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Remplacement des F16: Atterrissage dangereux !

Une chronique de Jules Gheude publiée sur le site du Vif/L’Express.

Le remplacement des avions de combat vient, pour la seconde fois, alimenter le feuilleton communautaire.

En 1975, alors que le Rassemblement Wallon est dans le gouvernement Tindemans depuis quelques mois, une vive polémique surgit à propos du choix à opérer pour remplacement des 116 avions de combat F104G de la Force aérienne.

Outre la Belgique, les Pays-Bas, le Danemark et la Norvège sont également impliqués dans ce « marché du siècle », que vont se disputer finalement trois candidats : le YF16 américain, le Mirage F-1 français et le Viggen suédois.

Très rapidement, un clivage va se dessiner au sein du gouvernement belge. Si les ministres francophones marquent leur préférence pour l’appareil français, avec le souci de promouvoir une industrie aéronautique européenne, en revanche, les ministres flamands vantent les mérités techniques de l’avion américain. Amplifié par une vaste campagne de presse, ce clivage aura pour effet de retarder la décision belge.

Le président du Rassemblement Wallon de l’époque, Paul-Henry Gendebien, n’entend rien céder sur ce terrain, d’autant qu’il sent la base de son parti de plus en plus irritée contre les atermoiements flamands à propos de l’application de la loi de régionalisation préparatoire, mise sur pied par François Perin, le ministre RW de la Réforme des Institutions. Le Nord ne se résigne pas, en effet, à faire de Bruxelles une région à part entière.

A cette irritation de la base du RW s’ajoute l’incompréhension à l’égard du mutisme dans lequel François Perin, naguère si volubile en tant que président de parti, a décidé de se murer pour exercer ses fonctions ministérielles.

Pour l’intéressé, en tout cas, il ne peut être question de compromettre l’avancement du processus de régionalisation pour une affaire d’avions. Selon lui, le gouvernement ne peut chuter que lorsque la preuve sera faite soit qu’il est possible de faire progresser la régionalisation avec une autre équipe, soit que le pays est devenu totalement ingouvernable et qu’il faut dissoudre les Chambres.

Bref, une partie de bras de fer va s’engager entre Paul-Henry Gendebien, dont l’agressivité à l’égard du Premier ministre ne cessera de croître, et François Perin, soucieux avant tout de poursuivre la tâche qui lui a été confiée.

A partir du 25 mai, le choix de l’avion américain apparaît inéluctable. A cette date, en effet, le gouvernement des Pays-Bas annonce sa décision d’acheter le YF-16. Or, des compensations économiques intéressantes ont été garanties si le marché était conclu conjointement par les autres partenaires.

Le 5 juin, un élément va déterminer François Perin à opter pour la continuation de l’expérience gouvernementale. Ce jour-là, en effet, dans la soirée, un proche collaborateur du secrétaire d’Etat RW Etienne Knoops l’informe d’une offre du ministre CVP De Saeger relative notamment à la régionalisation de l’eau. Un espoir sérieux subsiste donc de poser de nouveaux jalons régionaux.

Convoqué à Namur, le 6 juin, le Bureau fédéral du RW va se dérouler dans une ambiance survoltée. Il se divisera de façon nette pour répondre à la question « Estimez-vous que le RW doit maintenir son veto à l’achat de l’avion américain même si ce veto doit entraîner la démission du gouvernement sous une forme ou sur une autre ? » Les ministres seront mis en minorité par 48 oui contre 31 non et 1 abstention.

Quelques heures plus tard, au conseil de gouvernement, l’achat de 102 YF-16 est décidé. Le gouvernement n’ayant pas démissionné, faut-il en déduire que François Perin a bafoué la volonté de son parti ? Point du tout, et il s’en explique aux journalistes : Vous connaissez la décision qui a été prise cette nuit par mon parti. J’ai défendu ce point de vue devant le conseil de gouvernement. Le Premier ministre, appuyé par les autres membres du Conseil, a estimé que l’absence d’unanimité ne constitue en aucune façon un rejet de la décision qui a été prise par le gouvernement. Chacun, successivement, a défendu sa position au cours de la réunion. Le droit de veto n’existe pas dans le système gouvernemental belge. En outre, avec notre décision, le Premier ministre – suivi par le Conseil unanime – a considéré que l’absence d’unanimité n’entraîne pas la démission collective du gouvernement. Hier, mes amis politiques n’ont pas demandé que nous offrions notre démission. Ils entendent au contraire faire avancer la construction européenne et la régionalisation.

Si le RW sort de l’aventure avec une vilaine blessure qui ne se cicatrisera jamais et entraînera finalement sa mort, François Perin, lui, peut aller de l’avant grâce aux garanties obtenues notamment quant à la régionalisation de l’eau, de l’administration et du logement.

Aujourd’hui, trois appareils sont susceptibles de remplacer les YF-16 : le F-35 américain de Lockheed Martin, l’Eurofighter du consortium européen éponyme et le Rafale français de Dassault Aviation. Mais pour le ministre de la Défense, Steven Vandeput (N-VA), seuls les deux premiers candidats ont répondu à l’appel d’offres dans le délai prescrit, à savoir le 7 septembre.

Du côté francophone, on voit là la volonté flamande d’écarter, pour la seconde fois, le candidat français. Et ce sentiment se confirme lorsque, face aux 20 milliards de compensations offertes par la France à la Belgique, le ministre déclare : C’est trop beau pour être vrai!

L’ancien patron de la base de Florennes, le colonel Luc Gennart, dont on se souvient du réquisitoire violent qu’il avait fait contre la flamandisation de l’armée, adopte un point de vue assez curieux. S’il rappelle que notre coopération avec les armées françaises est depuis plus de deux décennies parmi les plus intenses que nous puissions avoir avec des partenaires européens et que le groupe Dassault Aviation est déjà fortement implanté en Belgique depuis plus de 50 ans dans un réseau de 800 entreprises partenaires, il se pose toutefois la question quant à la sécurité juridique de l’offre française : Imaginons un seul instant la réaction de Paris à la situation inverse : un pays tiers faisant la même offre en dehors du cadre strict d’un marché stratégique majeur…

La question que Luc Gennart n’aborde pas est celle de savoir si le choix final qui sera opéré sera équilibré ou s’il favorisera nettement une région par rapport à l’autre. Sur ce point, les ministres de son propre parti – le MR – devront se montrer particulièrement vigilants…

La fin est proche…

Une carte blanche de Jules Gheude publiée aujourd’hui sur le site du journal Le Soir.

Est-ce la fin de la «suédoise»? Si oui, ce pourrait être aussi la fin du pays!

Nul besoin d’être devin pour dire que 2018 se présente mal pour le Premier ministre.

