L’exemple de François Perin… à l’épreuve du réel

La même question revient chez les militants :

Qu’est-ce que les Wallons ont encore à faire dans les hémicycles fédéraux ?  

En 1982, lors d’une discussion au Sénat sur la réforme de l’État, François Perin, cette grande figure du mouvement wallon et du réunionisme présenta soudain sa démission. Prenons-en de la graine, entend-on.

Voici les mots prononcés alors par François Perin :

François Perin 2Après avoir entendu toutes les déclarations qui ont été faites ces derniers temps et particulièrement au cours du présent débat, après avoir vu, échec après échec, tous les événements de ces dernières années, je ne parviens plus en conscience, à croire à l’avenir de notre pays.

Il est difficile de rester parlementaire d’un État auquel on ne croit plus et dont le système politique paraît absurde, et représentant d’une nation – selon les termes de la Constitution – qui n’existe plus. Je remets ce jour ma démission de sénateur au président de cette assemblée.

Mon motif est simple et triple. La Belgique est malade de trois maux, incurables et irréversibles.

Le premier mal, je l’ai dit antérieurement, est le nationalisme flamand, qu’il s’avoue ouvertement ou non.

Le second, c’est que la Belgique est livrée à une particratie bornée, souvent sectaire, partisane, partiale, parfois d’une loyauté douteuse à la parole donnée et à sa signature, mais très douée pour la boulimie, avec laquelle elle investit l’État en jouant des coudes, affaiblissant son autorité, provoquant parfois le mépris public.

Le troisième mal irréversible et incurable, c’est que la Belgique est paralysée par des groupes syndicaux de toutes natures – des médecins aux syndicats traditionnels – intraitables et égoïstes,  irresponsables, négativistes et destructeur finalement de toute capacité de l’État de réformer quoi que ce soit en profondeur. Et il n’y a rien, ni homme, ni mouvement d’opinion, pour remettre tout cela à sa place et dégager l’autorité de l’État au nom d’un intérêt collectif que l’on appelle ordinairement la nation, parce que, dans ce pays il n’existe plus de nation.

Voici, Monsieur le Président, ma démission de sénateur. Je reprendrai, en solitaire, le chemin difficile des vérités insupportables…

Cette référence à François Perin ne doit pas nous faire oublier une autre vérité, aussi insupportable soit-elle. C’est ce que rappelle ici Jacques Lenain :

Jacques Lenain portraitDes trois maux dénoncés par François Perin, un seul est propre à la Belgique, le premier, le nationalisme séparatiste belge, les deux autres étant bien répandus, y compris en France…

Présentement, la question à résoudre est de faire adhérer les « forces partisanes et syndicales » franco-belges à une « solution française », ce à quoi ces « forces », qui ont le monopole du pouvoir et donc de la décision, ne consentiront que si elles ont la certitude que leurs intérêts « partisans » et « syndicaux » seront respectés… en France même… quand ils ne pourront plus l’être en Belgique…

Pour ces « forces », une « solution française » ne peut donc devenir acceptable que si elle se présente comme étant supérieure ou au moins égale, pour la protection de leurs « intérêts », au maintien de la « solution flamande »… Laquelle se dégrade, ce qui est la chance du « rattachisme »… Faut-il encore, pour bien jouer cette chance, définir et soutenir un mode de rattachement qui soit justement protecteur des « intérêts » en cause… C’est ainsi… bien que ce ne soit pas plaisant…

12 réflexions sur « L’exemple de François Perin… à l’épreuve du réel »

  1. De quoi les politiques wallons auraient-ils peur en cas de « Wallonie, région de France »??? Je suppose que l’Etat français permettrait à nos politiques de continuer à gérer la future région… Mais au lieu de garder les termes « ministre-président » et « provinces » on parlerait d’un préfet de région, de départements et de communes… Je vois mal le gouvernement français aller mettre des autres personnes que des Wallons, à la tête de la Région Wallonne!!!

