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Pour que la France accueille Paul WATSON !

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Voici la pétition à envoyer à vos amis:

Pour que la France accueille Paul WATSON

Paul WatsonComité de soutien au Capitaine Paul Watson. Pour que la France accueille Paul Watson, le 1er réfugié politique écologiste PAUL WATSON, Fondateur et Président de l’ONG internationale de défense des océans SEA SHEPHERD (Berger de la mer) est actuellement en passe de perdre sa liberté, peut être sa vie. Citoyen d’honneur de la ville française de Saint Jean Cap Ferrat et désigné par Times Magazine comme l’un des vingt plus grands héros écologistes du XXème siècle, Paul Watson est un activiste investi dans la défense des océans depuis plus de 40 ans. Dans son combat pour les océans, il s’est attiré de puissants ennemis, au plus haut niveau des Etats. Paul Watson a été arrêté à Francfort, en Allemagne le 13 mai dernier, suite à un mandat d’arrêt émis par le Costa Rica pour des faits remontant à 2002. Watson avait alors interrompu une opération de pêche illégale aux ailerons de requins dans les eaux du Guatemala (pratique cruelle qui consiste à découper les ailerons de requins et rejeter leurs corps agonisants à la mer). Watson patrouillait alors sous mandat guatémaltèque. L’année précédente, les braconniers costaricains mis en cause lors de cette opération avaient été inculpés pour pêche illégale au requin dans la Réserve Marine des Galápagos, classée Patrimoine Mondial de l’Humanité et déclarée Patrimoine en péril par l’Unesco en 2009. Lors de cette opération, Paul Watson n’a blessé personne et n’a endommagé aucun matériel. Il est néanmoins poursuivi par le Costa Rica, dix ans après les faits, pour « mise en danger de la vie d’autrui » alors même que deux juges costaricains successifs avaient déjà prononcé un non-lieu à l’époque des faits. Paul Watson fait notamment l’objet d’une notice rouge émise par Interpol qui après l’avoir refusé son inscription dans un premier temps, s’est finalement plié à la volonté du Costa Rica, pays agissant lui-même comme « sous-traitant » du Japon. Car par-delà le cas costaricain, Paul Watson s’est surtout attiré les foudres du Japon – troisième puissance économique mondiale – pour ses interventions répétées depuis 8 ans contre la chasse baleinière japonaise (chasse qui viole le moratoire international sur la chasse baleinière en vigueur depuis 1986) dans le sanctuaire baleinier de l’Antarctique. En 2010, Wikileaks révélait dans la presse que des négociations secrètes entre le Premier ministre japonais et la secrétaire d’Etat américaine, Hilary Clinton, visaient à priver Sea Shepherd de son statut caritatif afin de l’affaiblir financièrement. Dans ces câbles, le Japon, rendait Sea Shepherd directement responsable du faible rendement de sa chasse baleinière et des dizaines de millions de dollars de pertes qui s’ensuivent. (Pour la seule année 2011, 172 baleines furent tuées en Antarctique sur un quota fixé à plus de 1000). En octobre 2011, date de l’émission du mandat d’arrêt costaricain contre Paul Watson, le Japon intentait en parallèle une action contre Sea Shepherd devant la Cour Américaine de Justice. En mars 2012, le juge américain statua en faveur de Sea Shepherd en rejetant la plainte japonaise. Par la suite, un mandat d’arrêt aurait été délivré par le Japon visant des infractions imaginaires qui auraient été commises à l’occasion de la campagne 2010 de Sea Shepherd en Antarctique. Les mandats d’arrêt issus par le Costa Rica (et par le Japon) reposent sur des procédures hautement contestables dont la finalité politique ne fait pas de doute. Aujourd’hui traqué par la mafia des ailerons de requins, par l’Etat japonais et son allié l’Etat du Costa Rica, Paul Watson est devenu « l’écologiste à abattre ». C’est un symbole, poursuivi pour l’exemple. Alors que 700 militants écologistes ont été assassinés au cours de la dernière décennie, réduire le Capitaine Paul Watson au silence, c’est envoyer un message de menace très clair à tous les mouvements de résistance écologiste qui luttent péniblement pour sauver ce qu’il nous reste de biodiversité. A l’heure où les Nations unies annoncent la mise en place de l’initiative « Océan Compact », censée rendre plus efficace la protection effective des Océans, ne laissons pas l’un de leurs plus fervents défenseurs être livré aux puissants lobbys qui détruisent impunément la biodiversité marine, mettant ainsi en péril notre avenir et celui de nos enfants. Déjà en 1992, le Commandant Cousteau tentait de nous alerter : « Les Océans sont en train de mourir sous nos yeux… ». Vingt ans plus tard, l’océan demeure cette vaste zone de non-droit dans laquelle les crimes restent impunis et où se joue pourtant, loin des regards de tous, l’avenir de l’humanité. Car par-delà la lutte pour la survie des animaux marins, le combat de Paul Watson est à n’en point douter l’une des plus grandes causes humanitaires au monde. Si les océans meurent, nous mourrons tous ; s’il est une évidence à laquelle nous ne pourrons échapper, c’est celle-là. Aujourd’hui, cessons de détourner le regard. Nous, soussignés, demandons à ce que la France, terre d’accueil historique tournée vers l’Océan et pays des Droits de l’Homme, s’engage à donner l’asile politique au Capitaine Paul Watson, l’un des plus grands héros écologistes de notre époque. Quand l’injustice devient la loi, la résistance devient un devoir.

Site: www.seashepherd.fr

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Sur les traces de la Wallonie française

Nous tenons à revenir sur un livre que les événements de ce mois de janvier 2015 ne nous ont pas permis de présenter comme il mérite de l’être.

Sur les traces de la Wallonie françaiseTout Wallon devrait avoir à cœur d’enrichir sa bibliothèque de ce merveilleux ouvrage édité par l’Institut du Patrimoine Wallon sous la direction de son Administrateur Général M. Freddy Joris qui en est l’éditeur responsable. Si nous avons un livre et un seul à vous recommander en ce début d’année 2015, c’est bien à  » Sur les traces de la Wallonie française » que nous penserons. A lire pour votre propre plaisir ou à offrir en cadeau, cet ouvrage merveilleux ne pourra que vous surprendre et vous enchanter.

