Le non-débat

                                               WALLONIE – FRANCE :

                                 C.Q.F.D : l’absence de débat politique.

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Comme on pouvait s’y attendre, aucun des partis politiques traditionnels n’a esquissé la moindre idée sur l’hypothèse pourtant de plus en plus plausible du rattachement de la Wallonie à la France.

Ce n’est pas une surprise de la part de ceux qui ont contribué avec peine à la 6ème réforme de l’Etat, à peine née, dont les conséquences économiques désastreuses pour la Wallonie apparaissent de  manière de plus en plus évidente.

« Nous ne sommes demandeurs de rien », disaient les partis francophones; il n’empêche : la vague de fond flamande continue à saper en profondeur tous les secteurs de la vie économique et sociale belge passés majoritairement sous contrôle flamand.

Et même à obscurcir le ciel aéronautique bruxellois pour des raisons « linguistiques » évidentes et assez surréalistes…

Toute la propagande belgicaine, qui va de l’équipe de foot à la famille royale, n’a pas réussi à masquer les fissures de plus en plus nettes de l’édifice de 1830.

Elle a même un effet contre-productif dans la mesure où, ayant fait son maximum, elle n’a pas réussi à convaincre en profondeur, se contentant de planer à la surface des choses.

Seul effet positif constaté : la Wallonie en sort plus jolie, mieux mise en valeur, et plus séduisante…

L’attitude des partis politiques traditionnels francophones  par rapport aux  institutions, et spécialement par rapport à la Flandre, fait penser  à un mikado  compliqué, où les bâtons sont à ce point enchevêtrés que si l’on touche à l’un d’entre eux, tout l’édifice s’écroule. Plus personne n’ose y toucher…

Au sein de l’Alliance Wallonie France, mouvement citoyen et non parti politique – rappelons-le ! -, nous avions espéré au moins un débat serein. Constatons, à la veille des élections qu’il n’a pas eu lieu.

L’embarras des Wallons  appelés à voter le 25 mai est de plus en plus évident. Ils ont le sentiment réel d’être dépossédés de tout pouvoir  sur l’avenir institutionnel de la Belgique, et menacés d’un virage « à  droite » non choisi, mais  imposé  par la  Flandre majoritaire.

Parallèlement, l’AWF a poursuivi son travail démocratique en profondeur. Elle rassemble de plus en plus  des gens de tous horizons politiques et de provenances diverses qui osent envisager sereinement la France comme seule alternative crédible pour l’avenir de la Wallonie.  Hommes politiques expérimentés, professeurs, décideurs économiques, jeunes et retraités : ils commencent à oser sortir du bois… Seuls les médias, en général, restent extrêmement frileux…

En fait, les choses sont en train de changer : malgré la conjoncture française difficile,  de nombreux Wallons ont désormais perçu que, en cas de rattachement à la France, leur identité personnelle wallonne sera sauvegardée comme l’ont été celles des Bretons, des Corses ou des Savoyards.

C’est le sens du concept « intégration-autonomie » qui se développe.

Ils pensent  que la France leur apportera des horizons nouveaux. Une grande solidarité.  Et des Wallons pourront à nouveau être plus présents à travers le monde, comme ils l’ont été au XIXème siècle,  du Caire à Constantinople,  de Pékin au Congo ou en Argentine.

Trop de Belges francophones hésitent encore à faire le pas vers la France parce qu’ils ont de la famille, ou des amis, ou des collègues flamands; ou parce qu’ils sont devenus bilingues; ils faut qu’ils soient bien convaincus que ces multiples liens tissés au cours des années avec des Flamands resteront en cas de rattachement à la France; ils se verront  même renforcés : notre combat n’est et ne sera jamais anti-flamand !

Les « Français d’origine belge »  pourront continuer d’écouter « Les Belges du bout du monde », suivre la Flèche Wallonne ou le Tour des Flandres,  regarder le « 12 minutes » sur FR3-Wallonie, continuer si le cœur leur en dit, de regarder « Place Royale »  où nos princes  et princesses feront  au moins jeu égal avec ceux  et celles de Monaco pour le plus grand plaisir des lecteurs de « Paris-Match » ! Et continuer d’entretenir leurs liens personnels ou familiaux en Flandre comme ailleurs !

