Le coq wallon chantera-t-il pour la 5e fois ?

Par Jules Gheude

Cet article d’opinion a été publié le 30 septembre 2018 sur le site du magazine Le Vif/L’Express.

De 1988 à nos jours, aucun engagement francophone n’a été tenu, constate l’essayiste politique Jules Gheude. Et de poser la question : « Qu’en sera-t-il lors des élections de l’an prochain ? »

Les francophones ne laisseront jamais tomber les Fourons. José Happart en est le bourgmestre légitime. Les élections du 13 décembre 1983 permirent au PS de s’envoler, tandis que le CVP s’affaissait. Comme le constata un quotidien francophone, l’effet Happart a dominé l’effet Martens.

Les tractations pour la formation du gouvernement furent laborieuses. Martens VIII – socialistes et sociaux-chrétiens – entra finalement en piste. Et José Happart dut faire l’amer constat : Pour la deuxième fois, on a foulé les Fouronnais aux pieds.

Les dispositions prises pour Fourons et les communes à facilités s’inscrivaient dans la cadre d’une avancée significative du fédéralisme, par le biais d’un accroissement des compétences régionales et communautaires et l’instauration tant attendue de la Région bruxelloise.

Et le coq chanta pour la première fois

Lors d’une entrevue privée, José Happart nous raconta comment Guy Spitaels, le président du PS, l’avait sacrifié : Je lui avais fait savoir que je ne pouvais marquer mon accord sur un projet qui maintenait les Fourons en Flandre et qui prévoyait que, pour les bourgmestres et présidents de CPAS, la présomption de la connaissance de la langue pourrait être renversée à la requête respective d’un membre du conseil communal ou d’un membre du CPAS. Exception faite toutefois pour ceux qui avaient exercé ces fonctions entre le 1er janvier 1983 et le 1er janvier 1989, pendant au moins trois ans consécutifs, ce qui n’était pas mon cas… La réponse de Guy Spitaels fut cinglante : « Je ne te demande pas si tu es d’accord ou non ! ».

En 1992, le Premier ministre CVP Jean-Luc Dehaene parvint, de nouveau au prix de discussions pénibles, à un accord institutionnel qui faisait définitivement de la Belgique un Etat fédéral. Ce fut l’accord de la Saint-Michel. Mais François Perin avait bien flairé le piège : Je ne suis pas sûr que la Flandre ne poursuive pas le but d’asphyxier les écoles francophones.

Et le coq chanta pour la seconde fois

« Demandeurs de rien », les responsables francophones n’entendaient plus poursuivre la réforme de l’Etat. Ils furent toutefois contraints, devant les difficultés budgétaires de la Communauté française, notamment en matière d’enseignement – Perin avait vu juste ! -, de faire de nouvelles concessions en 2001, avec la signature des accords du Lambermont, du Lombard et de la Saint-Polycarpe.

Paul-Henry Gendebien, président du « Rassemblement Wallonie-France », raconte : Les négociateurs francophones avaient marchandé des principes contre de l’argent. On n’entendit plus les matamores se proclamant « non demandeurs ». (…) Furent ainsi concédés en finale des avantages profitables que l’on refusait d’envisager trois mois plus tôt : surreprésentation forfaitaire abusive pour la minorité flamande au Parlement bruxellois ; présence automatique d’au moins un échevin flamand dans les collèges communaux ; régionalisation de la loi communale en vue d’offrir à la Flandre des moyens plus vigoureux pour mettre au pas les Francophones de la périphérie.

Et le coq chanta pour la troisième fois

En 2010, la Belgique connut sa plus longue crise politique. Et le cirque recommença. Pour sortir de l’impasse, les Francophones cédèrent une fois de plus. « Madame Non » dut avaler la scission des allocations familiales et Bruxelles-Hal-Vilvorde fut scindé… sans extension territoriale de Bruxelles.

Et le coq chanta pour la quatrième fois

Lors de la campagne pour les élections de 2014, tous les présidents de parti francophones avaient juré de ne jamais s’allier à la N-VA. Mais pour devenir Premier ministre, Charles Michel changea d’avis.

