tu vas voter quoi, toi?

Il y a pourtant des solutions et des attitudes nouvelles apparaissent. Paul Mélot nous fera découvrir une philosophie économique et sociale, le rôle d’un petit pays qui ne veut pas mourir… ses atouts et de nouvelles mentalités pour réenchanter les sangliers.

Ta présence à la Vigne ce 16 septembre est un gage de responsabilité, d’intérêt pour savoir ce qui va t’arriver demain… pour espérer des lendemains qui chantent et que les secours populaires ne doivent pas distribuer « la soupe à la grimace »…

Concerné ? Un acte citoyen.

Il y aura du vin, pas pour noyer son chagrin mais pour saluer, espérons-le, un renouveau. Ce sera la cuvée Clara, un Minervois du Domaine de Clarmon, choisi par Muriel au salon des vignerons de Redu…Gage d’un moment de bonheur.

Réservations obligatoires au 084/223356 ou 0475/524722 ou vignephilo@gmail.com

Adresse: 38, Route de Tellin à 5580 Wavreille.

Conférence à 20 h (accueil dès 19h30)

Entrée 7 € , première consommation offerte. Parlez-en à vos amis.

 L’Equipe de la Vigne.

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