Deux nations sur la voie de l’indépendance

Jacques Lenain attire notre attention sur l’article du quotidien Le Monde ci-après.

La position délicate des nationalistes flamands de Belgique face au référendum catalan

Par Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, bureau européen)

Membre du gouvernement fédéral belge qui soutient la position de Madrid, les nationalistes de la N-VA sont pourtant favorables à l’indépendance de la Catalogne.

Membre d’un gouvernement qui, comme tous les autres au sein de l’Union européenne, soutient officiellement la position de Madrid mais en même temps très favorable à l’indépendance de la Catalogne qui organise un référendum interdit dimanche 1er octobre, l’Alliance néo-flamande (N-VA) est contrainte au grand écart. Le parti de Bart De Wever se déchire entre sa participation au pouvoir fédéral belge et son objectif à terme : la séparation de la Flandre et de la Belgique.

Membre d’un gouvernement qui, comme tous les autres au sein de l’Union européenne, soutient officiellement la position de Madrid mais en même temps très favorable à l’indépendance de la Catalogne qui organise un référendum interdit dimanche 1er octobre, l’Alliance néo-flamande (N-VA) est contrainte au grand écart. Le parti de Bart De Wever se déchire entre sa participation au pouvoir fédéral belge et son objectif à terme : la séparation de la Flandre et de la Belgique.

Membre d’un gouvernement qui, comme tous les autres au sein de l’Union européenne, soutient officiellement la position de Madrid mais en même temps très favorable à l’indépendance de la Catalogne qui organise un référendum interdit dimanche 1er octobre, l’Alliance néo-flamande (N-VA) est contrainte au grand écart. Le parti de Bart De Wever se déchire entre sa participation au pouvoir fédéral belge et son objectif à terme : la séparation de la Flandre et de la Belgique.

Sortir de l’ambiguïté

« Vous voyez bien que la N-VA est devenue un parti bipolaire », souligne Hendrik Vuye, député dissident de la formation nationaliste. Ce professeur de droit constitutionnel à l’Université (wallonne) de Namur dénonce l’ambiguïté d’un parti qui, dit-il, défend la cause catalane mais « n’ose rien dire au sein du gouvernement [fédéral] ». Au parlement régional de Flandre, le groupe N-VA a tenté récemment de faire voter une motion dénonçant « la répression » exercée par Madrid en Catalogne. Ses alliés du parti chrétien démocrate CD & V s’y sont opposés.

Le chef du gouvernement fédéral, Charles Michel, n’est pas plus à l’aise. Lui qui a fait le pari de pactiser avec la N-VA pour sortir le royaume d’une crise inextricable s’est exprimé avec une évidente prudence sur le dossier catalan. « C’est une affaire interne espagnole. Si la question se pose au niveau européen, je défendrai certainement un point de vue », a-t-il indiqué en marge du sommet de Tallinn, auquel il participait, jeudi 28 et vendredi 29 septembre.

L’avenir de sa coalition pourrait, en tout cas, être déterminé par la suite des événements en Espagne. Pour beaucoup d’observateurs belges, une déclaration unilatérale d’indépendance prononcée par la Catalogne obligerait M. De Wever à sortir de l’ambiguïté et à soutenir officiellement ce projet. Ce qui ne manquerait pas de créer une situation intenable pour les autres partis néerlandophones et pour la formation de M. Michel.

Quelques réflexions de l’AWF

La Catalogne et la Flandre ne sont pas les seules nations à aspirer à l’indépendance. Nous pourrions y associer l’Ecosse, la Lombardie, … en ne pensant qu’à l’Europe.

Certains nous diront et la Corse, et la Bretagne, et l’Alsace, et le Pays basque, et l’Occitanie pour ne citer que cinq régions françaises à l’identité forte, voire très forte ?

La Corse a un statut bien particulier, sa langue est respectée et les citoyens corses se sont prononcés il n’y a guère pour refuser démocratiquement que plus de pouvoirs soient alloués à leur région.

L’Alsace conserve elle aussi un statut particulier et sa culture est respectée par la République française.

