Piqûre de rappel pour Wallons toujours ensablés

Bart De Wever veut une vraie petite révolution

07/08/15 à 09:45 – Mise à jour à 09:45

Source : Le Vif/l’express

Dans la revue interne de la N-VA, le dirigeant nationaliste flamand estime que le gouvernement fédéral, même s’il reflète les aspirations flamandes, n’offre pas une solution structurelle pour l’avenir de la Flandre.

Bart De Wever veut une vraie petite révolution

/ © Belga

« Vakantie ». Bart De Wever n’a pas voulu lâcher les militants N-VA sur les routes sans une piqûre de rappel administrée via la revue interne du parti. Pas d’euphorie : la Flandre n’est pas au bout de ses peines, car « elle n’a pas son avenir en main ».

Sans doute, concède le président de la N-VA dans son billet d’humeur un brin maussade, « l’actuel gouvernement fédéral reflète les aspirations flamandes, mais il n’est pas une solution structurelle ». Le bout du tunnel ne sera en vue que « lorsque les entités fédérées détermineront leur propre politique, avec leurs propres moyens et sous leur propre responsabilité ».

Ce qui exige une vraie petite révolution. « Il faut inverser la logique : les entités fédérées doivent percevoir les impôts et verser une dotation à l’Etat fédéral pour son fonctionnement. »

A côté de ça, le tax-shift était une promenade de santé.

Pierre Havaux

Ce n’est pas la fin des remous pour la Suédoise

Un de nos membres, Jean-Marie Derwa, attire notre attention sur un article qui ne manque pas d’intérêt.
Olivier MoutonOlivier Mouton Journaliste politique au Vif/L’Express

06/08/15 à 13:49 – Mise à jour à 13:49

Source : Le Vif/l’express

Malgré le tax-shift, Charles Michel n’est pas au bout de ses peines… Quinze jours après l’accord fiscal, le CD&V est au bord de la rupture.

Ce n'est pas la fin des remous pour la Suédoise

© Belga

La promesse a été tenue, oui. Mais l’édifice reste fragile. Le gouvernement Michel a bouclé le 23 juillet dernier un ambitieux tax-shift, d’une hauteur de 7,2 milliards. « De par son envergure, ce n’est pas une opération classique se félicitait Charles Michel au lendemain de l’exercice. Je n’en ai vu aucune d’une telle ampleur à la Chambre ces dernières années. » Rideau. Depuis, le Premier ministre profite de vacances bien méritées – il a mis le cap sur le sud de la France, dans la maison familiale, avant une escapade en moto.

Sans doute se doutait-il que deux semaines après l’accord, la perception changerait, surtout au nord du pays. « Au moment de la communication du tax-shift, tout le monde était euphorique au sujet de l’efficacité du gouvernement Michel, reconnaît Carl Devos, politologue à l’université de Gand. Mais aujourd’hui, on s’aperçoit que l’accord fragilise fortement le CD&V, ce qui est une très mauvaise chose pour la coalition. » L’histoire agitée de la Suédoise n’est donc pas finie, même si l’équipe Michel a déjà initié la plupart de se réformes structurelles et impopulaires.

Un tax-shift ambitieux ? C’est pourtant ce que le CD&V réclamait depuis des semaines. « On avait demandé une solution avant les vacances, ce qui a été le cas », se félicitait d’ailleurs son vice-Premier ministre Kris Peeters. Depuis, le constat est unanime. « Le parti qui a le plus insisté pour un tax-shift est celui qui a le moins pesé sur le résultat », analyse Dave Sinardet, politologue à la VUB. « Le parti pivot des coalitions est seul responsable de la situation infernale dans laquelle il se trouve, prolonge Pascal Delwit (ULB). Bien sûr, au CD&V on a le sens du sacrifice. Donc, on boira le calice jusqu’à la lie. » « Le CD&V est ultra-dominé dans un gouvernement à consonance très libérale, acquiesce leur collègue gantois Carl Devos. Avec l’Open VLD, le MR et la N-VA, c’est du trois contre un ! Le CD&V avait fait de nouvelles promesses sociales très ambitieuses après la formation du gouvernement, mais elles sont impossibles à tenir. Le tax-shift devait être pour lui la compensation des mesures antisociales comme le saut d’index ou la réformes des pensions, mais c’est loin d’être le cas. »

Les messages se multiplient pour atomiser les chrétiens-démocrates au sein de ses piliers et jusque dans ses propres rangs. « C’est un glissement fiscal dans le porte-monnaie des gens, les capitaux échappent une nouvelle fois à la danse », grince Patrick Develtere, président de Beweging.net, nouveau nom de l’ACW (Mouvement ouvrier chrétien), en référence à l’augmentation minime du précompte immobilier et à la création aléatoire d’une taxe sur la spéculation. » « Avec moins de moyens, nous ne pourrons pas faire davantage », râle Luc Van Gorp, le nouveau patron des Mutualités chrétiennes : le CD&V avait promis que l’on ne toucherait plus aux dépenses sociales, mais les mutualités doivent contribuer à l’effort global à hauteur de 100 millions d’euros. « Nous restons sur notre faim au vu des résultats de la négociation », soupire Wim Soons, président des jeunes du CD&V, en regrettant la contribution minime du capital, mais aussi l’annonce d’une nouvelle régularisation fiscale.

