FRANCKEN ? Quousque tandem…?

Jean-Luc LEFEVRE s’adresse à l’un de ses anciens élèves,  David CLARINVAL, devenu chef de groupe MR au parlement fédéral.

Monsieur le Chef de groupe,

Cher David,

Comme Bart de Wever, j’aime me situer par rapport aux grands auteurs latins qui m’ont construit intellectuellement. « Quousque tandem… » ? La citation de CICERON est toujours d’actualité. Combien de temps encore FRANCKEN, cet autre conjuré (de l’état de droit), abusera-t-il, comme Catilina, de notre patience citoyenne ?

Car enfin, j’aimerais que le M.R. m’explique comment et pourquoi il peut encore faire chambre commune avec ce bonhomme qui confond l’action politique avec la télé-réalité depuis toujours (ses tweets, ses caricatures) et dénonce  son portrait au vitriol, mais tellement réaliste, qu’en ont fait les jeunes Ecolo, ce bonhomme dont le vocabulaire n’a rien à envier au Kärcher de l’illustrissime Sarkozy (« nettoyer » le parc Maximilien), ce bonhomme qui, comme tant d’autres dictateurs, flirte depuis longtemps avec la ligne rouge de l’intolérable (l’arme chimique pour l’un, l’arme de l’humour létal pour l’autre)…

Car enfin, cher David, vous réfugier derrière le minable argument du mimétisme entre états, même européens, pour justifier sa « politique », c’est argumenter comme un pitoyable enfant pris en défaut sur une cour de récréation (lui aussi…), c’est confirmer que ce continent européen n’a plus de valeurs, sinon celle du chacun pour soi, amnésique des valeurs démocratiques, et notamment de celle dont tu te revendiques, avec tes amis : la liberté.

Ainsi donc, vous ne parvenez  même pas à nourrir des collaborations policières transfrontalières en Europe (le droit de poursuite par exemple), mais vous invitez des administrations extra-continentales dictatoriales à intervenir chez nous pour exercer leur fonction de basse police.

Savez-vous encore au sein du monde politique fédéral l’héritage de notre passé, comme le droit d’asile, depuis la Grèce antique ? A en juger par votre complicité coupable avec la N-VA, vous avez tous oublié cette dimension de la « spiritualité » occidentale. Pourquoi, sinon en raison d’autres intéressements moins avouables ?

Bien à toi, David,

Jean-Luc

PS – « Sans la liberté de blâmer, pas d’éloge flatteur » (BEAUMARCHAIS).

8 réflexions sur « FRANCKEN ? Quousque tandem…? »

  1. Monsieur LEFEVRE pourquoi introduire un sujet qui risque de provoquer des incompréhensions au sein des membres de l’AWF ? Sincèrement, ce n’est pas le moment.
    La question à poser à votre ancien élève, David CLARINVAL, chef de groupe MR au parlement fédéral, ne devrait pas concerner un ministre « fédéral » élu de Flandre mais plutôt la présence de Wallons dans un hémicycle soumis à « l’ étranger » où ils font de la figuration depuis 1830.
    « Quousque tandem Belgica » ? Combien de temps encore le Belgium ? Cet Etat Potemkine, Royaume écartelé qui n’a plus de droit que son apparence de carton pâte !
    Ne pensez-vous pas que « Mane, Thecel, Phares » soit « compté, pesé, divisé » s’applique mieux au royaume de Philippe 1er ? « Tes jours sont comptés ; tu as été trouvé trop léger dans la balance ; ton royaume sera partagé » (interprétation du prophète Daniel ).
    En quelques années, la Belgique unitaire, dite millénaire, a été liquidée, divisée et, maintenant, perdure sous l’emprise de la Nation flamande grâce à la collaboration douteuse de politiques wallons et bruxellois ! Que faisons encore dans cette construction pénitentiaire britannique ?
    Car enfin, ne préfèreriez-vous pas que le M.R. vous explique comment et pourquoi il peut encore faire chambre commune avec ces partis de Flandre qui confondent et abusent de l’action politique « belge » pour soumettre le peuple wallon à une vindicte pour des « crimes » qu’ils n’ont pas commis ?
    Comme tout homme politique élu démocratiquement par le peuple, Monsieur Francken s’adresse à son électorat de Flandre (accessoirement bruxellois) et ne se préoccupe pas des « autres ». Monsieur Francken n’a cure des cris d’orfraies des « gauchistes » et autres « humanistes » francophones et wallons. De toute façon, toutes ses actions relèvent de la LOI ! Et, tant pis, si son langage « carré », très « germanique », plait à la Flandre. Bien des Wallons voteraient pour lui si c’était possible …
    Les peuples d’Europe ne refusent pas le soutien aux victimes mais ils ne comprennent pas pourquoi leurs « élites » favorisent le « Grand Remplacement » alors que le chômage et la misère les frappent de plein fouet. Selon vous que doit faire un élu subtil ? Il adresse le message adéquat ! C’est de bonne guerre et parfois c’est nécessaire.

