Archives pour la catégorie Economie

Liberté – Egalité – Fraternité et l’ Union fait la Force

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Dans le Nord, des agriculteurs s’allient avec succès pour court-circuiter la grande distribution

 

« On marche très bien sans elle! ». Elle, c’est la grande distribution que plusieurs producteurs du Nord ont décidé de court-circuiter en ouvrant dans l’agglomération lilloise un magasin, « Talents de fermes », dont le succès populaire a permis près de 30 créations d’emplois.

Dès l’entrée du hangar de 300 m2 situé à Wambrechies, le consommateur tombe nez-à-nez avec une immense photo de groupe des 13 exploitants à l’origine du projet, dont le leitmotiv est de vendre des produits de qualité, frais et surtout de saison.

« L’idée est surtout de nous rapprocher des consommateurs, confie Emmanuelle Lambin, productrice de fruits, en nous rendant indépendants le plus possible ».

Alors que le monde agricole traverse une énième crise en raison des prix exigés par les distributeurs jugés trop bas, certains producteurs voient leur salut dans les circuits courts, à l’instar de « Talents de fermes » qui fête le 19 août son premier anniversaire.

« On a laissé tomber la grande distribution car ils imposent leurs prix, leur qualité et le calibre des produits. Nous n’avons pas peur de vendre des produits moches à partir du moment où ils sont bons et de saison! », argue Isabelle Ruhant, maraîchère de légumes bio.

Ainsi, à la mi-août, plus question de trouver des cerises sur les étals mais plutôt des pommes, tomates ou courgettes du coin.

Pour elle et ses compères, la consommation doit constituer un acte citoyen où l’acheteur doit se transformer en « consom’acteur », animé aussi par la lutte contre le gaspillage alimentaire, qui s’effectue « à titre individuel mais surtout au niveau de la grande distribution ».

« Les distributeurs me demandaient de produire, mais sans réfléchir. Aujourd’hui, je peux prévoir mes stocks et je ne jette plus de légumes, alors qu’en 2014, quand j’étais en contrat avec eux, j’ai dû jeter plus de 12 tonnes de carottes », raconte Georges Eric Vermon, maraîcher de 33 ans de la commune voisine de Marcq-en-Baroeul.

Sur les étals ne se trouvent que des produits locaux issus de l’une des 13 exploitations dont la plus lointaine, celle d’un éleveur de « porcs élevés sur paille », est à 80 km.

« Goûtez-moi cette tomate! », s’exclame M. Vermon, tendant un fruit encore chaud, cueilli dans la matinée. « Pas le temps de les mettre au frigo avec nous », plaisante-t-il.

Et ça marche: outre le chiffre d’affaires de plus de 2 millions d’euros, soit « deux fois plus qu’attendu », 28 emplois à temps-plein ont été crées, « non délocalisables ». Plus de 250 clients, des environs mais aussi de Lille voire de Belgique, fréquentent quotidiennement le magasin, dont certains sont déjà des habitués.

« Habitant à côté, je viens régulièrement pour la qualité et la fraîcheur de leurs produits. Et si en plus je peux aider des agriculteurs locaux… », déclare Myriam Catteau, son panier rempli de légumes et de jus de pomme artisanal.

Tous les clients adoptent en effet une démarche militante pour soutenir des producteurs ayant osé le pari risqué de l’indépendance. Malgré la disparition des intermédiaires, les prix restent similaires à ceux de la grande distribution.

« Nous, on fixe le prix de vente par rapport à notre prix de revient », précise Mme Lambin. « On veut juste gagner correctement notre vie pour l’investissement qu’on y consacre ».

Tous arrivent à présent à vivre de leur métier, écoulant leurs denrées en vente directe puis à « Talents de fermes ». S’ils produisent toujours autant en quantité, les exploitants ont diversifié leurs productions, contrairement à la grande distribution qui leur demandait de se spécialiser sur un ou deux produits.

Avec près de 70 heures d’activité par semaine, partagées entre le temps sur l’exploitation, la quinzaine d’heures de permanence dans le magasin ou encore les réunions hebdomadaires, la charge de travail est lourde.

« On ne compte plus! », s’amuse Pascale Baron, productrice de produits laitiers qui explique que tous ont dû apprendre à gérer un magasin, sa communication ou l’échange direct avec les clients.

« Notre motivation, on la trouve dans la satisfaction des clients quand on leur prodigue des conseils ou des idées de recettes par exemple, ce qu’ils ne trouveront pas en grande surface », indique Mme Ruhant.

« On sait pourquoi on se lève le matin, on est fiers d’avoir monté ce projet », conclut-elle, les yeux pétillants. 250 autres points de vente de ce type existent dans l’Hexagone.

 

Le capital au XXIe siècle

La revue Sociologie publie, dans sa version électronique, une rubrique de comptes rendus d’ouvrages récents en sociologie.

À propos de Thomas Piketty, Le Capital au XXIe siècle (Seuil, 2013)

Christian Baudelot et Roger Establet

Référence(s) :

Thomas Piketty (2013), Le Capital au XXIe siècle, Paris, Editions du Seuil, coll. « Les Livres du monde », 916 p.

Deux extraits du résumé écrit par Christian Baudelot et Roger Establet ont particulièrement retenu notre attention : « Un livre capital » et « une morale républicaine ».

Thomas PikettyUn livre capital

Rares sont les époques où la vie économique et sociale du monde a connu des bouleversements d’aussi grande ampleur que ceux que nous vivons depuis le milieu des années 1970. Aucun pays de la planète n’échappe à cette lame de fond dont les retentissements se font sentir dans la vie quotidienne de tous les citoyens de la planète. Mondialisation, crises économiques et financières à répétition, chômage de masse dans les pays développés, taux de croissance vertigineux des pays émergents, émigration‑immigration à vaste échelle, envolée des prix de l’immobilier, dictature de la finance à tous les étages, impuissance de la politique, nouvelles technologies des communications, individualisation des comportements, difficultés pour les jeunes et les adultes d’aujourd’hui de se projeter dans l’avenir… De nouvelles formes d’inégalités apparaissent en matière de logement et d’accès à la propriété, entre classes d’âge, les jeunes étant ceux dont les difficultés sont les plus grandes. Chacun sent bien que le monde d’aujourd’hui ne ressemble plus à celui d’hier. Et que tout va très vite. Nous avons beau ne plus nous satisfaire de l’invocation rituelle de la crise comme d’un mauvais moment à passer en attendant le retour de la croissance et savoir d’expérience que la crise est l’état normal du fonctionnement de l’économie capitaliste, nous manquons tous d’une intelligence claire de la logique de tous ces bouleversements qui nous affectent.