Olivier Mouton

« La structure du modèle belge n’est pas démocratique »

Ci-dessous, le point de vue de Remi Vermeiren qui fut l’inspirateur de « in de Warande » et le directeur de la très flamande banque KBC pendant 43 ans. Dire que son carnet de contacts avec le monde politique et décisionnel flamand est imposant serait un euphémisme.

 

03/08/15 à 09:45 – Mise à jour à 09:45

Source : Belga

Remi Vermerein, ex-banquier flamingant et séparatiste, retape sur le clou indépendantiste : « Belges, finissons-en ! » Le plus vite sera le mieux. Pour les Flamands comme les Wallons… 

"La structure du modèle belge n'est pas démocratique"

© iStock

Il y a dix ans, il allumait le feu avec un manifeste indépendantiste dont il était l’inspirateur pour le compte d’un think tank nommé « in de Warande. » Aujourd’hui, son nouveau plaidoyer en faveur de l’indépendance de la Flandre ne fait plus que lever ou froncer quelques sourcils. Signe que l’idée fait son chemin dans les esprits…

A 75 ans, Remi Vermeiren, 43 ans passés au service de la KBC dont il a été le président, ressort son plan B qu’il a remis au goût du jour. L’ex-banquier séparatiste n’a rien du flamingant exalté. A grand renfort de chiffres, de graphiques et de tableaux, son analyse mène à cette conclusion prémâchée, qu’il expose sobrement, cliniquement : la Belgique est un échec économique et démocratique cuisant et le restera. Puisque tout sépare Flamands et Wallons, finissons-en. Et au plus vite.

Le Vif/L’Express : by-bye Belgium, « there is no alternative » ?

Remi Vermeiren. Je ne crois pas effectivement qu’il y ait une meilleure alternative. Pour la Flandre mais aussi, en fin de compte, pour la Wallonie et pour Bruxelles. Compte tenu, cela va de soi, des conditions qui seront liées à une telle séparation.

Cette séparation serait une opération win-win pour les Flamands et pour les francophones ?

La Flandre, selon moi, n’a rien à gagner à rester dans cette constellation belge qui ne produit rien d’efficient pour elle. Le nord du pays n’en a pas besoin économiquement et à terme, il gagnera en ouverture et en assurance à être indépendant. Mais ce constat n’est pas nécessairement désavantageux pour la Wallonie et Bruxelles : dans le cadre d’un accord, le sud du pays pourra être financièrement aidé.

La structure du modèle belge n’est pas bonne, elle n’est pas démocratique, elle est trop complexe et par conséquent inefficiente. Il existe un déficit de responsabilité financière dans le chef des entités régionales, qui dépensent de l’argent qu’elles ne doivent pas collecter. Il est toujours facile pour un homme politique d’annoncer des dépenses quand il ne doit pas annoncer des impôts pour les financer. Et la sixième réforme de l’Etat ne modifie pas ce fait. Je ne le reproche pas au PS ni aux Wallons en particulier.

Tout de même, la Wallonie va mieux. Cela ne change pas la donne ?

Non. Le fossé entre Flandre et Wallonie reste très important. Si la Wallonie va sans doute mieux, cette amélioration est limitée et sera peut-être temporaire. Et quand bien même : cette amélioration n’est pas un argument suffisant pour maintenir la Belgique.

Dans ce cas, la Wallonie, voire Bruxelles, pourraient vouloir rejoindre la France…

Ce serait le droit le plus strict des Wallons d’exprimer ce souhait. Reste à vérifier si les Français se montreront enthousiastes à cette perspective. Bruxelles, c’est autre chose : la Flandre devrait pouvoir s’opposer à cette perspective. Je ne vois d’ailleurs pas l’avantage que Bruxelles aurait à rallier la France, elle y perdrait son statut de capitale de l’Europe. Bruxelles doit devenir une sorte de Washington DC, au-dessus de la mêlée des Etats.

Tout en restant, logiquement selon vous, la capitale de la Flandre…

Psychologiquement, les Flamands auraient du mal à abandonner Bruxelles. La Flandre pourrait décider que Bruxelles reste sa capitale juridique, le siège de son gouvernement et de son administration. Même si Anvers est incontestablement plus importante pour la Flandre que Bruxelles, dans bien des domaines. Aux Pays-Bas, La Haye est la capitale juridique, alors qu’Amsterdam est la capitale économique. Libre aussi à la Wallonie de faire de Bruxelles sa capitale.

