L’intérêt wallon du Seine-Nord

canal seine-nordL’AWF se réjouit de voir un ancien projet refaire surface : la liaison fluviale entre le bassin Nord-Seine et le bassin du Rhin qui ne manquerait pas de traverser la Wallonie d’ouest en est. Espérons que cette fois, une priorité particulière sera apportée à la construction de ce canal très important pour l’économie wallonne et pour le développement d’un environnement durable permettant la réduction du trafic routier des poids lourds, arrivé à saturation et grand pollueur de l’air que nous respirons. (Paul D.)

L’Europe avance la possibilité d’investir 300 milliards d’€ dans de grands projets actuellement en souffrance. Pour le 14 novembre, les États membres devaient remettre leurs propositions.

Lu sur le site du quotidien l’Avenir :

Lundi, le député Jean-Luc Crucke (MR) a interrogé le ministre-président wallon Paul Magnette (PS) sur les projets rentrés par la Wallonie dans le cadre de ce très keynésien «plan Juncker». De la réponse de M. Magnette, nous retenons: «Nous avons voulu sélectionner ceux qui sont en phase avec la stratégie 2020 et le cœur des priorités wallonnes et, en particulier, le plan Marshall. […] Il y a également le transport fluvial, dont le projet Seine-Escaut, en complément du projet français et cela tombe bien, puisque les autorités françaises ont inscrit l’autre morceau de ce projet dans leurs priorités également. On y avait veillé. J’ai rencontré l’ambassadeur. En effet, il ne faudrait pas qu’il y ait un morceau et pas l’autre. On a parfois connu cela dans le passé. […] »

Le Seine-Nord avait été expressément abordé par le Premier ministre Charles Michel lors de sa rencontre avec le président français François Hollande, voici quelques jours, à Paris.

97e Congrès des maires et présidents de communautés

Photo salle académique U.L.G.L’AMF (Association des Maires de France) représente un véritable pouvoir en France. Elle est la France que j’aime, celle qui travaille à l’échelon humain, soucieuse du bien-être des citoyens de France. Les nombreux visiteurs étrangers ne s’y trompent pas. Ils apprécient cette douceur de vivre, ce souci de conservation du patrimoine, cette préservation de services publics de qualité qui font de la France la première destination touristique mondiale.

L’AMF vogue loin des joutes politiciennes de l’état français, loin des coups bas que s’échangent les ténors des formations politiques, loin des querelles de personnes dont s’abreuvent les « grands » sur les plateaux de télévision, devant les micros de radio ou dans la presse écrite.

Quelles que soient les sensibilités politiques des maires, l’AMF n’a qu’un seul discours, une seule ligne qui se veut et se vit unie, collective et solidaire. Des maires des plus petits villages aux maires des grandes villes, chacun avance dans le même sens, celui de l’unité dans la combativité, porté par l’invincible espoir dans l’avenir de leur commune.

A l’heure où l’état français est entré dans une phase de réformes de structures qui va toucher les régions et les départements, mon espoir est que le gouvernement ne touche pas à ce joyau qu’est l’AMF, mais au contraire lui donne tous les moyens pour continuer à se développer en harmonie.

Nous savons de quoi nous parlons, nous citoyens de Wallonie, avec les dégâts engendrés par les fusions de communes de 1977 qui ont éloigné le citoyen de l’administration, des décisions qui le concernent et des services publics de proximité.

Paul D.

Lu sur le site du Figaro.fr :

Moment unique du Congrès des maires, hier : la séance plénière dans le grand auditorium a été marquée par un vibrant hommage des maires à Jacques Pélissard. Devant une salle debout et l’applaudissant avec chaleur après son discours, le président sortant de l’AMF a été visiblement aussi ému qu’heureux de cet hommage.

Avant l’intervention de Jacques Pélissard, André Laignel, premier vice-président délégué de l’association, a lui aussi rendu un hommage très appuyé au président sortant. La voix nouée par l’émotion, André Laignel a salué « un vieux compagnonnage », un combat commun mené avec Jacques Pélissard : « Il y a eu des affrontements d’idées, mais toujours avec loyauté, et finalement nous avons appris ensemble ».

Dans son discours, André Laignel a dénoncé les attaques aussi bien contre les élus que contre les fonctionnaires territoriaux, demandant au congrès de rendre hommage aux agents, « sans lesquels nous ne serions pas en mesure d’accomplir nos tâches ». Il est revenu sur la réforme territoriale, dénonçant le seuil de 20 000 habitants pour constituer une intercommunalité (« c’est insuffisant sur certains territoires, et sur d’autres, ruraux, cela n’a aucun sens »). Sur la question des dotations, André Laignel a rappelé qu’il s’agit d’une politique déjà ancienne, notant que pour lui, « le coup le plus dur qui a été porté aux finances locales a été la suppression de la taxe professionnelle » ». Il a enfin souhaité qu’à l’avenir, l’AMF reste ce qu’elle est : fondée sur « l’unité et la combativité », et portée par « un invincible espoir dans l’avenir de nos communes ».

