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La France prépare bien la conférence COP21

Vu sur Francetv info le 10/09/2015 :

COP21 : Valls annonce l’arrêt « immédiat » des aides aux exportations de centrales à charbon sans dispositif anti-CO2.

Cette décision, prise jeudi, est l’une des principales promesses du gouvernement français en matière de réduction des énergies fossiles.

Une centrale à charbon, dotée d'un dispositif anti-CO2 (à droite), le 30 octobre 2009, à New Haven (Virginie occidentale, Etats-Unis).

C’est une annonce symbolique, à trois mois de l’ouverture de la COP21, la conférence de Paris sur le climat. Le Premier ministre, Manuel Valls, a annoncé, jeudi 10 septembre, la suppression « immédiate » des crédits à l’exportation pour les centrales à charbon dénuées de dispositifs de capture et de stockage du CO2.

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Les aides de l’Etat, jusque-là versées à Alstom, seront redonnées au groupe pour investir dans les énergies renouvelables, avait précisé la ministre de l’Energie et de l’Ecologie, Ségolène Royal, plus tôt, sur France Info.

Une promesse de François Hollande

Cette décision est l’une des principales promesses du gouvernement français en matière de réduction des énergies fossiles. Ces derniers mois, des ONG environnementales pressaient le gouvernement de tenir la promesse faite par François Hollande en novembre 2014. Elles craignaient de le voir reculer sur cette question, notamment en raison des risques de suppressions de centaines de postes de salariés qu’elle fait peser chez Alstom.

Ces crédits permettaient, notamment, de réduire les coûts à l’export vers les pays en développement des technologies du charbon, y compris les centrales alimentées par ce combustible très polluant.

Réagissant à ces annonces, la Fondation Hulot a estimé que la position française « a l’air d’aller dans la bonne direction » : « basculer du charbon vers les énergies renouvelables, c’est une chance pour nos industriels, car il y aura plus d’emplois à l’avenir dans les renouvelables que dans le charbon », a relevé Matthieu Orphelin, porte-parole de la fondation, « en attendant d’avoir les détails » des annonces.

Lire aussi : Monsanto : une condamnation historique en France (site du journal Le Soir).

La symphonie du nouveau monde

Les relations de voisinage entre la Flandre et la Wallonie obéissent à une logique qui leur est propre, on peut les étudier sans beaucoup de références au monde extérieur, dans leur dynamique centrifuge annonçant l’évaporation de l’état belge. Il faut néanmoins penser la réunion de la Wallonie à la France en considérant les enjeux du XXIe siècle, à l’échelle de l’Europe et du monde.

Certes, l’histoire est chargée de références auxquelles nous devons ce que nous sommes, mais répéter mécaniquement des discours d’hier ou avant-hier, c’est parler aux fantômes qui nous habitent. Il faut bien entendu sortir de son face-à-face avec la Flandre et voir le monde qui s’ouvre à la façon d’un terrain d’aventure ou d’un open space oppressant. Ou comme un appel au partage. Ou l’appel du large.

globalization-globeGlobalization. C’est un peu l’universalisme des lumières à la mode anglo-saxonne. On peut le définir ainsi : le monde global est un monde d’échanges et de mobilité, la terre appartient à tous les hommes ou, du moins, à ceux qui ont les moyens de l’acheter. L’idéal d’un monde libre uniquement régi par les forces économiques, au profit de l’argent et du pouvoir qu’il donne. Un monde uni, l’humanité poursuivant le même rêve au service de la finance. Des électrons libres à l’intérieur d’un système. Une certaine idée du progrès.

C’est un peu la révolution permanente, version Microsoft. Le sens unique de l’histoire, laquelle inclut le temps des grandes découvertes et celui de la colonisation. De plus en plus, la technologie abolit les distances et nous encourage à nous sentir citoyens du monde, en mixant les cultures et les mémoires collectives. Un impératif : connecter le monde et bousculer les inerties. Après tant d’autres, il y a là un ébranlement de la conscience de soi qui peut conduire au meilleur comme au pire, à des résistances, à des angoisses, à des opportunités nouvelles, à des générosités nouvelles, car nous avons reçu la terre en partage et que nous aimons croire en la fraternité universelle.

Ainsi va l’histoire. Il ne suffit pas d’être hyperconnecté, de maîtriser la technologie, il faut mettre à jour son logiciel personnel. Pas simple quand on ne se satisfait pas de quelques idées simples, entre fantasmes de nature psychologique et catéchismes idéologiques. En vérité, l’ouverture au monde se conjugue avec l’atomisation de la société, le repli sur l’individu, que l’on dit libéré, délivré, I am one with the wind and sky (c’est un refrain que les enfants connaissent par cœur). Même si, à l’origine de cette nouvelle configuration du monde, il y a pas mal d’idées françaises et d’acteurs de premier plan de nationalité française, on n’est pas forcément très à l’aise avec la globalisation, dont la réalité est parfois brutale.

Il faut apprendre. Apprendre à se méfier des mots, de leur utilisation. De l’hypocrisie. Du cynisme. Apprendre à se dire que, peut-être, on s’est trompé un peu, beaucoup, passionnément. Exercer ce qu’on a d’esprit critique. Exiger de vrais débats. Comprendre ainsi les résistances et les oppositions (de l’altermondialisme aux différentes crispations identitaires, sans oublier la haine envers l’impérialisme occidental qui, entre autres, nourrit le djihadisme).

Pour un débat de qualité, qui soit utile au citoyen ordinaire, il faut que s’expriment des personnalités hautement informées, chez qui la force de conviction se conjugue avec la vigueur intellectuelle et, bien entendu, la liberté de parole.

Voici une interview que Jean-Pierre Chevènement a livrée aux journalistes du magazine Marianne en juillet dernier.

G.R.

Chevènement : « Nous sommes passés dans l’allégeance au suzerain américain »

Article paru dans Marianne daté du 10 juillet 2015

(…) 

Qu’est-ce qui explique, selon vous, que nous ayons plié le genou face aux Etats-Unis ? L’arme économique est-elle devenue un moyen pour Washington d’asseoir son hégémonie politique ?
La tétanisation exercée sur nos entreprises commence à l’échelle des banques. Dès lors qu’un financement paraît un tant soit peu risqué vis-à-vis de potentielles sanctions américaines, les banques le refusent. L’effet dissuasif, par exemple, est manifeste en ce qui concerne les sanctions visant la Russie. Qui sait que les exportations de la France vers ce pays sont passées de 9 milliards en 2012 à 6,7 milliards en 2014 ? Et qu’au premier trimestre 2015 elles ont encore fléchi de 33 % par rapport au premier trimestre 2014 ? Au travers de leur économie – qui représente environ un cinquième de l’économie mondiale -, mais surtout grâce au fait que le dollar reste la monnaie mondiale, les Etats-Unis se sont arrogé la possibilité de contrôler, à travers leur département de la Justice, les activités de toutes les entreprises de la planète.

