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L’exemple de François Perin… à l’épreuve du réel

La même question revient chez les militants :

Qu’est-ce que les Wallons ont encore à faire dans les hémicycles fédéraux ?  

En 1982, lors d’une discussion au Sénat sur la réforme de l’État, François Perin, cette grande figure du mouvement wallon et du réunionisme présenta soudain sa démission. Prenons-en de la graine, entend-on.

Voici les mots prononcés alors par François Perin :

François Perin 2Après avoir entendu toutes les déclarations qui ont été faites ces derniers temps et particulièrement au cours du présent débat, après avoir vu, échec après échec, tous les événements de ces dernières années, je ne parviens plus en conscience, à croire à l’avenir de notre pays.

Il est difficile de rester parlementaire d’un État auquel on ne croit plus et dont le système politique paraît absurde, et représentant d’une nation – selon les termes de la Constitution – qui n’existe plus. Je remets ce jour ma démission de sénateur au président de cette assemblée.

Mon motif est simple et triple. La Belgique est malade de trois maux, incurables et irréversibles.

Le premier mal, je l’ai dit antérieurement, est le nationalisme flamand, qu’il s’avoue ouvertement ou non.

Le second, c’est que la Belgique est livrée à une particratie bornée, souvent sectaire, partisane, partiale, parfois d’une loyauté douteuse à la parole donnée et à sa signature, mais très douée pour la boulimie, avec laquelle elle investit l’État en jouant des coudes, affaiblissant son autorité, provoquant parfois le mépris public.

Le troisième mal irréversible et incurable, c’est que la Belgique est paralysée par des groupes syndicaux de toutes natures – des médecins aux syndicats traditionnels – intraitables et égoïstes,  irresponsables, négativistes et destructeur finalement de toute capacité de l’État de réformer quoi que ce soit en profondeur. Et il n’y a rien, ni homme, ni mouvement d’opinion, pour remettre tout cela à sa place et dégager l’autorité de l’État au nom d’un intérêt collectif que l’on appelle ordinairement la nation, parce que, dans ce pays il n’existe plus de nation.

Voici, Monsieur le Président, ma démission de sénateur. Je reprendrai, en solitaire, le chemin difficile des vérités insupportables…

Cette référence à François Perin ne doit pas nous faire oublier une autre vérité, aussi insupportable soit-elle. C’est ce que rappelle ici Jacques Lenain :

Jacques Lenain portraitDes trois maux dénoncés par François Perin, un seul est propre à la Belgique, le premier, le nationalisme séparatiste belge, les deux autres étant bien répandus, y compris en France…

Présentement, la question à résoudre est de faire adhérer les « forces partisanes et syndicales » franco-belges à une « solution française », ce à quoi ces « forces », qui ont le monopole du pouvoir et donc de la décision, ne consentiront que si elles ont la certitude que leurs intérêts « partisans » et « syndicaux » seront respectés… en France même… quand ils ne pourront plus l’être en Belgique…

Pour ces « forces », une « solution française » ne peut donc devenir acceptable que si elle se présente comme étant supérieure ou au moins égale, pour la protection de leurs « intérêts », au maintien de la « solution flamande »… Laquelle se dégrade, ce qui est la chance du « rattachisme »… Faut-il encore, pour bien jouer cette chance, définir et soutenir un mode de rattachement qui soit justement protecteur des « intérêts » en cause… C’est ainsi… bien que ce ne soit pas plaisant…

Le décryptage de Pierre Hazette

Pierre Hazette, l'avenirAprès les élections du 25 mai, il eût été simple de constituer rapidement une tripartite traditionnelle.

Interrogé le jeudi 19 juin dans le journal télévisé de la RTBF, le Premier Ministre en affaires courantes, Elio Di Rupo l’a répété sans la moindre réserve.

Le PS était donc, au lendemain des élections, tenté par le rétablissement de la coalition qui sortait renforcée du scrutin. Paul Magnette, son président faisant fonction, déclarait que l’initiative revenait au fédéral et que la mise en place anticipée des gouvernements régionaux apporterait un soutien aux thèses confédéralistes de la N-VA.

