En passant

Yanis Varoufakis : « La véritable cible du docteur Schäuble est la France et son Etat-providence »

Source : Le Monde.fr 22.08.2015 à 10h30

Provocateur, idéaliste, arrogant. Yanis Varoufakis, ex-ministre des finances grec, fascine autant qu’il agace. Quatre jours avant son passage en France, à la fête de la Rose, à Frangy-en-Bresse (Saône-et-Loire), dimanche 23 août, l’économiste trublion a reçu Le Monde le 19 août sur l’île grecque d’Égine, où il a une maison.

Le troisième plan d’aide à la Grèce, qu’il définit comme une « capitulation » face aux créanciers d’Athènes, conduira son pays dans l’abîme, explique-t-il. Il dénonce l’opacité de l’Eurogroupe, qui, selon lui, prend des décisions majeures pour l’avenir de la zone euro sans que les citoyens en soient informés.

La France a-t-elle été un allié du gouvernement d’Alexis Tsipras pendant les négociations avec les partenaires de la Grèce ?

La plupart des Européens imaginent que ces derniers mois la Grèce a négocié avec ses partenaires de la zone euro. Ce n’est pas le cas. Pendant les cinq mois où j’ai été impliqué au sein de l’Eurogroupe [la réunion des ministres des finances de la zone euro], mes homologues me renvoyaient systématiquement vers les représentants des institutions, à savoir la Commission européenne, la Banque centrale européenne (BCE), et le Fonds monétaire international (FMI).

Je n’ai jamais négocié en direct avec Michel Sapin, mon collègue français. Ni avec Wolfgang Schäuble, le ministre des finances allemand, qui assurait qu’il ne pouvait rien faire pour moi et me renvoyait aux institutions.

Même lorsque M. Schäuble et moi avons enfin ouvert un dialogue, peu avant mon départ, il était clair que le moindre degré de convergence entre nous ne pouvait être exprimé de façon officielle.

C’est la grande leçon de ces derniers mois : la zone euro est la zone économique la plus puissante, mais personne ne la dirige — ou du moins, personne d’élu. Elle a créé un monstre, l’Eurogroupe, où les ministres des finances ne négocient pas vraiment les uns avec les autres.

Reprochez-vous au gouvernement grec d’avoir signé le troisième plan d’aide ?

J’ai voté contre ce programme. Ce gouvernement, moi y compris, a été élu en janvier sur un engagement simple : ne plus signer avec les créanciers d’accord économiquement non viable. C’est-à-dire qui aggraverait la récession et rendrait littéralement impossible le remboursement de notre dette. Depuis 2010, la Grèce a commis deux fois l’erreur d’accepter de tels plans. Nous avons promis d’y mettre un terme, et, en ce qui me concerne, je n’ai jamais changé de position.

Malheureusement, le premier ministre a fini par accepter ce troisième programme, qu’il a pourtant lui-même décrit comme mauvais. L’Europe tout entière en sortira perdante. De mon côté, j’en ai tiré les conséquences en démissionnant, comme je m’étais engagé à le faire.

Ce nouveau programme, de 86 milliards d’euros, a pourtant permis à la Grèce d’éviter le « Grexit », une sortie de la zone euro ?

C’est ainsi que la presse présente les choses. Mais je ne partage pas cette analyse. Si la Grèce tente, en dépit du bon sens et des lois élémentaires de l’économie, d’appliquer ce mémorandum et les réformes qui l’accompagnent, elle courra droit au Grexit. Car ce programme est conçu pour faire sombrer notre économie.

Résultat : nous ne pourrons pas tenir nos engagements, et le docteur Schäuble pourra nous pointer du doigt et couper les aides au pays. Le Grexit est très clairement l’objectif qu’il poursuit.

Vous affirmez que M. Schäuble veut pousser la Grèce hors de l’euro. Pour quelle raison ?

Pour atteindre la France. L’Etat-providence français, son droit du travail, ses entreprises nationales sont la véritable cible du ministre des finances allemand. Il considère la Grèce comme un laboratoire de l’austérité, où le mémorandum est expérimenté avant d’être exporté. La crainte du Grexit vise à faire tomber les résistances françaises, ni plus ni moins.

Lire aussi l’intégralité de l’interview : Yanis Varoufakis : « La véritable cible du docteur Schäuble est la France et son Etat-providence »

Marie Charrel (Athènes, envoyée spéciale)

Nos résistants sont plus nombreux que leurs martyrs

Nos résistants sont plus nombreux que leurs martyrs

Des passagers qui sauvent des vies grâce à leur courage entre Paris et Amsterdam. Un directeur des antiquités du site de Palmyre qui sauve un pan de culture au prix de sa vie. Des terroristes qui échouent, se tirent une balle dans le pied ou cessent de répandre la mort grâce à ceux qui les combattent en Syrie. Pendant que d’autres continuent à dire et crayonner malgré les menaces.

Les années qui viennent seront rudes et chaotiques. Mais il y aura toujours cette façon-là, résistante, de voir l’actualité qui nous secoue.

Au lieu de céder au défaitisme proclamant la mort de la civilisation et le triomphe facile — mais faux — de groupuscules fanatisés voués à l’échec, regardons l’essentiel : la vie, la démocratie, la liberté de ton et d’esprit, le courage et cette immense coalition humaine qui se lève contre cette folie obscurantiste.

