DI RUPO, jusqu’à la mort du PS ?

Par Willy Burgeon

Président Honoraire du Parlement Wallon

Militant socialiste en colère et révolté

Il y a bien des années que j’ai décelé le personnage. Le courant n’est jamais passé entre nous parce que je savais (et il savait que j’avais vu clair) qu’il faisait de la politique une affaire personnelle et non pour défendre l’intérêt général. Je ne regretterai jamais d’avoir écrit des articles intitulés « EDR contre le PS », « Pourquoi je n’irai pas au meeting d’EDR (à Binche) » et d’avoir été le SEUL à voter contre le projet gouvernemental d’EDR au congrès du PS à Flagey. J’avais raison trop tôt.

Le PS traîne encore la misère que ce gouvernement a provoquée en Wallonie. En Wallonie, pas en Flandre.

Dans l’affaire de la Corée du Nord, comme il ne pouvait m’attaquer sur le plan financier car j’ai toujours été un mandataire intègre, pour plaire à la famille royale (cette scandaleuse et luxueuse caste) et au belgicanisme, il a voulu me déstabiliser.

Il faut savoir que c’est la tête du parti qui m’a désigné au sein du « Comité International de Liaison pour la Réunification des Deux Corée » et des délégations de la RPDC ont été applaudies dans des congrès.

EDR a toujours tout cédé pour garder son poste de Premier Ministre quand la pression de la droite était suffisante.

Gageons que ni Cools, ni Spitaels n’auraient supporté de négocier pendant 540 jours pour conserver la Belgique. Ils auraient tiré la conclusion qui s’imposait : la Belgique n’a plus de sens. Aujourd’hui moins que jamais, la Belgique n’a de sens. Le PS aurait sauvé son honneur.

Le PS, espèce en voie de disparition ?

Sous Spitaels, le PS recueillait 43 % des voix. Maintenait, on atteint… 21 % !

Je suis un militant très en contact avec la base et je connais le temps et l’argent que des affiliés consacrent au Socialisme. Ils n’ont rien de semblable avec la gauche-caviar qui les gouverne. Ils   encaissent les réactions dures et dégoûtées de la population qui leur font mal et beaucoup partent vers le PTB ou Ecolo. Heureusement pas vers l‘extrême-droite. Cela est réservé à la Flandre. Il y a une belle conscience politique en Wallonie et à Bruxelles.

DU COURAGE, DU COURAGE, DU COURAGE, DU COURAGE !

Le PS est à l’agonie.

Je suis outré quand je lis des interviews de responsables socialistes qui soutiennent, contre tout entendement, le maintien d’EDR à la tête du parti. Ce faisant, ils se font les complices de ce fossoyeur du PS.

DU COURAGE ! Que font la commission de vigilance et la commission de déontologie du PS pour sanctionner sévèrement ceux que la moralité réprouve ? Sont-elles à ce point à la solde ?

DU COURAGE ! Qu’attendent les poids lourds du mouvement socialiste pour dire, d’une seule voix, à  EDR: « Ça suffit, il faut que vous partiez ! ».

DU COURAGE ! Qu’attendent, pour se révolter, les jeunes mandataires, et j’en connais beaucoup de talentueux, qui seront les premiers sacrifiés lorsque la droite, bien aidée par les media, aura éjecté le PS de tous les niveaux de pouvoir, du communal au fédéral ? Car la droite ne nous fera jamais de cadeaux, l’Histoire le prouve. Il y a eu des réactions mais velléitaires.

DU COURAGE ! Qu’attendent les fédérations et les groupes pour se lever et défendre leurs élus ? D’aller dire ce qu’est la vie et les gains de la toute grosse majorité de ces élus. D’aller parler de la fragilité sociale aussi.

Il faut mettre un terme au lynchage médiatique qui frappe les mandataires PS et pour cela, il faut un solide réveil et réguler leur présence au sein des institutions. Il y a un battage à leur encontre alors que le Khazackgate est bien plus grave pour les institutions de l’Etat.

Il existe une mentalité suicidaire inconnue jusqu’ici au sein des instances. Où est l’esprit de Résistance ?