En annonçant que la question énergétique fera l’objet de la campagne électorale en vue du scrutin de 2019, le président de la N-VA, Bart De Wever, vient en fait de toucher l’embarcation suédoise. Il répond ainsi à Charles Michel qui, il y a quelques jours encore, soulignait qu’il ne laisserait personne torpiller le pacte énergétique et que celui-ci devrait être approuvé dès le début 2018.

Nous sommes ici bel et bien confrontés à un casus belli au sein du gouvernement fédéral.

S’il faut en croire L’Echo, tant sur le fond que sur la forme, c’est aujourd’hui le ras-le-bol (quasi) généralisé au MR par rapport à la N-VA.

Le problème, c’est que Charles Michel ne dispose d’aucune marge de manœuvre. Evoquant le dernier baromètre politique (le PS est talonné par le PTB), Paul Magnette a clairement fait savoir que le PS avait tout intérêt à rester dans l’opposition. Une démission du gouvernement ne pourrait donc qu’entraîner des élections législatives anticipées, dont les résultats offriraient l’image d’un pays à deux visages, l’un regardant vers la droite, l’autre vers la gauche.

En 2010, la démission du gouvernement Leterme avait engendré une crise de 541 jours. Aujourd’hui, l’éventualité de ne plus pouvoir mettre sur pied une équipe fédérale est loin de relever de l’utopie. Or, qu’est-ce qu’un Etat sans gouvernement, si ce n’est un Etat qui n’existe plus !

En 1981, soit 25 ans avant le fameux « Bye bye Belgium » de la RTBF, François Perin avait écrit : « Cela fait des années que je pressens ce qui va arriver. (…) Après d’éventuelles élections (…), le malheureux chef de l’Etat se mettra à courir après un gouvernement introuvable : la Belgique peut disparaître par implosion. (…) Qu’est-ce qui empêcherait les Flamands de proclamer unilatéralement leur indépendance et d’affirmer leur nation ? Ils ont créé tous les instruments de leur future légitimité. »

Pas de cohabitation sereine

A l’instar de François Perin, nous n’avons jamais ressenti la Belgique. Depuis sa création artificielle en 1830, elle n’a jamais cessé de se chercher.

Six réformes institutionnelles n’ont pas réussi à engendrer une cohabitation sereine des deux grandes Communautés. Sans doute aucune goutte de sang n’a été versée, mais force est de constater que la complexité extrême de l’organigramme politique est aujourd’hui un facteur majeur de paralysie. La saga du RER et des nuisances sonores au-dessus de l’aéroport de Bruxelles, l’impossibilité de construire un stade « national » sont autant d’éléments qui témoignent d’une profonde déliquescence. Jean Quatremer, le correspondant du journal français Libération à Bruxelles, a parfaitement décrit la situation : « Cinquante ans de luttes communautaires entre Flamands et Wallons (…) ont conduit le royaume dans une voie sans issue : impotence, incompétence, irresponsabilité. »

Entre le Nord et le Sud, le fossé économique est béant : la Wallonie affiche un taux de chômage deux fois supérieur à celui de la Flandre. En 2016, celle-ci a exporté pour 205,7 milliards d’euros, soit près de 5 fois plus que la Wallonie (42,6 milliards). On n’ose imaginer le sort de la Wallonie en 2020, lorsqu’elle sera privée des quelque 6,5 milliards d’euros de transferts financiers en provenance de la Flandre !

Une nation bien réelle

Les partis séparatistes flamands sont aujourd’hui crédités de quelque 40 %. Et l’on commettrait une lourde erreur en pensant que cette mouvance est absente des autres formations politiques. Les déclarations du député CD&V Hendrik Bogaert sont là pour nous le rappeler !

L’ancien éditorialiste du Standaard, Manu Ruys, vient de décéder. Il avait écrit, en 1973, Les Flamands, dont le sous-titre est éloquent : Un peuple en mouvement, une nation en devenir.

Cette nation existe bel et bien aujourd’hui, comme le précise le préambule de la « Charte pour la Flandre », adoptée en 2012 Et rien ne pourra l’empêcher de devenir à terme un Etat !

Les leaders francophones ne prennent pas conscience de cette réalité. Tout se passe pour eux comme si la Belgique était vouée à l’éternité. Les émissions télévisées « Place royale » et « C’est du belge ! » sont là pour entretenir la fibre « patriotique » !

Voilà près de dix ans que j’exhorte les responsables politiques wallons à réfléchir à cette hypothèse de scission de la Belgique, hypothèse dont le sage Xavier Mabille, alors président du CRISP, avait dit en 2006 qu’il ne fallait en aucun cas l’exclure. Une seule solution

Les travaux approfondis que nous avons personnellement menés et qui ont fait l’objet de publications, démontrent que seule une intégration de la Wallonie à la France, avec un statut de large autonomie, pourrait constituer une solution réaliste.

Jacques Lenain, ce haut fonctionnaire français aujourd’hui retraité, a approfondi la question. Il s’en est entretenu avec le constitutionnaliste Didier Maus, lequel confirme : « Il serait parfaitement possible de créer un titre spécial ‘De la Wallonie…’ qui contiendrait une mini-Constitution sur mesure pour la Wallonie. Il en découle que, sur le fondement de cette mini-constitution, il serait parfaitement réalisable de conserver en l’état, au moins pour l’essentiel, et pour une durée à déterminer le droit belge du travail, celui de la sécurité sociale, et certains droits ‘connexes’, des pans du droit fiscal, le droit des affaires, du commerce, etc. La région wallonne, et aussi la région bruxelloise si la question était posée, conserveraient les compétences qui sont aujourd’hui les leurs, y compris le système éducatif, avec l’enseignement supérieur. Ce ne serait pas une difficulté de faire de la sorte puisqu’il en est déjà ainsi, même si c’est avec moins d’ampleur, dans certains territoires français (…). »

Nous avons la chance énorme de relever d’un cadre général que le Wallon André Renard qualifiait lui-même de grand flambeau, de grande lumière de culture. Ne sommes-nous pas, en effet, des Français que les hasards de l’Histoire ont contraints de vivre en dehors de l’Hexagone ?

Evoquant cette intégration de la Wallonie à la France, Jacques Attali, l’ancien conseiller du Président François Mitterrand, a déclaré : « C’est un beau débat. Qu’il commence ! »

Les bons vœux d’Emmanuel Macron

Extraits du discours prononcé par le président de la République française en cette toute fin d’année 2017.

