Le retour inattendu du niqab

1. Les faits : trois femmes qui font du tourisme cherchent la Grand-Place de Bruxelles. Elles interpellent un passant pour lui demander le chemin à suivre. Ce dernier n’apprécie pas le niqab porté par l’une des dames et le lui arrache. Fait banal, sauf que la femme est une princesse qatarie et que l’homme est le chef du protocole de la ville de Bruxelles. L’information fait le buzz sur la toile et la justice est saisie par l’homme et la femme.

Daniel Bacquelaine2. Daniel Bacquelaine, considéré comme le père de la législation sur le port du voile intégral tient à préciser :  » ce fait divers n’a rien à voir avec la loi en tant que telle même si elle semble être invoquée. Seuls les agents de police ou les personnes assermentées ont le droit de sanctionner une infraction. Personne ne peut se faire justice soi-même, l’application de la loi n’est pas en cause. » Il ajoute : « dans l’espace public, le niqab ne permet pas la réciprocité de la reconnaissance, ce qui constitue une entrave au vivre ensemble. »

3. En 2012, la Cour constitutionnelle belge a rejeté les recours qui avaient été déposés contre la loi anti-burqa. En juillet 2014, la Cour européenne des droits de l’homme a considéré que les libertés de religion et d’expression ne sont pas atteintes par la loi anti-burqa française.

On résume pour les Français

Philippe Siuberski est correspondant de l’AFP à Bruxelles. Il relate dans le billet repris ci-desous la danse des négociateurs pour désigner commissaire européen et premier ministre fédéral. Ce texte remarquablement Michel-Peeterspédagogique est écrit à destination d’un public français et étranger souvent éloigné des arcanes de la politique belge.

Tout comme pour Yves Leterme, le CD&V a préféré une place de commissaire européenne pour la très flamande Marianne Thyssen qui en 2010 s’était illustrée par le violent accrochage qu’elle avait eu avec la Madame « non » de l’époque, Joëlle Milquet, alors présidente du cdH, qui refusait, avec d’autres partis francophones, la scission de BHV sans obtenir en échange l’élargissement de la Région bruxelloise. On sait ce qu’il en advint !

J’ajouterai que les termes de familles (libérale, sociale-chrétienne, socialiste) n’ont plus guère de sens dans cette Belgique « fédéralo-confédéraliste ». Lune de miel CD&V-MR et cdH dans l’opposition avec un CD&V dans la majorité fédérale montrent à souhait que le terme de famille politique est galvaudé dans notre beau royaume.

Parler d’une issue dans les prochains jours pour que les négociateurs arrivent à former un gouvernement fédéral me semble bien optimiste. La désignation d’un premier ministre va donner lieu à une foire d’empoigne. Je vois mal le MR accepter la désignation d’un premier ministre flamand et se retrouver à un score de 2-0 pour la Flandre. Je vois tout aussi mal la N-VA accepter un premier ministre de langue française, même si celui-ci est parfait bilingue.

Et que dire des milliards d’euros à trouver pour boucler le budget… ? L’ ACW (syndicat social chrétien flamand) a commencé à rugir…

L’échec des négociations ou une longue négociation qui lorgnerait vers le record des 541 jours ne sont pas à écarter… !

Paul D.

BRUXELLES, 4 sept 2014 (AFP) – La désignation jeudi par la Belgique, après de longs atermoiements, d’une candidate à la Commission européenne change la donne pour la composition du gouvernement fédéral, qui se fait toujours attendre plus de trois mois après les élections.

Les tractations pour aboutir à la désignation de la députée européenne démocrate-chrétienne flamande Marianne Thyssen pour rejoindre l’équipe de Jean-Claude Juncker ont duré des semaines. La fumée blanche n’est apparue que jeudi matin vers 09H00, soit une heure à peine avant la fin de l’ultimatum posé par le futur président de la Commission, de plus en plus irrité par les hésitations du pays hôte des institutions européennes.

Marianne Thyssen, 58 ans, devait être reçue en fin d’après-midi par M. Juncker, qui apprécie cette chrétienne-démocrate comme lui, et qui insistait pour avoir une femme de plus dans un exécutif européen qui en comptera finalement huit ou neuf. « Il considère que c’est un excellent choix », a réagi sa porte-parole, Natasha Bertaud.

Les difficultés de la Belgique, membre fondateur de l’UE, à choisir son représentant au sein de la Commission, s’explique par un télescopage du calendrier politique dans un royaume où les équilibres idéologiques et linguistiques résultent de compromis complexes.

Depuis les législatives du 25 mai, le pays reste dirigé en « affaires courantes » par le gouvernement de grande coalition du Premier ministre sortant, le socialiste francophone Elio Di Rupo.

En parallèle, quatre partis négocient la formation d’un nouveau gouvernement de droite qui associerait trois formations néerlandophones –les nationalistes de la Nouvelle alliance flamande (N-VA), les démocrates-chrétiens du CD&V et les libéraux de l’Open VLD– et, fait exceptionnel, un seul parti francophone, les libéraux du Mouvement Réformateur (MR).

Deux hommes dirigent ces discussions: le démocrate-chrétien flamand Kris Peeters et le président du MR, Charles Michel. Jeudi, le roi Philippe leur a demandé de poursuivre leur mission. Les observateurs s’attendaient à ce que M. Peeters devienne Premier ministre lorsque la feuille de route du gouvernement aura été approuvée par les quatre partis ce qui, espèrent les négociateurs, devrait survenir fin septembre.

Mais les libéraux francophones ont jugé que le CD&V, qui ne compte que 18 députés contre 20 au MR, ne pouvait revendiquer à la fois le poste de commissaire européen et celui de chef du gouvernement. Le CD&V a fini par reconnaître qu’il devait choisir et, contrairement aux attentes, a opté pour le poste de commissaire. « Le Premier ministre sera issu de la famille libérale », a convenu jeudi Kris Peeters, qui dirigeait jusqu’au mois de mai le gouvernement régional de la Flandre.

