La Belgique a un gouvernement…

Sollicité par les Jeunes Fédéralistes Européens pour leur site « Le Taurillon » auquel il collabore, notre ami Jean-Luc Lefèvre a commis une synthèse relative à notre situation politique que vous découvrirez ci-après.

gouvernement MichelA l’heure où « nos » députés s’invectivent et donnent un bien triste spectacle de notre représentation parlementaire fédérale, il est bon que l’un de nos membres privilégie la raison et le questionnement face à l’émotionnel. Nous pouvons être ou non d’accord avec ce qu’énonce Jean-Luc Lefèvre. Sachez que nos colonnes sont ouvertes à tout discours  qui énonce des arguments dans le respect de l’Autre. L’ A.W.F. a fait de cette ligne sa marque de fabrique. Celle-ci est appréciée par un nombre toujours plus important de citoyennes et citoyens wallons et français. 

Paul D.                            

Moins de cinq mois après les élections législatives du printemps dernier (25 mai), la Belgique a un gouvernement fédéral. Par rapport à la très longue crise qui a accouché d’un gouvernement de salut public (une « tripartite traditionnelle » présidée par E. Di Rupo, composée des chrétiens-démocrates, des sociaux-démocrates et des libéraux, sans majorité dans le groupe linguistique néerlandophone), la chose, déjà, peut surprendre. Mais la surprise est plus grande encore quand on sait la nature de la nouvelle coalition gouvernementale. Les épithètes retenues pour la définir montrent à suffisance sa nature pour le moins biscornue : « kamikaze » pour les uns, « suédoise » pour les autres, au gré des sensibilités. Il s’agit en effet d’une coalition inédite, très marquée à droite, et qui suscite dans l’opinion publique des sentiments très contrastés.

Une coalition inédite

Pour la première fois dans l’histoire du pays, est associé au pouvoir de l’Etat un parti nationaliste flamand, la N-VA, dont les finalités statutaires consistent à en finir avec les structures institutionnelles héritées de 1830 et la monarchie. Pour la première fois dans l’histoire du pays depuis 25 ans, les partis socialistes sont exclus du pouvoir. Comment en est-on arrivés là ? Dans les jours qui ont suivi le scrutin, alors qu’il avait été convenu tant au nord qu’au sud de mettre sur pied l’exécutif fédéral avant de mettre en place les gouvernements régionaux, PS et CdH francophones convenaient d’une alliance à la Région wallonne, suscitant la colère du parti libéral (MR) qui avait progressé lors des élections, et contraignant les cadors de Flandre, CD&V et N-VA à former ensemble le gouvernement flamand. C’est ainsi, que nourries de fortes rancœurs  dans les terres romanes de Belgique, se sont succédé des nuits de négociations pour un gouvernement fédéral que la N-VA rêvait aussi de voir purgé des acteurs socialistes ! Un improbable accord de gouvernement a été ficelé, sans majorité aucune dans le groupe linguistique francophone réduit comme une peau de chagrin à sa seule composante libérale et donc une forte opposition socialiste, démocrate-chrétienne et écolo.

Une coalition marquée à droite

Sachant la promesse de la N-VA de mettre au frigo ses revendications communautaires pendant la durée de la législature, le programme de gouvernement met l’accent sur le socio-économique, avec des tonalités libérales, voire, pour les socialistes wallons, ultra-libérales… A chacun ses accents ! C’est vrai qu’avec, à la table des négociations, trois partis d’inspiration libérale et un parti, le parti chrétien démocrate flamand, partagé entre une aile gauche et une aile droite, il pouvait difficilement en aller autrement ! Pendant toutes les tractations, déjà, les esprits s’échauffaient ; déjà, l’on parlait de « bain de sang social » et les leaders syndicaux s’échauffaient, prédisant le pire au pays. L’accord de gouvernement est dans le droit fil des idéologies revendiquées : report de l’âge de la retraite à partir de 2025, services minimum dans les transports en commun en cas de grève, travaux d’intérêt général pour les chômeurs de longue durée, politiques d’immigration plus sévères, saut d’index…

Une coalition qui divise…

Par son programme, déjà, il ne faut pas le cacher, en Flandre aussi, même si la perception globale du nouveau gouvernent y est meilleure. Par sa composition à la fois déséquilibrée qui justifie les plus grandes appréhensions en termes de marginalisation de la Wallonie (des portefeuilles ministériels délicats comme le survol aérien de Bruxelles, la pénurie d’électricité et… les pensions)  et sulfureuse avec des nationalistes, parfois proches de l’extrême-droite européenne, aux commandes de ministères régaliens (l’Intérieur et la Défense) sans oublier l’asile et la migration…

Et demain ?

Difficile de dire ce qui va arriver. L’automne social sera chaud, même si le nouvel exécutif entend promouvoir la concertation sociale et donc le rôle des partenaires sociaux qui craignent des marges de négociation réduites à néant. D’un autre côté, un gouvernement qui ne peut, sans combattre, jeter le gant : ce serait capituler en rase campagne et c’en serait fini du symbole fort d’avoir rejeté le PS dans l’opposition ! La porte serait alors ouverte à toutes les aventures !!!

Pour ma part, que ce gouvernement tienne ou non la route dans l’immédiat, les perspectives du scrutin de 2019 s’annoncent ébouriffantes : les risques assumés par les partis de la coalition, au nord pour la N-VA (aura-t-elle été crédible pour son électorat, et si oui, continuera-t-elle à discréditer les autres partis ?) comme au sud pour le parti libéral (fera- t- il oublier son costume de traître des francophones et parviendra-t-il à recomposer le paysage politique francophone ?) sont énormes, de nature à conduire à l’implosion du pays sous sa forme confédérale… au plus grand profit de la N-VA  qui me paraît être la seule gagnante des récents évènements.

« Quousque tandem… », dirait Bart De Wever qui raffole des citations latines !

Jean-Luc Lefèvre

Charles, Charlie, ou Charlot ?

Un nouveau gouvernement est né en Belgique et est appelé à régner.

charles-michel-belA régner ? quelle drôle d’idée : c’est le Roi qui règne… Comment s’appelle-t-il : Charles, Charlie, ou Charlot ? Comme de Gaulle, Trenet, Aznavour, ou Chaplin ?

Pourquoi pas libellule ou papillon ?

« Papillon » étant réservé à son prédécesseur 1er Ministre, appelons-le « Libellule ». Libellule-Charlie est très fier : sept nouveaux ministres libéraux, presque tous tout-frais-pondus, dont lui-même, linguistiquement sexué, contrairement à ses prédécesseurs. Et avec eux, ou contre eux, onze Flamands : un beau team.