Les sciences sociales sont silencieuses. Trop tôt pour les historiens : ils manquent de recul. Trop global pour les sociologues. Ces derniers ont délaissé pour de bonnes raisons la sociologie théorique générale pour des enquêtes et des analyses empiriques de terrain mais du coup, ils peinent à accéder à une vue d’ensemble bien que des analyses très pertinentes du changement aient été menées dans de nombreux secteurs, logement, structure de classes, immigration, jeunes et vieux, précarité, intégration, montée des inégalités, etc… Pour une fois, c’est de l’économie que nous vient la lumière sous la forme d’un grand livre à la hauteur de tous ces bouleversements, pas seulement par sa taille (près de 1 000 pages), mais surtout par la puissance explicative de l’analyse, qui donne un sens à l’époque que nous vivons, de même qu’à beaucoup de mutations et de changements observés par les sociologues. Livre d’économie certes, mais d’une économie qui revient aux fondamentaux de la discipline telle qu’elle s’est élaborée aux XVIIIe et XIXe siècles. Une économie politique au sens premier du terme, c’est‑à‑dire une économie qui ne se borne pas à traiter des dimensions monétaires des phénomènes mais qui élargit son objet aux dimensions politiques, démographiques, sociales, militaires de ces mêmes phénomènes considérés dans une perspective historique de moyen et de long terme.

Le livre est clair et bien charpenté. Assez clair en tous cas pour pouvoir être résumé fidèlement en peu de mots à différents niveaux :

  • en une formule de trois signes : r>g, ou r est le rendement du capital et g le taux de croissance.

  • en une phrase : avec une croissance faible et des rendements du capital supérieurs au taux de croissance, le capital accumulé dans le passé tend à tout dominer.

  • en deux phrases : l’évolution de la répartition des richesses et de la structure des inégalités depuis le 18e siècle montre que ce sont les guerres qui ont fait table rase du passé et transformé la structure des inégalités. Mais certaines inégalités patrimoniales que l’on croyait révolues semblent en passe de retrouver leurs sommets historiques.

  • en trois phrases…, etc… etc…

Le texte est si limpide que le lecteur oublie volontiers que le premier mérite de ce livre repose sur une masse extraordinaire de données de long, moyen et court termes. Son auteur a l’élégance de dissimuler la sueur, les heures et les années de travail que lui ont coûté, à lui et ses nombreux correspondants aux quatre coins du monde, le recueil de ces données et surtout la construction de séries temporelles homogènes à travers le temps et l’espace. Le chercheur est aussi un grand pédagogue : il conduit son lecteur par la main tout au long de ces 916 pages, avec une grande patience, sans craindre parfois de se répéter pour être bien sûr que le message est compris. Les concepts utilisés sont toujours définis de façon simple, il y a des résumés en fin de chapitre et des introductions qui font le bilan des acquis. Les qualifications requises pour bien profiter du livre sont simples : un intérêt pour comprendre ce qui nous arrive et ce qui nous attend et la maîtrise des quatre opérations. Le lecteur bénéficie aussi d’un accès direct à toutes les données statistiques exposées dans le livre et aux principes de leur construction sous la forme de tableaux XL téléchargeables sur le site de l’auteur.

Une morale républicaine

« Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l’utilité commune. » L’article premier de la Déclaration des droits de l’homme figure en exergue du livre ; elle anime de son esprit républicain l’ensemble de la démonstration jusqu’à fonder en morale la distinction conceptuelle qui sert d’armature théorique à l’ensemble de l’ouvrage : les revenus du capital d’un côté, les revenus du travail de l’autre. De ces deux sources de richesses, laquelle est la plus abondante ? Laquelle est la plus rémunératrice ? Hériter ou travailler ? Vieille question s’il en fut, puisque c’est celle‑là même que Vautrin résout à sa façon en conseillant à Rastignac d’épouser Victorine, une riche héritière. Il est exceptionnel qu’un économiste fasse état de ses convictions personnelles dans une publication scientifique. La certitude de toujours tenir un discours objectif et universel, grâce en particulier à la mathématisation de leurs démonstrations, les en détourne. Partageant bien évidemment avec ses collègues ce même souci d’objectivité, T. Piketty s’en distingue toutefois en faisant état, dès l’introduction, du contexte social et politique de sa formation intellectuelle. Il avait 18 ans en 1989, l’année du bicentenaire de la révolution française et de la chute du mur de Berlin. Il partage, de la première à la dernière page de l’ouvrage, l’idéologie méritocratique des révolutionnaires de 1789.

La force du livre, celle qui soutient l’intérêt du lecteur tout au long du voyage, tient aux enjeux politiques et moraux qui sous‑tendent l’analyse économique et statistique. À quel type de société, à quelle morale nous conduisent les métamorphoses de la relation entre capital et travail depuis le XVIIIe siècle ? La révolution française, les révolutions bourgeoises, industrielles et politiques, qui l’ont suivie au cours des deux siècles suivants ont toujours cherché à mettre à bas un ancien régime fondé sur les privilèges de la naissance et de l’héritage et à promouvoir un nouvel ordre social où le mérite individuel et le travail devenaient les sources légitimes de la richesse et des statuts sociaux. Ce nouveau régime était loin d’assurer l’égalité mais, si fortes qu’elles soient, ces inégalités pouvaient se justifier par des principes républicains : la quantité et la qualité du travail fourni, l’utilité des compétences, comme l’indiquait d’ailleurs à sa manière l’article 6 de la même déclaration des Droits de l’homme : « Tous les Citoyens étant égaux à ses yeux, sont également admissibles à toutes dignités, places et emplois publics, selon leur capacité, et sans autre distinction que celle de leurs vertus et de leurs talents. » T. Piketty a clairement choisi son camp et ne s’en cache jamais : il est du côté de la capacité, de la vertu et du talent et contre l’héritage. Ces convictions profondes organisent le raisonnement et l’exposition des faits. Objectif, l’économiste est aussi un citoyen engagé.