Quant à la Bretagne, elle cultive sans problème aujourd’hui une langue qui est bien vivante. Pour l’anecdote, je me souviens du chanteur Alan Stivell qui dans les années 70 n’avait de mots trop durs quand il évoquait la France. Aujourd’hui, il est le poète et le chanteur qui arpente les scènes de France et du monde pour mettre en valeur avec sérénité sa langue bretonne, mais aussi la Celtie dont fait partie la France.

Lors de compétitions sportives, les drapeaux bretons, basques, occitans font bon ménage avec leurs athlètes qui défendent les couleurs des Bleus.

En Belgique, je ne vous conseille pas d’aller supporter une équipe belge en arborant le coq wallon ou le lion flamand.  Seul, le noir, jaune, rouge peut exister. Très vite, vous serez obligé de  rendre votre drapeau invisible…!

Il serait réducteur de penser que seule la richesse de ces régions soit le moteur égoïste de leur soif d’indépendance. Un regard approfondi dans l’histoire de la Catalogne donne autant de motivation sinon plus d’obtenir un avenir qui lui appartient.

La réaction brutale du premier ministre espagnol a fait resurgir d’autre part les années sombres du franquisme et de la guerre civile espagnole, ce que n’ont pas manqué de relever nombre de journalistes peu suspects d’être des fanatiques de l’indépendance de la Catalogne.

Paul Durieux

11 réflexions sur « Deux nations sur la voie de l’indépendance »

  1. Bonjour,

    ça fait longtemps que je n’ai plus intervenu sur le site de l’AWF! Pas par diminution de mon enthousiasme à devenir français (bien au contraire) mais par manque de temps. Depuis que je retravaille c’est un peu plus compliqué de passer autant de temps sur le net! Mais bon, j’préfère quand même travailler, j’ai attendu assez longtemps comme ça! Ca fait du bien de se relever le matin et d’aller travailler.

    Sinon, j’voulais juste apporter une p’tite précision au sujet des drapeaux lors des manifestations sportives: allez le long de la route au Tour des Flandres, ou sur le Het Volk ou autre, et même au Tour de France et vous verrez que pour les coureurs de langue néerlandophone, c’est le drapeau noir-jaune avec le lion qui prédomine! Même qu’une année, France 2 avait fait un petit reportage après une étape pour essayer de comprendre ce que représente ce drapeau!!! En revanche, le public wallon qui soutient Philippe Gilbert, par exemple, sort toujours le drapeau belge et on voit très rarement le drapeau wallon!

    La N-VA joue quand même un jeu ambigu! Ce qu’il faudrait pour une indépendance totale de la Flandre, c’est que N-VA et Vlaams Belang grimpe dans les sondages en même temps… Et pas une fois l’un, et une fois l’autre!!!

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  2. Dans mon essai, au chapitre 1.3, partie A, en fin du point 5, j’écrivais (il y a 8 ans…) : « En point final, notons que le mouvement de dissociation qui affecte la Belgique s’inscrit dans un mouvement historique, européen et mondial, de mise en cohérence des frontières politiques et des frontières linguistiques, après la quasi-disparition des empires multi-nationaux et des Etats autoritaires. A cet égard, il sera intéressant d’observer qui, de la Catalogne encore espagnole ou de la Flandre encore belge, accédera la première à l’indépendance. Même dimension (la Catalogne compte sept millions d’habitants). Même passé de contenu prestigieux. Même prétention identitaire, avec une langue propre. Même ouverture maritime, qui offre l’autonomie géographique indispensable. Même vitalité économique, qui donne l’assurance d’un pouvoir-agir propre. Même stratégie indépendantiste : une addition de faits accomplis successifs dont l’accumulation rendra un jour l’indépendance inéluctable, sauf à ce qu’il soit fait usage de la contrainte pour l’interdire. Parions cependant que la Flandre y parviendra la première car elle dispose d’un avantage majeur : son unification linguistique est achevée ou presque, alors que la Catalogne est encore loin d’un tel accomplissement. »

    La course Flandre/Catalogne est donc bien très prenante, et c’est la Catalogne qui a pris la tête…Mais la partie n’est pas finie…

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  3. Ici, je donne tout le point 5 de la partie A du chapitre 1.3 La partition inéluctable de l’Etat Belge. Voies et Moyens.

