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Barcelone mérite mieux…

Pierre Hazette
Pierre Hazette
Sénateur honoraire, ancien ministre MR

Une opinion publiée sur le site du Vif/L’Express

Deux romans viennent de nous rappeler les beautés de Barcelone  : Dan Brown situe dans la capitale catalane une part importante de son chef d’œuvre « Origine » et dans « Le bourreau de Gaudi », Sainz de la Maria nous fait découvrir au fil d’une histoire haletante, les merveilles architecturales dont le maître a enrichi sa ville.

Malheureusement, l’actualité politique fait de l’ombre à ces deux pièces maîtresses de la littérature de cet automne.

Il est curieux et inquiétant de lire les déclarations des uns et des autres à propos du conflit qui oppose la Catalogne à l’Espagne. Que les choses soient claires : nous ne sommes pas les spectateurs d’un western. Nous sommes les témoins d’un affrontement dangereux pour la démocratie.

Essayons de poser le problème en termes mesurés.

L’Espagne est une monarchie constitutionnelle. Elle s’est dotée d’une Constitution qui respecte la séparation des pouvoirs. Le pays n’est pas monolithique. On l’a vu naguère avec la revendication du Pays Basque. Les passions y sont parfois violentes et la guerre civile de 1936 à 1940, puis la dictature franquiste restent douloureuses dans la mémoire du peuple espagnol. Les régions constitutives du Royaume sont hérissées de châteaux et de forteresses qui rappellent les luttes intestines. L’Andalousie porte les traces de la conquête arabe. La Galice évoque son passé celtique. Les Asturies s’enorgueillissent d’avoir lancé la Reconquista. La Castille étale la richesse qu’elle doit à l’empire sur lequel  le soleil ne se couchait pas.

La Catalogne ne le cède en rien à ses voisines. Elle est riche. Elle est glorieuse. Sa capitale éblouit.

Toutes ces Régions ont négocié une forme d’autonomie avec le pouvoir central. On parle le valencien à Valence et le catalan en Catalogne. On le parle, on l’enseigne, on l’utilise dans l’administration régionale.

L’autonomie, quoique partielle, est une réalité : la Généralitat a son Parlement et son Gouvernement.

L’application de la Constitution est contrôlée par la Cour constitutionnelle, pour les matières qui relèvent du pouvoir central.

En 2015, les élections régionales ont donné des résultats qui ont permis la coalition de partis favorables à l’indépendance. Le gouvernement, s’appuyant sur une majorité en sièges au Parlement, à défaut de l’avoir dans la population, a décidé d’organiser un référendum sur la question de l’indépendance. Madrid a soumis à la Cour Constitutionnelle le projet de référendum et les juges l’ont estimé contraire à la Constitution. Carles Puidgemont, le leader catalan, n’en a pas tenu compte et a fixé au 1er octobre la date du vote. Madrid a interdit l’opération, fait fermer des mairies, détruit le matériel électoral et, finalement, a amené en Catalogne des forces de police pour faire respecter la Charte fondamentale de l’Espagne.

L’usage, parfois démesuré, de la force au service du droit a suscité quelques froncements de sourcils internationaux, mais au sein de l’Union européenne, Mariano Rajoy ne compte que des soutiens officiels.

Après que l’indépendance a été proclamée, sur la base du scrutin contesté du 1.0, comme on dit en Espagne, des ministres régionaux ont été arrêtés et le Premier d’entre eux s’est réfugié à Bruxelles, au plus près des institutions européennes, où il est, semble-t-il, ignoré. Il ne l’est pas de la justice belge tenue de l’entendre sur la base du mandat d’arrêt européen délivré à la demande du gouvernement espagnol.

La question se pose donc : quelle est la légitimité de Carles Puidgemont, en face du juridisme dont ne se départ pas le pouvoir de Madrid ?

Son gouvernement a le soutien de son parlement régional. L’indépendance qu’il réclame a été approuvée par un référendum, certes contesté. Sa qualité de représentant élu et de ministre en exercice devrait lui assurer l’immunité.

Deux logiques sont, dès lors, confrontées : le gouvernement espagnol a le devoir de préserver l’intégrité du territoire national. Il s’y emploie.

Le gouvernement régional catalan met en oeuvre le mandat reçu de son peuple : il proclame l’indépendance.

Le souverain espagnol a commis une erreur en prenant publiquement parti pour son Premier Ministre. Le silence qu’il aurait dû garder lui permettrait, aujourd’hui, de convoquer en son Palais les responsables de toutes les Régions d’Espagne et de négocier avec eux les termes d’une collaboration interrégionale, repensée au vu des revendications raisonnables.

C’est aussi l’erreur qu’a commise Puidgemont : il aurait pu jouer ce rôle et gagner à sa cause des régions qui, aujourd’hui, semblent peu disposées à le soutenir. Un projet confédéral aurait vraisemblablement convaincu certains Premiers ministres régionaux.