Les nationalistes flamands pas intéressés

Le favori semble donc être Charles Michel qui, à 38 ans, deviendrait l’un des plus jeunes dirigeants européens. Mais le nom de l’actuel ministre des Affaires étrangères, Didier Reynders, son rival au sein du MR qui était lui aussi candidat au poste de commissaire européen, a été cité. A moins que les libéraux flamands ne raflent le poste. La ministre sortante de l’Immigration, Maggie De Block, jouit d’une grande popularité, mais l’Open VLD n’est que le plus petit parti de la future coalition.

La N-VA, premier parti du royaume avec 33% des voix en Flandre, a été totalement absent de ce chapitre des discussions, ne revendiquant ni le poste de Premier ministre ni celui de commissaire européen. Son chef, Bart De Wever, qui devrait rester maire d’Anvers (nord), estime qu’il marquera suffisamment l’histoire du pays en rejetant dans l’opposition, pour la première fois depuis 25 ans, le Parti socialiste francophone.

Pour aboutir, il reste aux négociateurs à trouver un accord sur, notamment, des milliards d’économie à réaliser au cours des prochaines années. Après une centaine de jours de négociations et une issue prévisible dans les prochaines semaines, les Belges ne s’inquiètent pas encore de l’absence de gouvernement de plein exercice. Après le précédent scrutin, en 2010, il leur avait fallu attendre un an et demi.

Philippe Siuberski

Un hiver belgicain

Par Claude Thayse

Le 6 août dernier, Paul Durieux répondait ceci à un commentaire : « le mouvement wallon n’existe plus. Ce n’est pas moi qui le dis, mais une personne autrement qualifiée qui l’affirme : M. Paul Delforge, coordinateur du Centre d’Histoire de la Wallonie et du Mouvement wallon. La Belgique et ses médias de langue française ont réussi à « belgifier » complètement la société wallonne. Celle-ci est chloroformée et vit dans un état second où affiche RWseul le noir-jaune-rouge est un refuge, refusant de constater que la Flandre ne veut promouvoir que le noir et le jaune. Ce constat est terrible et le réveil ne pourra être que très douloureux ».

Je ne peux que rejoindre le constat terrible concernant le Mouvement wallon.

Tout a été fait depuis le Congrès national de 1945 pour l’anéantir. C’est à partir de là que les « élites » belgo-flamandes  (pléonasme qui peut se traduire par « francophones ») ont tout fait pour belgifier notre peuple. Et à part quelques sursauts, en 1950, en 60-61 et lors de l’aventure du Rassemblement wallon, ils semblent bien y avoir réussi… jusqu’ici.

Ils ont utilisé toute la puissance des médias à commencer par la télévision qui, soirée après soirée (à l’exception des quelques émissions d’Henri Mordant), ont distillé un dégoût des Wallons (traités de gréviculteurs, paresseux, inconstants, frivoles, imprévoyants, etc…). Et ça, dans tous les domaines…

La discréditation de notre passé entretient cette détestation de soi qui sommeille désormais en chaque Wallon.

Ils ont menti sciemment et avec constance. Présentant systématiquement les choses sous un angle anti-wallon. Les plus anciens d’entre nous se souviendront des moqueries concernant les Wallons qui auraient dépensé tout leur argent à soutenir des « canards boiteux » alors qu’en réalité, à l’époque, tout était entre les mains des capitalistes bruxellois (la fameuse Société générale de Belgique en particulier) pour qui l’objectif a toujours été uniquement de gagner de l’argent et  a maintenu un appareil industriel situé en Wallonie sachant parfaitement qu’il était obsolète pour  permettre  à la Belgique de gagner la bataille économique du charbon et de l’acier de l’après-guerre tout en préparant l’avenir en détournant les fonds européens de reconversion au profit de la Flandre.

L’argent n’a pas de patrie ! Quévit a parlé – à juste titre – d’un pillage de type colonial des richesses wallonnes. Et ce n’est pas fini, pensons à la filière bois, à l’eau, etc…  Regardez ce que la Belgique a fait, en un petit siècle, d’une ville de très grande culture comme Liège pendant qu’en France, Lyon, Marseille, Bordeaux, Lille… sont devenus des centres de développement et de référence.

Comment s’étonner que les Flamands reprennent à leur compte et si facilement les mensonges belgicains nous concernant ? Alors que la presse belge fait semblant de s’offusquer, elle qui a tant contribué à construire notre mauvaise réputation.

Ils ont fait disparaître la presse d’opinion régionale au profit de rédactions situées à Bruxelles quand ce n’est pas en Flandre.

Ils ont remplacé « l’Histoire de Belgique » par une vague « étude du milieu » asexuée et sans références. Ils ont compris qu’un Peuple privé d’histoire est destiné à disparaître.  Avec comme conséquence immédiate qu’on fait de de nos jeunes des « citoyens du monde belgo-européen » avant d’en faire des Wallons aimant leur pays. Même encore aujourd’hui, les jeunes enseignants sont encore complètement imbibés de l’histoire revisitée par Pirenne et ignorent tout du passé glorieux, ancien comme récent,  de la Wallonie. Alors, que deviendront leurs élèves ?

Dans ce monde globalisé où les identités se dissolvent et où la mémoire devient ultra-courte, la profondeur historique est une nécessité.

Qui dans les partis politiques osent encore simplement se dire et se présenter en régionalistes à l’heure d’aujourd’hui ? Ils sont vite mis à l’écart ou alors sont retraités…

Certes, des occasions ont été perdues, nous avons tous notre autocritique à faire. Mais au-delà, que faire pour que cet hiver belgicain passe le plus rapidement possible ?

Il nous manque cette fierté que l’on sent chez les Américains, les Russes, les Chinois, les Britanniques, les Espagnols…  et qui est manifeste dans leur manière de vivre avec leur Histoire, leur héritage. J’ose moins dire la même chose de la France actuelle qui sacrifie la sienne au nom de la repentance et du politiquement correct.