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  2. « Mais au lieu de garder les termes « ministre-président » et « provinces » on parlerait d’un préfet de région, de départements et de communes »…
    Non, en parlant ainsi vous faites peur, comme Gendebien : le Ministre-président wallon veut le rester, et il ne veut pas d’un « préfet régional » à son côté, etc…Il ne s’agit pas seulement de dénomination, question réelle mais seconde (ainsi, en droit constitutionnel français, la Corse n’est pas une « Région », c’est donc que tout est possible en droit français, pour la Wallonie et Bruxelles), mais de « contenus », de « pouvoirs », de « compétences », d’ »influences », de « statuts » (au sens complet du mot), de « rémunérations », d' »avantages », etc. Et de bien d’autres choses que l’administration territoriale : ainsi, les « mutuelles » belges (dont Maggie parle en ce moment !), qui gèrent la protection sociale, qui ont un très grand rôle, n’ont pas d’équivalent en France, dont la protection sociale est organisée tout autrement !
    Le problème des rattachistes franco-belges, et donc la cause de leur échec, c’est qu’ils font comme si presque « tout le monde » en viendrait à penser comme eux, à savoir que « tout » (lois et institutions) est mauvais en Belgique et que tout est meilleur en France, et que donc l’intégration à la France, ce doit être l’abandon des lois et institutions belges (publiques et privées) pour les remplacer systématiquement par des homologues françaises, donc y compris en matière de Sécurité sociale…Aucun « responsable » mutualiste, ou « responsable » dans tout autre autre domaine, ne veut cela, si fait qu’on ne trouve pas de « responsable » qui se dise rattachiste…Cette vision « assimilationniste » (dans le domaine des lois et institutions) est condamnée à la stérilité, elle n’a aucune influence sur les « décideurs » (grands moyens et petits), pire, elle est nuisible à la cause rattachiste…Au contraire, il faudrait faire l’effort de se mettre à la place des « décideurs », pour comprendre leur « logique », même si elle est mauvaise, et ainsi pour être au pouvoir les influencer…en leur proposant un mode d’intégration à la France qui puisse leur convenir…

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    1. « le Ministre-président wallon veut le rester, et il ne veut pas d’un « préfet régional » à son côté »

      Qui vous a parlé de « remplacer » une personne??? Si je ne me trompe pas, c’est Magnette l’actuel ministre-président de la Région Wallonne, et bien il deviendrait un préfet de Région et puis basta!!!!!!! Si un jour la Wallonie devait aller vers la France, si c’est pour faire une « Belgique bis », c’est même pas la peine de commencer à discuter avec les Français!!! Maintenant, qu’on puisse conserver quelques dérogations ou « aménagements » comme la Mutuelle, par exemple (bien que la Sécu existe aussi en France et vous pouvez demander à mon épouse qui est française, elle est bien plus efficace que la nôtre à beaucoup de points de vue…) ou bien nos « septante » et « nonante », nos produits wallons, nos torchons au lieu des serpières (lol), etc…, ok. Mais si on doit un jour devenir français, c’est pour « épouser » leurs République, leurs valeurs, leurs économie, leurs système social, leurs façon de voter, leurs systèmes scolaires, leurs championnat de football, l’équipe de France, etc, etc… Il faudra se résoudre à oublier beaucoup de choses de notre période « Belgique »! Sinon, cela n’aurait aucun sens!!!!!!

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      1. SamuelB, vous « raisonnez » bien comme Gendebien…
        « Magnette l’actuel ministre-président de la Région Wallonne, et bien il deviendrait un préfet de Région et puis basta!!!!!! » Non, Magnette est un élu, alors qu’un Préfet est un fonctionnaire, ça n’a rien a voir, ni en pouvoirs, ni en statut…Non, Magnette, ni aucun autre ne voudrait et ne pourrait devenir Préfet de Wallonie en France!
        Comme Gendebien, vous voulez « tout de la France », plus « rien de la Belgique » (sauf les frites, qui sont d’ailleurs d’origine française…), mais vous ignorez, comme nombre de rattachistes, presque tout du fonctionnement de l’Etat français…

        « si on doit un jour devenir français, c’est pour « épouser » leurs République, leurs valeurs, leurs économie, leurs système social, leurs façon de voter, leurs systèmes scolaires, leurs championnat de football, l’équipe de France, etc, etc… ». C’est votre point de vue, c’est celui de la majorité des rattachistes idéalistes, historiques et sentimentaux…Mais vous n’êtes qu’une poignée, et vous le resterez…Et dans cette poignée, combien de décideurs (politiques, patronaux, syndicaux, intellectuels, médiatiques, etc) : aucun ! Avec cette orientation, ces rattachistes-là sont sont condamnés à l’échec, ils ont les « mains propres », mais ces mains ne servent à rien…