La Belgique se chauffera bientôt au gaz de schiste américain

Un ami nous envoie une information issue du site de la RTBF

Le gaz de schiste suscite une grande polémique en Europe.

 

Le gaz de schiste suscite une grande polémique en Europe. – © JEFF PACHOUD – AFP
RTBF Publié à 09h38

Pour nous chauffer, il y a le mazout, l’électricité et le gaz. Et bientôt, en Belgique, le gaz de schiste. Le transporteur de gaz Fluxys va approvisionner le royaume en gaz de schiste américain.

Le gaz de schiste est un gaz naturel enfoui le plus souvent à très grande profondeur, entre 1500 et 3000 mètres, dans des roches compactes. Des méthodes d’extraction bien spécifiques sont nécessaires, et c’est là que naît la polémique. Car percer ou faire exploser la roche pour extraire le gaz peut provoquer des dégâts sur le plan écologique.

Comment ce gaz va-t-il traverser l’Atlantique?

26 cargos de gaz naturel liquéfié seront transportés jusqu’à Dunkerque. Le transport choisi dépend d’un contrat entre EDF et le groupe américain Chenière. Or Fluxys est relié à ce terminal de Dunkerque. Laurent Remy, porte-parole de Fluxys, s’en réjouit :  » Ce qui est bien sûr très bon pour la sécurité d’approvisionnement du pays. Et c’est bon pour la compétition aussi. Finalement, cela va faire baisser les prix à terme pour le consommateur final. D’autre part, ça réaffirme aussi la position de plaque tournante pour le réseau belge. « 

Ce gaz pourrait transiter vers l’Allemagne. L’approvisionnement du terminal de Dunkerque devrait débuter dans quelques mois.

Les pays émergents rachètent des fleurons de l’économie en Europe

5 Août 2015

Par Charles-André Aymon Terre industrielle devenue paradis des investisseurs, le Vieux-Continent constitue le terrain de chasse des milliardaires venus de pays émergents. Tour d’horizon.

Fusions et acquisitionsLes perles industrielles et emblématiques de l’Europe pleuvent sans discontinuer dans l’escarcelle de nouveaux riches venus de Chine, du Qatar, d’Indonésie, de la Russie, de l’Inde et d’une nuée de pays émergents. Ils semblent aussi avides des richesses symboliques de l’Occident que de véhicules d’investissement.

France

En janvier 2015, l’emblématique Club Med passait sous pavillon chinois. L’entreprise a été rachetée par le milliardaire de 47 ans Guo Guangchang. Surnommé le «Warren Buffett chinois», ce self-made-man, qui a passé sa jeunesse dans une ferme, multiplie les acquisitions en Europe et aux Etats-Unis.

Le secteur viticole français attire lui aussi l’Empire du Milieu. Le 6  janvier dernier, le rachat de Château Renon a porté à 100 le nombre de domaines du Bordelais détenus par des Chinois. L’investisseur, le milliardaire James Zhou, a fait fortune dans les emballages agroalimentaires et veut faire découvrir les vins liquoreux à la Chine.

L’hôtellerie française fait elle aussi l’objet de convoitise. Alors que onze des douze palaces parisiens sont déjà détenus par des groupes étrangers, l’InterContinental Paris Le Grand est passé aux mains de Constellation en mai dernier. Derrière ce groupe, on trouve le fonds d’investissement d’Etat qatari.

Italie

Depuis la crise, d’importantes entreprises italiennes ont été rachetées, totalement ou partiellement, par des hommes d’affaires des économies émergentes. C’est  le cas des deux équipes de foot de Milan: le 15 octobre 2013, Massimo Moratti, président de l’Inter, annonçait la cession de 70% du club au milliardaire indonésien Erick Thohir, fondateur de Mahaka Group, géant du secteur des médias. En juin dernier, le magnat thaïlandais Bee Taechaubol, qui dirige le groupe financier Thai Prime, a déboursé 480  millions d’euros pour obtenir 48% de l’AC Milan.

Mais l’intérêt des investisseurs ne se limite pas qu’au sport. La griffe Gianfranco Ferré a été rachetée en 2011 par Paris Group, société de Dubaï contrôlée par les hommes d’affaires Abdelkader et Ahmed Sankari. En 2012, le fonds d’investissement anglais Permira a vendu la célèbre marque de mode Valentino à l’émir du Qatar, Hamad bin Khalifa al Thani (via la société Mayhoola for Investments) pour 700  millions d’euros.

Allemagne

Les investisseurs issus des pays émergents sont aussi attirés par le prestige du label «made in Germany». Liang Wengen, président du fabricant de machines-outils chinois Sany Heavy Industry, s’est ainsi offert le puissant groupe Putzmeister, fabricant de pompes à béton, en 2012. Putzmeister passait pour l’un des joyaux du «Mittelstand» allemand – cette clé de voûte de l’économie germanique, constituée de sociétés familiales aux technologies innovantes capables de dominer des marchés de niche.

Toujours dans le secteur de l’industrie à haute valeur ajoutée, le groupe chinois CNBM, géant des matériaux de construction, s’est offert successivement plusieurs sociétés allemandes spécialisées dans les films photovoltaïques: CTF Solar en 2012, puis Avancis l’an dernier.

L’énergie attire, elle aussi, les investisseurs: en mars dernier, un consortium mené par le milliardaire russe Mikhail Fridman a racheté Dea, filiale d’extraction pétrolière et gazière du groupe RWE, deuxième producteur d’électricité en Allemagne.

Grande-Bretagne

Ces dernières années, certaines des marques britanniques les plus emblématiques du royaume sont passées sous contrôle étranger. Le géant indien Tata s’est ainsi offert la marque de thé Tetley en 2000 et le prestigieux constructeur automobile Jaguar Land Rover en 2008. Dans le domaine de la distribution, la célèbre enseigne Harrods a été rachetée en 2010 par Qatar Holding, la société d’investissement du fonds d’Etat qatari.