Il est temps, en France comme chez nous, de dire que notre héritage n’est pas honteux, qu’il est source de fierté, ce qui nous aidera à reprendre confiance en nous.

Si un jour, les Wallons veulent encore exister , dans la forme qu’ils auront choisie, il faut inverser notre rapport au passé pour y voir non une source de lamentations, mais une source de confiance. Réconcilier les Wallons avec leur histoire, bref, faire naître –  ou plutôt renaître – une Histoire wallonne.

Qui, à part des intellectuels conscients de leurs devoirs envers leur Peuple peuvent le faire ? Dire avec émerveillement, avec des mots simples, ce que nous devons aux siècles passés avec leur part d’ombre et de lumière et dont nous pouvons être fiers ?

À ceux qui – parmi nous – se plaisent encore à se définir comme héritiers du Mouvement wallon ou simplement qui aiment la Wallonie, pensons à cette strophe d’une fable bien oubliée dans le contexte mondial actuel :

« Un riche laboureur, sentant sa mort prochaine,

Fit venir ses enfants, leur parla sans témoins.

Gardez-vous, leur dit-il, de vendre l’héritage

Que nous ont laissé nos parents.

Un trésor est caché dedans. »

(Le laboureur et ses enfants, Jean de la Fontaine)

La fausse suédoise et la vraie française

Fini, les vacances, la suédoise à la plage et Charles Michel regardant la ligne bleue des vagues. Le tango que celui-ci danse avec Kris Peeters, dans la chaude lumière des projecteurs, se transforme en un combat feutré mais viril pour le choix du représentant belge à la Commission européenne. On verra ce que la Flandre est prête à concéder au MR. Et à quel prix.

française suédoiseOn verra si la Belgique suédoise est autre chose qu’un fantasme. Et, si elle prend forme, quelle est sa vraie nature.

On verra ce qu’on verra. La vérité d’un jour n’est pas celle du lendemain. Les médias belges francophones n’ont pas mis longtemps pour dépasser leur surprise d’une coalition fédérale jugée « kamikaze » et puis rebaptisée « suédoise » pour lui donner sa chance, allant parfois jusqu’à la trouver désirable, audacieuse, presque excitante, même avec la N-VA de Bart De Wever au milieu du jeu politique. Oui, Bart De Wever, le parrain discret de la suédoise, le méchant loup auquel on s’habitue et qu’on aimerait voir jouer dans la bergerie. Un tel revirement ne doit pas surprendre, il s’en produira d’autres, et l’opinion suivra le mouvement.

On verra ce qu’on verra.

Ce qui peut aussi évoluer rapidement, c’est le rapport très intime et très ambivalent que la population belge francophone entretient avec la France. Une frange de cette population, conditionnée autant par les médias que par une sorte d’allergie infantile, éprouve apparemment le besoin de vomir la France et les Français. La soupe aux émotions n’est pas toujours fraîche. Ecœurante bouillie d’une identité mal digérée. Magnifier la Belgique et, disons-le, conchier la France, ce sont deux spasmes dont la Wallonie pourrait mourir. Par étouffement.

Il n’est pas dit, toutefois, que le vent ne va pas tourner bientôt. que les évidences ne vont pas se renverser.

On verra si la Wallonie reste fidèle à elle-même, à son identité romane, à sa langue française, à sa culture politique infiniment plus française qu’anglo-saxonne, ou si elle se laisse entraîner par le Vlaanderen staat qui prend forme autour d’Anvers, à la fois nationaliste et ouvert sur le monde global, attiré vers le large, inspiré par Londres et Berlin, réduisant la Belgique à ce qui lui convient, tirant sur une laisse à laquelle tant de Wallons s’accrochent, avec de la Belgique plein les yeux.

Pour tous ceux qui, en Wallonie, ont cessé de croire en la solidarité belge, en la Belgique elle-même, et qui, ouvertement ou pas, cultivent l’idée d’une communauté de destin avec la France, il est pénible de voir les médias belges francophones opposer systématiquement la sympathique-et-trop-modeste-Belgique-qui-a-la-patate à la France-suffisante-et-insuffisante-qui-sent-la-moisissure-de-cassoulet. On caricature, évidemment, mais c’est aussi ce que font nos médias quand ils chantent la Belgique-qui-gagne-ou-presque, en utilisant le sport à des fins politiques, en fédérant le peuple autour des diables rouges, en ramenant très sérieusement les performances de n’importe quel champion belge à l’excellence du pays qui l’a vu naître. Ainsi la famille Borlée est-elle devenue un produit made in Belgium, alors que le père et entraîneur d’Olivia, Kévin, Jonathan et Dylan, tous athlètes de haut niveau, n’a cessé de se plaindre du manque de professionnalisme en Belgique. Il faut sortir de chez soi pour mesurer tout le ridicule de cet emballement médiatique.

J’étais en Italie au mois d’août. La Belgique est revenue des championnats d’Europe d’athlétisme avec une médaille de bronze (Nafissatou Thiam, une jeune Namuroise qui étudie et s’entraîne à Liège). A côté, les résultats français portent la marque d’un chauvinisme insupportable : 9 médailles d’or, 8 médailles d’argent et 6 médailles de bronze. Dans cette France en ruine où tant de Belges continuent à passer leurs vacances, on a encore l’arrogance de gagner des compétitions sportives (et c’est comme ça dans à peu près tous les sports). Pour illustrer ces performances françaises, le journal Le Soir n’a rien trouvé de mieux que d’écrire un article sur les « casseroles » de Patrick Montel (le présentateur français). Vu d’Italie, par contre, cela donnait ceci : « Francia pigliatutto – Dietro il miracolo tecnici e intuizioni » (1). Sous ce titre, le très sérieux Corriere della Sera, le journal le plus diffusé d’Italie, expliquait que les athlètes français ne devaient pas leurs succès à la chance, au contraire, puisqu’ils auraient logiquement dû remporter d’autres médailles. La vérité, c’est que « non c’è un settore in cui i francesi siano deboli, dalla velocità agli ostacoli, dai salti ai lanci, dalle gare su strada alle prove multiple. Tra i motivi del ‘miracolo’ c’è il fatto che, grazie alle sovvenzioni del ministero dello Sport, l’atletica francese puὁ sfruttare a tempo pieno quasi un centinaio di tecnici professionisti. Alcuni seguono gli atleti di vertice, altri si preoccupano della formazione dei giovani, altri istruiscono i nuovi allenatori. Con questa rete capillare tutto è tenuto sotto controllo. » (2)