L’Union européenne pourrait, à tout le moins, proposer à Madrid d’accueillir une mission d’observation qui, avec diplomatie, pourrait proposer une formule d’arbitrage.

On ne gagnera rien dans un conflit en voie de pourrissement. Ni la Catalogne, ni l’Espagne, ni l’Europe.

Commentaire de l’A.W.F. : comme il en a l’habitude, Pierre Hazette apporte un  éclairage sage,  fort bien documenté et articulé  sur le conflit qui se joue entre la Catalogne et l’ Etat espagnol. Pousser Madrid à accepter d’accueillir une mission d’observation nous semble en effet la seule solution pour sortir de ce conflit par le haut.

La question catalane à Bruxelles

Non, la Catalogne n’est pas la Flandre. Celle-ci, majoritaire en Belgique, avec la main sur les principaux leviers de pouvoir, n’a pas de compte à rendre à un gouvernement central dont elle constitue le pilier principal. C’est à l’état belge de s’adapter aux volontés flamandes. Les ténors de la N-VA n’ont certes pas envie de se brûler les ailes mais il leur fallait quand même rappeler qu’ils ne sont pas insensibles à la cause des indépendantistes catalans. Et voici que la question catalane s’internationalise un tout petit peu.

Pour replacer cette actualité dans une perspective plus large, il n’est pas inutile de replonger dans cette analyse de Jacques Lenain. Ce texte, écrit il y a huit ans, garde aujourd’hui sa pertinence.

Un environnement européen faussement stabilisateur

Par Jacques Lenain

Il est courant d’entendre l’avis selon lequel l’Union européenne serait apte à faire et ferait réellement obstacle à une remise en cause de l’existence de l’Etat belge, dont les représentants osent prétendre qu’il est un modèle pour l’Union. Certes, il n’est pas douteux que les membres de l’Union sont désireux de voir l’Etat belge poursuivre son existence, même si ce devait être une existence toute d’apparence. Mais il n’est pas démontré que l’Union, en tant que telle, ait les capacités d’empêcher la scission d’un Etat, quel qu’il soit.

L’histoire des vingt dernières années nous enseigne bien au contraire que l’Union, d’une manière ou d’une autre, après un temps plus ou moins long, est toujours obligée d’accepter les séparations de type étatique, et d’accueillir par la suite en son sein les nouveaux Etats qui en sont issus. Rappelons que la Yougoslavie fédérale s’est décomposée, à la suite de la scission initiale de la Slovénie, puis celle de la Croatie, acceptées par l’Allemagne sans attendre l’accord de ses partenaires de l’Union, en cinq Etats (dont l’un, la Bosnie, et une fiction juridique, un protectorat européen de fait), puis six (Monténégro) et maintenant sept (le Kossovo), tous Etats (donc y compris la Macédoine et la Serbie) qui ont vocation à rejoindre l’Union. Que la Tchécoslovaquie fédérale s’est divisée rapidement dès que ses deux membres ont eu la liberté de le faire, lesquels sont très vite devenus des membres de l’Union. Que les trois Etats baltes ont pu quitter l’Union soviétique puis rejoindre aisément l’Union européenne. Et que l’entrée de Chypre dans l’Union européenne n’a pas abouti à la réunification espérée de ses deux parties grecque et turque.

En vérité, quand on retient que ces scissions auront précédé l’entrée dans l’Union européenne de tous les nouveaux Etats qui en sont issus, force est de constater que l’Union agit tout au contraire comme un déstabilisateur des Etats fragiles, ceux justement constitués de plus d’un peuple constitutif. Offrant la perspective d’un cadre sécurisant, l’existence même de l’Union encourage les mouvements nationaux/régionalistes européens à tenter, sans excès de prudence, la voie de l’indépendance. Normes démocratiques, marché économique commun, soutiens financiers, sont autant de garants européens de la réussite de la scission. Cet effet attractif et dissolvant s’exerce présentement sur les nations slaves d’Ukraine (menacée elle aussi de dislocation) et de Biélorussie, et s’étend jusqu’aux nations du Caucase. Mais il frappe aussi l’Ecosse britannique, le Pays basque et la Catalogne espagnols. Et donc également la Flandre belge.

Le discours mal maîtrisé et substantiellement imprudent de l’Union sur « l’Europe des Régions », largement instrumenté par les mouvements autonomistes et indépendantistes des Régions à forte identité, a encouragé ces orientations. Et, de fait, l’espace économique européen, la législation européenne, la monnaie commune aussi, sont autant de facteurs objectifs qui favorisent les indépendances des « petites nations », en rendant plus aisées les scissions, puis la mise en place et le fonctionnement des nouveaux Etats qu’elles engendrent. Ce que les milieux dirigeants flamands ne peuvent que constater.