J’ai 77 ans, je reste affilié au PS, je n’ai plus aucun mandat, j’accomplis les tâches qui incombent au militant de section locale, je suis actif, gratuitement, dans l’éducation populaire. Je me dis que le PS se rétablira bientôt car il défend des principes indissociables de la dignité humaine.

Le billet d’humeur d’André Dumont

Dès les premières semaines de cette nouvelle année 2017, la Wallonie avance allègrement vers son déclin. Pourquoi ?

1. La malédiction du système belge  : dans l’édito du Soir en date du 10 février 2017, Béatrice DELVAUX reconnaît que la Belgique est ingouvernable. C’est tellement évident que l’éditorialiste, pour garder sa crédibilité, s’est sentie contrainte de l’écrire : « union nationale, mais vous plaisantez ? Qui propose encore un projet d’un gouvernement fédéral où les partis n’arrêtent pas de se disputer depuis quasiment la formation de la coalition, mais surtout dans une Belgique où le Fédéral et les Régions se mangent le nez depuis des mois. »

Le lendemain, Béatrice DELVAUX signe un autre édito : « la malédiction du système belge ». Dans celui-ci, elle mentionne notamment un rapport de la Cour des Comptes qui reconnaît la spoliation de la Wallonie.

2. L’énergie viendra du Nord : l’énergie du Fédéral sera flamande. Celui-ci a fait appel à la Vlaams Energiebedrijf , institut du gouvernement flamand, pour se fournir en gaz et en électricité.

3. La Wallonie dans la dèche : la dette wallonne grossira encore. Elle dépasse aujourd’hui les 20 Milliards d’euros, la plus élevée des 3 régions.

Les finances wallonnes qui n’ont pas encore digéré l’impact financier de la 6ème réforme de l’Etat, seront confrontées à partir de 2019 au déclin de la solidarité fédérale, à savoir l’arrêt des transferts Nord-Sud.

4. La Flandre de plus en plus riche : avant la fin de la législature, en 2019, la Flandre va investir 5,8 Milliards d’euros pour rénover et construire de nouvelles infrastructures : routes, voies navigables, transports publics, pistes cyclables… Depuis le début de la législature, la Flandre a investi plus de 20 Milliards d’euros dans ses infrastructures.

5. Mobilité : le R.E.R. wallon immobile : pour être achevé, le R.E.R. wallon nécessite un investissement de plus d’1 Milliard d’euros. François Bellot, ministre fédéral de la mobilité, annonce son achèvement entre 2028 et 2030, pour autant que les crédits annoncés suivent. Toutefois, il est prévu que le R.E.R. fonctionne au gré des chantiers terminés.

6. Transfert Nord – Sud : Marcel Coucke, Flamand richissime, vient d’acquérir quelques dizaines d’hectares aux portes de Durbuy, pour y installer un centre multi-fonctionnel : loisirs, horeca, habitat.

Sous peu, les Flamands revendiqueront le statut de commune à facilités linguistiques pour la ville de Durbuy.

7. Après l’armée, le musée : le musée de l’armée  est avalé par un organisme privé flamand, le War Heritage Institute. A ses côtés se retrouveront l’Institut des Vérérans, le Mémorial National du Fort de Breendonck et le pôle historique qui gère le boyau de la mort à Dixmude.

Les collections des musées seront dispatchées dans les Régions. A ce jour, 12 000 pièces se trouvent en Flandre et 600 en Wallonie.

8. Le silence est d’or : les deux commissions parlementaires mises en place par le parlement fédéral et le parlement wallon concernent respectivement les dossiers Chodiev et Publifin, mettant en cause quelques élus pour leur comportement délictueux.

Comme un long fleuve tranquille, l’argent public coule dans les poches de ces magouilleurs.

Ce  scandale vient occulter le rayon de soleil que Paul MAGNETTE  avait fait naître sur la Wallonie, en refusant,  avec maîtrise, de ratifier le dossier de libre-échange CETA.

Les édiles wallonnes, aussi bien économiques que politiques, se complaisent dans un silence étourdissant. Pour eux, le présent doit durer aussi longtemps que la durée de leurs mandats.

WALLONIE, REVEILLE-TOI !