Caroline Fourest

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Le curieux discours de Mark Eyskens

Jules Gheude, essayiste politique (1)

Dans l’interview qu’il vient d’accorder à l’hebdomadaire flamand « Knack », le ministre d’Etat Mark Eyskens prédit à la N-VA un destin semblable à celui de la Volksunie, à savoir la désagrégation du parti.

Selon lui, en effet, Bart De Wever et ses amis sont devenus des post-nationalistes néo-belges.

Le fait est qu’en contrepartie de sa participation au gouvernement fédéral, la N-VA a accepté de placer le dossier communautaire au frigo. Durant cinq ans. Force est aussi de constater que les ministres N-VA jouent loyalement le jeu et se comportent, chacun à son niveau, en gestionnaires avisés et responsables. Il faut dire que les défis à relever sont nombreux et de taille : une dette représentant plus de 106% du PIB, la menace terroriste et la politique migratoire, l’emploi, la survie de notre modèle social.

Tout cela n’empêche cependant pas les dirigeants de la N-VA de rappeler qu’ils n’ont en rien tourné le dos au premier point du programme de leur parti : faire de la Nation Flandre un Etat souverain au sein de l’Europe.

Mais Bart De Wever, en bon pragmatique, entend concrétiser l’objectif final dans les meilleures conditions possibles. Cela suppose, notamment, une réduction drastique de la dette publique belge. Car celle-ci, le moment venu, devra être partagée.

Dans un article paru tout récemment dans l’organe de la N-VA, Bart De Wever a d’ailleurs annoncé la couleur : dès la fin de la législature, il conviendra d’opérer une révolution institutionnelle afin d’inverser la logique : les entités fédérées doivent déterminer leur propre politique, avec leurs propres moyens et sous leur propre responsabilité. Elles doivent donc percevoir les impôts et verser une dotation à l’Etat fédéral pour son fonctionnement.

Mark Eyskens semble perdre de vue que cette évolution s’inscrit logiquement dans le scénario confédéraliste proposé dès le début des années 90 par son coreligionnaire Luc Van den Brande, alors ministre-président flamand, et adoptée en 1999 par le Parlement flamand. A l’époque, la N-VA n’existait pas !

Mark Eyskens a également oublié que c’est son autre coreligionnaire, Yves Leterme, qui a contribué à faire de la N-VA la force politique qu’elle représente aujourd’hui. L’ancien ministre CD&V Stefaan De Clerck a d’ailleurs eu l’honnêteté de le reconnaître : la relation entre le nationalisme et la démocratie chrétienne est profondément ancrée dans l’ADN flamand.

Mark Eyskens ne voit pas l’utilité de recourir à une septième réforme de l’Etat, celle-là même dont le président, Wouter Beke, a dit, le 23 juin 2012 (« La Libre Belgique ») qu’elle viendra un jour, car l’approfondissement de la réforme de l’Etat est irréversible.

Et nous invitons Mark Eyskens à relire les propos tenus par le même Wouter Beke, le 22 septembre 2007, au journal québécois « Le Devoir » : Nous voulons un véritable confédéralisme où chacun pourra agir comme il l’entend. (…) Le problème, c’est qu’il y a une forte identité flamande mais pas vraiment d’identité wallonne. Les Wallons ne tiennent à la Belgique que pour l’argent. (…) Si les francophones n’acceptent pas de lâcher du lest, nous n’aurons pas d’autre choix que l’indépendance.

Et nous ne voulons pas oublier Kris Peeters, qui, en tant que ministre-président CD&V flamand, se comportait à l’étranger en véritable chef d’Etat, revendiquant lui aussi une révolution copernicienne que la sixième réforme de l’Etat est loin d’avoir engendrée.

Entre la N-VA et le CD&V, on le voit, il y a l’épaisseur d’un papier à cigarette. Comme les deux formations sont aujourd’hui liées par le même sort sur le vaisseau fédéral, Mark Eyskens se leurre en voulant faire passer la N-VA pour le parti qui a transigé sur ses revendications.

Il n’y a qu’une vérité dans son discours : N’oubliez pas que la Belgique est de plus en plus dominée par les Flamands.

Le général de Gaulle avait donc vu clair, lorsque, le 29juillet 1967, il avait confié à son ministre Alain Peyrefitte : J’avais reçu une délégation de Wallons, bien décidés à préparer le rattachement. Elle m’avait expliqué que les Flamands étaient de plus en plus arrogants et finiraient par faire d’eux-mêmes sécession. C’est peut-être comme ça que ça finira. (…) (Les Wallons) retrouveraient au sein de la France la fierté d’appartenir à une grande nation, la fierté de leur langue et de leur culture, le goût de participer aux grandes affaires du monde et de se battre pour de grandes causes humaines. Toutes choses qu’ils ont perdues dans leur association contre nature, imposée par les Anglais, avec les Flamands (…).

Dernièrement, Rémi Vermeiren, l’ex-présidenty de la KBC qui, il y a dix ans, fut l’un des instigateurs du Manifeste séparatiste « in de Warande », déclarait au « Vif » : Puisque tout sépare Flamands et Wallons, finissons-en. Et au plus vite ! Un constat qui avait été également dressé par François Perin dans son ultime interview au « Soir » en 2011.