Jacques Pélissard a naturellement évoqué les mêmes thèmes. Après avoir lui aussi chaleureusement salué André Laignel et le travail fait en commun, il a fait un appel à l’unité : unité des associations de maires, d’abord. Il a souhaité que les autres associations « catégorielles » s’engagent « dans un rapprochement avec l’AMF ». « Dans cette période de disette budgétaire, qui peut croire que nous pourrons encore et toujours multiplier les frais d’adhésion de nos communes et EPCI à de multiples associations ? », a demandé Jacques Pélissard, qui a espéré « plus d’unité avec les autres associations, avec des commissions communes et des moyens partagés ».

La volonté d’unité a également été à la base de l’idée non seulement de proposer à François Baroin de lui succéder à la tête de l’AMF, mais de constituer un « ticket » commun avec André Laignel, « une équipe unie aux antipodes des querelles partisanes ». Le président sortant a même été au-delà, en disant que la France gagnerait à ce que cette méthode soit déclinée à l’échelle du pays : « L’alternance pratiquée comme une revanche frontale est à mon sens pénalisante pour la France tout entière », a martelé Jacques Pélissard sous des applaudissements nourris.

Le président sortant s’est ensuite livré à une charge en règle contre la politique du gouvernement : sur les finances, il a dénoncé « la volonté du gouvernement de transférer la charge de l’impôt national vers l’impôt local ». Sur les rythmes scolaires : « La réforme aurait dû être assumée par l’Éducation nationale ». Au lieu cela, c’est « les annonces pour le gouvernement, les ennuis pour les maires ». Sur la réforme territoriale, Jacques Pélissard a répété son refus d’un seuil de 20 000 habitants pour une intercommunalité décidé arbitrairement, et rappelé que l’intercommunalité doit être « un outil au service des communes », et non l’inverse. « Les maires », a martelé Jacques Pélissard, ne sauraient être « ni des supplétifs, ni des sous-traitants ». Il a rappelé qu’il a été à l’origine de la proposition de loi sur les communes nouvelles, en cours d’adoption au Parlement, et appelé les maires à aller « au bout de cette réforme, pour éviter que certaines communes ne se transforment en coquilles vides ». Après un au-revoir à l’assemblée ponctué d’une conclusion forte – « les fantassins de la République que nous sommes ne baisseront jamais les bras » – Jacques Pélissard a passé la parole à François Baroin.

Le sénateur-maire de Troyes a visiblement trouvé les mots qui ont fait mouche et emporté l’adhésion. Il a répété que sa candidature était d’abord et avant tout « un message politique fort pour l’unité ». Unité nécessaire face aux difficultés qui touchent les communes, et en premier lieu financières – François Baroin a qualifié de « dramatique » la baisse des dotations et jugé que l’effort demandé aux communes n’était « pas atteignable ». L’autre « fil d’Ariane » de l’action de l’AMF sera, selon François Baroin, la défense du « rôle irremplaçable des maires », la demande de transformation du fonds d’amorçage pour les nouveaux rythmes scolaires en « fonds de soutien pérenne ». Le maire de Troyes est aussi revenu sur les critiques qui frappent les maires, comme le récent rapport de la Cour des comptes qu’il a jugé « insupportable » : « La Cour n’a pas à porter de jugement d’opportunité sur les choix des élus. Que je sache, les communes sont librement administrées ! Il ne saurait être question de les mettre en coupe réglée ! » Rappelant enfin que les collectivités sont, dans le budget de l’État, « la plus petite source de dépenses » par rapport aux mastodontes que sont les dépenses de santé ou de fonctionnement de l’État, François Baroin a demandé pourquoi, pourtant, c’est à elles que l’on demande « l’effort le plus important ». Très applaudi à la fin de son discours, François Baroin a assuré que, comme sous la présidence de Jacques Pélissard, quelles que soient les sensibilités politiques de chacun, il n’y aura à l’AMF qu’un seul discours et « une seule ligne » : une AMF « unie, collective et solidaire ».

F.L.

Wattitude invente la première compil’ 100 % wallonne

Lu sur le site de la Meuse 04 :

compil wallonneLa Wallonie regorge de talents musicaux. C’est bien simple, il ne se passe pratiquement plus un mois sans qu’un groupe de la région ne défraye la chronique. Désireuse de mettre en valeur ce vivier qui semble inépuisable, Emmanuelle Wegria  a décidé de créer une compilation regroupant une série d’artistes locaux. Une bonne idée de plus pour cette liégeoise qui promeut déjà les spécialités wallonnes dans sa boutique Wattitude de la rue Souverain-Pont.