André DUMONT

Mondialisation française

« Pour la patrie, la science et la gloire ». Cette devise est celle de l’Ecole polytechnique de Paris, fondée au temps de la Révolution française et militarisée par Napoléon. Cette grande école, qui dépend toujours du Ministère de la Défense, illustre bien ce qu’il y a de paradoxal dans le rapport de la France avec la mondialisation, dont les effets contrastés sont de nature à polariser le débat politique. Certes, la mondialisation est loin de convenir à une partie non négligeable de la société française, il est même possible qu’elle menace son mode de fonctionnement, son équilibre et jusqu’à sa culture nationale, mais la France est un véritable acteur de ce mouvement planétaire. Dans la nouvelle géographie du monde, Paris continue à jouer les premiers rôles. C’est ce que confirme un classement cherchant à identifier les hautes écoles d’où sont issus les dirigeants des plus grandes entreprises mondiales. Aucune trace d’Oxford ou de Cambridge dans le top-10 établi par le très anglais Times Higher Education, mais Paris, encore Paris, toujours Paris.

C’est du moins ce qu’on peut lire dans un article publié sur le site Atlantico, dont voici des extraits :

« Le vrai pouvoir économique mondial appartient aux dirigeants des grandes multinationales. Et quand on voit l’origine, la formation de ces patrons qui cumulent à la fois les plus gros salaires, les plus grosses fortunes et la plus grande influence au niveau mondial, on s’aperçoit qu’ils ne sortent pas tous du même moule.

« Times Higher Education a recensé les diplômes qualifiants des grands chefs d’entreprises qui ressortent dans les classements du magazine Fortune.

« Alors globalement, les formations d’origine américaine tiennent la plus grosse part de marché. Plus de 50% des dirigeants des 1 000 plus grosses entreprises mondiales ont été formés dans les universités américaines. (…)

« Si plus de 50 % des dirigeants des plus grandes multinationales ont été formés aux USA, c’est parce que l’économie américaine est la plus puissante du monde, et que les entreprises US sont les plus présentes sur la planète. Les entreprises américaines ont tendance à recruter des Américains et quand le grand patron sort de Harvard, l’entreprise aura tendance à privilégier les recrutements de diplômés d’Harvard. Phénomène classique qui explique aussi la montée en puissance des universités chinoises, un progrès parallèle à celui de l’économie.

« En revanche, l’importance des recrutements d’origine française n’est pas liée à la surperformance des entreprises ou à la puissance des réseaux. Elle tient finalement à la qualité de la formation supérieure. En Allemagne, dont l’appareil éducatif est remarquable pour former les classes moyennes (l’apprentissage par exemple est un modèle mondial), l’enseignement supérieur des cadres dirigeants a moins de succès. Beaucoup de dirigeants des très grosses entreprises allemandes ont été formés aux USA.

« Le hit-parade des meilleures universités pour former les dirigeants reflète donc cette situation.

« Première place au classement mondial : Harvard, le plus ancien et le plus célèbre des établissements d’enseignement supérieur. C’est à Harvard que se forme l’élite américaine et mondiale : l’industrie automobile, le pétrole et la Tech ont des dirigeants qui sortent de Harvard. Ce succès fait aussi que Harvard est l’université la plus riche. Elle peut donc se payer les meilleurs professeurs, les meilleurs chercheurs.

« Deuxième place : l’école Polytechnique. C’est une surprise de voir cette école au deuxième rang mondial. L’école polytechnique a eu un passage à vide. Elle avait la réputation de former principalement des ingénieurs qui s’épanouissaient principalement dans l’industrie. Les polytechniciens ont connu leur heure de gloire avec la révolution industrielle du 19e, puis avec la reconstruction de l’après-guerre. A la fin des Trente glorieuses, la part de l’industrie a reculé devant la montée des services et de la finance. Depuis 20 ans, avec sans doute la révoltions digitale et la modélisation de l’économie financière, l’école Polytechnique a retrouvé tous les postes de pouvoir dans tous les secteurs d’activité : la banque, l’assurance, la technologie, l’énergie, le luxe et même la politique. Bernard Arnault et Carlos Ghosn sont des purs produits de l’X. La surface mondiale des entreprises dirigées par des X, arrive juste derrière la surface des entreprises dirigées par des anciens de Harvard.

