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C’est la rentrée des classes

Nous trouvons savoureuse cette façon de voir la rentrée politique en Communauté française signée par le journaliste Nicolas De Decker dans la rubrique « opinion » du site « Le Vif ».

La rentrée du petit Benoît

Après des vacances très agitées, c’est enfin la rentrée des classes pour Benoît, 47 ans, et pour tous ses petits camarades présidents de parti. Le Vif/L’Express a tenté d’imaginer ce que seraient ses confidences, recueillies au bord du bac à sable de la cour de récréation politique.

« Aujourd’hui, c’est la rentrée. J’ai passé de très chouettes vacances. Je me suis super bien amusé avec quelques copains. Et cette année, c’est sûr, je serai le roi de la cour de récréation. Au mois de juin, j’ai décidé de changer de meilleur ami. Avant, c’était Elio, un copain qui vient d’une famille très pauvre, mais qui est dans une bande très forte, qui était mon ami. C’est la cousine Joëlle, qui habite Bruxelles, une très grande ville, qui me l’avait présenté. Je ne sais pas si je vous ai déjà parlé d’elle, elle parle toujours beaucoup, mais moi je ne l’écoute jamais. Avant, je l’aimais bien, elle aussi, mais maintenant, bon. Aujourd’hui, mon meilleur ami, c’est Olivier. Son papa, un monsieur très grand et très chauve, avec un costume bleu et des lunettes, fait un métier très important, mais il ne m’aime pas beaucoup. Quand j’ai décidé de changer de meilleur ami, tous les autres ont dit de moi que j’étais bête. J’étais bien content de changer de meilleur ami, parce que depuis que je suis tout petit, tout le monde dit que si Elio ne m’aidait pas pour faire mes devoirs et s’il ne me donnait pas une de ses tartines de choco le midi, je serais resté dans la classe des petits. Mais moi je sais que ce n’est pas vrai, et maintenant que c’est la rentrée vous allez voir. Pendant toutes ces vacances, j’ai fait croire que c’était parce qu’il était malhonnête et qu’il ne faisait rien qu’imiter Raoul que j’avais décidé qu’Elio ne serait plus mon ami. C’est un gros mensonge, mais comme il y a plein de gens qui pensent comme moi je fais comme si je pensais comme eux. Le seul problème c’est l’autre Olivier -quel prétentieux, celui-là !. Il n’arrête pas de se moquer de moi. S’il continue à se moquer de moi, je lui mettrai un coup de poing sur le nez, comme celui que j’avais mis il y a trois ans au monsieur très gros qui est devenu très mince et qui parle une langue que je ne comprends pas. Et puis, je dirai à tout le monde que lui aussi est un malhonnête qui ne fait qu’imiter Raoul, et que c’est à cause de lui qu’Elio peut encore rester dans la cour de récréation. Tant pis si ce n’est pas vrai, tant que tout le monde le croit, c’est moi qui passerai pour le plus courageux de la classe : je suis sûr que ça se verra dans le prochain bulletin que nous donnera Dedicated Research ou IPSOS. Au fait, je vous ai déjà parlé de ma classe ? Il y a plein de copains dedans.

« Il y a Olivier, celui dont le papa est très riche, très grand, très chauve, et avec un costume très bleu. Il ne veut jamais travailler, Olivier, et ça a l’air de l’amuser quand je lui fais ses devoirs. D’ailleurs le papa d’Olivier, qui a un travail important à Bruxelles, mais qui ne m’aime pas beaucoup parce qu’avant j’avais été méchant (j’ai grandi depuis, mais il n’a pas l’air de me croire), eh bien le papa d’Olivier a voulu que je termine vite le devoir de vacances d’Olivier, et que je lui donne mes billes, mon pistolet à eau, le petit seau et le petit ballon orange que je prenais pour aller à la plage. Alors je lui ai tout donné parce que c’est mon nouveau meilleur ami, et aussi parce que j’ai un peu peur du papa d’Olivier. Puis Olivier est parti en vacances avec ses copains et mes jouets et un petit sourire méchant, et il m’a dit de m’occuper de l’autre Olivier, qui lui aussi était en vacances, pour préparer la rentrée. Parfois, je me dis que ça les amuse, Olivier et son papa, de voir que l’autre Olivier et moi on se dispute tout le temps. On dirait qu’ils sont contents de voir que je supplie l’autre Olivier de venir jouer avec nous, et encore plus contents de voir que l’autre Olivier ne veut pas. On dirait que ça les arrange que je m’humilie après leur avoir donné mes jouets. Bon, moi, je me dis que ce n’est qu’un mauvais moment à passer, et qu’après ça, dans deux ans, je pourrai aller m’amuser avec Olivier, son papa, et surtout le monsieur qui était très gros, mais qui est devenu très mince et qui parle une langue que je ne comprends pas. En tout cas Olivier et son papa me l’ont promis. Mais je ne sais pas pourquoi je ne suis pas sûr que je peux vraiment les croire. (…) »

La suite de l’article est à lire sur le site du Vif/L’Express.