Tant la conception graphique que les cartes des anciens « pays » de Wallonie, de l’organisation du Nord de la France en départements et de la Wallonie française ainsi que les nombreuses photos sont remarquables.

Le texte écrit sous la responsabilité de Frédéric Marchesani, licencié et agrégé en Histoire de l’Université de Liège, a fait appel à la collaboration de nombreux historienne et historiens, archiviste, conservateur de musée, expert du centre de documentation du Musée de la Vie wallonne, ainsi qu’à l’équipe bien rôdée  de l’Institut du Patrimoine Wallon et à celles des Amis de Ligny et de l’ ASBL « Le Marronnier ».

L’ouvrage se décompose en neuf chapitres qui vous feront parcourir la Wallonie d’est en ouest et du sud au nord.

Je soulignerai des extraits d’une préface signée par M. Freddy Joris et une introduction qui se termine comme suit :

« … Il ne nous a malheureusement pas été possible de nous rendre sur la totalité des lieux évoqués. De ce fait, nous ne pouvons avoir la certitude que certains éléments patrimoniaux soient bien parvenus jusqu’à nous. Malgré nos recherches sur le terrain et la littérature scientifique, nous n’avons pas toujours été en mesure de retrouver certains éléments du petit patrimoine. Ne voulant pas faire l’économie de ces informations, nous avons décidé de les illustrer en nous basant essentiellement sur des clichés anciens issus de la photothèque de l’Institut royal du Patrimoine artistique. Toutes les illustrations en couleur sont par contre des photos actuelles.

« Si l’objectif était de partir sur les traces de la « Wallonie française », il reste évident que ce volume n’a pas la prétention d’être exhaustif. Nous espérons néanmoins que les lecteurs prendront plaisir à découvrir ou redécouvrir, par l’intermédiaire de ce patrimoine spécifique, l’histoire de nos contrées entre 1789 et 1815 et les témoignages que cette époque a laissés en Wallonie. »

Préface

(extraits)

Dix-huit juin 1815. Quand Napoléon subit sa dernière défaite lors de la bataille de Waterloo, il y a déjà plus d’un an que les territoires de la Wallonie actuelle ne sont plus français : dans la foulée de la bataille de Leipzig qui a forcé la Grande Armée à refluer vers la France, Prussiens et Russes sont entrés à Liège dès janvier 1814, l’Empereur a abdiqué en avril, les départements qui formeront plus tard la Belgique se trouvent sous administration militaire prussienne et dès juin 1814, leur rattachement à la Hollande est prévu dans un accord secret que le Congrès de Vienne confirmera en 1815.

Ainsi prit fin, en 1814, une période de vingt années – ce n’est pas rien…- pendant lesquelles les territoires wallons firent partie intégrante de la France, à partir de la victoire des armées françaises contre les Autrichiens en juin 1794 à Fleurus, puis du vote de la convention, le 1er octobre 1795, de la réunion des territoires conquis à la France. Pour une partie de la future Wallonie, cette annexion répondait aux vœux émis en ce sens par les assemblées révolutionnaires du Franchimont d’abord (Verviers) dès décembre 1792, et de Liège ensuite en janvier 1793, vœux qui avaient abouti en mai suivant à une première décision de la Convention visant le rattachement du Pays de Liège à la République. (…)

1794 – 1814. Ces vingt années d’histoire commune avec la France ont profondément marqué, sur le territoire de la future Wallonie, aussi bien la population que les institutions ou l’économie. Loin d’être une simple parenthèse entre deux mondes (les principautés aristocratiques ou ecclésiastiques d’Ancien Régime, et le Royaume des Pays-Bas annonciateur de la future Belgique puis du Benelux), la période française fut une époque riche en ruptures et mutations majeures, heureuses ou non, là n’est pas la question, dans une quantité de domaines et elle a laissé bien d’autres traces physiques sur notre territoire que la butte dite de Waterloo commémorant un épisode survenu, lui, plusieurs mois après la fin de notre appartenance provisoire à la France. (…)

J’invite le lecteur à se plonger dans les traces physiques de cette « Wallonie française » dont certains furent longtemps nostalgiques, et avec laquelle d’autres, héritiers de François Perin comme du Congrès wallon de 1945, renoueraient volontiers aujourd’hui.

Freddy Joris,

Administrateur général de l’ institut du Patrimoine wallon

Edition : Institut du Patrimoine wallon, 79, Rue du Lombard B-5000 Namur

Vous pourrez vous procurer ce merveilleux ouvrage

  • dans les librairies
  • par mail : publication@idpw.be Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.
  • par la boutique en ligne
  • par téléphone : +32 (0)81 230 703 ou +32 (0)81 654 154
  • par fax : +32 (0)81 231 890
  • ou via l’une de nos deux boutiques:

Boutique de l’IPW à Namur :
Résidence du Grand Cortil
Place des Célestines, 21 (derrière l’hôtel Ibis) à B-5000 Namur
Tél.: +32 (0)81 230 703 ou +32 (0) 81 654 154
Fax : +32 (0)81 231 890
Ouverture : Du lundi au vendredi de 9h à 12h ou sur rendez-vous

Boutique de l’Archéoforum de Liège :
Archéoforum de Liège
Place Saint-Lambert à B-4000 Liège
Tél.: +32 (0)4 250 93 70
Ouverture :
En période scolaire : du mardi au vendredi de 9h à 17h et le samedi de 10h à 17h
Durant les congés scolaires : du mardi au samedi de 10h à 17h

Toute commande sera confirmée par une facture et les ouvrages envoyés par voie postale dès réception du paiement, frais de port compris, calculés selon les tarifs suivants :

Poids Prix
Belgique
De 0 à 100 g 1.54 €
De 100 g à 350 g 2,31 €
De 350 g à 1 kg 3,85 €
De 1 à 2 kg 6,50 €
De 2 à 10 kg 8,80 €
De 10 à 30 kg 14,90 €
Europe : France, Allemagne, Luxembourg, Pays-Bas
De 0 à 100 g 3,51 €
De 100 g à 350 g 7,02 €
De 350 g à 1 kg 11,70 €
De 1 à 10 kg 16,40 €
De 10 à 30 kg 39,69 €

 

Société britannique ou société française ?

