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Gouverner, c’est choisir

Le progrès social, chacun le voit comme il veut. Bientôt, les acquis sociaux seront considérés comme des privilèges à combattre. En tout cas, dans un marché ouvert, ils seront de plus en plus difficiles à défendre. En Belgique, avec la N-VA, les choix sont clairs. Marc Goblet n’a pas fini de crier dans le désert.

«Nous devons économiser et réformer davantage», dit Bart De Wever, pour qui le coût de la sécurité, en nette augmentation, doit forcément entraîner de nouvelles économies en matière de sécurité sociale. Il est dans l’ordre des choses que le patron de la N-VA s’en prenne à la solidarité interpersonnelle et interrégionale, lui qui entend protéger les intérêts de la Flandre avec un discours politiquement très à droite.

Et si cela permet de bousculer la Wallonie rougeaude et de taper sur ses gros doigts pour qu’elle « dégage » une fois pour toutes, c’est carrément du bonus…

Bart De Wever joue sur du velours.

Là où cela devient cocasse, ou interpellant, c’est quand le ministre belge des finances, lui aussi de la N-VA, déclare au même moment que « le gouvernement n’exclut pas de faire appel de la décision de la Commission européenne exigeant que la Belgique récupère 700 millions d’euros auprès de 35 entreprises multinationales », lesquelles profitent d’un régime fiscal que l’Europe elle-même juge illégal, tant il est favorable (en fait, il s’agit d’un vrai cadeau réservé aux multinationales).

Ainsi donc le gouvernement, par la bouche de son ministre N-VA des finances, se fâche à l’idée de récupérer 700 millions d’euros qu’elle n’avait pas le droit de laisser dans les caisses de 35 entreprises multinationales, mais l’homme fort de la N-VA, de la Flandre et de la Belgique annonce que l’Etat belge ployant sous des charges nouvelles, il y aura moins d’argent pour la sécurité sociale. Gouverner, c’est choisir, comme disait Pierre Mendès-France…

Voici ce qu’on pouvait lire hier sur le site de Sudpresse :

Le ministre des Finances n’exclut pas de faire appel de la décision de la Commission au sujet de la fraude fiscale de 700 millions d’euros

J. Van OvertveldLe gouvernement n’exclut pas de faire appel de la décision de la Commission européenne exigeant que la Belgique récupère 700 millions d’euros auprès de 35 entreprises multinationales, en grande partie européennes en raison d’un régime fiscal d’exonération des bénéfices excédentaires jugé illégal aux yeux de la législation européenne, a indiqué lundi le ministre des Finances, Johan Van Overtveldt.

« Il convient à présent d’attendre l’issue des négociations avec l’Europe en ce qui concerne un éventuel remboursement », a-t-il indiqué dans un communiqué, rappelant que les rulings (en français, rescrits fiscaux) accordés par le passé représentent environ 700 millions d’euros.

« Si l’Europe devait exiger la récupération de ce montant, les conséquences pour les entreprises concernées seraient très importantes et la récupération en tant que telle s’avérerait particulièrement complexe. Je mettrai donc tout en œuvre pour limiter au maximum l’impact et ce, dans l’intérêt de la sécurité juridique et de notre tissu économique », a affirmé M. Van Overtveldt (N-VA).

Selon lui, la récupération des aides n’« aidera pas le budget » car il s’agira d’une opération non-récurrente.

« Le gouvernement doit d’abord chercher des solutions structurelles et non pas opter pour des solutions bricolées, comme par le passé », a-t-il ajouté.

Le grand argentier belge précise que le gouvernement déterminera sa position sur la base des négociations futures.

« A l’heure actuelle, nous n’excluons aucune option. A cet égard, nous n’écartons donc pas la possibilité d’interjeter appel de la décision », a-t-il poursuivi.

La Commission a ouvert une enquête sur cette pratique au mois de février 2015. Depuis lors, à titre préventif, la Belgique a suspendu le mécanisme et n’a plus délivré d’ »excess profit ruling ».

Ce mécanisme est appliqué depuis 2005, à l’époque du gouvernement alliant socialistes et libéraux sous la direction de Guy Verhofstadt.

(…) Dans le monde patronal, la fédération flamande Voka a vu dans l’annonce de la Commission européenne une menace pour la sécurité juridique des investissements en Belgique. A ses yeux, c’est « presqu’une rupture de contrat ».

En Belgique, il y a le train et l’arrière-train

Pour faire bouger les lignes, en politique, il faut compter sur les circonstances et sur le temps. Quand il s’agit de lignes de chemin de fer, sachant que la direction de la NMBS-SNCB, très flamande, est confrontée à un mouvement syndical devenu tout à coup très très wallon, il est permis d’aller plus vite et plus loin. Bart de Wever a sorti de solides arguments pour faire un pas de géant vers la régionalisation du rail. Lui et Marc Goblet ont au moins un point commun, c’est qu’ils veulent arrêter les trains. Plus de ligne directe entre Liège et Ostende ? Il va falloir changer de train ? Des trains plus modernes en Flandre ? Et qu’est-ce que ça changerait au niveau des investissements, du pouvoir de décision… ? Si c’est pour remettre en service le Thalys « wallon », celui qui assurait la liaison entre Liège et Paris via la dorsale wallonne, on y gagnera peut-être au change. Et, tant qu’on y est, le gouvernement wallon pourrait-il revenir sur sa décision de condamner la ligne entre Dinant et Givet ? (lien)

C’est une information Belga sur le site de la Libre.