Après que le Roi eut désigné Bart De Wever en qualité d’informateur, le ton a changé au Parti Socialiste: le 5 juin, le parti communiquait sa décision de s’allier au CDH en Wallonie et d’étendre la coalition au FDF à Bruxelles.

Le MR avait antérieurement fait savoir que le rôle de dépanneur qu’il avait tenu pour sortir le pays de la crise de 540 jours, il ne le jouerait plus s’il n’était pas associé aux majorités régionales et à la Fédération Wallonie-Bruxelles.

En annonçant les coalitions régionales, le PS sabotait la possibilité d’une tripartite et ouvrait la voie à la N-VA qui s’était exprimée en faveur d’une politique de droite au niveau fédéral. C’est à cette option du PS que l’on doit le maintien de Bart De Wever dans sa mission royale d’information au-delà des limites initialement prévues.

L’échec de l’informateur royal aurait signifié le début d’une crise plus inextricable encore que la précédente.

Le PS a joué sur cette probabilité.

On se souviendra qu’en 2010, à un moment de crispation avant le dépannage libéral, les cadors socialistes s’étaient exprimés. Charles Picqué, le premier, en septembre, se livrait dans « Le Vif« : »Le PS décrète la mobilisation francophone pour se préparer à la fin du pays…. Le risque de scission existe et le maintien du pays n’aura plus de sens s’il doit signifier une soumission aux intérêts de la majorité flamande… Des choses se préparent. Des experts planchent, notamment sur la capacité de contourner un éventuel veto flamand à la gestion de Bruxelles, en cas de coopération avec la Wallonie…. Ce qui me plait dans le plan B, c’est qu’il est raisonnable et qu’il n’est pas frappé de nationalisme. » Charles Picqué va même jusqu’à anticiper : »On va faire croire que les dirigeants francophones sont aussi responsables que les flamands de la course à la scission du pays. »

Mais Charles Picqué n’est pas seul. Le 5 octobre 2010, la Vice Première Ministre socialiste, Laurette Onckelinx, sortait du bois dans « L’Avenir ». Elle y évoquait la nécessité « plus que jamais » de réfléchir à un plan B pour les francophones.

Elio Di Rupo prenait le relais sur les plateaux télévisés le 10 octobre : « En cas de volonté d’indépendance de la population flamande, il faudra demander aux francophones s’ils souhaitent une Belgique composée de la Wallonie et de Bruxelles… »

Vincent de Coorebyter, Directeur du CRISP et observateur à la fois  lucide et informé de notre vie politique, a commenté ces déclarations : « Des francophones ont parlé de plan B avec une certaine consistance, avec les apparences de la détermination. Je dis « des francophones » parce que toutes les déclarations venaient du PS, les autres partis étant restés prudents, voire muets, à ce sujet… ».

Quand on relit ces textes à six mois  du scrutin, on est amené à conclure que les dirigeants socialistes ont entraîné le CDH dans un processus de liquidation de la Belgique avec autant de détermination, sinon plus, que le leader de la N-VA. Mieux, ils ont ouvert la voie aux nationalistes flamands en torpillant la tripartite. La manœuvre a été mûrement réfléchie. Paul Magnette la pilote au départ de l’Elysette et de l’Hôtel de Ville de Charleroi, Elio Di Rupo depuis le boulevard de l’Empereur, Laurette Onkelinx depuis son banc à la Chambre et à la tête de la Fédération socialiste de l’arrondissement de Bruxelles et Charles Picqué, à la présidence du Parlement bruxellois, pourra faire obstacle, comme il l’a annoncé, à la tentative de veto flamand à la gestion de Bruxelles.

On retrouve –ce n’est pas un hasard- les  personnalités qui ont évoqué le plan B en 2010.

En décembre 2011, l’économiste liégeois, Jules Gazon, décortiquait la stratégie  qui se révèle aujourd’hui : « Les autorités politiques wallonnes, à défaut d’avoir informé correctement leurs ouailles, prisonnières qu’elles seront de leur discours, seront tentées ou par un confédéralisme dépourvu de tout lien solidaire ou par l’indépendance. Dans les deux cas, très vite se produira un cataclysme financier mettant à genoux les Wallons et, peut-être, les Bruxellois. »

Le Parti Socialiste donne peut-être l’impression d’avoir gagné le deuxième tour du scrutin du 25 mai après avoir perdu des voix dans le premier. C’est sans doute conforme aux spéculations de ses dirigeants. Il est très peu probable cependant que leurs manœuvres contribuent à la relance de l’économie wallonne, à la promotion de l’emploi, à la consolidation des acquis sociaux, à l’ouverture des grands chantiers nécessaires, à l’assainissement des finances publiques.