Il n’est pas niable qu’une fraction importante du peuple flamand et la majorité de ses milieux dirigeants voient eux aussi dans l’édifice européen la demeure utile à l’accomplissement de leur rêve national indépendantiste. Fascinés par le succès des « petits » Etats européens, qui plus que les « grands », bénéficient du cadre européen, et tout comme les nationalistes écossais, basques, catalans, les Flamands nationalistes se voient à l’identique des Irlandais, des Danois ou des Luxembourgeois prospères, avec leur « petit » Etat bien protégé derrière les barrières européennes et transatlantiques (barrières institutionnelles, économiques, diplomatiques et militaires), tout en jouissant pleinement et sans réel devoir de partage de leurs avantages comparatifs propres (l’argument « francophone » souvent répété selon lequel le coût futur pour un Etat flamand indépendant de la solidarité financière européenne pourrait être comparable au coût actuel de la solidarité intra-belge n’a évidemment aucune base).

Quant aux Etats voisins de la Belgique, qui ont tous un passé de responsabilité dans la construction de l’Etat belge (Grande-Bretagne, France, Pays-Bas hollandais et Allemagne ex-prussienne), ils auront à cœur, certainement, de l’aider à se survivre. Pour autant, en cas de paralysie de son fonctionnement par suite d’un désaccord profond et persistant, leurs moyens d’action seraient limités voire nuls. Quels arguments pourraient-ils opposer aux résultats de referendums flamands et wallons soutenant largement la séparation (comme il en fut des referendums slovène et croate) ? Au mieux tenteraient-ils de préserver une entité bruxelloise « à leur main », tout en convenant du caractère inéluctable de la survenue du nouvel Etat flamand et en laissant à la Wallonie le choix de sa voie.

Qui plus est, le cadre juridique et institutionnel européen faciliterait grandement la scission de la Belgique, tant sur le strict plan technique que plus généralement sur le plan économique. Pas besoin de créer une monnaie. Ni un régime douanier. Garantie de maintien des échanges commerciaux avec tous les membres de l’Union, comme avec Bruxelles et la Wallonie. Et de la liberté de mouvement des capitaux et des personnes. Et aucun risque, contrairement à ce qui est dit souvent, d’être expulsé de l’Union pour un nouvel Etat flamand non désiré par les Etats membres de l’Union : qui (c’est-à-dire quelle force de l’Union) pourrait décider d’installer puis de gérer effectivement une barrière douanière entre la Flandre et la Wallonie ? Et pourquoi la France et les Pays-Bas hollandais voisins le feraient-ils ? Qui pourrait décider de mettre fin à la circulation de l’euro en Flandre et mettre en œuvre une telle décision ? Au pire, seuls les décideurs flamands et wallons pourraient organiser un contrôle du passage des personnes si leurs rapports étaient profondément dégradés. Ainsi, il faudrait donc bien que l’Union régularise la situation de « membre de fait » de la Flandre, et elle serait sans doute contrainte de le faire assez vite.

Ainsi, l’Union européenne apporterait à la Flandre, comme à tant d’autres entités nationales ou quasi-nationales, un cadre totalement sécurisant pour le nouvel Etat. Cadre dans lequel l’Etat flamand serait aussi souverain que tous les autres Etats. Souveraineté propre, flamande, qui sera préférée à celle de l’Etat belge quand les charges ou les contraintes imposées par lui seront considérées comme devenues inférieures aux maigres avantages qui lui restent.

En point final, notons que le mouvement de dissociation qui affecte la Belgique s’inscrit dans un mouvement historique, européen et mondial, de mise en cohérence des frontières politiques et des frontières linguistiques, après la quasi-disparition des empires multinationaux et des Etats autoritaires. A cet égard, il sera intéressant d’observer qui, de la Catalogne encore espagnole ou de la Flandre encore belge, accédera la première à l’indépendance. Même dimension (la Catalogne compte sept millions d’habitants). Même passé de contenu prestigieux. Même prétention identitaire, avec une langue propre. Même ouverture maritime, qui offre l’autonomie géographique indispensable. Même vitalité économique, qui donne l’assurance d’un pouvoir-agir propre. Même stratégie indépendantiste : une addition de faits accomplis successifs dont l’accumulation rendra un jour l’indépendance inéluctable, sauf à ce qu’il soit fait usage de la contrainte pour l’interdire. Parions cependant que la Flandre y parviendra la première car elle dispose d’un avantage majeur : son unification linguistique est achevée ou presque, alors que la Catalogne est encore loin d’un tel accomplissement. 

Destination Ardenne

Les professionnels du tourisme de la province de Liège, de Namur, du Luxembourg et des Ardennes françaises collaboreront désormais autour d’une même appellation à destination du public international: l’Ardenne.

Cette nouvelle marque transfrontalière a été présentée vendredi par la fédération du tourisme de la province de Namur et le Groupement européen d’intérêts économiques ‘Destination Ardenne’.

Vivez une aventure au cœur de l’Ardenne

Certains découvrent la lune !

