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La Belgique des plats pays

« La Flandre envahie par les Wallons », peut-on lire aujourd’hui sur nos écrans. Que voilà un titre accrocheur et troublant. Celui-ci renvoie à une information donnée par l’agence Belga : « Pour la 1ère fois, plus de Wallons se sont installés en Flandre que l’inverse ». On espère que l’armée ne sera pas réquisitionnée pour refouler les indésirables.

Plus sérieusement, il faudrait peut-être oublier les journées de septembre 1830 et se demander si Philippe de Belgique, Willem-Alexander des Pays-Bas et Henri de Luxembourg ne devraient pas se Paris-Matchfondre en une seule personne. Il semble en effet que la Belgique penche de plus en plus vers la Flandre et les Pays-Bas. Retour au Congrès de Vienne, en somme, ou aux dix-sept provinces de Charles Quint, avec l’ancienne principauté de Liège en cadeau. Rien de vraiment neuf mais la confirmation d’une tendance lourde. Pour l’édition belge du Paris-Match, le journaliste Frédéric Loore a mené l’enquête sur la façon dont la Flandre, à travers ses élus, ses dirigeants, renforce sa mainmise sur l’Etat belge qu’elle entend réduire à ses intérêts. En douze pages, le constat est accablant.

Morceau choisi :

« L’armée des plats pays est en marche »

La maîtrise insuffisante du néerlandais est invoquée de façon récurrente pour justifier le fait que certaines fonctions nécessairement bilingues demeurent inaccessibles aux francophones. Le problème existe, mais il semble de moins en moins persistant, à l’armée comme ailleurs. Notamment à la police fédérale, où « l’évolution est significative, de plus en plus de francophones sont volontaires pour apprendre le néerlandais. Beaucoup passent les tests de sélection et les réussissent. En revanche, de moins en moins de néerlandophones se présentent à ces mêmes tests, ou bien ils ne font tout simplement plus l’effort de parler le français », certifie un flic de premier rang. A la Défense, le bilinguisme approximatif des francophones serait même franchement surestimé, voire utilisé pour les écarter arbitrairement. « Au moment où je suis sorti, nous étions cinq candidats au grade supérieur (commandant, major, lieutenant-colonel, général) à être soulignés (connaissance la plus élevée de la deuxième langue, NDLR). Au final, aucun d’entre nous n’a été promu, alors que des Flamands non soulignés l’ont été », témoigne l’ex-colonel Gennart. Comment l’expliquer ? Il est pratiquement impossible de savoir ce qui se trame à l’intérieur des comités de sélection à l’heure du choix. En tout état de cause, les néerlandophones obtiennent régulièrement les meilleurs résultats. « Je peux vous dire qu’en matière d’exigence linguistique, les examinateurs francophones sont toujours plus conciliants vis-à-vis des candidats flamands. Par contre, l’inverse n’est pas vrai », concède un militaire qui fait passer ces tests. « D’autres critères que la langue sont pris en compte », précise Luc Gennart, « mais ces comités, c’est de toute manière le fait du prince : les délibérations sont secrètes et les examinateurs n’ont pas à justifier leurs nominations. Les candidats non retenus peuvent introduire un recours, mais alors ils sont grillés pour la suite de leur carrière. »

La « flamandisation » de la grande muette s’observe également au travers du glissement vers le Nord des centres de décision, des infrastructures et des investissements. Un rapide décompte fixe d’ailleurs à dix le nombre de quartiers militaires importants installés en Flandre, contre seulement trois à Bruxelles et quatre en Wallonie. Un officier résume : « Les états-majors de bon nombre d’unités sont désormais basés en Flandre ; la disparité des investissements entre la brigade médiane de Bourg-Léopold et la légère de Marche-en-Famenne est criante ; pareillement entre la base aérienne de Florennes et celle de Kleine –Brogel, où je vous fiche mon billet qu’on mettra le successeur du F-16. » Luc Gennart approuve, chiffres à l’appui : « Le plan d’investissement en infrastructures prévoyait, pour la période 2011-2015, un engagement de quatre millions d’euros à Florennes contre vingt-deux à Kleine-Brogel, sans réelle justification. »

L’autre tendance lourde, c’est le rapprochement avec les Pays-Bas. La marine est logiquement la plus impactée par cette orientation. Les synergies entre les composantes Mer des deux pays ne cessent de s’intensifier et convergent pour l’essentiel vers Den Helder, la plus grande base navale hollandaise, où les frégates belges sont désormais entretenues et où les officiers de marine (y compris francophones) se forment, en néerlandais bien sûr. Mais le phénomène gagne aussi les autres composantes : des accords belgo-néerlandais portent sur diverses formations, telles qu’artilleur de campagne ou contrôleur aérien avancé. Quant aux futurs cadres de l’état-major supérieur, ils font maintenant certaines de leurs classes à l’Instituut Defensie Leergangen de Breda. « On parle de flamandisation, mais moi je parlerais de hollandisation de l’armée. Certains rêvent d’une armée des plats pays et ils s’emploient à la faire exister. Elle est même déjà en marche », constate un gradé d’un bataillon d’infanterie.