Vous dressez un constat d’intériorisation de la contrainte par nos entreprises et par nos dirigeants. Comment remédier à cet état de fait ?
Il importe d’abord de savoir si l’Europe n’est plus qu’une machine à relayer les sanctions décrétées par les Etats-Unis en fonction de leurs propres critères qui ne sont pas forcément les nôtres. Dans la crise ukrainienne, qu’on aurait pu éviter si on n’avait pas placé l’Ukraine devant le dilemme absurde d’avoir à choisir entre l’Europe et la Russie, la France a essayé de réagir en mettant sur pied le format dit « de Normandie ». Cela a abouti aux deux accords de cessez-le-feu de Minsk. Or, les accords de Minsk II ne sont pas appliqués du fait de l’Ukraine, refusant le volet politique qui prévoit des élections dans les régions russophones de l’Est et une réforme constitutionnelle permettant une large décentralisation. Et voilà qu’on sanctionne la Russie ! C’est du Guignol ! Les sanctions ont été reconduites sans vrai débat le 29 juin par le Conseil européen. Ce système d’inféodation doit être contesté. L’ordre international n’est plus l’ordre formellement égalitaire de 1945. Au sein de l’ONU, toutes les nations sont en principe à égalité sauf, naturellement, au Conseil de sécurité où il y a cinq membres permanents sur 15. Ce schéma légal s’est décomposé. L’« occidentalisme » qui prévaut désormais est un système d’allégeance au suzerain américain.

D’ailleurs, n’a-t-elle pas aussi pris la place de l’ONU ?
En effet, l’Otan aimerait bien remplacer l’ONU, car, au sein des Nations unies, il y a le P2 (Etats-Unis/Grande-Bretagne), le P3 (avec la France) et le P5 (avec la Russie et la Chine). Le bon sens voudrait qu’on continue à travailler dans ce cadre, car nous ne sommes plus à l’époque de la guerre froide et nous pouvons discuter raisonnablement avec les Chinois et avec les Russes, comme cela a été fait avec succès pour le désarmement chimique de la Syrie. Mais les Américains, avec l’affaire ukrainienne, ont allumé un brandon de discorde entre l’Europe et la Russie ; ils cherchent à empêcher l’Europe d’exister politiquement et accessoirement de trouver une alternative à sa dépendance énergétique envers les pays du Golfe, qu’ils protègent. Pourtant, face à Daech, une menace dirigée conjointement contre l’Europe, l’Amérique et la Russie, sans parler des populations musulmanes prises au piège, nous aurions bien besoin d’une coopération !

Justement, quelle analyse géopolitique faites-vous de l’émergence de l’Etat islamique ? Rejoignez-vous celle du Premier ministre, ?
Manuel Valls utilise la terminologie du politologue américain Samuel Huntington – dont on oublie trop souvent qu’il ne préconisait pas le clash des civilisations, et qu’il voulait plutôt le prévenir… Manuel Valls n’a sûrement pas voulu alimenter cette confrontation que cherche à provoquer le terrorisme djihadiste : l’Islam contre l’Occident. Nous ne sommes pas affrontés à une civilisation, mais au terrorisme. Les premières victimes du terrorisme, ce sont les musulmans. Les fractures et les divisions au sein des sociétés du monde arabo-musulman viennent de loin. Historiquement, deux réponses à l’Occident se sont fait jour au lendemain de l’effondrement de l’Empire ottoman : d’une part, la réponse moderniste, libérale ou socialiste, avec Nasser et le parti Baas ; d’autre part, la réponse identitaire, dont la création des Frères musulmans en 1928, par Hassan al-Banna, a été la première formulation, avant l’émergence du salafisme révolutionnaire avec Al-Qaida puis Daech. Si les Etats-Unis ont largement soutenu le wahhabisme, qui est le terreau du salafisme, la France, elle, jusqu’à la guerre du Golfe, en 1990, a toujours cherché à privilégier la voie moderniste au sein du monde arabe. Les deux guerres du Golfe ont abouti à la destruction de l’Etat irakien et ont installé au pouvoir à Bagdad une majorité chiite. Le gouvernement Al-Maliki a mené une politique sectaire vis-à-vis des sunnites de l’ouest du pays. Abandonnés, ceux-ci, qui avaient joué un rôle dirigeant depuis l’installation de la dynastie hachémite en Irak en 1921, ont été jetés, par aveuglement, dans les bras d’Al-Qaida et de Daech.

Que faire face à ce que l’islamologue Mohammed Arkoun appelait « l’extension de la pandémie djihadiste », qui arrive aux portes de l’Europe ?
L’action de la France avait, jusqu’ici, largement contribué à soustraire le Maghreb à ce que le général de Gaulle avait appelé « les malheurs grandissants » qui sont apparus au Proche- et Moyen-Orient après 1967. Il faut reconnaître, ensuite, que la guerre de Nicolas Sarkozy contre la Libye de Kadhafi a été une imbécillité – mais j’ai été bien seul à le dire alors. J’ai été le seul sénateur de gauche, avec les communistes, à ne pas voter la prolongation de l’opération française en 2011… Aujourd’hui, les troubles s’étendent au Maghreb. La malheureuse Tunisie a été frappée par deux fois en trois mois par le terrorisme djihadiste. Et je songe avec inquiétude à l’Algérie, où, en dépit des efforts des autorités, l’on observe dans le Mzab des tensions intercommunautaires entre les Mozabites et les Arabes chaâmbi. Pour toutes ces raisons, il y a urgence à réinventer vis-à-vis du monde arabo-musulman une politique qui soit la nôtre au Moyen-Orient, faite de prudence et de raison. Nous en sommes loin. La France a un rôle de médiation à jouer.