De Wever-SNCBLe président de la N-VA, Bart De Wever, a suggéré mardi dans plusieurs interviews de procéder à une scission pratique des chemins de fer belges, à défaut d’une scission légale.

Selon lui, les lignes Anvers-Charleroi et Ostende-Liège pourraient être coupées à Bruxelles. De la sorte les navetteurs flamands n’auraient pas à subir les conséquences de grèves menées en Wallonie. L’accord de gouvernement conclu entre le MR, la N-VA, le CD&V et l’Open Vld ne prévoit pas de scinder le rail belge et une telle proposition ne recueillerait sans doute pas de majorité. « Mais il n’est pas nécessaire de scinder légalement la SNCB pour limiter à tout le moins les perturbations pour les voyageurs flamands. On peut organiser aussi la scission pratiquement. Est-ce nécessaire ou utile qu’une ligne aille d’Anvers à Charleroi et d’Ostende à Liège? Si les cheminots font grève à Liège, en tant que Flamand vous avez un problème alors que vous voulez rejoindre Bruxelles depuis Gand », a-t-il déclaré dans « Het Laatste Nieuws ».

Le président des nationalistes flamands invoque un autre argument, les trains qui à certaines heures roulent peu remplis sur ces lignes à partir de Bruxelles.

Selon lui, le plan de transport 2017 de la SNCB devra tenir compte de cet élément.

L’ancien patron de la SNCB, Marc De Scheemaeker, ex-candidat sur la liste N-VA aux élections européennes, abonde dans ce sens. Des lignes trop longues nuisent à la ponctualité des trains et à leur remplissage, affirme-t-il, interrogé par « De Standaard ».

Les chemins de fer belges : un train à deux vitesses

« L’administration wallonne flingue le plan de transport de la SNCB. » C’est un article publié sur le site du journal L’Echo.

D’après la Cellule ferroviaire, le plan 2014 de la SNCB pénalise plus la Wallonie. Il y impose un allongement du temps de parcours de 10% contre une moyenne de 3,3%.

SNCB Wallonie 1La Cellule ferroviaire wallonne a rendu la copie de l’analyse du plan de transport 2014 de la SNCB demandée par son ministre de tutelle, Maxime Prévot (cdH). L’objectif de celui-ci était de mesurer l’impact des nouvelles relations dessinées par l’entreprise ferroviaire pour les navetteurs wallons. Le bilan semble négatif pratiquement sur toute la ligne. Allongement des temps de parcours plus important que la moyenne, disparition annoncée de liaisons internationales passant par Namur, inefficacité de la dorsale wallonne, etc. Telles sont les conclusions contenues dans le document que le vice-président wallon a envoyé en octobre à la Commission des travaux publics. SNCB Wallonie

« Alors que la SNCB annonce une augmentation moyenne de la durée de parcours de 3,3% sur les 100 couples origine/destination les plus fréquentés, on constate que les temps de parcours entre les grandes villes wallonnes et la première gare bruxelloise (Nord, Luxembourg, Midi) se sont allongés dans des proportions plus importantes, l’augmentation moyenne étant de 10%, soit environ 5 minutes. »

L’administration indique qu’on « s’éloigne inexorablement des demandes formulées par le gouvernement wallon lors des négociations relatives au Plan pluriannuel d’investissement 2001-2012 du groupe SNCB ». Elle estime aussi qu’on atteint dorénavant sur certains axes des « seuils psychologiques défavorables à l’utilisation du train par rapport à la voiture ».

La Cellule note une réduction totale du nombre de personnes empruntant quotidiennement l’axe 3 (Bruxelles-Luxembourg-Bâle avec arrêt notamment à Namur). Selon les itinéraires, le temps de parcours des liaisons internationales directes entre ces villes est allongé de 10 à 37 minutes. « Il y a fort à craindre que les liaisons directes internationales disparaîtront purement et simplement à partir d’avril 2016, date à laquelle seront mis en service des TGV entre Luxembourg et Strasbourg ».

Trains tôt et tard menacés

La dorsale wallonne, qui relie les pôles économiques majeurs du sud du pays et qui constitue leur porte d’accès vers l’international (Lille, Maastricht, Aix-la-Chapelle), n’a pas été renforcée. Au contraire, on assiste à la suppression en semaine du train direct qui reliait Tournai (Lille) à Liers et à des correspondances jugées médiocres notamment en gare de Namur entre la dorsale wallonne et l’axe 3 (28 minutes d’attente en gare en venant du Luxembourg vers Mons et inversement). Tournai demeure reliée en semaine à Lille, mais Liège n’est plus connectée à Lille ni à Aix-la-Chapelle.