Le Boerenbond et l’ Afsca

Bien sûr, Mme De Becker. Je comprends votre souci. Il est important que le Boerenbond, son parti favori, le très flamand CD&V (parti social-chrétien flamand) et le bancassureur flamand KBC dont vous êtes administratrice (conflit d’intérêt ?) maintiennent une main bien ferme sur l’Afsca (Agence fédérale pour la sécurité de la chaîne alimentaire) sous pavillon belge (c’est fou ce que vous l’aimez cette Belgique quand elle sert vos intérêts).

Vous évitez de répondre à la question :  » l’agriculture flamande  est très différente de l’agriculture wallonne « .

Permettez dès lors que je ne partage pas votre avis. Le mouvement citoyen, l’ A.W.F., s’intéresse avant tout à l’avenir et à l’intérêt de la Wallonie. Nous préconisons dès lors sans ambiguïté la régionalisation de l’Afsca.

  • A remarquer aussi que le fipronil est interdit dans plusieurs pays (dont la France) pour tout ce qui concerne la production alimentaire.

Paul Durieux

Lire ci-après l’interview de la présidente du Boerenbond parue sur le site du quotidien « La Libre » :

La présidente du Boerenbond : « Régionaliser l’Afsca, c’est une mauvaise idée » 

Sonja De Becker s’exprime sur la crise des œufs et sa gestion, sur l’état et l’avenir de l’agriculture flamande.Sonja De Becker est la toute première femme à occuper le poste de présidente du Boerenbond, le puissant syndicat agricole flamand. Elle jette un regard averti sur les agricultures wallonne et flamande et estime que l’Afsca (Agence fédérale pour la sécurité de la chaîne alimentaire) a correctement réagi à la récente crise des œufs.

La Flandre a perdu les deux tiers de ses exploitations agricoles entre 1980 à 2015. Comment voyez-vous le futur de l’agriculture flamande ?

Elle emploie encore 60 000 personnes et a un avenir solide. Notre sol et notre productivité sont bons; nous sommes bien positionnés pour les exportations. Si le nombre de fermes a chuté, ce n’est pas le cas de la production ni de la surface agricole. Les fermes sont devenues plus grandes, plus spécialisées, plus professionnelles. Le problème, ce sont les coûts de production qui augmentent et que l’on ne peut pas répercuter sur les consommateurs.

L’agriculture en Flandre est différente de celle pratiquée en Wallonie : des fermes plus grandes, plus tournées vers l’intensif, le grand export. Est-ce encore un modèle pertinent ?

L’agriculture flamande est très diversifiée, avec aussi de petites exploitations qui sont dans les circuits courts, et c’est sa force. Il y a beaucoup de possibilités, de flexibilité.

Une autre grosse différence Nord-Sud, c’est le bio. La Wallonie concentre la plupart des fermes bio. En 2015 : 1 347 contre seulement 370 en Flandre. Ne serait-il pas temps de prendre le train en marche ?

Ça commence à se développer chez nous, mais pas aussi vite qu’en Wallonie. Je vois plusieurs raisons : notre agriculture couvre plus de produits agricoles différents, nous avons moins de surfaces agricoles et les réglementations sont très strictes. Mais le gouvernement flamand et le Boerenbond soutiennent le développement du bio.

La crise des œufs contaminés au fipronil, qui touche particulièrement la Flandre, ne va-t-elle pas entraîner une prise de conscience des consommateurs sur des pratiques agricoles industrielles un peu effrayantes ?

Cette crise n’a rien à voir avec les pratiques de production. En Belgique, il n’y a heureusement eu aucune contamination dans des exploitations bio, mais cela aurait pu arriver, comme c’est le cas aux Pays-Bas.

Les agriculteurs qui ont utilisé l’insecticide incriminé n’auraient-ils pas dû se poser des questions sur ce produit ?

Non. Ils ont été victimes d’une fraude par rapport à un insecticide qui aurait dû être biologique et ils demandent à savoir comment cela a pu arriver, malgré tous les contrôles.

Le système d’autocontrôle de l’Afsca (Agence fédérale pour la sécurité de la chaîne alimentaire) vous paraît-il efficace ?

Oui puisqu’il a permis de détecter en Belgique la présence de fipronil, contrairement aux autres pays.

Etes-vous favorable à une régionalisation de l’Afsca, comme cela a été suggéré au sud du pays ?