Il est évident aussi que le Premier Ministre sortant, après avoir vanté la sixième réforme de l’état, salvatrice de la Belgique, n’a pas dit un mot pendant la campagne électorale du plan B qui sort de l’ombre aujourd’hui. Jules Gazon avait vu juste: les ouailles n’ont pas été préparées.

Il est vrai que, de son côté, Bart De Wever a les coudées franches pour avancer dans sa stratégie et, même si elle devait durer cinq ans, la coalition n’y fera pas obstacle. Il peut compter sur une opinion wallonne chauffée à blanc pendant la durée de la législature et, en conséquence, sur une remontée du PS ou de la gauche morcelée, pour inviter les Flamands à réaliser son rêve avoué.

Il se pourrait bien que nous vivions un dernier épisode de l’histoire de Belgique, mais je me demande où les historiens situeront la cause de la rupture. Faut-il rappeler que les grèves de 60-61, dont le souvenir devrait éclairer notre présent, se sont soldées par la revendication de la gauche wallonne qui réclamait, au nom du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, la pleine compétence de la politique économique et sociale?

Bart De Wever va la lui offrir. Encore un petit effort, encore quelques vitres brisées, quelques trains arrêtés et ce sera dans la poche.

Pierre HAZETTE.

POUR UN CONGRES WALLON

 L’analyse de Paul Mélot

Sous le titre « Le Cincinnatus qui veille sur le ’16’ », Dirk VANOVERBEKE (Le Soir des 15 et 16/11/2014) décortique avec une particulière pertinence les actes de Bart DE WEVER, ainsi que sa stratégie.

Bart De Wever 25 maiRésumons :

a) Il a décliné le « 16 » pour ne pas se brûler et néglige dans son égo ses 314.650 voix de préférence pour mieux diriger ce que l’on appelle « le pays », vu de l’extérieur.

b) Il s’est retiré de la course pour faire aboutir le suédoise et réaliser son rêve d’asseoir la suprématie flamande dans le gouvernement fédéral, jetant au passage le PS dans l’opposition.

c) Il veut ne plus jamais voir le PS revenir au pouvoir, menaçant : « ceux qui le feraient revenir se suicideraient politiquement ».

d) D’ici 2019, au départ d’Anvers, il sera le gardien de l’idéologie de la N-VA au gouvernement.

Des faits très récents illustrent ce qui précède. Résumons :

a) La ministre de la santé Open-VLD (DE BLOCK) souhaiterait assouplir la législation relative au cannabis ? Remise au rang par De Wever lui-même.

b) Le secrétaire d’Etat NV-A met en doute la plus-value des immigrations congolaise, algérienne, marocaine ? BDW se fout de l’embarras du MR devant ces faits: « foutaises francophones », clame-t-il.

c) Charles MICHEL (MR) qualifie d’ « énorme » l’espace de négociation après la manifestation de Bruxelles ? « Il n’y a aucune alternative politique », siffle BDW.

d) Economies dans le secteur culturel et réductions de ces économies proposées par D. REYNDERS (MR) ? Elke SLEURS (N-VA) tacle, sur ordre de BDW.

e) Timide volonté du CD&V d’impôt sur la fortune ? Kris PEETERS recalé par Jan JAMBON, et passons sur : report de l’âge de la pension, saut(s?) d’index, traque à la fraude sociale (pour la fraude fiscale, voir le Luxleacks !), économies présentées comme inévitablement inévitables ! (sans jamais penser à retarder les échéances de la dette, seule solution d’amoindrissement et de lissage de l’effort demandé…).

Comprenons donc bien : l’accord, TOUT l’accord, rien d’autre que TOUT l’accord. « Punt aan de lijn » ! Et direction sortie pour celui qui désobéit !