Quant aux jeunes Wallons de demain, ils parleront  l’anglais, l’allemand, l’espagnol, et d’autres langues internationales, l’enseignement du flamand s’étant réduit comme celui des langues wallonnes  à quelques cénacles littéraires ou culturels.

Les villes wallonnes, parcourues par de jolis tramways, deviendront plus belles et plus vivantes, Liège et Charleroi retrouvant comme Lille  leur rôle de métropoles d’antan, aux portes de Paris. Et des trains modernes sillonneront toute la République, Wallonie comprise ! Notez enfin que l’Alliance Wallonie France a désormais un siège à Paris : consultez donc souvent  son site pour en savoir plus ! Vive la Wallonie, vive la France !

Georges-Henry Simonis.

Pierre Hazette candidat à l’Europe

Pierre Hazette, l'avenirAprès dix ans d’absence, Pierre Hazette (75 ans) fait son retour en politique. Un rôle de sage, de « caution morale » à la dernière suppléance MR. Deuxième surprise, c’est sur la liste européenne du Mouvement Réformateur qu’il figure. On l’attendait plus à la Région, lui qui a été, de 1999 à 2004, ministre de l’enseignement secondaire. Son engagement pour l’Afrique a éveillé en lui une prise de conscience européenne. (Annick Govaers)

« L’Avenir » nous annonce la candidature de M. Pierre Hazette sur la liste européenne du MR. Cela ne signifie aucunement que l’avenir de sa région wallonne le laisse indifférent.

Il réitère sa conviction de voir l’avenir de la Wallonie lié à celui de la France : « sans l’aide de la France, la Wallonie va casquer », confie-t-il à la journaliste qui l’interroge.

La France est en effet un Etat où une solidarité forte joue entre ses différentes régions. Rappelons ici ce que Pierre Hazette nous disait :  » …les prochaines élections législatives risquent de confronter les Wallons à un problème existentiel… Une alliance étroite avec la République française s’impose à nous, quel que soit notre attachement à une Belgique que d’aucuns continueront à saboter, jusqu’à la faire disparaître. »

Paul D.

Les banques ne sont pas au-dessus des lois

Un ami me fait parvenir les données d’un site intitulé « Bonnes nouvelles ». Celle que je vous propose aujourd’hui nous parle des emprunts toxiques et de la victoire juridique de la Seine Saint-Denis contre une banque irlando-allemande. 

Le tribunal de grande instance de Paris a donné raison à la Seine-Saint-Denis dans la bataille judiciaire qui l’oppose à la banque Defpa autour des « emprunts toxiques ». La collectivité avait assigné en 2011 la banque irlando-allemande au motif de l’absence de mention du taux effectif global (TEG) dans son contrat de prêt de 10 millions d’euros signé en 2006.

Dans son jugement, rendu mardi 25 mars, le tribunal ordonne l’annulation du taux d’intérêt de ce contrat et son remplacement par le taux légal de 0,04 %, et ce de manière rétroactive à compter du 30 novembre 2006. « Cela représente un gain estimé à près de 11 millions d’euros pour le département », s’est réjoui Stéphane Troussel, président du conseil général, qui a salué une « belle victoire ».

« Cette décision de justice est une bonne nouvelle pour continuer la bataille contre ces emprunts toxiques sur le plan politique et pour reprendre les négociations avec certaines banques. »

UNE AUTRE AFFAIRE EN COURS AVEC DEXIA

Selon M. Troussel, le taux de ce prêt, indexé sur la variation des valeurs de l’euro et du franc suisse, est passé de 1,47 % par an initialement à plus de 30 % aujourd’hui. Lors du démarrage de l’action en justice, en février 2011 en plein crise financière, il avait connu un pic à 55 %.