« Je continuerai à faire ce pour quoi vous m’avez élu, et ne pas adapter notre pays aux changements du monde, (…) mais en faire ce qu’il est, un pays fort, avec une économie forte. »

Emmanuel Macron assure qu’il « écoutera toujours » ceux qui s’opposent à sa politique. « Mais pour autant, je n’arrêterai pas d’agir. Toujours, j’écouterai, j’expliquerai notre situation, et la réalité de celle-ci, et à la fin, je ferai, car c’est ce dont notre pays a besoin et c’est ce que vous attendez de moi. »

« Sur le plan européen, l’année 2018 sera décisive. Je me suis pleinement engagé dans cette bataille, car je crois profondément que l’Europe est bonne pour la France, que la France ne peut pas réussir sans une Europe forte. »

Emmanuel Macron explique que des consultations citoyennes seront organisées en Europe pour que les projets politiques s’adaptent aux aspirations des citoyens.

Le but est de « faire face aux Etats-Unis et à la Chine en portant des valeurs qui sont communes. (…) J’ai besoin qu’ensemble, nous ne cédions rien, ni aux nationalistes, ni aux sceptiques. »

« Sur le plan national, l’année 2018 sera à mes yeux celle de la cohésion de la nation. Nous sommes trop souvent divisés. Les débats sont légitimes, les désaccords nécessaires, mais les divisions nous minent. Je veux plus de concorde pour la France en 2018. Je veux miser sur l’intelligence française. L’école doit être le creuset de cette cohésion. »

Emmanuel Macron a évoqué les défis qui attendent la France à l’international en 2018. « Nous gagnerons cette bataille contre le terrorisme », a-t-il déclaré.

« Je veux miser sur le travail, qui est au cœur de notre société. (…) C’est par le travail que notre nation sera plus forte parce qu’elle produira plus, parce qu’elle s’enrichira. »

« Je veux miser sur la fraternité, ce qui nous tient ensemble. Je crois dans la réussite, dans les succès, mais que sont-ils s’ils sont les succès de quelques-uns, s’ils nourrissent les rancœurs et les égoïsmes ? Tant de nations sont en train de s’y fracasser. »

« Je veux que nous puissions apporter un toit à tous ceux qui sont sans-abri. Le gouvernement a beaucoup amélioré les choses, mais il y a encore des situations qui ne sont pas acceptables. (…) Comptez sur ma détermination entière en la matière. »

« Je ne céderai rien sur le droit d’asile, nous continuerons à accueillir ces hommes et ces femmes car la France est leur patrie. Mais nous ne pouvons accueillir tout le monde, il faut fixer des règles. » Emmanuel Macron défend le projet de recensement des migrants dans les centres de rétention, défendu par Gérard Collomb, et très critiqué à gauche. « Je m’attacherai à ce que notre pays reste sur cette ligne d’humanité. »

« Le peuple français est un grand peuple qui parfois sous-estime ses ressorts intimes. Nous sommes capables de l’exceptionnel. »

« C’est avec cet esprit de conquête, que nous avons en partage, cette ambition sincère que nous avons pour notre pays et chacun d’entre vous, et de faire vivre cette renaissance française que je vous présente mes vœux. »

« Nous avons besoin de repenser un grand projet social pour notre pays », a déclaré Emmanuel Macron, qui parle d’une « exigence humaniste ». Il a redit son « engagement » d’apporter un toit à tous.

Voyage en absurdie

Par Jean-Luc Lefèvre, Jambes

Lors de l’Affaire Cahuzac, cet expert de la fraude intellectuelle, aurait-on imaginé Le Figaro suggérer la prudence à la droite, et donc sa retenue pour exiger la démission du ministre P.S., en brandissant le spectre d’un renforcement de la gauche ?

Ne rions pas ! C’est ce qu’ose « La Libre » dans sa livraison du jeudi 29 décembre, au lendemain des Saints Innocents : en démissionnant, Francken renforcera son parti et affaiblira le CD&V.

Vrai ou faux ? Là n’est pas le problème.

Le problème, c’est d’abord, la perte des repères intellectuels en Belgique qui traduisent un estompement des normes, tant morales que politiques au point d’adopter, comme le chien de Pavlov, des attitudes inspirées de Trump.

Le problème, c’est aussi l’emprise que la N-VA exerce sur des cerveaux bien constitués, peu suspects de populisme, une authentique manipulation des esprits.

Deux faussaires, l’un français, l’autre belge (du moins, c’est ce que dit sa carte d’identité !), deux traitements de l’information qui en disent long sur l’état de santé d’un pays.

Si, en France, on n’a pas fait dans la dentelle pour exposer le cas Cahuzac à l’opinion, c’est parce que lui renvoyait au tabou de l’argent malhonnête, ce qui n’est pas le cas de Francken, dans un état, de surcroît, qui s’est émancipé depuis longtemps des droits les plus élémentaires des citoyens, comme dans les Fourons, comme en périphérie bruxelloise. N’est pas qui veut la patrie des Droits de l’Homme, et Francken le sait, qui s’en moque et en abuse !

Mais c’est aussi parce que, contrairement à la France, la Belgique est malade, ce dont tous s’accordent, même les media, tous rétifs à mettre de l’huile sur un feu qui n’en finit plus de consumer… au mépris d’une saine conception de leur travail.

Cahuzac, Francken, deux destins parallèles, deux cynismes aussi, mais un seul a droit au Paradis.

Une même amoralité, pourtant !

Le rayonnement de la France

Non, il ne s’agit pas d’écrire un article sur des temps à jamais révolus, parce qu’on refuserait de voir le monde qui change.

En cette fin d’année 2017, alors que le « modèle belge » est à l’agonie, le Courrier international s’est penché sur ce qu’il appelle « le bel automne français ». On y apprend que « dans le classement Soft Power 30 », établi par deux institutions américaines, « la France a très poliment ravi la première place aux Etats-Unis, devenant ainsi le pays le plus influent de la planète ».

Et aussi : « Le quotidien économique allemand Handelsblatt a attribué le titre de ‘personnalité de l’année’ à Emmanuel Macron. L’article consacré au président français est rédigé par l’ancien chef du Parti social-démocrate Sigmar Gabriel, qui voit en lui ‘une chance pour l’Allemagne et pour l’Europe' ». Selon le Handelsblatt, en récupérant le siège de l’Autorité bancaire européenne en novembre, la France a montré  « pourquoi elle, et non l’Allemagne, pourrait bientôt diriger la finance européenne ».

