Communauté de destin

« Emmanuel nous voilà », s’exclame Luc Delfosse dans le magazine Le Vif/L’Express de ce jeudi. Même avec un zeste de dérision, de second degré, histoire de ne pas transformer sa chronique en tribune politique, l’ancien éditorialiste du Soir appelle bien la Wallonie à rejoindre la France du président Macron. Celui-ci parle d’une « communauté de destin » avec l’Europe, avec l’Allemagne : il est urgent de lui parler de la Wallonie, cette région de langue et de culture française qui fait le lien entre l’Allemagne et la capitale de l’Europe !

Voici le texte de Luc Delfosse :

Si cela ne tenait qu’à moi, je choisirais le Luxembourg. Un peu par réalisme crasseux, beaucoup en souvenir d’une mère qui barbota dans l’Alzette. Ou alors l’Islande, Malte ou, soyons fous, Sao Tomé-et-Principe qui a un drapeau rigolo et un babil aussi exquis que le nôtre. Mais je sens bien que nous n’en finirions pas de nous mettre d’accord. Et puis, même si l’air est aux vacances, on n’est pas là pour rêver, crénom ! Au train où Bart et sa troupe de joyeux termites mènent leur danse du scalp, il s’agit de trouver, et vite, une nouvelle « Patrie à aimer ».

Une « Patrie à aimer » ! Ce n’est ni du Clémenceau ni du Maurras mais du Didier Reynders, figurez-vous. Il y a quelques années, il désignait de la sorte à notre Amour sacré un enchevêtrement de tuyauteries baptisé Fédération Wallonie-Bruxelles où, depuis des décennies, un quarteron de ministres se relaient jour et nuit pour pomper l’eau des caves en nous faisant croire qu’ils pourraient y pêcher l’or qui financerait enfin leurs mirifiques plans quinquennaux. Plombier est un bien joli métier mais vous avouerez que, hormis en Pologne, il n’est pas de nature à déclencher une lame de fond « patriotique ».

La « communauté de destin » de Macron, ça vous affiche tout de même une autre gueule. Bref, il est sans doute temps de tourner casaque comme on dit dans le bas d’Uccle et, pauvres mais dignes que diable ! , de partir avant d’être jetés comme des profiteurs ou des junkies. Pour aller où ? Bof, on pourrait toujours s’amuser à « arrondir la France » pour reprendre la formule bidonnante de De Gaulle. Quoi ! Pour toujours ? On verrait bien. De toute façon, je suis assez d’accord avec ce galopin de Jules Renard : « L’Histoire n’est qu’une histoire à dormir debout. » Il sera toujours temps de se réveiller. Le fait est qu’avec le beau-fils idéal qui règne à Paris, nous serions assurés d’être au chaud pendant cinq ans. Dix peut-être… pour autant que le nouveau Jupiter dans l’attente imminente de « sa » majorité absolue, manoeuvre habilement sa centrifugeuse, fédère ses adorateurs, colle à la Super Glue ses transfuges glanés de gauche et de droite, vampe pour de bon ses technocrates et ses stars déguisés en  » société civile « , séduise sans discontinuer la Bourse qui sait que cet homme a du lingot en lui et mette sur la paille les héritières de la poissonnerie Le Pen.

Ne reste plus qu’à organiser le référendum décisif. Le 14 juillet me paraît être la date idéale et son objet limpide. De trois choses l’une : souhaitons-nous conclure une « souveraineté association », en revenir aux départements du 14 fructidor de l’an III ou passer en mode TOQ (Territoire d’outre-Quiévrain) ? Question subsidiaire : quel(le) élu(e) voulons-nous voir siéger au gouvernement « En marche ! » ? La bagarre entre Joëlle, Louis et Elio (trois jeunes pousses centristes aux belles espérances) s’annonce d’ores et déjà rafraîchissante. Ces menus détails éclaircis, il sera temps d’exiger « notre » représentant de la « société civile ». A mes yeux, un nom s’impose : Stéphane M., d’Ans. Vous connaissez ? Il est jeune, riche, geek à mort, séduisant, surdiplômé, entreprenant, Liégeois et sans scrupule (je crains une tautologie…). Et, depuis peu, d’une parfaite virginité politique. Emmanuel, c’est sûr, va l’a-do-rer.

Pour une démarche citoyenne

C’est avec grand plaisir que notre mouvement citoyen relaye une demande de notre ami Jean-Luc Lefèvre qui plaide pour que chaque citoyen que nous sommes prenne en main ses responsabilités en interpellant ses mandataires communaux.

Demain, aura lieu à Namur l’assemblée générale d’Ores, accessible au public, dans un contexte qui impose la plus grande vigilance. Il appartient à nos élus communaux d’y exiger les bons comptes…

Comment  expliquer que l’énergie électrique soit la plus chère d’Europe en terres romanes de Belgique ?

Paul D.

L’appel de Jean-Luc Lefèvre

« Bonsoir,

Si, comme moi, vous en avez ras-le-bol de ce pays où les intéressements personnels, les abus de biens sociaux , voire la corruption se sont partout installés, je vous invite à agir auprès de vos mandataires communaux. 

Peut-être serez-vous tentés d’adopter aussi cette démarche citoyenne… »

Jean-Luc Lefèvre

Emptinne

Mais à quoi pensent le monde politique et les médias wallons ?