« Ce projet est né à la demande de mes clients », explique-t-elle fièrement. « Outre les produits de bouche et les éléments de mode et de design issus de la région, je vends aussi des livres et des CD’s d’artistes locaux. De nombreux visiteurs de la boutique m’ont demandé si je n’avais pas une compilation qui en regroupe les meilleurs, histoire de pouvoir se faire une idée de ce qui se fait chez nous au niveau musical. J’ai fait mes recherches et je me suis rendu compte que ce disque n’existait pas encore. J’ai donc décidé de le créer moi-même. »

Un voyage musical entre différents styles

compil wallonne 2Pour ce faire, Emmanuelle Wegria a fait appel à la DJette liégeoise Stef Wunderbar. Cette valeur montante de la scène électro a fait parler son oreille pour sélectionner une série de morceaux qui pourraient figurer sur la compilation. Les deux amies ont ensuite pris contact avec les artistes concernés pour leur demander leur accord. « L’accueil était généralement très enthousiaste », sourit Emmanuelle Wegria. « Nous n’avons en tout cas essuyé aucun refus. L’idée était de mettre en valeur différents styles, en proposant une lente évolution entre le jazz, la chanson française, le pop-rock et une pointe d’électro. Nous ne voulions pas nous cantonner à un genre en particulier, mais au contraire proposer un large aperçu de ce qui se fait en Wallonie en matière de musique, tout en proposant une sélection cohérente et homogène. C’est pour cette raison que nous avons posé nos choix en nous basant sur les morceaux, sans chercher à promouvoir l’un ou l’autre artiste à tout prix. »

Du Greg Houben Trio à Piano Club en passant par Wrap, Benjamin Schoos, Dalton Telegramme, Moladji ou encore MLCD, le disque réunit un panel d’artistes au talent indéniable, proposant tous ensemble un voyage à la fois sinueux et exaltant. De quoi constituer le cadeau idéal pour les fêtes, d’autant qu’un pack collector avec des bières spéciales de la région est également disponible ! Il est vrai qu’en matière de musique comme de cervoise, la Wallonie n’a pas l’habitude de faire dans la petite bière.   

 
compil wallonne 3La compilation « C’est la Watt » est disponible pour 16 euros (55 euros pour le pack collector) dans la boutique Wattitude, 7 rue Souverain-Pont 7 à 4000 Liège.
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www.wattitude.be

Wallonie : l’heure de rentabiliser le RAVel

Nous pourrions dire : il est presque temps. « Avec un potentiel unique en Europe », dixit le ministre wallon du tourisme et « une infrastructure meilleure qu’en France« , dixit François RavelLeruth, responsable du RAVel au SPW (service public de Wallonie), notre région compte développer en 2016 (pourquoi 2016 et non 2015 ?) un outil complètement sous-exploité (lisez inexploité).

Mais François Leruth met judicieusement le doigt sur deux véritables tares bien wallonnes : l’amateurisme et le saupoudrage. Prudent, il ajoute ce qui suit : »Si on réalise une bonne promotion, l’accueil doit suivre, à condition d’éviter l’amateurisme et le saupoudrage. Il faut une structure-chapeau au niveau de la Région, pas une nouvelle structure, mais une coordination. Et un site internet unique, par exemple lawallonieavelo, même si le balisage n’est pas complètement réalisé. »

Si j’avais un conseil à donner à M. Leruth, mais aussi à M. René Collin, ce serait d’activer les accords de coopération signés avec la France en 2004 qui concernent les domaines qu’ils doivent gérer. Ce serait l’assurance de voir les beaux projets déboucher sur la réalité sans éparpillements suscités par les mauvaises habitudes héritées du passé, mais encore trop présentes.

Rappelons ici que la politique de la ville en Communauté française a plus de 10 ans de retard sur celle des villes françaises à dimension semblable.

Paul D.

sur le site du Vif/L’Express :

Le ministre wallon du Tourisme s’empare du potentiel que représentent les 1 300 kilomètres du RAVeL et veut promotionner cet outil unique en Europe. Qui a coûté plus de 100 millions d’euros depuis 2002, sans rapporter grand-chose.