C’est une mauvaise idée. En cas de crise, il y aurait deux agences de gestion et ce serait trop compliqué. Pour être efficace, mieux vaut garder une seule agence fédérale. Historiquement, le Boerenbond n’était pas pour une régionalisation des compétences de l’agriculture mais vu les différences entre la Flandre et la Wallonie, il est tout de même important de pouvoir positionner ses propres accents dans la gestion.

En Wallonie, certains disent que l’Afsca ne défend pas assez les petits producteurs, qu’elle est plus à l’écoute du discours du Boerenbond. Etes-vous d’accord ?

Je ne vois pas de différence faite entre les petits et les grands producteurs, entre la Flandre et la Wallonie. L’Afsca ne fait qu’appliquer les mêmes règles à tout le monde. La santé publique ne fait pas de différence entre grands et petits, entre Nord et Sud.

Combien va coûter cette crise des œufs aux producteurs flamands ? Le gouvernement, comme en Région wallonne, va-t-il débloquer des budgets d’indemnisation ?

Notre estimation se monte à au moins 10 millions d’euros. Le gouvernement flamand a prévu des crédits-ponts et payera pour les analyses du fumier mais il n’y a pas de décision concernant d’autres indemnisations à ce stade. Nous espérons que les mesures d’aide prises par le fédéral, qui sont bonnes, seront suffisantes.

Le gouvernement fédéral a-t-il bien géré la crise ?

Oui. Nous avions rapidement demandé un entretien avec le Premier ministre et les ministres compétents et nous l’avons obtenu deux jours plus tard. Nous avons fait part de nos demandes et le paquet de mesures a été une réponse adéquate à toutes nos questions.

Mme De Becker, vous êtes la première femme à présider le Boerenbond. Est-ce difficile de s’imposer dans ce milieu très masculin ?

Non, pas du tout. Je n’ai jamais rencontré de problèmes de discrimination parce que je suis une femme. Les agriculteurs demandent juste la connaissance des dossiers et du métier.

Et quels sont vos objectifs en tant que présidente ?

Renforcer nos agriculteurs sur le plan économique en les aidant à améliorer leurs compétences d’entrepreneur.

Le Boerenbond était proche des sociaux-chrétiens flamands. Est-ce toujours le cas ?

Oui, avec le CD&V, nous partageons une philosophie, un intérêt fort pour l’agriculture, mais nous parlons avec tous les partis politiques, hormis le Vlaams Belang.

L’ancrage comme mot-clé

 Sonja De Becker est née le 21 mars 1967 à Erps-Kwerps dans le Brabant flamand, là où ses parents avaient une exploitation agricole. Elle y habite toujours, fidèle à sa terre d’origine. L’ancrage est un mot qui revient souvent chez cette juriste qui a étudié à Louvain, décrochant sa licence avec grande distinction. On la sent ancrée dans ce Brabant flamand où se trouve le siège du Boerenbond, la plus grande fédération agricole flamande rassemblant 16 000 agriculteurs et horticulteurs.

Elle parle aussi d’ancrage pour le bancassureur KBC dont elle est administratrice et où elle représente le MRBB (le véhicule financier du Boerenbond) actionnaire à concurrence de 11,6 % de la banque. « C’est très important de pouvoir assurer cet ancrage », nous explique-t-elle. Une alliance avec un groupe étranger est-elle d’office exclue ? C’est « une question pour le conseil d’administration », répond-elle. Sonja De Becker est aussi une femme prudente.

Isabelle Lemaire et Ariane van Caloen

Le scandale des œufs traités au fipronil

Mais c’est quoi, au fait, le fipronil ? 

C’est un anti-parasitaire très puissant, couramment utilisé dans des produits vétérinaires destinés aux animaux de compagnie. Il permet de lutter efficacement contre puces, poux, tiques et acariens. Ce biocide, synthétisé par le groupe français Rhône-Poulenc dans les années 1980, a été commercialisé à partir de 1993.

En 2004, la plupart des pays européens (dont la France) a interdit son utilisation dans l’agriculture – le fipronil était accusé d’entraîner une surmortalité des abeilles – mais il reste autorisé en Belgique et aux Pays-Bas. Son usage chez des animaux destinés à la consommation humaine, comme les poules, est néanmoins interdit dans l’ensemble de l’UE.

Mais comment je fais pour acheter de bons œufs ?

Vous voilà avec votre caddie, au rayon œufs, avec l’embarras du choix. Impossible de deviner lesquels sont contaminés, mais vous pouvez en savoir plus sur leur qualité grâce à un code imprimé sur chaque coquille. Le premier chiffre indique le mode d’élevage de la poule, suivi de deux lettres correspondant au pays où l’œuf a été enregistré (FR pour la France, DE pour l’Allemagne, NL pour les Pays-Bas, IT pour l’Italie, BE pour la Belgique…), puis trois caractères identifiant l’élevage d’origine et les deux derniers donnent le numéro d’identification du bâtiment.