En février 2013, le conseil général de Seine-Saint-Denis avait obtenu du tribunal de grande instance de Nanterre l’application d’un taux d’intérêt plus favorable sur trois prêts contractés auprès de Dexia. Mais la banque a fait appel de cette décision, soulignant n’avoir pas été condamnée sur le fond. Cet appel, suspensif, oblige le département le plus pauvre de France à continuer à payer les taux convenus contractuellement – et qui ont flambé depuis – tant que l’affaire n’est pas rejugée.

Depuis fin 2009, plusieurs banques ont été assignées en justice par des collectivités locales qui leur reprochent de leur avoir fait souscrire des emprunts toxiques.

Le Monde.fr (25/03/2014)

Lire sur le site : lemonde.fr

 

Le Parlement interdit la culture du maïs transgénique en France

Le texte a été adopté par 172 voix pour. 147 sénateurs ont voté contre.

Il n’y aura pas de maïs transgénique en France. Lundi 5 mai, les sénateurs ont définitivement adopté une proposition de loi socialiste interdisant la culture du maïs transgénique. Seul le groupe UMP a voté contre ce texte, adopté par 172 voix pour et 147 voix contre, qu’il juge anticonstitutionnel et contraire au droit européen.

Le but de cette loi était d’interdire le maïs transgénique avant la période des semis, notamment le MON810 de Monsanto, le seul autorisé à la culture dans l’Union européenne, et le Pioneer TC1507. Le texte précise que l’autorité administrative peut ordonner la destruction des cultures concernées en cas de non respect de cette interdiction.

Quand les politologues jouent au puzzle des coalitions

puzzleA l’heure où l’Europe induit de plus en plus les politiques des Etats, à l’heure où les Régions vont voir leurs compétences se multiplier avec la 6ème réforme de l’Etat, à l’heure où l’Etat belge continue à s’évaporer, il est paradoxal de voir « Le Vif-L’Express », comme tous les médias francophones, accorder toute leur attention aux élections fédérales. Paradoxal ? Pas tellement si nous considérons que le résultat de ces élections vont avoir une incidence sur l’existence-même de la Belgique.

Ainsi, pas moins de 7 politologues se penchent au chevet d’un Etat particulièrement malade. Ils ébauchent 5 scénarios et donnent une cote de probabilité de voir des coalitions former un gouvernement.  Si les scénarios 1 à 4 relèvent du déjà vu, ils sont bien obligés d’en arriver à un 5ème scénario qui consiste en un blocage et lui donnent une probabilité étonnante (de 0 à 10 sur 10).  Il suffirait que N-VA et CD&V s’associent en Flandre, que le PS renoue avec le CDh et Ecolo en Wallonie et que le MR tombe dans les bras du FDF et d’Ecolo à Bruxelles. Bart Maddens rappelle très justement : « On a vu en 2010 que les affaires courantes pouvaient être interprétés de façon large ».  Johan Ackaert ajoute : « Le blocage au niveau fédéral avec des majorités régionales composées rapidement, c’est le scénario dont rêve la N-VA ». Le dernier recours serait alors d’aller vers de nouvelles élections fédérales qui auraient l’allure d’un référendum pour ou contre la Belgique. Les élections fédérales du 25 mai seront bien la mère de toutes les élections.

Paul D. (Cliquer sur les images pour lire l’article du Vif/L’Express.)

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Le réalisme de Manuel Valls

Notre ami Jacques Monville nous fait parvenir un article où il donne son sentiment sur la déclaration faite hier par le nouveau premier ministre français devant l’assemblée nationale française.

Mouvement citoyen pluraliste, l’AWF aime ainsi susciter le débat, loin des joutes électorales, loin des petites phrases politiciennes assassines.

A vous la parole…!

UN GRAND ESPOIR : LE REALISME DE MANUEL VALLS

Manuel VallsBeaucoup se sont inquiétés ou se sont réjouis (!), c’est selon, des incertitudes, des tergiversations – que sais-je ? – du Président HOLLANDE à mettre en œuvre, de manière décidée, les grandes réformes aptes à restaurer la compétitivité des entreprises françaises puisque le mal principal est là.