La fin d’un Etat n’est certes pas simple, mais elle ne signifie pas l’apocalypse. Une nouvelle harmonie peut naître d’une Flandre indépendante, d’une Wallonie intégrée à la France via un statut particulier et d’une Ville-Etat Bruxelles.

Que peut-on trouver de valorisant à poursuivre la route actuelle, avec son contexte permanent de chamaille, de méfiance et de comparaison dénigrante ?

(1) Dernier livre paru : « François Perin – Une Plume / L’Oeuvre écrite », Les Editions de la Province de Liège, 2015.

Un exemple dont pourrait s’inspirer la Wallonie ?

Lu dans le quotidien « Le Républicain Lorrain ».

Lancement du service militaire volontaire à Thionville

Le permis de conduire, une formation professionnelle, comportementale et citoyenne : voilà ce que propose le service militaire volontaire qui a été lancé jeudi 20 août en Lorraine nord lors d’une réunion à la mission locale de Thionville.

Le service militaire volontaire (SMV), c’est un peu la déclinaison métropolitaine du service militaire adapté en place dans les DOM-TOM depuis des décennies. Un dispositif qui propose à des jeunes – filles et garçons de 18 à 25 ans – un cadre rémunéré (de 342 à 676 €/mois) pour y obtenir une formation professionnelle, scolaire et civique afin de faciliter leur insertion future.

Lors de la réunion qui s’est déroulée jeudi 20 août dans les locaux de la mission locale nord-mosellan-Thionville, les quatre piliers qui constitueront l’architecture de ce SMV ont été détaillés par ceux-là même qui le mettront en œuvre dès cet automne : formation militaire (d’un mois, avec à la clé l’obtention du permis voiture et de l’attestation à la prévention et secours civiques niveau 1), formation citoyenne (aide aux populations, participation à des chantiers d’application au profit de projets d’intérêt public), formation générale (lire, écrire, compter avec en point de mire le certificat de formation générale) et formation professionnelle avec des périodes d’application en entreprise (en corrélation avec les besoins des territoires donc, pour la Lorraine dans le bâtiment et l’hôtellerie-restauration mais aussi les espaces verts et la mécanique par exemple).

Un ensemble à même d’aider les jeunes volontaires à pousser les portes du marché du travail de manière efficace. En particulier les plus éloignés de ce marché puisque ce sont « ceux que nous appelons les « ni, ni », c’est-à-dire n’ayant ni diplôme et ni expérience professionnelle », qui sont concernés au premier chef par le SMV, a précisé Brigitte Vaisse, conseillère régionale (PS) et présidente de la mission locale nord-mosellan Thionville.

Savoir-être

Après une période de formation militaire d’un mois, ces derniers pourront bénéficier d’une formation en partenariat avec des entreprises du cru, notamment PSA qui a déjà fait connaître son intérêt pour le dispositif, durant une période totale de 6 à 24 mois selon les profils.

Le cadre de type militaire est destiné à offrir aux volontaires la possibilité de « développer le goût de l’effort à travers un entraînement sportif régulier », mais aussi des savoir-être, à même de faciliter leur insertion professionnelle future. Un aspect « qui est souvent aussi important que les savoir-faire proprement dits », souligne encore Brigitte Vaisse.

Le SMV est, de fait, lancé en Lorraine avant de l’être dans les deux autres régions test retenues – l’Île de France et Poitou-Charentes – qui entreront dans la danse respectivement début septembre et d’ici fin 2015. Un coup d’envoi des candidatures « sans attendre et selon un timing serré », explique Brigitte Vaïsse qui préside l’une des 18 portes d’entrées possibles en Lorraine pour le SMV, les missions locales ayant un rôle important à jouer dans la mobilisation des volontaires. La Région, dans le cadre de sa compétence formation professionnelle, mais aussi toutes les associations relais permettront aussi de faire connaître ce nouveau dispositif. Et il n’y a pas de temps à perdre : les cent premiers volontaires, filles et garçons, devront être « incorporés » dès le 1er octobre prochain sur le site de Montigny-lès-Metz.

Gaz et électricité: les prix ont explosé depuis la libéralisation

On nous avait dit :  » la libéralisation va faire baisser les prix du gaz et de l’électricité parce que la concurrence entre les sociétés privées va jouer. »

Vous rappelez-vous qui était au pouvoir au fédéral à cette époque …?

L’état fédéral belge en voie d’évaporation continue n’est pas capable d’imposer des augmentations raisonnables au contraire de la France où l’état impose aux sociétés privées des limites à ne pas dépasser.

20/08/15 à 15:11 – Mise à jour à 15:11

Source : Belga

Entre 2007, année de la libéralisation totale du marché énergétique belge, et fin 2014, le prix final au consommateur de l’électricité a augmenté en moyenne de 20,78% pour un client domestique belge. Pour le gaz, le prix final a augmenté, en moyenne, de 27,90% pour un client domestique.