Le « modèle hollandais »

L’influence du « modèle hollandais » se ressent également très fort à la police fédérale, comme l’explique un de ses dirigeants, commissaire divisionnaire : « Le réflexe, chez nous, c’est toujours de regarder ce qui se fait aux Pays-Bas, jamais en direction de la France ou d’autres pays qui ont une approche différente de l’organisation des services de police. » Pour ce dernier, la prééminence de la vision flamande (et de sa représentation) au niveau fédéral, tient pour partie à l’absence d’une véritable culture sécuritaire en Wallonie : « Même si ça évolue, du côté francophone, pour des raisons historiques et sociologiques, on s’est toujours soucié davantage du bien-être des gens que de leur sécurité. D’où, notamment, le désintérêt du monde politique francophone pour ces questions. »

(…) Mais sur quoi repose le « modèle hollandais » ? « Sur des théories de management, l’économie des coûts, le recours à la sécurité privée, l’externalisation des compétences, etc. Bref, la logique du moindre Etat à laquelle adhèrent les Flamands, singulièrement les nationalistes de la N-VA », insiste le commissaire divisionnaire. A contrario, la conception francophone est davantage attachée à la préservation de la puissance publique : « Nous considérons que les pouvoirs régaliens doivent rester l’apanage de fonctionnaires formés spécifiquement pour les exercer, qui ont prêté serment et sont soumis à des autorités publiques de contrôle. Ces deux visions de la sécurité s’affrontent, mais les Flamands parviennent à imposer la leur. Les francophones ont peu voix au chapitre et le centre de gravité décisionnel est au Nord. »

Voir aussi la page suivante :La flamandisation au quotidien

En région PACA, la presse est aussi liégeoise

Nice-Matin« Après avoir racheté L’Avenir il y a deux ans et demi, et avoir acquis 11 % des parts de La Provence et de Corse Matin, la société Nethys va faire son entrée au capital de Nice-Matin, à hauteur de 20 %. Une opération dont le coût s’élève à 5 millions d’euros. Nethys, c’est le bras opérationnel de l’intercommunale Publifin (ex-Tecteo), et c’est Stéphane Moreau, le bourgmestre d’Ans, qui en est le CEO. »

C’est ce qu’on pouvait lire aujourd’hui dans le journal La Meuse. A la fois homme politique et businessman, Stéphane Moreau se sent pousser des ailes en région Provence-Alpes-Côte d’Azur. Le groupe Nethys ne compte en effet pas en rester là. L’information suivante est donnée par le quotidien économique français Les Echos :

« Nethys, dont l’ambition est de constituer un groupe de presse des quotidiens du grand sud-est, s’est engagé à apporter 10 millions d’euros en compte courant dans l’immédiat et à injecter 5 millions dans les 30 mois à venir sous la forme d’une prise de participation au capital de la SCIC en trois étapes, à 20 % dans un premier temps pour atteindre 51 % en 2018. Outre les synergies à trouver avec La Provence, cette offre présente l’avantage de préserver le patrimoine immobilier de Nice-Matin. »

Liège se métamorphose avec la France

Ilotopie.jpegMétamorphoses. A Liège, c’est le mot du jour. « Liège est une ville qui se défait et se refait sans jamais se lasser », écrivait l’historien Jules Michelet. « Le caractère le plus fixe de Liège, à coup sûr, c’était le mouvement. » Cette vitalité, reconnaissons-le, ne l’a pas toujours servie mais, en dépit de ses errements, de ses oublis, de ses découragements, la voilà qui se relève et se découvre à nouveau belle et prête à croire en ses promesses. A nouveau, dans la lumière du printemps revenu, c’est naturellement vers la France qu’elle se tourne pour se remettre à exister, car il y a des liens dont la permanence est le fil de notre histoire, comme autant de racines indispensables à la vie. Avec son inspiration toute romantique, Michelet rendait cet hommage à la ville de Liège: « L’historien de la France doit au peuple qui la servit tant, de sa vie et de sa mort, de dire une fois ce que fut ce peuple, de lui restituer (s’il pouvait !) sa vie historique. Ce peuple au reste, c’était la France encore, c’était nous-mêmes. Le sang versé, ce fut notre sang… Liège et Dinant, notre brave petite France de Meuse, aventurée si loin de nous dans ces rudes Marches d’Allemagne, serrée et étouffée dans un cercle ennemi de princes d’Empire, regardait toujours vers la France. »

Bien entendu, Liège, si française, est une main tendue vers le monde germanique. La géographie, autant que l’histoire, en fait un trait d’union naturel entre l’Allemagne et la France. Pour revenir à aujourd’hui, le programme des Métamorphoses est disponible sur le site de l’organisateur. Voici comment il est présenté par le journal La Meuse :

Métamorphoses

La Wallonie pose un acte politique

Lu sur le site de RTL-INFO :

La Wallonie n’accorde pas les pleins pouvoirs à l’Etat belge pour signer un traité transatlantique, la Flandre furieuse

Le parlement de Wallonie a approuvé mercredi, par 44 voix pour et 22 contre, une proposition de résolution inédite demandant au gouvernement wallon de ne pas accorder les pleins pouvoirs au gouvernement fédéral pour signer le traité commercial de libre-échange entre l’Union européenne et le Canada (CETA).