Les groupes chinois ne sont pas en reste. La chaîne de grands magasins House of Fraser a été rachetée en 2014 par Sanpower, dirigée par l’homme le plus riche de l’Empire du Milieu, Yuan Yafei. Ancien homme politique local reconverti dans les affaires, Yafei envisage d’ouvrir plus de 1100 grands magasins en Chine.

Les plus grands clubs de football attirent eux aussi les convoitises des pays émergents. Le club de Chelsea a été racheté par le milliardaire russe Roman Abramovitch en 2003, tandis que Manchester City, autre club de Premier League, a été racheté en 2008 par le cheikh Mansour, membre de la famille royale d’Abu Dhabi.

Espagne

Il y a deux ans, une analyse de BNP Paribas annonçait que l’Espagne allait devenir, à la faveur de la crise, un terrain de chasse pour les groupes étrangers. Voici quelques-unes des acquisitions les plus symboliques.

En janvier dernier, le Chinois Wang Jianlin, 42e entrepreneur le plus riche au monde, est rentré au capital du club de football Atlético de Madrid à hauteur de 20%. Mais c’est l’acquisition de l’immeuble historique madrilène Edificio España, pour un montant de 265 millions d’euros, qui l’a amené à la une des journaux espagnols.

En 2011, la société International Petroleum Investment Company (IPIC), détenue par l’émirat d’Abu Dhabi, a acquis 100% de la Cepsa, la deuxième compagnie pétrolière espagnole. Déjà sponsor maillot du FC Barcelone, via Qatar Airways, le fonds qatari est aussi devenu propriétaire de deux hôtels de luxe de la région: l’Hôtel Renaissance et l’Hôtel W, rachetés, respectivement, pour 78,5 et 200  millions d’euros.

« Un scénario à la grecque en Wallonie »

« Grèce: j’ai honte pour l’Europe », proclame Elio Di Rupo sur le site du PS. « Au cours des dernières années, aucun autre peuple européen n’a consenti autant de sacrifices que les Grecs. » C’était la position du Parti socialiste avant le référendum de ce dimanche. On OXIsait maintenant que la Grèce a pris le risque de se fâcher avec l’Union européenne en refusant de se plier à la volonté de ses créanciers.

« Je soutiens la Grèce, je soutiens Syriza. L’attitude de l’Union européenne est intenable, non seulement pour les Grecs mais aussi pour la zone euro. Après cinq années d’échecs cuisants, ces penseurs continuent à mener une politique d’austérité insupportable. » Ces propos, Elio Di Rupo les tenait déjà devant les militants socialistes il y a une semaine. Le magazine Le Vif/L’Express les rapporte en introduction d’un article intitulé « Le psychodrame grec réveille la fracture francophone ».

La réaction de la Grèce divise l’opinion publique. Héroïque aux yeux de certains, criminalisée par d’autres, elle n’a pas fini de se débattre au milieu de ses difficultés financières. « Il y a un parallèle évident à faire entre ce qui se passe en Grèce et la situation en Wallonie », a déclaré Pierre-Yves Jeholet, chef de groupe MR au parlement wallon. Voici comment il s’en explique dans le Vif/L’Express :

« L’endettement de la région s’élève à 20 milliards d’euros. Nous devions avoir un déficit de 450 millions d’euros en 2015 mais, à la suite de l’ajustement budgétaire, il s’élèvera à 685 millions. Le Conseil économique et social wallon met en garde contre un déficit qui pourrait s’élever à plus d’un milliard en 2018. Ce sont des chiffres qui interpellent quand on sait qu’en outre, le mécanisme de transition de la loi de financement imposera la perte progressive de 550 millions d’euros d’ici dix ans et que la fin de mécanismes de solidarité coûtera quelque 600 millions d’euros. »

Et d’enchaîner : « La Grèce est dans le mur et, à ce rythme-là, la Wallonie va dans le mur ! La vérité, contrairement à ce que dit Elio Di Rupo, c’est que les responsables grecs manquent de courage et de sens des responsabilités. Le discours est le même au niveau du gouvernement wallon. Christophe Lacroix, ministre du Budget, affirme qu’on ne peut pas pratiquer l’austérité pour l’austérité. Mais c’est se mettre la tête dans le sable, car nous sommes exactement dans un scénario à la grecque ! »

Votre prochaine facture d’électricité va « faire mal », surtout si vous habitez en Wallonie

Thierry D sur le site de RTL/TVI

Les distributeurs d’électricité ont été mis à contribution par le gouvernement. Du coup, les coûts supplémentaires seront répercutés sur les consommateurs…

Votre prochaine facture d’électricité pourrait être « douloureuse », surtout si vous habitez en Wallonie. Entre votre facture de mai et celle de juin, la hausse du tarif devrait varier entre 4% et 25%, une augmentation sensible. La cause ? Le gouvernement a décidé l’an dernier d’imposer les distributeurs d’électricité comme des sociétés, et non comme des personnes morales. En Wallonie, cela représente un surcoût de 47 millions d’euros, que les distributeurs vont répercuter sur les consommateurs.

« Le consommateur est un peu l’éternelle victime. C’est le consommateur-payeur« , a réagi Julie Frère, porte-parole de Test-Achats. Pour l’association, il y a néanmoins un souci: le gouvernement ne respecte pas ses engagements. « Dans son accord, le gouvernement avait déclaré qu’il veillerait à maintenir le pouvoir d’achat des ménages. Or, on voit que c’est tout le contraire qui se passe« , a conclu Julie Frère.

Que payez-vous exactement avec votre facture?

Le montant total d’une facture d’électricité est l’accumulation de trois coûts: l’électricité (34%), les taxes directes (18%) et les frais de distribution (48%). Ce sont ces frais de distribution qui augmentent désormais.

A Bruxelles par contre, l’effet de cette mesure est moindre car les tarifs étaient en baisse. Bien entendu, la baisse sera du coup moindre, mais il n’y a pas de surcoût prévu pour les consommateurs bruxellois.