 « Il faut autoriser le port du voile dans toutes les écoles. » Ainsi s’exprime le directeur général de l’enseignement catholique flamand (VSKO). Pour Lieven Boeve, l’Etat doit légiférer et mettre la religion dans la sphère publique ajoutant qu’il faut plus de professeurs musulmans dans les classes et que des cours d’islam sont envisageables dans l’enseignement catholique. Il se prononce pour un choix de société britannique où le communautarisme est la règle et s’oppose à l’Etat laïque à la française imposé idéologiquement.

Cette profession de foi est antinomique par rapport à l’article de Catherine Kintzler, auteure de « Penser la laïcité » (Paris : Minerve 2014) publié sur ce site le 02.02.15 sous le titre « respiration laïque à la française ». Nous attendons avec intérêt la position de la direction générale de l’enseignement catholique en Communauté française Wallonie- Bruxelles.

Que M. Boeve choisisse le communautarisme à l’anglaise par rapport à la laïcité à la Française n’est pas fait pour nous étonner. Une fois de plus, nous constatons que la société flamande a une conception du vivre ensemble différente de celle de la société de langue française. Vivre en Wallonie ou en Flandre sont deux modes de vie différents, sans parler du vivre à Bruxelles qui comporte ses propres spécificités.

Flandre, Wallonie, Bruxelles : trois sociétés dont les aspirations sont de plus en plus éloignées. C’est la Belgique qui continue à s’évaporer…

Paul D.

Lu sur le site du Vif/L’Express (lien) :

port du voileLieven Boeve, le directeur général de l’enseignement catholique flamand(VSKO), relance la discussion sur le port du voile. « C’est un sujet trop important pour être laissé aux écoles », déclare-t-il aux quotidiens De Standaard et Het Nieuwsblad. 

Lieven Boeve estime que les symboles religieux doivent être autorisés. « Tous les réseaux de l’enseignement doivent abolir l’interdiction du port du voile », affirme-t-il.

Après avoir déclaré qu’il voulait plus d’enseignants musulmans dans les classes et que les cours d’islam dans les écoles catholiques étaient envisageables, Boeve trouve qu’il est urgent de remettre la question du voile sur la table. 

« C’est un sujet trop important pour être laissé aux écoles » dit-il. « Il doit faire l’objet d’un large débat sociétal ».

Boeve explique pourquoi il est opposé à une interdiction. « Il doit être possible d’exprimer sa conviction religieuse ». « Vouloir cacher sa religion dans le cadre d’une neutralité mal comprise qui veut bannir la religion de la sphère publique. Je préfère l’approche britannique, où l’on accepte sans problème que les fonctionnaires portent un turban à la laïcité française imposée idéologiquement ».

Interrogé par De Standaard, Boeve n’estime pas que le voile opprime les femmes. « Je connais suffisamment de femmes qui portent le voile et elles le font tout à fait intentionnellement. Je trouve très condescendant de prétendre qu’elles sont opprimées sans le savoir », dit-il.

PRÉVENIR DE TERRIBLES SAINT-BARTHÉLEMY

Une opinion de Louis NISSE

« Dans le champ de l’erreur on ne récolte que la mort. »

Eschyle, Les Sept contre Thèbes, réplique du roi Étéocle.

« Je crois indispensable d’exiger des musulmans la réciprocité (que les croyants des autres confessions religieuses et que les non-croyants aient les mêmes droits en pays d’Islam que les musulmans en ont ici) […] Je crois que le véritable défi à lancer à l’Islam d’aujourd’hui (qui, à beaucoup d’égards, constitue le spectre hideux d’une grande civilisation disparue) est celui de se réformer en prenant appui sur le meilleur de sa tradition pour se hisser au niveau des exigences culturelles de notre temps. Il y a eu un rationalisme musulman. C’est de sa tradition largement effacée et d’elle seule que peut venir une parole audible pour les desperados qui inondent le monde de leur haine et de leur imbécillité. »

Jean-Renaud Seba, professeur de philosophie à l’ULg,                                                           dans un courriel qu’il m’adressa en octobre 2012.

Le soir même de l’attentat contre Charlie Hebdo, des centaines de citoyens se rassemblèrent spontanément à Liège et à Bruxelles. Hors de l’Hexagone, nous, Français de l’extérieur fûmes les tout premiers à manifester notre soutien sinon au magazine en tout cas à notre liberté d’expression cruellement attaquée.

Nos valeurs les plus fondamentales, elles sont préservées par la laïcité politique qui assure la séparation de l’Église et de l’État, la liberté de pensée, de culte et d’expression et empêche le religieux d’empiéter publiquement sur la Loi. Il en va autrement de la laïcité philosophique. Certes, elle est respectable, mais, comme toute autre religion ou croyance, elle relève de la sphère privée. Quand elle prétend se confondre avec la laïcité politique et qu’elle l’investit, elle sombre dans ce fanatisme, cette intolérance sans vergogne de certains clubs et lobbies – les wahhabites d’amon nos-ôtes, les barbouilleurs d’excréments de la figure du Christ, les menteurs professionnels à la Caroline Fourest et autres femen hystériques, conchieuses en cathédrales. Ces gens ne consacrent que leur nombril et agressent le religieux même lorsqu’il nourrit le meilleur du cœur de l’homme. Ils prétendent attaquer des idéologies – qu’ils ont soin de bien sélectionner – en taisant les conditions matérielles qui en favorisent l’éclosion et les déterminations géopolitiques qui les rendent virulentes. Ils parlent des droits de l’homme, jamais d’impérialisme et de pétrole. (Sur ce sujet, lisez et écoutez sur la Toile notre compatriote Michel Collon.) On devine quels puissants intérêts leurs élans vertueux hors-sol servent en les masquant.