Tous de droite : ils se comprendront facilement.                                                                            Sur les affaires d’argent d’abord : pas d’institutionnel, s’il vous plait. Et sur le dos des travailleurs : le capital peut dormir tranquille. Le patronat, surtout flamand, se réjouit effrontément, un peu comme quand SARKOZI est allé fêter sa victoire présidentielle au Fouquet’s…

Les Wallons se sont fait avoir, au niveau fédéral, dès lors que le Roi PHILIPPE a désigné la droite pour former un gouvernement ; il est probable qu’une tripartite traditionnelle aurait obtenu une majorité si le Roi avait désigné ELIO DI RUPO pour un second tour, ce qui n’aurait surpris personne. Le Roi a sans doute pensé : « il leur faut un Flamand, cette fois » ! Ô surprise, c’est un francophone qui a gagné le sprint… Mystères de la Royauté, dont on ne nous fera plus croire qu’en Belgique le Roi règne sans avoir de rôle politique…

Les Flamands n’ont pas voulu se brûler les ailes à cette législature-ci. La dernière de l’Etat Belge. Nouvel épisode dans la chronique d’une mort annoncée…

En effet, comme attendu, il n’a pas fallu attendre longtemps : dès son entrée en fonction, le lundi matin, le vice-premier Ministre JAMBON a déclaré qu’ils étaient partis pour cinq années, pas plus, avant d’en vouloir d’avantage pour la Flandre, à savoir l’INDEPENDANCE ! Ce n’est évidemment pas une surprise, de la part d’un animateur convaincu du Vlaamse Volksbeweeging. (Oublions son couplet sur la collaboration en Flandre : on connait les arguments par cœur, et on sait qu’en penser.)

Nous serions donc partis jusqu’en 2020 avec ce gouvernement-ci.

Certes, il est permis de penser que ce nouveau gouvernement, tellement minoritaire en Wallonie, n’aura pas que des idées idiotes ou inacceptables au regard de nos exigences wallonnes de Liberté, d’Egalité et de Fraternité… (Un « libéral » peut en cacher un autre…). Et on peut espérer aussi que l’alternance, notion bien peu pratiquée en Belgique en raison de son système proportionnel, aura quelques vertus en termes de bonne gestion et d’imagination créatrice.

Les temps à venir seront aussi et en même temps un moyen de mesurer la crédibilité et la modernité du discours syndical : on peut espérer qu’il prenne de la hauteur et ne se limite pas à des anathèmes rhétoriques pas toujours convaincants ni responsables.

Et, en toute objectivité, nous persistons à faire le choix de la FRANCE !

Nous voulons développer à bref délai un mouvement de citoyens qui pensent que le rattachement à la France est pour la Wallonie la seule et la meilleure solution.

La conjoncture politique toute récente ne peut que nous confirmer dans ce choix rationnel de la France comme seule planche de salut pour la Wallonie, invivable économiquement si elle reste seule.

Le délai de 5 ans annoncé par le mouvement flamand pour une nouvelle réforme institutionnelle est aussi prévu pour les coupes budgétaires annoncées en Wallonie pour les années qui viennent. Alors, pourquoi attendre encore ?

Il faut que le débat sur le rattachement de la Région wallonne à la France démarre dès maintenant, en Wallonie comme en France, avec analyse en profondeur de la notion de « rattachement dans l’autonomie » et mise en œuvre effective des Accords de Coopération qui lient déjà la Région wallonne à la République, et qui devraient être développés.

Ainsi, 2015, année du bicentenaire de Waterloo, sera aussi celle de la renaissance wallonne ! Nous la fêterons en tout cas le 16 juin 2015, date importante et symbolique.

                « Qui donc nous redonnera de l’air et de la hauteur ? Une envie d’horizon,                         d’ailleurs et de lendemains ? Un goût d’élévation qui ne soit pas de domination ? Un souci du monde et des autres où se réinvente un chemin d’espérance ? Qui d’autre, sinon nous-mêmes ? »

Edwy PLENEL, directeur de Médiapart, dans son livre tout récent « DIRE NON ».

Mettons-nous en route sans trainer !

Georges-Henry SIMONIS                                                                                                                 Administrateur de l’Alliance Wallonie France,                                                                 Mouvement citoyen.                               ghsimonis@voo.be

Nouvelle défaite pour les Wallons et Bruxellois de langue française

L’accord prévoyait l’exécution de l’article 47ter, voté imprudemment en 2002 par le MR et le PS, qui impose le bilinguisme dans l’administration fédérale pour les fonctions de management, d’évaluation et pour les fonctions garantissant l’unité de jurisprudence.

Les députés wallons et bruxellois MR et PS de langue française avaient considéré qu’ils pourraient toujours en bloquer les arrêtés d’exécution ! Grande illusion !

Les Flamands ont donc obtenu gain de cause et fait sauter le dernier verrou vers une administration bilingue dont les Wallons seront de facto (voir les nombreux précédents) exclus des postes de direction générale.

Le MR s’est révélé incapable de résister à la pression de ses partenaires flamands NV-a, CD&V et Open-VLD dans le tout nouveau gouvernement fédéral. Ceci n’empêche pas M. Di Rupo de continuer à claironner haut et clair qu’il n’y a rien de communautaire dans les problèmes traités au niveau de la politique fédérale belge.

D’ici 10 ans, la France sera la puissance dominante en Europe

Ce n’est pas nous qui l’affirmons, mais le très sérieux quotidien britannique, le « Daily Telegraph », peu enclin d’habitude à jeter des fleurs à son voisin français. Admettons que nous sommes là très éloignés du « french bashing ».

Article publié sur le site du magazine Le Point (11 octobre 2014)

C’est la prédiction du « Daily Telegraph », qui fustige la situation économique de l’Allemagne. « L’homme malade de l’Europe » n’est pas celui qu’on croit…

Hollande-MerkelHaut les cœurs ! D’après The Daily Telegraph, le prétendu déclin français (ou « suicide », pour reprendre une expression chère à Éric Zemmour) ne sera bientôt qu’un vieux souvenir, rapporte le blog du Monde « Big Brother ». Dans dix ans, prédit le quotidien britannique, l’homme malade de l’Europe ne sera pas celui qu’on croit : la France aura dépassé l’Allemagne.

