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Un héros

Nous ne pouvons résister au plaisir de vous faire partager « La lettre politique » de Laurent Joffrin, journaliste et directeur de rédaction du quotidien français « Libération ».

Un héros

Une partie de la droite – ou de l’extrême droite – est décidément incorrigible. Plutôt que de se joindre à l’hommage unanime rendu au colonel Beltrame, elle veut à toute force le récupérer au nom de préjugés partisans qui n’ont d’autre objet que de diviser – en vain – l’opinion. Avec insistance, ces récupérateurs soulignent la foi catholique qui animait le ­héros de Trèbes, qui s’est livré au terroriste pour sauver les otages. Factuellement,  la chose est parfaitement vraie. Le colonel Beltrame était retourné à la foi de ses pères il y a une dizaine d’années. Il avait effectué un pèlerinage à Sainte-Anne-d’Auray, haut lieu du catholicisme breton. Uni civilement à son épouse, il se préparait à un mariage religieux sous l’autorité d’un prêtre directeur de conscience, celui-là même qui l’a assisté dans ses derniers instants. Mais on sent bien qu’à isoler cet élément de sa biographie, on cherche à faire passer un message. Après tout, Arnaud Beltrame adhérait aussi, et peut-être surtout, aux valeurs de courage et de devoir de la gendarmerie, qui sont celles d’une force républicaine, quelles que soient les opinions des officiers ou des hommes du rang qui la composent, et qui ne sont pas toujours progressistes. Il a été décoré pour acte de bravoure une première fois en Irak, en 2005, alors même que sa piété religieuse ne s’était pas encore manifestée. Parler uniquement de son christianisme, c’est sous-entendre que son acte d’héroïsme en est la conséquence directe, ce que personne ne peut soutenir absolument. Et derrière ce sous-entendu, il y en a un autre : seule l’identité catholique donne un sens à l’existence de citoyens pour le reste déboussolés par une époque sans idéal et sans valeurs communes, minée par l’individualisme et le consumérisme marchand. Catholique et français toujours ! Sous-entendu idéologique marqué et partisan qui désigne la République française comme une terre de décadence, un pays sans Dieu et donc sans aveu. On n’est pas loin de la rhétorique islamiste…

Ceux-là oublient au passage un détail qui a son importance dans cette affaire très symbolique : le colonel Beltrame n’était pas seulement catholique. Il était aussi franc-maçon et donc membre de cet « Etat confédéré » dont parlait Charles Maurras – un auteur d’actualité – avec exécration. La Croix écrit qu’il avait pris ses distances avec « les frères ». Thèse contestée par Philippe Charuel, Grand-maître de la Grande Loge de France, qui précise : « De mémoire, Arnaud Beltrame a été initié en 2008 dans la Respectable Loge Jérôme-Bonaparte à Rueil-Nanterre. Il y était très assidu et remontait régulièrement du sud de la France aux « tenues » (les réunions franc-maçonnes, ndlr). » Et d’ajouter : « Notre frère Arnaud Beltrame participait encore à une tenue maçonnique un mois seulement avant sa mort. Et il était actif au sein de la Fraternelle de la gendarmerie. » Notre frère… Un catholique aurait pu le dire. Aucune raison, donc, d’opposer dans cette célébration chrétienté et république. Pas plus, d’ailleurs, qu’islam et république  : de nombreux musulmans ont assisté à la messe dite en mémoire du colonel dans l’église de Trèbes. On ne dira pas que Beltrame était un héros « multiculturel », mais enfin…

La gauche est-elle mal à l’aise avec cette héroïsation ? Rien ne le montre en dehors de la réaction lamentable d’un ancien candidat France insoumise aussitôt désavoué et exclu par son mouvement, puis condamné à un an de prison avec sursis pour « apologie du terrorisme ».

A l’Assemblée mardi, les hommages émanant des partis de gauche étaient peut-être les plus vibrants et Jean-Luc Mélenchon, avec gravité et éloquence, s’est associé, comme les autres leaders, au deuil national décidé en faveur du gendarme égorgé par un fanatique. Là aussi, peut-être plus qu’ailleurs, la tradition républicaine fait loi. Certes l’éloge de l’armée et de la police a longtemps gêné certains militants. Rappelons ces vers de l’Internationale : « Appliquons la grève aux armées/ Crosse en l’air et rompons les rangs !/ S’ils s’obstinent, ces cannibales/ A faire de nous des héros/ Ils sauront bientôt que nos balles/ Sont pour nos propres généraux. »

Voltaire, sans doute le premier, avait ironisé, au début de son Candide, sur le mot « héros » qu’il appliquait par antiphrase à quelques soudards massacreurs et violeurs. L’esprit soixante-huitard avait réveillé cet antimilitarisme ancien, né aux temps où l’armée massacrait les communards ou bien réprimait les viticulteurs et les mineurs en grève.