Car le réalisme, et non plus l’idéologie, ni la sensibilité, ni l’idéal, impose d’envisager le monde, français compris !, comme un marché où l’esprit de compétition s’impose d’abord au désir de survie, partant, d’influence ou de crédit. A défaut de s’en satisfaire, il faut s’en pénétrer et prendre les mesures qui s’imposent. Ces mesures, tant ressassées, débattues en France, d’allègement des charges des entreprises, d’amaigrissement de l’économie assistée qui exige tant de bureaucratie, territoriale entre autres, ces mesures aussi d’abaissement drastique des dépenses doivent aller bon train.

Programme de droite ? Pas vraiment puisque les services publics nécessaires et efficaces vivront toujours d’une belle vie. Oui, programme de droite si on reste attachés aux partages antiques (gauche-droite), cependant que le souci des moins nantis, des plus faibles sera toujours primordial pour les tenants de l’humanisme.

Une question aux gens de l’ultra-gauche pour qui il faudrait un « vrai programme de gauche », soit l’augmentation des rémunérations et des avantages, l’oubli des déficits, une économie de demande plutôt que d’offre. « Avez-vous les moyens de renverser la table, de faire la révolution ? Car cette révolution, pour réussir, devrait être mondiale, aussi globale que le marché… ? «  Parlons plutôt d’un vaste chantier que le nouveau et énergique Premier Ministre français, Manuel VALLS, est le mieux à même de mener dans le contexte politique actuel. On peut être sûrs que ses qualités, sa volonté inflexible d’entreprendre seront vite critiquées, que des sacrifices et l’abandon de trop vieilles habitudes seront durs aux Français. C’est pourtant nécessaire, indispensable, faute de quoi l’histoire passera, son horizon s’éloignera d’une France, hélas pour nous aussi, toujours plus déclassée.

Jacques MONVILLE

Une récompense pour un article intéressant

économie belge flamandiséeNous avons déjà rendu compte d’un article du Trends-Tendance montrant que les Flamands étaient surreprésentés au top des entreprises belges. Pour cet éclairage que d’aucuns jugeaient sans doute inutilement polémique, le journaliste Gilles Quoistiaux a remporté le prix Citi récompensant le meilleur article paru dans la presse économique en 2013. Bravo à lui pour cette enquête et la façon dont elle a été exécutée. Pareille reconnaissance nous invite à reprendre ici le début de cet article publié le 7 novembre dans le magazine Trends-Tendance.

A la tête des grandes entreprises, les patrons flamands sont deux fois plus nombreux que les patrons francophones. Une proportion que l’on retrouve à tous les postes clés : DRH, directeur financier, juridique, marketing… Les francophones sont-ils désavantagés dans la course aux fonctions stratégiques ? Se heurtent-ils à un «plafond de verre» infranchissable ? Sont-ils capables d’inverser la tendance ?

Le sujet est tabou. Bien sûr, on en parle de temps en temps autour de la machine à café. Mais peu de responsables soulèvent le débat dans les instances de décision des entreprises. Mettre sur la table la répartition francophones-Flamands dans l’organigramme de la société, c’est risquer de réveiller les démons communautaires qui traversent la Belgique du nord au sud.

Pourtant, les chiffres dévoilés cette semaine par Trends-Tendances offrent matière à réflexion. Ils dépeignent une économie belge teintée en jaune et noir. Aux plus hauts postes de direction, les néerlandophones sont largement dominants. Si vous travaillez dans une entreprise comptant plus de 100 employés, vous avez deux chances sur trois d’être dirigé par un Flamand. Voilà pour la partie la plus visible de l’iceberg. Si l’on descend d’un étage, le constat reste le même. A tous les postes stratégiques, les Flamands sont surreprésentés par rapport à leur poids démographique (58 % de la population environ). Ils occupent 70 % des postes de directeur financier, 70 % des fonctions de directeur juridique, 71 % des postes de directeur marketing, 73 % des fonctions de directeur des ressources humaines…

Pour l’intégralité de l’article en PDF, cliquer ici.