Evidemment, cette excellence a un coût. Un des points qui allarment beaucoup de Français, c’est précisément le niveau très élevé des dépenses publiques en France (57 % du PIB en 2013, pour 55 % à la Belgique, un chiffre que Bart De Wever juge indécent). Le ralentissement de l’économie étant ce qu’il est, la dette publique ne cesse d’augmenter (93 % du PIB en 2013, pour 101,5 % à la Belgique). Contrairement aux Belges (surtout francophones), les Français n’accordent pas une attention très grande aux succès dont on leur parle, car ils voient la France affaiblie économiquement, politiquement. L’ambiance n’est pas à la fête, on attend qu’il se passe quelque chose dans une société qui, une fois de plus, apparaît bloquée.

Il faut prioritairement inverser la courbe du chômage mais la réflexion économique est polluée par l’idéologie et, puisque la France a décidé de mettre un peu d’ordre dans ses comptes, il est intéressant de lire ce que le très keynésien Paul Krugman en pense :

« Où est la France dans ce tableau ? Les media décrivent sans arrêt l’économie française comme un bazar dysfonctionnel, handicapé par une forte imposition et une forte règlementation gouvernementale. Cela fait dont un choc lorsque l’on regarde les chiffres qui ne correspondent pas du tout à cette histoire. La France ne va pas bien depuis 2008 – notamment elle est à la traîne de l’Allemagne – mais la croissance de son PIB est bien meilleure que la moyenne européenne, dominant non seulement les économies troublées du sud de l’Europe mais également des pays créditeurs comme les Pays Bas.

« Sur le front de l’emploi, la France ne se situe pas si mal que ça. En fait, les adultes dans la force de l’âge ont bien plus de chances d’avoir un travail en France qu’aux Etats-Unis.

« La situation de la France ne semble pas non plus particulièrement fragile. Elle n’a pas un fort déficit commercial et elle peut emprunter à des taux historiquement bas.

« Pourquoi donc la France a-t-elle si mauvaise réputation ? Il est difficile de ne pas penser que ces suspicions sont d’ordre politique : La France a un gouvernement très présent et un état providence généreux, ce qui devrait mener droit au désastre économique selon l’idéologie des libres-marchés. Le désastre est donc ce qui est rapporté dans les media, même si les chiffres disent autre chose.

« Et Hollande, même s’il est à la tête du Parti Socialiste français, semble croire ces calomnies motivées par l’idéologie. Pire encore, il est tombé dans un cercle vicieux dans lequel les mesures d’austérité font stagner la croissance, et cette croissance qui stagne devient la preuve que la France a besoin de davantage d’austérité.

« C’est une bien triste histoire, et pas seulement pour la France. (…)

« L’Europe a donc désespérément besoin que le dirigeant d’une économie majeure – qui n’est pas trop mal en point – relève la tête et dise que l’austérité est en train de tuer les perspectives économiques du Vieux Continent. Hollande aurait pu et aurait dû être ce dirigeant, mais il ne l’est pas.

« Et si l’économie européenne continue de stagner ou pire encore, qu’adviendra-t-il du projet européen – cet effort sur le long terme pour garantir la paix et la démocratie grâce à une prospérité partagée ? En ne répondant pas aux attentes en France, Hollande met également l’Europe toute entière en échec – et l’on ignore jusqu’où cette terrible situation peut aller. »

L’intégralité de la chronique de Paul Krugman est à lire sur le site de la RTBF.

G.R.

(1) « La France rafle tout – Derrière le miracle, des techniciens et des intuitions. »

(2) « De la vitesse aux obstacles, des sauts aux lancers, des courses sur route aux épreuves multiples, il n’y a pas une discipline où les Français sont faibles. Parmi les raisons de ce ‘miracle’, il y a le fait que, grâce aux subventions du ministère des Sports, l’athlétisme français peut bénéficier du travail à temps plein d’une petite centaine de techniciens professionnels. Une partie d’entre eux suivent les athlètes de haut niveau, d’autres s’occupent de la formation des jeunes, d’autres encore instruisent les nouveaux entraîneurs. Avec ce réseau, tout est maintenu sous contrôle. »

La Belgique intrigue la francophonie

Dans son édition du mardi 19 août 2014, le quotidien « Le Soir », sous la plume de la journaliste Colette Braeckman, pose la question de la place de la Belgique au sein de la francophonie. Elle rappelle le dédain affiché par Elio di Rupo pour cette institution . Ce dernier avait préféré être présent à Mons pour des élections communales plutôt que de se rendre à un sommet de la francophonie à Kinshasa.

A la lumière de l’évolution des institutions belges vers le confédéralisme, il serait intéressant d’entendre aujourd’hui Roger Dehaybe sur le problème de la représentation belge au sein des organismes de la francophonie. Ne serait-il pas opportun que les régions wallonne et bruxelloise aient chacune leurs représentants ?

Voici l’article de Colette Braeckman :

La Belgique institutionnelle intrigue la francophonie

Colette BraeckmanDans les couloirs de l’Organisation internationale de la francophonie, les changements institutionnels de la Belgique ne passent pas inaperçus et l’on perçoit une certaine inquiétude : la Belgique fédérale se détournera-t-elle de l’organisation, dont elle est l’un des membres fondateurs, au profit de la seule Fédération Wallonie Bruxelles et de son exécutif Wallonie Bruxelles International ?