Gaz et électricité: les prix ont explosé depuis la libéralisation
La Grande-Bretagne craint de devoir faire face à une pénurie d’électricité cet hiver. © Belga

Il ressort d’une étude publiée ce jeudi par la Commission de régulation de l’électricité et du gaz (Creg) que depuis la libéralisation, les prix de l’électricité et du gaz ont augmenté de 20 et 25%.

Pour le client domestique, le prix final au consommateur a ainsi augmenté, en moyenne, de 133,08 euros/an (+26,54%) en Flandre, de 114,07 euros/an (+18,93%) en Wallonie et de 52,68 euros/an (+9,00%) à Bruxelles. Cette hausse est surtout attribuable à l’augmentation des tarifs de distribution; le prix de la composante énergie étant resté relativement stable (-0,91% en Flandre, +4,90% en Wallonie et +4,15% à Bruxelles). Les prélèvements publics, la contribution énergie renouvelable et cogénération et le transport ont également augmenté, à l’inverse de la TVA.

S’agissant des clients professionnels, le prix final au consommateur pour un client en moyenne tension a quant à lui diminué en moyenne de 1.886,38 euros/an (-8,37%) à Bruxelles et de 11,31 euros/an (-0,05%) en Flandre. En Wallonie, le prix a par contre sensiblement augmenté de 3.123,79 euros/an (+14,26%).

Les prix du gaz naturel pour le client résidentiel ont par ailleurs progressé de 27,90% sur la période soit une augmentation de 293,28 euros/an (+25,74%) en Flandre, de 389,89 euros/an (+33,89%) en Wallonie et de 269,83 euros/an (+22,57%) à Bruxelles.

Pour les PME, le prix du gaz naturel a augmenté de 20,90%, ce qui correspond à une hausse, en moyenne, de 13.779,16 euros/an (+19,78%) en Flandre, de 16.624,86 euros/an (+23,78%) en Wallonie et de 16.238,00 euros/an (+22,41%) à Bruxelles

Liberté – Egalité – Fraternité et l’ Union fait la Force

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Dans le Nord, des agriculteurs s’allient avec succès pour court-circuiter la grande distribution

 

« On marche très bien sans elle! ». Elle, c’est la grande distribution que plusieurs producteurs du Nord ont décidé de court-circuiter en ouvrant dans l’agglomération lilloise un magasin, « Talents de fermes », dont le succès populaire a permis près de 30 créations d’emplois.

Dès l’entrée du hangar de 300 m2 situé à Wambrechies, le consommateur tombe nez-à-nez avec une immense photo de groupe des 13 exploitants à l’origine du projet, dont le leitmotiv est de vendre des produits de qualité, frais et surtout de saison.

« L’idée est surtout de nous rapprocher des consommateurs, confie Emmanuelle Lambin, productrice de fruits, en nous rendant indépendants le plus possible ».

Alors que le monde agricole traverse une énième crise en raison des prix exigés par les distributeurs jugés trop bas, certains producteurs voient leur salut dans les circuits courts, à l’instar de « Talents de fermes » qui fête le 19 août son premier anniversaire.

« On a laissé tomber la grande distribution car ils imposent leurs prix, leur qualité et le calibre des produits. Nous n’avons pas peur de vendre des produits moches à partir du moment où ils sont bons et de saison! », argue Isabelle Ruhant, maraîchère de légumes bio.

Ainsi, à la mi-août, plus question de trouver des cerises sur les étals mais plutôt des pommes, tomates ou courgettes du coin.

Pour elle et ses compères, la consommation doit constituer un acte citoyen où l’acheteur doit se transformer en « consom’acteur », animé aussi par la lutte contre le gaspillage alimentaire, qui s’effectue « à titre individuel mais surtout au niveau de la grande distribution ».

« Les distributeurs me demandaient de produire, mais sans réfléchir. Aujourd’hui, je peux prévoir mes stocks et je ne jette plus de légumes, alors qu’en 2014, quand j’étais en contrat avec eux, j’ai dû jeter plus de 12 tonnes de carottes », raconte Georges Eric Vermon, maraîcher de 33 ans de la commune voisine de Marcq-en-Baroeul.

Sur les étals ne se trouvent que des produits locaux issus de l’une des 13 exploitations dont la plus lointaine, celle d’un éleveur de « porcs élevés sur paille », est à 80 km.

« Goûtez-moi cette tomate! », s’exclame M. Vermon, tendant un fruit encore chaud, cueilli dans la matinée. « Pas le temps de les mettre au frigo avec nous », plaisante-t-il.

Et ça marche: outre le chiffre d’affaires de plus de 2 millions d’euros, soit « deux fois plus qu’attendu », 28 emplois à temps-plein ont été crées, « non délocalisables ». Plus de 250 clients, des environs mais aussi de Lille voire de Belgique, fréquentent quotidiennement le magasin, dont certains sont déjà des habitués.

« Habitant à côté, je viens régulièrement pour la qualité et la fraîcheur de leurs produits. Et si en plus je peux aider des agriculteurs locaux… », déclare Myriam Catteau, son panier rempli de légumes et de jus de pomme artisanal.

Tous les clients adoptent en effet une démarche militante pour soutenir des producteurs ayant osé le pari risqué de l’indépendance. Malgré la disparition des intermédiaires, les prix restent similaires à ceux de la grande distribution.