On le voit, à l’échéance de cinq ans, sauf chute – improbable – de la coalition, triomphe extraordinaire de BDW en Flandre. Ensuite, révision de la Constitution au profit exclusif du Nord avec la 7e réforme de l’Etat.

Chute improbable ? Pratiquement improbable, et pourquoi ?

1) En Flandre, ni le CD&V, ni l’Open-VLD ne vont pouvoir, sous peine de disparition du pouvoir politique nordique, s’opposer au rouleau compresseur N-VA.

2) Pas plus le MR, en Wallonie, ne songera à ne plus subir les ukases : il affaiblirait d’autant plus le VLD-frère flamand, au tout grand bénéfice de la N-VA, et payerait très cher, en Wallonie particulièrement, le prix de sa participation. Il serait immédiatement rejeté dans l’opposition fédérale, à supposer que la mathématique électorale le permette, ce qui est moins certain car les faits nous montrent que si un MR affaibli devait constater qu’il peut rester dans cette majorité fédérale, il s’y accrocherait pour enfin subsister, mais à quel prix, toujours plus faible, toujours plus à la merci de BDW, toujours plus craintif du verdict de l’électorat wallon… car le temps passant, la régression amorcée ne fera qu’augmenter les appétits féroces de la N-VA de maintenir l’hégémonie, jusqu’au but final : la disparition de la Belgique en tant que telle.

Nous voici donc au cœur du problème, personne n’en pouvant douter : le but ultime, la solution finale, même ! Avec « l’aide » du PS, allié objectif comme semble le penser BDW, qui ne pourra que revendiquer le confédéralisme total, voire une large autonomie, voire l’indépendance, comme on va le voir dans la suite !

Paroles d’Eric DEFOORT, ami plus que très proche de BDW, idéologue de la N-VA dont il est l’un des co-fondateurs: « Les Wallons seront un jour les Ecossais de la Belgique et réclameront à leur tour leur indépendance ». Voilà qui est dit !!!

Foutaises flamandes ?

Quel sens aurait encore une Belgique vidée de ses fondamentaux (solidarité, pensions, santé, armée,…) ? Quelle valeur ajoutée ? Sur quel vide économique wallon ? Ici, faisons appel à l’audition du ministre REYNDERS devant la Commission des affaires étrangères, le 14 novembre : après deux passages pourtant positifs de l’accord gouvernemental, l’un sur la poursuite de l’intégration européenne, l’autre sur la volonté d’instaurer des votes aux majorités qualifiées pour la politique européenne et sa défense, c’est alors la déferlante N-VA qui siffle le chemin : « associer les entités fédérées à la politique étrangère, révision des accords de coopération, ceci à peine sous-entendu au grand bénéfice de Mère Flandre… ». Lire à ce sujet les articles des journaux.

Durant la campagne électorale pour les élections régionales, l’ALLIANCE WALLONIE FRANCE a, hélas vainement et sans retombées positives, réclamé aux différents partis wallons la prise en considération dans les accords post-électoraux des votes sur l’élargissement et surtout la mise en pratique des accords bilatéraux existants avec la France, la création de quantité d’autres dans tous les domaines de la vie économique et sociale afin qu’au jour où la Flandre aura pris son envol, et même évidemment déjà auparavant, nous ne nous retrouvions les mains complètement vides, à la merci d’une austérité à la grecque…

Les récents événements que l’on ne peut d’évidence qualifier de soubresauts, tellement tout ce qui précède était prévisible, vont-ils enfin ouvrir les yeux de TOUS les décideurs politiques wallons, qu’ils soient dans la majorité ou dans l’opposition fédérale, régionale, communautaire ?

De tous nos vœux, de toutes nos forces, pour nos enfants, pour la Wallonie, pour nous-mêmes, pour notre fierté wallonne, nous appelons à la convocation d’un CONGRES WALLON. Plus que très vite ! Il n’est même plus moins cinq !

Avec les jeunes pousses, les chefs étoilés veulent dynamiser la Wallonie

Un article alléchant puisé sur le site de la RTBF (lien).