Bruxelles deviendrait ainsi une ville-Etat, elle s’enrichirait à devenir une ville trilingue. Une cogestion de Bruxelles par la Flandre et la Wallonie ne serait pas une situation saine. Un politicien de Bruges ne doit pas se mêler de la gestion des affaires bruxelloises.

La N-VA pourrait connaître le même sort que la VU ?

C’est possible. Je le crains, sans pouvoir dire si cela se produira.

Vous avez l’occasion de discuter de votre position, au sein de la N-VA ?

Je connais bien certaines personnes au sein du parti, qui apprécient mon point de vue.

Jan Jambon, ministre N-VA de l’Intérieur, et son chef de cabinet, Herman De Bode, ont jadis signé le manifeste indépendantiste de la Warande. Ils partagent toujours votre dernière analyse ?

Herman De Bode, qui est un ami, certainement. Probablement aussi Jan Jambon, avec lequel je n’en ai pas discuté. Mais il est aujourd’hui un homme politique, il doit être réaliste et prudent, vis-à-vis de ses électeurs comme à l’égard à sa fonction ministérielle.

Le Mouvement flamand ne respire plus la forme…

Il paraît en effet fatigué, il s’éparpille, il est un peu groggy.

Vous agissez dans la coulisse pour rallier les entrepreneurs flamands à vos vues ?

Je vais parler là où on m’invite. Vous savez, les patrons ont bien d’autres chats à fouetter que de lire mon livre. La plupart éprouvent une sympathie de base pour ma thèse mais les entrepreneurs sont avant tout des gens pragmatiques. Ils pensent à l’intérêt de leur entreprise dans les trois, quatre ou cinq ans à venir. Ils sont rarement attirés par la politique, ils préfèrent garder leurs distances.

Ne devriez-vous pas commencer par convaincre les acteurs politiques et économiques wallons ? A moins que ce ne soit mission impossible ?

Je le crains (sourire.) J’ai 75 ans, je ne me sens pas l’âme d’un missionnaire. Je me contente de donner mon avis. Mon livre n’est d’ailleurs pas connu dans les milieux wallons.

Vous pourriez le faire traduire en français pour éclairer les francophones…

Une version française de mon ouvrage existe mais je n’ai pas trouvé d’éditeur francophone intéressé. Je pourrais le faire imprimer à mes frais, mais comment le distribuer ? Si vous avez une piste à me suggérer…

Pourquoi ne vous êtes-vous pas engagé en politique ?

Je n’ai pas le caractère à faire de la politique. Il est difficile d’y rester intellectuellement intègre. Je suis peut-être trop individualiste pour cela.

Votre analyse est la vision d’un homme d’affaires. La Belgique n’est-elle rien d’autre qu’une question d’argent ou est-elle aussi affaire de sentiments ?

Je peux fort bien comprendre que certains soient sentimentalement attachés à la Belgique, comme on peut l’être tout autant à la Flandre. Mais l’enjeu n’est pas tant économique qu’une question de démocratie. Politiquement, le statut de minorité protégée offre aux francophones une position de force trop importante.

L’indépendance est un principe démocratique, et ma démarche est fondamentalement démocratique. Dans mon schéma de séparation, toute personne de nationalité belge pourra choisir la nationalité wallonne, flamande ou bruxelloise, indépendamment de son lieu de naissance ou de son lieu d’habitation au moment de faire son choix.

La vision francophone d’un nationalisme flamand égoïste vous irrite?

Nationalisme ? Je n’aime pas ce terme pour sa connotation égoïste, sectaire. A mes yeux, un nationaliste veille à ses intérêts et aux intérêts de sa propre famille, sans être pour autant contre les intérêts des autres. Penser à ses propres intérêts, écouter sa population, n’a rien d’inhumain. Tous les Etats de l’Union européenne continuent de défendre leurs intérêts nationaux.

Auriez-vous raison trop tôt ?

Je n’en sais rien. Le jour où deux tiers des Flamands seront pour l’indépendance… Je ne l’exclus pas un jour. Le Flamand est souvent tourné sur lui-même. Les régimes étrangers qu’il a connus, espagnol, autrichien, français, néerlandais, expliquent sa méfiance et son rejet de l’autorité publique et sa posture défensive.

Je pense d’ailleurs que si un jour il y a séparation de la Belgique, l’initiative viendra de Bruxelles ou de la Wallonie. C’est une question de mentalités. Les hommes politiques francophones sont plus assertifs, ils regardent plus loin, font davantage bloc lorsqu’il est question de communautaire. Ce n’est pas illogique, ils sont moins nombreux, ils sentent qu’ils doivent s’unir face à une majorité. l

Remi Vermeiren, « België, de onmogelijke opdracht. Vlaamse onafhankelijkheid. Recht, behoefte en noodzaak » éd. Pelckmans,2014.