« Nous, on fixe le prix de vente par rapport à notre prix de revient », précise Mme Lambin. « On veut juste gagner correctement notre vie pour l’investissement qu’on y consacre ».

Tous arrivent à présent à vivre de leur métier, écoulant leurs denrées en vente directe puis à « Talents de fermes ». S’ils produisent toujours autant en quantité, les exploitants ont diversifié leurs productions, contrairement à la grande distribution qui leur demandait de se spécialiser sur un ou deux produits.

Avec près de 70 heures d’activité par semaine, partagées entre le temps sur l’exploitation, la quinzaine d’heures de permanence dans le magasin ou encore les réunions hebdomadaires, la charge de travail est lourde.

« On ne compte plus! », s’amuse Pascale Baron, productrice de produits laitiers qui explique que tous ont dû apprendre à gérer un magasin, sa communication ou l’échange direct avec les clients.

« Notre motivation, on la trouve dans la satisfaction des clients quand on leur prodigue des conseils ou des idées de recettes par exemple, ce qu’ils ne trouveront pas en grande surface », indique Mme Ruhant.

« On sait pourquoi on se lève le matin, on est fiers d’avoir monté ce projet », conclut-elle, les yeux pétillants. 250 autres points de vente de ce type existent dans l’Hexagone.

 

France, Wallonie, les « Verts » vivent une contagion culturelle

France, Belgique,… Les « Verts » vivent une contagion culturelle, mais pas celle qu’ils espéraient (Rosetta Flochon dans Namur politique sur Facebook).

Quoi de plus normal que de voir « Verts français et wallons » vivre une contagion culturelle, même si  les élections répondent à des scrutins différents, majoritaire à deux tours en France et proportionnel dans les régions belges.

Quant aux Ecolos wallons, ils ajoutent aux travers de leurs frères français d’EE-LV celui de vouloir à tout prix mettre en exergue le groupe politique commun qu’ils forment avec « Groen », leur pendant écologique flamand. Ils veulent croire ou plutôt faire croire à l’électeur à un fédéralisme belge d’union dépassé par les faits.

En Belgique, n’en déplaise à la direction d’Ecolo, nous sommes entrés dans un confédéralisme qui sera renforcé lors de la 7e réforme de l’Etat. Laissons au CD&V Marc Eyskens le doux rêve  de voir la N-VA se déchirer à courte échéance, ce qui arrangerait très bien un CD&V en crise.

Le quotidien « Libération » sous la plume de Lilian Alemagna analyse merveilleusement la crise qui agite les dirigeants d’ EE-LV. Un copier-coller s’impose pour analyser la situation d’Ecolo.

Les Verts, espace en voie de disparition

Source : Libération,19 août 2015 à 20:46

Paris, le 14 janvier 2015. Voeux d'Europe Ecologie-Les Verts (EELV), à la presse, au 6 bis rue Chaudron dans le 10ème arrondissement de Paris, en présence de Sandrine Rousseau (1er plan D), porte-parole d'EELV, Emmanuelle Cosse (1er plan G), secrétaire nationale d'EELV, Maryse Oudjaoudi (2ème plan), du bureau executif, Jean-Vincent Placé (3ème plan G), président du groupe EELV au Sénat et Cécile Duflot (3ème plan D), députée EELV de Paris. COMMANDE N° 2015-0115 ACCORDWEB Paris, le 14 janvier 2015. Voeux d’Europe Ecologie-Les Verts (EELV), à la presse, au 6 bis rue Chaudron dans le 10ème arrondissement de Paris, en présence de Sandrine Rousseau (1er plan D), porte-parole d’EELV, Emmanuelle Cosse (1er plan G), secrétaire nationale d’EELV, Maryse Oudjaoudi (2ème plan), du bureau executif, Jean-Vincent Placé (3ème plan G), président du groupe EELV au Sénat et Cécile Duflot (3ème plan D), députée EELV de Paris.

Déchiré par ses débats internes et alors que tous les partis de gauche se saisissent de l’écologie à la veille de la COP 21, EE-LV peine à sortir de sa crise existentielle.

 

Ce n’est pas le moindre des paradoxes. Ce second semestre 2015, les questions écologiques vont dominer le débat politique. L’organisation, à Paris, de la 21e conférence des Nations unies sur les changements climatiques (COP 21) va pousser tous les partis à parler de protection de l’environnement et à passer un coup de vert sur leurs devantures. D’autant plus que ce sommet international, sous le patronage de François Hollande, aura lieu du 30 novembre au 11 décembre, en pleine campagne régionale. Et pourtant, ceux qui incarnent cette thématique depuis plus de quarante ans, taxés de «farfelus» lorsque René Dumont se présentait à la présidentielle de 1974 avec son verre d’eau, n’ont jamais été aussi proches de l’explosion, depuis la fondation des verts en 1984.