Graphiques et experts à l’appui, le site du journal attaque en effet durement les choix économiques allemands : « La France peut passer pour l’homme malade de l’Europe, mais les malheurs de l’Allemagne sont plus profonds, enracinés dans le dogme mercantile, la glorification de l’épargne pour son propre compte et la psychologie corrosive du vieillissement. »

Un pronostic qui appuie là où ça fait mal, alors que quatre instituts de conjoncture viennent de fortement réviser à la baisse, ce jeudi, leurs prévisions de croissance pour l’économie outre-Rhin. D’autant que, note le journal britannique, ces inquiétudes sont exprimées avant tout par des spécialistes allemands, au premier rang desquels le directeur de l’Institut allemand pour la recherche économique.

Un pays « se reposant sur ses lauriers »

Dans son dernier livre, Die Deutschland-Illusion, Marcel Fratzscher livre « un pamphlet contre le fétichisme fiscal du ministre des Finances Wolfgang Schaüble, maintenant inscrit dans la Constitution à travers une loi d’équilibre budgétaire à laquelle il est quasi impossible de déroger », écrit The Daily Telegraph.

« Il exprime la déception d’un pays se reposant sur ses lauriers, prisonnier de la fausse idée partagée que l’économie se gère comme le budget d’une famille, et rassuré à tort par la flatterie mal placée des pays voisins qui regardent rarement sous le capot du moteur allemand », ajoute le quotidien.

« L’Allemagne se proclame modèle du monde, mais l’orgueil précède la chute », note pour sa part Olaf Gersemann, le chef du service économique du groupe de médias Welt dans son dernier ouvrage, La bulle Allemagne. Selon lui, le second « miracle économique » que connaît l’Allemagne depuis 2005 lui est « monté à la tête ». Le pays a pris un ensemble de circonstances exceptionnelles pour une ascendance permanente, alors que ces dernières vont « bientôt disparaître », voire s’inverser.

« Chant du cygne »

Nous assistons au « chant du cygne d’une grande nation économique », prévient-il. Voilà de quoi redorer le blason français, qui ressort rarement grandi des comparaisons avec son voisin.

« Depuis des décennies, les erreurs en matière de politique publique se succèdent. Les impôts et les structures sociales ont engendré la chute du taux de fécondité du pays. Le manque d’investissement a aggravé cet état de fait. D’ici cinq ans, il est évident que l’Allemagne se trouvera dans une situation grave et qu’un budget équilibré ne sera pas suffisant pour se défendre. D’ici dix ans, la France sera la puissance dominante en Europe », conclut The Daily Telegraph.

La dotation Wellington

Notre ami Claude Thayse adresse un courrier aux journalistes du « Vif-l’Express » Christine Laurent, Gérald Papy et Thierry Fiorelli  qui ont rédigé un article sur Nivelles. 

Votre très intéressant article sur Nivelles m’incite à réagir à propos de la dotation Wellington, voici :

En finir avec cette dette de guerre… que seuls les Wallons payent.

duc WellingtonVous rappelez fort opportunément que le duc de Wellington, « prince de Warterloo », possède encore aujourd’hui 1083 ha, fruit d’une dotation du roi des Pays-Bas en 1815. Cette dotation (accompagnée d’une rente à l’époque) a pris la forme juridique d’un majorat dit « napoléonien ». Si, aux débuts de la Belgique, on n’a pas mis fin aux privilèges du duc parce qu’il ne fallait pas heurter l’Angleterre et que l’enjeu de l’indépendance était plus important, par la suite l’habitude étant prise et, anglophilie et noblesse aidant, on a conservé cette pratique d’ancien régime et même accru ces avantages. En particulier en 1988 lorsque P. Maystadt passa un accord secret avec le duc en vue de la suppression de la rente avec compensation lui faisant ainsi cadeau de 25 ha du territoire national (avec droit de vente, ce qui est incompatible pour un majorat). Le duc restant usufruitier des terres restantes.

Si l’accord scellé lors de la dotation précisait que les terres reviendraient à l’Etat belge lorsque la descendance s’arrêtera, celui-ci a fait preuve d’une grande légèreté depuis. Le majorat (institution complexe du Droit français) est un préciput (le successeur du majorat n’est pas un héritier puisque le majorat ne se trouve pas dans la succession patrimoniale de son auteur) et Napoléon a voulu que l’Etat resta propriétaire des biens en n’accordant la propriété qu’à la condition suspensive de l’extinction de la descendance mâle, et encore par primogéniture. Ce qui aurait déjà légitimé le retour de ces terres puisque lors du décès du 2ème duc en 1884, celui-ci n’avait pas d’enfant et la réversion d’un titre, c’est-à-dire sa transmission à un parent collatéral (comme ce fut le cas à plusieurs reprises) n’a jamais lieu de plein droit en Belgique. C’est une faveur qui doit faire l’objet d’un arrêté royal.

Dans l’hypothèse de la suppression du majorat du duc de Wellington (qui a déjà rapporté plus de 40 millions d’Euros à cette famille depuis 1816), la Région wallonne à qui ces terres doivent revenir, pourrait très bien prendre des mesures en faveur des fermiers et les terres incluses dans un plan de développement durable au bénéfice tant de la collectivité que des fermiers eux-mêmes.

Notons également que le Portugal et l’Espagne ont supprimé les avantages liés aux titres nobiliaires du duc de Wellington et… les Pays-Bas, ceux attribués au Prince Blücher…

Claude Thayse, Nivelles

Jean-Pierre Chevènement, gaulliste avant tout

Jean-Pierre Chevènement était l’invité de l’émission « La voix est libre » sur France 3 Franche-Comté, samedi 4 octobre 2014. Il répondait aux questions de Jérémy Chevreuil. Chevènement 2Témoignage important de notre histoire contemporaine. D’une hauteur de vue remarquable. Sans aucun mandat, il veut se consacrer à la réflexion et l’apporter à ceux qui veulent bien l’écouter… Et ils sont nombreux. Respect pour celui qui se dit aujourd’hui plus gaulliste que mitterrandiste.

Alain Kerhervé

Verbatim :

Je suis allé au terme de ce que je pouvais faire comme parlementaire. J’ai été élu pour la première fois il y a 41 ans, en 1973. Mais Jean-Pierre Chevènement peut exister autrement qu’en étant sénateur ou député dans le paysage politique. Par conséquent, je continuerai à m’exprimer.

J’ai consacré l’essentiel de mon temps à l’action politique, mais une politique qui ne se séparait pas du combat des idées, par conséquent aussi à la lecture, à la réflexion. Je pense être resté fidèle à cette conception très ancienne de la politique, où on ne sépare pas son engagement politique d’une vision du monde. C’est un engagement de l’être tout entier au service de ses concitoyens, de son pays. Par conséquent, on ne se ménage pas. On lui accorde peu de repos.