Dans Le Vif/L’Express de cette semaine, l’autre partie de l’entretien : « Toute la dette publique est dues aux déficits wallons »

Créactivez-vous !

« Mettons nos idées en commun et concrétisons-les en français ».

C’est avec cette invitation que Liège accueille le 2e Forum mondial de la langue française du 20 au 23 juillet. SAM_2330

Liège nous invite à « créactiver ». Liège, ancienne capitale, alliée traditionnelle et passionnée de la France, a de l’ambition pour elle-même et la langue française. Elle n’est pas une princesse endormie, elle a du caractère et « le caractère le plus fixe de Liège, à coup sûr », c’est « le mouvement », écrivait Jules Michelet. « La petite France des bords de Meuse », ainsi que l’appelait ce grand historien du XIXe siècle, est « une ville qui se défait, se refait, sans jamais se lasser ».

« Créactiver », c’est faire le choix de la vie, oser la métamorphose en restant soi-même. Liège « sait bien qu’elle ne peut périr », écrivait encore l’historien romantique. « Ses fleuves lui rapportent chaque fois plus qu’elle n’a détruit; chaque fois la terre est plus fertile encore, et du fond de la terre, la Liège souterraine, ce noir volcan de vie et de richesse, a bientôt jeté, par-dessus les ruines, une autre Liège, jeune et oublieuse, non moins ardente que l’ancienne, et prête au combat. »

Liège la rebelle, l’ardente, l’audacieuse, était à l’avant-garde de la révolution industrielle au XIXe siècle. Aujourd’hui, elle reste un poste avancé de la francité, connectée au nord de l’Europe et, de plus en plus, au monde entier. Le monde évolue mais, plus que jamais, pour s’y faire une place, il faut pouvoir compter sur des partenaires et, qu’on le veuille ou non, la langue est un puissant facteur d’intégration.

Liège est donc, pour quelques jours, la capitale de la francophonie. Aucun doute, la langue qu’elle utilise pour penser l’avenir est le français. Bien sûr, il y a quelque chose d’incongru à voir flotter le slogan Liege together sur les ponts de la ville, mais c’est le prix de l’ouverture au monde. Il paraît qu’un peu d’anglais sur la carte de visite, c’est comme un mot de passe pour accéder à la reconnaissance internationale. On fait pareil en France, alors…

G.R.

Pour le programme de ce Forum mondial de la francophonie, consulter le site de l’organisation .

Le pays sans passé ni futur

Dans sa dernière édition, le magazine Le Vif/L’Express invite les Belges francophones à sortir du monde merveilleux de l’enfance en titrant sur « La grande manipulation de l’histoire de la Belgique – Comment on a maquillé les faits et fabriqué des gloires nationales ».

Il paraît que Saint-Nicolas, le Père Noël, c’est du bidon. La Belgique aussi. Pas possible.

Alors que la Grèce respire à peine, et que les sujets d’angoisse ne manquent pas dans le monde, il peut sembler malvenu de troubler la quiétude du petit royaume de Belgique. On ne va pas se diviser, quand même. Aussi longtemps que la Wallonie est sous la protection de la Flandre et de la monarchie, il ne peut rien lui arriver de fâcheux.

Qualifiée un temps de « kamikaze » et puis relookée en blonde suédoise aux yeux bleus, la coalition fédérale a traversé la bourrasque sociale et socialiste et, désormais, navigue en eaux plus calmes. Il y a certes un peu de brouillard qui empêche de voir où on va, mais si le regard se perd dans le vide, ce n’est pas tant à cause du brouillard que de la myopie collective.

Il est politiquement vain de spéculer sur les intentions de la N-VA. Ce parti qu’on a longtemps diabolisé n’est plus un épouvantail car, maintenant, c’est lui qui pilote l’état belge. Après tout, la N-VA joue son rôle au gouvernement, ça lui donne une légitimité. De temps en temps, ses ténors rappellent que leur objectif n’a pas changé : l’indépendance de la Flandre. Au minimum, on doit s’attendre à ce que la Belgique soit reconfigurée et dirigée en fonction des seuls intérêts flamands, mais tout cela paraît virtuel au plus grand nombre, et puis la N-VA peut s’effondrer.

Et puis il y a les vrais problèmes, inutile de charger la barque.

Pour beaucoup, malgré les crises institutionnelles à répétition, la fin de la Belgique est inimaginable. Autant parler de l’apocalypse. Or, ce pays finit par se confondre avec les nationalistes flamands de la N-VA, c’est un paradoxe qui fait dire à Dave Sinardet, politologue à la VUB, que le gouvernement Michel est en réalité un « gouvernement Van Cauwelaert/Claes… Avec sa nette minorité du côté francophone d’une part et sa majorité flamande à la conquête de l’appareil Belgique où les nationalistes flamands sont chez euxétatique belge d’autre part, il ressemble… à un fils spirituel de cette doctrine » selon laquelle la Flandre gagne à utiliser la Belgique à son profit. (Voir l’intégralité de cette chronique illustrée par le dessin ci-contre et publiée dans la Libre Belgique.)