RavelL’année touristique 2016 sera consacrée au vélo, a annoncé René Collin (CDH). Pas trop tôt : la Wallonie figure à peine sur les cartes cyclistes européennes alors qu’elle dispose, avec le RAVeL (Réseau autonome des voies lentes) d’un outil remarquable mais complètement sous-exploité. « J’ai choisi de l’annoncer dès maintenant, explique le nouveau ministre du Tourisme, car nous devons structurer le produit : infrastructures, matériel, cartes, dépliants, site internet, événementiel, appels à projets innovants… Tout est à construire. Il existe déjà un faisceau d’initiatives mais bien trop disparate. Alors que la thématique du vélo recèle un formidable pouvoir d’attractivité. »

En France, le site francevelotourisme.com est la vitrine qui renseigne sur les itinéraires, les hébergements, les locations et les réparateurs, les lieux de visite, les offices du tourisme, les guides, les séjours « clé en main » (location de vélos, hébergement, transport des bagages, topo-guide, etc). Ce site est soutenu par le ministère de l’Economie. Rien d’étonnant : le tourisme à vélo, avec 5,5 millions de séjours par an, engendre près de 2 milliards d’euros de retombées (dont la moitié en hébergement et restauration) et représente 16 500 emplois. L’association compte, d’ici 2015, doubler les chiffres de 2012, créant 10 000 emplois supplémentaires et engrangeant 2 milliards d’euros de chiffre d’affaires en plus…

A une échelle plus comparable avec la Wallonie, la Bretagne (4 millions d’habitants) a aménagé en quelques années 800 kilomètres de voies vertes (halages et anciennes voies ferrées, comme le RAVeL) et 700 kilomètres de « voies partagées ». Elle est traversée par deux itinéraires européens et compte, en cohérence avec le schéma national et le schéma européen, 8 itinéraires régionaux, à proximité desquels 160 hébergements « Accueil vélo » (la marque nationale) sont ouverts. Selon une enquête de 2013, les retombées économiques globales s’élèvent à 37,2 millions d’euros/an et les retombées directes à 24,6 millions (15 000 euros/km de voie). « Et pourtant, il n’y avait là en 2009 que quelques voies vertes, remarque François Leruth, responsable du RAVeL au SPW (Service public de Wallonie). Mais quand, en France, un Comité régional du Tourisme décide de faire du vélo une de ses priorités, on fonce, on fait les travaux nécessaires, on sensibilise le secteur privé. Or, notre infrastructure est de meilleure qualité qu’en France. Si on réalise une bonne promotion, l’accueil doit suivre, à condition d’éviter l’amateurisme et le saupoudrage. Il faut une structure-chapeau au niveau de la Région, pas une nouvelle structure, mais une coordination. Et un site internet unique, par exemple lawallonieavelo, même si le balisage n’est pas complètement réalisé. »

L’exemple de François Perin… à l’épreuve du réel

La même question revient chez les militants :

Qu’est-ce que les Wallons ont encore à faire dans les hémicycles fédéraux ?  

En 1982, lors d’une discussion au Sénat sur la réforme de l’État, François Perin, cette grande figure du mouvement wallon et du réunionisme présenta soudain sa démission. Prenons-en de la graine, entend-on.

Voici les mots prononcés alors par François Perin :

François Perin 2Après avoir entendu toutes les déclarations qui ont été faites ces derniers temps et particulièrement au cours du présent débat, après avoir vu, échec après échec, tous les événements de ces dernières années, je ne parviens plus en conscience, à croire à l’avenir de notre pays.

Il est difficile de rester parlementaire d’un État auquel on ne croit plus et dont le système politique paraît absurde, et représentant d’une nation – selon les termes de la Constitution – qui n’existe plus. Je remets ce jour ma démission de sénateur au président de cette assemblée.

Mon motif est simple et triple. La Belgique est malade de trois maux, incurables et irréversibles.

Le premier mal, je l’ai dit antérieurement, est le nationalisme flamand, qu’il s’avoue ouvertement ou non.

Le second, c’est que la Belgique est livrée à une particratie bornée, souvent sectaire, partisane, partiale, parfois d’une loyauté douteuse à la parole donnée et à sa signature, mais très douée pour la boulimie, avec laquelle elle investit l’État en jouant des coudes, affaiblissant son autorité, provoquant parfois le mépris public.

Le troisième mal irréversible et incurable, c’est que la Belgique est paralysée par des groupes syndicaux de toutes natures – des médecins aux syndicats traditionnels – intraitables et égoïstes,  irresponsables, négativistes et destructeur finalement de toute capacité de l’État de réformer quoi que ce soit en profondeur. Et il n’y a rien, ni homme, ni mouvement d’opinion, pour remettre tout cela à sa place et dégager l’autorité de l’État au nom d’un intérêt collectif que l’on appelle ordinairement la nation, parce que, dans ce pays il n’existe plus de nation.