Du bon usage de la laïcité (Aden, 2008) – sous la direction de Marc Jacquemain, professeur de sociologie à l’Ulg, et de Nadine Rosa-Rosso – dénonce cette confusion entre laïcité philosophique et laïcité politique. Clairement et de façon apaisée, les auteurs abordent la question du voile islamique. Avec néanmoins ce zeste d’angélisme dont, à gauche, nous nous départissons difficilement, au grand profit de l’extrême droite – n’est-ce pas Jean-Luc Mélenchon ! – : les immigrés n’apportent dans leurs valises que des trésors et n’ont pas à se conformer à nos us et coutumes ; les pauvres, les dominés ne peuvent être ni ignares, ni abjects, ni cons ; jamais Brutti, sporchi e cattivi ! Quoi qu’ils fassent et quoi qu’ils disent, il ne faut jamais les blâmer ni les dauber ni, en aucun cas, les inciter à s’assimiler ; ils ont droit à toute notre complaisance, car ils sont l’Humanité souffrante qui ne sait pas ce qu’Elle fait. D’Elle viendra la Rédemption.

Dans « Charlie et les musulmans », article révélateur que nous avons reproduit sur notre site le 14 janvier, Madame Geerts s’efforce de faire le tour de la question ô combien complexe de notre rapport à l’islam, que les récents événements ne permettent plus d’éluder. Qu’on me permette cependant d’attirer l’attention de nos chers lecteurs sur quelques approximations, car à mal cerner les problèmes, à ne pas utiliser les mots justes, on risque d’ajouter de la souffrance à la souffrance, même avec les meilleures intentions du monde.

Madame Geerts écrit que demander aux musulmans de se désolidariser des terroristes « serait en effet à peu près aussi absurde que de considérer que tous les blancs sont catholiques et donc complices de la pédophilie de certains prêtres. » Sic !

Être catholique ce serait « donc » être complice des prêtres pédophiles. Madame Geerts – qui n’a pas voulu dire cela, je présume – devrait savoir la conséquence d’un mot, même si elle ne risque pas sa peau puisque les plus rabiques des cathos ne manient pas la kalachnikov. N’aurait-elle pas dû écrire : « C’est aussi absurde que de considérer que tous les blancs sont catholiques ou que tous les catholiques sont complices de la pédophilie de certains prêtres » ? Le sens eût été différent, et peu suspect de malveillance.

Je suis d’accord avec Madame Geerts pour dire que les musulmans n’ont pas à se justifier par rapport à ces horreurs. En principe. Cependant, il serait souhaitable que – spontanément – ils manifestent leur détestation du terrorisme en plus grand nombre qu’ils ne le font maintenant. Car, sans être malveillant à leur égard, quand on prend la peine de lire leurs textes sacrés, il ne saute pas aux yeux que l’Islam soit une religion de paix et d’amour comme les grenouilles de fontaine d’ablution le répètent inlassablement. Jamais, dans les Évangiles, Jésus n’appelle au meurtre ni à la violence. (C’est à coups de fouet tout symboliques qu’il chasse les marchands du Temple.) Peut-on en dire autant de ce que le Prophète et les Haddîth recommandent ?

De même qu’il doit combattre les sectes, je suis d’avis que l’État, la République, s’intéresse aux contenus théologiques des religions qu’il tolère, voire qu’il reconnait. Dans un article du n° 40 du nouvel hebdo Le Un (remarquable publication, indépendante, comme Le Monde Diplomatique, de l’oligarchie qui formate l’opinion), Tahar Ben Jelloun nous rappelle qu’il y a deux lectures irréconciliables du Coran. « La première est portée par des théologiens […] rationalistes lisant le texte de manière symbolique et métaphorique. Pour eux la volonté divine est rationnelle et juste ; les hommes peuvent en saisir le sens et y conformer leurs actes, autrement dit le Coran est créé. » Face à eux, les intégristes, comme les wahhabites d’Arabie saoudite et du Qatar (nos chers alliés de l’OTAN), pour qui le Coran est non seulement incréé, mais doit être lu de manière littérale. Si les versets ne sont tributaires ni du temps ni de l’espace, alors c’est qu’aucune intelligence n’est possible. La République ne doit pas tolérer la diffusion de ce nouvel obscurantisme et de l’intolérance qu’il génère. Or, nous savons que ce courant rétrograde et simpliste est loin d’être minoritaire dans les mosquées d’Europe financées par qui on sait et où ne souffle guère la spiritualité du soufisme et des alévis, mais où sévissent des imans bornés qui n’ont rien de théologiens rationalistes, qui justifient les assassinats pour blasphèmes, qui méprisent nos valeurs, qui se moquent de nous en nous tenant un double langage et qui préconisent les violences faites aux femmes en ergotant sur le calibre des pierres à choisir pour leur lapidation. Il est urgent d’éradiquer cet islam-là, de l’expulser, sans concessions. Nous devons être intransigeants sous peine de voir se déclencher de terribles Saint-Barthélemy racistes dont seraient victimes tous nos concitoyens musulmans ou considérés comme tels au faciès.

Je trouve navrant que dans les médias – et même dans la presse dite de gauche – on s’en tienne à un idéalisme naïf, à des considérations morales. Assez de moraline ! Sans une analyse des rapports de force et des conditions matérielles qui rendent possibles certaines valeurs – qui me tiennent moi aussi à cœur –, les considérations moralisatrices sur la citoyenneté et la dignité sont vaines. Voire suspectes. La croyance d’une humanité qui s’exprimerait hors-sol produit le brouet de patronage de la bien-pensance instituée.