Notons que Dave Sinardet cite ici deux personnalités qui appartiennent à l’histoire du Mouvement flamand, il ne fait pas référence au socialiste flamand Willy Claes mais à Lode Claes. « Bien que cet ancien sénateur ait quitté la Volksunie à l’époque du Pacte d’Egmont pour créer son propre parti qui a fait une alliance avec Karel Dillen au sein du Vlaams Blok, Lode Claes n’avait, à l’époque, rien d’un séparatiste. Lui aussi voulait « valoriser » la majorité flamande pour qu’elle s’arroge le pouvoir au sein de la Belgique. »

Van Cauwelaert et Claes ne se sentaient pas belges mais ils ne voulaient pas la disparition complète de la Belgique. Ils incarnaient une tendance minoritaire au sein du Mouvement flamand.

Quoi qu’il en soit de la façon dont la N-VA entend servir les intérêts de la « nation flamande », on est déjà certain qu’une prochaine réforme de l’Etat sera bientôt exigée, afin de permettre à la Flandre de mieux profiter de ses ressources, à charge pour la Wallonie de s’adapter à cette situation nouvelle. Le CD&V et l’Open VLD ne voient pas les choses autrement.

Il est donc légitime de se demander sur quoi repose la Belgique aujourd’hui. Jusqu’à un certain point, la réalité compte moins que l’idée qu’on s’en fait. Pour cimenter une communauté nationale, il faut un minimum de représentations communes. On sait que l’identité relève de l’évidence apprise et transmise. Il est vital, néanmoins, que les repères que l’on se donne, restent en prise avec le réel, sinon c’est l’embardée. Il faut savoir se remettre en question pour se construire un avenir.

G.R.

Voici l’éditorial du magazine Le Vif/L’Express, signé Thierry Fiorilli.

Vif-L'ExpressBelgique, pays sans passé ni futur

Sauf imprévu et chute avant terme du gouvernement Michel, 2019 marquera la fin de l’actuelle législature. Et de la trêve communautaire à laquelle la N-VA a consenti l’été dernier pour pouvoir monter au pouvoir fédéral en en délogeant du même coup le jusque-là indéboulonnable PS. Encore quatre ans de répit, donc.

Avant la reprise effective des manœuvres en tous genres censées mener à une septième réforme de l’Etat. Le grand retour des négociations institutionnelles surviendra donc, à douze mois près, cinquante ans après l’ouverture du premier grand chantier de démolition de l’Etat unitaire belge – avec la révision de la Constitution consacrant les trois Communautés culturelles du pays et prévoyant la création de trois Régions, pourvues chacune d’un territoire et d’autonomie économique.

Un demi-siècle plus tard, un nouveau coup d’accélérateur sera donné au processus d’effilochement de la Belgique – de son évaporation comme le prône, l’ambitionne et le prédit Bart De Wever. De quoi rendre plus hypothétique encore le futur déjà très incertain de ce petit royaume, au cœur de l’Europe, que beaucoup considèrent comme ayant été fabriqué de toute pièce. Né de rien d’autre que de la nécessité d’équilibrer le continent. Un pays tampon, artificiel, virtuel même. Sans réel peuple ni véritable nation. Au mieux, donc : un instrument de géopolitique. Au pire : un accident de l’Histoire. Dans tous les cas : une anomalie du sens commun. Au point que, en français, le terme « belge » est l’un des dix-neuf mots seulement à ne posséder aucune rime. Et le seul caractérisant une nationalité dans ce cas. Comme si rien ne pouvait décidément y faire écho, s’en inspirer ou s’en revendiquer comme modèle.

Etre belge équivaudrait en fait à ne pouvoir ressembler à quoi que ce soit d’autre d’énonçable.

C’est ce qui explique que, une fois la si singulière créature conçue, il a fallu la doter d’une histoire. Lui donner une âme. Ou à tout le moins lui faire croire, coûte que coûte, qu’elle en recelait une. Entre 1830 et 1960, plusieurs personnalités ont ainsi écrit ou réécrit, embelli ou travesti les épisodes du passé contribuant à inventer un sentiment national belge, une flamme patriotique un ciment unitariste. Le dossier que nous consacrons cette semaine à ce storytelling politique d’antan illustre combien il était primordial de convaincre ce non-peuple qu’il était en fait un grand peuple. Pourquoi on s’est échiné à persuader ces Flamands, ces Bruxellois, ces Wallons, ces Liégeois qu’ils faisaient partie d’un même destin, d’une même réalité, d’une même patrie. Comment, bien au-delà de la devise du pays (« L’union fait la force »), on a tenté d’instiller une conscience nationale, avec des livres scientifiques, des manuels scolaires, des images à coller, des héros exhumés, des ennemis désignés, une rhétorique rigoureuse (« Le Roi des Belges », « nos Gloires », « nos régions », « notre sol »…).