Ces temps sont bien lointains. La gauche au pouvoir, communistes compris, a cohabité sans heurts avec les militaires et les gendarmes. Elle aussi a dû rendre les honneurs aux soldats tombés en Afghanistan, au Mali ou en France, et prononcer des hommages sans mélange à leur courage. La gauche, aussi bien, célèbre aussi ses héros. Par exemple Hoche et Marceau, généraux de l’an II, le colonel Rossel, officier de l’armée versaillaise qui a rejoint les communards et fut fusillé en 1871. Ou, pour partie d’entre elle, Che Guevara, qui n’est pas seulement le héros romantique des posters des chambres d’étudiant, mais aussi un chef militaire abrupt et quelque peu fusilleur.

L’adulation n’est pas toujours de droite. Et la fabrication des héros rassemble tous les partis, qui ont chacun les leurs. On peut être agacé par les flonflons, les drapeaux, les hymnes et tout le cérémonial patriotique. On peut, comme Brassens, le jour du 14 Juillet, rester dans son lit douillet. On peut surtout voir dans le héros l’arbre qui cache la forêt de l’héroïsme quotidien, celui du peuple.

Dans le célébrissime finale du Spartacus de Kubrick, Dalton Trumbo, le scénariste mis sur liste noire à Hollywood pour sympathies supposées avec le communisme, fait dire aux esclaves révoltés « je suis Spartacus », signifiant que le vrai héros du film n’est pas le gladiateur, mais la foule rebelle. Pourtant la mémoire populaire se souvient surtout de Spartacus, premier héros de la liberté.

Dans le cas de Beltrame, au demeurant, il ne s’agit pas seulement de célébrer les vertus militaires. Rien dans le règlement de l’armée n’obligeait cet authentique héros à se sacrifier de la sorte. Il l’a fait pour venir en aide à d’autres citoyens, par solidarité humaine.

On oublie toujours le troisième terme de la devise gravée au fronton des bâtiments public  : la fraternité. Elle a pour but de réunir tous les Français et, au-delà, toute la pauvre humanité. Elle a une connotation spirituelle, ce qui lui permet d’emporter l’adhésion de tous, ceux qui croient au ciel et ceux qui n’y croient pas. L’itinéraire du cortège qui suivra le cercueil d’Arnaud Beltrame traduit cet esprit d’unanimité fraternelle  : il arrivera aux Invalides, saint des saints de l’esprit militaire. Mais il part du Panthéon, temple du républicanisme.

 

Le sacrifice d’Arnaud Beltrame, un message fort !

Lu sur l’excellent blogue « Le coin de vue » de notre ami Roland Douhard. L’A.W.F. s’associe à l’hommage rendu à un Homme qui a donné sa vie pour en sauver d’autres.

Arnaud Beltrame : « vous tuez, nous résistons ! »
L’acte terroriste de l’islamiste Radouane Lakdim est marqué d’une symbolique particulière. Cela faisait six mois qu’aucun fait terroriste n’était signalé en France. Pendant cette période, les services de renseignement et de sécurité ont empêché une douzaine de projets terroristes de se réaliser. Ce qui incita certaines « bonnes âmes » à réclamer la baisse de la garde ainsi que le renoncement aux lois répressives appropriées, discutées et votées pourtant, comme il se doit, dans le cadre de l’Etat de droit.

Ce vendredi 23 mars, à Carcassonne puis à Trèbes, dans l’Aude, des civils et deux membres des forces de l’ordre ont été sauvagement attaqués et tués, pour quatre d’entre eux. Il faut rendre hommage à ces personnes innocentes tombées sous les coups mortels d’un homme de 25 ans, qui s’est radicalisé sur les réseaux sociaux et les sites djihadistes. L’enquête devra déterminer le degré d’implication de son entourage, sa compagne et un ami mineur d’âge, voire des complices au sein de la communauté musulmane salafiste française et internationale.

Mais ce qui retient l’attention et pousse à la réflexion, c’est le choix délibéré du Lieutemant-Colonel Arnaud Beltrame de se substituer à une otage, une caissière du Super U de Trèbes. Tous les témoignages concordent. Ce gendarme était un homme généreux, intelligent, un militaire exemplaire. Major de sa promotion à Saint-Cyr, il aura passé toute sa carrière au service de la collectivité, développant aux yeux de tous un courage hors du commun et une volonté constante d’honorer son pays, son corps d’armée et son grade. S’il y a une élite républicaine, elle est pleinement incarnée par cet homme marié de 44 ans. Une pensée émue pour sa veuve, meurtrie à son tour, pour les familles des autres victimes, endeuillées et désormais en souffrance.

Que nous dit l’acte héroïque d’Arnaud Beltrame ? Voilà un militaire rompu aux exercices anti-terroristes qui, convoqué par le hasard autant que par le destin, se retrouve face à une prise d’otages dans un supermarché. L’auteur de celle-ci a déjà tué le passager d’un véhicule volé et blessé plusieurs personnes. L’officier de gendarmerie écoute son cœur, sa morale et son devoir. Rien ne l’oblige. Il ne demande à aucun de ses subalternes de faire ce qu’il s’apprête à faire. Il s’écoute donc et comprend instantanément qu’il faut agir et exprimer dans le même temps un message fort. Il se rend au terroriste et permet ainsi à la jeune femme d’être libérée. Une existence contre une autre. Voilà l’acte incroyable, sans condition, le don sacré de sa vie. Nous sommes toutes et tous frappés par l’intensité et la profondeur symbolique d’un geste exceptionnel, dont l’exemplarité bouscule notre confort et fait notre admiration. 