La culture du compromis…!

compromisIl y a environ quinze jours, Elio déclarait à un journaliste d’Outre-Quiévrain « qu’il y avait une grande différence entre le Belge et le Français : le Belge, lui, pratique la culture du compromis ». C’est ainsi que m’est venue l’idée de consulter ma vieille mémoire et d’en extraire quelques exemples de compromis à la belge.

En 1962, les deux seules autoroutes belges sont en Flandre : autoroute Bruxelles-Ostende et autoroute Anvers-Liège qui s’est arrêtée au niveau de la frontière linguistique et des charbonnages de Campine. La politique de la Flandre est claire : favoriser le tourisme de la côte belge et étendre l’hinterland du port d’Anvers. En d’autres termes, favoriser l’axe de communication nord-sud au détriment de l’axe est-ouest qui nous aurait été plus favorable et qui nous aurait probablement coûté moins cher. C’est ainsi que, de compromis en compromis, l’autoroute de Wallonie mettra plus de deux décennies avant d’être mise en service : changement de priorité, tracasseries politiques et administratives, mise en concurrence avec l’autoroute flamande Courtrai-Gand-Anvers-Turnhout, craintes que Dunkerque ne fasse de l’ombre à Anvers, peur d’une collaboration trop importante entre la Wallonie et la France… Financement national pour tous, retombées régionales pour un seul. Avantages pour l’un, désavantages pour l’autre.

Nous avons la culture du compromis.

Etant unanimement déclaré d’intérêt national par la Flandre, le financement du terminal gazier de Zeebrugge fera l’objet d’un bon compromis à la belge. En échange, la Wallonie recevra le financement de cinq kilomètres d’autoroute supplémentaires.

Nous avons la culture du compromis.

Cette merveille qu’était le jardin botanique de Bruxelles se trouvait à l’étroit. Comme par hasard, c’est en Flandre qu’il sera transféré, mais grâce à la culture du compromis, il restera une institution nationale. C’est même, si ma mémoire est bonne, la dernière institution nationale de Belgique. Mais depuis l’époque de son transfert, le sol flamand est devenu de plus en plus sacré. Récemment, des voix se sont élevées pour la flamandiser, mais ce n’est pas grave.

Nous avons la culture du compromis.

L’aéroport national a été construit en Flandre avec l’argent de tous. Les bénéfices sont pour la Flandre, et les nuisances sonores pour Bruxelles, mais ce n’est pas grave.

Nous avons la culture du compromis.

Lors du tracé de la frontière linguistique, six communes francophones de la périphérie bruxelloise ont été cédées à la Flandre, mais en échange de facilités linguistiques. Aujourd’hui, nos chers compatriotes ne peuvent plus supporter la présence de francophones sur leur sol, mais ce n’est pas grave.

Nous allons trouver un compromis.

Ces vingt dernières années, la Flandre a réclamé la scission de Bruxelles – Halle – Vilvoorde. Après plus de cinq cents jours de crise, elle a obtenu satisfaction sans céder la moindre contrepartie. Le résultat des négociations est du genre farfelu, mais ce n’est pas grave.

Il nous permet de tenir jusqu’au prochain compromis.

Aujourd’hui, la Flandre réclame le confédéralisme. Elio, Joëlle et Charles jurent, la bouche en cœur, qu’on ne touchera ni au social, ni à la solidarité, ni aux articles de la Constitution qui pourraient mettre la Belgique en danger.

C’est ainsi que, le cœur léger, nous nous dirigeons vers le  compromis des compromis : un confédéralisme pur et dur.