Les députés PS, cdH, Ecolo et PTB ont approuvé cette proposition, dont le thème avait été débattu durant près d’une vingtaine de réunions ces derniers mois au parlement régional, tandis que les députés MR (ainsi que le député indépendant) s’y sont opposés, défendant un traité « équilibré ».

Tel quel, la Wallonie rejettera ce traité

Le ministre-président Paul Magnette a fait part de son enthousiasme pour cette résolution et confirmé qu’il n’accorderait donc pas les pleins pouvoirs au gouvernement fédéral. Ce vote doit donc être vu comme le lancement d’un « alerte » selon laquelle, si le CETA était présenté comme tel à la ratification du parlement wallon, ce dernier disposerait d’une majorité suffisante pour le rejeter, ont souligné les partisans de la résolution.

Précurseurs en Europe

Le parlement wallon est le premier, parmi les parlements de l’UE compétents pour donner assentiment aux traités internationaux, à lancer cet avertissement.

Le PS résume tout ce qui ne va pas dans le traité actuellement sur la table

Pour le PS, Olga Zrihen a rappelé que « les citoyens se sont emparés de ce traité, pourtant très technique, car il ne signifie pas seulement une baisse des tarifs (douaniers), mais bien une remise en cause de notre identité européenne ». « Nous ne sommes ni anti-atlantistes primaires, ni anti-échanges commerciaux, ce n’est pas non plus une opposition au Canada, car l’absence de garanties que nous dénonçons l’est aussi par la société civile canadienne ».

A ses yeux, le CETA risque de détricoter le modèle agricole de la Wallonie, notamment au vu de la taille des exploitations canadiennes, mais aussi les droits des travailleurs, les normes sanitaires, de protection des consommateurs et de l’environnement. Quant au règlement des litiges commerciaux, il mettrait en question la capacité à légiférer des États. « Nous ne fermons pas la porte aux traités commerciaux, mais ce vote peut être l’amorce d’un nouveau modèle de négociations commerciales ».

Pas conforme aux traités européens ?

Marie-Dominique Simonet (cdH) reconnaît que « tout n’est pas à jeter, mais nous lançons une alerte: le CETA ne présente pas les balises suffisantes, comme commencent à le souligner désormais l’Allemagne et la France pour un autre traité, le TTIP (UE-USA) ». Le CETA, « c’est un traité du XXe siècle, qui fait plus de ce que nous savons qui ne va pas! Panama Papers, Brexit, Cop21: il faut y mettre les éléments permettant d’atteindre les objectifs auxquels nous nous sommes engagés, or on ne les y retrouve pas », a-t-elle affirmé. Le Fédéral doit actionner sa capacité de demander à la cour de justice de l’UE si le CETA est bien conforme aux traités européens, raison pour laquelle les pleins pouvoirs lui sont refusés. A ses yeux, « notre parlement est un lanceur d’alerte ».

« Ce n’est pas un combat entre l’Europe et le Canada, mais entre les multinationales et la démocratie »

Hélène Ryckmans (Ecolo) va plus loin, voyant dans le vote de mercredi un « barrage au CETA », qui fait de la libéralisation des services la règle, sans garantie pour de nombreux services d’intérêt général non-inscrits. Quant à l’instance de règlement des litiges entre États et multinationales, les seuls gagnants sont les investisseurs et les grandes entreprises. Stéphane Hazée a qualifié le moment d’historique: « ce n’est pas un combat entre l’Europe et le Canada, mais entre les multinationales et la démocratie ».

« Tout le monde en Wallonie est contre ce traité »

Du haut de son perchoir, le président André Antoine (cdH), qui s’est fortement investi dans l’organisation des débats, a souligné à quel point ce dossier avait été « longuement instruit, à charge et à décharge ». Pour Paul Magnette, « tout le monde en Wallonie est contre ce traité, et pas par naïveté, mais au terme d’un vrai grand débat démocratique ». Il y voit un second avertissement à la Commission européenne, dont il a déjà averti la commissaire au Commerce Cecilia Malmström quant au risque de non-ratification par le parlement wallon si le traité était présenté comme tel. « Nous ne disons pas ‘non’ au CETA, mais nous doutons de la conformité aux traités européens et demandons à la Cour de justice des clarifications », a-t-il résumé. « Sommes-nous isolés ? Peut-être. Mais toute résistance a un commencement », a-t-il ajouté.

Le MR, tout seul pour la ratification de ce traité

Le son était diamétralement opposé pour la députée MR Virginie Defrang-Firket, qui a vanté les mérites de ce premier accord commercial entre l’UE et une des principales puissances économiques mondiales, facilitation des exportations et augmentation du PIB à la clé. L’agence wallonne aux exportations (AWEX) y est elle-même favorable, tandis que le ministre-président Paul Magnette déplore le fait que la Wallonie n’exporte pas assez, a-t-elle relevé. Elle a défendu un traité « équilibré », qui ne remet pas en question les standards de production européens et préserve les lignes rouges en faveur des services publics tels que l’eau, l’éducation, etc.

Geert Bourgeois furieux

Le ministre-président flamand, Geert Bourgeois (N-VA), a exprimé son exaspération après ce vote de défiance qui compromet la ratification belge du traité. « Cela va non seulement nous faire complètement perdre la face au niveau diplomatique, mais c’est aussi une menace directe envers notre économie et notre bien-être », a commenté le ministre-président flamand depuis Bangalore, en Inde, où il mène actuellement une mission économique flamande.