Jusqu’à présent en effet, la représentation belge aux sommets de l’organisation avait toujours été double : représentation fédérale d’un côté, incarnée par le Premier Ministre ou le ministre des Affaires étrangères, entité fédérée Wallonie Bruxelles de l’autre, incarnée par son ministre président…

Qu’en sera-t-il demain ? Du côté des Affaires étrangères, on juge cette inquiétude prématurée, puisque le nouveau titulaire du poste ministériel n’est pas encore désigné. Si Didier Reynders demeure en fonction, il n’y aura sans doute que peu de changements. En revanche, si un membre de la NVA devait accéder à la fonction, il est probable qu’il accorderait moins d’intérêt encore à l’institution francophone, se défaussant entièrement sur Wallonie Bruxelles International et sa nouvelle « patronne » Pascale Delcominette, qui a remplacé Philippe Swinnen.

Mais pouvait-on déjà faire moins que le gouvernement sortant dirigé par Elio di Rupo ? Alors que tous les premiers ministres flamands successifs avaient tenu à être présents lors des sommets de la francophonie, M. Di Rupo, -un francophone- refusa, voici deux ans, de se rendre à Kinshasa, arguant qu’à la veille des élections communales, sa présence était requise dans sa bonne ville de Mons.

En outre, l’Etat fédéral n’a jamais contribué au budget de la francophonie : c’est la fédération Wallonie Bruxelles qui, dès la naissance, en 1970, de l’ACCT (Agence pour la Coopération culturelle et technique, devenue Organisation internationale de la francophonie), a payé la totalité d’une cotisation calculée au prorata de la population du pays tout entier.

Roger Dehaybe, qui fut longtemps secrétaire général de l’Agence internationale de la francophonie (chargée de l’exécution des programmes) estime cependant que malgré la non contribution financière (« un vrai scandale »), il était important que la représentation belge soit double : « la présence simultanée, et en bonne entente, du Premier Ministre et du ministre président de la Fédération Wallonie Bruxelles avait un effet didactique, elle permettait d’expliquer à nos interlocuteurs, en bilatéral, comment fonctionnait le système belge et j’espère que cela continuera ainsi… ».

A l’heure où se prépare déjà le prochain sommet bisannuel qui aura lieu en novembre à Dakar, la francophonie se soucie surtout de la succession du président sortant, le Sénégalais Abdou Diouf. Faudra-t-il opérer le choix parmi les anciens présidents sortants, africains de préférence, privilégier une personnalité forte, comme l’Egyptien Boutros Boutros Ghali ou Abdou Diouf, ou désigner un homme de terrain ? Toutes les options sont encore ouvertes : l’ancien gouverneur du Canada Michaëlle Jean, originaire de Haïti, croit en ses chances mais se heurte aux réticences de la France, le nom de plusieurs Africains est cité, l’ancien président du Burundi Pierre Buyoya (bloqué par le Canada et la Suisse) l’ancien ministre du Congo Brazzaville et intellectuel de renom Henri Lopes (qui souffre du handicap de l’âge), l’ancien et éphémère président du Mali Diancounda Traoré… Un outsider risque de représenter l’élément neuf, l’ouverture sur l’Océan Indien : Jean-Claude de l’Estrac, ex-ministre des Affaires étrangères de l’île Maurice et ancien journaliste. S’inspirant de l’exemple de son pays, il aurait une vraie vision du rôle que pourrait jouer une francophonie plurielle et démocratique…

Colette Braeckman

La francophonie, trait d’union du français

L’Organisation internationale de la francophonie est une institution dont les Etats membres ont en commun l’usage, même partiel, de la langue française. Elle regroupe 77 pays ou gouvernements dont 67 membres et 20 observateurs, soit plus de 890 millions d’habitants répartis sur cinq continents.

Les valeurs communes sont la diversité culturelle, la paix, la gouvernance démocratique, la consolidation de l’Etat de droit. La francophonie s’appuie sur 5 opérateurs directs : l’Agence universitaire de la francophonie, TV5international, l’Université Senghor d’Alexandrie, l’Association internationale des maires francophones et d’une Assemblée consultative.

Metz-Zaventem : réactions et commentaires

Notre ami René Defossé me joint un article qu’il a trouvé sur le site de L’Avenir.net.

Michael B.La Belgique révèle de sacrées surprises à ses visiteurs. Exemple avec Michael B.,  professeur d’allemand à Longwy. Début août, il s’est envolé de Zaventem. Un voyage en… absurdie. Son récit porte un regard amusé et caustique sur nos démêlés communautaires.

Pas simple pour un voyageur ou touriste de s’y retrouver dans notre pays. Trois communautés, trois langues et (presque) autant de plaques de signalisation.

Début août, ce professeur français, originaire de Metz, s’est envolé en vacances de l’aéroport de Zaventem. Dans un mail adressé à notre rédaction, il nous explique ses tribulations….

«L’union fait la force… faites-moi rire! Où mieux qu’en Belgique peut-on voir un conflit communautaire ? », s’exclame Michael Barth avant d’entrer dans le vif du sujet…

«En l’espace d’un centimètre, Namur est devenue Namen »

« De Metz, je suis passé par le Grand-Duché du Luxembourg avant d’entrer en territoire belge francophone, raconte le Français. En Wallonie, tout est écrit en français. Mais rien qu’en français. Cela ne m’a pas frappé étant donné qu’il s’agit de ma langue maternelle. Province du Luxembourg, province de Namur, province du Brabant wallon, passage à proximité de villes qui m’ont fait sourire: Bouge, Champion, Jambes… »

Puis, d’un coup, Michael Barth dit être apparemment arrivé dans un autre pays, où la langue latine est devenue germanique.