        SamuelB, vous m’avez effectivement bien compris, car il est vrai que je propose, en qq sorte, une « Belgique Bis », ce n’est pas pour rien que mon site se nomme « Belgique française » ! Donc une « Belgique française » qui rejoint la France en conservant l’essentiel de ses lois et institutions, et donc de ses « élites », maintenues en place, avec les quasi-mêmes statuts et compétences …C’est ce que vous refusez, du haut de votre « idéal français' » (qui est un leurre, et je crois connaître la France mieux que vous, et surtout son Etat et ses élites) et de votre « détestation belge » (à la mode persistante de Baudelaire, mode que je ne partage pas, trouvant, par exemple, que Liège et Charleroi n’ont guère à rougir, en matières d’affaires publiques, de mœurs, devant Marseille ou Nice, ni la Wallonie devant la Provence…).

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  3. Se mettre à la place des décideurs;.. sauf votre respect, c’est un peu le rattachisme des riches.

    Sauf que ces gens-là n’éprouveront *jamais* le besoin de se tourner vers la France dès lors que Bruxelles leur tend les bras…

    Il sera toujours infiniment plus lucratif pour eux de négocier avec les Flamands pour garder des postes au fédéral, même dans une Belgique réduite au maximum… et les Flamands sont trop toursiveux pour prendre l’initiative d’une séparation.

    Il n’y a pas que le fédéral… Pour une sinécure européenne aussi, que ne ferait-on pas ? Alors, la Wallonie, vous pensez bien s’ils s’en soucient comme d’une guigne, cf. l’absentéisme record au parlement Wallon.

    Et puis surtout, pour les rassurer, c’est-à-dire pour *garantir leur impunité*, il faudrait que la France leur dresse un véritable pont en or.. Et vous croyez que le Français moyen verrait ça d’un bon oeil ?

    On ne voit pas non plus pourquoi la France s’abaisserait devant des gens qui lui crachent dessus à longueur de journée, par médias interposés.

    Juste pour le plaisir, j’ajouterais : la laïcité à la belge, voilà encore une belle trouvaille à maintenir dans votre scénario de rapprochement… Pas sûr que les Français en aient la même conception…

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  4. « Sauf que ces gens-là n’éprouveront *jamais* le besoin de se tourner vers la France dès lors que Bruxelles leur tend les bras…Il sera toujours infiniment plus lucratif pour eux de négocier avec les Flamands pour garder des postes au fédéral, même dans une Belgique réduite au maximum… et les Flamands sont trop toursiveux pour prendre l’initiative d’une séparation. »

    LDW, vous posez la bonne question, mais, de mon point de vue, vous y donnez une mauvaise réponse.

    D’abord, si vous aviez pleinement raison, aucun « espoir rattachiste » ne serait justifié, puisque les rattachistes de coeur restent et resteront ultra-minoritaires, et qu’ils ne peuvent donc l’emporter sur les « décideurs » franco-belges, qui seraient, selon vous, éternellement anti-France (au Québec, en Ecosse, en Catalogne, au Pays basque, il y a un puissant camp séparatiste, qui allie une large fraction du peuple à une large fraction des élites; rien de tel en Wallonie, ni à Bruxelles, pour se séparer de la Belgique flamande et rejoindre la France…).

    Ensuite, contrairement à ce que vous pensez, la situation des élites wallonnes et bruxelloises va devenir « impossible », au sein de la Belgique flamande, et ce n’est pas une poignée de postes « fédéraux », qui va en se réduisant, qui pourra les consoler…Vous n’êtes qu’au tout début de la réduction de la protection sociale et des services publics en Wallonie et à Bruxelles, sous le double effet de la crise européenne (qui touche aussi la France) et du retrait des financements flamands (sachant que la France, qui pèse économiquement 9 fois la Flandre, peut donc, même affaiblie, la remplacer). Ceci alors que ces mêmes services et prestations seront maintenus voire améliorées en Flandre dans le même temps…Cette situation contrastée, divisionniste, ultra-conflictuelle, au sein d’un même Etat, sur un si petit territoire aussi densément peuplé, sera vite « invivable », tout d’abord pour les populations wallonnes et bruxelloises comme pour leurs élites dirigeantes. De leur coté, Les élites flamandes sont à la tête d’un mouvement qui conduit à l’abandon de la Wallonie, institutionnellement et financièrement, et ce mouvement est irréversible, il conduit inexorablement à la séparation. Et, de ce point de vue, le gouvernement fédéral « Michel » (qui est autant un gouvernement « Wever »…) sera aussi dévastateur que la sixième réforme…Vos élites franco-belges vont donc devoir « bouger ». Elles viennent de commencer, puisque la stratégie d’accommodement de Di Rupo a échoué, et que celle de C Michel échouera pareillement…Ces fausses stratégies visent à gagner du temps, mais le rythme des événements séparatistes s’entretient et s’accélère quand même…