André Cools, le tribun républicain

On lui doit la création de la Région wallonne en 1980. Avec son tempérament de tribun populaire, il exprimait ce qu’il y avait de caractère au pays de Liège et dans la Wallonie industrielle. Homme d’action, de combat, de pouvoir, il mettait son poids politique au service de sa région confrontée à la désindustrialisation. Du Congrès national wallon de 1945 au Mouvement populaire wallon d’André Renard, en passant par les manifestations contre le retour de Léopold III, ses débuts en politique ont été marqués par la nécessité de repenser l’avenir de la Wallonie. 

Il y a 25 ans disparaissait André Cools. Sa commune de Flémalle se souvient. Voici ce qui a été publié aujourd’hui dans le journal La Meuse :

La Meuse du 20 avril

 

Bruxelles est une région à part entière comme la Flandre et… la Wallonie

Il suffit que nous parlions de régionalisme pour que certains confondent allègrement et avec une certaine mauvaise foi identité (caractère permanent et fondamental d’une personne) et culture (ensemble des productions artistiques et intellectuelles d’une société, ensemble des comportements qui caractérisent celle-ci). (*)

Se dire, se sentir wallon devient pour eux inacceptable et aussitôt, ils vous taxent d’affreux ultra régionalistes. Ils acceptent mal que des regards, mais aussi et surtout des actions se portent en direction de la Wallonie  dont la situation exige pourtant que nous lui portions toute notre attention. Ils restent le regard figé sur ce que dit et fait la Flandre. Ils verraient bien ces deux entités gérer ensemble – au plus grand profit de nos voisins flamands, la dynamique nationaliste et démographique jouant en leur faveur – une Région bruxelloise qui deviendrait une sous-région. N’est-elle pas d’ailleurs dès aujourd’hui considérée comme telle dans l’Etat belge ?

Mais voilà, la constitution belge consacre  le statut de Bruxelles, région à part entière au même titre que la Flandre et la Wallonie. Ah, que cela est gênant pour ceux, Flamands mais aussi francophones (suivez mon regard…) qui veulent que le français perde sa place tant enviée de langue d’usage d’environ 90 % des Bruxellois.

Geert Bourgeois, mais aussi de nombreux leaders flamands, et pas seulement de la N-VA, prennent leurs rêves pour des réalités et décrètent que le français devient minoritaire à Bruxelles. C’est leur façon à eux de fêter la francophonie !

Comme Wallon, nous défendons le régionalisme parce qu’il est le mieux approprié à tracer un avenir à la Wallonie, mais aussi à Bruxelles.

Je ne résiste pas au plaisir  de citer M. Robert Collignon : « cette volonté d’affirmation identitaire ne pourra avoir lieu qu’en proclamant notre appartenance à la grande culture française, celle des Droits de l’Homme,  qu’en cherchant avec et au sein de la République une union respectant nos particularités, notre passé, qu’en nous débarrassant de tout complexe. » 

Allez, M. Bourgeois, et si demain vous vous trouviez en face de Wallons qui sont demandeurs, demandeurs d’un véritable projet politique qui rassemble droite, centre et gauche politique ainsi que partenaires sociaux et culturels… Cela changerait drôlement la donne, non…?

De tout cela, nous allons en parler lors de notre conférence-débat de demain. Vous trouverez dans l’article en forme d’affiche ci-dessous tous les renseignements utiles. Il vous appartient à vous, Citoyens intéressés par l’avenir de la Wallonie de venir faire entendre votre voix.

Paul Durieux

(*) Le Robert 2015

Lire ici les déclarations de Geert Bourgeois, reprises sur le site de la RTBF :

« Bruxelles n’est pas une Région, le français y devient minoritaire »

Geert Bourgeois« Bruxelles n’est pas une Région, c’est la capitale des deux communautés de ce pays, d’ailleurs le français, comme le néerlandais, y deviennent minoritaires », déclare le ministre-président flamand Geert Bourgeois (N-VA). Une considération faite en dépit de l’évidence des faits puisque, rappelons-le, la Constitution belge consacre bien le statut de région à part entière de Bruxelles et que le français y est la langue d’usage d’environ 90% de la population, ce que confirment toutes les dernières études réalisées sur le sujet. 

Geert Bourgeois insiste sur le fait qu’il ne faut « surtout pas couper les liens » entre Bruxelles et la Flandre, et estime que « ceux qui affirment que Bruxelles est une Région à part entière se trompent », explique-t-il dans une interview publiée samedi dans L’Echo. Un slogan devenu credo des nationalistes flamands depuis des années.

« Relancer un processus de révision constitutionnelle »

« Bruxelles est la capitale des deux communautés qui composent ce pays. Ce n’est pas un bastion francophone, mais une ville multiculturelle », prétendant que le français y devient minoritaire, comme le néerlandais. Ce dernier ne devient pas minoritaire à Bruxelles mais l’a toujours été. Il serait la langue d’usage d’entre 7 et 10% de la population selon les études disponibles en la matière. 