Le premier chiffre (0, 1, 2 ou 3) est donc capital, voici comment les décrypter : 0 pour les œufs bio ; 1 pour les œufs issus d’élevages en plein air ; 2 pour les élevages « au sol », où les poules ne vont pas à l’extérieur ; et enfin 3 pour les œufs provenant d’élevages en cage.

Informations puisées dans francetvinfo

Commentaire de l’ A.W.F. : ne serait-il pas utile d’interdire les oeufs catalogués 3 et 2 ? Il y va du bien-être animal ainsi que la santé des humains.

André Flahaut passe aux aveux

Valmy souhaite partager ceci avec vous :

Je viens de lire un article intéressant sur levif.be.

Écrit par César Botero González, Militant du PS – Licencié en sciences politiques et science des religions. Voici son opinion (31/07/17 à 10:18 – Mise à jour à 11:35)

André Flahaut passe aux aveux

André Flahaut: « Si Elio Di Rupo part, il n’y a plus de parti! ».
Il se trompe et les militants apprécieront. Lorsqu’il n’y a plus de parti parce que son président part, le parti n’est pas un parti, c’est une bande des thuriféraires se trémoussant au va-et-vient de leurs encensoirs. Mais le PS, dans sa grande majorité, n’est pas de cet acabit, c’est tout autre chose.
Voilà l’aveu inattendu de l’un des affidés du président du PS. « A l’insu de son plein gré », il apporte la preuve de ce que j’ai affirmé dans Levif.be du 13/02/17 : « Le camarade président est persuadé d’être l’homme providentiel, irremplaçable et indispensable qui mènera le PS à la victoire aux prochaines élections. […] Ces individus qui se croient indispensables sont têtus comme une mule. » Pour preuve, il n’excluait pas, en juin 2016 d’être candidat à sa propre succession à la tête du PS en 2019. Cela ferait 24 ans de présidence ou plus s’il décide de se représenter en 2024 ou encore en 2028.
Merci, André Flahaut, avec votre aveu vous apportez de l’eau à mon moulin et du grain à moudre aux militants qui se demandent si vous n’êtes pas tombé sur la tête.

Elio Di Rupo est devenu l’homme providentiel et irremplaçable aux yeux et à cause de son entourage, grâce à une stratégie simple : vous me soutenez, je vous soutiens ; tu nous soutiens, nous te soutenons. C’est pourquoi, dans un langage marin, des ténors et des… sopranos du PS nous annoncent une catastrophe si Elio part. Ce fut d’abord Laurette Onkelinx : « ce serait scandaleux, alors que le parti est dans la tempête, que le capitaine dise : « je m’en vais ». Ce genre de dégagisme pourrait désagréger le parti ». Et récemment André Flahaut : « Quand la mer est démontée, que le navire tangue, le capitaine reste à bord et se bat. [… ] Si Elio di Rupo part, il n’y a plus de parti. »

L’encens trouble la raison dans les espaces confinés des hautes instances du PS et sème l’inquiétude parmi les militants. Voilà donc la confirmation de ce que l’on veut nous faire croire : Elio Di Rupo est le PS. Le Président-Soleil peut parodier le Roi-Soleil et se dire : le PS c’est moi. Et sans lui, pas de PS.

Le départ d’Elio Di Rupo ne suffirait pas à remonter la pente, mais ce serait le signe fort d’un nouveau départ pour un nouveau PS.
C’est le contraire qu’il fallait dire. Sans le parti il n’y a plus d’Elio Di Rupo et encore moins d’André Flahaut et autres Grands Propriétaires du PS. Ils ne seraient pas ce qu’ils sont. Même Di Rupo l’admet lorsqu’il s’exclame dans son discours du 2 juillet au congrès de « Les Lacs de l’Eau d’Heure » : « J’ai coutume de dire que la force du PS, ce sont ses militants ».

Olivier Maingain va plus loin en adoptant la formule d’une ancienne cheffe de parti : « Antoinette Spaak a eu cette jolie formule et je la fais mienne aujourd’hui : « le parti ne me doit rien, c’est moi qui dois tout au parti. Je dois ce que je suis à la force collective de mon parti, j’ai toujours voulu préserver cette force collective, tant mieux si, demain, d’autres poursuivent cette aventure. »  Sont-ils sincères ?

La déclaration d’André Flahaut permet de dégager quelques conclusions :
1. Quand les hautes instances entendent monter la gronde des militants d’en bas, la cour panique et sonne le tocsin dans les médias à la manière d’un chantage.