    Demain, la France pourra offrir le maintien des services publics et de la protection sociale en Wallonie et à Bruxelles, au même niveau global qu’ils sont en France, tout en restant organisés par les lois et institutions héritées de la Belgique. Car la France pourra offrir également le quasi statu quo en matière de lois et d’institutions belgo-wallonnes et belgo-bruxelloises. Ce sont là deux conditions essentielles pour permettre le ralliement, certes contraint, des élites franco-belges, à une « solution française ». La France pourra aussi offrir, de surcroit, autant sinon plus de postes « nationaux » aux élites franco-belges que la Belgique flamande ne leur offre de « postes fédéraux », de moins en moins nombreux et gratifiants…Cette troisième offre, qui vous préoccupe inutilement, sera la cerise sur le gâteau…

    Depuis sept cent ans, la France s’est attaché un grand nombre de territoires (« ex-gaulois » pour la plupart), de la Provence à la Flandre (« française »), territoires qui constituent près d’un tiers de la France actuelle, sans que jamais une de ces « réunions » soient le fruit d’un « mouvement populaire ». Et, toujours, l’Etat français s’est attaché à acheter, séduire, convaincre, les élites locales, en promettant et en respectant (au moins pour quelques temps…) le maintien de leurs « avantages » (d’où « l’archipel institutionnel » qu’était la France en 1789, que seule la Révolution a pu unifier)…La Wallonie et Bruxelles ne feront pas exception à cette réalité, triste sur le plan moral, mais éclairante sur le plan des résultats, car l’adhésion de cœur à la France se fait « après » la « réunion », définitivement, vite et sans réserve. C’est un fait historique absolu. Et c’est bien ce résultat-là qui devrait seul compter, pour tout rattachiste conséquent…et pas le cheminement, certes peu glorieux, qui y conduit…

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  5. LDW, je poursuis. Vous dîtes : « croyez que le Français moyen verrait ça d’un bon oeil ? On ne voit pas non plus pourquoi la France s’abaisserait devant des gens qui lui crachent dessus à longueur de journée, par médias interposés. »

    D’abord, l’avis du « Français moyen » n’aura d’importance qu’au moment du referendum « réunioniste ». Et, à ce moment-là, sur ce sujet-là, le Français suivra l’avis de ses dirigeants. Avant, c’est donc l’avis des élites dirigeantes politiques françaises qui comptera…Présentement, elles n’ont pas d’avis…Et ne connaissent même rien des crachats belgicains…Ce ne sera que quand la question d’une « solution française » leur sera posée, par leurs homoloques franco-belges (à ce moment-là, les crachats cesseront…), que nos élites se prononceront, en suivant leur grille d’analyse avantages/inconvénients ( pour elles et pour la France), marges de négociation/contraintes, etc. Le « sentiment » ne concernera que l’adhésion à une « plus grande France » (sentiment qui habite encore un peu nos élites), tout le reste sera « calculs »…Ce sera une grande négociation préalable à la décision de « réunion ou pas », (et non pas, comme le prétend stupidement Gendebien, une négociation des « détails » après la « réunion »…). Vous faites encore trop de sentiment…Rappel historique : Picards, Francs-Comtois, Savoyards et tant d’autres « francophones » ont craché sur la France, pendant des siècles, ont fait la guerre avec la France (très cruellement), avant que leur « pays » ne la rejoigne…(mais pas les Alsaciens « germanophones », paradoxalement….).