 Par Roland Douhard

  Depuis le début, l’enquête sur les tueurs du Brabant pose question, car, quels qu’ont été les enquêteurs depuis 34 ans, elle est apparue douteuse, voire orientée. De 1983 à 1985, les attaques meurtrières dans les magasins Delhaize firent 28 morts et de nombreux blessés.

  A l’aune des récentes révélations (*), il faut s’intéresser à l’épisode de l’attaque militaire, sous couvert d’un exercice commun de l’OTAN, de la caserne de Vielsam, en mai 1984, où un militaire belge fut tué, le sous-officier de garde, Carl Fresches. A l’occasion de cet « entraînement », des armes de combat ont été volées et des traces de ces armes, des douilles, semblent avoir été retrouvées plus tard sur d’autres scènes de crime.

  Il serait très utile d’analyser de plus près, enfin sans tabous, la présence de gendarmes de l’ex-Brigade Diane lors des attaques des magasins Delhaize et  les relations que l’Etat-major de la gendarmerie de l’époque, pour ne pas le nommer, le général Baurir et son entourage direct, entretenait avec des membres de la Sûreté de l’Etat ainsi que certains truands.

  Le témoignage interpellant du frère d’un des présumés meurtriers confirme ce que l’on savait, et non supposait, depuis longtemps; à savoir, le rôle joué par un groupe de gendarmes d’élite dans cette tragédie. Mais il faut voir cet épisode de plus haut et de plus loin.

  Relisons ce passage du livre d’investigation de Jean Mottard, avocat et homme politique liégeois, et René Haquin, journaliste au « Soir » de Bruxelles, tous deux décédés, « Les tueries du Brabant », Editions Complexe, 1990:

  « (…) L’ancien gendarme Lekeu et d’autres ont parlé d’une tentative de coup d’Etat. On trouve des indices qui donnent à penser à une oeuvre de longue haleine, orchestrée peut-être de l’étranger, destinée à contraindre le pays à se restructurer sur le modèle voulu par ceux qui ont organisé le complot. (…) »

  Il ne serait pas inutile non plus de mettre en parallèle les événements tragiques que se sont passés en Italie et en Belgique au cours des années fin ’70 et ’80. L’existence dans ces deux pays du réseau « Gladio », mis en place clandestinement après la Seconde Guerre mondiale, afin de pouvoir faire face à une éventuelle invasion des chars soviétiques.

  Les deux « ventres mous » de l’OTAN à l’époque, chacun le savait, c’était précisément l’Italie, où l’accession au pouvoir des communistes d’Enrico Berlinguer, en alliance avec la Démocratie chrétienne d’Aldo Mauro, le fameux « compromis historique », devenait possible, et la Belgique, Etat considéré comme déliquescent à Washington, gangréné à la fois par une guerre communautaire Nord/Sud et des syndicats marxistes; cela ne présageait rien de bon pour la solidité des forces atlantiques européennes.

  Les Brigades Rouges d’un côté, l’assassinat, entre autres, du président de la Démocratie chrétienne; l’extrême droite noire de l’autre et l’attentat de la gare de Bologne, qui fit 85 morts et plus de 200 blessés. Les Cellules Communistes Combattantes (CCC), avec l’attentat, parmi d’autres, contre le siège du patronat à Bruxelles, qui fit deux morts, deux pompiers; les Tueurs du Brabant wallons dans les magasins et sur les parkings Delhaize, dont on connait le bilan.

  A y regarder de plus près, les années qui suivirent ces séries d’attentats coïncident à Rome comme à Bruxelles avec l’augmentation très sensible des budgets alloués aux forces de l’ordre, Polizia di Stato et Gendarmerie, dès lors toutes deux considérées comme un Etat dans l’Etat sans réel contrôle démocratique. Pour la Belgique, il n’est pas inutile de rappeler que quelques années plus tard, le ministre socialiste flamand de l’Intérieur, de 1988 à 1994, Louis Tobback, proposa et décida de désarmer la gendarmerie, jugée trop dangereuse, elle-même fusionnée et donc dissoute par après avec la Police fédérale en 2001… Cherchez l’erreur.

  (*)  Un homme de Termonde, Flandre, a affirmé que son frère, un certain Christiaan Bonkoffsky, décédé il y a deux ans, ancien membre de la Brigade Diane de la gendarmerie, lui a confié sur son lit de mort,  qu’il était l’un des tueurs recherchés, mieux connu sous l’appellation du « géant ».

Y a d’la rumba dans l’air…

Par Georges-Henry Simonis

A juste titre, on se préoccupe grandement en Belgique du remplacement des avions de combat devenus trop vieux : des F16 américains, choisis à l’époque de préférence aux Mirages français. Militaires, politiques, industriels, financiers  s’en donnent à cœur joie. La presse aussi. De même que les spécialistes de l’éthique internationale et de la paix dans le monde.