Un de nos lecteurs assidus, Valmy, réagit aux propos tenus par Bart de Wever quant à sa vision du confédéralisme.

Quelqu’un de sensé pourrait-il m’expliquer l’intérêt de continuer une cohabitation avec la Flandre dans un tel schéma qui ressemble à une séparation de corps et de biens ?
Comme l’a dit, en son temps, Monsieur De Gucht, quelle est « la valeur ajoutée de la Belgique » ? Et si en plus elle devient confédérale ?
Bien évidemment elle permettrait à certains politiques wallons de rester bêtement belges et bénéluxiens.
Elle laisserait surtout à la Flandre la possibilité de gagner du temps pour « acheter » Bruxelles et pour régler son problème d’adhésion à l’Union européenne.
Si après l’échéance de 2019 (sans oublier la fin des subsides flamands en 2022), et la proposition de solution confédérée sur la table des négociations, les Wallons ne comprennent pas qu’ il est grand temps que les « régionalistes » deviennent « rattachistes », alors, le chœur des esclaves peut se taire à jamais.

Illustration de mes propos précédents, ce matin, 24/05/2017, à 7h50′, Monsieur Benoit Lutgen, Président du CDH, était l’invité de la rédaction de la chaîne bien connue Bel RTL.
Cet homme politique wallon a martelé ses propos de l’expression « Nation belge ». Comment voulez-vous que les Wallons s’extirpent des sables mouvants du Belgium si à tout moment « leurs défenseurs » leur ressassent la « Nation belge » ?
Cette propagande funeste, née et morte avec Pirenne, ne repose pourtant sur aucune logique; comment pouvez-vous parler de « nation » dans un état fédéral à deux composantes culturelles, linguistiques et ethniques totalement étrangères l’une à l’autre ? Il faut comprendre l’énervement de Bart De Wever lorsqu’il entend ce genre de calembredaine quotidienne. En tous cas, je le comprends et j’en viendrais à le plaindre.

« Nous achèterons Bruxelles ! »

Une opinion de Jules Gheude publiée sur le site de la RTBF.

Il n’est certes pas sans intérêt de revenir sur le lifting institutionnel que Bart De Wever, le président de la N-VA, entend imposer à la Belgique après les élections législatives de 2019. Autant dire, demain.

La Belgique devient une confédération, composée de deux Etats – la Flandre et la Wallonie – disposant de toutes les compétences territoriales et personnalisables.

La Région de Bruxelles-Capitale exerce les compétences territoriales, ainsi que celles exercées aujourd’hui par les dix-neuf communes et les CPAS, et les six zones de police. Pour ce qui est des autres matières, chaque habitant de Bruxelles choisit librement – indépendamment de sa langue ou de son origine – entre la Flandre et la Wallonie. Les Bruxellois ont donc le choix entre le paquet flamand et le paquet wallon pour l’impôt des personnes, le système de sécurité sociale, l’aide sociale, la protection de la jeunesse, l’immigration et l’intégration, et le droit de vote pour le Parlement flamand ou wallon. Ce choix n’est pas définitif. Il peut être modifié après une période d’attente.

La confédération n’exerce plus que les compétences qui lui sont confiées par les Etats flamand et wallon, à savoir la défense, la sécurité, les finances et les affaires étrangères.

La monarchie est purement protocolaire et totalement transparente.

Le gouvernement de la confédération se compose paritairement de quatre ministres de plein exercice. La Flandre et la Wallonie y délèguent, chacune, un ministre disposant seulement d’un droit de vote consultatif.

Au sein du Conseil belge, il y a concertation permanente entre les ministres-présidents de Flandre, de Wallonie, de Bruxelles et des germanophones, tandis que chaque conseil thématique réunit les ministres compétents. Le but est d’éviter les conflits d’intérêts et de coordonner les points de vue sur les forums internationaux.

La monarchie devient purement protocolaire et totalement transparente.

Le Sénat est supprimé et la Chambre réduite à 50 membres, choisis paritairement au sein des Parlements flamand et wallon.

Pour le financement, la Flandre et la Wallonie déterminent et perçoivent tous les moyens liés aux compétences personnalisables : l’impôt des personnes, les droits de succession et de donation, le précompte mobilier et les impôts assimilés à l’impôt sur le revenu.

La Flandre, la Wallonie et Bruxelles déterminent et perçoivent les moyens liés aux compétences territoriales, comme l’impôt des sociétés, les droits de donation et le précompte immobilier.

La confédération est financée par la TVA et les accises pour le paiement de la contribution européenne obligatoire, les charges d’intérêt et le remboursement de la dette publique, et la solidarité entre les entités.

Il est prévu, comme en Allemagne, un mécanisme de solidarité objectivement mesurable, transparent et responsabilisant. Les transferts en soi ne constituent pas un problème. Mais ils doivent être transparents. Ils doivent avoir un but précis et inciter à l’amélioration.

Comme on peut le constater, le projet de la N-VA fait une distinction très nette entre la Flandre et la Wallonie, d’une part, et Bruxelles, d’autre part. Quant à la Communauté germanophone, elle n’est que très timidement abordée. Quel serait son véritable statut ?