Invité récemment sur le plateau d’une chaîne française, le philosophe Frédéric Lenoir a regretté que les responsables politiques soient davantage animés par leur carrière que par le bien commun.

Bart De Wever le sait déjà. Lorsqu’il mettra le confédéralisme sur la table des négociations après les élections de mai 2019, il finira par trouver un soutien francophone. Soit du MR pour rester au pouvoir, soit du PS pour revenir aux affaires. Le coq wallon chantera pour la cinquième fois.

Avec le confédéralisme, la Wallonie sera contrainte de prendre son destin en mains. Comme vient de le rappeler le président du MR, Olivier Chastel : On sait que la manne financière qui vient du fédéral est dégressive sur 10 ans et donc la Wallonie doit se préparer à vivre en totale autonomie.

L’attrait du pouvoir va donc plonger la Wallonie dans une situation extrêmement difficile. Privés des transferts flamands – quelque 7 milliards d’euros ! -, les Wallons n’auront d’autre choix que de se serrer douloureusement la ceinture.

Une solution : la France

Nous avons eu avec feu Jean Gol, dont le Centre d’études du MR porte le nom, de nombreuses discussions. Nous pouvons attester ici qu’il voyait l’avenir de la Wallonie en France. Paul-Henry Gendebien a également rapporté ce que Jean Gol lui avait confié lors d’une rencontre à Paris : Il m’avoua qu’il ne croyait plus à la nation belge, ni même à l’Etat. (…) C’est alors qu’il m’avoua (…) qu’il pensait que notre avenir (…) serait français. (…) Nous évoquâmes aussi diverses formules d’association ou de réintégration dans la République, le précédent de l’Alsace-Lorraine n’étant pas sans intérêt.

Et si, plutôt que d’imposer un bain de sang social à la Wallonie, le ministre-président MR, Willy Borsus, appliquait le testament de Jean Gol en prenant dès maintenant l’initiative d’un think tank transfrontalier pour baliser une route qui, de toute façon, comme l’avait dit le général de Gaulle, s’avèrera incontournable ?

L’avenir de la Wallonie

Par Jules Gheude

Cette article d’opinion a été publié sur le site du magazine flamand Knack le 18 septembre 2018

L’avenir de la Wallonie n’est ni dans l’indépendance ni dans un confédéralisme belge

En 2011, Elio Di Rupo exprimait sa satisfaction. Il avait dénoué la plus longue crise belge et ainsi, pensait-il, sauvé le pays.

Pour parvenir à ce résultat, il avait dû renier sa promesse – qui était aussi celle des autres présidents de parti francophones : BHV était scindé… sans extension territoriale de Bruxelles.

La sixième réforme de l’Etat n’a fait que complexifier le processus de décision belge. Pour Jean Quatremer, le correspondant à Bruxelles du journal français « Libération », le constat est sans appel : Cinquante ans de lutte communautaire entre Flamands et Wallons (…) ont conduit le royaume dans une voie sans issue : impotence, incompétence, irresponsabilité. Récemment, le chef de la diplomatie, Stef Blok, a également reconnu que la Belgique était invivable.

Certaines personnalités de l’Open VLD, du MR et du CDH plaident aujourd’hui en faveur d’une refédéralisation de certaines compétences. Mais les partis flamingants – du Vlaams Belang à la N-VA en passant par le CD&V – se sont empressés de fermer la porte : pas question de faire marche arrière.

Tout indique que la gauche retrouvera le pouvoir en Wallonie au lendemain des élections du 26 mai 2019. C’est ce qu’attend Bart De Wever, le président de la N-VA, pour mettre son projet confédéral sur la table.

Si les francophones le rejettent, la formation d’un nouveau gouvernement belge sera impossible. Or, qu’est-ce qu’un pays sans gouvernement, si ce n’est un pays qui n’existe pas…

François Perin avait annoncé ce scénario dès 1981 : Cela fait des années que je pressens ce qui va arriver. Après d’interminables négociations, le malheureux chef de l’Etat se mettre à courir après un gouvernement introuvable. Le pays peut imploser. Qu’est-ce qui empêcherait les Flamands de proclamer unilatéralement leur indépendance et d’affirmer leur nation ? Ils ont créé tous les instruments de leur future légitimité. Les Wallons seront alors contraints à une discipline dont ils n’ont aucune idée.