La deuxième actualité qui donne à réfléchir aux questions de souveraineté est la crise européenne liée à la dette grecque. Que traduisent, selon vous, les rebondissements de ces derniers jours, après le non grec au plan de redressement proposé par l’Europe?
Le problème n’est pas la Grèce, mais la monnaie unique. Malheureusement, les esprit ne sont pas mûrs pour substituer à la monnaie unique la monnaie commune. Pour que les choses soient claires, j’ai toujours considéré que la monnaie unique comportait un vice originel dont elle ne peut pas plus se défaire que l’homme du péché originel, selon les Ecritures…

C’est-à-dire ?
Le vice tient à ce que l’euro juxtapose des pays très hétérogènes, du point de vue économique, mais aussi au regard de leur culture et de leurs repères historiques. L’Europe est faite de nations. Nous ne sommes pas aux Etats-Unis d’Amérique, où il y avait 13 colonies britanniques, mais dans un continent où il existe une bonne trentaine de peuples. L’erreur initiale, il faut donc la chercher très en amont… Bien avant la création de l’euro…

C’est ce que vous avez nommé, dans un de vos livres, « la faute de M. Monnet » ?
En effet, la méthode choisie par Jean Monnet a consisté à créer une suite de petits faits accomplis censés conduire à ce que Robert Schuman nommait une « solidarité croissante des peuples européens ». Qui peut être contre une « solidarité croissante des peuples européens » ? Moi-même je suis pour ! Mais, dans l’optique de Jean Monnet, il fallait créer progressivement l’irréversible en agissant par-dessus la tête des Etats nationaux, en confiant à la Commission le monopole de la proposition législative ou réglementaire : on a ainsi fait une Europe technocratique se substituant aux nations. Avec la monnaie unique, les économies étaient censées converger, de facto. Or, c’est le contraire qui est arrivé : les économies ont divergé. Pas seulement entre l’Allemagne et la Grèce, mais aussi avec la France.

Qu’aurait-on dû faire, selon vous ?
Plutôt qu’une monnaie unique, c’est une monnaie commune que nous aurions dû mettre en place. Les peuples auraient ainsi pu garder leurs monnaies sur les territoires nationaux et faire devise commune à l’extérieur. Vous savez comment une option a été choisie et l’autre, écartée ? Tout s’est passé lors d’une conversation entre François Mitterrand et Pierre Bérégovoy au début de 1989. Le second a expliqué au premier qu’il y avait le choix entre deux solutions (monnaie commune ou monnaie unique).
« Qui est pour la monnaie commune ? demande le président.
– Les Anglais, répond son ministre de l’Economie.
– Et qui est pour la monnaie unique ?
– Les Allemands et tous les autres.

– Eh bien, prenez la formule qui a le soutien d’une majorité. »
Le résultat ? Depuis 2007, le PNB de la France est stagnant. Celui de l’Italie a baissé de 9 %, celui du Portugal et de l’Espagne de 15 %, celui de la Grèce de 25 %… Le propre de la monnaie unique, en l’absence de mécanismes correctifs que les Allemands rejettent, est d’aggraver les divergences entre les régions productives et riches qui prospèrent, et les régions sous-productives et pauvres qui s’appauvrissent encore. Donc de promouvoir la « mezzogiornisation » de l’Europe.

Est-ce à dire que la perspective de rester dans l’euro nuirait à la Grèce et à son économie?
Je pense qu’il y a deux solutions. Si l’on veut absolument garder la Grèce dans la monnaie unique, il serait raisonnable d’abattre sa dette d’environ un tiers. Car il est impossible pour ce pays de rembourser une dette qui représente aujourd’hui 177 % de son PIB. Mais les créanciers l’accepteront-ils ? Je précise que ces créanciers sont aujourd’hui des créanciers publics, car ils se sont substitués aux créanciers privés, les banques, principalement françaises et allemandes, qui ont pu retirer leurs billes en mai 2010 ! Mais les institutions européennes ont refusé toute discussion sur la dette.

Pourquoi, d’après vous ? Par idéologie ?
Il est sans doute très difficile de se mettre d’accord à 18 ou à 19. Mais il y avait surtout des attitudes fermées, caractéristiques de certains pays du Nord qui veulent par avance donner une leçon aux pays dits du « Club Med ». Par conséquent, aucun assouplissement n’a été introduit, bien que la France ait plaidé pour que l’on discute du sujet « plus tard ».
La deuxième solution serait la « sortie amicale » de la Grèce hors de la monnaie unique, assortie du maintien d’un lien avec l’euro, soit une dévaluation de 30 % qui restaurerait la compétitivité perdue du pays, sans impliquer une politique d’austérité insupportable et sans perspective. Parallèlement, la part de leur dette que les Grecs ne sont pas en mesure de rembourser, serait écrêtée à due proportion, et le pays se verrait doté d’une eurodrachme qui pourrait lui rendre sa compétitivité, surtout si l’Europe l’aidait via des fonds structurels à passer le premier choc du renchérissement des importations et notamment de la facture énergétique.

Pour l’intégralité de l’interview, cliquer sur le lien .

Yanis Varoufakis : « La véritable cible du docteur Schäuble est la France et son Etat-providence »

Source : Le Monde.fr 22.08.2015 à 10h30

Provocateur, idéaliste, arrogant. Yanis Varoufakis, ex-ministre des finances grec, fascine autant qu’il agace. Quatre jours avant son passage en France, à la fête de la Rose, à Frangy-en-Bresse (Saône-et-Loire), dimanche 23 août, l’économiste trublion a reçu Le Monde le 19 août sur l’île grecque d’Égine, où il a une maison.

Le troisième plan d’aide à la Grèce, qu’il définit comme une « capitulation » face aux créanciers d’Athènes, conduira son pays dans l’abîme, explique-t-il. Il dénonce l’opacité de l’Eurogroupe, qui, selon lui, prend des décisions majeures pour l’avenir de la zone euro sans que les citoyens en soient informés.

La France a-t-elle été un allié du gouvernement d’Alexis Tsipras pendant les négociations avec les partenaires de la Grèce ?

La plupart des Européens imaginent que ces derniers mois la Grèce a négocié avec ses partenaires de la zone euro. Ce n’est pas le cas. Pendant les cinq mois où j’ai été impliqué au sein de l’Eurogroupe [la réunion des ministres des finances de la zone euro], mes homologues me renvoyaient systématiquement vers les représentants des institutions, à savoir la Commission européenne, la Banque centrale européenne (BCE), et le Fonds monétaire international (FMI).

Je n’ai jamais négocié en direct avec Michel Sapin, mon collègue français. Ni avec Wolfgang Schäuble, le ministre des finances allemand, qui assurait qu’il ne pouvait rien faire pour moi et me renvoyait aux institutions.

Même lorsque M. Schäuble et moi avons enfin ouvert un dialogue, peu avant mon départ, il était clair que le moindre degré de convergence entre nous ne pouvait être exprimé de façon officielle.

C’est la grande leçon de ces derniers mois : la zone euro est la zone économique la plus puissante, mais personne ne la dirige — ou du moins, personne d’élu. Elle a créé un monstre, l’Eurogroupe, où les ministres des finances ne négocient pas vraiment les uns avec les autres.

Reprochez-vous au gouvernement grec d’avoir signé le troisième plan d’aide ?