L’ancien ministre-président flamand CVP Gaston Geens avait un jour dit : « Nous achèterons Bruxelles ».

Il est clair que la Flandre n’entend pas lâcher cette ville dont elle a d’ailleurs fait sa capitale. D’où l’intention à peine voilée d’allécher les Bruxellois avec une imposition et une sécurité sociale plus avantageuse. Un point sur lequel le front francophone pourrait bien se lézarder…

En attendant, Elio Di Rupo a déjà opposé une fin de non-recevoir à Bart De Wever. Pas question, pour le PS, de liquider ce fonds de commerce que constitue la Sécu !

Mais on a pu aussi constater, ces dernières années, que les leaders francophones, « demandeurs de rien », n’avaient pas hésité à sacrifier leurs sacro-saints principes.

Ce fut le cas en 2001, lors du refinancement de la Communauté française, avec la surreprésentation forfaitaire pour la minorité flamande au Parlement bruxellois, la présence d’au moins un échevin flamand dans les collèges communaux, la régionalisation de la loi communale permettant à la Flandre de mettre au pas les francophones de la périphérie.

Il n’était pas question non plus, pour les francophones, de toucher aux allocations familiales ou de scinder Bruxelles-Hal-Vilvorde sans extension géographique de Bruxelles. On sait ce qu’il en est advenu en 2011 !

Une chose est sûre : les négociations de 2019 donneront lieu à une sacrée foire d’empoigne, qui pourrait bien rendre la Belgique totalement ingouvernable…

Paul Magnette au Sénégal

Nous nous réjouissons de ce voyage de Paul Magnette puisque nous ne cessons d’affirmer que l’espace francophone doit développer non seulement ses relations culturelles, mais qu’en matière de coopérations économiques, nous devons faire beaucoup mieux, notamment avec nos partenaires de l’Afrique francophone.

En 2015, 134 millions d’exportations pour la Belgique contre 8,16 millions pour la Wallonie. Ces chiffres ne manquent pas d’interpeller. Les exportations wallonnes auraient donc représenté 6,1 % des exportations belges ? Ou devons-nous comprendre qu’une partie des 134 millions inclut une part wallonne ou, ce qui me semble plus vraisemblable, que c’est sous l’étiquette belge que se cachent en réalité des exportations flamandes ? Nous retrouvons là une ambiguïté  habilement entretenue. A l’heure du fédéralisme et à l’aube du confédéralisme, ne serait-il pas plus honnête et plus clair de citer des chiffres ventilés selon les différentes régions ? 

Comment s’étonner de ces chiffres quand on se rappelle la prestation de Rudy Demotte et de Charles Michel qui, lors d’un sommet de la francophonie, n’avaient rien trouvé de mieux que de s’exprimer en néerlandais ? Quand « notre » représentation politique fait si peu de cas de notre langue française, doit-on s’étonner d’une telle situation ? 

Remarquons au passage le tableau plus que positif dressé par l’auteur de l’article repris ci-dessous quant à la situation du Sénégal. La France n’est bien sûr pas étrangère à cet état de chose et gageons qu’une Wallonie intégrée à la France aurait, avec ses capacités industrielles, tout à gagner dans la masse de ses exportations vers une Afrique francophone en développement constant. 

Paul D.

le 16 mai 2017 :

Source: Belga

Le ministre-président wallon  entame ce mardi une mission de quatre jours au Sénégal. L’accent sera mis sur la coopération de la Wallonie et de la fédération Wallonie-Bruxelles avec le Sénégal ainsi que sur les opportunités économiques. C’est aussi l’occasion de revenir sur ce pays qui est un écrin de stabilité dans la bouillonnante Afrique de l’Ouest.

Un premier volet de cette visite portera sur les opportunités économiques pour la Wallonie dans ce pays d’Afrique de l’Ouest stable, doté d’un taux de croissance dynamique. Des opportunités existent notamment dans le domaine des infrastructures ferroviaires – en complète rénovation – ainsi que dans les énergies renouvelables. Une partie de la mission sera consacrée à la visite de la nouvelle ville de Diamniadio, créée pour désengorger la capitale Dakar. Cette ville nouvelle qui doit abriter à terme 300.000 habitants, proche du nouvel aéroport de Diass en construction, offre notamment des possibilités économiques pour des entreprises wallonnes.

La centrale solaire de Malicounda qui représente un intérêt pour la Wallonie en termes de sous-traitance et la société Trabesen, filiale sénégalaise de la société wallonne ITB Tradetech, figurent aussi au programme du volet économique de la mission. Autre volet de la mission wallonne: la coopération directe et indirecte. Le Sénégal fait partie des pays prioritaires de la Wallonie pour la coopération au développement. En 2017, le budget wallon alloué à la coopération est de 262.000 euros environ et de 245.000 euros pour la fédération Wallonie-Bruxelles. Entre 2002 et 2016, la Wallonie a octroyé 5,8 millions d’euros pour 115 projets développés au Sénégal. Des visites de terrain sont prévues durant la visite de Paul Magnette.

Enfin, Paul Magnette rencontrera les autorités politiques sénégalaises, dont le président Macky Sall et le Premier ministre Mohammed Ben Abdallah Dionne. Le retour de la délégation wallonne est prévu dimanche matin à Brussels Airport.