Ni la Flandre indépendantiste, ni la Wallonie rattachiste ne peuvent rester étrangères aux débats. Quoi qu’en disent la Libre Belgique, le Premier Ministre, ou les ténors belgicains bien connus, la Belgique continue de se déliter.

Osons un comparatif entre les forces armées belges et françaises (chiffres wikipedia) :

Terre : Belgique 11.000 h/f et France : 120.000(h/f)

Mer : 1.500 (10 bateaux) et 43.000 (80 bateaux)

Air : 6.100 (68 avions ?) et 56.100 (874 avions)

Total : environ 30.000 et 200.350

La marine belge compte 2 frégates achetées aux Pays-Bas en 2005,  5 chasseurs de mines, 2 patrouilleurs, 1 navire de commandement : pourquoi ne pas la rattacher complètement à la marine néerlandaise avec qui des accords de coopération quasi complets existent déjà ? ça ressemble à une évidence géographique, et même historique (il n’y avait pas de marine belge en 1830…), qui engendrerait d’importantes économie.

Quant à l’armée de l’air belge, vu l’exiguïté du territoire, la sagesse la plus élémentaire serait d’intégrer ses quelques avions et hélicoptères aux 275 avions de combat qui existent en France. Dans une perspective européenne de défense, des accords de coopération internationale apparaissent comme plus que jamais nécessaires et souhaitables. Il faut dès lors profiter de l’ouverture exceptionnelle que fait la France sur le plan économique, et avoir le courage politique de choisir l’avion français de préférence à l’avion « made in Trump »

Lombardie, Vénétie, Catalogne… Même combat?

Valmy réagit à l’actualité.

Lu sur le site du VIF (source : Afp, mis en ligne le 22/10/17) :

Le président du Parlement européen, l’Italien Antonio Tajani, estime que l’Europe doit « craindre » la multiplication des petites patries, à l’heure où la Catalogne bataille pour son indépendance et où les régions italiennes de Lombardie et de Vénétie votent dimanche pour plus d’autonomie. (Entretien publié dimanche par le quotidien romain Il Messaggero.)

« C’est pourquoi personne en Europe n’a l’intention de reconnaître la Catalogne en tant qu’Etat indépendant. (…) L’ Espagne est par son histoire un Etat unitaire, avec de nombreuses autonomies, avec des populations diverses, qui parlent aussi des langues différentes, mais qui sont un Etat unitaire. (…) » 

Il  prend soin de distinguer le référendum catalan de ceux de Lombardie et de Vénétie, deux régions italiennes qui votent ce dimanche pour demander plus d’autonomie.  « D’abord,  ces deux référendums sont légitimes, ce qui n’était pas le cas en Catalogne. Et puis le référendum catalan était pour l’indépendance, alors que la Lombardie et la Vénétie demandent plus d’autonomie. Attention, donc, à ne pas interpréter les référendums de dimanche comme l’amorce d’une scission indépendantiste. »

Questions :

1) Depuis quand un référendum serait-il illégitime en démocratie?

2) Pourquoi l’Espagne serait-elle plus unitaire que l’Italie, alors que ces deux Etats se composent de régions autonomes?

3) Où se situe la frontière intellectuelle, en Catalogne, Vénétie et Lombardie, entre « indépendance » et « large autonomie financière »?

4) Où l’Italien Antonio Tajani place-t-il la problématique belge?

5) Rejetterait-il un référendum dans l’une des quatre régions linguistiques (Flandre (N), Wallonie (FR), Bruxelles (FR-N), Communauté de langue allemande ) composant le puzzle belge?

6) Considérerait-il le royaume de Belgique, fabriqué de toutes pièces par la force des armées étrangères depuis le 16e siècle jusqu’au 19e siècle comme unitaire à la sauce espagnole?

Il faudrait le savoir parce que la « culpabilité » de « l’Europe » dans la création de l’Etat belge est indiscutable!

La seule tactique pour donner la réplique à  cet « éminent » membre de l’Union européenne et à l’Union européenne, c’est d’étudier la réunion (fédérale ou confédérale ou unitaire sous une forme à déterminer) de la Flandre aux Pays-Bas et de la Wallonie à la France. Y penser, c’est l’essayer…

Valmy

Métropoles wallonnes

Georges-Henry Simonis réagit à l’article précédent.

Je me réjouis vivement de l’analyse de Laurent BURTON dans le bulletin de Chaudfontaine sur l’utilité de rationaliser l’arrondissement du Grand Liège.

Le professeur de sociologie Claude JAVEAU me disait récemment qu’il envisagerait bien le rattachement de la Principauté de Liège à la République Française… Au-delà de la boutade, cela m’arrangerait bien dans la mesure où le sud de Charleroi, où j’habite, était jadis largement  principautaire… Il s’y tisse d’ailleurs des liens nouveaux, de Charleville à Charleroi, par-delà les frontières provinciales anciennes qui ne correspondent plus au vécu des habitants.