Le nationaliste répète qu’il sera « loyal » sur la pause communautaire convenue jusqu’en 2019 mais qu’il faudra ensuite « relancer un processus de révision constitutionnelle ». « Nous visons toujours la mise en place d’un Etat confédéral couplé à une responsabilisation accrue des entités fédérées. Notre ADN n’a pas changé ».

Pour rappel, en entrant dans le gouvernement fédéral, la N-VA avait promis à ses partenaires de coalition (CD&V, Open Vld et MR) une mise au frigo du communautaire pour toute la législation. Depuis lors, les sorties à caractère communautaire de mandataires et de ministres N-VA se sont pourtant multipliées avec régularité.

Hendrik Bogaert veut maintenir le CD&V sur le chemin communautaire

Dans le magazine flamand « Doorbraak », une interview de Hendrik Bogaert, l’ex-secrétaire d’Etat CD&V à la Fonction publique.

La traduction de cet article est de Jules Gheude.

hendrik_bogaertDoorbraak : Vous êtes, au sein du CD&V, l’un des rares à dire encore quelque chose sur le communautaire.

Bogaert : Je ne me qualifierais pas personnellement de flamingant. Je suis plutôt un Flamand convaincu et un partisan d’une autonomie la plus large possible, surtout au niveau socio-économique. Mais je me distingue des nationalistes flamands et du Vlaamse Volksbeweging sur la manière d’y parvenir. On a émis et on émet encore beaucoup de critiques sur les réformes de l’Etat successives, avec tous leurs compromis complexes et épouvantables. Mais elles constituaient chaque fois un pas en avant. Les Flamands ont leur propre Parlement. Et la Flandre peut maintenant décider elle-même de son enseignement, des travaux publics, de secteurs de prospérité, etc. La sixième réforme de l’Etat ne sera jamais la dernière. Je le dis clairement, comme le dit aussi Wouter Beke. Avec le CD&V, je veux encore progresser sur la voie communautaire.

Doorbraaak : Qu’est-ce que cela peut encore rapporter à la Flandre ?

Bogaert : Davantage de compétences en matière de santé, d’emploi et de réformes-autonomie fiscales.

Doorbraak : Vos coreligionnaires sont-ils toujours aussi motivés ?

Bogaert : Je reste dans le cadre des cinq résolutions flamandes de 1999, qu’une grande partie de la Flandre politique a approuvées. Ceux qui, après la sixième réforme de l’Etat, disent « Stop, c’est fini », ont à s’expliquer. On ne peut tout de même pas dire, en tant que CD&V : nous étions pour les soins de santé, mais nous ne les avons pas obtenus avec la sixième réforme de l’Etat, donc… maintenant nous sommes contre ! Cela vaut aussi pour l’autonomie fiscale. Nous en étions partisans, d’un point de vue démocratique : le niveau politique qui est responsable, doit aussi pouvoir prélever les impôts. Nous devons continuer à nous engager à cet égard.

Doorbraak : Pour vous, le bilan de la sixième réforme de l’Etat est trop maigre ?

Bogaert : Non, certainement pas. Ce fut une avancée importante. Les entités fédérées ont obtenu 20 milliards d’euros supplémentaires. Elles ont aujourd’hui plus de compétences que le niveau fédéral. Quand mon bon collègue Hendrik Vuye (N-VA) twitte aujourd’hui que cette réforme de l’Etat a augmenté les transferts, il se trompe. Sans ces « épouvantables » réformes de l’Etat, les transferts auraient été bien plus élevés.

Doorbraak : Vous vouliez aborder ces transferts via un Fonds de redressement pour la Wallonie. On n’en a guère entendu parler au CD&V…

Bogaert : Quand la Banque nationale parle elle-même de 6 milliards d’euros de transferts, on le sait quand même, non ? Je me souviens encore comment Joëlle Milquet fut dans tous ses états quand la BN a dévoilé ce chiffre. Il s’agit en gros de mille euros par Flamand. C’est donc beaucoup. Trop. Dans ma petite commune de Jabbeke, c’est l’équivalent de notre budget total. C’est pourquoi j’ai lancé, en 2008, l’idée d’un « Fonds de redressement pour la Wallonie ». Donnons à la Wallonie, en une fois, le montant de sept années de transferts et quatre milliards en plus. Comme cela, on est quitte et nous pouvons obtenir une autonomie socio-économique. Tel était mon raisonnement. Si l’on m’avait alors suivi, tout cela serait maintenant réglé…

Doorbraak : Nous sommes aujourd’hui en 2016…

Bogaert : En effet, et ces transferts se poursuivent et ils ne diminuent pas. Vous savez, cela reste un problème pour la Flandre, mais également pour la Wallonie. Ce grand fossé que l’on observe au niveau de l’emploi, ils ne peuvent tout de même pas l’attribuer éternellement à la fermeture des mines de charbon, il y a plus d’un demi-siècle ?…  L’Europe nous impose un taux d’activité de 75%. Et la Wallonie se trouve à 55%.  C’est cette faiblesse que nous finançons donc de manière continue…

Doorbraak : Le problème est bien cerné, mais comment peut-on le résoudre ?