Pour l’avenir, l’administration wallonne trace des pistes de réflexion. Elle suggère que la dorsale wallonne et l’axe 3 soient considérés comme la colonne vertébrale d’un cadencement en réseau en Wallonie. Elle plaide pour que les obligations minimales qui seront imposées à la SNCB en termes de dessertes minimales ne soient pas amoindries, « sinon, l’exploitant ferroviaire aura tôt fait d’ajuster son offre à la baisse. Les trains circulant tôt et tard seront alors les premiers menacés ».

Vers une identité commune de service public francophone

Lu sur le site de La Libre Belgique le 01/11/2015 :

Une plateforme vidéo francophone de service public pourrait voir le jour

télévisions francophonesLes dirigeants de France Télévisions, de Radio France, de la Radio-Télévision suisse (RTS), de la RTBF, de CBS (Canada) TV5 Monde et TV5 Québec-Canada créent une nouvelle communauté professionnelle : les Médias francophones publics (MFP). France Médias Monde (FR24 et RFI) pourrait bientôt les rejoindre. Cette nouvelle institution naîtra officiellement le 1er janvier 2016, de la fusion des Radios francophones publiques (RFP) et de la Communauté des Télévisions Francophones (CTF).

« Il y a eu une volonté conjointe, dans un souci de convergence des médias, de fusionner toutes les activités dans une seule et même organisation qui traiterait aussi bien de télé que de radio, que de web, indique le futur secrétaire général, le Belge Eric Poivre. Dans un contexte de concurrence accrue, de mondialisation des contenus, de diffusion des Gafa (Google, Apple, Facebook, Amazon) – et de Netflix – nous avons voulu renforcer les collaborations en termes de coproduction et affirmer une identité commune de service public francophone dans un monde de plus en plus anglophone. »

La Wallonie face à un mur

Dimanche, le Vlaamse Volksbeweging a envoyé un observateur à notre assemblée générale ouverte, en la personne de son secrétaire politique Willy De Waele. Lorsque la parole fut donnée à l’assistance, il sollicita le micro pour dire quelques mots à un public un peu crispé. des sousSon message : la Flandre n’est pas contre la solidarité mais il ne faut pas qu’elle perde de l’argent (!) ; or, la Wallonie, c’est le tonneau des Danaïdes.

Le VVB, qui milite pour l’indépendance de la Flandre, est loin d’être un mouvement marginal en Flandre (c’est à un de ses congrès, en 1962, que Wilfried Martens plaida pour le fédéralisme : on n’en est plus là). Ce que la Wallonie coûte à la Flandre, en termes de transferts financiers, toute autre considération mise à part, cela reste un sujet controversé. Selon Willy De Waele, qui disait tenir ses chiffres d’Eurostat, les transferts s’élèveraient à 9 milliards d’euros par an (ce qui, soit dit en passant, resterait dans la moyenne des transferts régionaux observés en Europe). Le message est clair : c’est de l’argent perdu pour la Flandre, il faut que cela cesse. La 6e réforme de l’Etat conduit déjà à une réduction sensible de la solidarité interrégionale en Belgique, mais ce n’est qu’un début.

En Wallonie, personne ne sera épargné, mais certains seront plus touchés que d’autres. On n’a encore rien vu. La région Wallonie hésite à comprimer ses budgets. Politiquement, c’est risqué d’aller plus loin dans la rigueur, surtout pour des formations de gauche qui dénoncent les mesures antisociales décidées par le gouvernement fédéral (dominé par la droite et par la Flandre). La Wallonie compte sur les investissements publics pour se relancer, mais déjà, l’argent manque : alors, que se passera-t-il dans un avenir plus ou moins proche ?

Sauver la Belgique actuelle est certainement ce que cherchent à faire les décideurs wallons, ils misent sans doute sur l’effet « Diables rouges » pour maintenir le plus longtemps possible un niveau « acceptable » de solidarité dans le cadre belge. Il est certain que l’attachement à la Belgique est cultivé, nourri par les médias, du moins en Belgique francophone. A court terme, cela peut masquer les problèmes, on peut rassurer les gens, le chauvinisme made in Belgium peut les endormir dans une douce euphorie : et après, que fera la Wallonie ?

Le professeur Gazon tire à nouveau la sonnette d’alarme : au vu des données les plus récentes, il apparaît que la Wallonie ne peut en aucun cas envisager une quelconque forme d’autonomie financière, dans le cadre belge (confédéralisme) aussi bien qu’en dehors (indépendance). La Wallonie connaîtrait le sort de la Grèce. En pire, car la Wallonie ne mobilise par les énergies comme peut le faire une nation. Les Belges francophones sont des somnambules, ils ne voudraient pas se réveiller wallons, wallons dans la tourmente financière : c’est alors que la stratégie actuelle, qui vise à conforter le sentiment d’appartenance à la Belgique, pourrait se révéler catastrophique. Incapables de se détacher de la Belgique, et de se sentir responsables de la Wallonie, les « Belges du Sud » rejetteraient massivement les très lourds sacrifices que leur imposerait la situation.