J’avais évoqué la question en octobre 2016 dans ma brochure sur « L’après-confédéralisme  belge » :

« En France, à l’initiative  de l’Europe, le concept qui a présidé à la diminution du nombre de régions était d’en faire des métropoles de dimension industrielle européenne ; il ne peut y en avoir des dizaines en Europe… A l’échelle de la Wallonie, on peut en imaginer deux : LIEGE à l’est, et CHARLEROI  à l’ouest. Avec BRUXELLES  au nord, nous aurions un triangle de type mégapole idéalement situé et bien développé. Les agglomérations du Grand Liège et du Grand Charleroi sont assez comparables et atteignent chacune la dimension européenne souhaitée… »

(Fort des propos régionalistes de MM Crucke et Jéholet,  j’avais aussi évoqué le fait que la majorité régionale de l’époque s’ouvre au MR pour conforter les réformes envisagées : la suite s’avéra tout autre !)

J’ajoutais, en ce qui concerne Bruxelles « que les bruxellois ne doivent pas penser que les Wallons les abandonnent dès lors que leur ville se régionalise et que la Fédération Wallonie-Bruxelles est remplacée par d’autres types de collaboration. » 

C’est malheureusement ce qui se passe, si l’on en croit le dernier numéro du magazine francophone « 4 millions 7 », qui est en fait l’organe de Défi, parti qui entend s’implanter en Wallonie. Il titre son édito « Wallonie-Bruxelles : ma patrie », et s’oppose à une vision régionaliste de l’avenir institutionnel du pays, en restant défendeur d’une sorte de confédéralisme assez imprécis au sein de l’Etat belge.

C’est une question à laquelle seuls les Bruxellois doivent répondre : qu’ils commencent par mettre de l’ordre dans leurs institutions confuses…

Je continue à croire à l’avenir régional de la Wallonie, ce qui lui permettra de se dégager de la Flandre et de négocier avec la France de nouvelles perspectives, dans l’intérêt des Wallons, et en bonne amitié avec nos amis bruxellois francophones.

Un éditorial qui fait du bien

Par Paul Durieux

Dans le n° 164 – octobre/novembre 2017, le bourgmestre ff de Chaudfontaine, Monsieur Laurent BURTON, consacre l’éditorial du bimestriel communal « VIVRE  à CHAUDFONTAINE » au projet de créer une grande métropole liégeoise qui serait constitué des 24 communes de l’Arrondissement de Liège qui regroupent 620 000 habitants.

Laissons la parole à Monsieur BURTON :

« Nombreux sont ceux qui, comme moi, admirent et envient le développement de grandes métropoles telles que Lille, Grenoble, Lyon ou encore Bordeaux. Au bout d’un long processus, ces grands centres internationaux et leurs communes périphériques ont pu dépasser leur cadre municipal propre et élargir leurs horizons pour réfléchir ensemble au développement plus harmonieux de leurs territoires. Ils ont pensé, concrétisé et réussi une mutation complète de leur métropole pour assurer plus de cohérence, d’équilibre et garantir un développement durable et une plus grande qualité de vie à leurs concitoyens. 

« (…) Dépasser le territoire de la Commune…! Exercice difficile pour les élus locaux et pourtant indispensable si l’on veut permettre l’émergence de nouvelles coopérations et la concentration des moyens pour améliorer notre cadre de vie, l’attractivité, l’image de notre territoire et renforcer ainsi notre tissu économique.

« Après deux années ponctuées par de nombreuses rencontres, d’ateliers et de concertations multiples, les 24 bourgmestres de l’arrondissement viennent de présenter le « Schéma  de Développement de l’Arrondissement de Liège ».  Sans en avoir l’air, ce formidable outil supracommunal précise l’organisation territoriale en métropole liégeoise pour les 20 prochaines années. L’organisation plus équilibrée du logement, la structuration du développement commercial, la réaffectation de friches industrielles, le développement de l’agriculture et des circuits courts de productions alimentaires sont les 4 ambitions territoriales prioritaires sur lesquelles « Liège Métropole » a articulé ce schéma.

« L’arrondissement de Liège dispose  des principales infrastructures propres aux grandes métropoles internationales : université, aéroport,  port fluvial, axes autoroutiers internationaux, industries, gare T.G.V., hôpitaux, théâtres, opéra, orchestre philharmonique, infrastructures touristiques, musées… Quelles autres agglomérations wallonnes peuvent s’en prévaloir  ?