Au moment où on approchait de la fin du septennat du général de Gaulle, l’idée de refonder la Ve République sur des bases de gauche, d’unir la gauche, avec un Parti Socialiste entièrement rénové (je suis l’un des principaux artisans du congrès d’Epinay), est enthousiasmante. Et cela a réussi. J’ai adhéré au Parti Socialiste en 1964. L’alternance avec François Mitterrand fonctionne en 1981. C’était un travail de patience, et je m’y suis pleinement investi, en rédigeant notamment les programmes du PS.

Sur l’accident d’anesthésie de Jean-Pierre Chevènement

Cet épisode a renforcé mon caractère, mais il ne l’a pas changé.

J’ai une bonne santé, c’est ce que les médecins m’ont dit, car j’ai surmonté une épreuve qui m’a été très difficile. Mon cœur s’est arrêté pendant 55 minutes. Il fallait ensuite récupérer. J’étais aussi très motivé. Je pense que cela m’a donné une certaine force.

Mes amis, qui sont des laïcs intransigeants, ne voulaient surtout pas que je sois miraculé d’autre chose, d’où l’expression « le miraculé de la République ». Le miracle devait s’être déroulé dans le strict espace républicain et laïc. C’est une plaisanterie !

J’ai vu la mort à deux ou trois reprises d’assez près dans ma vie. Pendant la guerre d’Algérie, je me suis fait arrêter en quelque sorte par une police supplétive, des gens qui n’avaient aucune formation, et je revois le pistolet mitrailleur appuyé sur mon estomac, avec la culasse en arrière, dans une position extrêmement dangereuse. Et heureusement, quelqu’un pousse un cri de l’autre côté. Et le « policier » occasionnel tend sa mitraillette dans la direction opposée. Donc je ne me suis pas fait prier, et j’ai pris la poudre d’escampette. C’était en juillet 1962, les premiers jours de l’indépendance de l’Algérie.

Sur les 3 démissions de Jean-Pierre Chevènement

En février 1983, j’avais une discussion avec François Mitterrand sur la politique industrielle, dont je lui réclamais les moyens. Quand je suis revenu au ministère de l’Industrie, les journalistes m’attendaient pour une conférence de presse, et m’ont demandé ce que je pensais de la négociation qui allait s’engager sur le maintien ou non de la France dans le Système Monétaire Européen. Et j’ai donc dit : « Un ministre, ça ferme sa gueule. Si ça veut l’ouvrir, ça démissionne ». Et j’ai ajouté que pour le moment je fermais ma gueule. J’ai démissionné du gouvernement le mois suivant.

Je n’ai pas quitté le gouvernement sur un choix mineur, ou des questions de susceptibilité, mais sur des questions majeures. L’accrochage du franc au mark allait déterminer toute la politique ultérieure de libéralisation.

J’ai démissionné une seconde fois pour protester contre la première guerre du Golfe en 1991. Je n’y reviens pas. On en voit aujourd’hui les résultats. Le Califat islamiste, c’est la conséquence de cette première guerre du Golfe, redoublée par une seconde, qui a détruit l’Irak, alors qu’on pouvait éviter cette guerre, je vous le certifie.

J’ai démissionné la troisième fois à propos de la question corse. Transférer le pouvoir réglementaire aux régions, c’est revenir à l’Ancien régime, où on changeait de loi plus souvent que de cheval, comme disait Voltaire en traversant la France ! Cela devient un pays éclaté, ce n’est plus la République. La République comporte une loi, qui est la même pour tous. L’idée que l’on puisse transférer, non seulement le pouvoir réglementaire, mais aussi le pouvoir législatif à la Corse, me hérissait.

Il faut dire non à des choses très importantes. J’aurais pu démissionner mille fois ! En 1988-89, quand j’ai vu qu’en application de l’Acte unique, on allait libéraliser les mouvements de capitaux, non seulement à l’intérieur de l’Europe mais aussi vis-à-vis des pays tiers, sans aucune harmonisation fiscale, croyez-moi, j’ai ouvert ma gueule en Conseil des ministres ! Mais j’étais le seul. Tous les arbitrages avaient été rendus. Par conséquent ça s’est fait, au 1er janvier 1990. Cette décision est fondatrice du capitalisme financier, dans la crise duquel nous nous débattons aujourd’hui. Peut-être que là j’aurais pu démissionner, et peut-être même l’aurais-je dû.

Sur les conséquences de la première guerre du Golfe

Si je raisonne dans le cadre de notre politique extérieure, de notre politique arabe, de notre politique au Moyen-Orient, oui, je considère que François Mitterrand a fait une grave erreur en participant à la guerre du Golfe. Il a retourné la politique qui était celle du général de Gaulle. Et pour moi, c’était très dur à supporter, parce que j’adhérais à cette politique.

La modernisation du monde arabe devait être encouragée, et pas les tendances les plus fondamentalistes.

On voit aujourd’hui le résultat : on a cassé l’Irak, qui était le verrou par rapport à l’Iran. On a ouvert la voie à Ben Laden et à Al Qaeda, et aujourd’hui les sunnites irakiens se sentent laissés pour compte, et se sont livrés au Califat islamiste.

Très franchement, je ne sais pas ce que sera la suite, mais nous n’avons pas fini de boire le calice jusqu’à la lie.

Sur les cycles politiques de longue période de la gauche

François Mitterrand à Epinay, a pris la tête du PS alors qu’il n’en avait pas la carte 24 heures auparavant, cela notamment grâce à l’aide du CERES. Mais il avait été le candidat de l’union de la gauche en 1965, et c’est cela qui lui avait donné une stature extrêmement attirante pour les couches populaires.

Avec l’arrivée de la gauche au pouvoir en 1981, beaucoup de choses ont changé. L’abolition de la peine de mort, la décentralisation, la retraite à soixante ans, les lois Auroux, une certaine démocratisation de l’enseignement… beaucoup a été fait. Mais il y a un retournement fondamental qui est intervenu au milieu des années 1980. L’ampleur de ce qu’on a appelé la « parenthèse libérale », qui ne s’est jamais refermée, l’ampleur de la conversion au libéralisme, la dérégulation appliquée non seulement en France, mais aussi en Europe et dans le reste du monde, est immense.

Il y a malheureusement des Français éminents, considérés en tout cas comme tel, Jacques Delors et un certain nombre d’autres technocrates bien connus, qui ont joué un rôle tout à fait décisif au printemps 1983, et par la suite au moment de l’Acte unique, qui étend le néo-libéralisme a toute l’Europe, puis la monnaie unique, en 1992.

Soyons clairs : la gauche au pouvoir aujourd’hui n’est pas la même gauche. Nous ne sommes plus dans la même situation. La globalisation financière s’est installée, via l’Europe et en particulier le nœud français de 1983, par le ralliement de la Chine à l’économie de marché en 1979, et l’implosion de l’URSS en 1991.