Cela peut arriver dans quelques années, et rien n’est fait, rien n’est dit pour préparer les « Belges du Sud » à une telle éventualité. Le sentiment d’abandon, de trahison, pourrait conduire à des émeutes insurrectionnelles. Après l’éclatement de la Belgique, on pourrait même avoir une implosion de la Wallonie, avec un Brabant qui, pour des raisons économiques et historiques, voudrait s’accrocher à Bruxelles, avec une province du Luxembourg qui, en se séparant des autres provinces wallonnes, arriverait à se faire accepter dans le Grand-Duché. Un tel scénario de crise est possible et, dès lors, doit être envisagé par les autorités régionales. Il manque une conscience wallonne, le sentiment de partager un destin commun, indépendamment de la Belgique. Après 35 ans de régionalisme/fédéralisme, le constat est accablant.

La Wallonie a besoin de temps, de soutien, d’empathie. Il n’y a que la France pour lui donner la stabilité dont elle a besoin. C’est la conclusion du professeur Gazon. (G.R.)

Voici l’analyse du professeur Gazon. A peu de choses près, il s’agit du texte que le journal Le Soir a publié récemment.

Wallonie : Connais-toi toi-même

Le calme institutionnel actuel ne peut dissimuler la volonté flamande d’instaurer un Etat confédéral avec rupture du lien solidaire entre les Régions. Cette option aura pour conséquence de confronter chaque Région à l’autonomie budgétaire y compris pour la sécurité sociale.  Etonnamment, les statistiques officielles, qu’elles soient nationales ou régionales, ignorent cette problématique. Elles ne répondent pas à la question de savoir si l’autonomie budgétaire des Régions inhérente au confédéralisme est soutenable.

La connaissance de la réalité et son anticipation constituent pourtant le point d’appui de toute politique attentive au bien-être des générations futures et singulièrement de l’équilibre des finances publiques. En Wallonie, le discours ambiant se veut optimiste. Le gouvernement souligne les réussites : les plans Marshall en sont et c’est bien de le faire savoir. Mais masquer l’ampleur de l’effort à fournir, le véritable état des lieux, c’est s’inscrire dans le scénario à la grecque. Cette descente des Grecs aux enfers pour avoir falsifié les chiffres, ignorant la devise inscrite au frontispice du Temple de Delphes que Socrate reprend à son compte : Connais-toi toi-même. Retardant d’autant la prise de conscience et notamment la mise en œuvre du redressement des finances publiques.

La Wallonie n’est pas la Grèce. Quoique ! Si les statistiques publiées ne sont pas trafiquées, elles sont trop souvent insuffisantes, voire ambiguës, pour mobiliser les acteurs dès aujourd’hui autour des véritables défis à relever.

En 2011, sur base des chiffres 2009, j’ai montré que les finances publiques d’une Wallonie autonome n’étaient pas soutenables. Cette analyse fut possible grâce à une publication du CERPE de l’Université de Namur. En avril 2015, le CERPE publie à nouveau un cahier de recherche faisant le point sur les transferts interrégionaux en Belgique suivant la méthode du « juste retour ». Cette méthode postule un Etat soucieux de la solidarité entre ses Régions. Elle n’est pas applicable dès lors que l’on se place dans la perspective d’une autonomie des Régions pour la gestion des finances publiques. La publication du CERPE m’a toutefois permis d’actualiser mon étude de 2011. Sur base des chiffres 2007-2012, la conclusion reste inchangée : une Wallonie autonome n’est pas soutenable au plan des finances publiques.

Il ne s’agit pas d’épiloguer sur la scission possible ou non de la Belgique mais bien de faire ressortir ce que seraient les finances publiques d’une Wallonie autonome, que ce soit au sein d’une Belgique confédérale, dans l’indépendance ou pour toute autre alternative. S’impose alors la connaissance du solde net à financer d’une Wallonie autonome, sécurité sociale comprise. Ce solde net à financer pour les Régions (Communautés incluses) avant prise en compte des intérêts de la dette publique, est constitué de la somme du solde primaire net à financer (différence entre les recettes et les dépenses primaires [i]) de chacune des Régions [ii] et de ce qui ressortit à chaque Région dans les comptes de l’entité fédérale en termes de recettes et de dépenses publiques, ce qui revient à défédéraliser les comptes de l’entité fédérale. On obtient ainsi les soldes primaires de chacune des entités fédérées dans un cadre institutionnel d’autonomie (voir tableau 1).

Le tableau 1, selon l’optique du domicile [iii], montre qu’en cas d’autonomie budgétaire, la Wallonie aurait présenté en 2012 un déficit primaire de 7, 939 mias d’euros, ce qui correspond à 8,83% de son Produit Intérieur Brut (PIB), alors que la Flandre aurait enregistré la même année un surplus primaire de 7,411 mias d’euros (3,45% de son PIB), et Bruxelles un déficit primaire de 741 mios d’euros (1,04% de son PIB).