Par contre, tous les Belges pourraient se retrouver dans le même panier lors d’une autre augmentation qui pointe à l’horizon. En effet, le gouvernement envisage de ramener la TVA sur l’électricité de 6% à 21%.

Ndlr : le site ne parle pas de la situation qui va prévaloir en Flandre. Nous pouvons supposer qu’elle sera très différente de celle vécue en Wallonie. Qui ose encore dire que nous vivons dans un même pays qui s’appelle Belgique ?

« la Wallonie subira-t-elle le même sort que la Grèce ? »

Lu sur le site de 7sur7

16/06/15 

Des représentants des communes et des CPAS de Wallonie ont dressé mardi, devant la Commission des Pouvoirs locaux du Parlement wallon, un tableau sombre de leur situation financière, ce qui nous amène à nous poser la question suivante :  » la Wallonie subira-t-elle le même sort que la Grèce ? »

Le président de l’Union des Villes et des Communes de Wallonie, Jacques Gobert, reconnaît que certaines avancées ont été amorcées mais constate néanmoins que celles-ci s’analysent plus comme une « moindre accélération de l’aggravation d’une situation déjà gravissime que comme une embellie satisfaisante ».Il relève plusieurs grands défis pour les pouvoirs locaux et leurs finances, dont en premier lieu la question des charges reportées sur les entités locales par les autres niveaux de pouvoir, « sans transfert de moyens suffisants ».

Ainsi, en 2015, près de 332 millions d’euros, dont 316 millions de reports de charge du fédéral et 15,9 millions de la Région, manqueront aux communes et aux CPAS.

Un autre défi concerne le coût croissant de la charge des pensions statutaires des pouvoirs locaux, estimé à près d’un milliard d’euros entre 2015 et 2018 pour l’ensemble des pouvoirs locaux wallons (hors provinces).

Touchant plus directement les CPAS, la réforme du chômage et l’exclusion de certains bénéficiaires pèsent sur les finances des centres publics d’aide sociale. Les CPAS constatent ainsi une hausse du nombre de bénéficiaires du revenu d’intégration sociale et ce alors que « la compensation promise par le fédéral pour les fins de droit se fait attendre », a constaté le vice-président de la Fédération des CPAS, Philippe Defeyt.

L’intérêt de créer des synergies entre les différents acteurs des pouvoirs locaux a été soulevée par les orateurs et les députés devant la Commission.

La Wallonie crée sa propre Sécu

Là, nous allons entrer dans le dur, dans ce qui touche la vie de tous les jours de nos concitoyens wallons. C’est la première étape des conséquences de la 6e réforme de l’état belge, mais non la dernière puisque la Flandre a promis une 7e réforme après la parenthèse du gouvernement Michel. En termes cyclistes, je dirai que c’est une étape de plat avant l’étape de montagne que constituera la suivante.

Je ne puis bien sûr qu’énoncer ma satisfaction de voir les lignes de force bouger. Cela rejoint les signets que l’AWF distribue en ce moment : « prendre le temps de la réflexion… Une Wallonie maîtresse de son destin germe en vous ? Découvrez le projet d’intégration-autonomie de la Wallonie dans la République française. » Le temps est proche où notre projet prendra place dans le débat qui s’imposera quant à l’avenir de la Wallonie.

Devenir membre de l’AWF, c’est vouloir participer à ce débat sur notre avenir, sans tabou, mais avec cette volonté aussi d’écouter les arguments de l’Autre.

Paul D.

19/06/15 à 10:07 – Mise à jour à 10:07

Source : Le Vif/l’express

L’administration chargée de gérer les compétences sociales transférées par la sixième réforme de l’Etat voit enfin le jour.  » Un tournant stratégique à ne pas rater », prévient le ministre CDH Maxime Prévot.

La Wallonie crée sa propre Sécu

Paul Magnette (PS), Paul Furlan (PS) et Maxime Prevot (CDH). © Belga

« C’est la naissance d’un embryon de sécurité sociale wallonne ! » Maxime Prévot, vice-président CDH du gouvernement wallon, n’est pas peu fier de présenter son nouveau-né : après onze mois d’une lente gestation, l’organisme d’intérêt public (OIP) compétent pour la politique de la santé, de la famille et du handicap au sud du pays va enfin voir le jour. « Cette décision peut sembler obscure pour le citoyen lambda, mais cela concerne des millions de personnes, avec un budget qui se compte en milliards insiste-t-il. Il s’agit d’un tournant stratégique que nous devons absolument réussir. »

La création de cet OIP, que le gouvernement wallon devrait entériner semaine prochaine, est la conséquence immédiate de la sixième réforme de l’Etat, qui confère des pans entiers de la politique sociale et familiale aux Régions. L’enjeu n’est pas mince : toutes entités confondues, les montants transférés dans ces domaines s’élèvent à 20 milliards d’euros dont 6 pour la Wallonie. Pour gérer ce pactole, l’OIP fusionne plusieurs administrations wallonnes et ex-fédérales : ce nouveau mastodonte en devenir emploiera quelque 570 personnes. Mission : veiller à ce que ces politiques se perpétuent malgré un contexte budgétaire délicat.

« Si demain, par défaut de prévoyance, des familles wallonnes ne recevaient plus leurs allocations familiales sur leur compte, ou que des personnes âgées dépendantes ne pouvaient être prises en charge, nous serions accusés d’être passés à côté de notre impératif de bonne gestion publique », prévient Maxime Prévot. Ce n’est pas gagné d’avance, il est vrai : à partir du 1er janvier 2022, en vertu de la nouvelle loi de financement, la Wallonie ne percevra plus que 90 % des moyens financiers pour mener ces politiques sociales. Il faudra resserrer les boulons. Et changer les politiques.