Dans une structure confédérale, la Wallonie devra aussi tirer son plan toute seule. Comme vient de la rappeler Olivier Chastel : On sait que la manne financière qui vient du fédéral est dégressive sur 10 ans et donc la Wallonie doit se préparer à vivre en totale autonomie.

Si la Wallonie se voit retirer les quelque 7 milliards que la Flandre lui verse chaque année, elle se trouvera dans une situation budgétaire intenable qui l’obligera à se serrer douloureusement la ceinture. Cela pourra engendrer un climat quasi révolutionnaire, prévient Jules Gazon, professeur émérite d’Economie à l’Université de Liège.

Mais le confédéralisme ne sauverait la Belgique que pour peu de temps, car la coquille belge vide apparaîtrait très vite comme superflue.

En fait, Elio Di Rupo n’a que faire de la survie du royaume. Seul le pouvoir importe pour lui. Mais cette fois, il est confronté à un défi crucial, car ses ambitions politiques pourraient conduire à un bain de sang social.

Feu Lucien Outers, qui a joué un grand rôle dans l’histoire du FDF et qui a fortement influencé Olivier Maingain, a écrit, dans les années quatre-vingts, une « Lettre ouverte au Roi ». Il y plaide en faveur d’une discussion pour établir entre les composantes une confédération où l’essentiel des pouvoirs seraient laissés à chacun. A défaut de cette volonté de dialogue ; la Flandre finira par s’émanciper sans demander l’avis de personne et les Wallons peu sûrs d’eux-mêmes se tourneront un jour vers la France pour négocier avec elle, pour leur région, un statut particulier qui la fera participer progressivement et toujours davantage à la vue d’un pays dont ils se sentent si proches. (…) Bruxelles cherchera peut-être dans sa vocation européenne une solution à son avenir.

Olivier Maingain doit relire ce passage, lui qui s’accroche désespérément à un fédéralisme que la Flandre a jugé dépassé depuis longtemps (voir les résolutions confédérales adoptées par le Parlement flamand en 1999).

La prospérité de la population wallonne ne viendra ni d’un confédéralisme belge ni d’un statut indépendant. Le président de Gaulle en était intimement convaincu : Les Wallons retrouveraient au sein de la France la fierté d’appartenir à une grande nation. La fierté de leur langue et de leur culture. Le goût de participer aux grandes affaires du monde et de se battre pour de grandes causes humanitaires.

Ce scénario présente encore deux avantages non négligeables. Une Wallonie intégrée en France resterait de facto dans l’Union européenne. Et c’est à la France qu’il reviendrait de négocier avec la Flandre et Bruxelles les modalités pratiques de la scission belge, notamment le partage de la dette.

Certes, cela aurait un impact financier pour la France. Mais pas de quoi inquiéter Bercy. La reprise des transferts flamands coûterait moins cher que la suppression de la taxe d’habitation. A cet égard, Jaques Attali, l’ancien conseiller du président François Mitterrand, avait écrit sur son blog, le 9 septembre 2009 : Le prix à payer pour la France serait sûrement plus faible que ce que cela lui rapporterait.

Le jour où la classe politique wallonne ôtera ses œillères, un avenir prometteur s’offrira à la Wallonie.

La peste porcine touche la Wallonie…

Patrick Dumont attire notre attention sur un article lu dans le quotidien « Le Soir » du vendredi 21.09.18 :

Les porcs belges sont surtout flamands

Sur les plus de 6 millions de porcs élevés en Belgique, 375 000 le sont en Wallonie, soit à peine 6 % du total.

Il s’agit essentiellement de porcs à l’engraissement (85 % du total), soit des porcelets « flamands » placés dans les élevages wallons pour y être engraissés à façon.