En se limitant à la Wallonie, soulignons un déficit récurent de l’Entité régionale en légère diminution sur la période 2009-2012 ; la source majeure du déficit primaire pour la Wallonie autonome se loge au niveau des compétences de l’Entité fédérale afférentes à la Wallonie, comme c’est le cas pour la sécurité sociale. C’est à ce niveau que se creuse le déficit de la Wallonie, déficit non directement ressenti par les Wallons en raison de la solidarité flamande.

Tableau 1 : Soldes primaires nets à financer (optique au lieu de domicile)

tableau 1

Source : CERPE, n° 77 – 2015/01, C. Emaesteen, M-E Mulquin, M. Mignolet et M. Romato ;
F : Solde primaire régionalisé de l’Entité fédérale ; f : Solde primaire de l’entité fédérée ;T=F+f : Solde primaire de l’entité fédérée autonome.

Mais pour appréhender la dimension budgétaire d’une Wallonie autonome, il faut encore ajouter au déficit primaire les intérêts de la dette publique qui seraient imputables à la Wallonie. Ceux-ci dépendent du critère retenu pour le partage de la dette. Si on répartit la dette publique au prorata des Produits intérieurs bruts régionaux (hypothèse optimiste pour la Wallonie en cas de scission du pays), sachant que les intérêts de la dette publique belge en 2012 se chiffrent à 13,257 mias d’euros [iv], on obtient les résultats du tableau 2 ci-dessous :

Tableau 2 : Solde net à financer (intérêts de la dette publique compris) : année 2012

tableau 2

Le solde net à financer par la Région wallonne autonome se serait donc élevé en 2012 à 11,121 mias, soit 12,37 % du PIB wallon et environ 24 % des dépenses publique wallonnes [v]. Ne disposant pas des statistiques mesurant les besoins de financement des provinces et communes, je n’ai pas pu les intégrer dans le calcul.

Une telle réalité résultant de la rupture du lien solidaire avec la Flandre, déclencherait un processus infernal du type de celui que connaît la Grèce qui, en 2009, hasard des chiffres, présentait un solde net à financer en proportion de son PIB proche de celui calculé pour une Wallonie autonome. On sait donc ce que serait l’avenir wallon en l’absence d’une mobilisation immédiate, constructive et surtout consciente des vrais défis à relever. Une information objective et récurrente s’impose pour qu’aucun décideur politique, social ou économique ne puisse échapper à la vérité des chiffres. Connais-toi toi-même et sois responsable de tes décisions et comportements, sachant qu’on ne peut partager que ce que l’on crée et qu’on ne peut reporter sur les générations futures le financement par l’emprunt des dépenses hors investissements des Administrations publiques.

Quelles que soient les options institutionnelles futures, la Wallonie ne pourra se soustraire au redressement de ses finances publiques qui nécessite une réduction drastique de son hypertrophie politico-administrative.

La continuité de la Belgique fédérale ne peut subsister que si la Flandre garantit le lien solidaire interrégional, ce qui postule, pour le moins, que les Wallons acceptent la résorption du déficit qui leur est imputable. La septième réforme de l’Etat l’imposera dans le confédéralisme non seulement voulu par la N-VA mais bien par une majorité flamande. Une façon élégante de nommer la fin de la solidarité interrégionale et de créer les conditions de la scission du pays !

L’indépendance d’une Wallonie en cessation virtuelle de paiement n’est pas soutenable. Elle engendrerait un appauvrissement considérable des Wallons, l’insurrection voire l’éclatement de la Wallonie.

Une union de la Wallonie à Bruxelles, plus viable au plan économique que l’indépendance wallonne en raison du PIB/habitant de Bruxelles qui est un des meilleurs des Régions d’Europe, présenterait néanmoins un déficit public important. Et elle se heurterait à l’opposition tant des Bruxellois que des Flamands.

Dès lors, à défaut de pouvoir maintenir la solidarité interrégionale belge, l’union à la France soutenue par certains s’avèrerait crédible grâce à un effet d’échelle rendant le déficit et la dette wallonne supportables par rapport au PIB de la France « augmentée » de la Wallonie. Cette union ne pourrait se limiter à une simple association. Elle postule nécessairement une intégration fusionnant les systèmes sociaux tout en autorisant, si telle est la volonté des parties, une relative autonomie wallonne au sein de la France. Voir Jacques Lenain  (www.belgique-francaise.fr), proposition reprise par l’Alliance Wallonie France (AWF) (https://alliancewalloniefrance.wordpress.com) et son président Paul Durieux et par d’autres comme Jules Gheude.  Paul-Henry Gendebien ayant porté l’idée d’une fusion totale.

[i] Dépenses, recettes et solde primaire à financer sont les dépenses, les recettes et le solde (recettes-dépenses) d’une entité publique avant prise en considération des charges d’intérêt.

[ii] L’information statistique disponible ne permet pas d’évaluer au niveau régional les soldes des Entités communales et provinciales qui ne sont donc pas intégrés dans le calcul.