Car, lui, le professionnel, l’homme aguerri, sait à ce moment précis qu’il prend tous les risques et même qu’il choisit, en toute connaissance de cause et de conséquence, de mourir. Le huis clos va durer plus de deux heures. Le téléphone portable du gendarme est branché, il le dépose sur le tapis roulant de la caisse, désormais figé. Les forces d’intervention, ici, le GIGN (groupe d’intervention de la gendarmerie nationale), présentes devant le magasin, entendent et suivent les échanges entre les deux hommes et tout bruit qui les instruit sur le déroulement de la scène. Il y a des tirs et des mouvements secs non identifiés. L’unité spéciale de la gendarmerie donne l’assaut. Le boucher du Super U gît à terre, lâchement assassiné par le terroriste. Il n’y a aucun doute, Lakdim est venu pour mourir en « martyr », comme ses sinistres prédécesseurs, Mohammed Mérah, Abdelhamid Abaaoud, les frères Chérif et Saïd Kouachi, Amedy Coulibaly… Arnaud Beltrame le sait. Mais sa présence, qui prend fin, devant le terroriste est aussi un message à tous ses semblables, de France, d’Europe, du Levant, du Sahel et d’ailleurs. 

Quel est-il ? Le voici, imaginé et reconstitué :

« Ne t’y trompe pas, à ce moment précis, tu es mon ennemi, je suis le tien. Il n’y a aucun compromis possible entre nous. Je sais tes sources et je connais ton désir profond. Je sais que tu souhaites m’emmener avec toi dans la mort. Je ne suis pas dupe et je l’accepte. Tu n’es pas courageux. Tuer des innocents n’est pas le courage, c’est la lâcheté. Mais moi, qui te fais face et te regarde droit dans les yeux, je te montre où sont le courage et la liberté. Comprends-moi bien, les valeurs que je représente, au travers la République française, sa laïcité, ne baisseront jamais la garde, ne renonceront jamais à ce que qu’elles signifient en termes de droits et de devoirs, n’abandonneront jamais nos libertés à votre fanatisme, y compris au prix du sacrifice ultime. Regarde, mon salaud, je n’ai pas peur de ta violence. Je suis prêt à mourir, non seulement pour vous exprimer, à toi et les tiens, mon mépris à l’égard de votre idéologie religieuse, qui n’a d’égal que ma foi en notre démocratie, mais surtout, au-delà d’une vie épargnée, pour sauver l’humanité tout entière des griffes de votre inhumanité. Vous tuez, nous résistons ! »

Arnaud Beltrame meurt, non par balles, mais par les coups portés à la gorge par l’arme blanche de l’assassin. L’Etat islamique a revendiqué, à défaut certainement d’avoir organisé, le massacre de Radouane Lakdim. Il était armé d’un pistolet 7.65, d’un poignard et de trois charges explosives. Comment croire qu’il ait agi seul ? Comment comprendre qu’il soit passé entre les mailles du filet des services de surveillance, alors qu’il était fiché « S » depuis 2014, qu’il avait un passé criminel et qu’il affichait clairement sur Internet sa haine de l’Occident, son engagement islamiste et son appel au djihad ? Si aucun signe de passage à l’acte ne fut détecté, cela pour expliquer l’absence de surveillance ou de mise en rétention de l’individu, pourquoi les services n’intègrent-ils pas le concept chiite de « Takia », bien présent dans leur corpus juridico-théologique, à savoir la dissimulation, assimilé par nombre d’islamistes sunnites, dans l’étude des profils identifiés ? En effet, l’analyse fine des signaux faibles, comme les écrits, les relations apparemment fortuites, s’avère désormais comme le principal défi des services affectés jusqu’alors au traitement des mouvements plus manifestes. Un « testament » a été retrouvé au domicile de ses parents où il vivait. Preuve, s’il en était, que son équipée sauvage fut le fruit d’un projet, plus ou moins préparé.

Les victimes et les familles de Carcassonne et de Trèbes ont le droit de savoir. Les Français et les Européens ont le droit d’être protégés le plus efficacement possible. Nul besoin de renforcer davantage l’arsenal administratif, juridique et législatif anti-terroriste dans la plupart des pays européens. C’est évidemment le cas en France. Tous les spécialistes du droit et de la sécurité le disent. Le dispositif actuel est suffisant. En revanche, les carences en matière de renseignements, particulièrement sur le terrain, dans les cités, en prison, et de surveillance rapprochée sont, à l’évidence, béantes. Il n’y a pas d’états d’âme à avoir en la matière. Les démocraties ont été, sont et seront encore longtemps menacées par l’idéologie islamiste, Frères musulmans, salafistes et djihadistes réunis, endogènes et exogènes. Même si, chacun le sait, les Etats et l’Union européenne ne peuvent mettre un policier derrière chaque suspect, une équipe de suivi derrière les dizaines de milliers de profils fichés. Il ne fait cependant guère de doute, au vu des trop nombreux échecs rencontrés, malgré les succès connus et inconnus, qu’ils peuvent et doivent faire mieux en matière d’efficacité. La nations démocratiques, si elles ne veulent pas disparaître sous les coups répétés du terrorisme et, par réaction, du populisme et de l’extrémisme, de gauche comme de droite, doivent se donner les moyens de préserver la sécurité et la vie de leurs citoyens. Il n’y a pas d’autre alternative que la résistance, sous toutes ses formes, au totalitarisme, quel qu’il soit.