Le Sénégal, un écrin de stabilité dans une bouillonnante Afrique de l’Ouest

Le Sénégal est un écrin de stabilité en Afrique de l’Ouest confrontée depuis les indépendances à de multiples coups d’Etat, crises sanitaires, guerres civiles ou plus récemment l’émergence du radicalisme islamique.

Depuis son indépendance en 1960, le Sénégal est le seul pays d’Afrique de l’Ouest qui n’a pas été confronté à un coup d’Etat. Le système démocratique fonctionne correctement et le pays de la Teranga (hospitalité), comme on le surnomme, est régulièrement montré en exemple aux pays qui souhaitent suivre le chemin de la démocratie. Pays stable, à la lisière de l’Afrique du Nord et subsaharienne, le Sénégal a aussi résisté aux graves crises sanitaires qui ont touché la région ces dernières années/décennies. Même si beaucoup de chemin reste à faire pour assurer la santé pour tous, le pays a pu éviter la crise d’Ebola qui a dernièrement ravagé les pays voisins dont la proche Guinée. Pays multi-ethnique, cosmopolite, le Sénégal n’a jamais été confronté à une guerre civile de grande ampleur comme ce fut le cas dans des pays proches comme la Sierra Leone, la Côte d’Ivoire et le Liberia.

Seul ombre au tableau: le conflit en Casamance, au sud du pays, qui a opposé rebelles indépendantistes et gouvernement sénégalais durant une vingtaine d’années entre 1982 et 2003. Même si des cas sporadiques d’attaques surviennent en Casamance, la situation est stabilisée.

Enfin, le Sénégal, pays en grande majorité musulmane, a été épargné par le radicalisme islamiste qui couve en Afrique de l’Ouest et a failli précipiter le Mali dans les abîmes.

Stable politiquement, le Sénégal l’est aussi économiquement. Si le pays ne dispose pas de richesses naturelles aussi importantes que ses voisins, le pays est l’un des plus industrialisés de la région. Il peut aussi compter sur les ressources halieutiques, l’élevage, le tourisme et les services.

En 2015, la Belgique a exporté pour 134 millions d’euros au Sénégal. La Belgique exporte surtout du matériel de transport, machines, produits chimiques et des aliments. Les exportations wallonnes vers le Sénégal s’élevaient à un montant de 8,16 millions d’euros durant la même période, selon l’Awex (Agence wallonne à l’exportation).

La Wallonie exporte principalement des produits chimiques et pharmaceutiques, des équipements divers et des produits alimentaires.

Belgian pride ?

Par J.L. Lefèvre, Emptinne

Une question. Toute naïve.

Comment peut-on, simultanément, se prétendre hostile(s) aux communautarismes et participer en tant qu’élu(s) du peuple à une manifestation fondée sur des préférences personnelles minoritaires au même titre que l’appartenance linguistique, ethnique ou religieuse ?

Nos représentants politiques s’afficheront-ils aussi, demain, aux côtés de rom mécontents de leur hébergement saisonnier ? Aux côtés de minorités religieuses ou philosophiques insatisfaites de leur sort législatif ? Aux côtés  des francophones de la périphérie abandonnés en rase campagne ? Aux côtés des ruraux laissés pour compte… ? Cela signifierait-il qu’il existe de bons et de moins bons communautarismes ? Ne serait-ce pas un populisme de plus, à la seule différence qu’il serait labellisé par les élites politiques ?

Questions dérangeantes ? Tant pis ! J’assume au nom de la cohérence !

Avant-propos sur l’après-Belgique

Une opinion de Georges-Henry SIMONIS, suite à son livre sur « L’après confédéralisme belge »                              

ET SI ON S’INVENTAIT UN PAYS ?

« Et si on s’inventait une Histoire ? Une autre histoire où tous les puissants et les grands de la terre finiraient par se pendre de honte… Et si on s’inventait un pays ? »

Me reviennent les paroles de cette chanson ancienne de mon ami JOFROI.

La Belgique moribonde est aux soins palliatifs, en phase terminale, si ce n’est déjà en coma quasi dépassé. Les nouveaux états, wallon, flamand, et bruxellois, se dessinent peu à peu, en apportant de nouvelles pistes.

A l’occasion de PUBLIFIN en Wallonie, et de PUBLIPART en Flandre, les Régions  sont confrontées à de nouveaux enjeux qui concernent la moralisation des affaires publiques et la bonne gouvernance. Elles font apparaître au grand jour ce que l’on savait déjà, mais que l’on ne disait pas trop : règnent en Belgique une forte hypertrophie administrative et une politisation partisane – ce n’est pas un pléonasme – entrainant  des phénomènes de corruption, d’enrichissements sans cause, et des conflits d’intérêts manifestes. Les partis politiques traditionnels sont secoués, de même que les réseaux d’influence plus ou moins occultes, qu’ils soient familiaux, affairistes, laïcs ou religieux, francs-maçons, adeptes de l’Ordre de Malte ou de l’Opus Dei.