Bogaert : Il y en a qui croient que cela peut se régler par une politique socio-économique forte au niveau fédéral. Les transferts disparaîtraient ainsi d’eux-mêmes. Hélas, ça ne marchera jamais. C’est pourquoi je continue à plaider pour une réforme de ce pays, pour une « union personnelle » d’entités fédérées (de préférence deux). Je continuerai à porter le débat à l’intérieur et à l’extérieur du parti.

Doorbraak : Le Flamands devront avoir beaucoup de patience.

Bogaert : Notre autonomie est comparable à celle de la Catalogne, y compris en ce qui concerne le flux d’argent. Dans le contexte espagnol, les Catalans paient encore plus de transferts. Eux aussi sont en quête d’autonomie, avec des hauts et des bas. Et quant au tempo sur lequel nous progressons, nous pouvons discuter. Les Catalans peuvent faire descendre deux millions de personnes dans la rue. Et les Flamands ? Dix mille peut-être. Voilà la situation. De Wever tient le même langage.

Doorbraak : Avancer pas à pas plutôt que de rêver à un grand saut ?

Bogaert : Regardez, la scission de BHV fut aussi un travail de longue haleine. Je sais, nous avons payé beaucoup, peut-être trop. Et cela n’a pu stopper la francisation. Ce ne fut pas un projet parfait, mais je l’ai défendu, car cela représentait une délimitation importante de notre territoire. Et Wouter Beke s’est battu très fort pour cela. Je sais qu’à un certain moment, divers présidents de parti francophones se trouvaient autour de lui et disaient : « Tu vas plier. » Beke a répondu : « Je ne plie pas… » BHV est aujourd’hui scindé.

Doorbraak : Quelle est la force de la tendance flamingante au sein du CD&V ?

Bogaert : Le courant sous-jacent reste flamingant, même s’il faut pour cela se bagarrer. Au SP.A et à l’Open VLD, le parti qui redevient plutôt le PVV, il n’en est pas question. Au sein du CD&V, il y a des tendances, comme au sein du Vlaamse Beweging (il rit).

Doorbraak : Votre préférence va-t-elle, dans un proche avenir, à une coopération avec la N-VA ?

Bogaert : Pas nécessairement. J’ai été l’un des derniers partisans du cartel CD&V / N-VA. Ce n’est plus le cas aujourd’hui. La N-VA n’est pas toujours le parti le plus empathique. Le cartel appartient à l’histoire, il ne se reproduira pas. Pour moi, le tournant a été le « virage de Bracke » (Ndlr. : même le confédéralisme était relégué à l’arrière-plan et pour la N-VA, un programme socio-économique de droite devenait la priorité). Se distancier aussi explicitement du noyau du programme, cela m’a effrayé. Et l’explication – le PS sera lui-même demandeur d’une nouvelle réforme de l’Etat – n’était pas crédible. Que voyons-nous aujourd’hui ? Le PS n’est absolument demandeur de rien.

Doorbraak : Le débat communautaire reviendra certainement lors des prochaines élections. Où se situe la différence en la matière entre le CD&V et la N-VA ?

Bogaert : Il  y a une grande différence : on me dit – venant de la N-VA – que le but véritable de l’initiative de Hendrik Vuye et de Veerle Wouters est de faire voter par le Parlement flamand une motion pour proclamer l’indépendance de la Flandre. De Wever en aurait assez. Tout cela est bien beau. Mais que se passera-t-il ensuite ? Quelles seront les conséquences nationales et internationales ? Plus de questions que de réponses, je pense… Nous croyons qu’on ne peut progresser qu’en poursuivant la réforme de ce pays. Si nous réussissons encore une ou deux fois à obtenir une réforme de l’Etat raisonnablement substantielle, alors nous serons très proches de l’autonomie socio-économique pour les entités fédérées. Et pour moi, c’est ce qu’il faut faire.

Doorbraak : Hugo Schiltz (Volksunie) avait pourtant également dit que le Parlement flamand pouvait décider en définitive.

Bogaert : C’est tout de même un fameux saut à faire du bateau au quai : très risqué, car vous pouvez tomber à l’eau. Je ne conseillerais pas à la N-VA de tenter cela.

Doorbraak : Voulez-vous que votre parti aille aussi loin que vous ?

Bogaert : Ce que je dis, c’est le courant principal au sein du parti et il faut que cela le devienne encore davantage. Le CD&V a toujours compté beaucoup de Flamands convaincus dans ses rangs… En outre, je ferais attention au rôle du « ah oui, il y a encore Hendrik Bogaert »… Je m’investis pour faire passer mes idées. Une chose est sûre : la Wallonie n’ira pas mieux en maintenant mordicus la structure belge. Le problème n’est pas écarté. Donc, le débat reviendra. C’est ce qui s’est passé lors de la dernière réforme de l’Etat : sous la pression de la N-VA et d’une grande part du CD&V, Di Rupo n’a pu y échapper. Cela se reproduira encore.

Retrouver des couleurs

Lu ce matin dans le journal La Meuse  :

Fini l’écharpe aux couleurs de la Flandre !

écharpe échevinLes échevins wallons laisseront-ils bientôt la traditionnelle écharpe jaune et noir au placard? Ce mardi, la commission des Pouvoirs locaux du parlement wallon a en tout cas approuvé une proposition de résolution du PS réclamant que cette fameuse écharpe n’arbore plus les traditionnelles couleurs jaune et noir trop « associées à la Flandre ». La solution? Le jaune et le rouge, couleurs de la Wallonie.