Elio, pourquoi n’as-tu pas demandé au journaliste qui t’interviewait quel était la grande différence entre un Français et un Belge ? Il t’aurait répondu que « la grande différence entre un Français et un Belge, c’est qu’on ne verra jamais les Picards manifester en criant : « les Alsaciens dehors ! » »

Adrien LHOMME, avril 2014

De la démocratie en Europe

L’actualité mise en perspective, par Georges R.

Europe citoyenneDans son essai De la démocratie en Amérique, publié dès 1835, Alexis de Tocqueville prédisait que le citoyen, dont l’implication dans la vie publique est le carburant de la démocratie, allait se désintéresser des affaires de l’Etat pour ne s’occuper que de son petit monde à lui. Délaissant ses libertés politiques au profit d’un confort que la classe dirigeante s’emploierait à lui donner, il laisserait la démocratie dégénérer en une forme adoucie du despotisme. Mais que se passe-t-il quand les attentes du citoyen, même démissionnaire, sont déçues voire trompées ?

Si le citoyen ne joue plus son rôle, il y est aussi poussé par des forces qui le dépassent. Aujourd’hui, neutraliser le citoyen pour en faire un consommateur, c’est la volonté de ceux qui veulent imposer la loi du marché dans tous les aspects de la vie sociale, avec la perspective d’accélérer l’uniformisation du monde, en réduisant la politique à un concours de potiches. Caricatural ? Pas sûr.

Nous en avions touché un mot dans un article intitulé  Karel De Gucht et Charles de Gaulle : négocié dans la plus grande discrétion par les autorités américaines et européennes, le « partenariat transatlantique de commerce et d’investissement » doit constituer un marché commun de 820 millions de consommateurs. L’orientation générale de ce traité serait de renforcer le pouvoir des multinationales et de rendre impuissants les Etats, donc la démocratie, avec la bénédiction de l’Union européenne et la complicité des gouvernements nationaux.

« Pour ses défenseurs, il pourrait faire gagner jusqu’à 0,05 points de PIB par an aux économies américaine et européenne », est-il écrit sur le site du journal Le Monde qui s’est employé à démêler le vrai du faux dans ce qui ressemble à un coup de force ultralibéral. « Jusqu’à 0,05 points de PIB par an » : le journaliste a dû se tromper car, pour un bénéfice aussi ridicule, on serait d’accord de se laisser menotter par des groupes aux intérêts très différents des nôtres. « Imagine-t-on des multinationales traîner en justice les traité transatlantiquegouvernements dont l’orientation politique aurait pour effet d’amoindrir leurs profits ? Se conçoit-il qu’elles puissent réclamer — et obtenir ! — une généreuse compensation pour le manque à gagner induit par un droit du travail trop contraignant ou par une législation environnementale trop spoliatrice ? » Cette indignation est celle du Monde diplomatique. A son tour, le magazine Marianne vient de s’en prendre à ce qu’il appelle « la nouvelle arnaque européenne », avec une couverture qui rappelle le temps du Plan Marshall, quand le PCF nourrissait la peur de l’impérialisme américain. Mais la menace est réelle.

A quels intérêts l’Europe obéit-elle ? Il ne faudrait pas que le désenchantement nous égare. On est en droit de réclamer des comptes à ceux qui engagent l’Europe dans une voie aussi peu démocratique mais, comme on a pu le lire sur le site de La Libre, un succès des populistes et autres eurosceptiques aux élections européennes de mai menacerait la prospérité de l’Union et pourrait même la mener vers le « chaos et la guerre », ont mis en garde mercredi les leaders des principaux groupes politiques du Parlement européen. Ouf, nous voilà prévenus. Ceux qui se présentent comme les gardiens de la démocratie ont parlé d’une voix forte et responsable. « Je suis convaincu que si l’Europe succombe aux sirènes populistes et eurosceptiques, ce serait un retour vers le chaos et la guerre », a martelé le Français Joseph Daul, chef de file des élus conservateurs… « Beaucoup disent qu’il faut arrêter l’intégration européenne, (mais) c’est reculer. Une Europe à plusieurs vitesses, c’est reculer également »… « L’Europe est vulnérable aux attaques des nationalistes si elle s’en tient à une coopération entre Etats », a renchéri le chef de file des socialistes, l’Autrichien Hannes Swoboda… « Nous voulons laisser derrière nous le populisme et le nationalisme », a dit le président des élus libéraux, le Belge Guy Verhofstadt… Pour l’écologiste Daniel Cohn-Bendit… « le nationalisme, c’est l’égoïsme ». 