[iii] L’ordre de grandeur des résultats selon l’optique du lieu de travail n’est pas sensiblement différent sauf pour Bruxelles qui, selon cette optique, est en surplus.

[iv] Rapport 2014 de la BNB.

[v] On applique à la Wallonie le pourcentage des dépenses publiques belges par rapport au PIB belge qui en 2012, était de 51,4 %,

Jules GAZON, Professeur émérite, HEC, Ecole de gestion de l’Université de Liège, août 2015

La Wallonie dans l’après Belgique

Une communication de la Maison de la Laïcité Ourthe et Aisne

Conférence échange – Dimanche 25 octobre 2015 à 10h30

OLYMPUS DIGITAL CAMERAConférence /débat par M. Jules Gazon, professeur émérite de l’Université de Liège.

La participation de la NV-A au futur gouvernement fédéral est-elle de nature à apaiser les conflits communautaires ou s’agit-il d’une stratégie subtile pour montrer au peuple flamand que la continuité de la Belgique est contraire aux intérêts de la Flandre ?

Jules GAZON nous expliquera comment le nationalisme flamand s’est construit et pourquoi il n’est pas le seul facteur susceptible de provoquer la sécession du pays. La disparité économique entre la Flandre et la Wallonie interpelle si on lève le voile sur ce qu’il adviendrait d’une Wallonie autonome au plan des comptes publics. N’est-ce pas à ce niveau honteusement occulté qu’il faut trouver le germe du séparatisme ?

Et si tel devait être le cas, une Wallonie indépendante est-elle possible? Une nation wallonne est-elle imaginable? Faut-il envisager l’option française?

Autant de questions auxquelles Jules GAZON se propose de répondre.

Conférence suivie d’un débat.

PAF : membres : entrée libre

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          étudiants : 1 €

Info : Consuelo Montejo – 0486 738 039

Oui, la France peut le faire

On pensera ce qu’on veut des frappes aériennes contre Daesh en Syrie. Avec un budget de la défense désormais inférieur à celui de l’Allemagne, la France ne craint pas de s’engager sur tous les fronts , au point d’assumer seule le rôle d’une armée européenne encore illusoire. Mais ce n’est pas de cela qu’il est question dans cet article publié sur le site du journal Le Monde. Il s’agit du fameux Traité transatlantique que l’Union européenne négocie avec les Etats-Unis dans une optique outrageusement favorable aux grandes entreprises multinationales. Il semblerait que, là aussi, la France soit décidée à intervenir.

Traité transatlantique : pourquoi la France menace de stopper les négociations

TaftaUn an après sa nomination comme secrétaire d’Etat au commerce extérieur, Matthias Fekl a décidé de hausser le ton dans le principal dossier de son portefeuille : le traité transatlantique Tafta/TTIP. Dans une interview parue lundi 28 septembre dans Sud-Ouest, le quotidien de son fief de Marmande, M. Fekl menace les Etats-Unis de suspendre les négociations du grand accord commercial en discussion entre les deux rives de l’Atlantique si ceux-ci ne montrent pas un peu plus de bonne volonté.

Jusqu’alors plus conciliant, le « M. Tafta » du gouvernement dénonce l’absence de répondant des Américains sur les sujets qui tiennent à cœur des Européens, comme :

  • L’accès des entreprises européennes aux marchés publics américains, pour l’instant réservés en immense majorité aux entreprises américaines au nom du protectionnisme.
  • L’accès aux marchés agricoles et agroalimentaires et la reconnaissance des indications géographiques, comme les appelations « Champagne » ou « Camembert de Normandie ».

Mais Matthias Fekl insiste surtout sur les deux aspects de la négociation qui prêtent le plus le flanc à la critique depuis son lancement, en 2013 :

Si M. Fekl ne fait là que dire tout haut ce que plusieurs chancelleries européennes pensaient tout bas depuis des mois, le changement de ton est notable. Dans l’entourage du ministre, on sent un certain ras-le-bol vis-à-vis de négociations qui patinent et de négociateurs américains qui ne proposent toujours pas d’« offres sérieuses » sur ces problématiques.

« C’est bien que le ministre prenne cette position dans la presse française, mais on n’observe pas sa voix porter à Bruxelles », regrette Amélie Canonne, du collectif Stop Tafta. Craignant qu’il ne s’agisse d’une simple posture, elle rappelle que Paris n’a pas officiellement pris position contre les nouvelles règles draconiennes de « transparence » imposées par la Commission européenne cet été. « Quand on intervient publiquement dans la presse, le message est entendu par tout le monde à Bruxelles », se défend-on dans l’entourage de Matthias Fekl.

En la matière, le juge de paix sera l’avenir. Si la France n’a pas formellement le pouvoir d’arrêter les négociations, menées par la Commission européenne au nom des Vingt-Huit, elle pèse suffisamment pour les saborder. On observera donc avec intérêt la réaction des Etats-Unis lors du prochain cycle de négociation du Tafta/TTIP, qui doit se tenir fin octobre à Miami.