    « La laïcité à la belge, voilà encore une belle trouvaille à maintenir dans votre scénario de rapprochement… Pas sûr que les Français en aient la même conception… ».
    Encore-là, LDW, vous vous trompez du tout au tout. Certes, cette « laïcité » belge n’en est pas une, selon la conception française de la laïcité, qui est absolument la mienne. Mais il faudra la conserver en Wallonie et à Bruxelles, pour rallier le maximum d’adhésions à une « solution française ». Et ce ne sera pas difficile : il existe déjà un régime « non laïque » d’exception, celui en vigueur pour l’Alsace et la Lorraine du nord (soit trois départements, pour près de trois millions d’habitants…)…régime « accepté » et mis en place après le retour de ces contrées à la France, après cinquante ans de « séparation », et régime toujours très vigoureux, après presque un siècle d’existence (et il existe aussi certaines exceptions « religieuses » dans l’outre-mer français)…Pour la Wallonie et Bruxelles, cette « séparation » se compte en siècles (douze ou deux, selon la référence retenue…), ce sera donc d’autant plus justifié de conserver le « système belge »…Ceux des Wallons et Bruxellois qui tiennent au maintien de ce « système belge » sont bien plus nombreux que les « rattachistes », que cela plaise ou non, en avez vous conscience ? …Et si vous voulez donc les ignorer, les mépriser, ceux qui sont bien plus nombreux que « vous », alors vous déservez la cause rattachiste…

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  6. J’envie votre optimisme… enfin, un optimisme relatif car dans votre hypothèse, le système belgicain continuerait en Wallonie, avec toutes ses dérives.

    D’autre part, à mon avis, vous sous-estimez les capacités d’adaptation du modèle belgicain, ainsi que la rupture qui existe entre les élites et la population de Wallonie.

    Que la situation devienne invivable pour la population en Wallonie, c’est *complètement* indifférent à la particratie francophone. Et personnellement, je suis intimement convaincu qu’ils souhaitent la disparition d’une certaine partie de la population.

    Invivable, c’est un terme très relatif : qui aurait cru à une suppression des allocations de chômage ? Et pourtant nous y sommes, avec un nombre important d’exclusions en vue… Quid de la population ? Vous les voyez s’insurger ? A part l’agitation sociétale des syndicats, tout aussi belgicains, rien ne se produit.

    Ensuite, que la situation deviennent invivable pour ces élites, sous la pression flamande, nous en sommes encore loin, très loin. Et *absolument rien* n’augure du rapprochement que vous évoquez : au contraire, la francophobie médiatique atteint des sommets… que dites-vous de l’hystérie footballistique de l’été dernier ? Visiblement, les grands initiés qui nous dirigent ont *un tout autre but en tête* que le rapprochement à la France.

    D’ailleurs, qui vous dit que Michel échouera ? Peut-être le MR passera-t-il aux prochaines élections pour le sauveur de la Belgique ? Encore une fois, ne sous-estimez pas leur capacité à bricoler n’importe quoi et ne surestimez pas la volonté séparatiste flamande : les Flamands sont beaucoup plus roublards et ils chercheront aussi à préserver une Belgique résiduelle.

    Enfin, deux facteurs jouent.

    D’abord, l’attachement des élites à la monarchie liée au Bilderberg. Quid de la monarchie dans le scénario de rapprochement ? Un statut polynésien ?

    Ensuite, dans votre scénario, les institutions, les associations, seraient maintenues… mais il y aurait un rapprochement *politique* de la France, au moins une infiltration de la société civile française… qui est beaucoup plus critique et agressive envers ses élites.

    Les élites belgicaines n’ont certainement pas envie de voir débarquer en Wallonie des succursales du FN français… ou d’autres « dissidents » qui monteraient des associations chez nous. Ce serait une fameuse épine dans le pied de leur culture subventionnée totalitaire.

    Les « élites » belgicaines le savent et ils ont une peur bleue de certains mouvements qui se développent actuellement en France, cf. la résistance au mariage gay, entre autres. C’est pour aussi pour cela qu’ils encouragent la francophobie.

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  7. Vous me dites que je fais trop de sentiment ? C’est vous qui voulez faire « prendre conscience » aux « élites » belgicaines de la nécessité d’un rapprochement à la France…

    Vous ne croyez pas qu’ils sont assez grands pour y penser tout seuls ? Vous croyez sincèrement qu’ils n’y ont pas déjà pensé ? Bien sûr que si… et manifestement, ils n’en veulent pas ni sous une forme ni sous l’autre.