Alors que la Flandre compte 3 977 exploitations, il n’y en a que 551 en Wallonie. C’est moitié moins qu’il y a quinze ans (1 172 en 2001).

La taille moyenne des élevages au sud du pays est de 679 bêtes, contre 1 459 en Flandre.

Conclusions de l’A.W.F. : ne vous fiez pas au logo noir-jaune -rouge qu’accompagne le porc belge. Il s’agit de porcs « flamands » dont les propriétaires pratiquent un élevage intensif.  Dans ce cas de figure, une fois encore belge signifie flamand.

S’agissant des porcs réellement « wallons », seuls 15 % des 375 000 porcs élevés, soit 56 250 porcs sont des porcs élevés dans de petites exploitations qui pratiquent un élevage raisonné.

Choisir un circuit court synonyme de qualité signifie choisir un porc labellisé wallon (des logos wallons commencent tout doucement à fleurir sur nos achats) ou mieux encore si vous le pouvez, achetez-le directement à l’éleveur que vous connaissez pour vendre de la viande de qualité.

Paul D.

Des testaments oubliés

Par Jules Gheude

Jean Gol et Lucien Outers ont tous deux joué un rôle essentiel au sein de leurs formations respectives, le MR et le FDF.  Le Centre d’études du MR porte d’ailleurs le nom de Jean Gol.

Mais que reste-t-il vraiment de l’héritage des deux hommes ?

Lors du débat pour la présidence du MR en 2011, Charles Michel titilla son challenger Daniel Bacquelaine à propos de son penchant rattachiste, un penchant que partageait pourtant Jean Gol.

Celui-ci connaissait les liens étroits que j’avais avec François Perin et, à de multiples reprises, il me posa la question : « Que pense en ce moment le maître ? ».

Je possède le petit mot manuscrit qu’il adressa à François Perin en 1983, suite à l’article que ce dernier avait écrit pour « Pourquoi Pas ? » et dans lequel, 23 ans avant le « Bye bye Belgium » de la RTBF, il décrivait par le menu la manière dont la Flandre finirait par proclamer son indépendance : Je suis d’accord à 100% avec votre article. Mais le délai est sans doute un peu plus long ; je ne suis pas fonctionnellement – il était alors Vice-Premier ministre – en position d’exprimer publiquement mon accord. J’agis cependant chaque jour pour préparer cette échéance (…).

François Perin savait que Jean Gol avait le cœur tourné vers la France. C’est la raison pour laquelle il craqua littéralement en prononçant son éloge funèbre au cimetière de Robermont. Il expliqua plus tard : Il était, à mes yeux, le seul homme politique belge ayant l’envergure nécessaire pour avoir l’écoute de Paris en cas de la dislocation de la Belgique. Et voilà que cette carte majeure me claque dans la main !

Il savait aussi que le parti réformateur ne poursuivrait pas dans cette voie : Jean Gol est mort, hélas ! Et le testament des morts, vous savez, on s’assied dessus…

Intéressant également est le témoignage apporté par Paul-Henry Gendebien à propos de l’entrevue qu’il eut avec Jean Gol à Paris, alors qu’il était Délégué général de la Communauté française de Belgique : Il m’avoua qu’il ne croyait plus à la nation belge ni même à l’Etat. (…) C’est alors qu’il ajouta, et ceci compta, ce que j’avais déjà deviné sans difficulté : à savoir que notre avenir (…) serait français. (…) En manipulant (…) un certain nombre d’hypothèses, nous en arrivâmes bien vite à calculer le nombre de départements, de conseillers généraux et régionaux, de députés qui reviendraient à la Wallonie. (…) Nous évoquâmes aussi diverses formules d’association ou de réintégration dans la République, le précédent de l’Alsace-Lorraine n’étant pas sans intérêt. Dans la semaine qui suivit, j’appris de bonne source que Jean Gol avait eu – ce jour-là et le lendemain – des rencontres qui n’étaient pas rien dans la politique française.