J’ai voté contre ce programme. Ce gouvernement, moi y compris, a été élu en janvier sur un engagement simple : ne plus signer avec les créanciers d’accord économiquement non viable. C’est-à-dire qui aggraverait la récession et rendrait littéralement impossible le remboursement de notre dette. Depuis 2010, la Grèce a commis deux fois l’erreur d’accepter de tels plans. Nous avons promis d’y mettre un terme, et, en ce qui me concerne, je n’ai jamais changé de position.

Malheureusement, le premier ministre a fini par accepter ce troisième programme, qu’il a pourtant lui-même décrit comme mauvais. L’Europe tout entière en sortira perdante. De mon côté, j’en ai tiré les conséquences en démissionnant, comme je m’étais engagé à le faire.

Ce nouveau programme, de 86 milliards d’euros, a pourtant permis à la Grèce d’éviter le « Grexit », une sortie de la zone euro ?

C’est ainsi que la presse présente les choses. Mais je ne partage pas cette analyse. Si la Grèce tente, en dépit du bon sens et des lois élémentaires de l’économie, d’appliquer ce mémorandum et les réformes qui l’accompagnent, elle courra droit au Grexit. Car ce programme est conçu pour faire sombrer notre économie.

Résultat : nous ne pourrons pas tenir nos engagements, et le docteur Schäuble pourra nous pointer du doigt et couper les aides au pays. Le Grexit est très clairement l’objectif qu’il poursuit.

Vous affirmez que M. Schäuble veut pousser la Grèce hors de l’euro. Pour quelle raison ?

Pour atteindre la France. L’Etat-providence français, son droit du travail, ses entreprises nationales sont la véritable cible du ministre des finances allemand. Il considère la Grèce comme un laboratoire de l’austérité, où le mémorandum est expérimenté avant d’être exporté. La crainte du Grexit vise à faire tomber les résistances françaises, ni plus ni moins.

Lire aussi l’intégralité de l’interview : Yanis Varoufakis : « La véritable cible du docteur Schäuble est la France et son Etat-providence »

Marie Charrel (Athènes, envoyée spéciale)

Un exemple dont pourrait s’inspirer la Wallonie ?

Lu dans le quotidien « Le Républicain Lorrain ».

Lancement du service militaire volontaire à Thionville

Le permis de conduire, une formation professionnelle, comportementale et citoyenne : voilà ce que propose le service militaire volontaire qui a été lancé jeudi 20 août en Lorraine nord lors d’une réunion à la mission locale de Thionville.

Le service militaire volontaire (SMV), c’est un peu la déclinaison métropolitaine du service militaire adapté en place dans les DOM-TOM depuis des décennies. Un dispositif qui propose à des jeunes – filles et garçons de 18 à 25 ans – un cadre rémunéré (de 342 à 676 €/mois) pour y obtenir une formation professionnelle, scolaire et civique afin de faciliter leur insertion future.

Lors de la réunion qui s’est déroulée jeudi 20 août dans les locaux de la mission locale nord-mosellan-Thionville, les quatre piliers qui constitueront l’architecture de ce SMV ont été détaillés par ceux-là même qui le mettront en œuvre dès cet automne : formation militaire (d’un mois, avec à la clé l’obtention du permis voiture et de l’attestation à la prévention et secours civiques niveau 1), formation citoyenne (aide aux populations, participation à des chantiers d’application au profit de projets d’intérêt public), formation générale (lire, écrire, compter avec en point de mire le certificat de formation générale) et formation professionnelle avec des périodes d’application en entreprise (en corrélation avec les besoins des territoires donc, pour la Lorraine dans le bâtiment et l’hôtellerie-restauration mais aussi les espaces verts et la mécanique par exemple).

Un ensemble à même d’aider les jeunes volontaires à pousser les portes du marché du travail de manière efficace. En particulier les plus éloignés de ce marché puisque ce sont « ceux que nous appelons les « ni, ni », c’est-à-dire n’ayant ni diplôme et ni expérience professionnelle », qui sont concernés au premier chef par le SMV, a précisé Brigitte Vaisse, conseillère régionale (PS) et présidente de la mission locale nord-mosellan Thionville.

Savoir-être

Après une période de formation militaire d’un mois, ces derniers pourront bénéficier d’une formation en partenariat avec des entreprises du cru, notamment PSA qui a déjà fait connaître son intérêt pour le dispositif, durant une période totale de 6 à 24 mois selon les profils.

Le cadre de type militaire est destiné à offrir aux volontaires la possibilité de « développer le goût de l’effort à travers un entraînement sportif régulier », mais aussi des savoir-être, à même de faciliter leur insertion professionnelle future. Un aspect « qui est souvent aussi important que les savoir-faire proprement dits », souligne encore Brigitte Vaisse.

Le SMV est, de fait, lancé en Lorraine avant de l’être dans les deux autres régions test retenues – l’Île de France et Poitou-Charentes – qui entreront dans la danse respectivement début septembre et d’ici fin 2015. Un coup d’envoi des candidatures « sans attendre et selon un timing serré », explique Brigitte Vaïsse qui préside l’une des 18 portes d’entrées possibles en Lorraine pour le SMV, les missions locales ayant un rôle important à jouer dans la mobilisation des volontaires. La Région, dans le cadre de sa compétence formation professionnelle, mais aussi toutes les associations relais permettront aussi de faire connaître ce nouveau dispositif. Et il n’y a pas de temps à perdre : les cent premiers volontaires, filles et garçons, devront être « incorporés » dès le 1er octobre prochain sur le site de Montigny-lès-Metz.

Liberté – Egalité – Fraternité et l’ Union fait la Force

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Dans le Nord, des agriculteurs s’allient avec succès pour court-circuiter la grande distribution

 

« On marche très bien sans elle! ». Elle, c’est la grande distribution que plusieurs producteurs du Nord ont décidé de court-circuiter en ouvrant dans l’agglomération lilloise un magasin, « Talents de fermes », dont le succès populaire a permis près de 30 créations d’emplois.

Dès l’entrée du hangar de 300 m2 situé à Wambrechies, le consommateur tombe nez-à-nez avec une immense photo de groupe des 13 exploitants à l’origine du projet, dont le leitmotiv est de vendre des produits de qualité, frais et surtout de saison.

« L’idée est surtout de nous rapprocher des consommateurs, confie Emmanuelle Lambin, productrice de fruits, en nous rendant indépendants le plus possible ».

Alors que le monde agricole traverse une énième crise en raison des prix exigés par les distributeurs jugés trop bas, certains producteurs voient leur salut dans les circuits courts, à l’instar de « Talents de fermes » qui fête le 19 août son premier anniversaire.

« On a laissé tomber la grande distribution car ils imposent leurs prix, leur qualité et le calibre des produits. Nous n’avons pas peur de vendre des produits moches à partir du moment où ils sont bons et de saison! », argue Isabelle Ruhant, maraîchère de légumes bio.