Roland DOUHARD

Pourquoi…?

Avec Claude Eerdekens, nous nous interrogeons.

La mise à blanc de tous les arbres le long des routes régionales et des autoroutes wallonnes :

« Avec stupéfaction, il est constaté une mise à blanc systématique de toutes les plantations d’arbres le long des routes gérées par la Région wallonne et le Ministre cdH Di Antonio.

Au début, comme tout un chacun, j’ai pensé qu’il s’agissait, pour des raisons de sécurité, de couper des arbres dangereux pour la circulation.

En réalité, et de façon méthodique, tous les arbres sont éliminés les uns après les autres par tronçon.

Alors que les particuliers et pouvoirs publics sont encouragés à planter des arbres pour encourager la biodiversité et capter le carbone, pour quelles raisons si ce n’est pas une raison de sécurité, la Région wallonne s’acharne-t-elle à couper systématiquement l’ensemble des arbres ?

D’autre part, et après l’étonnement, vient le questionnement.

Que va-t-on faire des arbres ainsi coupés ?

La Région wallonne va-t-elle en faire du bois de chauffage ? Il semblerait que non.

Selon des informations qui restent à vérifier, il s’agirait d’envoyer ce bois pour en faire des pellets utilisables pour des foyers domestiques ou collectifs. Quoi qu’il en soit, c’est bizarre. Peut-être pourrait-on mieux comprendre ce qui se passe si l’on identifiait sur le territoire wallon les entreprises adjudicatrices pour ces mises à blanc et surtout si l’on connaissait la destination finale des bois ainsi coupés.

Vers quelles firmes bien précises ce bois est-il écoulé et où se situent ces entreprises ? La réponse à ces questions permettrait de peut-être comprendre les raisons pour lesquelles la Wallonie a mené une opération à nulle autre comparable en Europe et qui est de prime abord totalement incompréhensible.

Lorsqu’on roule de Namur vers Bruxelles sur l’autoroute E411, et que l’on quitte la Wallonie où tous les arbres sont rasés et que l’on arrive en Flandre, celle-ci n’a pas pratiqué comme la Wallonie. Il y a des moments où l’on peut se poser la question de savoir si la bonne gouvernance est une vertu flamande ou si la mauvaise gouvernance la règle en Wallonie.

La Ville d’Andenne est bien entendu étrangère à ce véritable massacre forestier qui suscite l’indignation de nombreux Andennais qui m’en ont parlé en dénonçant cette situation. »

Claude EERDEKENS

Une affaire à suivre…  Les arbres ne feraient-ils plus partie du patrimoine wallon ?

Semaine de la langue française

L’actuelle « Semaine de la langue française et de la francophonie » est l’occasion de connaître ces quelques mots utilisés dans le domaine des affaires au Québec. Une terre de prospérité économique, qui s’affirme de plus en plus comme la référence mondiale en matière de langue française.

Ci-dessous, le lien vers ce dernier article du CERMF, publié sur le site des Échos :

https://www.lesechos.fr/idees-debats/cercle/cercle-180475-semaine-de-la-langue-francaise-sept-mots-quebecois-a-retenir-et-a-utiliser-2162279.php

Le texte est également disponible plus bas (ou encore sur le site du CERMF :  www.cermf.org/sept-mots-quebecois-a-retenir-et-a-utiliser).

Bien cordialement.

Ilyes Zouari

Président du CERMF (Centre d’étude et de réflexion sur le monde francophone)

Spécialiste du Monde francophone, Conférencier.

www.cermf.org

info@cermf.org

Semaine de la langue française : sept mots québécois à retenir… et à utiliser

L’actuelle « Semaine de la langue française et de la francophonie » peut aussi être l’occasion de connaître quelques mots utilisés dans le domaine des affaires au Québec. Une terre de prospérité économique, qui s’affirme de plus en plus comme la référence mondiale en matière de langue française.

Le Québec est déjà connu depuis longtemps comme étant le principal foyer d’enrichissement de la langue française dans le monde. Et ce, notamment grâce à son prestigieux « Office québécois de la langue française » (OQLF), dont le travail est soutenu par l’exemplarité de la population québécoise, toutes catégories confondues.

Mais avant de citer ces quelques mots, à l’occasion de la nouvelle « Semaine de la langue française et de la francophonie » qui s’étend cette année du 17 au 25 mars, il convient d’abord de rappeler certains éléments mettant en évidence la puissance économique du Québec. Débordant de dynamisme et de créativité, celui-ci compte de nombreuses grandes entreprises mondialement connues, comme Bombardier (numéro un mondial de la construction ferroviaire et numéro quatre de la construction aéronautique), Hydro-Québec (quatrième producteur mondial d’hydroélectricité), la SNC-Lavalin (un des leaders de l’ingénierie et de la construction, avec plus de 51 000 employés à travers le monde) ou encore le Cirque du Soleil, numéro un mondial dans son domaine avec ses près de 4 000 salariés !