La masse des capitaux, qui font ce que l’on appelle les marchés financiers, sont les arbitres de vie ou de mort des entreprises et des États. Nous sommes dans un monde très différent, et par conséquent, il faut imaginer une stratégie nouvelle, qui reste fidèle aux inspirations initiales.

Nous sommes dans un monde où il faut penser que la France soit un pays qui reste inspiré et voué à l’universel, voué à servir de pont entre l’Occident et les pays émergents.

Sur François Mitterrand

En 1979, François Mitterrand me reçoit à son domicile. Me raccompagnant, il se penche vers moi et me dit : « Vous savez Jean-Pierre, nous sommes d’accord sur tout, vous et moi. Mais malheureusement, à votre différence, je crois que, à notre époque, la France ne peut plus faire autre chose que passer à travers les gouttes ». C’est une des rares phrases que j’ai notée, parce que je pense qu’elle a bien symbolisé la politique de la France jusqu’à l’épisode de la guerre du Golfe.

François Mitterrand était un homme qui a commis des erreurs. Le traité de Maastricht en était une, et elle n’était pas mince ! Mais pour autant, c’était un homme tout à fait fascinant, qui avait un recul historique, une culture, qui impressionnait. Les hommes politiques d’aujourd’hui sont formés à une autre école.

Sur l’ENA

J’ai donné mon sentiment sur l’ENA en 1967 dans un petit livre, intitulé : « L’énarchie ou les mandarins de la société bourgeoise »,  que j’ai écrit avec deux copains sous le pseudonyme de Jacques Mandrin. En fait, l’ENA c’est deux concours : un concours d’entrée et un concours de sortie. Il faut les réussir ! Mais entre les deux, ce n’est rien.

A l’ENA, je n’ai appris qu’à servir le vin ! C’est l’anecdote que je raconte pour faire rire : mon préfet, chez lequel je faisais un stage dans le Morbihan, m’avait appris à tourner le goulot de la bouteille, de telle manière que d’un coup sec, je pouvais éviter que la goutte ne tombe sur la nappe.

Sur quelques considérations liées à notre époque

Avec la mondialisation libérale, on trouve le triomphe de l’argent. Les gens sont mus davantage par l’envie de gagner de l’argent. C’est le règne de la pantoufle, du parachute doré. Il y a aussi l’instantanéité, le court terme qui s’est substitué à la réflexion de long terme.

Le système médiatique s’est profondément transformé. Il y a beaucoup plus de télévisions et de radios, les réseaux sociaux sont là… Chacun est en position d’être le valet de chambre de tous les hommes politiques que nous avons en activité !

Il n’y a plus de respect du secret de l’instruction, de la présomption d’innocence, de la vie privée. Je pense que c’est regrettable.

De Gaulle disait : « L’autorité ne va pas sans prestige, et le prestige ne va pas sans éloignement ». Aujourd’hui, l’éloignement n’est plus possible. Tout se diffuse, les conseillers parlent, les attachés parlent… Pratiquement, pour être sûr de garder un secret, il faut le garder pour soi-seul, et n’en parler à personne !

Sur la Russie et l’Ukraine

Pour faire l’histoire, il ne faut pas se mettre à la remorque des États-Unis. Prenons le cas de l’Ukraine. Je pense que l’histoire s’est passée d’une façon différente de ce qui nous est raconté. Je pense que les torts sont très partagés. On donne une description souvent outrée de la Russie d’aujourd’hui. La Russie d’aujourd’hui, ce sont des classes moyennes qui partent à l’assaut des aéroports. La Russie, ça change.

Sur Manuel Valls

Je pense que Manuel Valls a été un très bon ministre de l’Intérieur. Il a très bien compris le rôle de la règle : la règle protège, et la liberté écrase. Pour être un bon Premier ministre, il doit savoir que la République ne s’applique pas qu’à l’ordre public : la République, c’est aussi quelque chose qui doit intervenir dans l’ordre économique et social. Il pose à bon escient le problème de l’euro, qui est une monnaie surévaluée, qui nous plombe depuis trop d’années, qui a contribué largement à notre désindustrialisation.

Sur la campagne présidentielle de 2002

Je ne me suis pas préparé à être Président de la République ou Premier ministre. En 2002, mon intention était de créer un courant républicain qui pèse suffisamment sur la gauche plurielle.

Tout ce que j’ai dit reste juste, et les axes principaux de ma campagne, je peux les reprendre aujourd’hui à mon compte. Mais je ne me suis pas préparé à être Président de la République quand je le pouvais, c’est à dire au moment où j’ai été élu député, à l’âge de 34 ans. Si à ce moment-là, j’avais voulu me mettre dans la roue de François Mitterrand, je n’aurais pas fait le CERES, j’aurais caché mes dissentiments, je n’aurais démissionné en aucune circonstance. J’aurais alors peut-être pu devenir Président ou Premier ministre, mais ce n’est pas sûr. Et en agissant de la sorte, je me serais confondu avec la couleur de la muraille.

Je considère qu’il est très injuste de faire de moi le bouc-émissaire de la défaite du candidat socialiste, qui lui doit quand même beaucoup, par sa politique et par sa campagne, qui n’était quand même pas formidable. Et pourquoi avoir donné des parrainages à Besancenot ? Pourquoi n’avoir pas découragé Taubira qui était prête à se retirer ?

Lionel Jospin n’avait pas accroché quelques étoiles à son firmament. Je le lui ai dit sous cette forme en 2000. C’était un très bon Premier ministre, avec beaucoup de compétence, mais je pense qu’il n’avait pas la capacité de devenir Président de la République. Il n’avait pas la vision. Il avait été pour la Constitution européenne. Il avait été l’un des suppôts de Maastricht. L’expression « parenthèse libérale » est la sienne à l’origine. On ne peut pas dissimuler que nous avions deux lignes différentes. Ce n’est pas criminel !

Sur le Front National

Je n’ai pas du tout le même itinéraire que Marine le Pen. Sur des sujets fondamentaux, nous ne pensons pas du tout la même chose. Le problème aujourd’hui, c’est de savoir comment on desserre la contrainte monétaire. Ce que je propose est quand même plus fin que ce que propose Marine le Pen.

S’agissant de la République, je la crois fondée sur la citoyenneté. L’idée que l’on puisse distinguer un Français par son origine me fait horreur.