« Troisième place : Stanford. (…)

« Quatrième place : l’Ecole des Mines de Paris. Cette grande Ecole a connu la même évolution que l’Ecole Polytechnique, avec un créneau qui lui était quasi réservé, celui de l’énergie nucléaire. Ça n’est pas par hasard si Anne Lauvergeon a dirigé Areva si longtemps et si Isabelle Kocher a été choisie pour succéder à Gérard Mestrallet chez Engie. La notoriété du nucléaire français tant considérable dans le monde, les anciens de l’Ecole des Mines en profitent.

« Cinquième place : Université de Cornell. (…)

« Sixième place : HEC. HEC, énorme prestige en Europe, la mondialisation, le digital, la place du marketing et de la finance dans les stratégies de développement ont donné à HEC un second souffle depuis dix ans. A noter qu‘HEC a pris beaucoup de distance avec la chambre de commerce de Paris, ce qui a obligé cet établissement à affronter la concurrence des autres grandes écoles internationales, non seulement au niveau du recrutement mais aussi au niveau du financement.

« Septième place : Chicago. (…)

« Huitième place : l’université chinoise de Wuhan, la plus française des universités asiatiques. C’est aujourd’hui le centre de formation des dirigeants chinois le plus célèbre de la Chine, le plus fréquenté et aussi le plus cher. La région abrite beaucoup d’entreprises chinoises et internationales. C’est aussi la ville la plus française de la Chine, plus de 90 entreprises tricolores sont implantées à Wuhan, qui concentre à elle seule 40 % des investissements français en Chine. (…)

« Neuvième place : l’université de Pennsylvanie. (…)

« Dixième place : le MIT. (…) »

Et si on s’inventait un pays?

L’AWF est fière de se présenter comme un mouvement citoyen. L’exercice de la citoyenneté suppose évidemment que chacun puisse s’exprimer. C’est la raison pour laquelle il y a une rubrique Exprimez-vous sur ce site. Cela ne signifie pas que nous sommes prêts à publier des textes qui seraient contraires aux valeurs de l’AWF, ou à nos convictions wallonnes et francophiles, mais on peut trouver ici des points de vue qui font polémique au sein du mouvement. La réflexion de notre ami Georges-Henry Simonis, ci-après, nourrit le débat citoyen dont la Wallonie a besoin. Néanmoins, on voudra bien considérer qu’elle n’engage pas l’AWF.

Par Georges-Henry Simonis

« Et si on s’inventait une Histoire ? Une autre histoire où tous les puissants et les grands de la terre finiraient par se pendre de honte… Et si on s’inventait un pays ? »

Me reviennent les paroles de cette chanson ancienne de mon ami JOFROI.

La Belgique moribonde est aux soins palliatifs, quasi en phase terminale, si ce n’est déjà en coma presque dépassé. Les nouveaux états, wallon, flamand, et bruxellois, se dessinent peu à peu, en apportant de nouvelles pistes.

A l’occasion de PUBLIFIN en Wallonie, et de PUBLIPART en Flandre, les régions sont confrontées à de nouveaux enjeux qui concernent la moralisation des affaires publiques et la bonne gouvernance.

Elles font apparaître au grand jour ce que l’on savait déjà, mais que l’on ne disait pas trop : règnent en Belgique une forte hypertrophie administrative et une politisation partisane – ce n’est pas un pléonasme – entrainant  des phénomènes de corruption, d’enrichissements sans cause, et des conflits d’intérêts manifestes.

Les partis politiques traditionnels sont secoués, de même que les réseaux d’influence plus ou moins occultes, qu’ils soient familiaux, affairistes, laïcs ou religieux, francs-maçons, adeptes de l’Ordre de Malte ou de l’Opus Dei.

L’état central est également atteint par cette gangrène qu’illustrent les pratiques de l’ancien premier ministre DE HAENE, ou celles de l’ancien président du sénat Armand DE DECKER, ou encore de l’actuel président de la Chambre Sigfried BRACKE. D’autres personnalités politiques belges se sont tournées vers l’Afrique, créant à coups d’influences un nouveau colonialisme très rémunérateur…

Toutefois, l’occasion fait le larron, et ce qui se passe à Liège peut devenir une opportunité et une chance exceptionnelle pour l’avenir de la Région Wallonne.