Capitale économique de la province et haut lieu de la haute technologique, Montréal est également le troisième pôle mondial pour l’aéronautique (derrière Seattle et Toulouse) et l’industrie du jeu vidéo, et le quatrième centre mondial pour le secteur des effets spéciaux cinématographiques. Mais le Québec, c’est aussi une croissance économique annuelle globalement deux fois supérieure à celle de la France depuis 2012 (3,0% en 2017), un taux de chômage au plus bas depuis 1976 (5,6 % en février 2018) et une capitale nationale (la ville de Québec) affichant le taux de chômage le plus faible parmi les 10 principales villes de l’ensemble du Canada (3,2 % en février 2018)… et qui commence à concurrencer Montréal en matière d’innovation technologique.

Sauf qu’au Québec, dynamisme et modernité se vivent en français, comme le démontrent les quelques termes suivants, sélectionnés parmi tant d’autres :

– Sociofinancement : équivalent québécois du terme « crowdfunding », massivement utilisé en France et parfois traduit par « financement participatif » (appellation assez longue, reconnaissons-le). Ce mot a pour particularité de ne pas avoir été inventé par l’OQLF, mais par une plateforme de sociofinancement elle-même (la plateforme « Haricot »). Et pourtant, ce terme fut à son tour rapidement repris par l’ensemble de la presse et de la population québécoises, avec le sens de la logique et la discipline qu’on leur connaît et qui font leur force.

– Réseautage : mot correspondant au « networking » (action visant à se constituer un réseau de contacts sociaux et/ou professionnels).

– Plan d’affaires : au Québec, inutile de chercher un banquier qui vous demandera le « business plan » de votre projet, car ceci n’existe pas.

– Infolettre : équivalent en français québécois du mot « newsletter », lui aussi assez lourd à prononcer, comme les termes crowdfundingnetworking et bien d’autres encore utilisés par les Français…

– Magasiner : au Québec, on ne va pas « faire du shopping », mais on va « magasiner ». Là encore, logique et simplicité.

– Courriel : bien que déjà connu en France, cet équivalent québécois du terme « e-mail » (ou email, ou mail, ou encore « mél »… ) tarde encore à s’imposer, bien qu’il soit utilisé depuis déjà de nombreuses années au Québec (et plus globalement dans toutes les localités francophones du Canada, comme pour l’ensemble des mots de cette liste).

– AECG : sigle utilisé par le Canada francophone pour la dénomination « Accord économique et commercial global », relative au traité de libre-échange récemment signé entre l’Union européenne et le Canada, et désigné par les francophones du continent européen par l’acronyme anglais CETA (Comprehensive and economic trade agreement). Il est ainsi plus que surprenant de constater que francophones de part et d’autre de l’Atlantique n’utilisent guère le même sigle afin de désigner un même traité dont ils sont, de surcroît, partie prenante !

Québec/France : un fossé linguistique grandissant

Ces termes sont utilisés par l’ensemble de la population québécoise : médias, classe politique, milieux d’affaires et particuliers (à la seule exception du sigle AECG, qui ne l’est que par… la quasi-intégralité des Québécois, tout comme le CETA l’est par la quasi-totalité des Français). Il n’y a donc aucune raison logique ni rationnelle pour que ces termes ne soient pas également utilisés sur l’intégralité du territoire français, et par l’intégralité du peuple de France.

Le Québec, où le français est globalement en progression constante depuis les années 1850 (période critique de l’histoire de cette grande province, lorsque les francophones étaient devenus minoritaires sur de nombreuses parties du territoire), s’affirme donc de plus en plus comme la référence mondiale en matière de langue française. La primauté du français, seule langue officielle du Québec depuis 1974, est ainsi scrupuleusement respectée dans l’affichage et les sites internet de l’ensemble des événements internationaux (salons et autres manifestations). Même chose pour toutes les universités et Grandes écoles québécoises francophones (très majoritaires), dont les noms et les intitulés de formation diplômante sont, par ailleurs, exclusivement en français (et dont les cours sont toujours essentiellement prodigués dans la langue de Molière). À tout cela, s’ajoutent également les slogans publicitaires, les intitulés de fonction et cartes de visites (quel que soit le domaine d’activité), ou encore les menus des bars et restaurants, les noms des films et des séries télévisées…

Et ce, y compris à Montréal, dont l’agglomération de 4,2 millions d’habitants concentre aujourd’hui l’essentiel de la minorité anglophone de la province, mais qui est désormais francophone à 78,1 % selon les données du recensement de 2016 et selon le critère de la première langue officielle canadienne parlée (en hausse de 0,5 point de pourcentage par rapport au précédent recensement de 2011). Une ville-monde, où la grande majorité des non-francophones maîtrise aujourd’hui au moins assez bien la langue française afin d’être en mesure de mener une vie normale sur ce territoire qui, au passage, a été élu meilleure ville étudiante au monde en 2017 par le classement international QS Best Student Cities (établi par le cabinet britannique Quacquarelli Symonds), ainsi que « Communauté intelligente de l’année 2016 » par l’organisme américain Intelligent Community Forum (en raison, notamment, de son avance en matière de technologie numérique et d’intelligence artificielle).