Bien sûr, il est beaucoup question d’Emmanuel Macron dans les articles rassemblés par le Courrier international. Sur la question climatique, « Macron dicte l’ordre du jour, revendique le monopole de la juste interprétation et veut être le maître du jeu », écrit-on dans le quotidien allemand Die Welt. Le New York Times, pour sa part, juge que la diplomatie française comble le vide laissé par les Etats-Unis dans le monde arabe : « Il y a un an, personne n’aurait imaginé qu’Emmanuel Macron puisse être le visage de la diplomatie occidentale au Moyen-Orient. Ce n’est plus le cas aujourd’hui. »

Dans le magazine Foreign Policy, dépendant du Washington Post, on s’est intéressé à la récente inauguration du Louvre Abou Dhabi. Voici quelques extraits de cet article :

« Quand il est arrivé aux Émirats, peu après un discours prononcé par Trump à Séoul contenant une menace militaire directe contre la Corée du Nord, Macron avait un message très différent à adresser à ses hôtes. Il les a invités en substance à savourer non seulement les vins et les produits  de luxe de la France, mais aussi et surtout sa culture et les valeurs universelles et humanistes qui sont les siennes. (…) »

« L’œcuménisme militant de Macron était lourd de sous-entendus. En affirmant que ‘de manière indétricotable, irréductible, nos religions sont liées, nos civilisations sont liées’, il a dénoncé ‘ceux qui veulent faire croire, où que ce soit dans le monde, que l’islam se construit en détruisant les autres monothéismes’. La France, a-t-il souligné, ‘doit être à vos côtés pour lutter contre tous les obscurantismes’. Pas besoin d’être historien pour apprécier l’habileté avec laquelle Macron rattache l’héritage culturel de la France aux événements actuels.

« Évoquant la lumière qui filtrait depuis le désert et la mer environnants à travers l’immense dôme ajouré, Macron tenait sa transition vers le siècle des Lumières, la lumière de la raison. Avec un admirable culot, le président en a profité pour promouvoir l’enseignement du français dans les écoles émiraties, affirmant : ‘Le français, c’est la langue de la raison, c’est la langue de la lumière’. »

A côté de ça, « Macron ne craint pas d’incarner le hard power de l’armée française. Dans un style gaullien, il a déclaré lors de sa visite sur la base navale 〈française d’Abou Dhabi〉 : ‘Notre présence ici est le signe d’une France qui tient son rang dans un ordre mondial profondément bousculé’. »  Militairement parlant, la France ne dispose évidemment pas de moyens comparables à ceux des États-Unis mais, bien décidée à combattre les djihadistes dans la bande sahélo-saharienne, elle « a convoqué un sommet international pour financer cette force antiterroriste et ‘le lobbyiste de service, Emmanuel Macron, a réussi à faire délier le cordon de la bourse à d’autres contributeurs' », écrit-on sur le site d’information burkinabé Wakat Séra, lequel précise que l’Arabie Saoudite et les Émirats arabes unis « s’engagent à injecter respectivement 100 millions et 30 millions d’euros ».

Dans Il Foglio, le quotidien milanais qui s’adresse à l’intelligentsia de la droite italienne, on est manifestement séduit par la France d’Emmanuel Macron :

« En Europe… il y a une oasis de bonheur qui s’appelle France. Où non seulement les populistes ne gagnent pas, mais où les astres se sont magiquement alignés, pour le bénéfice d’un pays qui n’a pas de problème de stabilité, ni de gouvernabilité, ni de leadership et qui, grâce à un système qui parvient à rassembler en faveur de quelque chose et pas uniquement contre quelqu’un, commence à récolter les fruits de son formidable soft power.

« Citons la conquête du siège de l’ABE, l’Autorité bancaire européenne, qui quitte le Royaume-Uni, une victoire arrachée à l’Allemagne. Et auparavant, la conquête de la direction de l’Unesco (avec l’ex-ministre Audrey Azoulay), la conquête des Jeux olympiques de 2024, la conquête de la Coupe du monde de rugby 2023 (une année importante, celle du bicentenaire de l’invention de ce sport)…

« En Europe, ces dernières années, nous avons appris à comprendre ce qui fonctionne et ce qui ne fonctionne pas, ce qui donne des résultats et ce qui n’en donne pas, ce qui menace le continent et ce qui le sauve, ce qui stimule la croissance et ce qui l’entrave. Mais quantité d’observateurs –et pas seulement en Italie- oublient souvent que, à côté des directions à éviter (souverainisme, populisme, nationalisme), il en est une qu’il faudrait suivre, et qui est aujourd’hui indiscutablement celle de la France.

« La France est aujourd’hui un petit miracle, non pas parce que les astres se sont alignés miraculeusement, mais parce que ceux qui la dirigent récoltent les fruits d’un système qui ne pouvait que trouver en Emmanuel Macron, 39 ans, un digne héritier de Charles de Gaulle. Le modèle français fonctionne parce que la France, depuis 1958, a choisi de miser sur un système qui permet de gouverner la fragmentation et qui empêche la fragmentation de gouverner le pays (‘Comment gouverner un pays qui possède 258 variétés de fromages ?’ aurait déclaré de Gaulle). (…)

« Pour ceux qui n’aiment pas la France (mais qui sont ceux qui aujourd’hui n’aiment pas la France ?), il est dur de l’admettre, mais à une époque de l’histoire où les partis qui ne se renouvellent pas meurent (et la France nous dit beaucoup sur l’avenir des partis socialistes) et où les systèmes institutionnels ne résistent pas à la multitude de variétés de fromages qui, après chaque élection, finissent au Parlement, les grands dirigeants d’Europe devraient trouver une manière de discuter d’une harmonisation institutionnelle dont on parle peu et qui mériterait peut-être plus d’espace dans notre débat public que les idioties sur la démocratie directe : qu’attendons-nous pour exporter le modèle français dans toute l’Europe ? (…)

« Si le soft power de la France fonctionne –et aujourd’hui, tous les classements sur le soft power nous indiquent que celui de la France fonctionne même mieux que celui des États-Unis, mais oui !-, ce n’est pas un hasard : la France a trouvé une manière efficace de gouverner ses 258 variétés de fromages. Et, peut-être, lors de la prochaine campagne électorale dans notre pays, y aura-t-il quelqu’un qui aura le courage d’expliquer qu’avant de penser à européaniser l’Italie il faut comprendre comment franciser l’Europe. »

La RTBF commencerait-elle à voir clair ?

Trop beau pour ne pas le publier. Voilà la RTBF qui commence à percevoir le ravin au bout du chemin…

Valmy

Belgique, stade terminal

Par Philippe Walkoviak, Directeur du service politique à la RTBF.

« La victoire a cent pères mais la défaite est orpheline. » (J.F. Kennedy)

Ils sont nombreux aujourd’hui ceux qui fustigent la manière dont le dossier du stade national a été mené… mais finalement ne sont-ce pas les mêmes qui se seraient bousculés pour être sur la photo le jour de l’inauguration, si elle avait eu lieu, tout en soutenant que finalement tout cela, c’est un peu grâce à eux ??! L’indécence des uns n’a finalement d’équivalent que dans l’inconséquence des autres.