Jusqu’à ce que les différences et divergences nord-sud, sur les plans culturel, linguistique, socio-économique et idéologique même, fassent hurler l’évidence : il n’y a pas d’histoire commune, il n’y a pas un passé partagé, il n’y a pas une civilisation belge… Il n’y a qu’un territoire, sur lequel cohabitent trois Communautés. Un territoire correspondant à trois voire quatre Régions. Un territoire surgi de nulle part, dont on a fait un Etat aujourd’hui voué à un confédéralisme presque certain. Avant une liquidation en bonne et due forme, à plus ou moins long terme.

Lire ici Comment la Belgique s’est inventé une histoire (LeVif/L’Express).

Bien sûr, nous avons nous-même abordé ce sujet plusieurs fois. Lire notamment notre article Pour une histoire de la Wallonie .

« Francophones, attention ! 2019, c’est demain ! »

Jules Gheude, essayiste politique (1)

Jules GheudeLe temps passe vite, très vite !

Mise en place il y a un an, la coalition « suédoise » s’est engagée à mettre le volet communautaire entre parenthèses pour se consacrer pleinement au redressement économique et budgétaire du pays. Objectif plus que louable, lorsqu’on sait que la dette publique a atteint, fin 2014, 106,6% du PIB…

Les appréhensions des leaders francophones concernant la loyauté du partenaire N-VA se sont avérées jusqu’ici non fondées. Force est de reconnaître, en effet, qu’ils s’acquittent chacun de leur mission de manière responsable et consciencieuse, démontrant ainsi leur aptitude à gérer. Leur présence au gouvernement flamand depuis 2004 (au début, la N-VA formait un cartel avec le CD&V) avait d’ailleurs déjà largement confirmé cette aptitude.

Mais, dans le ciel politique, une législature passe à la vitesse d’une comète. 2019, c’est demain !

Si la N-VA se comporte loyalement au sein du gouvernement fédéral, elle n’a pas pour autant renié son objectif premier : faire de la Flandre un Etat souverain au sein de l’Europe. Le ministre de l’Intérieur Jan Jambon a tenu à le rappeler dernièrement.

La Fête de la Communauté flamande, ce 11 juillet, a également fourni aux responsables nationalistes flamands l’occasion de rappeler que leur combat était loin d’être terminé.

Ainsi, Geert Bourgeois, le ministre-président flamand, a-t-il déclaré que son gouvernement s’engageait résolument pour une Nation flamande forte. Le terme figure d’ailleurs dans le préambule de la « Charte pour la Flandre », que le Parlement flamand, unanime, a adoptée en 2012.

Cette « Nation flamande », Geert bourgeois entend bien la préparer aux défis qui nous attendent en 2019.

Pas question, pour lui, que l’horloge tourne à l’envers ! On ira de l’avant : « Nous aurons bientôt un ministère flamand des Affaires étrangères à part entière et le statut de nos diplomates flamands doit donc être amélioré. » Et d’insister aussi sur la nécessité d’avoir une seule culture politique qui exige une langue partagée : le néerlandais.

Quant à Jan Peumans, le président du Parlement flamand, ses propos ne laissent place à aucune ambiguïté :

« Nous devons oser exercer ce droit à l’autodétermination avec plus de verve. Bien que la 6ème réforme de l’Etat ait accru l’autonomie flamande et fait passer le budget annuel de la Flandre de 28 à près de 37 milliards d’euros, elle ne peut être un terminus. »

Et d’ajouter : « Les nations constituées naturellement favorisent une Europe libre de conflit. Ce sont les meilleures briques pour l’édification d’une Europe stable. »

A peine l’encre de la 6ème réforme de l’Etat était-elle sèche que Wouter Beke, le président du CD&V, avait d’ailleurs déclaré :

« Personne ne niera qu’une 7ème réforme de l’Etat viendra un jour. L’approfondissement est irréversible. (…) Nous voulons qu’on tienne compte, en matière communautaire, de pensions, de sécurité…, de ce que veulent 57% de la population belge, dont les Flamands. »

Aujourd’hui, des voix académiques (Hugues Dumont, des Facultés Saint-Louis de Bruxelles, et Carl Devos, de l’Université de Gand) s’élèvent déjà pour souligner l’impérieuse nécessité d’une nouvelle réforme de l’Etat.

Bref, dès 2019 (si le gouvernement fédéral parvient à atteindre ce terme), le démantèlement de la Belgique va se poursuivre irrémédiablement et les responsables francophones, toujours demandeurs de rien au départ, ne pourront rien empêcher.