2. Si Elio Di Rupo est le PS, c’est lui le principal responsable de ce qui arrive au parti. C’est lui qui fait tanguer le navire quand la mer est démontée.

3. Si le capitaine Di Rupo ne peut pas abandonner le navire en pleine tempête, personne d’autre que lui ne peut le piloter bien qu’il ait contribué à le faire tanguer. Bizarre comme raisonnement. Dans ce genre de situation, on change de capitaine.

4. La cour le soutient parce que sans Elio, pas de cour. Elle lui est redevable de l’avoir mise en lumière, de l’avoir aidée à faire carrière. D’autres le soutiennent parce qu’ils rêvent de rejoindre la cour.

5. La figure du capitaine à la barre, au milieu de la tempête, véhicule un autre message : celui qui opposerait sa candidature à la présidence du parti à celle de Di Rupo commettrait quelques fautes graves : crime de lèse-majesté, atteinte à l’unité du parti et déloyauté.

6. Imaginons que des dirigeants plus jeunes et plus récents tiennent ce raisonnement : et si je posais ma candidature à la présidence du PS. Ce serait bien. La démocratie suppose la possibilité de choisir. Et puis, j’ai quelques idées novatrices pour réinventer le socialisme, galvaniser les militants, proposer d’autres horizons à nos citoyens.

7. Eh bien, non. Notre presque candidat finira par se dire : ça n’ira pas. Celle-là soutient Di Rupo bec et ongles, parce que s’il tombe, elle l’accompagnera dans sa chute. Et celui-là non plus pour les mêmes raisons. Si je suis candidat et je perds, c’est fini pour moi, « adieu veau, vache, cochon, couvée ». Je dois donc adhérer à la candidature unique d’Elio s’il décide de se faire réélire en 2019 par plus de 93.6% de voix comme en 2014 ou 97,6% comme un 2011. Afin d’éviter des élections dont on connait les résultats à l’avance, pourquoi ne pas le nommer à durée indéterminée, avec pleins pouvoirs irrévocables ?

8. Le travail des militants… bof… des colleurs d’affiches, distributeurs de tracts, organisateurs de boudin-purée-compote. Seul compte le travail d’un groupe réduit qui décide sans consulter les militants.

9. Les groupes de réflexion qui surgissent un peu partout dans le but de trouver des solutions à la crise du parti ne valent rien puisque le PS est Di Rupo et Di Rupo est le PS. « démocratique ».
Puisque le parti c’est Elio avec sa cour, la démocratie interne est ce qu’elle est et cela malgré le chantier des idées.

Parlons-en :
1. Après avoir été débarqué une première fois par le MR, Elio lance le chantier des idées. Le but était de « rendre la parole aux militants ». Il reconnaît qu’ils ne l’avaient pas. Pendant le chantier des idées et après non plus. En revanche, il l’a donnée aux experts. Les militants qui n’étaient pas d’accord avec eux avaient 3 minutes pour les réfuter ou parfois deux comme au cours du dernier colloque sur la démocratie interne. Comble de l’ironie. Les débats contradictoires brillèrent par leur absence.

2. Le chantier commença le 22 mars 2015 et se termina le 22 octobre 2016. Aujourd’hui, 28 mois plus tard, aucun militant ne connaît les comptes rendus de ses 15 colloques.
Voilà pourquoi André Flahaut, Laurette Onkelinx et d’autres courtisans, nous prédisent la fin du parti si le président-soleil partait.
Le cas Di Rupo impose une solution pour l’avenir : limiter les mandats de président du parti et des fédérations à deux maximum.
Le départ d’Elio Di Rupo ne suffira pas à remonter la pente, mais ce sera le signe fort d’un nouveau départ pour un nouveau PS. Le parti semble oublier que les électeurs de gauche sont beaucoup plus nombreux que les militants et que leur méfiance à l’égard des socialistes augmenterait si son président ne part pas. Tous ceux qui choisissent le PTB dans les sondages ne le choisiront pas dans les urnes si le PS montre une réelle volonté de changer radicalement. C’est le message des sondages.

Ne pas l’oublier non plus : si le parti part, il n’y a plus d’Elio Di Rupo et compagnie. Et puis, si un parti s’effondre après le départ de son président c’est parce qu’il n’aurait jamais dû exister. Le socialisme est une chose, les partis socialistes une autre.

Rénovation wallonne

Nous ne faisons pas ici référence aux catholiques engagés dans le Mouvement wallon à partir de 1945, mais aux effets possibles de la crise ouverte par l’actuel président du cdH.