Enfin, si j’ai manifesté pour la liberté d’expression, je n’étais pas Charlie. On peut rire impunément de tout, … sauf du pouvoir, hélas ! Dans notre ersatz de démocratie, la parole est libre, et même encouragée, tant qu’elle est inefficace. Ainsi, n’allez surtout pas croire que Charlie Hebdo se moquait de tout le monde, surtout depuis une dizaine d’années et sa reprise en main éditoriale par des Bernard-Henry Lévy et des Caroline Fourest, … dont chacun apprécie la relative honnêteté intellectuelle, l’aisance à occulter des partis-pris idéologique et géopolitique et les indignations à géométrie variable. Pour bien se démarquer de ces gens-là, pour apaiser la communauté musulmane et raréfier l’eau du bocal des petits poissons salafistes, Madame Nadia Geerts ne devrait-elle pas inciter le mouvement laïque, où elle milite et dont elle est une personnalité en vue, à lutter plus fermement contre la colonisation des territoires palestiniens occupés par Israël ? Ne devrait-elle pas inciter les Territoires de la Mémoire et d’autres associations droits-de-l’hommistes à organiser pour 2018 de grandes manifestations commémorant le 70e anniversaire de la Nakba, le désastre de l’exode, volontaire ou provoqué, de plus de 700 000 Palestiniens, auxquels se vit refuser le droit de retour et dont 90% des villages furent détruits ?

Reste que j’ai pleuré sur le Wolinsky de ma jeunesse et le Cabu du grand Duduche.

Cerise sur le gâteau, je ne résiste pas à vous livrer ce remarquable « Je hais l’islam, entre autres… » (Le Monde du 11/08/2004) de notre compatriote psychanalyste, romancier et essayiste, Patrick Declerck. L’auteur des Naufragés est donc aussi un excellent pamphlétaire. À l’ère du politiquement correct, c’est un genre qui se perd.

« Les religions sont des névroses de l’humanité, disait Freud. Mais il est, n’en déplaise, névrose et névrose… Le judaïsme tend à la névrose obsessionnelle : le rite pour le rite. Au cœur du christianisme se tapit l’espoir anxieux de noyer le pulsionnel dans un indifférencié asexué : l’amour christique, cette tisane tiède.

« L’islam, lui, tend à rendre fou parce qu’il instaure un partage entre les sexes extraordinairement et spécifiquement pathologique : une horreur et une terreur de la femme et de sa jouissance sexuelle fantasmée comme toute-puissante. Face à cette dernière, il ne reste d’autre solution à l’homme que l’oppression farouche de toute féminité. Oppression d’autant plus radicale qu’elle a pour fonction première de recouvrir de son voile phobique le vertige secret, intime, muet, mais omniprésent, de l’impuissance masculine et de son éternel compagnon, la répulsion-tentation de l’homosexualité latente… D’où la nécessité aussi de l’alliance érotisée et défensive des frères de l’islam. Devant les hallucinatoires menaces du vagin denté, la sécurité et la fuite résident dans le nombre. Ainsi, pour se protéger, l’homme musulman vit-il en banc. Comme les petits poissons… »

Sur la même longueur d’onde, la courageuse sociologue marocaine, Fatna Aït Sabbah, ose affirmer que le monde n’est pas un harem ; elle n’est pas tendre non plus envers l’islam : « Le corps féminin dans l’Islam patriarcal doit être dégradé, objectivé et utilisé en tant qu’objet, il ne doit jamais retenir l’attention du croyant ou préoccuper son esprit au-delà d’une brève jouissance purement utilitariste car il constitue un pôle endogène de dissidence ». (La femme dans l’inconscient musulman, 1982, Albin Michel, 2010.)

Les avions de chasse que veut la Flandre

La presse se fait l’écho de la possible décision prochaine du gouvernement fédéral belge, largement dominé par des ministres flamands, de procéder à l’achat de 40 avions de F 35combat en remplacement des chasseurs F16 qui seraient en fin de vie.

Selon la presse (Le Vif-l’express du 16 janvier 2014), « tout serait déjà joué » : l’avion américain F35 serait choisi, malgré son prix pharaonique, au détriment d’autres avions, dont notamment le français RAFALE.

Chaque appareil vaudrait de 110 à 130 millions d’euros pièce, soit un budget de l’ordre de 6 milliards d’euros au lieu des 4 milliards initialement annoncés ; le coût d’entretien de ces appareils serait de l’ordre de 283 millions par an. En outre, il n’y aurait pas de retombée économique pour l’industrie aéronautique locale, dont la technologie est éprouvée, mais qui se situe principalement en Wallonie.

Enfin, le marché se ferait en synergie avec les Pays-Bas, acquéreurs de 37 appareils F35, dans le cadre d’une collaboration renforcée entre les Pays Bas et la Belgique comme c’est déjà le cas dans le secteur de la marine militaire.

La livraison des nouveaux appareils devrait avoir lieu à partir de 2023.

Il y a là matière à discussion.

Outre leur prix d’achat prohibitifs, les temps de crise actuels rendent les équilibres budgétaires extrêmement fragiles. De nombreux citoyens ressentent les effets de la crise très violemment, compte tenu des mesures d’exclusion que prend le gouvernement fédéral à l’encontre des personnes les plus vulnérables. Cette dépense militaire n’est ni éthiquement ni financièrement envisageable.

En outre, il y a lieu d’observer que, selon toutes vraisemblances, l’Etat belge n’existera plus au moment de la livraison des avions.

Ce serait folie que de procéder actuellement à des achats militaires d’importance ou à d’autres dépenses somptuaires qui profiteraient à long terme exclusivement à la Flandre dont les velléités d’indépendance ne sont pas un secret.

Les citoyens wallons et bruxellois ne peuvent en aucun cas accepter de participer financièrement à cet investissement monstrueux dans le cadre de l’actuel gouvernement fédéral.

Celui-ci, comme les gouvernements régionaux, a toutes les peines du monde pour équilibrer son budget ordinaire !

Si, par impossible, ce gouvernement majoritairement flamand actuel devait malgré tout faire cet achat de folie, il devrait en faire supporter l’intégralité de la dépense par la seule Région flamande, future utilisatrice des appareils.

De leur côté, les Wallons trouveront des synergies avec la France.

Georges-Henry Simonis

Et si la «suédoise» devait mourir prématurément ?

Nous reproduisons ici la « carte blanche » de Jules Gheude, publiée sur le site du « Soir ».