Ainsi, à la mi-août, plus question de trouver des cerises sur les étals mais plutôt des pommes, tomates ou courgettes du coin.

Pour elle et ses compères, la consommation doit constituer un acte citoyen où l’acheteur doit se transformer en « consom’acteur », animé aussi par la lutte contre le gaspillage alimentaire, qui s’effectue « à titre individuel mais surtout au niveau de la grande distribution ».

« Les distributeurs me demandaient de produire, mais sans réfléchir. Aujourd’hui, je peux prévoir mes stocks et je ne jette plus de légumes, alors qu’en 2014, quand j’étais en contrat avec eux, j’ai dû jeter plus de 12 tonnes de carottes », raconte Georges Eric Vermon, maraîcher de 33 ans de la commune voisine de Marcq-en-Baroeul.

Sur les étals ne se trouvent que des produits locaux issus de l’une des 13 exploitations dont la plus lointaine, celle d’un éleveur de « porcs élevés sur paille », est à 80 km.

« Goûtez-moi cette tomate! », s’exclame M. Vermon, tendant un fruit encore chaud, cueilli dans la matinée. « Pas le temps de les mettre au frigo avec nous », plaisante-t-il.

Et ça marche: outre le chiffre d’affaires de plus de 2 millions d’euros, soit « deux fois plus qu’attendu », 28 emplois à temps-plein ont été crées, « non délocalisables ». Plus de 250 clients, des environs mais aussi de Lille voire de Belgique, fréquentent quotidiennement le magasin, dont certains sont déjà des habitués.

« Habitant à côté, je viens régulièrement pour la qualité et la fraîcheur de leurs produits. Et si en plus je peux aider des agriculteurs locaux… », déclare Myriam Catteau, son panier rempli de légumes et de jus de pomme artisanal.

Tous les clients adoptent en effet une démarche militante pour soutenir des producteurs ayant osé le pari risqué de l’indépendance. Malgré la disparition des intermédiaires, les prix restent similaires à ceux de la grande distribution.

« Nous, on fixe le prix de vente par rapport à notre prix de revient », précise Mme Lambin. « On veut juste gagner correctement notre vie pour l’investissement qu’on y consacre ».

Tous arrivent à présent à vivre de leur métier, écoulant leurs denrées en vente directe puis à « Talents de fermes ». S’ils produisent toujours autant en quantité, les exploitants ont diversifié leurs productions, contrairement à la grande distribution qui leur demandait de se spécialiser sur un ou deux produits.

Avec près de 70 heures d’activité par semaine, partagées entre le temps sur l’exploitation, la quinzaine d’heures de permanence dans le magasin ou encore les réunions hebdomadaires, la charge de travail est lourde.

« On ne compte plus! », s’amuse Pascale Baron, productrice de produits laitiers qui explique que tous ont dû apprendre à gérer un magasin, sa communication ou l’échange direct avec les clients.

« Notre motivation, on la trouve dans la satisfaction des clients quand on leur prodigue des conseils ou des idées de recettes par exemple, ce qu’ils ne trouveront pas en grande surface », indique Mme Ruhant.

« On sait pourquoi on se lève le matin, on est fiers d’avoir monté ce projet », conclut-elle, les yeux pétillants. 250 autres points de vente de ce type existent dans l’Hexagone.

 

France, Wallonie, les « Verts » vivent une contagion culturelle

France, Belgique,… Les « Verts » vivent une contagion culturelle, mais pas celle qu’ils espéraient (Rosetta Flochon dans Namur politique sur Facebook).

Quoi de plus normal que de voir « Verts français et wallons » vivre une contagion culturelle, même si  les élections répondent à des scrutins différents, majoritaire à deux tours en France et proportionnel dans les régions belges.

Quant aux Ecolos wallons, ils ajoutent aux travers de leurs frères français d’EE-LV celui de vouloir à tout prix mettre en exergue le groupe politique commun qu’ils forment avec « Groen », leur pendant écologique flamand. Ils veulent croire ou plutôt faire croire à l’électeur à un fédéralisme belge d’union dépassé par les faits.

En Belgique, n’en déplaise à la direction d’Ecolo, nous sommes entrés dans un confédéralisme qui sera renforcé lors de la 7e réforme de l’Etat. Laissons au CD&V Marc Eyskens le doux rêve  de voir la N-VA se déchirer à courte échéance, ce qui arrangerait très bien un CD&V en crise.

Le quotidien « Libération » sous la plume de Lilian Alemagna analyse merveilleusement la crise qui agite les dirigeants d’ EE-LV. Un copier-coller s’impose pour analyser la situation d’Ecolo.

Les Verts, espace en voie de disparition

Source : Libération,19 août 2015 à 20:46

Paris, le 14 janvier 2015. Voeux d'Europe Ecologie-Les Verts (EELV), à la presse, au 6 bis rue Chaudron dans le 10ème arrondissement de Paris, en présence de Sandrine Rousseau (1er plan D), porte-parole d'EELV, Emmanuelle Cosse (1er plan G), secrétaire nationale d'EELV, Maryse Oudjaoudi (2ème plan), du bureau executif, Jean-Vincent Placé (3ème plan G), président du groupe EELV au Sénat et Cécile Duflot (3ème plan D), députée EELV de Paris. COMMANDE N° 2015-0115 ACCORDWEB Paris, le 14 janvier 2015. Voeux d’Europe Ecologie-Les Verts (EELV), à la presse, au 6 bis rue Chaudron dans le 10ème arrondissement de Paris, en présence de Sandrine Rousseau (1er plan D), porte-parole d’EELV, Emmanuelle Cosse (1er plan G), secrétaire nationale d’EELV, Maryse Oudjaoudi (2ème plan), du bureau executif, Jean-Vincent Placé (3ème plan G), président du groupe EELV au Sénat et Cécile Duflot (3ème plan D), députée EELV de Paris.

Déchiré par ses débats internes et alors que tous les partis de gauche se saisissent de l’écologie à la veille de la COP 21, EE-LV peine à sortir de sa crise existentielle.

 

Ce n’est pas le moindre des paradoxes. Ce second semestre 2015, les questions écologiques vont dominer le débat politique. L’organisation, à Paris, de la 21e conférence des Nations unies sur les changements climatiques (COP 21) va pousser tous les partis à parler de protection de l’environnement et à passer un coup de vert sur leurs devantures. D’autant plus que ce sommet international, sous le patronage de François Hollande, aura lieu du 30 novembre au 11 décembre, en pleine campagne régionale. Et pourtant, ceux qui incarnent cette thématique depuis plus de quarante ans, taxés de «farfelus» lorsque René Dumont se présentait à la présidentielle de 1974 avec son verre d’eau, n’ont jamais été aussi proches de l’explosion, depuis la fondation des verts en 1984.