Le fédéral au balcon

Le gouvernement bruxellois est parti seul, bille en tête, en 2013. A la ville de Bruxelles, le tandem Mayeur-Courtois embraie et le gouvernement fédéral de l’époque (Di Rupo-Reynders) lui apporte un soutien poli. Le projet est censé être financé totalement par le privé, il ne doit rien coûter aux contribuables entend-on à l’époque. Le 11 septembre 2013, les gouvernements fédéral, flamand et bruxellois souscrivent au dépôt d’une lettre d’intention par l’Union belge auprès des instances sportives européennes, ouvrant la voie à une candidature de la Belgique à la co-organisation de l’Euro 2020 et à la construction d’un nouveau stade sur le parking C du Heysel. Autrement dit, PS, MR, cdH, Open VLD, N-VA, etc. portent l’initiative.
Pourtant, l’affaire est mal emmanchée (stade « national » sur le sol flamand construit par des Bruxellois) mais les initiateurs, tous partis confondus, se veulent rassurants.
Au gré de la complexification du dossier, des changements de majorité et de la mauvaise volonté de la Flandre N-VA, le gouvernement fédéral a préféré regarder ailleurs, oubliant l’engagement initial.

Se racheter une conduite

Didier Reynders oublie à présent qu’il faisait partie du gouvernement fédéral qui a soutenu le projet pour ne charger que le seul exécutif bruxellois, Charles Michel semble découvrir qu’Alain Courtois est membre du MR et Alexander De Croo aurait souhaité que le dossier soit géré au niveau fédéral, un niveau fédéral où son parti est présent depuis 18 ans et sur un projet où un ministre de son parti (Guy Van Hengel) a été une des chevilles ouvrières!!
Le PS bruxellois semble lui, surpris, de sa propre naïveté.
L’alliance avec la N-VA ne peut tout expliquer et ce dossier de stade en rappelle d’autres. La construction du RER ou le survol de Bruxelles présentent les mêmes symptômes : une Flandre qui dispose d’une vision claire de ses objectifs, une classe politique francophone pusillanime, des intérêts particuliers ou des concessions francophones supposées au nom de l’unité du pays.
On le sait, souvent, ce que les Francophones obtiennent n’est pas mis en œuvre: comme la ratification par la Flandre de la convention-cadre sur la protection des minorités censée intervenir après la 5ème réforme de l’Etat ou la mise en place d’une Communauté Métropolitaine autour de Bruxelles, après la scission de BHV.

Le résultat est connu : à la fin, c’est la Flandre qui gagne… les nuisances sonores pour les Bruxellois, les retombées économiques pour la Flandre, un RER qui roule au nord, en carafe au sud, et désormais un stade qui restera assez sûrement dans les cartons.

Ces dossiers en disent long sur l’état de la Belgique en 2017…

Donner au puzzle belge de la clarté

 
Paul D.
Pour savoir de quoi on parle, petite leçon de vocabulaire donnée par le CRISP (Centre de Recherche et d’Information  Socio-Politiques) :
Parlement flamand : Assemblée parlementaire de la Communauté flamande, dotée du pouvoir législatif et exerçant le contrôle du gouvernement flamand.
La Communauté flamande est une des trois communautés dont se compose l’État fédéral belge. Son parlement possède les mêmes fonctions législatives et de contrôle politique que les autres parlements de communauté ou de région. Sa composition est par contre spécifique, ainsi que ses compétences.

Ses compétences sont plus larges que celles des autres parlements de communauté car le Parlement flamand exerce, avec le gouvernement flamand, les compétences de la Région flamande, qui n’a pas d’institutions politiques propres.

Le Parlement flamand se compose de 124 députés. Depuis 2004, tous sont des élus directs. Ils se décomposent en deux ensembles :

– 118 membres sont domiciliés et élus dans la Région flamande ;
– 6 membres sont domiciliés dans la Région de Bruxelles-Capitale ; ils sont élus par toutes les personnes participant à l’élection régionale bruxelloise qui y ont choisi de se faire présenter les listes de candidats appartenant au groupe linguistique néerlandais. Une incompatibilité empêche de siéger simultanément dans les deux assemblées.

Tous les membres du Parlement flamand participent aux votes qui concernent les compétences de la Communauté flamande. Par contre, seuls les 118 membres élus en Région flamande participent aux votes qui concernent les compétences de la Région flamande. Les décrets relevant des compétences de la Communauté flamande s’appliquent dans la région de langue néerlandaise et dans la région bilingue de Bruxelles-Capitale, tandis que les décrets relevant des compétences de la Région flamande ne s’appliquent que dans celle-ci.

Les députés du Parlement flamand (ou députés flamands) exercent un mandat supplémentaire s’ils sont choisis par leurs pairs pour être sénateurs de communauté : c’est en effet le Parlement qui désigne les représentants de la communauté au Sénat.

Le Parlement flamand édicte des décrets, qui ont la même valeur juridique que les lois.

Le siège du Parlement flamand est situé à Bruxelles, capitale de la Communauté flamande.

On n’arrête pas le progrès. La bêtise non plus !

Valmy attire notre attention sur la lettre suivante :

Claire PolinChèr·e·s ami·e·s,

Vous aimez Proust ?  Vous allez adorer ça :
« En réalité, chaque lecteur·rice est quand il·elle lit, le·la propre lecteur·rice de soi-même. » (Le temps retrouvé)

Vous admirez Molière ?  Vous allez être séduits par :
« Un·e sot·tte savant·e est sot·te plus qu’un·e sot·te ignorant·e. » (Les femmes savantes)

Vous admirez Victor Hugo ?  Vous allez apprécier :
« La moitié d’un·e ami·e, c’est la moitié d’un·e traitre·esse. » (La légende des siècles)

Si rien n’est fait, si nous gardons le silence, si nous refusons de regarder en face ces graffitis de bas étage, voilà ce qui nous attend !

Cette machine à fabriquer des crétins a un nom : l’écriture inclusive.

Elle se définit elle-même comme une « graphie non-sexiste ». Parce que dans la langue française, on dit que le « masculin l’emporte sur le féminin » les dévots du féminisme voient dans cette règle une insulte insupportable faite aux femmes soumises à un affreux sexisme langagier. On réécrira donc Proust, Molière et Victor Hugo en novlangue pour les châtier d’avoir été des chauvinistes mâles. Sans oublier George Sand, Simone Weil et même Simone de Beauvoir (grand papesse du féminisme pourtant !) toutes coupables d’avoir baissé la tête sous le joug masculin.

Les promoteurs de l’écriture inclusive veulent imposer le « point milieu » pour créer des mots androgynes.