Lucien Outers laissa, lui aussi, un testament politique sous la forme d’une « Lettre ouverte au Roi », dans laquelle il prônait une discussion pour établir entre les composantes une confédération où l’essentiel des pouvoirs seraient laissés à chacun. A défaut de cette volonté de dialogue la Flandre finira par s’émanciper sans demander l’avis de personne et les Wallons peu sûrs d’eux-mêmes se tourneront un jour vers la France pour négocier avec elle, pour leur région, un statut particulier qui la fera participer progressivement et toujours davantage à la vie d’un pays dont ils se sentent si proches. (…) Bruxelles cherchera peut-être dans sa vocation européenne une solution à son avenir.

Olivier Maingain a été profondément marqué par Lucien Outers, dont il partage l’élocution élégante, voire un peu précieuse. Mais incarne-t-il bien aujourd’hui l’héritage de son mentor ?

Dans son discours des Fêtes de Wallonie, le ministre-président Willy Borsus a évoqué une Wallonie nouvelle.

Ce n’est ni dans une structure confédérale ni avec un scénario indépendant, que cette Wallonie nouvelle verra le jour, mais bien au sein de la France, via un statut propre, tel que le décrit le constitutionnaliste français Didier Maus : Il serait parfaitement possible de créer un titre spécial « De la Wallonie… »  qui contiendrait une mini constitution sur mesure pour cette région.

Les organes d’auto-administration de la Wallonie pourraient ainsi subsister,  de même que ses compétences, qui seraient même élargies, puisque la Communauté française aurait cessé d’exister. Quant à l’ex-droit fédéral belge, il continuerait, sauf exceptions, à être d’application sous la responsabilité du législateur français.

Le délai, écrivait Jean Gol en 1983, est sans doute un peu plus long. Au lendemain des élections de mai 2019, l’échéance risque d’être au-rendez-vous !

Il est donc temps que les responsables politiques wallon ôtent leurs œillères. Car il y va, non pas de leurs ambitions personnelles, mais bien de la prospérité des Wallons. Des Wallons qui, comme l’a déclaré Charles de Gaulle en 1967, retrouveraient au sein de la France la fierté d’appartenir à une grande nation, la fierté de leur langue et de leur culture, le goût de participer aux grandes affaires du monde et de se battre pour de grandes causes humaines.

Qui vivra, pleurera !

Par Valmy

La Wallonie manque depuis « L’affaire royale en 1950 et la grande grève en 1960 » de perspectives. Minoritaire depuis 1830 au parlement « belge », elle abandonne depuis toujours à la Flandre les initiatives à caractère libératoire. A chaque avancée de la Flandre, devenue clairement une NATION, elle retient son souffle, courbe l’échine et… attend la suite des événements.

Il apparaît clairement que l’avenir de la Wallonie reste incertain parce que la Wallonie politique ne parvient pas à se projeter dans l’avenir, trop occupée à se chamailler telle une illustration du « village gaulois d’Uderzo et Goscinny ». Le cours politique wallon s’écoule au rythme de ce que la Flandre impose depuis les premières révisions institutionnelles et de ce qu’elle imposera au fédéral après les élections de mai 2019. Il ne faut pas perdre de vue qu’en ce domaine, la NVA n’est pas toute seule. Pas d’illusions, svp.

Les deux principaux protagonistes, MR et PS, risquent de devoir constater qu’ils n’auront d’autre choix que de lier leur sort et que les « combinaisons arithmétiques du genre communales ou provinciales » n’ont plus lieu d’être parce qu’il s’agit maintenant non de présider un Office du tourisme wallon mais de saisir fermement le « gouvernail de l’Etat wallon ».

L’Etat, qu’ils le veuillent ou non, c’est EUX, par le simple respect des choix des électeurs depuis des générations !

Il semble d’ailleurs que certains politiciens s’éveillent. Le président socialiste Elio Di Rupo a récemment, dans une interview (RTL le 16/09/2018), fait part de sa volonté de se consacrer à « Bruxelles et la Wallonie d’abord » (ndlr : La Wallonie d’abord, Bruxelles après et même jamais !).