    Parce que, si je me trompe sur tout, je me permets de vous faire remarquer que les prémices de votre rapprochement ont le tort de se faire grandement attendre. La réalité en est le meilleur démenti…

    A propos de la laïcité à la belge, vous dites : « Encore-là, LDW, vous vous trompez du tout au tout. Certes, cette « laïcité » belge n’en est pas une, selon la conception française de la laïcité, qui est absolument la mienne. »

    Mais enfin… Vous-même, vous reconnaissez que cette « laïcité à la belge » n’en est pas une ! Je ne me trompe donc pas tant que ça apparemment… Cela dit, je ne tiens pas à engager un débat sur ce sujet, ce qui serait inutile. Dans nos région, la laïcité et ses initiés ont TOUJOURS raison…

    Quant à votre remarque comme quoi je méprise ceux qui tiennent tant à ce système, eh bien, je vous répondrais que mon mépris est bien peu de choses en comparaison de ce que les belgicains font subir au peuple Wallon…

    Personnellement, je ne respecte ni n’estime les gens qui insultent quotidiennement mon peuple dans leur presse et leurs médias subventionnés… et qui en plus voudraient me faire disparaître.

    Mais j’ai sans tort là aussi, je suppose.

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  8. Donc, LDW, vous considérez qu’il n’y pas de salut possible, sauf miracle…La Wallonie et Bruxelles sont condamnés à être deux protectorats flamands, le protectorat bruxellois un peu choyé, à condition qu’il accepte de se défranciser, l’autre, le wallon, étant condamné à l’appauvrissement durable, avec une population inerte et une élite qui « gère » la situation pour son meilleur profit…Pour Bruxelles, ce point de vue peut se défendre (je n’ai jamais prétendu que Bruxelles « suivrait » la Wallonie « automatiquement », bien au contraire)…Mais, pour la Wallonie, c’est tout faux…Pour elle, ce « schéma » n’a pas de vraisemblance politique…Une élite, pour tenir en place durablement, a besoin soit d’un peu de prospérité partagée, soit de police répressive…Du coup, les élites sont bien obligées de s’occuper de la population du territoire gouverné, d’une manière ou d’une autre, tout en « tenant les comptes » (d’où les mesures anti-sociales que vous dénoncez, et qui n’en sont qu’à leur début !). « Tenir la population » et « tenir les comptes », c’est contradictoire dans le monde que nous vivons, mais c’est bien ce que le « monde extérieur » attend des élites franco-belges comme des autres, sinon elles seront sanctionnées voire devront laisser la place (et ce « monde extérieur » pourrait bien devoir pousser la France à intervenir, comme nouveau « gestionnaire » de l’espace wallon, si elle devient la seule et la meilleure garantie de sa maîtrise…). Le MR ou le PS gouvernant une Wallonie laissée à elle-même sans un minimum de « prospérité » et avec la seule « répression », ce n’est pas sérieux…Et en quoi la Flandre aurait-elle le moindre intérêt à rester accrochée à la Wallonie, dans un tel contexte ? Le lien constitutionnel/institutionnel Flandre-Wallonie n’aura, à un moment ou un autre, aucun sens pour la Flandre. Ce lien n’est maintenu que pour Bruxelles. Et pour Bruxelles, viendra un moment où la Flandre et les décideurs bruxellois devront opter…en concertation ou en opposition…Une autre histoire.

    Quant à la « francophobie » exacerbée des Franco-Belges, elle est le double produit du déclin français actuel et de la peur, inconsciente, justement, de la nécessité d’une « solution française »; c’est un symptôme de plus du « mal franco-belge », pas une « volonté » et encore moins une « stratégie »…C’est bien parce que la « solution française » insidieusement se rapproche qu’elle fait encore plus peur, puisqu’elle n’est pas désirée (d’autant que la France est moins désirable que jamais) mais qu’elle peut s’imposer (car c’est encore la France, comme elle est, qui sera pourtant la seule solution « solide » et « définitive ») ! Au demeurant, les intrications économiques, humaines et culturelles vont croissants….Je n’ai donc aucune inquiétude pour les effets structurants de cette « francophobie », c’est juste désagréable !