QUESTION DE COHÉRENCE

« Les citoyens wallons ne comprennent pas que leurs échevins portent une écharpe aux couleurs d’une autre Région », a affirmé Dimitri Legasse (PS), porteur de cette résolution. « Cette démarche ne s’inscrit pas dans une volonté d’opposition à la Région flamande mais simplement dans la volonté d’une plus grande cohérence des symboles de la Région wallonne », a-t-il assuré, rejoint par le cdH. Le MR s’y est opposé, le député Olivier Maroy rappelant que les couleurs historiques fixées depuis 1837 étaient le fond noir et jaune avec frange rouge, soit les trois couleurs de la Belgique. Un arrêté du gouvernement Di Rupo en 2006 a fixé les couleurs jaune et noir pour l’échevin. Pour Stéphane Hazée (Ecolo), il devrait y avoir bien d’autres priorités plus fondamentales pour renforcer l’identité et la fierté wallonnes. Enfin, le député germanophone Edmund Stoffels (PS) s’est pour sa part abstenu, craignant la « schizophrénie » de devoir imposer telles ou telles couleurs aux échevins de l’est du pays. Un débat parlementaire qui s’est déroulé sous tension et où les noms d’oiseau ont volé. Bref, encore une histoire bien belgo-belge.

Chômage, arrêts maladie, congés … : la Belgique pas si généreuse

La Wallonie a été une des régions les plus riches du monde, avec de grands entrepreneurs. Elle a également été à la pointe du combat mené par la classe ouvrière pour une société plus démocratique et plus solidaire. Elle est profondément attachée aux mécanismes de la sécurité sociale et elle sait qu’elle est devenue, avec le temps, dépendante de la majorité flamande qui tire aujourd’hui la Belgique en veillant jalousement à ses propres intérêts.

De pionnière, la Wallonie est devenue la championne… de l’autodénigrement. Mais elle se rattrape en se proclamant « belge ». Evidemment, la fin annoncée de la Belgique suscite inquiétude, incrédulité, refus. La perpétuelle remise en question de la solidarité financière entre la Flandre et la Wallonie renforce, en Wallonie, le sentiment que le « royaume de Belgique » est un pays de cocagne auquel il faut s’accrocher pour ne pas tomber dans un trou sans fond. Cela n’aide pas la Wallonie à retrouver la confiance et à libérer tout son potentiel. La relation qui unit la Wallonie à la Flandre est loin d’être émancipatrice; à partir du moment où elle conduit la Wallonie à se nier elle-même, osons dire que cette relation est dommageable et même toxique.

La Belgique est devenue un héritage encombrant. Pour s’en défaire, il faut, régulièrement, que les habitants de Wallonie soient confrontés à la réalité des chiffres. Il faut répéter que la Belgique est davantage un problème qu’une solution. Ce qui donnera des perspectives à la Wallonie, ce n’est pas le confédéralisme à la belge ou à la flamande…

Allocations de chômage, congés, arrêts maladie…En se basant sur une vaste étude de données provenant de l’OCDE et de la Commission européenne, Le Figaro a fait la comparaison de ces avantages sociaux à travers le monde. La position de la Belgique dans ce classement est parfois étonnante.

prestations sociales

Le journal français Le Figaro a analysé les données de l’étude Glassdoor Economic Research sur les meilleures prestations sociales – allocations de chômage, rémunération lors des arrêts maladie, durée des congés de maternité et paternité, nombre de jours de congés payés et de jours fériés – à travers une petite vingtaine de pays, de l’Allemagne à la Norvège, en passant par la France, la Belgique, les Pays-Bas, le Royaume-Uni et les États-Unis.

La politique sociale menée à travers l’Europe se révèle, et ce n’est pas nouveau, bien plus généreuse que celle adoptée aux États-Unis où certaines tranches de la population n’ont pas accès à la sécurité sociale et où les employés n’ont que très peu de jours de congé. L’étude pointe de grandes disparités entre les systèmes des différents pays analysés. Les prestations de la Belgique dans ce classement sont parfois étonnantes.

Congés annuels

L’étude a analysé les jours non travaillés dans 17 pays. La Suède, la France et le Danemark sont les pays les plus généreux en terme de vacances. Ils offrent à leurs travailleurs un minimum de 25 jours de congés payés annuels. La Belgique, l’Italie, la Grèce, l’Allemagne, le Portugal et la Suisse se conforment au minimum légal de 20 jours par an. En France, 10 jours fériés s’ajoutent aux 25 jours de congés payés, ce qui place le pays juste derrière l’Espagne (14 jours fériés) et l’Autriche (13 jours fériés). En Belgique, l’octroi de congés est très différent selon les règlements en vigueur dans les entreprises (publiques ou privées). A noter qu’aux États-Unis, il n’y a pas de congés payés obligatoires, mais les sociétés octroient la plupart du temps au minimum une dizaine de jours par an.