    « 5 Un environnement européen faussement stabilisateur
    Il est courant d’entendre l’avis selon lequel l’Union européenne serait apte à faire et ferait réellement obstacle à une remise en cause de l’existence de l’Etat belge, dont les représentants osent prétendre qu’il est un modèle pour l’Union. Certes, il n’est pas douteux que les membres de l’Union sont désireux de voir l’Etat belge poursuivre son existence, même si ce devait être une existence toute d’apparence. Mais il n’est pas démontré que l’Union, en tant que telle, ait les capacités d’empêcher la scission d’un Etat, quel qu’il soit.
    L’histoire des vingt dernières années nous enseigne bien au contraire que l’Union, d’une manière ou d’une autre, après un temps plus ou moins long, est toujours obligée d’accepter les séparations de type étatique, et d’accueillir par la suite en son sein les nouveaux Etats qui en sont issus. Rappelons que la Yougoslavie fédérale s’est décomposée, à la suite de la scission initiale de la Slovénie, puis celle de la Croatie, acceptées par l’Allemagne sans attendre l’accord de ses partenaires de l’Union, en cinq Etats (dont l’un, la Bosnie, et une fiction juridique, un protectorat européen de fait), puis six (Monténégro) et maintenant sept (le Kossovo), tous Etats (donc y compris la Macédoine et la Serbie) qui ont vocation à rejoindre l’Union. Que la Tchécoslovaquie fédérale s’est divisée rapidement dès que ses deux membres ont eu la liberté de le faire, lesquels sont très vite devenus des membres de l’Union. Que les trois Etats baltes ont pu quitter l’Union soviétique puis rejoindre aisément l’Union européenne. Et que l’entrée de Chypre dans l’Union européenne n’a pas abouti à la réunification espérée de ses deux parties grecque et turque.
    En vérité, quant on retient que ces scissions auront précédé l’entrée dans l’Union européenne de tous les nouveaux Etats qui en sont issus, force est de constater que l’Union agit tout au contraire comme un déstabilisateur des Etats fragiles, ceux justement constitués de plus d’un peuple constitutif. Offrant la perspective d’un cadre sécurisant, l’existence même de l’Union encourage les mouvements nationaux/régionalistes européens à tenter, sans excès de prudence, la voie de l’indépendance. Normes démocratiques, marché économique commun, soutiens financiers, sont autant de garants européens de la réussite de la scission. Cet effet attractif et dissolvant s’exerce présentement sur les nations slaves d’Ukraine (menacée elle aussi de dislocation) et de Biélorussie, et s’étend jusqu’aux nations du Caucase. Mais il frappe aussi l’Ecosse britannique, le Pays basque et la Catalogne espagnols. Et donc également la Flandre belge.
    Le discours mal maîtrisé et substantiellement imprudent de l’Union sur «l’Europe des Régions», largement instrumenté par les mouvements autonomistes et indépendantistes des Régions à forte identité, a encouragé ces orientations. Et, de fait, l’espace économique européen, la législation européenne, la monnaie commune aussi, sont autant de facteurs objectifs qui favorisent les indépendances des «petites nations», en rendant plus aisées les scissions, puis la mise en place et le fonctionnement des nouveaux Etats qu’elles engendrent. Ce que les milieux dirigeants flamands ne peuvent que constater.
    Il n’est pas niable qu’une fraction importante du peuple flamand et la majorité de ses milieux dirigeants voient eux aussi dans l’édifice européen la demeure utile à l’accomplissement de leur rêve national indépendantiste. Fascinés par le succès des «petits» Etats européens, qui plus que les «grands», bénéficient du cadre européen, et tout comme les nationalistes écossais, basques, catalans, les Flamands nationalistes se voient à l’identique des Irlandais, des Danois ou des Luxembourgeois prospères, avec leur «petit» Etat bien protégé derrière les barrières européennes et transatlantiques (barrières institutionnelles, économiques, diplomatiques et militaires), tout en jouissant pleinement et sans réel devoir de partage de leurs avantages comparatifs propres (l’argument «francophone» souvent répété selon lequel le coût futur pour un Etat flamand indépendant de la solidarité financière européenne pourrait être comparable au coût actuel de la solidarité intra-belge n’a évidemment aucune base).