Ces différents exemples mettent en évidence un contraste saisissant avec une France où la langue française est désormais lingua non grata dans bien des endroits, et qui subit une anglicisation à outrance depuis plusieurs années, menée par des décideurs irresponsables, dépourvus de toute vision à long terme et faisant preuve, en définitive, d’une incompétence les rendant inemployables au Québec. À tel point que l’Hexagone est désormais meilleur en anglais que dix ex-colonies britanniques ayant toutes l’anglais pour langue co-officielle, de jure ou de facto (comme les Émirats arabes unis, le Qatar, le Sri Lanka ou le Pakistan), selon les deux dernières éditions du célèbre classement international EF EPI (Education First, English Proficiency Index). Une France, qui est également la grande puissance non anglophone la plus anglicisée au monde, se classant largement devant les chefs de file des autres principaux espaces géolinguistiques, à savoir la Russie, la Chine, le Brésil, le Mexique et l’Arabie saoudite (ou l’Égypte). Ou encore devant le Japon, dont la société est technologiquement la plus avancée au monde.

Et comme si cela ne suffisait pas, la nouvelle réglementation européenne SERA – Partie C vise à imposer l’anglais comme unique langue de communication entre les pilotes privés français et les six principaux aéroports métropolitains. Si cette nouvelle réglementation devait entrer en vigueur, tôt ou tard, sous pression européenne et avec les probables complicité des autorités françaises et inertie de l’OIF, il ne restera plus à nos pilotes privés que de s’exiler au Québec (ou en Afrique francophone) afin de pouvoir continuer à exercer leur passion en français.

Ce fossé linguistique s’agrandissant d’année en année, entre un Québec de plus en plus francophone et une France en voie de défrancisation, espérons que Québécois et Français pourront toujours se comprendre dans quelques générations. En attendant, la « Semaine de mode » de Montréal (que l’on pourrait certainement raccourcir en « Semaine mode ») commencera le 20 mars au prochain, soit deux semaines après la fin de la « Fashion week » de Paris, autrefois première ville francophone du monde (désormais devancée par Kinshasa, et ses 13 millions d’habitants).

Histoire et enseignement

Par Valmy

Faut-il croire que les Wallons craignent leur ombre ? Aujourd’hui, dans l’Union Européenne ou dans l’OTAN, l’une ou l’autre puissance menacerait-elle la Wallonie et la France de tout rapprochement ? A l’heure du Brexit,  quelqu’un panique-t-il encore au nom de Wellington ou de Lord Palmerston ?

Ridicule ! « Comment se fait-il qu’en dehors de l’Institut Jules Destrée, les historiens de Wallonie bousculent si peu les idées reçues sur la permanence d’une identité belge ? »

Faut-il croire que les enseignants wallons craignent pour leur emploi s’ils osent faire découvrir aux écoliers et étudiants la vérité toute nue ? Ce ne serait pas si étonnant que ça, bien qu’aujourd’hui le cours d’Histoire passe à la trappe.

« Plus de cent ans après la Lettre au Roi de Jules Destrée, trop de Wallons sont encore aujourd’hui mentalement « programmés » pour une Belgique qui a depuis longtemps cessé d’exister. »

Faut-il croire que les politiques wallons craignent pour leurs élections, leurs mandats et leurs prébendes qu’ils n’ osent faire découvrir aux citoyens la réalité des choses qu’ils ont camouflée par leurs mensonges et leurs silences ? Espérons que la cessation des transferts financiers de Flandre les rappellent à la raison ?

« Des milliers et des milliers d’écoliers ont subi le même enseignement tendancieux. Je suis confus de mon ignorance quand je m’interroge sur le passé wallon. Des amis mieux informés m’assurent que notre grand Pirenne, malgré tant d’aperçus ingénieux, n’a pas su, sur ce point, se dégager de la traditionnelle glorification flamande et faire à la Wallonie la place qu’elle mérite. » (Jules Destrée)

Faut-il que seul Bart De Wever nous dessille les yeux, alors que les géniaux organisateurs de la Communauté française, porteuse de la « Toison Mitée » de la Fédération Wallonie-Bruxelles, s’obstinent à soutenir la propagande belgicaine dans l’enseignement du primaire à l’universitaire ? L’indéboulonnable Demotte, plus Renaisien que Tournaisien, devrait pouvoir nous éclairer.

Mais ce n’est peut-être qu’une question de transfert de fonds ? Ah Si nous pouvions encore questionner Monsieur de Talleyrand à ce propos !

Y a-t-il encore un pilote dans l’avion ?

Par Jean-Luc Lefèvre

Naïvement, je croyais que la Belgique était sous contrôle, comme une voiture Uber. Sous le contrôle d’une N-VA aux manettes, toujours et partout, qui revisitait allègrement les moindres recoins de l’état de droit pour en effacer les toiles d’araignée héritées d’un trop long passé démocratique.

Je me suis trompé.

Dans cet état, ou ce qui en reste, pas grand chose donc, ce n’est même plus la N-VA, mais des gens en uniforme, comme dans la Grèce des colonels hier dénoncée par Costa Gavras… Des gens en uniforme bleu, comme le ciel de leurs exploits aériens, comme leur horizon trumpien, le seul qui les fasse encore rêver. Parce qu’il est dans le vent de l’Histoire !