L’état central est également atteint par cette gangrène qu’illustrent les pratiques de l’ancien Premier Ministre DE HAENE, ou celles de l’ancien président du Sénat Armand DE DECKER, ou encore de l’actuel Président de la Chambre Siegfried BRACKE. D’autres personnalités politiques belges se sont tournées vers l’Afrique, créant à coups d’influences un nouveau colonialisme très rémunérateur…

Toutefois, ce qui se passe à Liège peut devenir une opportunité et une chance exceptionnelle pour l’avenir de la Région wallonne.

En Wallonie, plusieurs pistes de réformes structurelles sont déjà bien en cours :

1. LA POURSUITE DE LA REGIONALISATION  

La suppression de la Communauté Française et la régionalisation de ses compétences relevant aujourd’hui de la Fédération Wallonie-Bruxelles sont négociables dès aujourd’hui.

En matière d’enseignement, qui est la plus budgétivore, il va de soi que le transfert de compétences doit se faire dans tous les réseaux d’enseignement, avec soucis de créer des synergies pour rationnaliser au maximum, assurer l’égalité des chances et la qualité de l’enseignement. Des économies importantes seront surtout réalisables dans l’enseignement technique, qui coûte cher, et devrait être plus proche des entreprises afin de mieux répondre à leurs besoins. En ce qui concerne l’enseignement spécialisé, une réflexion plus approfondie devrait être entreprise : soit on continue de créer de nouvelles écoles,  soit on intègre les enfants concernés dans l’enseignement ordinaire en y  augmentant le nombre d’éducateurs.

En ce qui concerne l’enseignement universitaire, qui pourrait relever d’un seul ministère, l’offre wallonne a bien progressé (Liège, Louvain, Mons, Namur), sauf à Charleroi, toujours absent de la carte  universitaire « de iure » si non « de facto » : cela reste à faire !

Quant au « Pacte d’excellence », mis en échec relatif en raison de l’insuffisance des moyens financiers et de blocages qu’on peut qualifier de corporatistes de vieux rabiques entretenant avec constance les vieux clivages d’antan, on pourrait espérer des réformes plus profondes, s’inspirant notamment des modèles scandinaves et nordiques. Ainsi l’idée de réserver les « cours » aux matinées, et les activités « parascolaires » (ou périscolaires, comme on dit en France) les après-midi : sports, musique, théâtre, découvertes, expression… Après des repas-santé organisés pour tous dans chaque établissement en liaison  avec le monde agricole local ou même avec les écoles hôtelières. Ces hypothèses, créatrices d’emplois, et qui bousculent les habitudes, ne semble pas avoir été étudiées à ce jour. Or, cela se pratique dans d’autres pays, et notamment en France.

Après l’aide à la jeunesse, les maisons de justice, la sécurité routière, d’autres matières, comme la justice ou les prisons, pourraient continuer de glisser vers les régions.

En matière de justice, c’est sans étonnement que l’on vient d’entendre le Président du Tribunal de Première Instance de Bruxelles, Monsieur Luc Hennart, s’exprimer publiquement pour une régionalisation de la Justice. Il faut dire que, à la Cour d’Appel de Bruxelles, de manière scandaleuse, on fixerait des affaires civiles à 2021… (cfr revue « Justine » de février 2017)

Dans un autre domaine, celui de l’indemnisation des victimes des attentats de Bruxelles, l’Etat belge vient encore de se signaler négativement par son improvisation et ses lenteurs : en France, il y a plus de trente ans qu’existe un Institut National d’aide aux Victimes efficace (INAVEM), conçu sur la base d’une solidarité nationale vaste et efficace. En Belgique, on risque d’aller vers une loi de circonstance de plus…

2. LA DEPROVINCIALISATION

La plupart des gens viennent d’apprendre que PUBLIFIN et consorts étaient détenus à plus de 50% par la Province de Liège, dans les conditions que l’on découvre peu à peu. A cet égard, il faut rendre hommage aux journalistes du VIF (MM.  Olivier Mouton, Pierre Havaux, Nicolas De Decker, Mélanie Geelkens, Thierry Fiorilli…) qui se sont livrés à un travail d’information exceptionnel.

Le site de l' »Association des Provinces wallonnes » mérite d’être consulté : il décrit les compétences et les montants énormes des budgets provinciaux et comprend une étude très intéressante, quoique déjà ancienne, du Professeur Christian BEHRENDT de l’Université de Liège.

En tant que relais entre l’état central et les régions, la province n’a plus aucune raison d’être. Il y a lieu de transférer aux  régions les compétences provinciales, lesquelles  varient d’une province à l’autre, en sauvegardant bien entendu l’avenir des réalisations provinciales qui fonctionnent bien.

Ainsi, l’enseignement provincial qui pourrait être géré directement par les pouvoirs organisateurs et les Régions sans intermédiaire institutionnel ; de même pour les établissements de soins, ou encore pour les politiques agricoles sous-régionales. Il n’y aura aucun mal à recycler les gouverneurs de province et leurs collaborateurs vers d’autres tâches plus utiles : la Région wallonne en sortirait renforcée.

D’autres institutions liées à l’Etat central, comme la Cour des Comptes (une Cour Régionale des comptes serait bien utile), ou la Banque Nationale, devraient faire leur mutation.