Il y a des gens qui se revendiquent de moi dans tous les partis politiques. Ma pensée a essaimé largement, et peu, je crois, au FN, parce que je suis un partisan ardent de la citoyenneté, que la France est naturellement un pays métissé. Je demande simplement à ceux qui veulent la nationalité française de respecter la loi républicaine, et l’esprit de la loi : se conformer à quelques usages raisonnables.

Je combats le racisme, l’islamophobie, l’antisémitisme, tout ce qui vise à ranger les Français dans une catégorie particulière. Je pense que quand on est citoyen français, on est citoyen français. Point final.

Pour Belfort

Avoir été maire de Belfort pendant plus ou moins 30 ans, c’est une charge, mais c’est d’abord un honneur. Belfort est devenue une ville universitaire. Le TGV, après 25 ans d’efforts, y arrive. Les fondements industriels ont été consolidés, et je n’y suis pas tout à fait pour rien. L’organisation territoriale a été modifiée. Nous avons répondu à la disparition de Bull par une stratégie : Technum. Il y a aujourd’hui, sur le site de Technum, autant d’emplois qu’il y en avait à l’époque de Bull et d’Alstom. Il a fallu intervenir constamment pour que le bateau reste à flot et continue d’avancer.

Sur l’avenir de la gauche

La vie politique procède par cycles de longue durée. La gauche reviendra quand elle se sera refondée intellectuellement, qu’elle aura pris la mesure du monde, qu’elle aura une nouvelle grille de lecture qui lui permettra de comprendre où elle se situe et où elle doit aller. J’œuvrerai pour ma part, dans les années qui me restent, à lui fournir ces clefs, à faire ce travail d’instituteur républicain, à montrer que la France reste un grand pays universaliste, qui peut tendre la main à tous, qui peut jouer un rôle pour construire une Europe européenne, peser dans le monde de demain entre les États-Unis et la Chine, défendre notre modèle social en le modernisant.

Je préside la Fondation Res Publica, qui en est à son 85ème cahier – un immense travail de fond y est fait par les meilleurs experts, dans tous les domaines. Je traduirai aussi cette œuvre sous la forme des livres que je vais écrire. Il y aura certainement quelque chose que je ferai sur la théorie de la République, qui me paraît un peu oubliée, pour montrer la cohérence du concept, sur le récit national, qui doit être vrai et non falsifié, pour redonner à la France l’estime de soi qui lui manque tellement, et puis construire un programme de Salut public !

Sur les questions de sécurité

Sauvageons et racaille, cela n’a rien à voir ! Sauvageons, c’est un arbre non-greffé. En utilisant ce terme, je pointais le défaut d’éducation. Racaille, c’est une expression choquante. J’ai tendance à penser qu’il faut toujours offrir une voie de rédemption. Je suis toujours pour des réactions très proportionnées. Sauvageon, ça n’a peut-être pas été compris, beaucoup ont été choqués car ils ont entendu « sauvage », mais ils ont fait des progrès en Français, puisque je leur ai expliqué ce que ça voulait dire !

Il y avait une très mauvaise conception de la sécurité à gauche. On se mettait toujours à la place des coupables, on était dans la culture de l’excuse. Tout cela faisait sûrement honneur au cœur tendre de ceux qui exprimaient cette vision, mais la réalité c’est qu’il y a une délinquance qu’il faut combattre. La sécurité est quand même l’un des premiers droits de l’homme et du citoyen.

Sur ces questions, il y a en fait une double démagogie : un angélisme de gauche, et une démagogie de droite, un catastrophisme qui ne paraît pas non plus très raisonnable. Il y avait 1000 personnes qui étaient tuées chaque année quand j’étais ministre de l’Intérieur, aujourd’hui c’est 600. On ne dit jamais les choses qui vont mieux. Quant aux chiffres… les policiers étaient astreints à en produire sous Sarkozy. Ils ne faisaient plus la police, ils remplissaient des formulaires pour faire des statistiques !

Sur de Gaulle, Mitterrand et Chirac

J’ai eu l’occasion de déjeuner avec le Président Chirac, qui m’a dit : « Il y a deux grands présidents, de Gaulle et Mitterrand. Moi je me sens plutôt mitterrandiste ». J’ai failli lui répondre, et je le fais devant vous, que moi je me sens plutôt gaulliste, car je sais ce que la France doit au général de Gaulle. Il n’y a pas d’équivalent à l’effondrement de 1940 dans notre histoire, et si la France continue, c’est grâce à de Gaulle. De Gaulle a aussi su trancher le nœud gordien de l’Algérie. Il fallait que l’Algérie soit indépendante.

J’admire de Gaulle comme étant le plus grand homme d’État français du XXe siècle. J’admire aussi François Mitterrand mais pour d’autres raisons. Et surtout, je suis attaché à l’homme qu’était François Mitterrand, plus qu’à ses choix politiques d’ailleurs, avec lesquels je me suis dissocié, de son temps.

Sur l’état de la gauche à Belfort

Le candidat que j’avais installé dans le fauteuil du maire de Belfort a changé de parti après sa défaite aux législatives. C’était un choix malheureux pour lui-même. Je me suis senti blessé dans la fidélité à ce qu’étaient nos idées communes. C’était une question de dignité et d’intérêt. Il avait une chance d’être réélu, en restant au MRC. Il a fait le choix inverse, il a divisé son camp, et il porte lui, et ceux qui l’ont débauché, la responsabilité de cet échec.

Mais je vous l’ai dit, je suis optimiste pour le long terme. La vague va et vient, et elle reviendra. La gauche refondée, républicaine, reviendra à Belfort.

FC Sochaux ou Eurockéennes ?

J’étais plutôt footballeur, j’étais ailier, mais il y a très longtemps.

Pour ce qui est du rock, ce n’est pas vraiment ma tasse de thé. La création des Eurockéennes doit tout à Christian Proust.

Il m’arrive d’aller au stade voir Sochaux ou d’aller au Stade de France.

J’ai quand même organisé, comme ministre de l’Intérieur, la Coupe du Monde de 1998 : croyez-moi, ce n’était pas de la tarte !

Sur l’association France-Algérie

Je suis Président de l’association France-Algérie. J’irai la semaine prochaine 4 jours en Algérie. Je suis très attaché à préserver le continuum entre ces deux pays. Il s’est passé beaucoup de choses entre la France et l’Algérie. J’essaye de maintenir des liens entre les sociétés civiles : un prix de cinéma, un prix littéraire…

Rédigé par Chevènement.fr le Dimanche 5 Octobre 2014

Francis Delperée creuse la tombe de la Belgique

Hendrik Vuye

Hendrik Vuye est professeur de droit constitutionnel aux Facultés Notre-Dame de la Paix de Namur et député N-VA. Il s’exprime sur le site du « Vif-l’Expresss »

02/10/2014 à 14:06

« Si je prenais le même genre de raccourcis que Francis Delpérée, je l’accuserais de grave atteinte aux droits de l’homme » a répondu Hendrik Vuye (N-VA) aux accusations du chrétien-démocrate.