Allocations familiales : la révolution tranquille

Le volet le plus « lourd » de tous les transferts opérés par la sixième réforme de l’Etat, ce sont les allocations familiales. Masse budgétaire : 2,2 milliards d’euros. « Avec la réduction des moyens qui nous sont dévolus à terme, il va falloir repenser la façon dont nous les gérons, confirme Maxime Prévot. On doit quitter le régime post-Seconde Guerre mondiale de stimulation de la natalité : nous ne sommes plus dans un schéma comme celui-là. Le rang de l’enfant a, en outre, une moindre pertinence avec les familles recomposées. L’idée de base, à l’avenir, sera qu’un enfant égale un enfant. » En clair : on ne payera plus d’allocations familiales plus élevées à partir du troisième enfant.

Le gouvernement wallon vient de commanditer une étude pour déterminer les modalités de la future réforme. Il interroge aussi la possibilité de prolonger la limite d’âge pour le droit aux allocations à 25 ans, en raison de l’allongement des études supérieures. Quand aura lieu le basculement d’un régime à l’autre ? Selon des sources internes au nouvel OIP, on parlerait d’une entrée en application du nouveau système le 1er janvier 2019, soit à la fin de cette législature. Les réformes promises n’auront pas lieu avant.

Maisons de repos : le privé à l’aide

L’autre très gros morceau de la future sécurité sociale wallonne se situe de l’autre côté de la pyramide des âges : l’encadrement des personnes âgées.

« L’explosion des octogénaires va s’accélérer à partir de 2025, puisque les baby-boomers de l’après-guerre vont devenir les papy-boomers, explique le ministre CDH. Tous partis confondus, j’insiste, nous n’avons pas assez préparé ce défi. Il nous faudra réfléchir différemment à l’avenir et quitter le carcan du décret de 1997 pour les maisons de repos. Jusqu’ici, on réservait x % des lits au public, x % au secteur associatif, x % au secteur privé. J’ai bougé les lignes en disant qu’il fallait faire sauter ces quotas qui n’ont plus de sens. Affirmer que l’on ne peut pas utiliser l’argent du secteur privé alors que le secteur public désargenté n’a même plus la capacité de créer ces lits, ça n’a pas de sens. Les CPAS attendent de ma part des moyens pour construire leurs maisons de repos ou pour mettre aux normes les anciennes. Mais moi, je n’ai plus de sous ! »

Le CDH misera dès lors sur les partenariats public – privé, comme il le fera pour les autoroutes et les zonings industriels, voire… sur une mobilisation alternative de l’épargne des Belges. Et création d’une assurance dépendance à l’instar de ce qui existe en Flandre depuis… 2001 ? Un projet sur lequel le gouvernement wallon planchera bel et bien, promet le ministre. Comme s’il était définitivement intégré que l’avenir de la sécurité wallonne se situait au niveau régional.

Le dossier dans Le Vif/L’Express de cette semaine. Avec :

  • les réactions de Thierry Bodson, secrétaire-général de la FGTB wallonne, et Delphine Chabbert, directrice du service d’études de la Ligue des familles.
  • « Le pôle social n’est plus dans les mains du PS ! »

Start-up: la Flandre a déjà largué la Wallonie.

09/06/15 à 10:30 – Mise à jour à 10:42

Source : Trends-Tendances

N.B. : le titre de cet article a été modifié par la rédaction de notre site

Marc Coucke, Duco Sickinghe (ex-Telenet) et d’autres grands noms du business flamand se mettent au service des jeunes pousses du numérique. Les start-up flamandes Engagor et Amplidata se vendent des dizaines de millions aux Etats-Unis. REstore, Teamleader, Ojoo et Nallian lèvent plusieurs millions. La Flandre a-t-elle déjà pris une large longueur d’avance.

Start-up: la Flandre a-t-elle déjà largué la Wallonie?

La Belgique des start-up. © DR

Depuis quelques mois, la planète start-up du numérique est en pleine ébullition en Belgique (Ndlr : lisez en Flandres). Les bonnes nouvelles se succèdent entre les levées de fonds, les belles reventes de start-up belges (Ndlr : lisez « flamandes ») et le plan start-up du ministre de l’Agenda numérique, Alexander De Croo (Open Vld). Pas plus tard que le 21 mai, la PME gantoise Engagor (une plateforme de services à la clientèle et d’engagement social) annonçait fièrement sa reprise par son concurrent américain Clarabridge pour un montant non dévoilé mais que certains observateurs évaluent à plus de 30 millions d’euros. Une nouvelle opération qui démontre que nos start-up belges, et nos jeunes entrepreneurs, ont l’étoffe nécessaire pour imposer un projet d’entreprise et (bien) le vendre. Ce n’est pas Jérémy Le Van, fondateur de Sunrise, qui dira le contraire, lui qui a revendu son bébé à Microsoft pour 100 millions de dollars.

Mais à y regarder de plus près, nombre de ces bonnes nouvelles concernent en réalité les start-up flamandes du numérique (software et Internet). « Alors qu’il y a trois ou quatre ans, on sentait que le marché francophone était précurseur sur le créneau des start-up avec le lancement du Betagroup, de Nest’Up etc., cela a changé depuis un an, commente Frederik Tibau, journaliste spécialisé chez Datanews. Et grâce à de nombreuses initiatives, la Flandre rattrape son retard. » L’une des plus grosses acquisitions de start-up belges réalisées ces derniers temps est sans doute celle d’Amplidata par le géant mondial du stockage de données Western Digital. Si le montant de l’opération n’est, lui non plus, pas dévoilé, nos informations laissent entendre que l’opération fut juteuse (plusieurs centaines de millions). Amplidata est, elle aussi, une firme flamande. Tout comme Teamleader qui a annoncé, en mai, une levée de fonds à 2,5 millions d’euros pour son développement. Ou encore Ojoo qui a levé 1 million d’euros, Nallian qui annonce 1,25 million et REstore qui a trouvé 7 millions d’euros en Belgique.

Trop peu d’exemples francophones

Est-ce à dire que les bonnes nouvelles made in Belgique francophone  (Ndlr : appécions cette façon de dire les choses (sic) ) se perdent dans le désert ? Pas du tout ! Récemment, Take Eat Easy, start-up bruxelloise qui entend numériser la livraison de repas à domicile, a attiré Rocket Internet dans son capital et levé 6 millions d’euros. Softkinetic, spécialiste de la reconnaissance de mouvement, continue son bonhomme de chemin et installe discrètement sa technologie auprès de partenaires de renom et négocie avec une multitude de géants mondiaux.