Par exemple, selon ces idéologues, vous ne devrez bientôt plus écrire « les électeurs » mais les « les électeur·rice·s »… Vous pourrez également vous extasier sur les autrices et autres travailleur·euse·s !

Cela pourrait faire sourire, s’il s’agissait d’une coquetterie de mauvais goût ou d’une mode excentrique.

Mais c’est bien plus dangereux.

Il s’agit en réalité d’une véritable tentative de prise de pouvoir. En changeant les mots et la manière de les écrire, les promoteurs de l’écriture inclusive veulent faire main basse sur la manière même de penser.

Et ils visent particulièrement les enfants, plus malléables.

Ils veulent détruire notre langue et notre héritage culturel.

L’écriture inclusive est le fruit d’une union, hélas fertile, entre des féministes hystérisées et des pédagogues militants, sectaires et intolérants. Il y a de cela quelques années, ils avaient essayé d’obtenir la suppression de l’épreuve de français au brevet. Leur argument était le suivant : cette épreuve discriminait les enfants de familles immigrées dont le français n’était pas la langue maternelle ! Une incursion en Absurdie qui souleva un tel tollé que ces handicapés de la pensée firent machine arrière.

Ils reviennent à la charge, avec plus de succès, hélas en brandissant l’écriture inclusive. Cette dernière ne s’avance pas seule. Elle est accompagnée par une grande sœur un peu plus âgée qu’elle : « la féminisation de l’écriture ».

Ainsi doivent être proscrites des expressions telles que « il fait beau » ou « que reste-il ?». Ce « il » odieux et dominateur servirait à assujettir durablement les femmes. On écrira donc : « elle fait beau » et « que reste-t-elle ? ».

Vous n’en croyez pas vos yeux ? Jetez un œil sur les livres d’Isabelle Alonso écrits en « langue féminisée ». Ils ont été publiés par les éditions Héloïse d’Ormesson. Vous aurez un petit aperçu du désastre.

L’écriture inclusive et féminisée a ses grands prêtres et ses grandes prêtresses. Une partie d’entre eux siègent rue de Grenelle au ministère de l’Éducation nationale. Cela paraît fou mais c’est de là que partent la plupart des attaques sournoises et insidieuses contre la langue française. Nombreux par ailleurs sont les servant·e·s de cette religion réputée très tendance. On les trouve dans les médias, dans l’édition et dans les écoles.

Des pères Ubu, des mères Ubu bien plus grotesques que les créatures inventées par le génial Alfred Jarry.

Le but poursuivi par ces adorateurs de Sainte-Analphabète est de déposséder les habitants de notre pays de leur identité. Ce qui fonde notre appartenance à un peuple, à une nation, c’est bien sûr une mémoire historique commune mais aussi, et peut-être avant tout une langue. Faire disparaitre le français est le but avoué, et non avouable des tricoteurs et tricoteuses du point médian.

Ainsi, c’est voulu, un peuple doit cesser d’exister. Pour être remplacé par des individus privés de toute identité et de toutes caractéristiques propres. Un monde orwellien de consommateurs voués à se précipiter sur les têtes de gondole des supermarchés mondialisés pour y acheter des produits « made in nulle part ».

Ils organisent un grand lavage de cerveau

Il faut commencer tôt pour fabriquer des zombies dociles. À l’école. Les éditions Hatier soucieuses de se conformer à l’air du temps viennent de publier un manuel pour les enfants de CE2. Voilà comment on y raconte notre Histoire.

« Grâce aux agriculteur·rice·s, aux artisan·e·s et aux commerçant·e·s, la Gaule était un pays riche. »

Hatier édite également le célèbre Bescherelle. On attend avec un intérêt certain les prochaines éditions !

Très critiqué, Hatier se défend. La langue, selon ces éditions doit s’adapter au nouvel environnement et « au monde qui change ». Peut-être que pour tenir compte de la diversité de nos territoires, cette vénérable maison prépare-t-elle des manuels en argot des cités, destinés aux établissements classés ZEP ?

Mais il y a scandale plus grand encore. 314 professeurs ont signé une pétition sur Internet dans laquelle ils refusent d’enseigner la grammaire française.

Ils annoncent leur volonté d’enseigner dorénavant l’écriture féminisée.

Ils disent vouloir aussi imposer à l’école la règle de proximité qui consiste à accorder les mots concernés… avec le terme le plus proche !

Ainsi, selon eux, plutôt que d’écrire « les maîtres et les maîtresses engagés », il faudrait écrire « les maîtres et les maîtresses engagées ».

Nous nous sentons donc autorisés à écrire, s’agissant des 314 : « ces maîtres et ces maîtresses sont des idiotes ». Si le ridicule tuait encore en France, ces enseignants seraient morts depuis longtemps… On peut en rire. Mais c’est de pleurer qu’on a envie. Les professeurs, signataires de la pétition, sont payés avec nos impôts. Ça leur crée quelques obligations à notre égard.

Ils sont également fonctionnaires de l’Éducation nationale, et c’est ce ministère qui fixe les programmes : l’écriture féminisée n’y figure pas ! Ils se placent donc dans l’illégalité la plus totale. Il nous parait inimaginable que les rectorats dont ils dépendent ne les rappellent pas à l’ordre, en leur précisant qu’ils doivent enseigner le français, pas leur lubie imbécile.

Ils n’avancent pas seuls

Ces enseignants et les éditions Hatier sont assurés du soutien enthousiaste de Marlène Schiappa, secrétaire d’état à l’égalité femmes-hommes.

Françoise Nyssen, ministre de la Culture, a quant à elle déclaré dans le journal le Point : « Comment cette écriture serait-elle compréhensible par des enfants en difficulté d’apprentissage comme les enfants dyslexiques ? ». Une argumentation consternante. Les enfants dyslexiques ? Mais non, madame la Ministre, pas seulement les enfants dyslexiques ! Tous les enfants !

On s’étonnera qu’une femme aussi cultivée ne se soit pas avisée que l’écriture inclusive qu’elle critique si mollement, représente une absurdité unique dans l’histoire de l’humanité. On a connu des parlers, des dialectes, des patois qui ne s’écrivaient pas. Mais jamais, ô grand jamais on n’a vu une écriture qui ne se parle pas. Essayez de parler « inclusif » pour voir !

L’Académie Française est avec nous !

Fort heureusement, L’Académie française a dit, dans un texte où chaque mot a été pesé, ce qu’il fallait dire sur ce qu’elle appelle un « danger mortel ».