«La province Vlaams-Brabant me souhaite gentiment la bienvenue “ Vlaams-Brabant heet u welkom ”, observe-t-il. Et j’ai remarqué qu’en l’espace d’un centimètre Namur est devenue Namen, Liège Luik, Bruxelles Brussel. Comme si les Flamands étaient déterminés à effacer toute trace francophone de leurs ennemis de longue date, les Wallons. »

Une situation valable dans les deux sens, regrette notre interlocuteur. «Au retour, Brussel redevient uniquement Bruxelles, Namen et Luik ne s’appellent plus que Namur et Liège! Quel bonheur pour un Français de déduire le nom néerlandais des villes wallonnes et quelle joie pour un Néerlandais de déduire le nom français des villes flamandes. A la frontière, pourquoi ne pas mettre un panneau “ Avez-vous pensé à votre répertoire ? ”/“ Heeft u aan uw notitieboekje gedacht? ”»

«Où est passé l’allemand, votre 3e langue officielle? »

Pointant une caractéristique de notre royaume, Michael Barth se fait alors un peu plus mordant

«Ôtez-moi un doute: les langues officielles du Royaume de Belgique ne sont-elles pas le français ET le néerlandais ET l’allemand ?, demande-t-il. Enfin… L’allemand ? Une langue officielle en Belgique ? Laissez-moi rire ! A l’aéroport, les annonces sont faites en néerlandais (normal), en français (normal), en anglais (normal) et… c’est tout (anormal)! Où est l’allemand, troisième langue officielle ? Disparue ! »

Et d’envisager, non sans une pointe d’ironie, les éventuels motifs de pareille disparition.

«Sans doute parce que la région germanophone se situe dans une contrée si lointaine de l’aéroport que les autorités aéroportuaires n’ont pas jugé nécessaire de la mentionner !, se demande le Français. Ou bien est-elle trop insignifiante aux yeux des Wallons et des Flamands  ? Sankt Vith ou Eupen sont probablement des noms de villes dont la consonance paraît bien trop exotique aux oreilles du reste des Belges. »

«Sinon, la Belgique n’est qu’une farce »

Mais revenons à l’aéroport. Ou du moins à la navette menant du parking discount à l’aéroport. « Aucun écriteau en français sur le fait que la porte, en s’ouvrant, peut coincer les doigts, se désole Michael Barth. Rassurez-moi, tous les Flamands parlent le français et tous les Wallons parlent le néerlandais ? Sinon, la Belgique n’est qu’une farce surtout au vu de votre devise “ nationale ”.»

Autre facteur de désarroi, le fait que la majeure partie du personnel de l’aéroport soit néerlandophone.

«Je sais bien qu’il se trouve en territoire néerlandophone mais il est tout de même à une poignée de kilomètres de Bruxelles, ville où la langue majoritaire est le français, constate Michael. J’avoue, ils parlent le français, mais quel français. Tranché au couteau, bourré de fautes ! Est-ce bien sérieux ? Ne vérifie-t-on pas le niveau de français selon le CECRL (Cadre Européen Commun de Référence pour les Langues) lors du recrutement ? »

«Fous poufez parler la français afek moi »

Le professeur d’allemand ne les comprenait tellement pas qu’il dit s’être mis à parler le peu de néerlandais dont il avait encore le souvenir. «J’ai sans doute su inconsciemment que la langue allait me servir à l’aéroport quand j’ai pris l’option “ Néerlandais ” à l’université de Metz il y a 11 ans. »

Et là, grosse surprise ! «Je me suis rendu compte que j’avais vexé voire froissé le personnel en switchant de langue ?!»

«Mèèèèèè scheuh parler français, fous poufez parler la français afek moi», m’a-t-on ainsi répondu d’un air hautain…

La conclusion de Michael? «Tout cela pour vous dire que la Belgique est loin, très loin, d’être un pays uni, ne serait-ce que par la/les langue(s). »

Réactions sur la toile

Son récit, qui témoignait de la difficulté, pour un voyageur ou un touriste, de s’y retrouver dans un paysage où les noms de villes changent d’une région à l’autre, où l’allemand, pourtant langue officielle, est laissée pour compte et où les employés de l’aéroport national sont chatouilleux par rapport à leur langue.

Un article qui a fait un buzz, suscitant des dizaines et dizaines de réactions (sur notre site ou notre page facebook) allant dans tous les sens. Si certains internautes abondaient dans celui de notre témoin, d’autres lui remontaient plutôt les bretelles, arguant, par exemple, que la Belgique n’avait pas de leçons à recevoir des Français en matière communautaire.

Michael a parcouru ces réactions, et voici ce qu’il nous en dit…

«Je suis vraiment content d’avoir réussi à faire réagir l’opinion et d’avoir jeté un pavé dans la mare […].

Par contre, je ne savais pas que les Flamands souffraient d’un sentiment d’infériorité au sein de la Belgique. J’aurais prétendu l’inverse.

Certains me disent dans les réactions qu’en France c’est pareil par rapport à la langue. Or, le français n’est que l’unique langue officielle de notre République. Et malgré tout, les langues régionales et dialectes sont mises en avant. Regardez par exemple les panneaux d’entrée dans une commune sur Google Images en tapant “ panneaux d’entrée bilingue commune ”»

Les Belges vont vraiment penser que je déteste leur pays et je serai bientôt interdit de territoire… Toutefois, ce n’est pas le cas, j’aime me promener les dimanches dans la campagne ardennaise, Bouillon, Orval, les boucles de la Semois…

Votre pays est vraiment magnifique, côté wallon tout comme côté flamand.

Le commentaire de l’AWF 

1. Cette histoire nous montre une fois de plus combien les Français connaissent mal la Belgique, même quand il s’agit d’une personne érudite.

2. Où est donc cette faculté d’autodérision dont les Belges aiment tant s’affubler ? Pour certains Belges, la critique est insupportable surtout lorsqu’elle vient de France.

3. Francophones et francophobes se conjuguent parfaitement chez pas mal  de Wallons et de Bruxellois, sans parler de la « franse perversiteit » que cultivent nombre de Flamands.