Lu ce 27 juin sur le site de La Libre :

Si on supprime les provinces, il faut discuter de la régionalisation de l’enseignement

Si les partis politiques francophones souhaitent – comme le demande Ecolo – aborder la question de la suppression des provinces, une chose est claire, il ne sera pas nécessaire de modifier la Constitution. « En effet, depuis la sixième réforme de l’Etat, les deux Régions – flamande et wallonne – peuvent supprimer les institutions provinciales et, si elles le souhaitent, mais il n’y a pas d’obligation, les remplacer par des structures supracommunales », explique le constitutionnaliste de l’ULg, Christian Behrendt qui rappelle que les provinces sans institutions (Conseil provincial et collège provincial) continueront à exister pour trois raisons essentielles. « Nous en avons besoin pour fixer les circonscriptions électorales fédérales, pour délimiter le ressort de la cour d’appel et pour maintenir les compétences des gouverneurs », précise-t-il.

En effet, géographiquement, en cas de suppression, les provinces continueraient à exister et le gouverneur, qui est un haut fonctionnaire – avec notamment, un statut de commissaire du gouvernement fédéral – serait maintenu ainsi que ses services (une dizaine de personnes par province). Pour supprimer les provinces wallonnes, les députés wallons devraient donc faire passer un décret spécial qui, par définition, devra être voté à la majorité des deux tiers.

Que deviendraient, alors, tous les agents de l’administration provinciale ? Par logique, on peut en déduire que les compétences provinciales ainsi que les structures et les agents qui y sont associés seraient transférés vers la Fédération Wallonie-Bruxelles (enseignement, culture, etc.) ou vers la Wallonie (tourisme, etc.). En théorie, c’est évidemment de cette manière que les choses seraient amenées à se produire. Néanmoins, Christian Behrendt prévient : « Si on parle de suppression des provinces, il faudra inévitablement aborder la question de la régionalisation de l’enseignement et de la culture, notamment. » Si notre constitutionnaliste ramène dans la crise politique actuelle, ce débat entre régionalistes et communautaristes, ce n’est évidemment pas par plaisir ou par idéologie. « La Fédération Wallonie-Bruxelles est financée via la loi spéciale de financement, elle n’a pas de capacité fiscale, contrairement à la Wallonie. »

Une fiscalité propre à la province

Pour résumer, les provinces sont financées à près de 60 % par une fiscalité propre (précompte immobilier), à 30 % par le fonds des provinces (venant de la Région wallonne) et à 10 de diverses manières. Cette fiscalité provinciale serait renvoyée vers la Wallonie et cette dernière ne peut « pas investir dans les compétences de la Fédération. Il faudra donc obligatoirement aborder la question du périmètre de compétences gérées par la Fédération Wallonie-Bruxelles », explique encore Christian Behrendt. Si la Fédération reprenait les compétences des provinces qui doivent lui revenir, elle se retrouverait dans l’incapacité de les financer. « Le budget cumulé des provinces avoisine 1,1 milliard d’euros. Et même si les enseignants de la province sont déjà rémunérés par la Fédération Wallonie-Bruxelles, les bâtiments et le reste du personnel sont payés par les provinces. On n’échappera donc pas à une discussion sur la régionalisation de l’enseignement et de la culture, qui représentent, je le rappelle, 80 % du budget de la Fédération Wallonie-Bruxelles. »

Le CDH, qui a souvent défendu l’existence de la Fédération Wallonie-Bruxelles, va-t-il évoluer vers une vision plus régionaliste de la chose comme certains membres du PS et du MR ? Les semaines qui viennent le diront certainement.

Stéphane Tassin

La Communauté germanophone ose penser à l’indépendance

Le clavier « azerty » traditionnel bientôt en voie de disparition?

Communauté de destin

« Emmanuel nous voilà », s’exclame Luc Delfosse dans le magazine Le Vif/L’Express de ce jeudi. Même avec un zeste de dérision, de second degré, histoire de ne pas transformer sa chronique en tribune politique, l’ancien éditorialiste du Soir appelle bien la Wallonie à rejoindre la France du président Macron. Celui-ci parle d’une « communauté de destin » avec l’Europe, avec l’Allemagne : il est urgent de lui parler de la Wallonie, cette région de langue et de culture française qui fait le lien entre l’Allemagne et la capitale de l’Europe !

Voici le texte de Luc Delfosse :

Si cela ne tenait qu’à moi, je choisirais le Luxembourg. Un peu par réalisme crasseux, beaucoup en souvenir d’une mère qui barbota dans l’Alzette. Ou alors l’Islande, Malte ou, soyons fous, Sao Tomé-et-Principe qui a un drapeau rigolo et un babil aussi exquis que le nôtre. Mais je sens bien que nous n’en finirions pas de nous mettre d’accord. Et puis, même si l’air est aux vacances, on n’est pas là pour rêver, crénom ! Au train où Bart et sa troupe de joyeux termites mènent leur danse du scalp, il s’agit de trouver, et vite, une nouvelle « Patrie à aimer ».