En Wallonie, plusieurs pistes de réformes structurelles sont déjà virtuellement acquises, ou près de l’être :

1. REGIONALISATION  

La suppression de la Communauté Française et la régionalisation de ses compétences relevant aujourd’hui de la Fédération Wallonie-Bruxelles sont tout à fait négociables, dès aujourd’hui.

En matière d’enseignement, qui est la plus budgétivore, il va de soi que le transfert de compétences doit se faire dans tous les réseaux d’enseignement, avec le souci de créer des synergies pour rationnaliser au maximum afin d’assurer l’égalité des chances et la qualité de l’enseignement.

Les économies seront surtout perceptibles dans le domaine de l’enseignement technique, qui coûte cher, et devrait être plus proche du monde des entreprises afin de mieux répondre à leurs besoins.

En ce qui concerne l’enseignement spécialisé, une réflexion approfondie devrait être entreprise : soit on continue de créer des structures spécifiques, soit on intègre les enfants concernés dans l’enseignement ordinaire en augmentant en leur sein le nombre d’éducateurs spécialisés.

En ce qui concerne l’enseignement universitaire, qui pourrait relever d’un seul ministère, l’offre wallonne a bien progressé (Liège, Louvain, Mons, Namur), sauf à Charleroi toujours absent de la carte  universitaire « de  iure » sinon « de facto » : cela reste à faire !

Quant au « Pacte d’excellence », mis en échec relatif en raison de l’insuffisance des moyens financiers et de blocages qu’on peut qualifier de corporatistes, des réformes en profondeur, s’inspirant des modèles scandinaves et nordiques, devraient être approfondies.

Ainsi, pour le secondaire, l’idée de réserver les « cours » aux matinées, et les activités « parascolaires » (ou périscolaires, comme on dit en France) les après-midi : sports, musique, théâtre, découvertes, expression… après des repas-santé organisés dans chaque établissement en liaison  avec le monde agricole local ou même avec les écoles hôtelières. Ces hypothèses, créatrices d’emplois, et qui bousculent les habitudes, ne semblent pas avoir été étudiée à ce jour. Cela se pratique dans d’autres pays, et notamment en France.

Après l’aide à la jeunesse, les maisons de justice, la sécurité routière, d’autres matières, comme la justice ou les prisons, pourraient continuer de glisser vers les régions.

2. LA DEPROVINCIALISATION

La plupart des gens viennent d’apprendre que PUBLIFIN et consorts étaient détenus à plus de 50% par la Province de Liège, dans les conditions que l’on découvre peu à peu. A cet égard, il faut rendre hommage aux journalistes du VIF (MM.  Olivier Mouton, Pierre Havaux, Nicolas De Decker, Mélanie Geelkens, Thierry Fiorilli…) qui se livrent à un travail d’information exceptionnel).

Le site de l' »Association des Provinces Wallonnes » mérite d’être consulté : il décrit les compétences et les montants  énormes des budgets provinciaux et comprend une étude très intéressante, quoique déjà ancienne, du Professeur Christian BEHRENDT de l’Université de Liège.

En tant que relais entre l’État central et les régions, la province n’a plus aucune raison d’être. Il y a lieu de transférer à la Région wallonne les compétences provinciales, qui varient d’une province à l’autre, en sauvegardant l’avenir des réalisations provinciales qui fonctionnent bien : par exemple, l’enseignement qui pourrait être géré directement entre les pouvoirs organisateurs et la Région, sans intermédiaire institutionnel ; de même pour les établissements de soins médicaux, ou encore pour les politiques agricoles sous-régionales. La suppression des provinces entraînerait ipso facto le transfert des intercommunales, liégeoises et autres, ce qui aurait été jadis qualifié de « nationalisation », et qu’on appellera aujourd’hui « régionalisation ».

La question d’un « holding public wallon » capable d’irriguer l’ensemble de l’économie de la région wallonne, mérite une attention nouvelle. Il faudra créer un support juridique adapté au choix qui seront faits : modèle public, ou privé, ou mixte. De même pour les intercommunales ou les inter-territorialités. La question parait spécialement claire pour les distributeurs de gaz et d’électricité, dont on perçoit mal la dispersion géographique en Wallonie…

A noter que la suppression des provinces a été étudiée récemment en Flandre, où bon nombre de parlementaires approuvaient cette mesure économiquement nécessaire.

Les « Palais provinciaux » devront être réaffectés ou revendus.