Ce quarteron de colonels en activité de service, dont de Gaulle lui-même n’aurait pas voulu à Alger, prétend imposer ses quatre volontés à un état de droit, à contre-courant d’une belle tradition qui a fait de l’armée une « grande muette ».

Faut-il que la classe politique soit à ce point anémiée intellectuellement pour expliquer leur audace ?

Et maintenant ?  Que fait-on quand on sait des muets à ce point fidèles à eux-mêmes qu’ils ont menti par omission à l’autorité politique ??? Qui vire-t-on ?

On nous écrit de France

Bonjour,

Cela fait presque 2 mois que nous avons quitté la Wallonie pour vivre en France. Je suis française et je suis mariée avec un Wallon. Nous sommes retournés chez moi à Bordeaux. Quelle différence !

Meilleure qualité de vie. Sécurité sociale nettement meilleure en France qu’en Belgique. Coût de la vie beaucoup moins cher qu’en Belgique (loyer moins cher, nourriture moins chère, électricité, gaz, eau moins chers, téléphonie : GSM, internet, téléphone fixe moins chers, médicaments moins chers et mieux remboursés par la sécurité sociale française). Mon mari wallon voit bien la différence, même les impôts en France sont moins élevés. A titre d’exemple, pour la téléphonie (2 GSM, internet avec la fibre optique, chaînes de télévision, téléphone fixe), je paie 28 €uros par mois. En Belgique, c’était 180 €uros par mois, pour exactement la même chose. Et l’électricité et le gaz, n’en parlons pas. La Belgique taxe les gens afin de pouvoir se payer 7 parlements, c’est de la pure folie.

J’ai vu sur « La Libre » que Maggie de Block ne voulait plus rembourser la mammographie pour les femmes de moins de 45 ans, et pour les femmes de plus de 74 ans, afin de faire des économies. C’est un pur scandale, en France, une Maggie de Block aurait été malmenée par les Français, car en France, les Français ne laisseront jamais un politicard détruire la sécurité sociale française. Fillon a proposé ça pendant la campagne, il voulait que les assurances privées prennent en charge une partie de la sécurité sociale. Vu le tollé qu’ a fait sa proposition, Fillon a vite reculé et a bien compris qu’en France on ne touche pas à la sécurité sociale. Visiblement, la ministre flamande de la santé a fait marche arrière et a annulé son décret qui devait être opérationnel au 1er avril.

Finalement, tout ça confirme bien ce que je pensais, c’est bel et bien les Flamands qui gouvernent la Belgique. Aujourd’hui, après avoir passé 8 ans en Wallonie, je suis heureuse que mon mari ait bien voulu quitter la Belgique pour faire sa vie en France. Nos enfants vont aussi y gagner (meilleur environnement et meilleur enseignement). La Belgique est un pays artificiel qui explosera un jour où l’autre. Les gens ne pourront pas continuer à vivre dans une situation précaire. J’ai vécu dans le Borinage et j’ai vu la situation de certaines personnes.

En France, les gens précaires ont droit à des aides (APL pour le logement, CMU pour la sécurité sociale, RSA pour les plus démunis). En France, nous ne laissons pas les gens dans la détresse, nous ne faisons pas la chasse aux malades de longues durée. Aujourd’hui, je suis fière de mon pays et heureuse d’être française. Amis Wallons, il est temps de demander votre indépendance et demander à la France, votre rattachement. Je suis convaincue, que la France, vous dira oui, si vous faites la demande. Il n’y a aucun avenir avec la Flandre. Dans quelques temps, vous verrez en Wallonie de plus en plus de Flamands venir y vivre en conquérants, car la montée des eaux fera que les Flamands devront trouver de nouvelles terres pour ne pas être sous les eaux. Ils viendront en masse coloniser la Wallonie. 2019, peut- être la fin de la Belgique, si il n’est pas possible de former un gouvernement. Courage à vous.

Marie Chantal

Réactionnaire ! Pourquoi pas ?

Par Pierre Hazette, sénateur honoraire et ancien ministre 

Cette carte blanche a été publiée sur le site du « Vif/L’Express » ce 13 mars 2018.

C’est une chose bien étrange que l’opinion publique. Sa sévérité est à géométrie variable. Elle est fascinée par les gains des vedettes du sport, de la scène ou de l’écran. En revanche, elle n’a pas de mots assez cinglants pour stigmatiser les indemnités légalement perçues par ses représentants démocratiquement élus dans les enceintes parlementaires.

Le gardien de but de l’équipe nationale de football diffère le moment de signer la prolongation de son contrat dans le club londonien de Chelsea. Il lui est promis 250 000 € PAR SEMAINE, soit 13 millions d’€ par an.

Ses coéquipiers Diables Rouges s’illustrant dans le championnat anglais doivent se situer dans les mêmes eaux aux reflets dorés. La presse publie régulièrement des informations précises sur ces rémunérations et elle va parfois chercher, dans le championnat chinois, d’autres points d’exclamation.

Il faut, en revanche, un héritage contesté pour que le voile se lève sur la fortune accumulée par le rocker français récemment décédé. Aucun étonnement ne se perçoit dans l’opinion devant la hauteur des droits promis à l’héritière, mais l’émotion se soulève devant le sort qui frappe les enfants premiers-nés.