     

Europe Ecologie-les Verts (EE-LV) ouvre ses journées d’été ce jeudi à Villeneuve-d’Ascq (Nord) en traînant cette crise existentielle, éclatée un soir d’avril 2014 avec la décision de ne pas participer au gouvernement de Manuel Valls. Une division entre ceux, emmenés par le sénateur Jean-Vincent Placé, qui accepteraient de revenir au gouvernement, et les autres qui refuseraient, dans le sillage de Cécile Duflot. Une division si profonde qu’elle pourrait entraîner une scission irrémédiable ? «Je ne sais pas. […] Nous vivons un moment crucial», a répondu mercredi dans la presse Barbara Pompili, coprésidente des écologistes à l’Assemblée. «Quelle est la fonction d’un parti écologiste aujourd’hui ? EE-LV refuse toujours de répondre à cette question», regrette l’eurodéputé Pascal Durand, ancien secrétaire national des Verts, désormais en retrait. «Nous sommes les seuls capables de mettre en place un nouveau modèle de développement autour de l’écologie», lui répond Emmanuelle Cosse, sa successeure à la tête du mouvement.

Pas tout à fait seuls

Les Verts français ont aujourd’hui un double problème : les électeurs les attendent davantage sur les questions d’environnement, mais ils les entendent surtout sur d’autres thématiques, plutôt minoritaires dans la société (défense des migrants, libertés publiques, fédéralisme européen, droit de vote des étrangers ou nouvelles mœurs). Et quand ils parlent écologie, ils s’aperçoivent qu’ils ne sont plus tout seuls sur leur terrain. «Les Verts ont été victimes de l’idée qu’il fallait devenir un parti généraliste alors que l’acuité des problèmes environnementaux aurait mérité qu’ils n’abandonnent pas ce pré carré-là», souligne Brice Lalonde, ex-ministre de l’Environnement sous Mitterrand. Certes, ils n’ont jamais été tout à fait seuls. Mais depuis le choix fait, au milieu des années 90, de s’ancrer à gauche, ils disposaient d’un quasi-monopole écologique.

A gauche, le Parti communiste français était la plus productiviste et nucléocrate des formations politiques. Au Parti socialiste, on a longtemps considéré les enjeux environnementaux comme secondaires.

Une longueur d’avance

Mais voilà, depuis la prise de conscience du danger planétaire du réchauffement climatique, tout le monde s’y est mis. Si Nicolas Sarkozy a fini son quinquennat en expliquant que l’écologie «ça commence à bien faire», il a inscrit à son bilan le Grenelle de l’environnement et a mis aujourd’hui dans la vitrine du parti Les Républicains l’ex-navigatrice, Maud Fontenoy. Même le FN s’est mis à «l’écologie patriote» avec un collectif baptisé Nouvelle Ecologie, censé verdir sa flamme.

A gauche, alors que les communistes parlent désormais de «nouveau modèle de développement», socialistes et mélenchonistes se disputent l’appellation «écosocialiste». Jean-Luc Mélenchon l’a porté dans sa campagne présidentielle de 2012, son Parti de gauche (PG) a édité un «manifeste» proposant une «planification écologique» et l’instauration d’une «règle verte» afin de «porter une vision globale qui articule la question sociale et la question écologique», explique Martine Billard, ex-verte passée au PG en 2010. Au PS, après avoir vu, dans les années 90, Ségolène Royal endosser les habits de ministre de l’Environnement et entendu Laurent Fabius parler d’«écodéveloppement», puis de «sociale-écologie» dans les années 2000, voilà qu’ils ont inscrit, en 2014, dans le marbre de leur charte, l’appellation d’«écosocialiste». Un terme que les responsables socialistes ont tout de même du mal à définir. Les plus à gauche y voient une manière «plus radicale» de «revisiter les fondamentaux de la pensée socialiste». Les plus libéraux une façon de lancer le pays dans la «croissance verte» et «bleue». Mais de l’aveu même des dirigeants socialistes, les écologistes ont encore une longueur d’avance sur eux. Si l’ouverture de leur université d’été, dans dix jours à La Rochelle, se fera sur les questions climatiques, les socialistes n’ont pas fait de l’écologie un sujet de congrès en juin, et l’abandon de l’écotaxe, quelques semaines après l’adoption de la loi de transition énergétique, démontre la difficulté du gouvernement à tenir parole. «J’ai encore besoin d’EE-LV à mes côtés pour convaincre davantage», fait valoir Sabine Buis, députée PS et nouvelle secrétaire nationale à la transition énergétique.

«des Crieurs publics»

Trop d’écologie dans les autres partis tuera-t-il EE-LV ? «L’histoire a montré que c’était l’inverse qui se produisait», rétorque Erwan Lecœur, politologue et sympathisant écologiste, rappelant les bons scores de 2009 et 2010. «Si, à court terme, les gens peuvent être tentés par des formations politiques qui s’habillent en vert, poursuit-il, à long terme, ça rend EE-LV crédible.» Là est l’autre souci du parti écologiste : leurs petites phrases et engueulades portent beaucoup plus que les propositions qu’ils peuvent faire. Et leur image de «parti pas comme les autres» est ternie par les accords préélectoraux – que le système électoral majoritaire rend nécessaires – contractés avec le grand frère socialiste (lire page 5). «Nous continuons à nous ridiculiser en anathèmes publics plutôt qu’en solutions, alerte Pascal Durand. A quoi servons-nous aujourd’hui ? Si on considère que notre rôle est uniquement d’être des dénonciateurs, des crieurs publics, il ne faut pas s’étonner de rester après dans un champ marginal.» Les Verts ont toujours autant de mal à sortir de leur crise de croissance.

Par Lilian Alemagna

Anne Hidalgo : « Pourquoi nous accueillons Tel-Aviv à Paris Plages »

LE MONDE | 11.08.2015 à 12h42 • Mis à jour le 11.08.2015 à 16h21

Par Anne Hidalgo, maire de Paris

Depuis treize ans déjà, Paris Plages offre des loisirs à tous les Parisiens et permet d’envisager, le temps de l’été, notre ville sous un aspect plus ludique que d’ordinaire. Pour que Paris Plages garde son attrait, nous y invitons des villes ou des pays étrangers pour des animations ou des événements. Après Athènes, des villes du Brésil ou de Polynésie, nous avons décidé d’accueillir Tel-Aviv durant la journée du 13 août.