    Quant aux Etats voisins de la Belgique, qui ont tous un passé de responsabilité dans la construction de l’Etat belge (Grande-Bretagne, France, Pays-Bas hollandais et Allemagne ex-prussienne), ils auront à cœur, certainement, de l’aider à se survivre. Pour autant, en cas de paralysie de son fonctionnement par suite d’un désaccord profond et persistant, leurs moyens d’action seraient limités voire nuls. Quels arguments pourraient-ils opposer aux résultats de referendums flamands et wallons soutenant largement la séparation (comme il en fut des referendums slovène et croate) ? Au mieux tenteraient-ils de préserver une entité bruxelloise «à leur main», tout en convenant du caractère inéluctable de la survenue du nouvel Etat flamand et en laissant à la Wallonie le choix de sa voie.
    Qui plus est, le cadre juridique et institutionnel européen faciliterait grandement la scission de la Belgique, tant sur le strict plan technique que plus généralement sur le plan économique. Pas besoin de créer une monnaie. Ni un régime douanier. Garantie de maintien des échanges commerciaux avec tous les membres de l’Union, comme avec Bruxelles et la Wallonie. Et de la liberté de mouvement des capitaux et des personnes. Et aucun risque, contrairement à ce qui est dit souvent, d’être expulsé de l’Union pour un nouvel Etat flamand non désiré par les Etats membres de l’Union : qui (c’est-à-dire quelle force de l’Union) pourrait décider d’installer puis de gérer effectivement une barrière douanière entre la Flandre et la Wallonie ? Et pourquoi la France et les Pays-Bas hollandais voisins le feraient-ils ? Qui pourrait décider de mettre fin à la circulation de l’euro en Flandre et mettre en oeuvre une telle décision ? Au pire, seuls les décideurs flamands et wallons pourraient organiser un contrôle du passage des personnes si leurs rapports étaient profondément dégradés. Ainsi, il faudrait donc bien que l’Union régularise la situation de «membre de fait» de la Flandre, et elle serait sans doute contrainte de le faire assez vite.
    Ainsi, l’Union européenne apporterait à la Flandre, comme à tant d’autres entités nationales ou quasi-nationales, un cadre totalement sécurisant pour le nouvel Etat. Cadre dans lequel l’Etat flamand serait aussi souverain que tous les autres Etats. Souveraineté propre, flamande, qui sera préférée à celle de l’Etat belge quand les charges ou les contraintes imposées par lui seront considérées comme devenues inférieures aux maigres avantages qui lui restent.
    En point final, notons que le mouvement de dissociation qui affecte la Belgique s’inscrit dans un mouvement historique, européen et mondial, de mise en cohérence des frontières politiques et des frontières linguistiques, après la quasi-disparition des empires multi-nationaux et des Etats autoritaires. A cet égard, il sera intéressant d’observer qui, de la Catalogne encore espagnole ou de la Flandre encore belge, accédera la première à l’indépendance. Même dimension (la Catalogne compte sept millions d’habitants). Même passé de contenu prestigieux. Même prétention identitaire, avec une langue propre. Même ouverture maritime, qui offre l’autonomie géographique indispensable. Même vitalité économique, qui donne l’assurance d’un pouvoir-agir propre. Même stratégie indépendantiste : une addition de faits accomplis successifs dont l’accumulation rendra un jour l’indépendance inéluctable, sauf à ce qu’il soit fait usage de la contrainte pour l’interdire. Parions cependant que la Flandre y parviendra la première car elle dispose d’un avantage majeur : son unification linguistique est achevée ou presque, alors que la Catalogne est encore loin d’un tel accomplissement. »