« Prenant acte de la diffusion d’une « écriture inclusive » qui prétend s’imposer comme norme, l’Académie française élève à l’unanimité une solennelle mise en garde. La démultiplication des marques orthographiques et syntaxiques qu’elle induit aboutit à une langue désunie, disparate dans son expression, créant une confusion qui confine à l’illisibilité. (…) Plus que toute autre institution, l’Académie française est sensible aux évolutions et aux innovations de la langue, puisqu’elle a pour mission de les codifier. En cette occasion, c’est moins en gardienne de la norme qu’en garante de l’avenir qu’elle lance un cri d’alarme : devant cette aberration « inclusive », la langue française se trouve désormais en péril mortel, ce dont notre nation est dès aujourd’hui comptable devant les générations futures. »

Voilà où nous en sommes.

Comme le résume Madame Hélène Carrère : « Cette écriture prend en otage les écoliers pour transformer notre langue à des fins idéologiques ! »

Agissons ensemble, dès maintenant !

Face à cette attaque — frontale et explicite ! — nous devons réagir tout de suite, pour le bien de nos enfants et petits-enfants.

Vous et moi, et tous les membres de SOS Éducation devons absolument mettre toute notre énergie dans ce combat.

C’est pourquoi nous lançons aujourd’hui cette grande pétition nationale : « Non à l’écriture inclusive ! ».

Je vous invite à signer cette pétition dès maintenant en cliquant ici :

OUI, JE M’ENGAGE CONTRE L’ÉCRITURE INCLUSIVE >>>
Je sais que le ministre actuel est de notre côté. Il a même pris position contre cette initiative. Mais vous savez bien qu’il ne pourra pas faire grand-chose s’il n’est pas soutenu par un large mouvement populaire. Les promoteurs de la destruction de notre langue sont en effet très actifs et bien organisés. Ils sont présents au sein de l’Éducation nationale, dans les académies, chez les grands éditeurs, à la Mairie de Paris… et tentent de répandre leur lubie pseudo-féministe auprès du plus grand nombre.

Alors, signez cette pétition, et partagez-là à l’ensemble de vos contacts pour garantir la réussite de cette action.

Votre signature est très importante pour nous permettre de soutenir la position du Ministre Jean-Michel Blanquer, et de définitivement bannir l’écriture inclusive dans les écoles.

Par avance, un grand merci de votre soutien et de votre action pour nos jeunes.

Claire Polin
Claire Polin,
Présidente de SOS Éducation*
*SOS Éducation est une association loi de 1901 qui réunit des parents et des professeurs pour sauver l’école publique.
 

PS. Lorsque vous aurez signé cette pétition, n’oubliez pas de la diffuser largement autour de vous.
Nous devons nous rassembler. Nous devons être unis, pour protéger notre langue et notre culture.
Merci pour votre engagement.

Eux… et nous ?

Par Jean-Luc Lefèvre

Eux et nous ? Eternelle question qui fonde le vivre-ensemble, qui justifie aussi l’engagement politique de chacune et de chacun.  Aujourd’hui en Belgique, comme ailleurs, et donc aussi en ces terres romanes depuis trop longtemps confrontées à une Flandre arrogante hier cornaquée par le C.V.P. et, plus récemment, par la N-V.A.

La N-V.A. et nous ? Nous avons choisi de militer, parmi d’autres possibles, en faveur d’une improbable Alliance Wallonie-France ; nous savons aussi cette nouvelle alliance subordonnée à la disparition des scories de la Belgique dont la fin programmée est inscrite en lettres d’or dans les statuts du parti nationaliste flamand.

Cette convergence d’intérêts suffit-elle à justifier une quelconque bienveillance à l’égard de nos ministres fédéraux N-V.A. investis de compétences régaliennes exorbitantes grâce au seul parti francophone de l’attelage gouvernemental qui n’avait pas imaginé en 2014 l’impact qui serait le leur après les attentats terroristes, après la crise migratoire et à l’heure d’enfin construire une Europe de la défense ?

Je ne le crois pas. Bien au contraire.

D’abord pour des raisons morales, même si, après l’Affaire Publifin, d’aucuns prétendent accréditer l’idée que ce qui n’est pas interdit est légal.

Je ne puis être bienveillant à l’égard de la N-V.A. parce que je refuse d’apporter une quelconque caution à son entreprise concertée de démolition, et donc d’appauvrissement, de la Wallonie. La désertification du territoire en termes de services publics, la déshérence des soins de santé de proximité, la délocalisation des centres décisionnels… en sont autant d’indicateurs. Tous ont sans doute reçu, à un moment ou à un autre, l’approbation tacite des élites francophones, mais cela n’excuse rien : l’impuissance, réelle ou non, des comparses devenus larrons et… marrons, et moins encore leur aveuglement, n’exonèrent jamais les commanditaires !

Je ne puis être bienveillant à l’égard de la N-V.A. parce que je refuse d’apporter une quelconque caution à ses provocations, aux antipodes de la paix sociale dans le pays, tant vis-à-vis des francophones, tous mauvais gestionnaires et fainéants, que des populations venues d’ailleurs pour fuir guerres et misères, ni cautionner ses contradictions performatives (dénoncer les avocats procéduriers quand on s’épuise à épuiser toutes les procédures judiciaires), et son mépris pour les valeurs qui constituent le socle de notre démocratie comme le respect du droit des minorités.

Mais aussi pour de raisons politiques.

Témoigner d’une quelconque bienveillance à l’égard de la N-V.A., c’est aussi, qu’on le veuille ou non, parier sur notre avenir à tous, et donc aussi parier, comme Pascal, sur les ambiguïtés du possible tel qu’actuellement imaginé par la N-V.A. : le divorce pur et dur, un nouveau Brexit, par fidélité au principe de plaisir, ou, plus prosaïquement, plus réalistement, le… confédéralisme ? Quel confédéralisme, d’ailleurs ? Combien de partenaires ? Connaît-on même les réponses à ces questions au sein même de la N-VA ?

Il faut admettre que les amis catalans de la N-VA font preuve d’une tout autre détermination et d’une tout autre transparence d’intentions quand ils aspirent à couper, définitivement et irrémédiablement, le cordon ombilical avec l’état espagnol et donc aussi à renoncer, à la fois, à subsidier et à sucer les autres régions du pays. Pas de schizophrénie à Barcelone !

Une chose me paraît sûre. Parier sur la N-V.A. sous prétexte d’ainsi préparer une nouvelle alliance Wallonie – France est aussi dangereux qu’illusoire.

Dangereux parce que cette stratégie conduira inévitablement, au même titre que la frilosité de nos élites, à l’affaiblissement des francophones quand ils auront été amenés à négocier, que ce soit avec la Flandre – une 7e réforme de l’état -, ou que ce soit avec la France, quand la mariée aura trop vieilli pour encore aguicher outre-Quiévrain. Car de troisième voie, il n’en existe pas!

Cette stratégie sera-t-elle la nôtre ?