4. Il reste pas mal de pain sur la planche pour expliquer à nos amis français que la Belgique d’aujourd’hui, ce sont deux, voire trois, si pas quatre sociétés totalement différentes. Wallons, Flamands, Bruxellois et germanophones ne regardent pas les mêmes chaînes de télévision, n’écoutent pas les mêmes radios, ne lisent pas les mêmes auteurs, ne connaissent pas les mêmes artistes, n’ont pas la même vision de l’avenir de la Belgique … Il leur reste en commun une excellente équipe de football qui réunit Wallons, Flamands et Bruxellois sous le noir-jaune-rouge à une différence près. Joueurs wallons et bruxellois gardent les trois couleurs lorsqu’ils rentrent chez eux tandis que les joueurs flamands ne conservent que le jaune et le noir lorsqu’ils regagnent leur foyer…!

5. Comme nous le disait le professeur Gazon hier, il est plus que jamais nécessaire de poursuivre et d’accentuer notre action pour que le débat sur la réunion de la Wallonie à  la France s’impose dans la société wallonne.

Paul D.

Garder le cap

Notre ami Jules Gazon s’adresse aujourd’hui aux membres du B.E. de l’A.W.F. Avec son autorisation, je vous fais partager ce qu’il tient à nous dire. Quand Jules Gazon parle des nationalistes flamands, il y inclut, outre la N-VA, les hauts responsables du CD&V et de l’Open-VLD. Rappelons-nous la déclaration de Wouter Beke, président du CD&V : « le flamingantisme fait partie de mes gênes » et n’oublions pas que c’est le président de l’Open-VLD Alexander De Croo qui, à l’époque, a fait chuter le gouvernement fédéral sur un problème communautaire. N-VA, CD&V et Open-VLD, sans oublier le Vlaams Belang ( 72.83 % des voix à eux quatre au parlement flamand) poursuivent le même but au niveau communautaire. Seuls les chemins empruntés et la vitesse de croisière diffèrent.

Paul D.

OLYMPUS DIGITAL CAMERAChères Amies, chers Amis,

Je ne peux que vous encourager à poursuivre votre travail de militant en faveur d’une réunion de la Wallonie à la France. La donne circonstancielle s’est modifiée. Le processus ralentira ou s’accélèrera en fonction de la capacité ou non du gouvernement fédéral, en son sein et au travers de ses relations avec les gouvernements des entités fédérées, de faire aboutir les réformes économiques souhaitées.

C’est le coup de poker de l’intelligent Bart De Wever.

Au cours de mes conférences antérieures sur « l’Après Belgique », je me suis expliqué sur les raisons des nationalistes flamands de progresser vers un Etat confédéral avant l’assaut final pour l’indépendance de la Flandre. La configuration des alliances politiques tant au gouvernement fédéral qu’aux gouvernements fédérés devrait permettre de clarifier le propos de Bart De Wever qui sait qu’il n’obtiendra pas de si tôt le séparatisme s’il se limite à l’argument nationaliste. Le point d’orgue qu’il attend c’est la démonstration d’une impossibilité d’entente entre les deux communautés sur les réformes économiques et politiques qui s’imposent.

Je vous informe que je suis invité à faire une conférence sur « l’Après Belgique » au CAL de Verviers le vendredi 28 novembre à 20h. J’y actualiserai les arguments de ma conférence au CAL de Ste Walburge.

Avec toute mon amitié

Jules Gazon

N.B. : en temps utile, nous ne manquerons pas de vous inviter à participer à la conférence du vendredi 28 novembre à Verviers. Retenez dès à présent cette date dans votre agenda.

Aviation: Kinshasa préfère la France

Les relations diplomatiques entre la Belgique et le Congo-Kinshasa ne brillent plus de mille feux comme à l’époque de Mobutu-Baudouin. Les responsables de la politique étrangère belgo-flamande ont plus souvent chaussé leurs gros sabots pour s’adresser au Président Kaliba que d’employer un langage digne d’une diplomatie un tant soit peu intelligente.

Récemment, par souci d’économie nous a-t-on dit, la Belgique décidait de partager ses locaux de Kinshasa avec la représentation diplomatique des Pays-Bas donnant ainsi au concept de BENELUX un nouveau petit coup d’accélérateur.

La Belgique semble oublier que la langue officielle du Congo est le français et qu’il eut sans doute été beaucoup plus logique d’activer les accords bilatéraux de coopération  signés en 2005 entre la France et la Wallonie par Michel Barnier, ministre des affaires étrangères de la République française et Jean-Claude Van Cauwenberghe, ministre-président de la Wallonie. Nous avons déjà énoncé sur ce site l’étendue des matières qui étaient concernées par ces accords qui permettraient de réaliser de substantielles économies d’échelle.

S’exprimant la semaine dernière dans la presse, le même Jean-Claude Van Cauwenberghe disait qu’il n’était plus opportun de parler de communautaire en regard des importantes  compétences transférées aux régions. Là où l’ancien ministre considère que nous sommes arrivés à une fin en soi, notre alliance Wallonie France considère que tout au contraire, nous sommes à l’aube d’un autre temps où la Wallonie aura les moyens d’exister. Encore faudra-t-il avoir des dirigeants qui osent le changement, de dirigeants qui dotent la Wallonie d’un véritable projet d’avenir, loin de la nostalgie d’une Belgique fédérale qui n’en a plus que le nom. Quel sera le décideur politique wallon qui osera dire, comme Yves Leterme, que le fédéralisme belge est un échec et qu’il est désormais bien mort ?

N-VA, CD&V et Open-VLD façonneront une Belgique confédérale qui n’aura de cesse que de construise une région flamande prospère qui se servira du mot Belgique quand  cela rencontrera les intérêts de la Flandre. Cette Belgique-là est mortifère pour la Belgique de langue française.

Nous savons que la diplomatie belge est largement flamandisée. Le moment n’est-il pas venu d’activer les accords signés avec la France qui permettraient à la Wallonie d’avoir des légations wallonnes au sein des ambassades françaises ?

Paul D.

Lu sur le site du « Vif-L’Express » (Source: Belga – dimanche 24 août 2014 à 10h54)

Coup de bambou pour Brussels Airlines et sa filiale Korongo, mais aussi pour la diplomatie belge: le gouvernement congolais a finalement choisi le groupe Air France/KLM pour gérer le lancement fin 2014 d’une nouvelle compagnie aérienne nationale baptisée Congo Airways.