« Le modèle institutionnel en Belgique, aujourd’hui, s’appuie principalement sur les régions. Le fait régional est quelque chose d’acquis. Si l’on parle aujourd’hui de refédéraliser certaines compétences, c’est du fait de la Flandre : dans toute une série de dossiers, c’est la Flandre qui bloque : saga des permis de conduire, le survol de Bruxelles, la tentative d’une bande de covoiturage sur l’autoroute pour rejoindre Bruxelles. C’est aujourd’hui la Flandre qui bloque ces dossiers qui pourraient bénéficier aux Wallons et aux Bruxellois. » (Pierre-Yves Dermagne, RTBF info du 17/09/2018).

Arriverait-elle enfin, l’heure du dessillement des yeux des politiques wallons ?

Depuis 1830, les Flamands travaillent pour eux, uniquement pour eux, avec la collaboration des Bruxellois (que les sceptiques relisent les comptes rendus parlementaires depuis Léopold Ier). La Belgique n’exista jamais pour eux sauf pour tromper ces Wallons, voisins obligés, qui refusent obstinément de voir plus loin que le bout de leur nez et qui se laissent toujours berner par le folklore monarchique, le Roi, la Loi, la Liberté…

Bref, TOUT sauf la France ! Qui vivra, pleurera !

Quand on est c…

Par Claude Roland

La Flandre a mis en place un processus de réduction progressive des transferts vers la Wallonie.

Nous sommes déjà dans le confédéralisme, quoi qu’en disent les partis et les médias francophones, médias dont la majorité sont bruxellois et n’ont que peu d’égards envers la Wallonie.

Pour s’en sortir, à l’instar de la Flandre, la Wallonie doit développer un esprit wallon, avec des organisations ayant la même dynamique que les organisations flamandes comme le Boerenbond, le Voka, Unizo, etc.

Quand on sait comment le Boerenbond et le Voka ont œuvré (et réussi) pour que la Flandre gagne à tous les coups, en détournant les ressources belges à son profit exclusif, il faut en prendre exemple.

Le Boerenbond domine tout l’agro-alimentaire belge, y compris en Wallonie.

Il ne faut donc pas s’étonner si la politique agricole belge favorise l’agriculture flamande et tue les agriculteurs wallons.

Il faut arrêter de jouer les naïfs et oser contrer les manœuvres flamandes pour sauver l’agriculture wallonne qui se meurt et se fait racheter ses terres par la Flandre.

Sait-on que la KBC (CBC en Wallonie), banque issue du Boerenbond, a dans ses statuts les objectifs ultra-flamingants de donner à la Flandre tous les moyens d’un état indépendant ?

Un état d’esprit bien présent lors des discours ultra-flamingants de son président.

Quand on sait que la Wallonie a, au niveau fédéral, participé au sauvetage du Boerenbond et aussi de la KBC, il y a de quoi se poser des questions.

Mais il faut dire que nos médias se gardent bien de nous informer sur les objectifs du Boerenbond, de la KBC, du Voka ou d’Unizo.

De même que, lorsque le général en chef de l’armée néerlandaise passe devant les couloirs de la RTBF pour expliquer, dans un débat de la VRT, l’intégration (absorption) de l’armée belge dans l’armée néerlandaise (une absorption qui affectera les bases wallonnes dont celle de Florennes et tous les emplois wallons dans l’armée), ni la RTBF ni les autres médias ne nous en parlent.

Car pour notre malheur, même s’ils sont financés par les Wallons, nos médias sont bruxellois.

Des médias qui nous chantent Bruxelles centre de tout, son esprit multiculturel supérieure aux autres et son aéroport flamand de Zaventem en Flandre.

Ils promeuvent le régionalisme bruxellois qui doit débarrasser Bruxelles de l’«ingérence» wallonne, son parti régionaliste bruxellois Defi qui va enfin bruxelliser cette pauvre Wallonie qui en a «bien besoin».

Ces médias nous donnent une image condescendante de la Wallonie. L’image où la Wallonie, contrairement à la Flandre et même à Bruxelles, va mal, est corrompue et trop souvent en grève.