    Maintenant, on voit de mieux en mieux comment les apprentis-sorciers de l’européisme ont eux-même aggravé des divisions sous-jacentes inter-étatiques alors qu’ils prétendaient mettre fin aux divisions européennes en « dépassant » les Etats existants…Pure folie…

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    1. Il demeure un détail troublant, alors que ce qui s’appelle « Belgique » fut aggloméré par la force des acquisitions ou des armées de princes prédateurs depuis le quatorzième siècle, les Catalans prirent part à l’édification du royaume d’Espagne. Leur problème relève plus d’une mise à plat d’un régime fiscal mal ficelé au bénéfice de Madrid et au détriment du Trésor catalan. L’expérience prouve qu’il ne faut jamais laisser ce problème pourrir par mauvaise volonté…

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  4. Un Nord schizophrène et un Sud monomaniaque, le premier, sûr de lui et arrogant, comme la Catalogne, à la fois tenté par le repli sur soi ( et la colonisation des terres romanes de Belgique, à la différence de la Généralité de Catalogne qui n’ aucune visée sur le reste de l’Espagne) et un Sud qui s’accroche, en bon naufragé, comme ceux du Radeau de la Méduse, à un misérable rafiot qui porte encore le nom de Belgique, le fossé est effectivement très grand. Comme celui qui sépare Catalogne et Castille. Les terres romanes de Belgique, c’est un peu la Castille qui croit encore en l’Espagne une et indivisible et sa monarchie de dentelles. Schizophrénie et monomanie…Deux maladies structurantes d’une psychologie collective. A tout prendre, mieux vaut encore la monomanie que la schizophrénie, davantage écartelante, au sein même des couples, comme en Catalogne. Un seul problème quand on est monomaniaque: bien choisir sa marotte. Et je ne suis pas sûr que la monomanie des terres romanes soit durable, comme disent nos Ecolos.
    Et l’Europe là dedans? Au balcon, naturellement, comme Pilate, car elle, elle sait que toute stratégie s’inscrit dans la durée. Mais laquelle?
    Celle du retour à une Europe médiévale, ce que je crois, avec ses pôles régionaux, celle de ces états=nations qui n’en finissent pas de mourir dans une agonie toujours plus durable? Qui dit crise, dit moment de choix, de décision. Ni en Belgique, ni ans l’Union, on ne décidera. Tout pourrira donc, pour le meilleur ou le pire!

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  5.  » Quelques réflexions de l’ AWF
    La Catalogne et la Flandre ne sont pas les seules nations à aspirer à l’indépendance. Nous pourrions y associer l’Ecosse, la Lombardie, … en ne pensant qu’à l’ Europe. »
     » Certains nous diront et la Corse, et la Bretagne, et l’ Alsace, et le Pays basque, et l’ Occitanie pour ne citer que cinq régions françaises à l’identité forte, voire très forte ?  »
    Excellente question. Mais alors, et nous Wallons ? Quand on lit et relit les écrits des du Bois, Boly, Bologne, Thiry, Leclercq, Destrée, Plisnier, Mahieu, etc., passerions-nous pour des inconsistants ? Bien entendu qu’il n’existe pas de nationalisme wallon puisque nous partageons tout naturellement le nationalisme français ( que l’on ne peut nier ni dénigrer ni détruire). Un nationalisme wallon fabriqué de toutes pièces nous écarterait de notre patrie naturelle. Où donc se terre encore notre volonté, notre affirmation indépendantiste ? Faut-il toujours tout attendre de la France ? Ou de la Flandre ? Qu’en 1945 nos hommes politiques wallons se soient pliés aux contingences internationales mais septante-deux ans après pourquoi encore brider un élan que nos compatriotes liégeois exprimèrent si fougueusement au 18 e siècle ? Les dernières heures en Catalogne rappellent toutefois la pertinence d’une réflexion de François Perin dans « La scission de la Belgique  » (Ed. République et Qualité de vie): « L’annexion pure et simple pourrait être délicate pour les uns comme pour les autres sur le plan diplomatique. Peut-être certains songeront-ils , à titre transitoire, à utiliser l’article 88 de la Constitution de la République française ainsi libellé: « La République peut conclure des accords avec les Etats qui désirent s’associer à elle pour développer leur civilisation » Avec un tel texte on peut négocier beaucoup de choses sans soulever de malaise au sein de l’Union européenne. » Où se cache donc l’audace nécessaire dans les travées du parlement wallon ? Surtout quand personne n’ignore qu’ au sein du parlement de Flandre certains piaffent d’impatience ? Tendons leur la main au lieu de traîner comme des escargots! Mais comme le précisait encore François Perin dans  » La scission de la Belgique  » (Ed. République et Qualité de vie): « Il faudrait que les responsables politiques wallons manifestent à l’égard de la France une orientation centripète et soulignent que leur statut provisoire n’est en aucune façon un modèle pour les éventuels courants centrifuges au sein de l’un ou l’autre coin de l’Hexagone.  » Voilà pourquoi marcher de concert avec la Flandre vers la scission de la Belgique agirait bien plus efficacement face à l’ Europe en rappelant à certains de ses ténors « impériaux » les « coups de force britannique de 1815 et de 1830 » ainsi que les paroles prémonitoires de Talleyrand : «Les Belges ? Ils ne dureront pas. Ce n’est pas une nation, deux cent protocoles n’en feront jamais une nation. Cette Belgique ne sera jamais un pays, cela ne peut tenir… ». Il paraît que le Président Macron connaît mieux l’Histoire de France que son prédécesseur…