Mais force est de constater un certain dynamisme ces derniers mois en Flandre, que l’on retrouve moins du côté francophone, en Wallonie en particulier. En premier lieu du côté des investisseurs. « Il y a beaucoup plus de business angels en Flandre qu’en Wallonie, c’est une évidence, avance tout de go Frank Maene, managing partner du fonds Volta Venture. Et c’est aussi le cas en matière de venture capitalist. » L’homme s’y connaît. Il est l’une des figures de proue de l’investissement dans les start-up en Belgique. Depuis courant 2014, il est à la tête du plus gros fonds privé « internet et software ». Il dispose de 55 millions d’euros à injecter dans les start-up. Pour l’instant, Volta Ventures n’a pris que deux participations depuis son lancement dans BeaSwitch et Sentiance, deux firmes flamandes. En mars, on apprenait que le richissime Marc Coucke investissait 7 millions d’euros dans Volta Ventures. L’ancien CEO de Telenet, Duco Sickinghe a aussi créé son fonds, Fortino, pour prendre pied dans l’univers des start-up. Avec une première participation à 2,5 millions dans Teamleaders. En 2013 déjà, un autre dirigeant de l’opérateur malinois (son ex-COO), Jan Vorstermans, décidait de créer Qunova pour investir (et coacher !) de jeunes pousses. Ce fonds vient de se structurer en VentureWise dans lequel on retrouve notamment Bart Becks (ancien CEO de Skynet et chantre du numérique en Belgique). Sans oublier Jurgen Ingels qui, après avoir vendu Clear2Pay pour 375 millions d’euros, a créé SmartFin Capital, un fonds dédié aux start-up numériques dans le domaine des « fintech ». Son compère Michel Akkermans, co-fondateur de Clear2Pay, est lui aussi l’une des figures emblématiques des start-up aujourd’hui.

Réinvestir dans l’écosystème

A observer cette structuration des investisseurs en Flandre, on ne peut qu’y voir une méthode « à l’américaine » où les entrepreneurs et dirigeants à succès mettent à disposition des projets innovants une partie de leur trésor de guerre. Dries Buytaert, créateur de Drupal et de la société Acquia qui a levé l’an passé pas moins de 50 nouveaux millions de dollars aux Etats-Unis, a réinjecté une partie de ses économies dans Volta Ventures. Et Folke Lemaitre, fondateur d’Engagor fraîchement rachetée aux Etats-Unis, a d’ores et déjà annoncé qu’il allait réinvestir dans des start-up en Belgique !

Côté francophone, « nommer cinq business angels se révèle vite compliqué », critique un responsable de start-up francophone. Les noms des frères Zurstrassen, de Pierre Lhoest d’EVS ou de Cédric Donck reviennent régulièrement. « Mais il est vrai, que l’on n’a pas d’équivalent à un Volta Ventures du côté francophone, constate Roland Nobels, responsable du business development chez Mymicroinvest. Ce sont surtout des structures publiques locales qui se mettent au service des jeunes entreprises. » Seuls le « start-up studio » eFounders et le programme d’accélération Nest’up, à Mont-Saint-Guibert, sortent un peu du lot. Si eFounders est un projet privé, Nest’up est financé par Creative Wallonia (programme du gouvernement wallon à hauteur de… 200.000 euros) et a notamment cocooné Take Eat Easy ou la prometteuse Sortlist. Mais une fois sorties de Nest’up, les jeunes entreprises doivent aller frapper à différentes portes pour trouver de nouveaux fonds. Quelques fonds privés créés par l’un ou l’autre entrepreneurs existent, comme le LeanFund lié à Nest’up, qui investit de petits montants aux débuts de la vie de l’entreprise. Take Eat Easy, Djump, Sortlist, 1001Belges y ont fait appel. Pour le reste, les créateurs ont le choix : Meusinvest, Sambreinvest, Nivelinvest, autant de structures publiques morcelées localement.

Une réalité qui fait grimper aux rideaux Xavier Damman, entrepreneur wallon à succès derrière Storify et expatrié aux Etats-Unis. « Les Flamands ont eu l’intelligence de donner les rênes d’institutions comme iMinds qui fait de l’excellent boulot à des gens de terrain qui sont eux-mêmes des entrepreneurs. Cela fait toute la différence. La Wallonie est beaucoup trop politisée et cela ralentit son développement économique. Au 21e siècle, le politique ne doit plus diriger, il doit définir un cadre et laisser les rênes aux gens de terrain… »

Réussites à l’international

Surtout, certains observateurs soulignent l’importance d’avoir des investisseurs tels que Frank Maene, Jurgen Ingels ou autres Duco Sickinghe. « Ces gens ont en général leur propre expérience d’entrepreneurs ou d’intrapreneurs et un réseau international qu’ils mettent au service des start-up dans lesquelles ils investissent, analyse Jean-Michel Noé, M&A senior manager chez Deloitte Fiduciaire. Une personne comme Frank Maene joue parfaitement son rôle de venture capitalist (VC) belge et connecte ses start-up avec les investisseurs et les corporates, y compris à l’international. » Les récentes reventes d’Amplidata et d’Engagor ou la levée de fonds d’un Showpad (8,5 millions l’an passé) sont de parfaites illustrations de réussites flamandes à l’international. A plus forte raison si ces entreprises parviennent à garder l’essentiel de leur technologie en Belgique. « On sent, il est vrai, plus d’alignement vers l’international en Flandre avec les VC, le Voka, les chambres de commerce et le gouvernement flamand », constate Jean-Michel Noé. « Aujourd’hui en Flandre, l’esprit des start-up est beaucoup plus tourné vers l’international, enchaîne Alexis Safarikas, cofondateur de la start-up wallonne ListMinut. Il y a là-bas une vision et une connaissance du digital et une volonté de lancer des projets qui peuvent s’exporter. Or, il faudrait une même approche en Wallonie car le marché d’une start-up n’est, par définition, pas cantonné à un si petit marché. » La start-up wallonne a d’ailleurs levé des fonds auprès de business angels néerlandophones et a déplacé son siège vers notre capitale. (Ndlr : que voilà une grande idée (sic) )

La Wallonie plus performante ?