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  2. Monsieur LEFEVRE permettez-moi de proposer comme autre réponse à votre questionnement une analyse très crédible rédigée par la rédaction de 7/7 le 21/09/17 – 14h55.

     » Pourquoi personne ne veut la peau de Theo ?
    Mais alors, qui pourrait vouloir sanctionner Theo Francken?

    A la N-VA: personne évidemment.
    (…) une grande partie de l’électorat flamand, mais pas que, était en demande d’une plus grande fermeté, d’une promesse de protectionnisme. (…)

    Le Premier ministre Charles Michel: difficilement.
    S’il tente de tenir un rôle de directeur d’école en rappelant à ses titulaires qu’ils doivent veiller à leur propos, il n’est pas en mesure de se débarrasser du chouchou de ceux qui l’ont fait promouvoir. Charles Michel – donc le MR – n’a premièrement aucun intérêt à déstabiliser son propre gouvernement, dont la majorité travaille dur pour rester en équilibre, en fragilisant la N-VA qui mise tout sur Theo Francken. Les partenaires Open VLD et CD&V de la majorité ne le permettraient pas non plus, quelles que soient d’ailleurs leurs convictions intimes sur les dérapages de Francken. Puis le MR, francophone isolé dans une majorité flamande, jouit lui aussi de la popularité de Francken, qui déteint sur lui. Les prochaines élections ne sont pas si loin… La preuve, Michel « recadre » inlassablement le secrétaire d’Etat mais en veillant à ne jamais le désavouer sur le fond. Ce n’est pas un hasard si l’ensemble des Réformateurs font de même.
    Michel n’a deuxièmement aucun intérêt non plus à sacrifier celui qui se charge somme toute de faire le sale boulot de la majorité. Car si Francken n’a pas le talent de mettre les formes, il ne fait au final, ne l’oublions pas, qu’appliquer la politique du gouvernement en matière d’Asile et de Migration, celle qu’avait initiée la libérale Maggie de Block en son temps sous Di Rupo, rappelle la Libre. Condamner Francken, c’est se tirer une balle dans le pied et sous-entendre que la politique migratoire n’est pas la bonne. Un no-go pour la majorité, qui se contente d’arrondir les angles en disséminant ça et là de brèves et bienveillantes remontrances à l’égard du trublion nationaliste. Les appels à surveiller son langage ne sont rien d’autre qu’une manoeuvre pour détourner l’attention du fond du problème et, quand les tweets indignés viennent de l’Open VLD, c’est une manière de ne pas être trop assimilé à un parti qui marche sur ses plates-bandes.

    L’opposition : elle n’en a pas les moyens, n’a pas mieux à proposer et ne veut pas froisser l’électeur.
    (…)
    Mais les propos restent prudents dans tous les partis. Pourquoi? Parce que la popularité de Francken n’est que le miroir des préoccupations des citoyens. Si Francken crève le plafond dans les sondages, quel parti osera faire de lui un paria ? Il est de bon ton de pointer un Francken du doigt pour prouver que l’on respecte les valeurs essentielles de son parti mais on ne peut raisonnablement pas aller trop loin et dès lors se mettre à dos tous les électeurs y compris francophones qui estiment qu’il fait du bon boulot.  »