© Belga

Voilà qui refroidira la mission qu’Armand De Decker mènera fin août à Kinshasa, en remplacement de Didier Reynders qui juge plus prudent de rester à Bruxelles tant que les négociations gouvernementales n’ont pas abouti.

Aux mains d’actionnaires congolais, publics et privés, Congo Airways devrait redresser un secteur aérien à l’agonie, les compagnies étant toutes sur la liste noire européenne. Le groupe franco-néerlandais pourrait également rafler au passage quelques parts de marché supplémentaires sur la ligne Bruxelles-Kinshasa via Paris.

Quant à Korongo, née en 2012, elle peine à décoller : manque d’investissements, rivalités politiques. Présidée par George Forrest (49,5% des parts du holding) et basée à Lubumbashi, elle n’opère à ce jour que sur trois destinations domestiques, avec un seul avion.

La commission européenne épingle l’ Allemagne

Le Monde.fr avec AFP | 16.08.2014 à 19h12 • Mis à jour le 16.08.2014 à 19h36

Bruxelles estime « indispensable » une hausse des salaires en Allemagne, pour que le pays puisse aider ses voisins européens à la traîne, a expliqué samedi 16 août le commissaire européen chargé de l’emploi, Laszlo Andor.

Lire : « L’Allemagne est toujours le moteur de la zone euro »

« Il serait très important que l’Allemagne multiplie les investissements publics, stimule la demande et réduise ses excédents commerciaux excessifs, qui font du tort à ses voisins européens. Dans cet objectif, un changement de la politique salariale est indispensable, du point de vue de la commission », a expliqué le Hongrois, chargé de l’emploi et des affaires sociales à Bruxelles, dans une interview accordée au quotidien allemand Die Welt, à paraître dimanche.

UNE MARGE DE PROGRESSION DE 3 %

« La hausse des salaires est restée en retrait par rapport à l’évolution de la productivité » depuis plus de dix ans en Allemagne, critique le commissaire européen dans les colonnes du journal conservateur. « Ce serait préférable, si les salaires augmentaient parallèlement à la productivité », a-t-il ajouté.

Le débat sur une hausse des salaires a récemment été ravivé en Allemagne. Le patron de la Bundesbank, Jens Weidmann, a notamment estimé que les salaires avaient une marge de progression de 3 % dans un pays où, par endroits « nous sommes quasiment en situation de plein emploi ».

L’Allemagne a appliqué une politique de bas salaires pendant des années, un facteur déterminant pour la compétitivité de ses entreprises. Dans une zone euro toujours en plein marasme économique, l’idée a fait son chemin chez certains Européens selon laquelle un coup de pouce aux salaires allemands profiterait à tous, en corrigeant le différentiel de compétitivité et en stimulant le pouvoir d’achat des foyers du plus grand marché de la zone.

Déflation : mauvais signe pour la croissance, Hollande pousse l’Allemagne à réagir

La déflation est une baisse généralisée des prix et des salaires. Mais ce phénomène n’est pas une bonne nouvelle puisqu’il ralentit la consommation et les investissements. François Hollande appelle l’Allemagne à devenir le moteur de l’économie européenne pour relancer la croissance.

LA LOI SUR LE SALAIRE MINIMUM EN VIGUEUR EN 2015

La France est coutumière d’appels du pied en ce sens, dernièrement encore de la part du président François Hollande. La rhétorique a aussi ses partisans en Allemagne, notamment chez les sociaux-démocrates, à l’origine de la loi sur le salaire minimum, qui doit entrer en vigueur au 1er janvier 2015.

La Belgique au Congo en 14 – 18

Très bonne exposition sur le Congo : la Belgique a forcé 290 000 Congolais à participer à l’Est du Congo à la guerre qu’elle menait contre l’Allemagne en 1914-1918

En Belgique, à Oostende aux Galeries Vénitiennes du 04.07.2014 au 14.09.2014, coin Promenade du Roi Baudouin / Rue de Paris, 8400 Oostende

Exposition: LES TRANCHÉES EN AFRIQUE 1914-1918

L’historien spécialisé dans les évènements oubliés Lucas Catherine s’est plongé dans les archives photographiques de la première guerre mondiale et a narré une histoire qui n’avait jamais été publiée dans les livres d’histoire belge.

L’exposition photographique, Les Tranchées en Afrique (1914-1918) rassemble le matériel des archives et raconte des évènements qui ont déterminé le cours de l’histoire européenne, sans jamais avoir été reconnus.

Source: https://www.facebook.com/forcepubliquecongo?hc_location=timeline

Vraiment il ne faut pas manquer cette exposition de photos qui montre que la Belgique a forcé 290 000 Congolais (hommes, femmes et enfants) a participé à la guerre qui l’opposait à l’Allemagne du Kaizer. Le théâtre de la guerre: le Rwanda, le Burundi et une partie de la Tanzanie qui étaient des colonies allemandes. Rappelons qu’à Berlin en 1885, Léopold 2, roi des Belges, a obtenu des grandes puissances européennes un territoire qu’il a appelé Etat Indépendant du Congo. Il a soumis les peuples qui y vivaient à une exploitation féroce semant la mort afin d’extraire les ressources naturelles du pays. L' »Allemagne » devenue une puissance coloniale à la fin du 19 e s. avait accaparé les territoires, les peuples qui y vivaient et leurs richesses dans ce qui allait devenir par la suite le Rwanda, le Burundi et une partie de la Tanzanie. Avec le Traité de Versailles, la Belgique allait obtenir le contrôle du Rwanda et du Burundi. Lucas Catherine, auteur de plusieurs livres, dont Promenade au Congo (avec des introductions d’Eric Toussaint et de Pauline Imbach), voir http://cadtm.org/Promenade-au-Congo-petit-guide

Lecture recommandée.

La Wallonie avec la France en Europe et dans le monde