     

Europe Ecologie-les Verts (EE-LV) ouvre ses journées d’été ce jeudi à Villeneuve-d’Ascq (Nord) en traînant cette crise existentielle, éclatée un soir d’avril 2014 avec la décision de ne pas participer au gouvernement de Manuel Valls. Une division entre ceux, emmenés par le sénateur Jean-Vincent Placé, qui accepteraient de revenir au gouvernement, et les autres qui refuseraient, dans le sillage de Cécile Duflot. Une division si profonde qu’elle pourrait entraîner une scission irrémédiable ? «Je ne sais pas. […] Nous vivons un moment crucial», a répondu mercredi dans la presse Barbara Pompili, coprésidente des écologistes à l’Assemblée. «Quelle est la fonction d’un parti écologiste aujourd’hui ? EE-LV refuse toujours de répondre à cette question», regrette l’eurodéputé Pascal Durand, ancien secrétaire national des Verts, désormais en retrait. «Nous sommes les seuls capables de mettre en place un nouveau modèle de développement autour de l’écologie», lui répond Emmanuelle Cosse, sa successeure à la tête du mouvement.

Pas tout à fait seuls

Les Verts français ont aujourd’hui un double problème : les électeurs les attendent davantage sur les questions d’environnement, mais ils les entendent surtout sur d’autres thématiques, plutôt minoritaires dans la société (défense des migrants, libertés publiques, fédéralisme européen, droit de vote des étrangers ou nouvelles mœurs). Et quand ils parlent écologie, ils s’aperçoivent qu’ils ne sont plus tout seuls sur leur terrain. «Les Verts ont été victimes de l’idée qu’il fallait devenir un parti généraliste alors que l’acuité des problèmes environnementaux aurait mérité qu’ils n’abandonnent pas ce pré carré-là», souligne Brice Lalonde, ex-ministre de l’Environnement sous Mitterrand. Certes, ils n’ont jamais été tout à fait seuls. Mais depuis le choix fait, au milieu des années 90, de s’ancrer à gauche, ils disposaient d’un quasi-monopole écologique.

A gauche, le Parti communiste français était la plus productiviste et nucléocrate des formations politiques. Au Parti socialiste, on a longtemps considéré les enjeux environnementaux comme secondaires.

Une longueur d’avance

Mais voilà, depuis la prise de conscience du danger planétaire du réchauffement climatique, tout le monde s’y est mis. Si Nicolas Sarkozy a fini son quinquennat en expliquant que l’écologie «ça commence à bien faire», il a inscrit à son bilan le Grenelle de l’environnement et a mis aujourd’hui dans la vitrine du parti Les Républicains l’ex-navigatrice, Maud Fontenoy. Même le FN s’est mis à «l’écologie patriote» avec un collectif baptisé Nouvelle Ecologie, censé verdir sa flamme.

A gauche, alors que les communistes parlent désormais de «nouveau modèle de développement», socialistes et mélenchonistes se disputent l’appellation «écosocialiste». Jean-Luc Mélenchon l’a porté dans sa campagne présidentielle de 2012, son Parti de gauche (PG) a édité un «manifeste» proposant une «planification écologique» et l’instauration d’une «règle verte» afin de «porter une vision globale qui articule la question sociale et la question écologique», explique Martine Billard, ex-verte passée au PG en 2010. Au PS, après avoir vu, dans les années 90, Ségolène Royal endosser les habits de ministre de l’Environnement et entendu Laurent Fabius parler d’«écodéveloppement», puis de «sociale-écologie» dans les années 2000, voilà qu’ils ont inscrit, en 2014, dans le marbre de leur charte, l’appellation d’«écosocialiste». Un terme que les responsables socialistes ont tout de même du mal à définir. Les plus à gauche y voient une manière «plus radicale» de «revisiter les fondamentaux de la pensée socialiste». Les plus libéraux une façon de lancer le pays dans la «croissance verte» et «bleue». Mais de l’aveu même des dirigeants socialistes, les écologistes ont encore une longueur d’avance sur eux. Si l’ouverture de leur université d’été, dans dix jours à La Rochelle, se fera sur les questions climatiques, les socialistes n’ont pas fait de l’écologie un sujet de congrès en juin, et l’abandon de l’écotaxe, quelques semaines après l’adoption de la loi de transition énergétique, démontre la difficulté du gouvernement à tenir parole. «J’ai encore besoin d’EE-LV à mes côtés pour convaincre davantage», fait valoir Sabine Buis, députée PS et nouvelle secrétaire nationale à la transition énergétique.

«des Crieurs publics»

Trop d’écologie dans les autres partis tuera-t-il EE-LV ? «L’histoire a montré que c’était l’inverse qui se produisait», rétorque Erwan Lecœur, politologue et sympathisant écologiste, rappelant les bons scores de 2009 et 2010. «Si, à court terme, les gens peuvent être tentés par des formations politiques qui s’habillent en vert, poursuit-il, à long terme, ça rend EE-LV crédible.» Là est l’autre souci du parti écologiste : leurs petites phrases et engueulades portent beaucoup plus que les propositions qu’ils peuvent faire. Et leur image de «parti pas comme les autres» est ternie par les accords préélectoraux – que le système électoral majoritaire rend nécessaires – contractés avec le grand frère socialiste (lire page 5). «Nous continuons à nous ridiculiser en anathèmes publics plutôt qu’en solutions, alerte Pascal Durand. A quoi servons-nous aujourd’hui ? Si on considère que notre rôle est uniquement d’être des dénonciateurs, des crieurs publics, il ne faut pas s’étonner de rester après dans un champ marginal.» Les Verts ont toujours autant de mal à sortir de leur crise de croissance.