Cette idée, finalement banale pour qui aime les villes au bord de l’eau, est née autour d’un déjeuner que les élus des deux villes ont partagé lors du déplacement du Conseil de Paris en Israël et en Palestine que nous avons effectué au mois de mai.

Pourquoi Tel-Aviv ? D’abord, parce qu’elle est une ville balnéaire appréciée des noctambules du monde entier, ce qui lui vaut son surnom de « Ville qui ne dort jamais ». C’est surtout une ville avec laquelle nous échangeons régulièrement dans les domaines de la culture et des nouvelles technologies. Elle organise une déclinaison locale de Nuit Blanche depuis neuf ans déjà et nous sommes en train d’associer nos incubateurs pour que des start-up de Paris et de Tel-Aviv puissent profiter à moindre coût des ressources disponibles dans chacune des deux villes.

Lire aussi : « Tel-Aviv sur Seine » : la mairie de Paris ne renonce pas, malgré la polémique

Une ville progressiste

Même dans le contexte enlisé et violent du conflit israélo-palestinien, Tel-Aviv reste une ville ouverte à toutes les minorités, y compris sexuelles, créative, inclusive, en un mot une ville progressiste, détestée à ce titre en Israël par tous les intolérants.

C’est à Tel-Aviv qu’ont eu lieu les manifestations de solidarité les plus impressionnantes avec la famille de l’enfant palestinien brûlé vif par des fanatiques. Et c’est de là-bas que, le 1er août, son oncle a pris la parole pour s’adresser à la foule venue partager sa douleur.

Au-delà, comme maire et comme femme politique engagée en faveur de la paix et du vivre ensemble, je ne saurais rendre une ville ou une population comptable de la politique de son gouvernement. Ce serait mépriser la démocratie locale et donc la démocratie tout court.

S’agissant ici de la première ville d’opposition en Israël, ce serait au mieux grotesque, au pire contre-productif. On peut condamner la politique du gouvernement Nétanyahou sans punir la population israélienne et nous punir nous-mêmes en refusant tout échange permettant d’apprendre à nous connaître.

Echanger plutôt que boycotter

Nos pactes d’amitié avec Tel-Aviv ou Haïfa ne nous ont pas empêchés en tant que ville, de reconnaître la Palestine avant l’Etat français ; d’être solidaires de la population de Gaza en mobilisant des aides d’urgence après les destructions de l’été dernier, et surtout d’avoir avec des villes palestiniennes, comme Jéricho et Bethléem, parmi nos plus importantes coopérations décentralisées en cours dans le monde.

Au Moyen-Orient comme ailleurs, la doctrine de Paris est intangible : elle consiste à encourager plutôt qu’à réprimander, à échanger plutôt qu’à boycotter, à dialoguer plutôt qu’à excommunier et de ce fait, à voyager tant en Israël qu’en Palestine et à entretenir des liens avec tous ceux qui œuvrent au rapprochement. Je crois en la diplomatie des villes, à même d’avoir un temps d’avance sur les Etats dans le rapprochement entre les peuples.

En invitant Tel-Aviv sur les berges de la Seine, le 13 août, Paris est fidèle tout à la fois à l’aspect ludique de Paris Plages et à ses valeurs d’échange et de tolérance. Notre ville contribue ainsi à une culture de paix et à dépasser les préjugés.

C’est dans cet esprit que j’invite les Parisiennes et les Parisiens à venir nombreux.

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De Napoléon à de Gaulle : rude 18 juin à Londres

LE MONDE | 18.06.2015 à 09h41 • Mis à jour le 18.06.2015 à 11h54 | Par Philippe Bernard (Londres, correspondant)

image: http://s2.lemde.fr/image/2015/06/18/534×0/4657101_6_812f_l-avocat-francais-frank-samson-joue-le-role_2a958123ed277a76e2225c5210f8e785.jpg

L'avocat français Frank Samson joue le rôle de l'Empereur, lors de la reconstitution de la bataille de Ligny, en Belgique, le 14 juin.

L’avocat français Frank Samson joue le rôle de l’Empereur, lors de la reconstitution de la bataille de Ligny, en Belgique, le 14 juin. Colin Delfosse pour « Le Monde »

Dure journée pour la France que ce 18 juin à Londres. Alors que la date est traditionnellement celle du souvenir de l’appel du général de Gaulle, elle revêt cette année un aspect particulier : deux cents ans jour pour jour après la bataille de Waterloo, les Français sont invités à un grand écart entre deux commémorations, celle d’une débâcle contre les Britanniques et celle d’un combat commun.

Prenez l’agenda de Sylvie Bermann, ambassadeur de France, ce jeudi : à 9 h 30, elle devait assister à la cérémonie rappelant l’appel du Général à la résistance à Carlton Gardens, son QG londonien de 1940. Puis, à 11 heures, elle devait filer à la cathédrale Saint-Paul, pour représenter Paris à la « messe nationale de commémoration » de la… victoire de Waterloo. Là, elle devait côtoyer le prince Charles, le descendant du duc de Wellington et endurer la lecture de la prière d’action de grâce « pour la remarquable victoire que Tu as accordée aux armées alliées » qui fut récitée dans toutes les églises du royaume au lendemain du 18 juin 1815.

Lire aussi : Waterloo, la glorieuse défaite de Napoléon

Avant le God Save the Queen, le public réuni à Saint-Paul, qui a obtenu des tickets d’entrée par tirage au sort, devait écouter un officier supérieur britannique lire la dépêche officielle de Wellington annonçant à la Couronne la victoire de Waterloo. « Je joins à ce message deux aigles français pris par nos troupes au cours des opérations », insiste le vainqueur.

La presse tabloïd, toujours friande de French bashing, tente de persuader ses lecteurs que les Français sont furieux du déferlement mémoriel qui accompagne le bicentenaire de Waterloo. Plusieurs journaux ont présenté comme une humiliation pour Paris la pièce de 2,5 euros frappée par la Belgique à l’effigie de la bataille. Estimant particulièrement maigre la délégation française aux cérémonies organisées en Belgique, le Daily Mirror y a vu le signe que « les Français snobent la commémoration » car « ils gardent de l’amertume d’avoir fini deuxièmes derrière le duc de Wellington ».

« Prier pour la paix entre les nations »

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Pendant la reconstitution de la bataille de Ligny, le 13 juin.

Pendant la reconstitution de la bataille de Ligny, le 13 juin. Colin Delfosse pour « Le Monde »

Deux siècles de paix franco-britannique après Waterloo, le service religieux à Saint-Paul devait tout de même rappeler la mémoire des victimes des deux camps. Entre deux psaumes et sur fond d’orgue, des descendants de soldats britanniques, français et prussiens engagés à Waterloo et des militaires d’aujourd’hui devaient lire des témoignages de combattants de l’époque. Le Révérend David Ison devait appeler à « prier pour la paix entre les nations ».