Voici, Monsieur le Président, ma démission de sénateur. Je reprendrai, en solitaire, le chemin difficile des vérités insupportables…

Cette référence à François Perin ne doit pas nous faire oublier une autre vérité, aussi insupportable soit-elle. C’est ce que rappelle ici Jacques Lenain :

Jacques Lenain portraitDes trois maux dénoncés par François Perin, un seul est propre à la Belgique, le premier, le nationalisme séparatiste belge, les deux autres étant bien répandus, y compris en France…

Présentement, la question à résoudre est de faire adhérer les « forces partisanes et syndicales » franco-belges à une « solution française », ce à quoi ces « forces », qui ont le monopole du pouvoir et donc de la décision, ne consentiront que si elles ont la certitude que leurs intérêts « partisans » et « syndicaux » seront respectés… en France même… quand ils ne pourront plus l’être en Belgique…

Pour ces « forces », une « solution française » ne peut donc devenir acceptable que si elle se présente comme étant supérieure ou au moins égale, pour la protection de leurs « intérêts », au maintien de la « solution flamande »… Laquelle se dégrade, ce qui est la chance du « rattachisme »… Faut-il encore, pour bien jouer cette chance, définir et soutenir un mode de rattachement qui soit justement protecteur des « intérêts » en cause… C’est ainsi… bien que ce ne soit pas plaisant…

Le décryptage de Pierre Hazette

Pierre Hazette, l'avenirAprès les élections du 25 mai, il eût été simple de constituer rapidement une tripartite traditionnelle.

Interrogé le jeudi 19 juin dans le journal télévisé de la RTBF, le Premier Ministre en affaires courantes, Elio Di Rupo l’a répété sans la moindre réserve.

Le PS était donc, au lendemain des élections, tenté par le rétablissement de la coalition qui sortait renforcée du scrutin. Paul Magnette, son président faisant fonction, déclarait que l’initiative revenait au fédéral et que la mise en place anticipée des gouvernements régionaux apporterait un soutien aux thèses confédéralistes de la N-VA.

Après que le Roi eut désigné Bart De Wever en qualité d’informateur, le ton a changé au Parti Socialiste: le 5 juin, le parti communiquait sa décision de s’allier au CDH en Wallonie et d’étendre la coalition au FDF à Bruxelles.

Le MR avait antérieurement fait savoir que le rôle de dépanneur qu’il avait tenu pour sortir le pays de la crise de 540 jours, il ne le jouerait plus s’il n’était pas associé aux majorités régionales et à la Fédération Wallonie-Bruxelles.

En annonçant les coalitions régionales, le PS sabotait la possibilité d’une tripartite et ouvrait la voie à la N-VA qui s’était exprimée en faveur d’une politique de droite au niveau fédéral. C’est à cette option du PS que l’on doit le maintien de Bart De Wever dans sa mission royale d’information au-delà des limites initialement prévues.

L’échec de l’informateur royal aurait signifié le début d’une crise plus inextricable encore que la précédente.

Le PS a joué sur cette probabilité.

On se souviendra qu’en 2010, à un moment de crispation avant le dépannage libéral, les cadors socialistes s’étaient exprimés. Charles Picqué, le premier, en septembre, se livrait dans « Le Vif« : »Le PS décrète la mobilisation francophone pour se préparer à la fin du pays…. Le risque de scission existe et le maintien du pays n’aura plus de sens s’il doit signifier une soumission aux intérêts de la majorité flamande… Des choses se préparent. Des experts planchent, notamment sur la capacité de contourner un éventuel veto flamand à la gestion de Bruxelles, en cas de coopération avec la Wallonie…. Ce qui me plait dans le plan B, c’est qu’il est raisonnable et qu’il n’est pas frappé de nationalisme. » Charles Picqué va même jusqu’à anticiper : »On va faire croire que les dirigeants francophones sont aussi responsables que les flamands de la course à la scission du pays. »

Mais Charles Picqué n’est pas seul. Le 5 octobre 2010, la Vice Première Ministre socialiste, Laurette Onckelinx, sortait du bois dans « L’Avenir ». Elle y évoquait la nécessité « plus que jamais » de réfléchir à un plan B pour les francophones.

Elio Di Rupo prenait le relais sur les plateaux télévisés le 10 octobre : « En cas de volonté d’indépendance de la population flamande, il faudra demander aux francophones s’ils souhaitent une Belgique composée de la Wallonie et de Bruxelles… »

Vincent de Coorebyter, Directeur du CRISP et observateur à la fois  lucide et informé de notre vie politique, a commenté ces déclarations : « Des francophones ont parlé de plan B avec une certaine consistance, avec les apparences de la détermination. Je dis « des francophones » parce que toutes les déclarations venaient du PS, les autres partis étant restés prudents, voire muets, à ce sujet… ».