Par Lilian Alemagna

Le capital au XXIe siècle

La revue Sociologie publie, dans sa version électronique, une rubrique de comptes rendus d’ouvrages récents en sociologie.

À propos de Thomas Piketty, Le Capital au XXIe siècle (Seuil, 2013)

Christian Baudelot et Roger Establet

Référence(s) :

Thomas Piketty (2013), Le Capital au XXIe siècle, Paris, Editions du Seuil, coll. « Les Livres du monde », 916 p.

Deux extraits du résumé écrit par Christian Baudelot et Roger Establet ont particulièrement retenu notre attention : « Un livre capital » et « une morale républicaine ».

Thomas PikettyUn livre capital

Rares sont les époques où la vie économique et sociale du monde a connu des bouleversements d’aussi grande ampleur que ceux que nous vivons depuis le milieu des années 1970. Aucun pays de la planète n’échappe à cette lame de fond dont les retentissements se font sentir dans la vie quotidienne de tous les citoyens de la planète. Mondialisation, crises économiques et financières à répétition, chômage de masse dans les pays développés, taux de croissance vertigineux des pays émergents, émigration‑immigration à vaste échelle, envolée des prix de l’immobilier, dictature de la finance à tous les étages, impuissance de la politique, nouvelles technologies des communications, individualisation des comportements, difficultés pour les jeunes et les adultes d’aujourd’hui de se projeter dans l’avenir… De nouvelles formes d’inégalités apparaissent en matière de logement et d’accès à la propriété, entre classes d’âge, les jeunes étant ceux dont les difficultés sont les plus grandes. Chacun sent bien que le monde d’aujourd’hui ne ressemble plus à celui d’hier. Et que tout va très vite. Nous avons beau ne plus nous satisfaire de l’invocation rituelle de la crise comme d’un mauvais moment à passer en attendant le retour de la croissance et savoir d’expérience que la crise est l’état normal du fonctionnement de l’économie capitaliste, nous manquons tous d’une intelligence claire de la logique de tous ces bouleversements qui nous affectent.

Les sciences sociales sont silencieuses. Trop tôt pour les historiens : ils manquent de recul. Trop global pour les sociologues. Ces derniers ont délaissé pour de bonnes raisons la sociologie théorique générale pour des enquêtes et des analyses empiriques de terrain mais du coup, ils peinent à accéder à une vue d’ensemble bien que des analyses très pertinentes du changement aient été menées dans de nombreux secteurs, logement, structure de classes, immigration, jeunes et vieux, précarité, intégration, montée des inégalités, etc… Pour une fois, c’est de l’économie que nous vient la lumière sous la forme d’un grand livre à la hauteur de tous ces bouleversements, pas seulement par sa taille (près de 1 000 pages), mais surtout par la puissance explicative de l’analyse, qui donne un sens à l’époque que nous vivons, de même qu’à beaucoup de mutations et de changements observés par les sociologues. Livre d’économie certes, mais d’une économie qui revient aux fondamentaux de la discipline telle qu’elle s’est élaborée aux XVIIIe et XIXe siècles. Une économie politique au sens premier du terme, c’est‑à‑dire une économie qui ne se borne pas à traiter des dimensions monétaires des phénomènes mais qui élargit son objet aux dimensions politiques, démographiques, sociales, militaires de ces mêmes phénomènes considérés dans une perspective historique de moyen et de long terme.

Le livre est clair et bien charpenté. Assez clair en tous cas pour pouvoir être résumé fidèlement en peu de mots à différents niveaux :

  • en une formule de trois signes : r>g, ou r est le rendement du capital et g le taux de croissance.

  • en une phrase : avec une croissance faible et des rendements du capital supérieurs au taux de croissance, le capital accumulé dans le passé tend à tout dominer.

  • en deux phrases : l’évolution de la répartition des richesses et de la structure des inégalités depuis le 18e siècle montre que ce sont les guerres qui ont fait table rase du passé et transformé la structure des inégalités. Mais certaines inégalités patrimoniales que l’on croyait révolues semblent en passe de retrouver leurs sommets historiques.

  • en trois phrases…, etc… etc…

Le texte est si limpide que le lecteur oublie volontiers que le premier mérite de ce livre repose sur une masse extraordinaire de données de long, moyen et court termes. Son auteur a l’élégance de dissimuler la sueur, les heures et les années de travail que lui ont coûté, à lui et ses nombreux correspondants aux quatre coins du monde, le recueil de ces données et surtout la construction de séries temporelles homogènes à travers le temps et l’espace. Le chercheur est aussi un grand pédagogue : il conduit son lecteur par la main tout au long de ces 916 pages, avec une grande patience, sans craindre parfois de se répéter pour être bien sûr que le message est compris. Les concepts utilisés sont toujours définis de façon simple, il y a des résumés en fin de chapitre et des introductions qui font le bilan des acquis. Les qualifications requises pour bien profiter du livre sont simples : un intérêt pour comprendre ce qui nous arrive et ce qui nous attend et la maîtrise des quatre opérations. Le lecteur bénéficie aussi d’un accès direct à toutes les données statistiques exposées dans le livre et aux principes de leur construction sous la forme de tableaux XL téléchargeables sur le site de l’auteur.