Le personnel des provinces sera nécessairement réduit progressivement, avec transferts vers la Région.

Dans la réforme des Provinces, de même que dans celle de l’enseignement, la Région trouvera les moyens financiers qui lui font défaut actuellement.

3. SUPPRESSION DU SENAT

Inutile d’insister aujourd’hui : il tombera comme un fruit mur ! Sans que personne ne s’en aperçoive, hormis les sénateurs, et le service « comptabilité » des Palais Nationaux qui transférera le magot aux Parlements régionaux…

Post scriptum

J’entendais hier (RTBF 1ère) les explications brouillonnes d’un Gouverneur de Province qui s’évertuait à convaincre de la nécessité de maintenir les provinces. Il ne parlait évidemment pas de ses rémunérations (7.339€ net /mois), ni de celles de ses 5 conseillers provinciaux (les anciens « députés permanents » à 5.461€ net/mois, ni du « Directeur général provincial » (car, il en faut un), ni du Receveur etc. Les quelque 50 conseillers provinciaux sont payés aux jetons de présence de 200€ par prestation. Je n’ai pas trouvé le montant global des frais de fonctionnement des différentes administrations provinciales.

Le budget annuel des provinces wallonnes frôlerait le milliard d’euros. Il y aurait 17.840 agents provinciaux wallons. La situation de chacune des 5 provinces est assez différente. Et les attributions très disparates: Enseignement-Formation / Culture-tourisme / Action sociale / Sports et santé / Eco-développement territorial… Chacune de ces matières est aussi traitée au sein de la Région wallonne : les doublons sont évidents, et des transferts tout à fait possibles ! Le Gouverneur défendait son fief en disant que la Province pouvait utilement soutenir des projets locaux : telle cour d’école, telle maison de retraite, etc… C’est du parfait saupoudrage, avec en corollaire politisation, clientélisme, népotisme… : bref, l’une des tares profondes de la Wallonie ! 

CONCLUSION : IL FAUT, AVANT LES PROCHAINES ELECTIONS, UN AUDIT IMPARTIAL SUR L’UTILITE INSTITUTIONNELLE DES PROVINCES.

Georges-Henry Simonis, le 22 février 2017

Auteur de « L’après confédéralisme belge » (60 pages, 8€), sur demande (simonisgh@gmail.com) ou à la librairie Molière à Charleroi.

Numéro spécial France

Trappist et Speculoos

Liège au firmament de la recherche spatiale, Trappist et Speculoos pour tout le monde, et qu’on fasse un  chahut de tous les diables avec nos casseroles. Ce n’est pas tous les jours qu’une découverte essentiellement liégeoise est annoncée par la NASA. Pour le millième article publié sur ce site de l’AWF, nous sommes heureux de célébrer Liège et la Wallonie, et tant pis si cela brille comme une étoile filante, si tout cela n’est que poussière, éclat fugitif, particules insignifiantes. Il suffit d’un instant de grâce pour croire à nouveau que Liège et la Wallonie décollent, rappelant combien cette partie du monde a été pionnière au XIXe siècle…

Pour comprendre la démarche des astrophysiciens de l’Université de Liège, le mieux est de consulter leur site.

Sur la découverte de sept exoplanètes rocheuses autour d’une étoile naine située à 40 années-lumière du Soleil, voir l’article publié dans le journal Le Monde.

Il était déjà question du travail effectué par les astrophysiciens liégeois à la fin de ce documentaire diffusé par France 5 :

L’AWF en action…

Au mois d’avril et début mai, lors des deux tours de l’élection présidentielle française, l’AWF ira à la rencontre des citoyens wallons dans l’espace public.

Le but, mesurer l’intérêt porté pour ce scrutin en Wallonie.

Pour cela, nous avons besoin que des militants, membres ou sympathisants consacrent un peu de leur temps à cette action.

Merci de répondre nombreux à cette initiative en contactant Marcel Dehalu par courriel à mdehalu@gmail.com  ou Paul Durieux à pauldurieux2003@yahoo.fr

Fraternellement,

Marcel Dehalu                                                                Paul Durieux

France : un modèle d’Etat interventionniste ?