La suppression des provinces entraînera sans doute une réforme des intercommunales, liégeoises et autres : ce sera ce qu’on qualifiait  jadis de « nationalisation », et qu’on appellera aujourd’hui « régionalisation » ou « publicisation ». La question d’un « holding public wallon » capable d’irriguer l’ensemble de l’économie de la région wallonne, mérite une attention nouvelle. Il faudra probablement créer un support juridique adapté aux choix qui seront faits : modèle public, ou privé, ou mixte. De même pour les intercommunales ou les inter-territorialités. La question parait spécialement claire pour les distributeurs de gaz et d’électricité : on perçoit mal l’utilité de leur dispersion géographique…

La suppression des provinces a été étudiée récemment en Flandre, où bon nombre de parlementaires approuvaient la mesure. Les « Palais provinciaux » devront être réaffectés ou revendus. Le personnel des provinces sera nécessairement réduit progressivement, avec transferts vers la Région.

Dans la réforme des Provinces et dans celle de l’enseignement, les Régions trouveront des moyens financiers supplémentaires. Certes, en France, l’échelon départemental a été maintenu lors de la dernière réforme des régions : on peut le comprendre pour des raisons géographiques (à titre d’exemple, la Région Grand Est qui comprend 5.500.OOO habitants comporte encore 10 départements). En Région wallonne (3.500.000 habitants), où les distances sont courtes, je ne pense pas qu’il soit justifiable de maintenir 5 provinces, et je défends l’idée de 2 métropoles wallonnes à Liège et à Charleroi, proches de celle de Bruxelles, ce qui simplifiera le millefeuille institutionnel belge et wallon.

3. SUPPRESSION DU SENAT

Inutile d’insister aujourd’hui : il tombera comme un fruit mur ! Sans que personne ne s’en aperçoive, hormis les sénateurs, et le service « comptabilité » des Palais nationaux qui transférera le magot aux Parlements régionaux…

Il y a d’ailleurs, en Belgique comme en France, une tendance générale  à la diminution du nombre des parlementaires. J’espère que les prochaines élections belges et françaises créeront un climat favorable aux changements. Pour les citoyens, il faut espérer qu’un débat démocratique approfondi, comme il existe en France, précède ces élections. C’est en ce sens que, comme le relève judicieusement Pierre Hazette en son aimable préface à mon petit livre, ces quelques lignes ont une dimension pédagogique qui pourrait ne pas être inutile…                          

Post scriptum

J’entendais récemment (RTBF 1ère) les explications brouillonnes d’un Gouverneur de Province qui s’évertuait à convaincre de la nécessité de maintenir les provinces. Il ne parlait évidemment pas de ses rémunérations (7.339€ net /mois), ni de celles de ses 5 conseillers provinciaux (les anciens « députés permanents »  à 5.461€ net/mois, ni du « Directeur général provincial » (car il en faut un), ni du Receveur etc. Dans nos cinq provinces wallonnes, les quelque 50 conseillers provinciaux sont payés au jeton de  présence de 200 € par prestation. Je n’ai pas trouvé le montant global des frais de fonctionnement des différentes administrations provinciales. Le budget annuel des provinces wallonnes frôlerait le milliard d’euros. Il y aurait 17.840 agents provinciaux wallons. La situation de chacune des  provinces est assez différente. Et les attributions très disparates: Enseignement-Formation / Culture-Tourisme / Action sociale / Sports et santé / Eco- développement territorial…

Chacune de ces matières est aussi traitée au sein de la Région. Les doublons sont évidents, et des transferts tout à fait possibles ! Le Gouverneur susdit défendait son fief en disant que la Province pouvait utilement soutenir des projets locaux : telle cour d’école, telle maison de retraite, etc… C’est du parfait saupoudrage, avec en corollaire politisation, clientélisme, népotisme…: bref, l’une des tares profondes de la Wallonie ! Mais nous ne mettrons pas tous les serviteurs de la collectivité dans le même bain : comptons et encourageons celles et ceux qui s’engagent vraiment pour le bien public ! 

SUITE DE MON CONCERTO PERSONNEL

Comme mes propos n’engagent que moi, je peux sans ambages faire écho aux superbes pièces pour violoncelle entendues lors du présent concours Reine Elisabeth. Elles  lui confèrent une dimension nouvelle et enchanteresse qui devrait fait vibrer les plus insensibles d’entre nous. L’instrument le plus proche de la voix humaine. Les musiciens français me séduisent… 

Pourquoi ne pas dire aussi, sous réserves, mon intérêt pour les propositions de la NVA, recensées par LE SOIR, pour l’avenir de la Belgique ?

Si j’entends bien, il y a du neuf dans le monde du confédéralisme.

Il y aurait donc bel et bien deux régions (Flandre et Wallonie) et, entre elles, Bruxelles-Ville Région, dont les limites coïncideraient avec l’actuelle Région bruxelloise. Les Bruxellois pourraient  choisir, enfin, leur appartenance à la Flandre ou à la Wallonie.

Voilà une fameuse simplification administrative et institutionnelle, qui ne va pas à l’encontre de l’existence d’une véritable Région bruxelloise autonome et performante, puisque tel est bien le désir des Bruxellois.

Certains hurlements se font entendre, spécialement du côté des municipalistes bruxellois. Mais cette proposition a le grand mérite d’exister, et de rendre plus que jamais indispensable un débat inter-bruxellois. Le débat va plus loin, puisque les auteurs de la proposition semblent préconiser pour le futur une sorte de coupole interfédérale limitée à quatre départements : Finances, Défense, Sécurité, et Affaires étrangères.