Une morale républicaine

« Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l’utilité commune. » L’article premier de la Déclaration des droits de l’homme figure en exergue du livre ; elle anime de son esprit républicain l’ensemble de la démonstration jusqu’à fonder en morale la distinction conceptuelle qui sert d’armature théorique à l’ensemble de l’ouvrage : les revenus du capital d’un côté, les revenus du travail de l’autre. De ces deux sources de richesses, laquelle est la plus abondante ? Laquelle est la plus rémunératrice ? Hériter ou travailler ? Vieille question s’il en fut, puisque c’est celle‑là même que Vautrin résout à sa façon en conseillant à Rastignac d’épouser Victorine, une riche héritière. Il est exceptionnel qu’un économiste fasse état de ses convictions personnelles dans une publication scientifique. La certitude de toujours tenir un discours objectif et universel, grâce en particulier à la mathématisation de leurs démonstrations, les en détourne. Partageant bien évidemment avec ses collègues ce même souci d’objectivité, T. Piketty s’en distingue toutefois en faisant état, dès l’introduction, du contexte social et politique de sa formation intellectuelle. Il avait 18 ans en 1989, l’année du bicentenaire de la révolution française et de la chute du mur de Berlin. Il partage, de la première à la dernière page de l’ouvrage, l’idéologie méritocratique des révolutionnaires de 1789.

La force du livre, celle qui soutient l’intérêt du lecteur tout au long du voyage, tient aux enjeux politiques et moraux qui sous‑tendent l’analyse économique et statistique. À quel type de société, à quelle morale nous conduisent les métamorphoses de la relation entre capital et travail depuis le XVIIIe siècle ? La révolution française, les révolutions bourgeoises, industrielles et politiques, qui l’ont suivie au cours des deux siècles suivants ont toujours cherché à mettre à bas un ancien régime fondé sur les privilèges de la naissance et de l’héritage et à promouvoir un nouvel ordre social où le mérite individuel et le travail devenaient les sources légitimes de la richesse et des statuts sociaux. Ce nouveau régime était loin d’assurer l’égalité mais, si fortes qu’elles soient, ces inégalités pouvaient se justifier par des principes républicains : la quantité et la qualité du travail fourni, l’utilité des compétences, comme l’indiquait d’ailleurs à sa manière l’article 6 de la même déclaration des Droits de l’homme : « Tous les Citoyens étant égaux à ses yeux, sont également admissibles à toutes dignités, places et emplois publics, selon leur capacité, et sans autre distinction que celle de leurs vertus et de leurs talents. » T. Piketty a clairement choisi son camp et ne s’en cache jamais : il est du côté de la capacité, de la vertu et du talent et contre l’héritage. Ces convictions profondes organisent le raisonnement et l’exposition des faits. Objectif, l’économiste est aussi un citoyen engagé.

L’un des derniers fromages de Herve au lait cru risque de disparaître

Le fromage de Herve fait partie du patrimoine wallon. Comme plusieurs de ses frères français, il est attaqué par les fonctionnaires de l’ AFSCA qui appliquent à la lettre les dispositions prises par des membres de la commission européenne. La France a défendu bec et ongles ses producteurs avec succès. Qu’en sera-t-il de la réaction du gouvernement wallon et de l’ Institut du Patrimoine wallon ?

Dans l’attente, nous ne pouvons que vous demander de participer à la pétition et de partager cet appel avec vos contacts. Merci d’avance !

Voir le lien de la pétition ci-dessous.

11/06/15 à 15:43 – Mise à jour à 15/06/15 à 07:18

Source : Belga

L’AFSCA a eu raison du fromage de Herve au lait cru. La fromagerie Munnix, située à Battice, a en effet, décidé de cesser la production de ce type de fromage, à la suite de la découverte, il y a quelques semaines, de bactéries de listeria dans certains fromages, rapportent plusieurs médias jeudi.

L'un des derniers fromages de Herve au lait cru disparaît: "tous les artisans vont y passer"
© Page Facebook/Sauvons le fromage de Herve au lait cru

José Munnix, le dernier producteur de fromages de Herve fabriqués à base de lait cru provenant de sa ferme, a décidé de cesser sa production. En avril dernier, des bactéries de listeria avaient été découvertes dans certains fromages lors d’un contrôle de l’Agence fédérale pour la sécurité de la chaîne alimentaire (AFSCA).

Après un bras de fer avec cette dernière, José Munnix a finalement décidé d’arrêter la production, malgré la mise en place d’une cellule d’accompagnement pour l’aider à poursuivre son activité. « Il est impossible pour moi de travailler dans ces conditions-là. La seule solution serait que l’AFSCA revoit cette règle de la tolérance zéro, sinon, tous les artisans vont y passer les uns après les autres« , conclut le producteur âgé de 70 ans, contacté par l’agence Belga.

L’affaire fait grand bruit dans la province de Liège où cette tradition fromagère est fortement ancrée. Une page Facebook « Sauvons le fromage de Herve au lait cru«  a déjà rassemblé près de 7.000 sympathisants, tandis qu’une pétition circule.

La Wallonie avec la France en Europe et dans le monde