Mais deux cents ans n’ont visiblement pas suffi au comité britannique chargé de la commémoration pour prendre un peu de recul. La plaque de marbre dévoilée le 10 juin à la gare de Waterloo se contente de rappeler la « mémoire des membres des armées alliées [britannique et prussienne] qui ont donné leur vie au cours de la bataille de Waterloo », oubliant que 6 800 Français y ont aussi perdu la vie. « Une erreur », admet Sir Evelyn Webb-Carter, président de Waterloo 200, lorsqu’on lui fait remarquer cette omission. « Malheureusement, se désole-t-il avec insistance, il ne sera pas possible de la rectifier. »

Au cours d’une discrète cérémonie organisée à la gare, agrémentée de quelques soldats en costume d’époque, l’historien et homme de télévision Peter Snow raconte la bataille comme s’il en revenait. « Le Royaume-Uni ne célèbre pas Waterloo, précise-t-il. Ça a été une bataille affreuse. Mais nous sommes fiers de son résultat : plus aucun pays n’est capable de dominer seul l’Europe. »

Justement, alors que le Royaume-Uni se prépare à voter par référendum pour ou contre le « Brexit » (British exit ou sortie de l’Union européenne), l’actualité n’est jamais loin lorsqu’on évoque Waterloo. Le très nationaliste Daily Express explique à ses lecteurs que François Hollande pourrait s’opposer aux prétentions de David Cameron de réforme de l’Europe afin de « saboter » la négociation menée par le premier ministre britannique. A l’approche du bicentenaire de Waterloo, ajoute le quotidien, « M. Cameron se trouve confronté à l’héritier de Napoléon Bonaparte ». Faisant allusion à l’aide décisive des Prussiens à Wellington et prônant aujourd’hui un axe Londres-Berlin, l’article suggère que, « une fois encore, le commandant britannique pourrait finir par demander l’aide des Allemands ».

Or le chemin historique de Waterloo jusqu’au débat sur le « Brexit » passe forcément par le général de Gaulle. En 1965, le président français dédaigna les cérémonies du 150anniversaire de la défaite de Napoléon au moment même où il s’opposait à l’entrée de la Grande-Bretagne dans le Marché commun. Soixante-quinze ans après l’appel diffusé par la BBC, l’histoire européenne bégaie et le Général perturbe encore la célébration britannique de Waterloo.

La croissance française devrait grimper à 1,2 % cette année

Le Figaro » n’a pas pour habitude d’être tendre avec le gouvernement Hollande. Mais les chiffres de l’INSEE sont une chose à prendre en considération.

Lu sur le site du quotidien  » Le Figaro »

Mis à jour le 19/06/2015 à 10:41

  • Publié le 18/06/2015 à 22:00

Crédits photo : 60056624/gui yong nian – Fotolia

 Il s’agirait de la plus forte hausse depuis 2011. Le taux de chômage pourrait alors se stabiliser à 10,4 % à la mi-2015. Pour rappel, celui de la Wallonie dépasse les 16 % et nous sommes loin de nous en réjouir.

L’horizon semble un peu plus dégagé. Alors que le PIB français a progressé de 0,6 % au premier trimestre – en raison notamment du retour à la normale des dépenses de chauffage -, la croissance devrait s’élever à 0,3 % au deuxième et troisième trimestres, puis à 0,4 % en fin d’année, selon la note de conjoncture d’été de l’Insee, publiée ce jeudi. À l’arrivée, la croissance s’établirait en moyenne à 1,2 % sur 2015. Une «reprise», estime l’Insee, car cette hausse, six fois supérieure à celle de l’an dernier, serait la plus forte depuis 2011. Même si, comparée à cette époque, la croissance resterait «faible».

Ce rebond serait à nouveau porté par la consommation des ménages, qui gagneraient fortement en pouvoir d’achat (+1,9 %). Il serait en revanche freiné par la chute de l’investissement des ménages (- 4,7 %). Le redémarrage de l’investissement des entreprises, point faible français, demeurerait «modeste» (+1,0 %). Au vu de l’amélioration du climat des affaires au printemps, on constaterait toutefois une montée en puissance, avec une hausse plus nette au second semestre (0,6 %, puis 0,8 %). Au point que l’investissement des entreprises pourrait «prendre le relais de la consommation des ménages» en seconde partie d’année pour soutenir la croissance. Ce rebond traduirait la nette amélioration des taux de marge des entreprises, restaurés par le crédit d’impôt compétitivité emploi (Cice), le pacte de responsabilité et la baisse du cours du pétrole.

Après une quasi-stabilisation au premier trimestre, l’emploi marchand augmenterait de 41 000 postes en 2015. L’emploi total progresserait de 114 000 postes, dont 24 000 contrats aidés. Le taux de chômage serait stabilisé à 10,4 % à la mi-2015. Il «pourrait même baisser si le découragement des chômeurs seniors perdure» et qu’ils renoncent à chercher un emploi, explique laconiquement l’Insee. Comme quoi, la baisse du chômage tient aussi à des facteurs inattendus…

Les gares du Grand Paris Express

Par Michel Feltin-Palas, publié le 09/06/2015 à 14:31, mis à jour à 15:14

EXCLUSIF – Treize architectes sont mobilisés pour imaginer 16 stations de la ligne 15 du Grand Paris Express qui devront être prêtes d’ici 2022, entre Noisy-Champs et Pont de Sèvres. Aperçu en images de l’intérieur et extérieur de ces stations qui cherchent à être des espaces de vie autant agréables que praticables.

Gare du Nord-noisy-champs

Perspective extérieure de Noisy Champs.Ici se croiseront demain trois lignes de métro et une ligne de RER. Pour rendre ces correspondances simples et agréables, Jean-Marie Duthilleul a fait descendre la nature dans la gare et rendu visibles tous les moyens de transports. En cohérence avec la cité Descartes toute proche, dédiée à la ville durable. relier les villes d’Ile de France entre elles sans avoir à passer par Paris. Un projet d’envergure nommé « Grand Paris Express » dont la première étape est la construction et l’ouverture de 16 gares allant de Noisy-Champs à Pont de Sèvres. Les gares de Villejuif-Institut Gustave Roussy et Saint-Maur-Créteil descendront jusqu’à 50 mètres sous terre, ce qui représente un véritable défi technique et esthétique.

Commentaire de l’ AWF : et dire que nos « décideurs » (sic) sont toujours incapables de construire le moindre R.E.R. qui désengorgerait la circulation entre Brabant wallon, Région de Bruxelles et Brabant flamand.

Cet article est à faire suivre à vos contacts sans modération !

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