Une « Patrie à aimer » ! Ce n’est ni du Clémenceau ni du Maurras mais du Didier Reynders, figurez-vous. Il y a quelques années, il désignait de la sorte à notre Amour sacré un enchevêtrement de tuyauteries baptisé Fédération Wallonie-Bruxelles où, depuis des décennies, un quarteron de ministres se relaient jour et nuit pour pomper l’eau des caves en nous faisant croire qu’ils pourraient y pêcher l’or qui financerait enfin leurs mirifiques plans quinquennaux. Plombier est un bien joli métier mais vous avouerez que, hormis en Pologne, il n’est pas de nature à déclencher une lame de fond « patriotique ».

La « communauté de destin » de Macron, ça vous affiche tout de même une autre gueule. Bref, il est sans doute temps de tourner casaque comme on dit dans le bas d’Uccle et, pauvres mais dignes que diable ! , de partir avant d’être jetés comme des profiteurs ou des junkies. Pour aller où ? Bof, on pourrait toujours s’amuser à « arrondir la France » pour reprendre la formule bidonnante de De Gaulle. Quoi ! Pour toujours ? On verrait bien. De toute façon, je suis assez d’accord avec ce galopin de Jules Renard : « L’Histoire n’est qu’une histoire à dormir debout. » Il sera toujours temps de se réveiller. Le fait est qu’avec le beau-fils idéal qui règne à Paris, nous serions assurés d’être au chaud pendant cinq ans. Dix peut-être… pour autant que le nouveau Jupiter dans l’attente imminente de « sa » majorité absolue, manoeuvre habilement sa centrifugeuse, fédère ses adorateurs, colle à la Super Glue ses transfuges glanés de gauche et de droite, vampe pour de bon ses technocrates et ses stars déguisés en  » société civile « , séduise sans discontinuer la Bourse qui sait que cet homme a du lingot en lui et mette sur la paille les héritières de la poissonnerie Le Pen.

Ne reste plus qu’à organiser le référendum décisif. Le 14 juillet me paraît être la date idéale et son objet limpide. De trois choses l’une : souhaitons-nous conclure une « souveraineté association », en revenir aux départements du 14 fructidor de l’an III ou passer en mode TOQ (Territoire d’outre-Quiévrain) ? Question subsidiaire : quel(le) élu(e) voulons-nous voir siéger au gouvernement « En marche ! » ? La bagarre entre Joëlle, Louis et Elio (trois jeunes pousses centristes aux belles espérances) s’annonce d’ores et déjà rafraîchissante. Ces menus détails éclaircis, il sera temps d’exiger « notre » représentant de la « société civile ». A mes yeux, un nom s’impose : Stéphane M., d’Ans. Vous connaissez ? Il est jeune, riche, geek à mort, séduisant, surdiplômé, entreprenant, Liégeois et sans scrupule (je crains une tautologie…). Et, depuis peu, d’une parfaite virginité politique. Emmanuel, c’est sûr, va l’a-do-rer.

Paul Magnette au Sénégal

Nous nous réjouissons de ce voyage de Paul Magnette puisque nous ne cessons d’affirmer que l’espace francophone doit développer non seulement ses relations culturelles, mais qu’en matière de coopérations économiques, nous devons faire beaucoup mieux, notamment avec nos partenaires de l’Afrique francophone.

En 2015, 134 millions d’exportations pour la Belgique contre 8,16 millions pour la Wallonie. Ces chiffres ne manquent pas d’interpeller. Les exportations wallonnes auraient donc représenté 6,1 % des exportations belges ? Ou devons-nous comprendre qu’une partie des 134 millions inclut une part wallonne ou, ce qui me semble plus vraisemblable, que c’est sous l’étiquette belge que se cachent en réalité des exportations flamandes ? Nous retrouvons là une ambiguïté  habilement entretenue. A l’heure du fédéralisme et à l’aube du confédéralisme, ne serait-il pas plus honnête et plus clair de citer des chiffres ventilés selon les différentes régions ? 

Comment s’étonner de ces chiffres quand on se rappelle la prestation de Rudy Demotte et de Charles Michel qui, lors d’un sommet de la francophonie, n’avaient rien trouvé de mieux que de s’exprimer en néerlandais ? Quand « notre » représentation politique fait si peu de cas de notre langue française, doit-on s’étonner d’une telle situation ? 

Remarquons au passage le tableau plus que positif dressé par l’auteur de l’article repris ci-dessous quant à la situation du Sénégal. La France n’est bien sûr pas étrangère à cet état de chose et gageons qu’une Wallonie intégrée à la France aurait, avec ses capacités industrielles, tout à gagner dans la masse de ses exportations vers une Afrique francophone en développement constant. 