Quand on relit ces textes à six mois  du scrutin, on est amené à conclure que les dirigeants socialistes ont entraîné le CDH dans un processus de liquidation de la Belgique avec autant de détermination, sinon plus, que le leader de la N-VA. Mieux, ils ont ouvert la voie aux nationalistes flamands en torpillant la tripartite. La manœuvre a été mûrement réfléchie. Paul Magnette la pilote au départ de l’Elysette et de l’Hôtel de Ville de Charleroi, Elio Di Rupo depuis le boulevard de l’Empereur, Laurette Onkelinx depuis son banc à la Chambre et à la tête de la Fédération socialiste de l’arrondissement de Bruxelles et Charles Picqué, à la présidence du Parlement bruxellois, pourra faire obstacle, comme il l’a annoncé, à la tentative de veto flamand à la gestion de Bruxelles.

On retrouve –ce n’est pas un hasard- les  personnalités qui ont évoqué le plan B en 2010.

En décembre 2011, l’économiste liégeois, Jules Gazon, décortiquait la stratégie  qui se révèle aujourd’hui : « Les autorités politiques wallonnes, à défaut d’avoir informé correctement leurs ouailles, prisonnières qu’elles seront de leur discours, seront tentées ou par un confédéralisme dépourvu de tout lien solidaire ou par l’indépendance. Dans les deux cas, très vite se produira un cataclysme financier mettant à genoux les Wallons et, peut-être, les Bruxellois. »

Le Parti Socialiste donne peut-être l’impression d’avoir gagné le deuxième tour du scrutin du 25 mai après avoir perdu des voix dans le premier. C’est sans doute conforme aux spéculations de ses dirigeants. Il est très peu probable cependant que leurs manœuvres contribuent à la relance de l’économie wallonne, à la promotion de l’emploi, à la consolidation des acquis sociaux, à l’ouverture des grands chantiers nécessaires, à l’assainissement des finances publiques.

Il est évident aussi que le Premier Ministre sortant, après avoir vanté la sixième réforme de l’état, salvatrice de la Belgique, n’a pas dit un mot pendant la campagne électorale du plan B qui sort de l’ombre aujourd’hui. Jules Gazon avait vu juste: les ouailles n’ont pas été préparées.

Il est vrai que, de son côté, Bart De Wever a les coudées franches pour avancer dans sa stratégie et, même si elle devait durer cinq ans, la coalition n’y fera pas obstacle. Il peut compter sur une opinion wallonne chauffée à blanc pendant la durée de la législature et, en conséquence, sur une remontée du PS ou de la gauche morcelée, pour inviter les Flamands à réaliser son rêve avoué.

Il se pourrait bien que nous vivions un dernier épisode de l’histoire de Belgique, mais je me demande où les historiens situeront la cause de la rupture. Faut-il rappeler que les grèves de 60-61, dont le souvenir devrait éclairer notre présent, se sont soldées par la revendication de la gauche wallonne qui réclamait, au nom du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, la pleine compétence de la politique économique et sociale?

Bart De Wever va la lui offrir. Encore un petit effort, encore quelques vitres brisées, quelques trains arrêtés et ce sera dans la poche.

Pierre HAZETTE.

POUR UN CONGRES WALLON

 L’analyse de Paul Mélot

Sous le titre « Le Cincinnatus qui veille sur le ’16’ », Dirk VANOVERBEKE (Le Soir des 15 et 16/11/2014) décortique avec une particulière pertinence les actes de Bart DE WEVER, ainsi que sa stratégie.

Bart De Wever 25 maiRésumons :

a) Il a décliné le « 16 » pour ne pas se brûler et néglige dans son égo ses 314.650 voix de préférence pour mieux diriger ce que l’on appelle « le pays », vu de l’extérieur.

b) Il s’est retiré de la course pour faire aboutir le suédoise et réaliser son rêve d’asseoir la suprématie flamande dans le gouvernement fédéral, jetant au passage le PS dans l’opposition.

c) Il veut ne plus jamais voir le PS revenir au pouvoir, menaçant : « ceux qui le feraient revenir se suicideraient politiquement ».

d) D’ici 2019, au départ d’Anvers, il sera le gardien de l’idéologie de la N-VA au gouvernement.