« Sur les traces de leurs grandes sœurs françaises, dont les réussites doivent nous guider, les 24 communes de l’arrondissement viennent de faire un pas de plus vers une grande métropole liégeoise, mais c’est un pas de géant. « 

Laurent Burton

Trois choses nous plaisent infiniment dans cet éditorial :

1. la volonté de dépasser les clivages sectaires des partis politiques pour aboutir à un projet ambitieux, celui porté par la « conférence des bourgmestres » des 24 communes;

2. une approche positive de ce dont sont capables les Wallons quand ils ont la volonté de renoncer à un esprit de clocher qui a tant nui par un passé encore récent  au développement d’un sentiment identitaire wallon;

3. un regard qui tourne le dos à l’obsession de ce qui se fait en  Flandre, en Grande-Bretagne ou en Allemagne pour se tourner vers la France qui en matière d’intercommunalité, qu’elle soit urbaine ou rurale, a 20 ans d’avance sur la Belgique en général et sur nous, Wallons, en particulier.

Notre Alliance Wallonie France souhaite bonne route au projet liégeois et serait heureuse de voir d’autres métropoles voir le jour en Wallonie comme c’est le cas en France (*).

Il faut toutefois savoir qu’une telle éclosion a vu le jour en France grâce aux lois portant sur la nouvelle organisation territoriale de la République, aux subsides du gouvernement français et à ceux de l’Union Européenne. Le gouvernement fédéral belge a-t-il les capacités financières, mais surtout la volonté politique d’accorder les subsides nécessaires à la réalisation de projets aussi ambitieux que nécessaires ?

Si la réponse est négative, la Wallonie, aidée par des fonds européens, a-t-elle les reins assez solides  pour subsidier de tels projets ?  L’ avenir nous le dira, mais il y a urgence !

(*) A titre d’exemples, quelques métropoles françaises, le nombre de communes de la métropole et le nombre d’habitants :

Métropoles                        Nombre de communes       Nombre d’habitants

Lille                                                          90                                       1,2 Million

Grenoble                                              49                                        444 078

Lyon                                                         59                                        1 350 476

Bordeaux                                              28                                         760 956

Nancy                                                      20                                         254 074

Metz                                                         44                                         220 696

Dijon                                                         24                                         256 113

Nîmes                                                       39                                         256 423

Montpellier                                           31                                         450 051

Nantes                                                     24                                          619 240

Rennes                                                     43                                          426 502

Strasbourg (*)                                       38                                          489 767

Limoges                                                    20                                          208 705

Nice                                                             49                                         538 555

Cette liste est loin d’être limitative.

(*) à noter que Strasbourg a fêté en 2015 ses 50 ans d’intercommunalité (source : Wikipédia)

Mais qui est donc ce monsieur ?

Notre ami Valmy a consulté Wikipédia pour découvrir qui est Bruno Yammine.

Yammine est actif dans le « Mouvement Belge » qui participe au rétablissement de l’État unitaire d’avant la première réforme d’état de 1970, qui est considérée par Yammine comme illégale en raison de sa création inconstitutionnelle (?), Yammine est souvent critique à l’égard des organisations (con)fédéralistes modérées tels que l’Association B Plus dont il fit partie en 2001. En 2002, il fonde le parti politique Belgische Unie – Union Belge (BUB). Il fut candidat pour le BUB en 2003 lors des élections législatives dans l’arrondissement de Louvain et en 2004 pour les élections régionales en Flandre. Il a reçu 245 votes en 2003 et 643 votes en 2004. En 2004, son parti a demandé (mais il ne le fit pas personnellement) au Prince Laurent à se présenter comme tête de liste aux élections sur la liste dans le Brabant flamand. Le Prince remercia amicalement. Yaminne est un unitariste belge, membre du département d’étude du BUB.

Cette mise au point est extraite de Wikipédia. Toute la biographie de ce personnage « surréaliste » peut se lire sur le site précité. Comment peut-il énoncer de telles « énormités » historiques, à la Pirenne et à la Godefroid Kurth, alors que la « Geschiedenis van Vlaanderen » réfute ce genre d’assertions avec fracas. Cela dit, s’il plaît à Monsieur Yammine de chercher ses ancêtres du côté des iguanodons de Bernissart, cela ne dérange personne mais qu’il ne nous entraîne pas dans les profondeurs de ses délires. Ouf ! Voilà un non-événement passé…

Valmy

Zemmour, la Belgique et les belgicains

Le très controversé Eric Zemmour a évoqué la fin prochaine de la Belgique. Il devait forcément se trouver quelqu’un pour lui voler dans les plumes. Mais quand on répond à des affirmations péremptoires par des propos non moins contestables ou simplistes, on n’élève pas le débat. C’est ce qui a fait réagir Jean-Luc Lefèvre.

Une opinion de Bruno Yammine, docteur en histoire, publiée sur le site de La Libre Belgique.

Petite leçon d’histoire à son intention : non, notre pays n’est pas né en 1830 du mariage de deux peuples !

Le polémiste français Eric Zemmour s’en est pris avec virulence à la Belgique (« La Libre Belgique », 14/10/2017). Selon lui, notre pays est une « création complètement artificielle qui va finir par se séparer entre Flamands et Wallons » (Quid de Bruxelles et des germanophones ?) Il évoque également la dislocation de l’Espagne et de l’Italie, tout en passant sous silence les courants nationalistes en Corse, en Bretagne, en Alsace, ainsi qu’en Catalogne française et en Pays basque français, qui devraient le toucher davantage.