Marc Goblet, le patron de la FGTB, est sur le point de remobiliser ses troupes contre le saut d’index.

la suédoisePar ailleurs, les relations entre le CD&V et la N-VA semblent être de moins en moins au beau fixe. Dernier sujet de polémique : la présence des paras dans les rues.

Cette évolution ira-t-elle jusqu’à compromettre la survie de la coalition de Charles Michel ? Il est trop tôt pour le dire. Si cela devait être le cas, la Belgique plongerait dans une crise sans issue, qui la ferait passer directement du fédéralisme au séparatisme.

La « suédoise », dont fait partie la N-VA, s’est  engagée à laisser le communautaire au frigo. Mais, dans un entretien au Morgen, le 27 décembre dernier, Bart de Wever a bien souligné qu’il s’agissait d’une formule provisoire (tijdelijk). Quelques jours plus tard, c’était au tour de Siegfried Bracke, le président (N-VA) de la Chambre de rappeler que l’indépendance, c’est l’évolution logique, comme les lois de Darwin.

En cas de chute du gouvernement, il ne fait donc aucun doute que le frigo s’ouvrirait, donnant ainsi aux nationalistes flamands l’occasion de passer à l’offensive finale, en insistant sur le caractère ingouvernable du pays.

Il y a quatre ans, la Commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale française avait chargé deux de ses membres – l’un de la majorité, l’autre de l’opposition – d’analyser la situation intérieure belge. Et le constat des intéressés était clair : l’avenir de la Belgique apparaissait de plus en plus incertain.

Feu Xavier Mabille, le président du CRISP, avait écrit en 2007 qu’il n’avait jamais exclu l’hypothèse de la scission du Royaume.

Mais en dépit de l’évolution que nous connaissons depuis 2007, les responsables francophones n’ont rien fait pour se préparer à une telle échéance. Tout se passe pour eux comme si la Belgique avait vocation à l’éternité.

Pourtant, gouverner c’est prévoir, c’est anticiper ce qui peut se produire.

Les travaux des Etats généraux de Wallonie, démarche citoyenne que j’ai initiée en 2008, ont démontré que seule la France pourrait assurer un avenir post-belge décent à la Wallonie.

En effet, comment imaginer que celle-ci pourrait s’en sortir seule, alors qu’elle connaît un taux de chômage de 16 % et une dette de 18,6 milliards d’euros ? Chargé d’évaluer les pôles de compétitivité, un jury international a conclu qu’ils n’avaient pas atteint leurs objectifs. Quant aux économistes, ils s’accordent pour dire qu’une Wallonie indépendante verrait ses prestations sociales chuter de 15 à 20 %.

L’option d’une Belgique résiduaire, associant la Wallonie et Bruxelles, est tout aussi irréaliste, dès lors que les sondages indiquent qu’elle est rejetée par une majorité écrasante de Bruxellois.

Les Wallons pourraient être Français à part entière

Reste le scénario réunioniste, que d’aucuns redoutent ou rejettent par crainte de voir s’éteindre leurs prérogatives ou de perdre leur spécificité. Je pense non seulement au personnel politique, mais aussi aux responsables des syndicats et des mutuelles. En France, en effet, les syndicats ne paient pas les allocations de chômage et les mutuelles ne remboursent pas les soins de santé.

Il faut dire aux uns et autres que le processus ne serait pas forcément celui d’une assimilation pure et simple. Comme le précise Jacques Lenain, cet ancien haut fonctionnaire français, qui planche sur le sujet depuis des années : Il n’est pas nécessaire que les Wallons se présentent tout nus devant Marianne pour revêtir l’uniforme français.

La Constitution française, en effet, est fort souple. Elle offre la possibilité de statuts particuliers, dont bénéficient déjà la majorité des collectivités d’outre-mer, ainsi que la Corse et l’Alsace-Moselle pour la métropole.

La Wallonie pourrait ainsi disposer d’un tel statut d’autonomie, qui lui permettrait de conserver ses organes d’auto-administration actuels, ainsi que ses compétences, lesquelles pourraient d’ailleurs être élargies, puisque la Communauté française aurait alors de facto disparu. Nos provinces et communes seraient maintenues en l’état. Quant à l’ex-droit fédéral belge, conservé, sauf exceptions, il se trouverait placé sous la responsabilité du législateur français. Et notre système de sécurité sociale serait adossé au système français.

Bref, les Wallons pourraient être Français à part entière tout en restant ce qu’ils sont aujourd’hui. C’en serait ainsi fini des interminables chamailles communautaires, de cette suspicion réciproque qui anime en permanence les acteurs de la scène politique belge.

C’est autour de cette vision d’avenir que les Wallons doivent impérativement se rassembler.

Une vision que, du côté français, on est prêt à envisager favorablement. De passage à Bruxelles, en janvier 1996, Jacques Attali, l’ancien conseiller du président François Mitterrand, avait déclaré : « S’ils étaient consultés demain sur l’éventuel rattachement des francophones de Belgique à la France, 95 % des habitants de l’Hexagone répondraient favorablement ». Et l’intéressé d’ajouter, le 9 septembre 2008 : « Le prix à payer pour la France serait plus faible que ce que cela lui rapporterait ». (…) C’est un beau débat. Qu’il commence !

(1) À paraître prochainement : « François Perin – Une Plume / L’Oeuvre écrite », Editions de la Province de Liège.

Bon à savoir

Un nouveau numéro vert pour l’administration wallonne: le 1718

Eric Deffet
Mis en ligne il y a 8 heures sur le site du journal « Le Soir »

La Wallonie est le premier service public à obtenir le feu vert pour disposer d’un numéro gratuit à quatre chiffres.

Un renseignement sur une prime? Un état d’avancement de votre dossier? Une adresse utile? Des infos sur une procédure? Besoin d’un rendez-vous avec l’administration?

Depuis ce matin, pour contacter l’administration wallonne, il suffit de composer le 1718. Ou le 1719 pour les habitants des communes germanophones.