Face à la détermination flamande – le nationalisme flamand ne s’arrête jamais, rappelait François Perin en 2011 -, les responsables francophones pratiquent la politique de l’autruche. Ils se mettent la tête dans le sable « fédéral » alors que celui-ci, depuis les fameuses résolutions adoptées par le Parlement flamand en 1999, est devenu « confédéral ».

En droit international, le concept du « confédéralisme » implique des Etats souverains qui, à un moment donné, décident de coopérer dans un certain nombre de domaines. Dans le cas qui nous occupe, il faudrait donc que la Belgique ait préalablement cessé d’exister.

Le « communautaire » est toujours bien présent, comme en témoigne la volonté du gouvernement flamand de s’opposer à la nouvelle désignation de Thierry Damien comme bourgmestre faisant fonction de Linkebeek. Et, de même que la Flandre s’est toujours montrée réticente à la création de Bruxelles comme région à part entière, de même elle s’oppose aujourd’hui à la mise en place de la « communauté métropolitaine ». Pour Geert Bourgeois, cette nouvelle structure ne peut pas devenir une menace pour les Flamands. Et d’ajouter : « Nous ne permettrons pas qu’on chipote avec la frontière linguistique. Le gouvernement flamand n’approuvera pas le traité-cadre relatif à la protection des minorités nationales parce que cela donnerait des droits francophones en Flandre. »

Voilà donc Christine Defraigne, la présidente du Sénat, prévenue, elle qui réagit par une déclaration pro-belge : « La Belgique, c’est un Etat qui existe. Et moi je suis attachée à mon pays ! »

Son père Jean, qui fut président de la Chambre, avait pourtant bien compris l’évolution des choses : « Les Wallons doivent préparer leur dossier pour faire l’inventaire et dire ce qui doit leur revenir au moment de la séparation (…), car, quand les Flamands auront les poches pleines d’euros, ils nous largueront » (voir « Le Soir » du 4 avril 1996).

A bon entendeur salut !

(1) Dernier livre paru : « François Perin – Une Plume / L’Œuvre écrite », préface de Michel Hermans, Les Editions de la Province de Liège, 2015

Wallonie libre et ses héritiers

Une défaite, voilà ce que représente la Butte du Lion qui domine orgueilleusement le champ de bataille de Waterloo. Voulue par le roi Guillaume des Pays-Bas pour « éterniser la gloire nationale », elle a été érigée en 1826 dans l’indifférence générale. En revanche, l’inauguration d’un petit monument français, répondant à une initiative privée, attira la grande foule en 1904. Plus de cent mille personnes et une réelle ferveur patriotique : on n’avait jamais vu autant de monde à Waterloo depuis la sinistre bataille de juin 1815.

Aigle_blessé_MonumentCe monument à l’Aigle blessé devint un haut lieu du militantisme wallon dans les années 30, quand se précisait la menace d’une Allemagne revancharde asservie au nazisme. Le gouvernement belge s’étant dégagé de son alliance avec la France en 1936 sous la pression de la Flandre et de Léopold III, le sort de la Wallonie inspirait les plus vives inquiétudes, du moins chez les citoyens qui ne pouvaient se résoudre au sacrifice de leur Wallonie romane, alors que la voix gutturale d’Adolphe Hitler tétanisait l’Europe.

C’est là, sous le regard de l’Aigle blessé, qu’en juin 1940 fut fondé le mouvement de résistance Wallonie libre, en réponse à l’Appel du 18 juin, celui du Général de Gaulle. Ainsi, le bicentenaire de la bataille de Waterloo, l’événement historico-touristique de l’année 2015 en Belgique francophone, coïncide avec les 75 ans de Wallonie libre, célébrés le 28 mai de façon plus confidentielle, il faut bien le reconnaître.

Robert Collignon -Quand même, à cette cérémonie, il y avait Robert Collignon. Lui, l’ancien ministre-président de la Région Wallonie, il a rappelé que Waterloo fut la victoire de l’Ancien régime sur les idées de la Révolution. Son point de vue ne sera jamais celui des familles régnantes qui ont paradé sur le champ de bataille. Il a parlé d’une «…défaite douloureuse pour la France et surtout pour la Wallonie, arrachée à sa patrie naturelle et greffée arbitrairement aux Pays-Bas ». La révolution belge n’a pas suffi pour réparer les effets de cette défaite car elle a finalement donné naissance à « la Belgique… ce résidu du traité de Vienne et création britannique ». (La vidéo de ce discours peut être vue sur le site de Wallonie libre.)