De toute façon, les séparatistes répètent depuis belle lurette de tels propos. Il reste à examiner s’ils correspondent pour autant à la vérité. La Belgique est bel et bien une création artificielle. Cependant, les 193 Etats membres des Nations unies sont tout autant des créations artificielles, pour l’excellente raison qu’aucun pays n’est le résultat d’une intervention divine, ni de la volonté de la nature. En effet, chaque Etat s’est construit par des actions humaines.

Probablement, le polémiste français a une idée sous-jacente lorsqu’il fait allusion à la prétendue nature « artificielle » de la Belgique. Il dépeint ainsi un Etat qui naquit en 1830 d’un prétendu mariage de deux peuples : les Flamands et les Wallons, un pays dessiné sur la carte par les grandes puissances d’alors, en tant qu’une espèce de tampon entre la France et la Prusse.

Celui qui pense que la Belgique est une création de 1830 doit considérer 1958 comme la date de naissance de la France. C’est en effet pendant cette année que ce pays instaura la Ve République. En réalité, la Belgique est devenue un pays indépendant, sous la forme d’une monarchie constitutionnelle, en 1830. Tout comme la France, elle est évidemment plus ancienne que la date à laquelle elle a adopté sa forme d’Etat la plus récente.

La plupart des pays européens se sont formés à partir d’une fédération de plusieurs Etats datant du Moyen Age. Des forces centralisatrices ont transformé en nations unifiées ces mosaïques de duchés, de comtés et de royaumes, au cours d’un processus qui a pris des centaines d’années et s’est déroulé tant en France qu’en Belgique.

Les Pays-Bas bourguignons, datant du XVe siècle, comprenaient en gros le territoire de la Belgique, du Luxembourg et des Pays-Bas. Ils furent scindés en deux à la fin du XVIe siècle. Il en résulta la formation de deux nations, une belge – sous tutelle habsbourgeoise (1482-1794) – et une néerlandaise. Déjà en 1789, une première révolution belge eut lieu, avec pour résultat la création des Etats-Belgiques-Unis. Après la restauration habsbourgeoise vint l’occupation française, qui se termina en 1814, au moment où les alliés qui se battaient contre l’armée de Napoléon proclamaient l’indépendance de la Belgique. Ensuite, les grandes puissances réunirent la Belgique et les Pays-Bas. Les clivages religieux et politiques précipitèrent la fin de ce royaume et provoquèrent l’instauration de l’Etat belge indépendant. Loin d’être un « Etat tampon », la Belgique actuelle elle s’est précisément séparée de l’Etat tampon susmentionné !

On ne peut que constater qu’en 1830 il n’y avait pas de Flamands, ni de Wallons. Ce n’est pas la Belgique, qui est le produit de la Flandre et de la Wallonie, mais l’inverse. Le mouvement flamand est né de l’enthousiasme provoqué par la révolution belge, ce qui a fait que les philologues se sont mis en quête de ce qui rendait la Belgique si unique. Dans le « nederduytsch » (le néerlandais), considérée depuis des siècles comme une langue nationale de la Belgique, ils trouvaient un tel élément. Bref, le mouvement flamand était dans sa première phase un courant inspiré par le nationalisme culturel belge.

Ce qui est encore plus important, c’est que la majorité écrasante des Belges veut à l’heure actuelle vivre en bonne entente dans un pays uni. Sans doute, il s’agit d’une vérité incommode pour certains, mais ce n’est pas pour des raisons idéologiques qu’il faut échafauder des mythes de la plus belle eau.

La réaction de Jean-Luc Lefèvre :

Cette opinion de Bruno Yaminne s’inscrit parfaitement dans l’air du temps trumpien ! Mais l’analyse historique, même pour un membre du B.E.B. comme Yaminne, exige plus de… déontologie, et moins de simplisme.

Quel condensé d’approximations dans une « opinion » qui n’est pas celle d’un historien, mais d’un histrion… comme Zemmour.

Des approximations bien cachées derrière des faits : tous les états se sont construits par des actions humaines, la plupart à partir d’une fédération datant du Moyen Age sous l’impulsion de forces centralisatrices… Certes! Mais l’état belge constitue une exception. Il est issu d’une décision humaine, bien entendu, mais qui, à la différence de tous les autres états européens, a été prise en-dehors du cadre géographique concerné, d’où  cette posture « nationale » éminemment artificielle en termes  de droit des peuples à disposer d’eux-mêmes.

Tout le reste est à l’avenant, comme la condamnation sans appel de la naissance en 1830 de l’état belge, aussi sotte que le serait celle de la France en 1958, ce que personne jusqu’ici, sauf Yaminne, n’a  osé imaginer dans ses délires les plus fous.

La Wallonie avec la France en Europe et dans le monde