Paul D.

le 16 mai 2017 :

Source: Belga

Le ministre-président wallon  entame ce mardi une mission de quatre jours au Sénégal. L’accent sera mis sur la coopération de la Wallonie et de la fédération Wallonie-Bruxelles avec le Sénégal ainsi que sur les opportunités économiques. C’est aussi l’occasion de revenir sur ce pays qui est un écrin de stabilité dans la bouillonnante Afrique de l’Ouest.

Un premier volet de cette visite portera sur les opportunités économiques pour la Wallonie dans ce pays d’Afrique de l’Ouest stable, doté d’un taux de croissance dynamique. Des opportunités existent notamment dans le domaine des infrastructures ferroviaires – en complète rénovation – ainsi que dans les énergies renouvelables. Une partie de la mission sera consacrée à la visite de la nouvelle ville de Diamniadio, créée pour désengorger la capitale Dakar. Cette ville nouvelle qui doit abriter à terme 300.000 habitants, proche du nouvel aéroport de Diass en construction, offre notamment des possibilités économiques pour des entreprises wallonnes.

La centrale solaire de Malicounda qui représente un intérêt pour la Wallonie en termes de sous-traitance et la société Trabesen, filiale sénégalaise de la société wallonne ITB Tradetech, figurent aussi au programme du volet économique de la mission. Autre volet de la mission wallonne: la coopération directe et indirecte. Le Sénégal fait partie des pays prioritaires de la Wallonie pour la coopération au développement. En 2017, le budget wallon alloué à la coopération est de 262.000 euros environ et de 245.000 euros pour la fédération Wallonie-Bruxelles. Entre 2002 et 2016, la Wallonie a octroyé 5,8 millions d’euros pour 115 projets développés au Sénégal. Des visites de terrain sont prévues durant la visite de Paul Magnette.

Enfin, Paul Magnette rencontrera les autorités politiques sénégalaises, dont le président Macky Sall et le Premier ministre Mohammed Ben Abdallah Dionne. Le retour de la délégation wallonne est prévu dimanche matin à Brussels Airport.

Le Sénégal, un écrin de stabilité dans une bouillonnante Afrique de l’Ouest

Le Sénégal est un écrin de stabilité en Afrique de l’Ouest confrontée depuis les indépendances à de multiples coups d’Etat, crises sanitaires, guerres civiles ou plus récemment l’émergence du radicalisme islamique.

Depuis son indépendance en 1960, le Sénégal est le seul pays d’Afrique de l’Ouest qui n’a pas été confronté à un coup d’Etat. Le système démocratique fonctionne correctement et le pays de la Teranga (hospitalité), comme on le surnomme, est régulièrement montré en exemple aux pays qui souhaitent suivre le chemin de la démocratie. Pays stable, à la lisière de l’Afrique du Nord et subsaharienne, le Sénégal a aussi résisté aux graves crises sanitaires qui ont touché la région ces dernières années/décennies. Même si beaucoup de chemin reste à faire pour assurer la santé pour tous, le pays a pu éviter la crise d’Ebola qui a dernièrement ravagé les pays voisins dont la proche Guinée. Pays multi-ethnique, cosmopolite, le Sénégal n’a jamais été confronté à une guerre civile de grande ampleur comme ce fut le cas dans des pays proches comme la Sierra Leone, la Côte d’Ivoire et le Liberia.

Seul ombre au tableau: le conflit en Casamance, au sud du pays, qui a opposé rebelles indépendantistes et gouvernement sénégalais durant une vingtaine d’années entre 1982 et 2003. Même si des cas sporadiques d’attaques surviennent en Casamance, la situation est stabilisée.

Enfin, le Sénégal, pays en grande majorité musulmane, a été épargné par le radicalisme islamiste qui couve en Afrique de l’Ouest et a failli précipiter le Mali dans les abîmes.

Stable politiquement, le Sénégal l’est aussi économiquement. Si le pays ne dispose pas de richesses naturelles aussi importantes que ses voisins, le pays est l’un des plus industrialisés de la région. Il peut aussi compter sur les ressources halieutiques, l’élevage, le tourisme et les services.

En 2015, la Belgique a exporté pour 134 millions d’euros au Sénégal. La Belgique exporte surtout du matériel de transport, machines, produits chimiques et des aliments. Les exportations wallonnes vers le Sénégal s’élevaient à un montant de 8,16 millions d’euros durant la même période, selon l’Awex (Agence wallonne à l’exportation).

La Wallonie exporte principalement des produits chimiques et pharmaceutiques, des équipements divers et des produits alimentaires.

Pacte d’excellence : et si… ?

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