Des faits très récents illustrent ce qui précède. Résumons :

a) La ministre de la santé Open-VLD (DE BLOCK) souhaiterait assouplir la législation relative au cannabis ? Remise au rang par De Wever lui-même.

b) Le secrétaire d’Etat NV-A met en doute la plus-value des immigrations congolaise, algérienne, marocaine ? BDW se fout de l’embarras du MR devant ces faits: « foutaises francophones », clame-t-il.

c) Charles MICHEL (MR) qualifie d’ « énorme » l’espace de négociation après la manifestation de Bruxelles ? « Il n’y a aucune alternative politique », siffle BDW.

d) Economies dans le secteur culturel et réductions de ces économies proposées par D. REYNDERS (MR) ? Elke SLEURS (N-VA) tacle, sur ordre de BDW.

e) Timide volonté du CD&V d’impôt sur la fortune ? Kris PEETERS recalé par Jan JAMBON, et passons sur : report de l’âge de la pension, saut(s?) d’index, traque à la fraude sociale (pour la fraude fiscale, voir le Luxleacks !), économies présentées comme inévitablement inévitables ! (sans jamais penser à retarder les échéances de la dette, seule solution d’amoindrissement et de lissage de l’effort demandé…).

Comprenons donc bien : l’accord, TOUT l’accord, rien d’autre que TOUT l’accord. « Punt aan de lijn » ! Et direction sortie pour celui qui désobéit !

On le voit, à l’échéance de cinq ans, sauf chute – improbable – de la coalition, triomphe extraordinaire de BDW en Flandre. Ensuite, révision de la Constitution au profit exclusif du Nord avec la 7e réforme de l’Etat.

Chute improbable ? Pratiquement improbable, et pourquoi ?

1) En Flandre, ni le CD&V, ni l’Open-VLD ne vont pouvoir, sous peine de disparition du pouvoir politique nordique, s’opposer au rouleau compresseur N-VA.

2) Pas plus le MR, en Wallonie, ne songera à ne plus subir les ukases : il affaiblirait d’autant plus le VLD-frère flamand, au tout grand bénéfice de la N-VA, et payerait très cher, en Wallonie particulièrement, le prix de sa participation. Il serait immédiatement rejeté dans l’opposition fédérale, à supposer que la mathématique électorale le permette, ce qui est moins certain car les faits nous montrent que si un MR affaibli devait constater qu’il peut rester dans cette majorité fédérale, il s’y accrocherait pour enfin subsister, mais à quel prix, toujours plus faible, toujours plus à la merci de BDW, toujours plus craintif du verdict de l’électorat wallon… car le temps passant, la régression amorcée ne fera qu’augmenter les appétits féroces de la N-VA de maintenir l’hégémonie, jusqu’au but final : la disparition de la Belgique en tant que telle.

Nous voici donc au cœur du problème, personne n’en pouvant douter : le but ultime, la solution finale, même ! Avec « l’aide » du PS, allié objectif comme semble le penser BDW, qui ne pourra que revendiquer le confédéralisme total, voire une large autonomie, voire l’indépendance, comme on va le voir dans la suite !

Paroles d’Eric DEFOORT, ami plus que très proche de BDW, idéologue de la N-VA dont il est l’un des co-fondateurs: « Les Wallons seront un jour les Ecossais de la Belgique et réclameront à leur tour leur indépendance ». Voilà qui est dit !!!

Foutaises flamandes ?

Quel sens aurait encore une Belgique vidée de ses fondamentaux (solidarité, pensions, santé, armée,…) ? Quelle valeur ajoutée ? Sur quel vide économique wallon ? Ici, faisons appel à l’audition du ministre REYNDERS devant la Commission des affaires étrangères, le 14 novembre : après deux passages pourtant positifs de l’accord gouvernemental, l’un sur la poursuite de l’intégration européenne, l’autre sur la volonté d’instaurer des votes aux majorités qualifiées pour la politique européenne et sa défense, c’est alors la déferlante N-VA qui siffle le chemin : « associer les entités fédérées à la politique étrangère, révision des accords de coopération, ceci à peine sous-entendu au grand bénéfice de Mère Flandre… ». Lire à ce sujet les articles des journaux.

Durant la campagne électorale pour les élections régionales, l’ALLIANCE WALLONIE FRANCE a, hélas vainement et sans retombées positives, réclamé aux différents partis wallons la prise en considération dans les accords post-électoraux des votes sur l’élargissement et surtout la mise en pratique des accords bilatéraux existants avec la France, la création de quantité d’autres dans tous les domaines de la vie économique et sociale afin qu’au jour où la Flandre aura pris son envol, et même évidemment déjà auparavant, nous ne nous retrouvions les mains complètement vides, à la merci d’une austérité à la grecque…

Les récents événements que l’on ne peut d’évidence qualifier de soubresauts, tellement tout ce qui précède était prévisible, vont-ils enfin ouvrir les yeux de TOUS les décideurs politiques wallons, qu’ils soient dans la majorité ou dans l’opposition fédérale, régionale, communautaire ?

De tous nos vœux, de toutes nos forces, pour nos enfants, pour la Wallonie, pour nous-mêmes, pour notre fierté wallonne, nous appelons à la convocation d’un CONGRES WALLON. Plus que très vite ! Il n’est même plus moins cinq !