Reste qu’il ne faut pas noircir totalement le tableau francophone. Omar Mohout, senior advisor chez Sirris, le centre collectif de l’industrie technologique, souligne qu’il « faut dépasser la simple perception et les annonces de belles réussites récentes du côté flamand ». Ce Flamand avance le nombre de start-up et, pour lui, la Wallonie n’est pas en retard. L’étude menée par Sirris montre que 50 % des créations de start-up ont eu lieu en Flandre, 33 % à Bruxelles et 17 % en Wallonie. L’expert met ces chiffres en perspective en les comparant à la participation des régions au PIB (2013). La Flandre génère, d’après la Banque nationale, 58 % du PIB, Bruxelles 18 % et la Wallonie 24 %. « On voit bien qu’en matière de start-up, c’est Bruxelles qui est plus performante et que la Flandre réalise une performance proportionnellement beaucoup moins bonne que la Wallonie », argumente Omar Mohout. Cette constatation serait encore plus flagrante quand on examine les start-up les plus mûres : la Wallonie accueille 29 % de ces start-up (voir tableau). Bien sûr, la distinction géographique ne plaît pas à tout le monde et n’a « aucun sens dans l’univers numérique », nous rétorquent plusieurs interlocuteurs. « A l’heure du numérique, le monde est un village et le marché d’une start-up est mondial », nous glisse un jeune responsable de start-up. Certes, mais la Wallonie cherche son renouveau, dans le numérique notamment. C’est bien Jean-Claude Marcourt qui veut voir la Wallonie grimper dans le train des « meilleures régions au monde en termes de numérique », nous confiait-il début avril, en marge des assises du numérique. Pour y parvenir, la Wallonie devra aller un pas plus loin. « Je crois qu’il est très important de déjà commencer par renforcer les liens de l’écosystème des start-up wallonnes avec l’écosystème en Flandre, insiste Jean-Michel Noé (Ndlr : encore un doux rêveur ce Jean-Michel Noé) . Mieux s’intégrer dans l’association STARTUPS.be et, très certainement, faire plus de lobbying pour mieux mettre en avant les atouts et les réussites wallonnes pour se positionner sur la carte numérique. »

Il est, en effet, symptomatique de constater que lors du Benelux TechTour,(Ndlr : invention très prometteuse pour la Wallonie (sic)) une initiative de l’association des start-up pour mettre en relation les jeunes pousses et les investisseurs dans le Benelux, les arrêts se sont faits à Bruxelles, Anvers et Rotterdam. Aucune ville wallonne n’a trouvé sa place dans ce programme réunissant plus d’une centaine d’investisseurs et 75 start-up ! D’ailleurs, dans les 12 lauréats des Tech Tour Awards, on ne trouve aucun francophone… (Ndlr : qui s’en étonnera ?)

Do you speak english ?

Peut-être est-il temps d’apprendre l’anglais. C’est aussi basique que cela mais de nombreux intervenants nous ont souligné ce point faible. La maîtrise de la langue internationale fait encore trop souvent défaut en Wallonie. « Or l’anglais devrait être omniprésent dans les start-up, y compris côté francophone, insiste Roland Nobels de Mymicroinvest. Quand on organise une session de crowdfunding en live, trop d’entrepreneurs francophones perdent leur tonus quand ils doivent pitcher en anglais. D’ailleurs, aujourd’hui, ils font leur présentation dans leur langue… » Sur cette question cruciale de l’apprentissage de la langue, Jean-Claude Marcourt répondait, dans nos colonnes en avril, que « le problème de l’anglais n’est plus un problème chez nos jeunes ».

 

Le groupe français Hiolle Industries à Mons-Borinage ?

Lu sur le site du journal La Province :

HiolleLe groupe français Hiolle Industries veut s’implanter à Mons-Borinage et créer une entreprise de déconstruction de voitures ferroviaires (70 emplois à la clé).

Un grand groupe industriel français veut s’implanter à Mons-Borinage. Spécialisé dans la déconstruction ferroviaire, Hiolle Industries cherche un bâtiment proche d’une voie de chemin de fer. Une activité porteuse de 70 emplois.

En 2013, le groupe Hiolle Industries (700 emplois) créait une filiale baptisée Nord Ferro spécialisée dans le désossage de voitures de chemin de fer ou de métro. Fort de cette expérience dans le nord de la France, Jean-Michel Hiolle, patron du groupe, souhaite à présent étendre son activité en s’implantant en Hainaut. Les premiers contacts ont été établis avec le « voisin » belge Eric Thiébaut, bourgmestre d’Hensies et député (PS) fédéral.

Ce mercredi, le projet a pris une tournure plus officielle en réunissant la direction de Hiolle Industries avec le président de l’intercommunale IDEA, Marc Barvais, sa directrice générale Caroline Decamps, et le député hensitois.

Pour Hiolle Industries, l’intention de s’implanter en Belgique ne laisse planer aucun doute. « Notre volonté est d’aller chez vous si possible déjà en 2015 », lance Xavier Bleu, chef de projet chez Nord Ferro, lequel a patiemment décortiqué depuis des mois les législations fédérale et régionale en matière d’environnement, très proches de la législation française. « Mais nous n’irons pas sans vision réelle des besoins de la SNCB.  »

La réunion de travail de ce mercredi avec l’IDEA a permis d’évaluer les besoins d’Hiolle Industries pour venir s’implanter à Mons-Borinage.

« Il faut trouver un bâtiment existant de 2.000 m², précise Jean-Michel Hiolle, éloigné des habitations et proche d’une voie ferrée. La présence d’une voie fluviale n’est pas nécessaire. Au niveau de l’emploi, sachant qu’il faut six personnes pour désamianter une voiture, six pour le dégarnissage, et six autres pour diverses opérations, et que nous tablons sur 200 wagons par an, cela représenterait 70 emplois à moyen terme. »

Cl.W.

Lire notre dossier dans La Province de ce jeudi 26 février.

La Wallonie avec la France en Europe et dans le monde