Ce numéro est bien entendu entièrement gratuit. Comme son prédécesseur, qui était plus compliqué à mémoriser: le célèbre 0800/11901 qui restera parallèlement en service durant deux ans, le temps d’épuiser la foule de documents officiels où il est encore mentionné.

Avec ce 1718, la Wallonie est le premier service public à obtenir le feu vert pour disposer d’un numéro gratuit à quatre chiffres, d’ordinaire réservé à des services d’urgence.

Au bout du fil, les Wallons auront accès à une équipe de neuf personnes spécialement formées pour fournir des réponses concrètes. La ligne est accessible de 8h30 à 17h. Au-delà, l’interlocuteur tombera sur un répondeur automatique dépouillé chaque matin par les agents du téléphone vert.

Chaque jour, le numéro gratuit de la Région wallonne est composé à 500 reprises. Un nombre qui a décuplé depuis 1989, date de la mise en service du tout premier standard accessible au public.

Les Wallons électrisés par les Bretons et la France

Voici une initiative à laquelle notre mouvement ne peut qu’applaudir et qui rentre très bien dans le projet de l’AWF. Retenons que dans cette France encore considérée comme affreusement jacobine, rien de plus solide que les clichés, les Bretons ont eu le choix de tourner le dos au nucléaire. Retenons aussi qu’un véritable état dont le pouvoir est bien réel a instauré non un black-out par zones, ah ce fameux sous régionalisme wallon, mais un délestage qui est le même (20 %) pour l’ensemble des Régions qui forment la Nation française. Bel exemple du projet d’intégration-autonomie de la Wallonie à la France que nous prônons. Citoyens français, nous bénéficions de la solidarité nationale et sommes placés devant le même effort à fournir (le délestage de 20 %). Autonomistes wallons, nous avons la possibilité de choisir notre mode de production électrique en fonction des critères, notamment géologiques, propres à notre Région.

Mais, que diable, qu’attendent nos responsables politiques pour étudier le projet d’intégration-autonomie de la Wallonie à la République française dont la plupart ne connaissent rien ?

Paul D.

Lu sur le site de l' »Avenir »

électricitéQuatre députés wallons reviennent d’une mission en France sur les risques de pénurie d’énergie. Ils en reviennent… survoltés.

On se dit que, tant qu’à refaire des missions parlementaires en Wallonie, on aurait pu convenir d’une thématique moins décalée: «les risques de pénurie d’électricité», alors que la menace d’un black-out s’amenuise au fil de l’hiver…

Jean-Luc Crucke n’est pas d’accord. C’est lui, le président de la commission Énergie, qui emmenait les trois autres commissaires, partis lundi, revenus vendredi. Depuis, le député wallon MR ne tarit pas d’éloges sur les Bretons.

Jean-Luc Crucke, vous avez appris des choses utiles pour les Wallons, en Bretagne et dans le Sud de la France?

C’était passionnant ! En Bretagne, on a constaté une cohésion politique et une mobilisation citoyenne… Incroyable ! L’énergie n’est pas dans les compétences des régions, en France. Mais les Bretons sont… des Bretons. Et ils sont unanimes. Droite, gauche, centre, écologistes forcément : ils ont dit «pas de nucléaire chez nous!» Et ils veulent développer des ressources alternatives. Mais ils ont pris aussi l’engagement de maîtriser la demande d’électricité.

Concrètement?

Ils ont un programme appelé ÉcoW’acteur. Quand un éventuel pic de consommation est en vue, l’alerte est donnée. À partie de là, un réseau de citoyens (près de 100 000 personnes) réagit en même temps.

Comment?

Tous ensemble, ils baissent leur consommation électrique par divers gestes: reporter une machine à plus tard, etc. Ils se sont engagés à ça. Et ça réduit la demande aux moments cruciaux. J’en ai même parlé à des gens dans la rue. Ils savent, ils sont engagés. Le fait que tout le monde s’implique, cette mentalité, l’engagement unanime de tous les élus, c’est ce qui m’a le plus impressionné! C’est cette mobilisation qui fait la différence avec le Sud, en région Paca (Provence, Alpes, Côte d’Azur).

Les gens n’y sont pas mobilisés?

L’initiative EcoW’acteur vient du Sud, en fait. Mais le Sud n’est pas mobilisé. Ce qui se décide à Nice ne va pas s’étendre à toute la région. Par contre, ils y construisent une éolienne flottante, parce que leurs fonds marins sont très bas.

Mais y avait-il encore une raison pour aller voir en France ce qui pouvait nous aider face au black-out? Le danger n’est pas aussi aigu qu’on le disait…

Il n’y a pas que le black-out. Il y a le plan de délestage. Chez eux, on ne déleste pas par zones comme chez nous. On préfère réduire la production de 20% pour tout le monde par exemple. Ça facilite plein de choses. Ne prenons que l’exemple de la circulation des trains… Et puis, il y a la maîtrise qu’on peut avoir sur la demande d’électricité. Il y a la prise de conscience. L’énergie, ça a un coût! ça reste d’actualité. Et il faut arriver à remplacer tôt ou tard le nucléaire.

Et vous ramenez quoi chez nous?

De l’oxygène, de l’énergie… Et en plus du rapport sur la mission bien sûr, les quatre commissaires vont déposer ensemble (Crucke et Olivier Maroy pour l’opposition MR, Dimitri Fourny pour le cdH, Pierre-Yves Dermagne pour le PS) une proposition de résolution sur ce qu’on a vu et sur la mobilisation citoyenne qu’il faut susciter. Sur ce dossier, nous devons parler le même langage. Ne pas nous diviser. Les missions, ça suscite toujours la critique, je sais. Mais on doit jouer la transparence absolue.

Contre l’intégrisme, choisissons la respiration laïque à la française

Je destine le texte qui suit à M. Philippe Geluck afin qu’il s’en inspire et qu’il y puise ne fut-ce qu’un instant de courage quand il se livre à la chaîne marocaine « Maghreb TV » dans l’émission « Tijjini talk ».

Paul D.