Avec les jeunes pousses, les chefs étoilés veulent dynamiser la Wallonie

Un article alléchant puisé sur le site de la RTBF (lien).

Wallonie chefs étoilés« La Wallonie: nouvel eldorado gustatif », titrait il y a quelques mois le quotidien français Libération. Voilà qui vous donnera peut-être des envies pour ce soir… Une sorte d’invitation à l’une des grandes tables de Wallonie. L’an dernier, une dizaine de chefs étoilés se sont rassemblés au sein du collectif baptisé « Génération W ». Objectif: mettre en valeur leur savoir-faire. Un an après, ils sont plus nombreux, commencent à élargir leur cercle en accueillant des étoiles montantes.

L’idée de réunir les plus grands chefs de Wallonie a germé dans l’esprit fertile de Sang Hoon Degeimbre (deux étoiles au Michelin, 18/20 au Gault Millau). Derrière cette initiative, il ne s’en cache pas, il y a une part de promo personnelle. « Si vous ne faites pas un peu de communication, on vous oublie. Or, moi, j’ai un business à faire tourner. »

Mais au-delà de ça, il y a la volonté de mettre en avant de vrais artistes de la gastronomie. « C’est plutôt la diversité de talents qu’on a voulu mettre en avant. »

Et aujourd’hui, ces chefs à succès ouvrent les portes de « Génération W » à de jeunes pousses plus que prometteuses, comme Carl Gillain. « On a la chance de pouvoir avoir une visibilité énorme grâce à ce collectif. »

Bulletin de ce chef namurois: 14 au Michelin. « Je pense que la gastronomie wallonne est en train d’exploser. »

Autre nouveau venu, Fabrizzio Chirico, de Gerpinnes (meilleur rapport qualité/prix de walonie selon Gault Millau). « J’ai eu envie de faire partie d’un groupe qui défende les bonnes valeurs de notre région, nos produits, nos artisans et nos agriculteurs. »

Car, derrière ces 18 chefs désormais rassemblés, il y une centaine de producteurs et artisans aussi passionnés, qui profitent un peu de cette lumière. « Tous nos producteurs sont ouverts au public, rappelle Carl Gillain. Et au final, tout le mérite, c’est pour eux ! »

Les meilleures tables wallonnes, vitrine et – pourquoi pas – moteur régional. « Cela peut paraître un peu pompeux de le présenter comme cela, conclut Sang Hoon Degeimbre, mais chacun peut participer à la dynamisation de la Wallonie ! »

Rudy Hermans

Désormais, les Wallons se sentent plus proches des Français… que des Flamands

C’est le résultat d’un sondage analysé sur le site de la RTBF.

identité wallonne 1Selon une enquête de l’IWEPS que la RTBF a pu consulter, le citoyen de Wallonie reste très attaché à sa région, et il se sent toujours majoritairement Belge. Mais il apparait aussi qu’il se sent de moins en moins proche de son voisin de Flandre.

L’IWEPS (Institut wallon de l’évaluation, de la prospective et de la statistique) publie son nouveau baromètre social de la Wallonie 2012-2013.

Cette enquête porte notamment sur le sentiment « identitaire » des sondés: se voient-ils avant tout comme des Wallons, des Belges, des Francophones ou des Européens ?

Et les résultats sont assez édifiants. Il y a 10 ans, 35% des Wallons se sentaient « différents » des Flamands. Aujourd’hui, ils sont plus de 66%… Les tensions communautaires ne sont sans doute pas étrangères à cette impressionnante augmentation.

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En corollaire, les Wallons semblent développer un sentiment d’appartenance à leur région. Ainsi, 78% des personnes interrogées se déclarent fières d’être wallonnes.

Précisons que cette « fierté wallonne » ne se développe pas au détriment du sentiment d’appartenance à la Belgique. L’identité « européenne » par contre croît lentement et reste minoritaire.

Enfin, autre statistique : le Wallon se sentirait plus proche du Français (45,2%) que du Flamand (33,9%). Il y aurait donc, selon le rapport de l’IWEPS, « une prédominance de la dimension linguistique et culturelle sur la dimension d’appartenance commune à la nation belge ».

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Des tendances à méditer, et à mettre en parallèle avec l’évolution institutionnelle du pays…

Pour réaliser ce « baromètre social de la Wallonie », l’IWEPS a interrogé plus de 1200 citoyens wallons entre 2012 et 2013, en collaboration avec des équipes universitaires (ULg, UCL, ULB) et l’Institut de sondage TNS Dimarso. Marge d’erreur: 2,76%.

Rudy Hermans

La Wallonie avec la France en Europe et dans le monde