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  6. Sans doute…Encore faut-il marquer les différences. En Espagne, deux entités politiques monomaniaques, même si le projet de l’une s’oppose radicalement à celui de l’autre: la survie, coûte que coûte, d’un état unitaire quand l’autre conduit à sa fragmentation. Chez nous, deux projets de nature schizophrénique: une Flandre qui veut certes son indépendance, mais qui est aussi traversée de contradictions car biberonnée depuis peu au pouvoir total au sein de l’état et une Wallonie qui s’exaspère de la tutelle flamande sans oser remettre en question ses structures fédérales…C’est grave, Docteur? Pour qui? Quelle perspectives? J’ai la conviction que ce qui se passe en Espagne, un retour peut-être aux grands équilibres politiques du Moyen Age, constitue une tendance lourde, qu’il convient de ne pas sous estimer en fermant le yeux en bon Ponce Pilate. Qu’il convient au contraire ‘imaginer dès aujourd’hui, à Madrid comme à Bruxelles, une thérapie: gouverner, c’est prévoir! En ces matières, il ne fut jamais laisser du temps au temps, vieux réflexe des leaders politiques européens

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  7. « Certains nous diront et la Corse, et la Bretagne, et l’ Alsace, et le Pays basque, et l’ Occitanie pour ne citer que cinq régions françaises à l’identité forte, voire très forte ? Excellente question. »
    Disons « question franco-belge », pour faire peur ! (sur le thème, la France ne pourrait accepter la Wallonie avec une grande autonomie, car ce serait un précédent dangereux…).
    Ainsi, l’Occitanie désigne historiquement le tiers méridional de la France, mais il n’y a aucune identité commune entre un provençal et un gascon autre que l’identité française; donc, Languedoc, ou Occitanie, ce sont des mots plaqués aujourd’hui sur des découpages territoriaux administratifs sans fondement historique. Ainsi, on fusionne des « régions » administratives sans rencontrer de protestation d’ampleur, quasiment dans l’indifférence des Français ! Même la région Alsace vient d’être supprimée sans obstacle significatif ! Et que veut dire « Hauts de France » ?! Quant à la Bretagne, le sentiment local est assez puissant, mais la population de Rennes ou de Nantes n’a jamais parlé breton, et les élus bretons ne demandent pas de compétence ou de statut propre à leur région. Seule la Corse présente une menace séparatiste, mais assez lointaine, car il y a cinq fois moins de Corses en Corse que dans le reste de la France et du fait que, contrairement à la Catalogne, la Corse n’a aucune autonomie financière possible (l’indépendance, ce serait un niveau de vie divisé par deux, et pas seulement réduit de 20 % comme ce le serait pour la Wallonie…). Au demeurant, aucune « région  » française ne demande vraiment plus d’autonomie, même la Corse (par exemple, en matière d’éducation, de santé, etc.), au nom de l’efficacité économique (mais plus d’argent, si !). Ce débat sans fin sur le plus d’autonomie, c’est typiquement belge ! Ainsi, pour la Wallonie, l’idée que reprendre les compétences éducatives de la « communauté française » serait un gros plus; une idée totalement inconnue en France, même en Corse ou en Bretagne, je le répète, et à laquelle je ne crois pas du tout pour l’intérêt de la Wallonie…Ça sert juste à faire vivre le débat politique, quand on n’a rien d’autre à proposer…
    Maintenant, pour en revenir aux Pyrénées, les séparatismes des pays catalan et basque d’Espagne pourraient avoir des répercussions sur les petits morceaux français homologues…Perpignan et Bayonne sont à surveiller…

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