Wallonie chefs étoilés« La Wallonie: nouvel eldorado gustatif », titrait il y a quelques mois le quotidien français Libération. Voilà qui vous donnera peut-être des envies pour ce soir… Une sorte d’invitation à l’une des grandes tables de Wallonie. L’an dernier, une dizaine de chefs étoilés se sont rassemblés au sein du collectif baptisé « Génération W ». Objectif: mettre en valeur leur savoir-faire. Un an après, ils sont plus nombreux, commencent à élargir leur cercle en accueillant des étoiles montantes.

L’idée de réunir les plus grands chefs de Wallonie a germé dans l’esprit fertile de Sang Hoon Degeimbre (deux étoiles au Michelin, 18/20 au Gault Millau). Derrière cette initiative, il ne s’en cache pas, il y a une part de promo personnelle. « Si vous ne faites pas un peu de communication, on vous oublie. Or, moi, j’ai un business à faire tourner. »

Mais au-delà de ça, il y a la volonté de mettre en avant de vrais artistes de la gastronomie. « C’est plutôt la diversité de talents qu’on a voulu mettre en avant. »

Et aujourd’hui, ces chefs à succès ouvrent les portes de « Génération W » à de jeunes pousses plus que prometteuses, comme Carl Gillain. « On a la chance de pouvoir avoir une visibilité énorme grâce à ce collectif. »

Bulletin de ce chef namurois: 14 au Michelin. « Je pense que la gastronomie wallonne est en train d’exploser. »

Autre nouveau venu, Fabrizzio Chirico, de Gerpinnes (meilleur rapport qualité/prix de walonie selon Gault Millau). « J’ai eu envie de faire partie d’un groupe qui défende les bonnes valeurs de notre région, nos produits, nos artisans et nos agriculteurs. »

Car, derrière ces 18 chefs désormais rassemblés, il y une centaine de producteurs et artisans aussi passionnés, qui profitent un peu de cette lumière. « Tous nos producteurs sont ouverts au public, rappelle Carl Gillain. Et au final, tout le mérite, c’est pour eux ! »

Les meilleures tables wallonnes, vitrine et – pourquoi pas – moteur régional. « Cela peut paraître un peu pompeux de le présenter comme cela, conclut Sang Hoon Degeimbre, mais chacun peut participer à la dynamisation de la Wallonie ! »

Rudy Hermans

Désormais, les Wallons se sentent plus proches des Français… que des Flamands

C’est le résultat d’un sondage analysé sur le site de la RTBF.

identité wallonne 1Selon une enquête de l’IWEPS que la RTBF a pu consulter, le citoyen de Wallonie reste très attaché à sa région, et il se sent toujours majoritairement Belge. Mais il apparait aussi qu’il se sent de moins en moins proche de son voisin de Flandre.

L’IWEPS (Institut wallon de l’évaluation, de la prospective et de la statistique) publie son nouveau baromètre social de la Wallonie 2012-2013.

Cette enquête porte notamment sur le sentiment « identitaire » des sondés: se voient-ils avant tout comme des Wallons, des Belges, des Francophones ou des Européens ?

Et les résultats sont assez édifiants. Il y a 10 ans, 35% des Wallons se sentaient « différents » des Flamands. Aujourd’hui, ils sont plus de 66%… Les tensions communautaires ne sont sans doute pas étrangères à cette impressionnante augmentation.

 identité wallonne 2

En corollaire, les Wallons semblent développer un sentiment d’appartenance à leur région. Ainsi, 78% des personnes interrogées se déclarent fières d’être wallonnes.

Précisons que cette « fierté wallonne » ne se développe pas au détriment du sentiment d’appartenance à la Belgique. L’identité « européenne » par contre croît lentement et reste minoritaire.

Enfin, autre statistique : le Wallon se sentirait plus proche du Français (45,2%) que du Flamand (33,9%). Il y aurait donc, selon le rapport de l’IWEPS, « une prédominance de la dimension linguistique et culturelle sur la dimension d’appartenance commune à la nation belge ».

 identité wallonne 3

Des tendances à méditer, et à mettre en parallèle avec l’évolution institutionnelle du pays…

Pour réaliser ce « baromètre social de la Wallonie », l’IWEPS a interrogé plus de 1200 citoyens wallons entre 2012 et 2013, en collaboration avec des équipes universitaires (ULg, UCL, ULB) et l’Institut de sondage TNS Dimarso. Marge d’erreur: 2,76%.