Et quand ils doivent parler d’une réussite wallonne, ils parlent d’une réussite belgo-belge et certainement pas wallonne.

Franchement, je me demande pourquoi les politiques Wallons se sentent obligés de renforcer la solidarité avec Bruxelles au travers du brol Wallo/Brux/communauté française qui pèse lourd sur les finances wallonnes. Et à quand une régionalisation de la RTBF ?

En ce qui concerne l’infrastructure des routes, elle est bien régionalisée, c’est-à-dire que les routes wallonnes sont à charge des Wallons.

Pourtant, le lobbying flamand des transports camions se permet de faire pression et obtient des nouvelles routes qui l’arrangent, une meilleure fluidité de et vers les ports de Flandre et de Hollande (Vlaams en Hollanders samen), mais qui n’apportent pas grand-chose à la Wallonie.

La Wallonie a toutefois tenté de taxer ces camions. Mais elle a fait installer (par une société flamande) des portiques payants. Résultat : les camions des sociétés flamandes (bien informés par leur consœur flamande) font des détours bien ciblés pour payer un minimum, détruisant au passage nos routes secondaires, nos petites routes de campagne et même les rues des villes.

Faut dire que les autorités wallonnes n’osent pas interdire aux camions à fort tonnage l’accès à nos routes secondaires et petites routes.

Alors, pas facile de s’en sortir.

Pourtant la Wallonie détient l’or bleu, l’eau de source. Un trésor qui va devenir de plus en plus rare. Mais là encore, les politiques imbéciles wallons offrent ce trésor gratuitement à la Flandre et Bruxelles.

Pire, pour répondre aux exigences flamandes de qualité, la Wallonie nous taxe, nous Wallons, pour améliorer la qualité de l’eau.

Quand on est con…

Paul Magnette dans une autre dimension

Il y a peu, Paul Magnette était sollicité par le parti socialiste français pour conduire sa liste aux prochaines élections européennes. Paul Magnette n’a pas fermé la porte à cette proposition qui a valeur de reconnaissance. Il lui a été reproché de maintenir le flou sur ses intentions, à quelques semaines des élections communales, alors qu’il dirige la plus grande ville de Wallonie, et en vue d’autres échéances électorales où son parti jouera sa survie (et la Belgique aussi, une fois de plus).

Tenté par une carrière politique en France, Paul Magnette ?

Quoi qu’il en soit, on apprend maintenant que Paul Magnette est devenu la personnalité politique préférée des Wallons (et des Bruxellois).

Être sollicité par le parti frère, en France, cela vous donne tout de suite une autre dimension.

Quand même !

On doit savoir qu’un Accord de coopération entre la Région wallonne et le Gouvernement de la République française, daté du 10 mai 2004, porte sur l’ensemble des compétences (présentes et à venir) exercées par la Wallonie.

Ainsi, la France est devenue, au moins virtuellement, la partenaire privilégié de la Wallonie.

Mais les autorités wallonnes sont très frileuses à l’idée de concrétiser cet accord par des mesures de collaboration réelle avec le pays dont la Wallonie est naturellement si proche.

Vu sur le site de la RTBF ce 15 septembre :

Nouvelle coopération Wallonie/Hauts-de-France

L’invité politique des fêtes de Wallonie, cette année, c’est la région voisine des Hauts-de-France. Ce samedi après-midi, Willy Borsus, le Ministre-Président wallon a accueilli à l’Elysette son homologue français, Xavier Bertrand. Les deux hommes ont signé une convention de partenariats.

Mobilité-Emploi-Environnement

Plusieurs domaines sont visés. Ils touchent en priorité au développement économique. La collaboration s’articule notamment sur l’aménagement du territoire et la mobilité : ce sont les dossiers de la liaison fluviale entre la Seine et l’Escaut et le désenvasement du canal Condé-Pommeroeul.

L’accord doit aussi permettre de coordonner des coopérations en matière d’emploi et de formation professionnelle.

Les deux régions se sont engagées à échanger des informations dans les domaines de l’énergie en regard de la lutte contre le réchauffement. Elles sont également censées se concerter pour la mise en œuvre de la Politique Agricole Commune.