    Le but premier des élites (libérales et autres), c’est de durer, comme elles sont…Les élites franco-belges veulent durer avec la Flandre, tant que ce sera possible, donc sans la France tant que ce sera possible aussi…Mais, hélas pour elles, et au moins pour la Wallonie, ce bonheur va prendre fin…Elles viendront à Paris, un jour ou l’autre, tout honte bue (assez peu pour les politiciens de haut rang, qui sont prudents, d’abord pour sonder, et si le signal est bon, ensuite pour négocier un « statut sur mesure », pour elles comme pour leur « pays ». Avant, il y aura bien des péripéties, encore imprévisibles…

    Je vous rassure, dans mon schéma, je ne garde pas le « Roi », contrairement au projet de Daniel Ducarme…Car il y aura quand même quelques « sacrifices » à faire…mais ça permet de sauver l’essentiel…et ce sera moins douloureux que les sacrifices imposés par les Flamands, qui « tueront » la Royauté belge, de toute façon…Sur ce point, vous vous contredisez : des élites « pourries » et donc aucun sans idéal, selon vous, ne sont « royalistes », en toute logique, que tant que cela sert leurs intérêts; elles deviendront donc « républicaines » s’ils le faut (« formellement », et cela suffira) dans le même but, sauver leurs « mises » (ainsi, les élites savoyardes et niçoises, francophones et « francophobes », jusqu’au trognon en apparence, ont abandonné leur « famille royale de Savoie », la leur pourtant depuis des siècles – bien avant l’identification de la « Wallonie » et de la « Belgique », bien avant les princes espagnols et autrichiens des Pays-Bas – pour l’Empire français, donc l’Etat français, en 1860, avec une facilité « déconcertante »; il est vrai que Napoléon III n’avait pas été avares avec elles…).

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  9. @Lenain J.

    à quoi ça sert d’un jour demander l’avis des Français sur un éventuel « rattachement » ou « union » (appelez ça comme vous voulez…) avec eux, si c’est pour garder une Wallonie « belge »! Autant alors laisser les français tranquilles et que la Wallonie vole de ses propres ailes (ce qui serait une erreur, mais bon…). Je vois pas bien où vous voulez en venir ni quel(s) intérêt(s) il y a à solliciter la France pour conserver pratiquement tout d’une Belgique qui n’existera même plus!!! Soit on va vers la France, soit on n’y va pas (dans les grandes lignes)!!!! Maintenant, si on peut conserver quelques acquis « belges » et que les français sont d’accord, avec un statut un peu spécial, ok, pourquoi pas!!! Mais s’unir à la France pour rester « belge », pour moi, c’est une idiotie! Ca rime à rien! Si un jour ça devait arriver, je resterai un wallon mais je deviendrai français, avec une carte d’identité française (donc fini la nationalité belge).

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  10. L’attentisme, c’est bien. Le survivalisme, c’est mieux.

    Je ne peux qu’encourager les derniers Wallons de souche, conscients de l’être, de blinder leurs portes et fenêtres, de s’armer… de patience, bien sûr, rien que de patience, restez légalistes et puis, faites des provisions au cas où.

    Vu l’état de la population, au début, beaucoup de répression ne sera pas nécessaire. Si révolte il y a, ce sera pour réclamer encore plus de Belgique. Mais tant qu’on leur montrera le roi et les diables rouges, ils se sentiront contents et rien ne bougera.

    Pour la suite… une région qui sombre progressivement dans le chaos, le gangstérisme, les affrontements ethniques. Avec éventuellement, le spectre de nouvelles années de plomb : de faux attentats, pour faire diversion. Avec les belgicains, il ne faut rien exclure !

    En l’occurrence, je crois moins à de la simple corruption qu’à une véritable *idéologie sectaire* qui les rend tous encore plus dangereux : aux yeux de cette oligarchie malfaisante, nous ne sommes que du bétail sacrifiable.

    Quant au lien entre ces « élites » et leur royalisme : ils sont sur le même bateau. C’est *LEUR* Belgique et depuis le début, depuis 1830. Dixit Léopold Ier, le grand initié : « la Belgique est une sale boutique : le seul intérêt, c’est de se constituer une fortune personnelle, pour ma famille et moi. »

    Enfin, en admettant que vous ayez raison, et je le répète, la réalité ne va pas dans ce sens, le jour où les élites se tourneront vers Paris, ce sera tellement *les dégâts seront terribles*… ce qui implique que nous ne serons peut-être plus là pour le voir.

    En effet, le gros problème avec votre scénario, c’est qu’il part du sommet de la pyramide. Or, ce sont d’abord les profanes, les gens de la base qui sont sacrifiés…

    Oui, tous les systèmes finissent par s’effondrer… le problème avec celui-ci, c’est que, nous les derniers Wallons, nous sommes aux premières loges.

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