L’émotion est vive aussi lorsque la caméra nous renvoie, semaine après semaine, le sourire ironique de Stéphane Moreau :

« Comment ? Ce type se payerait d’un million d’€ par an ! C’est scandaleux. »

Peu importe qu’il assure du travail à quelque trois mille salariés ou appointés.

Trop, c’est trop

S’il courait derrière l’argent, il lui suffisait de s’affilier au Standard et de suivre Van Buyten ou de précéder les Defour, Fellaini et Witsel ou bien, mieux en rapport avec son physique avantageux, d’empoigner une guitare et de se déhancher sur les scènes toujours en quête de talents audacieux. Là au moins, il se serait rempli les poches et aurait été acclamé.

Qui plus est, il aurait pu, en pleine gloire, se domicilier à Monaco sans émouvoir quiconque.

C’est bien ce qu’il y a d’étrange dans l’opinion publique : sa sévérité est à géométrie variable. Elle est fascinée par les gains des vedettes du sport, de la scène ou de l’écran et s’inquiète peu de savoir quelle part en revient à l’Etat belge, l’Etat des gens qui les adulent.

En revanche, elle n’a pas de mots assez cinglants pour stigmatiser les indemnités légalement perçues par ses représentants démocratiquement élus dans les enceintes parlementaires.

Il souffle sur les parlements un mauvais vent qui agite les foules.

Les élus en sont conscients : ils ont réduit leurs indemnités, ont abîmé leur régime de retraite, ont sacrifié ou vont sacrifier l’exercice parallèle d’une fonction exécutive au niveau communal.

Est-ce raisonnable ?

L’indemnité brute d’un parlementaire belge est de 87 000 € par an ; elle est de 125 000 € en Italie, de près de 122 000 € en Autriche, de 109 000 € en Allemagne. Il ne se révèle pas de démesure dans le système belge.

Le système de retraite qui vient d’être réformé tenait compte de la périodicité des scrutins : le mandat électif s’achève ou se renouvelle tous les cinq ans. Cette précarité avait inspiré un régime de retraite moins exigeant en nombre d’années de cotisations. Cette prise en compte a été abandonnée.

Quant au cumul des mandats de parlementaire et de bourgmestre ou échevin, dès lors que la rémunération des deux fonctions n’excédait pas 150 % de l’indemnité parlementaire, il était défendable pour une raison essentielle. Le mandataire communal est, par obligation, proche des citoyens. Il en saisit les attentes, il en défend les intérêts. Le risque est énorme que les assainissements budgétaires qui seront l’obligation permanente de nos gouvernants ne glissent du niveau fédéral ou régional vers les communes dont plus aucun représentant ne fera entendre une voix, autorisée par l’expérience, au sein des assemblées.

Il faut maintenant poser la question : l’indemnité parlementaire est -elle trop élevée ?

Pour rappel, elle se situe dans la moyenne des parlements des Etats membres de l’Union européenne. Elle met le député à l’abri de la tentation de s’investir dans d’autres activités lucratives ; elle ne constitue pas pour autant une offense au sens commun. Elle vient en reconnaissance de l’engagement le plus noble qui soit dans une démocratie : le service de l’intérêt général. Qu’on le sache : c’est un service sans limite de temps.

Au-delà des mots, il faut reconnaître le travail qui consiste à déceler les vices de fonctionnement de l’Etat ou de la Région, d’en faire une interpellation ou une proposition de loi ou de décret, d’analyser les projets du gouvernement, de s’exprimer en commission puis en séance publique, de se mettre à la disposition des gens, si souvent perdus dans le labyrinthe de nos lois, décrets ou règlements.

Il est inadmissible et, de surcroît, éminemment dangereux de dénigrer le mandat parlementaire par un amalgame stupide entre l’exercice de la fonction de député et les errements inacceptables commis dans les intercommunales ou des asbl politisées. On ne peut endosser à tous les indélicatesses commises par l’un ou l’autre.

La démocratie représentative reste, dans la forme qu’on lui connaît, l’expression la plus élaborée et la plus rassurante d’un régime qui garantit la liberté d’expression et d’information, la liberté de conscience et la liberté d’entreprendre.

Les mouvements citoyens expriment une sensibilité bien venue à l’égard des problèmes de société, mais la légitimité appartient encore aux élus de la Nation, qui, pour mériter ce titre, ont sollicité et obtenu la confiance du peuple souverain.

Bon Dieu ! Que le mandat de député était beau quand il suscitait le respect !

Les conférences-débats de Paul Mélot

“ Le devenir de la Wallonie, thriller ou réalité? ”

Paul Mélot continue sa tournée d’exposés sur le devenir de la Wallonie par une nouvelle conférence-débat.
Prochaine étape :

Maison de la laïcité de Sainte-Walburge (Liège)

ce JEUDI  15 MARS, à 19h30

École communale Justin Bloom, 1, place Sainte-Walburge à 4000 Liège

Le conférencier abordera le sujet sans passion, s’appuyant uniquement sur des faits, sans argumentation irrationnelle.

La Wallonie avec la France en Europe et dans le monde