OK, d’accord, rien à redire, on a compris le message et les sous-entendus. Mais c’est quand même un peu court. A part des incantations, rien pour nourrir le rêve européen ?

La démocratie est un art difficile, autant pour le citoyen que pour celle ou celui qui le représente. Il y a des élus très attachés à la démocratie mais plus encore à leur perception des choses et à leur situation. C’est humain, et peut-être ont-ils de bonnes raisons de penser que, là où ils sont, ils font le bonheur du plus grand nombre ou, en tout cas, que sans eux ce serait pire. A la différence du philosophe athénien Platon, qui n’était pas un démocrate car il lui semblait aberrant de confier les affaires de la cité à des artisans ou à des paysans, nos élites politiques ont le souci de parler aux électeurs, de leur rappeler qu’avec le droit de vote, ils détiennent un pouvoir très précieux… et que la seule façon de bien s’en servir, c’est de voter pour la même Europe, bientôt diluée dans un marché commun transatlantique.

Platon ne s’en cachait pas, lui : il rêvait d’une république idéale où tout le monde occuperait la place que lui assigneraient ses compétences, les philosophes étant de loin les plus aptes à diriger la cité pour le bien de tous. Pas de compte à rendre et la paix sociale assurée, mais une volonté sincère et très aristocratique d’utiliser les plus belles intelligences au service du bien commun. Les despotes éclairés du XVIIIe siècle ont quelque peu mis cette philosophie en pratique et Voltaire se flattait de les inspirer, lui qui n’aurait jamais donné le droit de vote aux masses populaires, incapables de penser, selon lui. « Tout pour le peuple, rien par le peuple » : la formule a gardé ses adeptes, à la différence que les philosophes ont été remplacés par les experts de l’économie de marché, ces techniciens du profit qui savent comment on produit des richesses. On a le droit de se méfier du peuple et de ses colères mais qu’on arrête alors de se draper dans son excellence démocratique en se servant de l’histoire ou en inventant des mots pour disqualifier le vote protestataire.

Il n’est pas sûr d’ailleurs que les mécontents soient les plus influençables ou les plus ignorants, ni les moins capables de comprendre où est leur intérêt véritable. Après tout, rien ne garantit que celui qui détient le pouvoir soit animé par un idéal de sacrifice, ajoutant la supériorité morale à celle de l’intelligence, et place l’intérêt des autres, au sens le plus large, avant le sien propre. Et même s’il est de bonne foi, jugeant qu’il lui appartient de transcender souverainement la multitude et la mesquinerie des intérêts particuliers, il va au mieux écouter sa conscience. Les valeurs morales elles-mêmes, infléchies et interprétées à souhait, traduisent une certaine vision des choses qui n’est pas sans rapport avec l’intérêt, n’en déplaise aux bonnes âmes. Mais trêve de bavardages, Adam Smith et ses héritiers ont tranché la question en postulant que l’intérêt général procède de la mise en concurrence des intérêts particuliers. Pas besoin de finasser, dès lors : l’intérêt des dominés rejoint l’intérêt des dominants.

Postulat discutable, évidemment. Le choix de l’économie de marché n’est pas neutre. Karl Marx, au temps du capitalisme sauvage, a foudroyé les gardiens de la pensée unique. « Les idées dominantes d’une époque n’ont jamais été que les idées de la classe dominante… Les lois, la morale, la religion sont à ses yeux (du prolétaire) autant de préjugés bourgeois derrière lesquels se cachent autant d’intérêts bourgeois. Toutes les classes qui, dans le passé, se sont emparées du pouvoir essayaient de consolider la situation déjà acquise en soumettant l’ensemble de la société aux conditions qui leur assuraient leur revenu. » Karl Marx a servi la démocratie en stimulant la réflexion critique, en montrant que les droits de l’homme eux-mêmes, au XIXe siècle, étaient utilisés pour justifier une nouvelle forme d’esclavage, plus subtile mais pas forcément moins lourde. Il est vrai que ce grand intellectuel prétendait lui aussi libérer les hommes en les enfermant dans une forme de pensée unique encore plus étroite car à prétention scientifique et à portée messianique.