Le baron-professeur Francis Delpérée (cdH) est un illustre inconnu en Flandre. Cependant, il est en train de se faire un nom en répétant régulièrement – uniquement en français, bien évidemment – que la N-VA est un parti raciste. Cette semaine, il s’est à nouveau laissé aller dans La Libre Belgique et sur Matin Première. Il déclame ses mots, comme nous le faisions en latin à l’époque, et radote sur la N-VA : « un parti belgophobe, europhobe, francophobe, bruxellophobe … raciste ! ». Il prononce ses mots en gesticulant comme un moulin à vent. Seule Joëlle Milquet le surpasse dans cette discipline.

Les déclarations de Delpérée ne sont pas de la petite bière. Qui accuse un autre de racisme à maintes reprises devrait réaliser la portée de ses mots. Delpérée accuse la N-VA d’un délit condamnable. Cependant, si Delpérée est convaincu de sa position, pourquoi ne porte-t-il pas plainte auprès du Centre de l »égalité des chances ? Cher Francis Delpérée, osez joindre le geste à la parole et portez plainte. Si vous ne le faites pas, vous admettrez enfin que vous réalisez que vous racontez des sornettes juridiques.

Attention, je ne reproche rien à Delpérée. Bien au contraire. Dans une démocratie, un parlementaire a le droit de se montrer rude. Il a le droit d’être grossier. Il a le droit de ne pas avoir pleinement conscience de la portée de ses mots. Il a le droit de radoter et de se montrer inintelligent, il a même le droit d’insulter d’autres politiques. Ce sont tous des droits dont Delpérée use sans compter. Grand bien lui fasse, même si ses déclarations sont particulièrement inintelligentes. Je suis démocrate, je respecte l’usage de Delpérée de son droit de liberté d’expression. Cependant, j’ai évidemment le droit de le contredire. Ce droit relève également de la démocratie et de la liberté d’expression.

Qui est derrière les paroles de Delpérée? Est-ce le professeur émérite en droit constitutionnel ou le politique ? Partons à la recherche d’un arbitre neutre, à savoir la Cour européenne des droits de l’homme, dont personne ne conteste l’autorité, pas même Francis Delpérée, même si je ne serais pas étonné qu’il le fasse. La modestie ne figure pas parmi ses principales qualités.

Que dit la Cour européenne des droits de l’homme à propos des partis politiques qui aspirent à l’autonomie ou même à l’indépendance ? Pour cette Cour il s’agit d’un objectif politique équivalent au libéralisme, au socialisme et à la démocratie chrétienne. Il n’existe pas de hiérarchie entre les courants politiques. En outre, la Cour a déjà jugé plusieurs fois que l’aspiration à une autonomie accrue et la défense des intérêts d’un groupe de population n’a rien avoir avec le racisme. Francis Delpérée, cela vous a-t-il échappé ? Qu’à cela ne tienne ! Je me fais un plaisir de le rappeler à mon collègue parlementaire.

Droits de l’homme

Selon la jurisprudence constante de la Cour européenne des Droits de l’homme, un parti politique a pleinement le droit d’aspirer à de nouvelles structures de l’état. La Cour estime également que l’aspiration à l’indépendance n’implique pas du tout qu’on appelle à la violence. Par conséquent, l’aspiration à l’autonomie ne peut être assimilée au racisme.

Si je prenais le même genre de raccourcis que Delpérée, je l’accuserais de grave atteinte aux droits de l’homme, car il néglige le débat politique libre, pourtant une valeur fondamentale de la démocratie. Cependant, ce serait le discréditer. Non, Delpérée est simplement un de ces Belges francophones unilingues qui ne se rend pas bien compte qu’il y a également des Flamands dans la Belgique actuelle. C’est un baron tricolore qui adore faire la leçon – en français évidemment – aux Flamands. La Belgique de Delpérée est celle de 1830, une Belgique où les barons francophones tenaient le crachoir et les Flamands baissaient respectueusement la tête. Cependant, ce temps est révolu depuis longtemps.

Avec ses déclarations, Delpérée creuse lui-même la tombe de la Belgique. Les Flamands n’acceptent pas de telles accusations. Elles sont politiquement fausses, scientifiquement malhonnêtes et crapuleuses sur le plan éthique.

Le portrait acide de l’économie allemande « en déclin »

Un ami attire notre attention sur l’article suivant.

Lu sur le site de Trends Tendances

27/09/2014 à 11:23

Source: Belga

« L’économie de ce pays est en échec. Sa croissance depuis l’an 2000 est plus faible que la moyenne européenne. Les salaires y ont progressé moins vite, et la pauvreté, en hausse, touche un enfant sur cinq ». Bienvenue en… Allemagne.

Ainsi démarre le portrait de la première économie européenne, dressé par l’économiste allemand Marcel Fratzscher, dans un ouvrage à paraître lundi. Au moment où le modèle allemand est encensé dans le monde entier, le président de l’Institut de recherches DIW, à Berlin, comme d’autres économistes de premier plan, veut en finir avec les clichés aussi flatteurs que « dangereux ».

Son pays est « en déclin » et « vit sur ses acquis », explique-t-il dans « Allemagne, l’illusion » (« Die Deutschland Illusion »).

Le revenu moyen d’un ménage allemand a baissé de 3% depuis l’an 2000. La baisse a même atteint 5% pour les 10% les plus pauvres, souligne-t-il.

Certes, l’Allemagne, considérée comme « l’Homme malade de l’Europe », il y a encore une dizaine d’années s’est redressée depuis la crise financière de 2009. Ses près de 200 milliards d’euros d’excédents commerciaux en 2013 témoignent d’une compétitivité exceptionnelle. Le nombre de chômeurs a chuté de plus de 5 millions en 2005 à moins de 3 millions aujourd’hui. L’amélioration des comptes publics a permis à la chancelière Angela Merkel d’adopter un projet de budget 2015 à l’équilibre au niveau fédéral pour la première fois depuis 1969 !

Mais tout cela ne doit pas occulter « les faiblesses fondamentales de l’économie allemande », notamment son « énorme manque d’investissements ». Ces derniers sont passés de 23% du Produit intérieur brut (PIB) au début des années 1990, à 17% aujourd’hui, nettement moins que la moyenne des pays industrialisés (20%).