Puissions-nous, en 2018, à la veille d’échéances électorales très importantes, éviter le piège dans lequel sont tombées nos élites politiques, culturelles et sportives, celui du non-dit qui fonde leur survie et que nous dénonçons légitimement !

Car le non-dit sera toujours, pour tous les citoyens francophones, une sorte de grande parade dont ils sortiront cocus.

Nouveaux Défis !

Par Georges-Henry SIMONIS

Ô surprise : la presse nous a annoncé que le parti Défi est de plus en plus wallon (Le Soir 16.11.17) : 2.511 membres en Wallonie, et 55 sections locales. Qu’y a-t-il derrière cette mouvance ? Outre la recherche d’un parti « pas trop mouillé par les affaires de l’été », il y a encore l’image d’un parti défenseur de la francophonie, et symbole de la résistance envers les poussées régionalistes d’une Flandre qui domine la Belgique.

Dans son bulletin trimestriel de septembre 2017, le périodique francophone 4 Millions7, proche de Défi, titrait son éditorial « Wallonie-Bruxelles : ma patrie », se faisant défenseur d’une Belgique Fédérale et du maintien d’une Fédération Wallonie-Bruxelles, spécialement pour l’enseignement et la culture.

Qu’il faille maintenir une solidarité entre Bruxelles et la Wallonie est une évidence que personne ne conteste. Mais rien ne semble justifier le maintien d’une  superposition institutionnelle engendrant les nombreuses difficultés de gouvernance que l’on sait. C’est au niveau régional qu’il faut agir.

Le problème de la Région de Bruxelles est particulièrement urgent : le magazine LE VIF/L’EXPRESS du 16 novembre 2017 publiait une enquête bien documentée sur les difficultés liées à la gouvernance de cette région où les institutions se chevauchent en tous sens. Bruxelles doit devenir une Région autonome et complète, en ce compris la maîtrise de son enseignement et de ses institutions culturelles. On ne voit pas quel intérêt il pourrait y avoir à ce que des mandataires publics wallons se prononcent sur l’enseignement à Molenbeek ou à Uccle… Ou bien encore sur les limites territoriales de la région  à élargir au plus vite au-delà des 19 communes… Comme l’écrivait le VIF, Bruxelles a aussi besoin d’une représentation claire, au niveau régional et européen.

A tort, Défi continue de faire le choix du maintien d’un Etat Belge en dépit de tous les dysfonctionnements que l’on sait, et de la prépondérance de la Flandre, en ce compris ses velléités extrémistes et xénophobes.

Réunir Wallonie et Bruxelles en une sorte de front commun pour mieux résister à la Flandre est une illusion : si la Belgique compte 11,3 millions d’habitants, les 4,7 millions de francophones resteront en toute hypothèse minorisés, en ce compris les 300.000 francophones de Flandre. 

Le maintien d’un Etat belge unitaire est-il le choix des mandataires qui seraient élus sous la bannière de Défi ? On préfèrerait qu’ils fassent le choix d’un état complètement régionalisé, et s’intègrent à une Région wallonne pleinement maitresse de son destin, poursuivant activement son redressement. Contrairement à ce que pensent certains Bruxellois, les Wallons ne leur tournent pas le dos, au contraire !

Le vrai défi est l’avènement de nouveaux états, autour de Bruxelles régionalisée, et des métropoles de taille européenne que sont au sud Liège et Charleroi, et au nord  Anvers, et Gand.

Curieusement, tous les partis politiques francophones gardent un silence prudent sur l’avenir de la Belgique. Démocratiquement, on souhaiterait plutôt un débat public clair et transparent.

IL Y A DU NEUF SUR LA TABLE…

Pour la deuxième fois, les propositions viennent du Nord. Il y a quelques mois, la N.V.A, fédéraliste, lançait l’esquisse d’un plan de réforme envisageant une proposition de « Bruxelles Ville Région », qui a fait pousser des hauts cris aux partis traditionnels francophones critiquant l’hypothèse d’un choix laissé aux habitants de choisir un rattachement vers la Flandre ou la Wallonie. « La Flandre veut acheter la Wallonie », a-t-on écrit.

Aujourd’hui, c’est le SPA, et spécialement les socialistes flamands bruxellois, qui avancent quelques idées précises de réformes radicales et audacieuses pour Bruxelles (Le Soir 30.11/17) : place au concept de Ville-Région, fusion des 19 communes actuelles,  fusion des polices, un seul CPAS, un parlement régional de 69 membres (dont 13 Flamands), un gouvernement de 8 ministres (dont 3 Flamands) et, au sein de la Ville, création d’une vingtaine d’arrondissements avec chacun un président et 3 adjoints. Le nombre de représentants politiques passerait à 197 au lieu de… 958 actuellement !

Il est prévu une modification des frontières actuelles des communes pour les rendre plus homogènes et mieux adaptées au terrain (canal, ring, routes…) ; par contre, et c’est regrettable, les auteurs ne vont pas jusqu’à suggérer un élargissement de Bruxelles aux 25 communes qui la composent de facto… On peut penser que, limitée aux 19 commune actuelles, la Ville-Région deviendrait vite étriquée, d’autant que les 6 communes complémentaires sont très francophones…

A noter que, curieusement, le SPA propose que les listes électorales soient bilingues ; par ailleurs, la population flamande est surreprésentée à 30%, ce qui est excessif par rapport à la réalité.

Que retenir de ces propositions nouvelles ?

Il  se confirme une nouvelle fois l’émergence du fait régional dans l’après- Belgique, avec la métropole centrale et européenne que reste BRUXELLES au centre, et les métropoles d’une Flandre indépendante que sont ANVERS et GAND, et les deux métropoles wallonnes que sont LIEGE à l’est et CHARLEROI à l’ouest, moteurs d’une Région wallonne rénovée et tournée vers la France.

Certes, on devine les foires d’empoigne auxquelles donneront lieu les inévitables discussions et marchandages dès lors que l’on s’attaquera à des citadelles politiques ou à des chasses gardées intouchables même si elles sont inefficaces, désuètes ou dispendieuses…

Les partis politiques francophones sont attendus au tournant, avec deux écueils devant eux : la crainte  qu’ils ne se drapent encore dans un silence coupable (« Nous ne sommes demandeurs de rien »…) ou qu’ils continuent à tolérer un unitarisme plus ou moins résigné.

On se demande de plus en plus comment il se fait qu’un pays aussi riche soit aussi peu capable de grandes choses, et laisse subsister autant de situations de misère dramatiques. La pauvreté est à nos portes, et l’une de ses causes est l’incapacité des institutions pour résoudre les problèmes des gens.

Les gens, eux, et nous : on voudrait que cela ne dure plus, et qu’on avance…

La Wallonie avec la France en Europe et dans le monde