    La démocratie signifie encore et toujours élections d’où répondre à l’électeur…

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    1. Tout à fait d’accord avec vous mais que ce soit le diable ou une autre entité, cette « Belgique » n’est pas, n’est plus celle des Wallons ! Votre indignation toute légitime qu’elle soit tombe à plat par le fait que vous ne pouvez plus voter pour ou contre Francken. Deux électorats séparés signifient deux entités administratives autonomes. Wallons et Flamands vivent déjà séparés MAIS dans un même corset.
      La Belgique n’a jamais la patrie des Wallons sauf en apparence, jusqu’en 1930, par le faux-semblant de l’usage de la langue française, langue pratiquée par les réels maîtres de l’Etat: les Flamands « fransquillons » et leurs compagnons de marche bruxellois.
      Nous vivons depuis 1830 dans une entité étatique duale, tronquée, falsifiée.
      Jusqu’à la récente prise de pouvoir par les nationalistes flamands la « Belgique » officielle et académique a pratiqué la mutilation de la vérité et de la réalité. La faute des politiques wallons fut, et est toujours, de ne pas agir comme les Catalans, les Tchèques, les Irlandais. Il manquent autant de courage que d’honneur.
      En ce 27 septembre 2017, il suffit d’écouter Rudy Demotte discourir sur la « Fédération Wallonie-Bruxelles » pour constater la perpétuation, jusqu’à la nausée, de la tromperie belgeoise à la mode politicienne wallonne.
      Les serviteurs devancent les maîtres. Honteux ! Quand on pense, qu’en 1917, les politiques wallons refusèrent la mise en pratique de LEUR séparation administrative (on dirait aujourd’hui INDEPENDANCE ) par les Allemands et qu’ils condamnèrent, en chœur avec les « Belges », comme traîtres à la patrie, les Flamands du Raad van Vlaanderen.
      Sauf erreur, l’actuel plan de la régionalisation, imposée par la majorité flamande, n’est jamais qu’une copie conforme de la séparation administrative wallonne à la sauce allemande de 1917.
      Rue de la Loi, au parlement, le rapport 60/40 existe depuis l’origine du royaume. Au dix-neuvième siècle, même au début du vingtième, la sortie de la minorité wallonne de l’hémicycle aurait abattu la « monstruosité » britannique et la France, à l’époque, aurait pu profiter de l’ opportunité.
      Petit détail amusant, en 1870, face à une Allemagne déjà menaçante, Léopold 1er sollicita l’aide militaire de la Grande-Bretagne laquelle refusa l’envoi de troupe. Elle ne se souvenait déjà plus de sa  » création maléfique  » et ne percevait pas l’utilité de déplacer ses soldats sur le continent. Pour les boutiquiers de la Tamise, seule la France ne pouvait atteindre le port d’Antwerpen. L’Histoire démontra, en 14 comme en 40, comment l’Allemagne sut et put utiliser les ports flamands contre les navires de sa Majesté…
      Donc, que Francken pactise avec qui il veut, aucun Wallon ne s’y opposera de peur de perdre le hochet de ministre-serviteur. Que craignent-ils de Paris ? D’y apparaître provinciaux ? Risible !

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  3. « Mettre les francophones au pas des Flamands », Marie Arena et donc certains au PS, commenceraient-ils à douter de leur posture citoyenne
    dans les lambeaux de la belgitude?

    Marie Arena poursuit: « Quand on regarde le gouvernement fédéral MR/N-VA, avec la N-VA qui a tout à dire, quand on voit que lorsque des politiques menées au fédéral posent problème en Flandre on les arrête parce qu’il faut remplir le contrat avec la Flandre, mais on s’en fiche lorsqu’elles posent problème du côté francophone, parce les francophones comptent pour quantité négligeable au niveau fédéral. Aujourd’hui les francophones se déchirent entre eux, ce qui n’était pas le cas il y a dix ans (lorsque Marie Arena était ministre-présidente de la communauté française ndlr). A l’époque nous avions une volonté d’unité francophone dans ce pays. Aujourd’hui, avec le cdH et le MR il n’y a pas de volonté d’unir les francophones. Que du contraire: on a envie de mettre les francophones au pas des Flamands. Cela relance le débat communautaire. Alors qu’à l’époque on disait que si on est fort, on n’a pas besoin d’être sur la défensive ».
    Lu ce 27 septembre 2017 sur le site de la RTBF, cette annexe de la VRT.

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    1. Cher Valmy,
      Merci pour la qualité de vos messages. Pour ma part, cela fait longtemps que je n’arrive plus à me désinformer par des canaux belgicains. Mais ici, vous nous révélez que Maria Arena vient de découvrir que l’eau ça mouille. Avons-nous jamais eu des partis dignes de notre peuple? Ou notre peuple est-il lobotomisé à jamais? Mystère.

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  4. Une indignation rendue indigne par le fait que l’on ne peut pas voter pour Francken? Allons, donc! Cela signifierait que la norme serait à géométrie variable, comme aussi les valeurs dont tous se revendiquent au sein même de l’O.NU.? Comme Reynders qui défend l’humanisme contre son comparse? Si l’on se prétend vraiment favorable à l’alliance Wallonie France, il convient de briser le front M.R.= partis flamands, d’en dénoncer les reniements. Alors, la Belgique sera vraiment ingouvernable!
    Comme si tous, en Flandre et en Wallonie, cautionnaient ce discours de la N=VA? Si cela était vrai, ce qui ne l’est pas, ce serait aussi cautionner tous les populismes qui se cachent derrière le nationalisme.
    Après tout, si l’on condamne le nationalisme belgicain, en quoi le nationalisme flamand serait=il meilleur?

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