Rudy Hermans

L’Histoire jugera Di Rupo

Nous reprenons ci-dessous ce qu’a fait paraître Michel Henrion sur sa page « Facebook ».

Michel Henrion 14 novembre, 14:38 ·

Jean -Maurice Dehousse à M-Belgique Hebdo:
-« Di Rupo a recréé un belgicanisme criant, mettant une sourdine forte au mouvement wallon. Maintenant, le PS est perdu avec son belgicanisme, parce qu’il n’a plus d’interlocuteur en Flandre. Le PS est isolé et va le rester un bon moment ».
-« En cassant l’alliance historique PS-CVP, Di Rupo a permis le basculement vers la N-VA, parce que le mouvement flamand n’abandonne jamais là ou le mouvement wallon est épisodique ».

Liège: plus de 100 emplois menacés au CHU

En moment de crise économique, le titre pourrait vous paraître banal même si pour les personnes concernées se dissimule souvent un drame humain qui atteint dans la plupart des cas l’ensemble d’une famille. Si j’ai décidé de mettre ce titre en exergue, c’est pour vous démontrer combien la presse recourt parfois au sensationnalisme d’un titre en complète inadéquation avec la réalité d’une situation.

chuJe m’explique : lors d’une hospitalisation au mois d’août, j’avais eu l’opportunité de parler de la qualité des repas servis aux hospitalisés du C.H.U. avec un ami, membre du conseil d’administration de cet établissement. Celui-ci m’avait répondu que le Conseil d’Administration était conscient de ce problème et m’avait conseillé de remplir le questionnaire de satisfaction proposé à chaque patient à sa sortie de l’Hôpital, ajoutant que les membres du C.A. étaient très sensibles aux remarques, avis ou suggestions émis par les patients sortant.

En réalité, au-delà des appréciations très positives émises par une grande majorité des patients du C.H.U. Sart-Tilman quant aux soins reçus, à la bonne humeur du personnel infirmier, d’entretien  et auxiliaires de santé  ainsi qu’à la compétence des médecins, un avis négatif récurrent s’exprimait quant à la qualité des repas proposés.

L’hôpital universitaire liégeois offre la particularité de jouir d’une indépendance quasi totale de gestion. Le contrat qui le liait à la multinationale ISS BD Food qui fournissait de la nourriture industrielle arrivant à échéance, le C.A. a décidé de reprendre en interne la gestion des repas et de passer un accord avec l’hôpital du Bois de l’Abbaye à Seraing pour la gestion des repas dits traditionnels.

Contrairement à la menace qu’énonce le titre du site RTL.be, les 100 employés en CDD de ISS BD Food vont être repris par le C.H.U. avec un statut public plus favorable que celui qu’ils avaient dans la société privée. De plus, le C.H.U. compte engager du personnel supplémentaire afin d’optimiser la qualité des repas servis dans ses établissements Sart-Tilman et Bruyères. Nous sommes loin d’un « nouveau bain de sang social » comme me l’écrivait un ami après lecture le 28 octobre 2014 de l’article repris ci-dessous. Quant aux patients, ils n’auront, j’en suis certain, qu’à se féliciter de cette décision courageuse du C.A. du C.H.U.

Paul D.

Le centre hospitalier universitaire (CHU) de Liège a l’intention d’internaliser la préparation des repas, jusqu’à présent gérée par une société externe dont le contrat arrive à échéance. Une centaine d’emplois sont menacés.

Cela fait une dizaine d’années que les repas servis aux patients du CHU sont préparés par la société ISS BD Food, dont le siège est basé à Floreffe. Mais le contrat arrive à échéance le 31 mai prochain, révèle mardi la RTBF. Le CHU souhaite reprendre en interne une partie des repas – les repas spécialisés, les repas des restaurants du site du Sart-Tilman et de Notre-Dame des Bruyères- mais par contre « confier la gestion des repas dits traditionnels à l’hôpital du Bois de l’Abbaye à Seraing« , a précisé Julien Compère, administrateur délégué de l’hôpital universitaire sur les ondes de Vivacité.