Un autre moment de vérité devrait intervenir dans les prochains mois : l’Europe doit ratifier l’accord conclu en 2014 avec le Canada, le CETA, « petit cousin » du traité transatlantique. Le gouvernement français, qui a promis de ne pas le ratifier en l’état, réclamant des améliorations sur les tribunaux d’arbitrage, réussira-t-il à faire plier la Commission européenne, qui refuse de rouvrir la négociation ?

Maxime Vaudano, Le Monde

La France prépare bien la conférence COP21

Vu sur Francetv info le 10/09/2015 :

COP21 : Valls annonce l’arrêt « immédiat » des aides aux exportations de centrales à charbon sans dispositif anti-CO2.

Cette décision, prise jeudi, est l’une des principales promesses du gouvernement français en matière de réduction des énergies fossiles.

Une centrale à charbon, dotée d'un dispositif anti-CO2 (à droite), le 30 octobre 2009, à New Haven (Virginie occidentale, Etats-Unis).

C’est une annonce symbolique, à trois mois de l’ouverture de la COP21, la conférence de Paris sur le climat. Le Premier ministre, Manuel Valls, a annoncé, jeudi 10 septembre, la suppression « immédiate » des crédits à l’exportation pour les centrales à charbon dénuées de dispositifs de capture et de stockage du CO2.

>> Suivez le lancement de la mobilisation nationale sur la COP21 en direct

Les aides de l’Etat, jusque-là versées à Alstom, seront redonnées au groupe pour investir dans les énergies renouvelables, avait précisé la ministre de l’Energie et de l’Ecologie, Ségolène Royal, plus tôt, sur France Info.

Une promesse de François Hollande

Cette décision est l’une des principales promesses du gouvernement français en matière de réduction des énergies fossiles. Ces derniers mois, des ONG environnementales pressaient le gouvernement de tenir la promesse faite par François Hollande en novembre 2014. Elles craignaient de le voir reculer sur cette question, notamment en raison des risques de suppressions de centaines de postes de salariés qu’elle fait peser chez Alstom.

Ces crédits permettaient, notamment, de réduire les coûts à l’export vers les pays en développement des technologies du charbon, y compris les centrales alimentées par ce combustible très polluant.

Réagissant à ces annonces, la Fondation Hulot a estimé que la position française « a l’air d’aller dans la bonne direction » : « basculer du charbon vers les énergies renouvelables, c’est une chance pour nos industriels, car il y aura plus d’emplois à l’avenir dans les renouvelables que dans le charbon », a relevé Matthieu Orphelin, porte-parole de la fondation, « en attendant d’avoir les détails » des annonces.

Lire aussi : Monsanto : une condamnation historique en France (site du journal Le Soir).

Yanis Varoufakis : « La véritable cible du docteur Schäuble est la France et son Etat-providence »

Source : Le Monde.fr 22.08.2015 à 10h30

Provocateur, idéaliste, arrogant. Yanis Varoufakis, ex-ministre des finances grec, fascine autant qu’il agace. Quatre jours avant son passage en France, à la fête de la Rose, à Frangy-en-Bresse (Saône-et-Loire), dimanche 23 août, l’économiste trublion a reçu Le Monde le 19 août sur l’île grecque d’Égine, où il a une maison.

Le troisième plan d’aide à la Grèce, qu’il définit comme une « capitulation » face aux créanciers d’Athènes, conduira son pays dans l’abîme, explique-t-il. Il dénonce l’opacité de l’Eurogroupe, qui, selon lui, prend des décisions majeures pour l’avenir de la zone euro sans que les citoyens en soient informés.

La France a-t-elle été un allié du gouvernement d’Alexis Tsipras pendant les négociations avec les partenaires de la Grèce ?

La plupart des Européens imaginent que ces derniers mois la Grèce a négocié avec ses partenaires de la zone euro. Ce n’est pas le cas. Pendant les cinq mois où j’ai été impliqué au sein de l’Eurogroupe [la réunion des ministres des finances de la zone euro], mes homologues me renvoyaient systématiquement vers les représentants des institutions, à savoir la Commission européenne, la Banque centrale européenne (BCE), et le Fonds monétaire international (FMI).

Je n’ai jamais négocié en direct avec Michel Sapin, mon collègue français. Ni avec Wolfgang Schäuble, le ministre des finances allemand, qui assurait qu’il ne pouvait rien faire pour moi et me renvoyait aux institutions.

Même lorsque M. Schäuble et moi avons enfin ouvert un dialogue, peu avant mon départ, il était clair que le moindre degré de convergence entre nous ne pouvait être exprimé de façon officielle.

C’est la grande leçon de ces derniers mois : la zone euro est la zone économique la plus puissante, mais personne ne la dirige — ou du moins, personne d’élu. Elle a créé un monstre, l’Eurogroupe, où les ministres des finances ne négocient pas vraiment les uns avec les autres.

Reprochez-vous au gouvernement grec d’avoir signé le troisième plan d’aide ?