Le Monde.fr | 30.01.2015 à 10h57 • Mis à jour le 30.01.2015 à 16h31

Par Catherine Kintzler, philosophe, auteure de Penser la laïcité (Paris : Minerve, 2014)

L’intégrisme ne peut pas souffrir les points de fuite par lesquels on peut échapper à son exigence d’uniformisation de la vie et des mœurs. Tout ce qui troue ce tissu qu’il veut intégral, ordonné à une parole unique, lui est odieux. Rien d’étonnant à ce qu’il s’en prenne à la liberté d’expression, et généralement à toute altérité.

Les États de droit sont naturellement dans le viseur de son tir ; on se souvient des caricatures au Danemark, de Theo van Gogh, de Rushdie, de Redeker, de Toulouse. Avec les assassinats de Paris, où un parcours sanglant des figures de la liberté a été tracé (le «blasphémateur» qui teste la liberté, le policier républicain qui la protège, le juif qui incarne l’altérité haïe), suivis par la démonstration sans précédent d’un peuple se réappropriant ses principes, on atteint une sorte de classicisme dans l’opposition épurée entre la violence intégriste meurtrière et les principes républicains libérateurs. Dans son éditorial du 14 janvier, Charlie-Hebdo, sous la plume de Gérard Biard, pointe le noyau intelligible de cette opposition absolue : le régime laïque, nec plus ultra de l’État de droit.

La laïcité comme régime politique est en effet une cible éminente pour les visées intégristes. Cette éminence la désigne comme le point de résistance le plus puissant pour s’en prémunir – à condition de ne pas renoncer à cette puissance par des «accommodements» qui la ruinent.

La laïcité va jusqu’aux racines de la disjonction entre foi et loi. Au-delà même de la séparation des églises et de l’État, elle rend le lien politique totalement indépendant de toute forme de croyance ou d’appartenance : il ne se forme pas sur le modèle d’un lien préexistant, religieux, coutumier, ethnique. L’appartenance préalable à une communauté n’est pas nécessairement contraire au lien politique, mais elle n’est jamais requise par lui. Et si une appartenance entend priver ses «membres» des droits ou les exempter des devoirs de chacun, l’association politique la combat.

On voit alors que, si l’intégrisme peut encore s’accommoder d’une association politique «moléculaire» où les communautés en tant que telles sont politiquement reconnues, il ne peut que haïr celle qui réunit des atomes individuels, qui accorde aux communautés un statut juridique jouissant d’une grande liberté mais leur refuse celui d’agent politique ès qualités.

UN STATUT D’INTOUCHABLE

En outre, le régime laïque installe une dualité qui traverse la vie de chacun et rend concrète une respiration redoutée par l’intégrisme. D’une part, le principe de laïcité proprement dit applique le minimalisme à la puissance publique et à ce qui participe d’elle : on s’y abstient de toute manifestation, caution ou reconnaissance en matière de cultes, de croyances et d’incroyances. Mais d’autre part ce principe d’abstention, ce moment zéro, n’a de sens qu’à libérer tout ce qu’il ne gouverne pas : l’infinité de la société civile, y compris les lieux accessibles au public, jouit de la liberté d’expression et d’affichage dans le cadre du droit commun. Sans cette dualité, la laïcité perd son sens.

Chacun vit cette distinction concrètement : l’élève qui ôte ses signes religieux en entrant à l’école publique et qui les remet en sortant fait l’expérience de la respiration laïque, il échappe par cette dualité aussi bien à la pression sociale de son milieu qu’à une uniformisation officielle d’État. Croire qu’une femme voilée serait incapable de comprendre cette articulation, la renvoyer sans cesse à l’uniformité d’une vie de «maman voilée», c’est la mépriser et la reléguer dans un statut d’intouchable ; c’est aussi désarmer celle qui entend échapper au lissage de sa vie.

 DISCOURS compassionnels ET CULPABILISANTS

On comprend que cette altérité fondamentale des espaces, des temps, des règles, des fonctions, soit insupportable à l’intégrisme puisqu’elle fait obstacle, par définition, à toute emprise intégrale sur l’existence humaine. Mais comment comprendre qu’elle soit récusée et même combattue, au prétexte de «respect des cultures» et d’«inclusion», par des progressistes ? Comment comprendre que le brouillage des distinctions soit obstinément reconduit, que les injonctions au conformisme soient complaisamment tolérées, que le grignotage de ce régime libérateur soit systématiquement proposé par des «décideurs» dont la couleur politique varie, mais jamais l’assentiment à cette pensée diffuse qui fait de l’attitude croyante une norme, qui la considère comme un modèle de «vivre ensemble» et qui invite chacun à s’y inscrire, sans répit, sans moment critique, sans respiration ?

L’introduction des signes religieux à l’école publique (sortis par la porte en 2004 et revenant par la fenêtre avec les accompagnateurs de sorties), la mise en quartiers des cimetières, l’appel au financement des cultes – comme si la liberté de culte était un droit créance –, l’injonction faite à l’école de se livrer à son extérieur en organisant l’impossibilité d’instruire (bonne recette pour produire des ghettos scolaires voués à la monotonie communautaire), l’abandon par les services publics de zones qu’on ne devrait pas appeler «urbaines» : en finira-t-on bientôt avec cette politique anti laïque et antirépublicaine qui n’est autre qu’un soutien à l’intégrisme politique ?

Alors oui, la France a effectivement un problème avec la laïcité. Ce problème ce sont nos états d’âme qui nous rendent sensibles aux discours compassionnels et culpabilisants ; ce sont nos états d’âme qui nous font regarder des communautés exclusives et féroces avec indulgence et qui conduisent même certains à désigner d’un index complice les cibles au bras meurtrier en susurrant l’accusation suprême – «islamophobe !» – ; ce sont nos états d’âme qui nous rendent perméables à la normalisation par le religieux à laquelle il faudrait «s’adapter», comme si la laïcité était antireligieuse. Ce problème c’est que nous n’osons pas imposer avec assez de force à nos «décideurs» la réappropriation du modèle politique laïque et de sa puissance libératrice.

La Wallonie avec la France en Europe et dans le monde