Jeudi dernier, les 103 personnes employées par ISS BD Food sur le site du CHU ont été averties de leur prochain licenciement. Elles recevront leur C4 en décembre. « Nous ne savons pas encore grand-chose« , explique à Belga Raymond Docquier, secrétaire permanent alimentation et services à la CSC. « Le personnel pourrait être reclassé par ISS BD Food, une partie pourrait être reprise par le CHU mais on ne sait pas encore combien. La direction a convenu de nous tenir informés dans les prochaines semaines. »

Pas de jambon… à Charleroi

Un billet d’humeur de Paul Mélot

Paul MagnetteEn décrétant qu’il n’inviterait pas le ministre de l’Intérieur à l’inauguration de son nouvel hôtel de police, celui qui n’est pas bourgmestre en exercice à Charleroi vient de réussir ce qu’il croyait être un coup fumant (pour ne pas dire fumé!): Jan l’a eu dans l’os, si l’on peut dire…

En réalité, il n’a déclenché qu’une polémique stérile entre MR et PS qui ne met hélas pas comme il l’aurait peut-être souhaité, la Wallonie au premier plan de l’actualité mondiale !

Expliquons-nous: si ce n’est pas le bourgmestre de Charleroi qui a ostracisé le très N-VA Jambon, c’est donc bel et bien le ministre-président de tous les Wallons qui a interdit l’entrée en Wallonie au ministre de l’Intérieur de tous les Belges. On va voir ce que l’on va voir: le coq fout la baffe au lion raciste et collabo. Quelle fierté nouvelle pour la Wallonie! Quel cran, quelle outrecuidance, quelle audace même, quand on sait que demain, sans doute, celui qui excommunie devra quémander l’aide financière fédérale pour sa police étranglée par la réforme du même nom appliquée cependant par lui-même et ses amis politiques.

Et de plus, avec l’aval de son président de parti, le très regretté ancien premier ministre, car une telle bravoure ne peut avoir été décidée sans qu’Elio ait marqué son accord, bien entendu. Expliquons-nous encore: on peut supposer que demain, dans tous les coins de Wallonie, chaque bourgmestre aura à cœur de suivre le mâle exemple de l’ami Paul Magnette, du moins s’il est étiqueté PS… Comme on peut supposer que le bourgmestre récalcitrant (ou MR ou CDH ou Ecolo) qui aura l’audace d’inviter Jan JAMBON se verra priver d’aides ou initiatives régionales favorables à sa commune par Magnette et ses amis, pour le punir de son intrépide initiative…

L’initiative de Magnette vaut donc maintenant loi !

Est-ce à dire que Magnette a commis une boulette en rejetant l’ingrédient jambon? Oui, sur tout l’étal! La farce ( porc, pain, persil, lait, faut demander la recette à Lequet à Liège) aurait bien mieux pris si, présent, JAMBON avait été poussé dans ses retranchements et publiquement invité à retirer ses inacceptables paroles révisionnistes et collaborationnistes devant les stèles des policiers morts pour la patrie – au sens large- durant la guerre 40-45… Voilà en quoi notre Ministre-Président de tous les Wallons se serait grandi et aurait fait l’unanimité de la classe politique restée démocratique en Wallonie.

Mais au lieu de tout cela, cette gaffe, à bien y réfléchir, en est-elle une ? Ne fait-elle plutôt pas avancer notre cause réunioniste ? En donnant du grain à moudre à Bart De Wever, Magnette permet au peuple flamand d’encore un peu plus enfoncer ces Wallons tant décriés pour leurs vertus appelées fainéantises, foutaises, profiteurs, bouffeurs de transferts N-S, etc…

François HOLLANDE, à qui ce coup de main ne peut avoir échappé, vient donc d’inscrire sur ses tablettes de la prochaine manne de médaillés de la Légion d’honneur, le nom de notre illustre Carolo.

Vive la République !

Etudiants en médecine : les différences Nord-Sud

Qui osera encore dire qu’il n’existe pas de problème communautaire en Belgique ? Dans ce pays en voie d’évaporation, le communautaire s’incruste parfois là où on l’attend le moins. Dernier exemple en date, l’accession des étudiants en médecine aux fameux quotas INAMI qui donne à l’étudiant la possibilité d’exercer son art. L’INAMI dépend du ministère de la santé publique qui reste à ce jour une matière fédérale commune, en théorie, à tous les Belges. Mais l’enseignement est une matière communautarisée où chaque Communauté est loisible d’interpréter les textes fédéraux comme bon lui semble.  A la lecture de l’article de Soraya Ghali, publié sur le site du Vif/L’Express, il est malaisé de contredire un adage bien ancré en Flandre : « les Flamands font mieux ce qu’ils font seuls ».