Quand François Perin rêvait de… macronisme

La seule politique acceptable est celle qui concilierait les deux idéologies tenues, à tort, jusqu’ici pour antagonistes. (…) Le capitalisme prédateur et le socialisme autoritaire, ces deux monstruosités du siècle, ont assez démontré la capacité de folie suicidaire des hommes, pour que l’on tente partout d’ouvrir des voies à un comportement plus équilibré, plus serein et plus sage. Furia ideologica delenda est.

Rassembler par-delà les divergences. C’est à cet exercice subtil, difficile, qu’entend aujourd’hui s’atteler Emmanuel Macron.

Beaucoup d’électeurs ont voté pour lui pour faire barrage au Front national. Mais l’on voit déjà la « France insoumise » de Jean-Luc Mélenchon prête à monter aux barricades pour empêcher la réalisation du programme présidentiel. Attitude inconséquente dans la mesure où la paralysie et le statu quo ne feraient qu’apporter de l’eau aux visées extrêmes. Ce n’est certes pas en mobilisant la rue que la France se réformera. Une telle stratégie ne peut qu’entraîner la ruine collective.

Les citoyens français sont donc placés devant un choix majeur en ce qui concerne le renouvellement de l’Assemblée nationale. Avec sa jeunesse, son esprit d’ouverture et sa détermination, Emmanuel Macron est susceptible de relever les défis immenses qui attendent le pays ; moraliser la vie politique, renforcer l’axe franco-allemand pour redonner un souffle nouveau à l’Europe, réduire la dette, relancer l’emploi en assurant la compétitivité des entreprises, garantir la sécurité de la population en luttant contre l’islamisme radical, améliorer le système éducatif et la formation, réussir la transformation écologique et numérique, maintenir la paix dans un monde de plus en plus incertain….

Puisse cette petite histoire, racontée par François Perin dans « Le Vif » du 10 mars 1989, aider l’électeur français à faire le bon choix :

A l’Ouest, le libéral, qui a dû accepter l’hérésie de l’économie distributive au nom de la solidarité sociale, se dit : « suis-je un traître ? ». Il doute (il n’y a plus que Guy Verhofstadt qui lise encore Friedman). Comment surmonter l’angoisse ?

Le socialiste, qui a dû se rendre à l’évidence de l’efficacité de l’initiative privée et du mécanisme de marché, sous réserve de l’organisation de la solidarité sociale, se dit-il encore : suis-je un « social-traître » ? L’angoisse le guette-t-il ?

Finalement, l’un et l’autre surmontent l’angoisse en éclatant de rire : « Nos doctrines ? Quelles absurdités pisse-vinaigre ! Nous avons perdu la foi, vive l’humour, quelle délivrance ! Et si on fêtait cela joyeusement ensemble ?

Ecole et inégalités

Par Jean-Luc Lefèvre

Depuis plusieurs années, des voix, de plus en plus nombreuses, s’élèvent en Communauté française de Belgique pour dénoncer les carences de l’enseignement obligatoire en termes de résultats, mais aussi en termes d’approfondissement des inégalités : ne survivraient au « massacre » que ceux dont les parents sortent du lot, ceux qui choisissent pour leur progéniture les meilleurs centres d‘enseignement, tous aisément identifiables et donc pointés du doigt en raison de l’insupportable ségrégation dont ils sont rendus responsables, comme s’il existait de bonnes stigmatisations !

Depuis plusieurs années, au nom d’un postulat érigé en système idéologique (les vertus prétendument universelles de l’homogénéité sociale), le législateur s’emploie à corriger les effets pervers du grand marché scolaire à l’origine de la ghettoïsation de nombreuses écoles.

Force est de reconnaître aujourd’hui que cela ne marche pas : les résultats scolaires des petits francophones ne s’améliorent pas à l’aune internationale des enquêtes Pisa. Pis encore : le fossé s’élargit entre les meilleurs, de plus en plus rares quand les pénuries intellectuelles se sont installées au terme de la première année d’enseignement supérieur, et tous les autres… qui coûtent cher en termes de redoublement. Une société francophone, déjà pénalisée sur le plan économique, qui se ratatine aussi en termes de ressources intellectuelles et donc de « racines d’espérance » pour demain.

Si cela ne marche pas, on s’obstine quand même dans la démarche initiée par le décret dit « Mixité ». Ce sera donc le Pacte dit « pour une école d’excellence ». Avec un tronc commun qui fait fi des motivations des apprenants, les mélangeant tous, qu’ils possèdent ou non une intelligence plus abstraite ou plus manuelle, avec une organisation technocratique de l’appareil scolaire (des centres P.M.S. appelés à conclure, à la fois, des contrats de partenariats avec l’autorité de tutelle et les écoles, toutes singulières, n’en déplaise au Prince qui gouverne et ne rêve que de standardisation des procédures sans oublier les résultats)…

Et si l’on s’arrêtait un instant. Pour s’interroger : pourquoi et en quoi la mixité sociale n’est–elle pas la panacée ? L’école n’est-elle pas aussi, comme nos quartiers, nos modes de consommation, nos loisirs… le reflet de la différence sociale ? Pourquoi s’entêter à formater l’une sans s’en prendre aussi aux autres dimensions de la vie en société ? Parce que l’école est lieu de socialisation et donc d’instrumentalisation politique ? Mais alors qu’on affiche clairement ses objectifs : en finir une fois pour toutes avec la primauté des parents dans l’éducation de leurs enfants !