Il ne s’agit pas d’ignorer l’histoire, au contraire. Il faut la connaître assez pour voir quand on l’instrumentalise en jouant notamment sur les peurs d’un électorat mal informé, transformant l’éducation des masses en propagande. Il est de salubrité publique de rappeler la violence et le terrible héritage des deux guerres qui ont frappé l’Europe à partir de 1914. Les régimes totalitaires ont pris racine dans les cendres de la grande guerre. Même si le communisme a été vécu par beaucoup comme un idéal généreux capable de mobiliser ce que l’homme a de meilleur, on ne peut oublier le bilan terrifiant des expériences menées au nom de cette idéologie à travers le monde. Plus radicalement opposé aux valeurs démocratiques, et même à deux mille ans de morale chrétienne (à distinguer de l’histoire de l’Eglise), la barbarie nazie a davantage ébranlé les consciences européennes et mérite à coup sûr d’apparaître comme un contre-modèle absolu dont il faut d’autant plus se méfier qu’il s’est imposé par la force des urnes. Mais il est commode d’agiter Hitler ou n’importe quel autre épouvantail pour imposer son point de vue à des hommes et des femmes qui ne sont pas d’accord de se laisser conduire où le courant les mène, à des gens qui sentent que tout leur échappe, rejetés du jeu politique et du marché du travail dans une Europe dont on peut légitimement se demander si elle a la volonté d’être un espace démocratique où peut se discuter un vrai projet politique.

Les partis démocratiques ont le devoir de réenchanter l’Europe, en rendant confiance et espoir à ceux qui se sentent abandonnés. Sans se soumettre à l’économie mondialisée. Avec les peuples et non contre eux.

Extension de la zone protégée du champ de bataille de Waterloo

Nous relayons bien volontiers l’appel à pétition de notre ami Claude Thayse.

Chers Amis,

Puis-je compter sur vous tous pour diffuser cette pétition auprès de vos membres. Nous avons une occasion unique de mieux protéger le champ de bataille de Waterloo en soutenant ce projet, saisissons-la !

carte bataille WaterlooPétition de soutien au projet d’extension de la zone historique protégée du champ de bataille de Waterloo.

https://www.lapetition.be/en-ligne/Soutien-au-projet-d-extension-de-la-zone-historique-protegee-du-champ-de-bataille-de-Waterloo-14388.html

Je soutiens le projet de la Région wallonne d’étendre la zone historique protégée du champ de bataille de Waterloo. Grâce à la loi du 26 mars 1914, la zone des combats entre Français et Alliés hollando-britanniques a pu être protégée et a pu conserver son aspect de 1914. Je soutiens le nouveau projet de la Région wallonne d’agrandir ce périmètre en englobant les zones des combats franco-prussiens, tout aussi importantes pour l’Histoire et essentielles pour la préservation de la mémoire.

Si la loi de 1914 protégeait déjà 545 hectares, le projet actuel vise à en protéger presque le double (1.193 ha), principalement à Plancenoit, une zone qui n’est pas protégée.

L’objectif est d’assurer la lisibilité et donc la compréhension des mouvements des armées en présence, en sauvegardant le paysage et en lui conservant autant que possible sa vocation agricole.

Tout ce qui était permis le restera, les délais étant parfois un peu plus longs pour obtenir les autorisations demandées.

Lien court : https://14388.lapetition.be/

Merci d’avance !

Claude Thayse

La Wallonie avec la France en Europe et dans le monde