Comme on le sait, le mouvement Wallonie libre a toujours été pluraliste et, s’il ne donne plus l’impression de pouvoir influer sur le cours des choses, il a néanmoins laissé un héritage dont les dépositaires sont notamment de véritables acteurs de la politique en Wallonie. Il y a Robert Collignon, bien sûr, mais il n’est pas le seul. Voici, par exemple, un extrait du Daniel Bacquelaineportrait de Daniel Bacquelaine, l’actuel ministre fédéral des Pensions, publié tel quel samedi passé dans la Libre Belgique :

« Pas moins de trois Bacquelaine figurent dans l’Encyclopédie du Mouvement wallon. Le premier, Maurice, est le père du ministre. Jean, son oncle, et Marie-Louise, sa tante, complètent un trio d’illustres militants régionalistes et libéraux, résistants au sein du réseau Wallonie libre durant la Seconde Guerre mondiale. Tous les trois étaient au congrès national wallon d’octobre 1945.

« Daniel Bacquelaine n’a pas rompu avec cet héritage-là. Ses sentiments pour la Belgique sont plutôt tièdes, et son aversion pour le nationalisme flamand, plutôt farouche. Peu porté sur les remous médiatiques, cet éternel raisonnable a toutefois pris l’habitude de taire sa conviction profonde : si le délitement de l’Etat s’accélère, comme il le pressent, le scénario d’une Wallonie française aura sa faveur. »

Aux régionalistes francophiles, il faut ajouter les régionalistes lucides (l’un n’empêchant pas l’autre), et on comprendra que le scénario d’une Wallonie française est plus que jamais pertinent.

« Un scénario à la grecque en Wallonie »

« Grèce: j’ai honte pour l’Europe », proclame Elio Di Rupo sur le site du PS. « Au cours des dernières années, aucun autre peuple européen n’a consenti autant de sacrifices que les Grecs. » C’était la position du Parti socialiste avant le référendum de ce dimanche. On OXIsait maintenant que la Grèce a pris le risque de se fâcher avec l’Union européenne en refusant de se plier à la volonté de ses créanciers.

« Je soutiens la Grèce, je soutiens Syriza. L’attitude de l’Union européenne est intenable, non seulement pour les Grecs mais aussi pour la zone euro. Après cinq années d’échecs cuisants, ces penseurs continuent à mener une politique d’austérité insupportable. » Ces propos, Elio Di Rupo les tenait déjà devant les militants socialistes il y a une semaine. Le magazine Le Vif/L’Express les rapporte en introduction d’un article intitulé « Le psychodrame grec réveille la fracture francophone ».

La réaction de la Grèce divise l’opinion publique. Héroïque aux yeux de certains, criminalisée par d’autres, elle n’a pas fini de se débattre au milieu de ses difficultés financières. « Il y a un parallèle évident à faire entre ce qui se passe en Grèce et la situation en Wallonie », a déclaré Pierre-Yves Jeholet, chef de groupe MR au parlement wallon. Voici comment il s’en explique dans le Vif/L’Express :

« L’endettement de la région s’élève à 20 milliards d’euros. Nous devions avoir un déficit de 450 millions d’euros en 2015 mais, à la suite de l’ajustement budgétaire, il s’élèvera à 685 millions. Le Conseil économique et social wallon met en garde contre un déficit qui pourrait s’élever à plus d’un milliard en 2018. Ce sont des chiffres qui interpellent quand on sait qu’en outre, le mécanisme de transition de la loi de financement imposera la perte progressive de 550 millions d’euros d’ici dix ans et que la fin de mécanismes de solidarité coûtera quelque 600 millions d’euros. »

Et d’enchaîner : « La Grèce est dans le mur et, à ce rythme-là, la Wallonie va dans le mur ! La vérité, contrairement à ce que dit Elio Di Rupo, c’est que les responsables grecs manquent de courage et de sens des responsabilités. Le discours est le même au niveau du gouvernement wallon. Christophe Lacroix, ministre du Budget, affirme qu’on ne peut pas pratiquer l’austérité pour l’austérité. Mais c’est se mettre la tête dans le sable, car nous sommes exactement dans un scénario à la grecque ! »

Julian Assange demande l’asile à la France

La France ne s’honorerait-elle pas en répondant positivement à la demande de Julian Assange ? Mais il faudrait pour cela un brin de courage face aux Etats-Unis et aux Etats européens vassaux de ce qui reste encore aujourd’hui (pour combien de temps) la 1e puissance économique mondiale.

<!––>Source AFP

Publié le 03/07/2015 à 12:25 – Modifié le 03/07/2015 à 12:50 | Source Le Point.fr
"Un examen approfondi fait apparaître que compte tenu des éléments juridiques et de la situation matérielle de M. Assange, la France ne peut pas donner suite à sa demande", explique l'Élysée dans un communiqué.

 
« Un examen approfondi fait apparaître que compte tenu des éléments juridiques et de la situation matérielle de M. Assange, la France ne peut pas donner suite à sa demande », explique l’Élysée dans un communiqué.      AFP PHOTO / POOL / JOHN STILLWELL©JOHN STILLWELL

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