J’ai voté contre ce programme. Ce gouvernement, moi y compris, a été élu en janvier sur un engagement simple : ne plus signer avec les créanciers d’accord économiquement non viable. C’est-à-dire qui aggraverait la récession et rendrait littéralement impossible le remboursement de notre dette. Depuis 2010, la Grèce a commis deux fois l’erreur d’accepter de tels plans. Nous avons promis d’y mettre un terme, et, en ce qui me concerne, je n’ai jamais changé de position.

Malheureusement, le premier ministre a fini par accepter ce troisième programme, qu’il a pourtant lui-même décrit comme mauvais. L’Europe tout entière en sortira perdante. De mon côté, j’en ai tiré les conséquences en démissionnant, comme je m’étais engagé à le faire.

Ce nouveau programme, de 86 milliards d’euros, a pourtant permis à la Grèce d’éviter le « Grexit », une sortie de la zone euro ?

C’est ainsi que la presse présente les choses. Mais je ne partage pas cette analyse. Si la Grèce tente, en dépit du bon sens et des lois élémentaires de l’économie, d’appliquer ce mémorandum et les réformes qui l’accompagnent, elle courra droit au Grexit. Car ce programme est conçu pour faire sombrer notre économie.

Résultat : nous ne pourrons pas tenir nos engagements, et le docteur Schäuble pourra nous pointer du doigt et couper les aides au pays. Le Grexit est très clairement l’objectif qu’il poursuit.

Vous affirmez que M. Schäuble veut pousser la Grèce hors de l’euro. Pour quelle raison ?

Pour atteindre la France. L’Etat-providence français, son droit du travail, ses entreprises nationales sont la véritable cible du ministre des finances allemand. Il considère la Grèce comme un laboratoire de l’austérité, où le mémorandum est expérimenté avant d’être exporté. La crainte du Grexit vise à faire tomber les résistances françaises, ni plus ni moins.

Lire aussi l’intégralité de l’interview : Yanis Varoufakis : « La véritable cible du docteur Schäuble est la France et son Etat-providence »

Marie Charrel (Athènes, envoyée spéciale)

Gaz et électricité: les prix ont explosé depuis la libéralisation

On nous avait dit :  » la libéralisation va faire baisser les prix du gaz et de l’électricité parce que la concurrence entre les sociétés privées va jouer. »

Vous rappelez-vous qui était au pouvoir au fédéral à cette époque …?

L’état fédéral belge en voie d’évaporation continue n’est pas capable d’imposer des augmentations raisonnables au contraire de la France où l’état impose aux sociétés privées des limites à ne pas dépasser.

20/08/15 à 15:11 – Mise à jour à 15:11

Source : Belga

Entre 2007, année de la libéralisation totale du marché énergétique belge, et fin 2014, le prix final au consommateur de l’électricité a augmenté en moyenne de 20,78% pour un client domestique belge. Pour le gaz, le prix final a augmenté, en moyenne, de 27,90% pour un client domestique.

Gaz et électricité: les prix ont explosé depuis la libéralisation
La Grande-Bretagne craint de devoir faire face à une pénurie d’électricité cet hiver. © Belga

Il ressort d’une étude publiée ce jeudi par la Commission de régulation de l’électricité et du gaz (Creg) que depuis la libéralisation, les prix de l’électricité et du gaz ont augmenté de 20 et 25%.

Pour le client domestique, le prix final au consommateur a ainsi augmenté, en moyenne, de 133,08 euros/an (+26,54%) en Flandre, de 114,07 euros/an (+18,93%) en Wallonie et de 52,68 euros/an (+9,00%) à Bruxelles. Cette hausse est surtout attribuable à l’augmentation des tarifs de distribution; le prix de la composante énergie étant resté relativement stable (-0,91% en Flandre, +4,90% en Wallonie et +4,15% à Bruxelles). Les prélèvements publics, la contribution énergie renouvelable et cogénération et le transport ont également augmenté, à l’inverse de la TVA.

S’agissant des clients professionnels, le prix final au consommateur pour un client en moyenne tension a quant à lui diminué en moyenne de 1.886,38 euros/an (-8,37%) à Bruxelles et de 11,31 euros/an (-0,05%) en Flandre. En Wallonie, le prix a par contre sensiblement augmenté de 3.123,79 euros/an (+14,26%).

Les prix du gaz naturel pour le client résidentiel ont par ailleurs progressé de 27,90% sur la période soit une augmentation de 293,28 euros/an (+25,74%) en Flandre, de 389,89 euros/an (+33,89%) en Wallonie et de 269,83 euros/an (+22,57%) à Bruxelles.

Pour les PME, le prix du gaz naturel a augmenté de 20,90%, ce qui correspond à une hausse, en moyenne, de 13.779,16 euros/an (+19,78%) en Flandre, de 16.624,86 euros/an (+23,78%) en Wallonie et de 16.238,00 euros/an (+22,41%) à Bruxelles

La Wallonie avec la France en Europe et dans le monde