Pour M. Fratzscher, « le déclin de l’économie allemande va s’accélérer si on ne change pas fondamentalement la politique actuelle ».

« La bulle Allemagne »

Après de mauvais indicateurs ces derniers mois, Olaf Gersemann, chef du service économique du groupe de médias Welt, voit aussi l’avenir en noir, dans un livre paru lundi dernier « La bulle Allemagne ». Pour lui, « L’Allemagne se proclame modèle du monde (…) mais l’orgueil précède la chute ».

Comme M. Fratzscher, M. Gersemann relativise les succès de son pays, qui, sur 20 ans, se classe 156e sur 166 pays pour la croissance. Et si le nombre de chômeurs a baissé de façon spectaculaire, le volume d’heures travaillées n’a pas progressé en Allemagne depuis 20 ans.

L’auteur démonte le mythe des réformes de l’Etat providence, menées au début des années 2000 par le chancelier Schröder, et qui ne sont « pas la raison du miracle de l’emploi en Allemagne ».

Les succès récents du pays viennent plutôt de sa puissante industrie automobile et de ses entreprises de machines-outils, parfaitement positionnées pour profiter de l’essor d’une vaste classe moyenne dans les pays émergents, notamment en Chine.

L’Allemagne a aussi profité de la flambée de consommation chez ses voisins où les salaires progressaient vite quand elle-même se serrait la ceinture.

Enfin, l’effondrement des naissances a « considérablement allégé la facture des ménages et de l’Etat », aubaine à court terme seulement. En 2050, l’Allemagne ne sera plus que la troisième nation d’Europe de l’Ouest, derrière la Grande-Bretagne et la France déjà passées en tête pour le nombre de jeunes scolarisés…

Les Belges s’exilent de plus en plus

Le premier reproche à faire à l’étude ci-dessous est qu’elle parle de Belges, notion qui aujourd’hui ne veut plus dire grand-chose. Connaître combien de Wallons, de Bruxellois et de Flamands décident de s’exiler en Europe et dans le monde serait d’un intérêt bien plus tangible.

bienvenue en FranceLe fait que la France soit la destination préférée des « Belges » expatriés (121 577 sur 461 516) nous permet d’affirmer qu’un grand nombre de Wallons et de Bruxellois de langue française ont choisi de vivre au pays d’Hugo. Il serait d’autre part intéressant de connaître le nombre de nos concitoyens qui ont renoncé à la nationalité belge pour embrasser la française.

Suivent assez logiquement les Pays-Bas dont le mode de vie et l’ouverture d’esprit doivent attirer nombre de citoyens flamands, l’Espagne et son soleil, l’Allemagne en mal d’une main-d’œuvre qualifiée, les Etats-Unis pour le rêve américain et Israël pour des raisons de sécurité évidentes.

Si nous considérons le rapport en nombre d’habitants de 1 à 6 entre les populations belge et française, nous pouvons conclure que l’attractivité de la France pour les Wallons et Bruxellois est bien supérieure à celle qu’exerce la Belgique pour les Français. Cette constatation va à l’encontre de ce que nous disent régulièrement les médias de France et de Belgique qui continuent à véhiculer l’idée que l’impôt belge est bien plus léger que le français, ce qui expliquerait le nombre important de Français qui ont élu domicile en Belgique dans les quartiers chics de Bruxelles ou non loin de la frontière.

Tout le monde n’est pas millionnaire et encore moins à la tête d’une fortune colossale. Rappelons une fois de plus que l’ensemble des classes moyennes et des classes moins favorisées a tout intérêt à être imposé en France plutôt qu’en Belgique.

Et si cette augmentation importante du nombre d’exilés belges était due à la situation politique belge qui reste des plus instables ?

Paul D.

Source: Belga

Le nombre de Belges habitant hors de nos frontières a atteint un niveau record, cette année. Avec 403.641 personnes inscrites à l’étranger, on peut constater une hausse de 22.189 unités par rapport à 2013.

Un nombre qui s’élève même à 461.516 si l’on tient compte des personnes non-inscrites dans ces pays, rapporte Sudpresse mercredi. La différence entre les deux représente « ces Belges dont on sait qu’ils habitent dans le pays, mais qui ne sont pas inscrits officiellement dans le poste », explique Joren Vandeweyer, du SPF Affaires étrangères.

Si l’on compare ce bilan à celui des années antérieures, on peut remarquer une hausse de 5,8% par rapport à la même période l’an passé. Mais c’est aussi 21% de plus qu’il y a 5 ans, et 37% de plus qu’il y a 10 ans.

Dans le classement des destinations privilégiées, les pays frontaliers occupent le top. La France arrive en tête. Elle accueille plus d’un quart des Belges (121.577) partis vivre à l’étranger. Suivent les Pays-Bas, l’Espagne et l’Allemagne. Les États-Unis, premier pays hors Europe de ce classement, occupent la cinquième position, avec 25.907 Belges. Israël clôture le Top 10, avec 9.907 Belges installés sur son territoire.

Bruxelles, une ville francophone

La Libre Belgique de ce jour attire l’attention sur un manifeste publié par la Ligue francophone et wallonne de Bruxelles, rappelant que « les associations culturelles communauté française W-Bwallonnes de la capitale… ont permis la création du FDF dont on célébrera d’ici peu le demi-siècle d’existence ».

Voici la fin de l’article signé Christian Laporte :

« A l’occasion de la fête de la Communauté française, la Ligue appelle à la remobilisation générale par la voie d’un manifeste qui repose sur trois réalités que ses promoteurs estiment « onbespreekbaar »…

« D’abord que « Bruxelles est une ville francophone à plus de 90 % dont les habitants, quelles que soient les origines, s’instruisent, travaillent et communiquent pour l’essentiel en français ». Une analyse guère partagée par les animateurs du mouvement citoyen bruxellois. Ensuite aux yeux des promoteurs du Manifeste, « Bruxelles est une Région à part entière et doit le rester quelle que soit la constellation institutionnelle future ». Enfin, « Bruxelles est la ville qui compte le plus grand nombre de Wallons d’origine et tout impose de maintenir une solidarité étroite entre Bruxelles et la Wallonie qui traduit la convergence de leurs intérêts et de leur communauté de destin ». La conclusion ? L’avenir de Bruxelles est dans une union étroite avec la Wallonie, « dans la Belgique si c’est encore possible, hors d’elle s’il le faut sous la forme d’une Fédération largement régionalisée pour respecter la personnalité de ses composantes ». Une Fédération « qui pourra continuer à développer et à approfondir ses liens naturels avec la France »… »

Pour lire et peut-être signer ce manifeste, cliquer ici.

La Wallonie avec la France en Europe et dans le monde