Une chose est sûre : sans s’interroger aussi quant aux limites de l’homogénéité sociale et aux raisons qui expliquent qu’au-delà d’un certain seuil, elle ne fonctionne plus, à persévérer dans la politique du « train fou dans le brouillard », on ne récoltera que désillusions.

Deux voies seront alors encore ouvertes. La première consistera à agir en amont – comme à Sparte, déposséder les parents de leur droit à l’éducation dès la naissance -, la seconde, à agir en aval et interdire toute évaluation à l’école, au nom de l’égalité de tous, de 7 à 77 ans !

Il n’y a plus d’autrefois !

Notre administrateur Louis Cartilier attire mon attention sur la rubrique « Entre nous » parue en première page du quotidien « Le Soir » le 13 avril 2017. L’article en question paru en pleine campagne présidentielle française du 1er tour n’a pas retenu l’attention qu’il méritait. Il est pourtant bien intéressant.

Il s’intitule « Francis Delperée et la dame en noir » en référence à Juliette Gréco et à sa chanson « Il n’y a plus d’après à Saint-Germain-des-Prés. Il n’y a plus d’autre fois… »

Francis Delperée : voici un constitutionnaliste « centre humaniste » en vue qui ne laisse pas indifférent. Rappelez-vous sa célèbre saillie : « le confédéralisme est le fédéralisme des cons« . Notre vieux routier des arcanes de la politique belge avait compris bien avant les autres qu’un confédéralisme belge ne pourrait être que l’outil qui permettrait au parlement flamand de prendre en toute indépendance les mesures qui serviraient à l’émancipation et au développement de la Flandre mais aussi à celle-ci de se servir de ce qui resterait de l’étiquette « Belgique » à son avantage, la loi du nombre jouant en sa faveur, chaque fois que cela serait utile à son épanouissement.

Il avait compris cela, mais surtout il avait eu le courage de le dire haut et fort pendant que les autres représentants wallons et bruxellois de langue française maintenaient la tête bien ancrée dans le sable.

Francis Delperée remet le couvert à la suite de la parution de son livre « L’Etat Belgique » publié aux éditions de l’Académie royale de Belgique dont il est membre.

Je vous laisse savourer l’article en question…

Le bouquin envisage froidement les scénarios devant nous du « confédéralisme » à la « séparation pure et simple », la même chose avec des noms différents, Francis Delperée en est convaincu : « notre Etat fédéral est la dernière frontière. Si la sixième réforme institutionnelle ne produit pas de bons résultats, ce sera l’aventure, et la fin. »

Pas nostalgique pour autant, notre unitariste rentré cite joliment Juliette Gréco : « il n’y a plus d’après à Saint-Germain-des-Prés. Il n’y a plus d’autre fois… » pour conclure « Appliqué au pays qui est le mien, le diagnostic de la dame en noir est exact : en Belgique aussi, il n’y a plus d’autrefois,(…) et il n’y a pas non plus d’après si l’Etat, remodelé, corrigé, réaménagé, devait ne pas répondre aux attentes légitimes... »

Au final, un Delperée sombre et clair. Lucidement crépusculaire. (D.Ci)

Pour conclure, notre mouvement citoyen tient à vous livrer un petit commentaire : « mais Monsieur Delperée, nous sommes entrés dans le confédéralisme. La preuve ? Pouvez-vous nous  donner une compétence, une seule, qui de réforme en réforme de la constitution soit passée de la Région ou de la Communauté vers le Fédéral ? Ne cherchez pas, vous n’en trouverez pas. Tous les transferts de compétences, et ils sont nombreux, se sont réalisés du Fédéral vers les Régions ou Communautés.« 

Dès aujourd’hui, chacune des quatre régions belges (Flandre, Bruxelles, Wallonie et Région germanophone) vit dans une société bien différente des autres. Les nouvelles demandes de transfert affluent dans les bureaux feutrés des Centres d’études des partis politiques avec pour point d’horizon 2019, les élections fédérales et régionales et une 7ème réforme de l’Etat.

Attendez-vous alors à dire bye, bye aux Communautés linguistiques et au puzzle belge dispendieux. Attendez-vous alors à voir une région bruxelloise qui puisse véritablement prendre son destin en mains et tourner le dos aux multiples contraintes que lui impose la Flandre. Attendez-vous à voir le parlement germanophone voter les directives qui la conduiront à son émancipation et à son autonomie.

Et la Wallonie dans tout cela ? Elle serait bien inspirée de s’inscrire pleinement dans ce mouvement et pourquoi pas d’en être demanderesse et de rechercher les économies d’échelle qu’elle pourra trouver avec son partenaire naturel, culturel, géographique, historique, social, économique et patrimonial qu’est la France.

Le temps des négociations où des politiciens wallons n’étaient demandeurs de rien est terminé.

Paul D.

La Wallonie avec la France en Europe et dans le monde