Allocations de chômage

Le pays qui se montre le plus généreux avec ses chômeurs est le Danemark. Le gouvernement danois offre en effet 90 % des revenus en cas de chômage pour une durée pouvant s’étendre jusqu’à 104 semaines (2 ans). La Belgique et les Pays-Bas proposent également des avantages sociaux très attractifs. En bas du classement, le Royaume-Uni qui propose seulement 66 à 84 euros par semaine, selon l’âge, et ce pour une durée maximale de 26 semaines.

En cas d’arrêt de travail pour maladie, c’est aux Pays-Bas que le système est le plus attrayant pour les travailleurs qui peuvent s’absenter jusqu’à 104 semaines tout en continuant à percevoir 70 % de leur salaire pendant l’intégralité de cette période. Les employés allemands peuvent s’absenter 78 semaines maximum, ils perçoivent dans ce cas 100 % de leurs revenus au début, 70 % par la suite. En Belgique, le taux de remplacement est variable, selon les barèmes en vigueur, et la période maximale d’absence est de 52 semaines. Dans l’Hexagone, le congé maladie peut durer jusqu’à 26 semaines, et ouvre les droits à une indemnisation financière à hauteur de 50 % des revenus de l’employé.

Congés parentaux

On aurait pensé retrouver les pays scandinaves en haut du classement des pays les plus généreux en termes de congés parentaux, ce sont pourtant la France et l’Allemagne qui ont mis en place le congé parental le plus long: 156 semaines, soit 3 ans, dont 52 semaines sont rémunérées en Allemagne et 26 en France. C’est au niveau de la durée maximale des rémunérations que la donne change. La Suède se démarque en proposant pas moins de 69 semaines de congés rémunérés. La Belgique, pour sa part, en propose beaucoup moins: 17. La Suisse n’a pas appliqué de congé parental légal et si en Irlande et en Angleterre, le congé parental est de 18 semaines pour chacun des parents, il se prend sans solde.

Congé de maternité/paternité

Pour la mère

Tous les pays européens prévoient un congé de maternité légal d’au moins 14 semaines. Le congé le plus long proposé est, de loin, celui du Royaume-Uni, talonné par l’Irlande. Ces deux pays offrent respectivement 52 et 42 semaines. En matière de compensation financière, les nouvelles mères autrichiennes, danoises, françaises, allemandes, néerlandaises et espagnoles touchent 100 % de leurs revenus antérieurs pendant l’intégralité de leur congé. Le pays le moins généreux en termes d’indemnisation financière est l’Irlande, avec seulement 26 semaines rémunérées sur 46, sur la base forfaitaire de 230 euros par semaine. La Belgique offre moins de semaines (15), mais elles sont rémunérées à 75 % du dernier salaire. Elle se place devant l’Allemagne et la Suède.

Pour le père

Le congé de paternité n’est pas réglementé par l’Union européenne, mais bien par les gouvernements de chaque pays. En Belgique, le nouveau père a droit à 10 jours de congés rémunérés. La Finlande ne faillit pas à sa réputation de pays encourageant l’égalité homme-femme dans ce domaine. Elle se montre la plus généreuse avec 45 jours payés pour le papa. Au contraire de la Norvège, qui lui octroie 10 jours, mais sans salaire. En Italie, le papa a droit à un seul jour et à deux aux Pays-Bas tandis que les pères allemands, irlandais et suisses ne bénéficient d’aucun droit à la naissance de leur enfant.

Tous les chiffres en détail ICI

Les exclus sont principalement des Wallons

Quand il s’agit de réduire les droits sociaux, les mesures prises par le gouvernement fédéral pénalisent davantage les francophones et cela n’a rien de surprenant, parce qu’ils sont les plus fragiles et parce que le rapport de force, au niveau politique, est nettement favorable à la Flandre. Il ne suffit pas d’avoir un premier ministre wallon et socialiste pour échapper à la réalité d’un pays de moins en moins solidaire.

Lu sur le site du journal Le Soir :

La grande majorité des personnes privées d’allocations depuis le 1er janvier vivent en Wallonie et à Bruxelles. Charleroi, Mons, Liège et Verviers sont les plus touchées.

chômeurs exclusLorsque le gouvernement Di Rupo avait adopté la mesure, la FGTB avait prédit un « tsunami social ». Si la vague d’exclusion du chômage tant redouté est là, elle est essentiellement francophone, et spécifiquement wallonne. Selon les chiffres du ministère de l’Emploi, la Flandre ne compte que 17 % des exclusions, contre 66 % en Wallonie. Au total, 25.040 personnes ont perdu leurs allocations d’insertion sur les premiers mois de l’année 2015.

Ces premières statistiques montrent une réalité sociale qui est aussi très contrastée au sein des Régions. Plus de 51 % des chômeurs sanctionnés viennent des seules provinces de Liège et du Hainaut, et sont essentiellement concentrés dans les plus grandes villes (Mons, Charleroi, Liège, Verviers…). D’un autre côté, Luxembourg, Brabant wallon et Namur apparaissent relativement protégés.

Autre aspect, et ce n’est pas une surprise : les femmes sont les premières touchées par les exclusions (61 %). Une situation qui s’explique par le fait que les femmes sont davantage sous contrat à temps partiel. Elles totalisent donc plus difficilement les périodes de travail minimales pour bénéficier des allocations de chômage.

La Wallonie avec la France en Europe et dans le monde