Un bilan technique et politique de cette coopération sera dressé en septembre 2019.

Carl Defoy

La Wallonie doit retrouver de la fierté

L’éditorial du journal L’Echo de ce 7 septembre 2018, par Joan Condijts, Rédacteur en chef.

La Région wallonne est en train de renaître des cendres de ses bassins industriels, trop longtemps restés en friche. Mais pour tirer profit de leurs atouts, les Wallons doivent retrouver la fierté qui caractérisait leur âge d’or.

Le temps presse. En 2019 débutera la dernière législature pleine durant laquelle la solidarité interne au Royaume jouera. La décennie qui suivra cette échéance verra les transferts entre le Nord et le Sud du pays progressivement diminuer pour n’être plus, dans les années 30, qu’un vague souvenir… La Wallonie dispose donc de cinq bonnes années pour accélérer le mouvement. Non que rien n’ait été fait.

Depuis l’effondrement des grands bassins industriels qui faisaient et la fierté (on y reviendra) et la richesse de la région, après une période d’abattement et d’atermoiements compréhensibles, et à la faveur (sinon à cause) de la fédéralisation de l’État, la Wallonie s’est reprise. Les gouvernements régionaux ont successivement élaboré des plans de relance économique qui permettent de regarder le futur avec davantage d’optimisme que ne le permettaient les dernières années du siècle échu. Le taux de croissance de l’emploi au sein des PME, soit l’essentiel du tissu économique wallon, est supérieur à la moyenne nationale. Le taux de survie des entreprises est en croissance…

Le redressement est amorcé. Mais l’ampleur de la tâche est encore grande. Même s’il s’améliore, le taux de chômage demeure élevé et surtout préoccupant chez les jeunes (largement supérieur à 20%). Le nombre de PME par habitant se révèle également trop faible. Et parallèlement, le taux d’emplois publics reste à un niveau supérieur à la Flandre (environ 20% contre 15%).

La Wallonie dispose néanmoins d’atouts importants. L’espace notamment : plus de 2.000 friches industrielles représentant près de 4.000 hectares sont par exemple « mobilisables ». Des moyens aussi : les capitaux existent pour les projets prometteurs – même si les deniers publics sont surreprésentés.

Une chose essentielle manque cependant afin de transformer ce redémarrage en succès assuré. Un état d’esprit. Cette fierté évoquée plus haut, celle de créer, de briller, de grandir. Celle d’oser. Trop de timidité, trop de pusillanimité. Souvent. L’ambition d’innover, de réussir un projet n’imprègne pas suffisamment cette région qui présente pourtant des atouts certains.

Dans ce contexte, L’Echo veut apporter sa contribution à l’émergence d’une conscience entrepreneuriale plus forte, d’une ambiance plus propice à la créativité. C’est pourquoi, dès ce week-end, nous lançons une vague faite de rencontres avec ces entrepreneurs qui font bouger la Wallonie avant de partir à la découverte de pépites méconnues qui font rayonner la Région dans le monde. Surtout, nous avons demandé à un artiste de peindre sur la façade d’une usine carolorégienne désaffectée trois portraits de ces entrepreneurs (à voir sur http://www.lawallonieentreprend.be). Trois ambassadeurs de cette Wallonie en devenir qui émergent d’un symbole de cette Wallonie du passé. Un état d’esprit.

Journée du patrimoine

Je viens de trouver cet article (et sa vidéo) très intéressant sur RTBF, alors je le poste ici sur le site de l’AWF.

J’ai surtout retenu cette phrase de l’historien d’art : « il faut bien avoir à l’esprit que quand on parle de politique du patrimoine dans notre pays , la Wallonie, la Flandre et Bruxelles constituent 3 pays différents » !!!

Moi, personnellement, ça me va : le partage du patrimoine anciennement belge, avant la séparation…

https://www.rtbf.be/info/belgique/detail_patrimoine-belge-quand-l-institutionnel-complique-tout?id=10013856

Samuel

La Wallonie avec la France en Europe et dans le monde