Il appartient maintenant aux responsables politiques wallons et bruxellois de prendre leurs responsabilités.

Nous pensons bien sûr au drame de nos étudiants wallons et bruxellois  en médecine qui après 7 ans d’études se verront refuser le fameux numéro INAMI indispensable pour entrer dans la profession. Autre question : quel sera le critère retenu pour accorder le précieux sésame ?

Une fois de plus, nous pouvons affirmer que l’Etat belge se compose de sociétés de plus en plus distanciées, quoiqu’en disent la Présidente MR du Sénat et le Président du PS qui dans leurs déclarations continuent à exprimer leur foi en un Etat belge fédéral moribond. Comprenne qui pourra…

inamiPanique chez les futurs médecins francophones : la moitié d’entre eux risquent de ne pas pouvoir exercer leur art. Alors qu’en Flandre, la situation est moins problématique. Pourquoi ?

 1. L’accès aux études de médecine

La Flandre a opté pour une sélection à l’entrée. Le candidat doit obtenir 10/20 minimum. Les taux de réussite tournent autour de 40 %.

Côté francophone, le candidat doit se soumettre à un examen non contraignant. Le taux de réussite, soit au moins 10/20, s’élève à 20 %.

2. Le taux de réussite en 1ère bac

En Flandre, il est passé de 50 % à 85 %. Le test éliminatoire aurait conscientisé les profs du secondaire et, depuis, l’enseignement des sciences s’y serait amélioré.

Dans les universités francophones, seuls 20 à 30 % des étudiants franchissent le cap de la première année. Pour 2013-2014, le taux monte à 38 % (y compris parmi les doubleurs). Explication : depuis deux ans, l’étudiant qui présente en janvier une moyenne inférieure à 8 sur 20 peut étaler sa première année sur deux ans.

3. Les conditions d’enseignement

En Flandre, les étudiants ont un contact précoce avec les patients sous la forme de stages divers, profitant d’un apprentissage actif en petits groupes, par exemple. D’après les doyens, le climat est agréable dans les auditoires, où il n’y a plus de concurrence. Tout cela améliore la qualité des formations médicales et, par ricochet, la qualité des soins offerts aux patients.

Côté francophone, ces cinq dernières années, les inscriptions ont doublé, entraînant des effets négatifs sur la qualité de la filière. Les universités ont dû mettre en place des systèmes de télédiffusion et de cours sur Internet. Les hôpitaux, eux, peinent à accueillir ces étudiants en stage, tandis que les maîtres de stage manquent en nombre.

4. Les étudiants surnuméraires

A l’horizon 2017, la FWB comptera 1 120 aspirants médecins sans numéros Inami à la fin de leurs études. Selon les chiffres du SFP Santé publique, ils ne seront que 512 en Flandre.

5. Les effectifs en activité

La proportion de médecins généralistes ayant plus de 54 ans est de 53,9 % à Bruxelles, 55,7 % en Wallonie et 49,1 % en Flandre. Pareil pour les spécialistes. Or, de 2008 à 2012, le nombre de généralistes en formation a grimpé de 71 % en Flandre, d’à peine 21 % à Bruxelles et de… 10 % en Wallonie. Quant aux candidats spécialistes, leur nombre a augmenté de 25 % en Flandre, de 29 % à Bruxelles et de… 16 % en Wallonie.

6. Les choix politiques

Les Flamands accusent les politiques et les universités francophones d’avoir « torpillé » le numerus clausus, au détriment de la Flandre, qui, elle s’est conformée aux quotas Inami. Mais, côté francophone aussi, des voix s’élèvent : « Défendre la liberté d’accès au cursus de médecine et en même temps défendre la fin du numerus clausus est difficilement défendable », déclare le Dr Lievens, vice-président du syndicat des médecins spécialistes.

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