L’article suivant a été publié dans : Politique, revue belge d’analyse et de débat, n° 98-99, mars 2017, pages 93-96. Pour citer cet article dans son édition électronique : Christophe GOETHALS, « Un modèle d’État interventionniste ? », Les analyses du CRISP en ligne, 21 février 2017.

En France, les vagues de nationalisations et la protection des secteurs-clés de l’économie ont contribué à l’image largement partagée d’un État interventionniste en matière de politique industrielle. La réalité est cependant plus complexe… Depuis plusieurs décennies, la désindustrialisation est un phénomène commun aux sociétés développées : en Europe et aux États-Unis, la production industrielle (en volume) a continué à se développer, mais son poids relatif dans l’économie, qu’il soit exprimé en termes d’emploi ou de valeur ajoutée, a lentement diminué au cours du dernier demi siècle. Confrontés à une perte de substance de leur système productif, beaucoup de pays occidentaux ont réagi en redéfinissant leur politique industrielle. Quelle voie la France a-t-elle suivie à cet égard ? Qui dit politique industrielle française dit souvent État interventionniste, voire dirigiste.

La France a en effet une longue tradition de volontarisme industriel dont les origines remontent au XVIIe siècle. À cette époque, Jean-Baptiste Colbert, ministre d’État sous Louis XIV, est le promoteur d’une politique économique interventionniste fondée sur les principes du mercantilisme. Il favorise le développement du commerce et de l’industrie en France, notamment par la création de fabriques et de monopoles royaux. Depuis, le terme de « colbertisme » est souvent utilisé pour désigner la politique d’intervention active de l’État français dans l’économie. Cette politique a connu un grand retentissement dans l’imaginaire collectif, conférant  aujourd’hui encore à l’État français un rôle presque naturel de soutien et de protection de l’industrie nationale. Il serait cependant incorrect de penser que, de tout temps, le rôle de l’État français dans l’élaboration et la mise en œuvre d’une politique industrielle a été marqué par un haut degré d’interventionnisme. En réalité, l’histoire de la politique industrielle française se caractérise par un constant mouvement de balancier entre interventionnisme et retrait de l’État, entre colbertisme et libéralisme (voir G. THIBAULT, Quelle stratégie industrielle pour la France face à la mondialisation ?, Paris, Technip, 2008).

L’interventionnisme étatique connaît ses plus belles heures après la Seconde Guerre mondiale. L’économie française est alors dévastée et l’État va jouer un rôle-clé dans la reconstruction de l’industrie nationale. Le gouvernement de coalition, placé sous la direction du général de Gaulle et suivant en cela le programme du Conseil national de la Résistance, lance une campagne de nationalisation radicale et met en place une planification économique comme principal outil de reconstruction et de modernisation du pays.

En 1973, le choc pétrolier marque l’essoufflement du modèle des Trente Glorieuses. La crise économique se traduit par une série de restructurations industrielles et de faillites retentissantes. En 1974, Valéry Giscard d’Estaing (appartenant alors au groupe centriste des Républicains et Indépendants) accède à la présidence de la République et, face à la crise, adopte une attitude à la fois libérale et pragmatique. Pour certains secteurs jugés condamnés, la politique de l’État consiste à faciliter le retrait industriel en procédant à l’accompagnement social des restructurations. Mais la politique industrielle de cette époque comporte également un volet offensif. Par le biais de prêts et de commandes publiques, notamment, la France soutient des créneaux industriels qui doivent permettre à son économie d’acquérir des parts de marché au niveau mondial. Font l’objet des principales attentions : l’aéronautique, le nucléaire, l’armement et l’équipement lourd.

Lorsque le socialiste François Mitterrand le remplace en 1981, le périmètre du secteur public s’agrandit davantage. Onze grandes entreprises privées (Pechiney, Rhône-Poulenc, Compagnie générale d’électricité, Thomson-Brandt, Dassault, Saint-Gobain…), des compagnies financières (Suez et Paribas) et toutes les banques privées sont nationalisées. Cela marque une rupture avec la politique économique et industrielle menée à l’époque par les autres grandes nations, États-Unis et Royaume-Uni en tête, où l’ultralibéralisme triomphe. Au milieu de la décennie, l’État français contrôle des secteurs entiers (banques, énergie, transports, télécommunications…) et occupe près d’un cinquième des emplois industriels.

Le tournant sous Mitterrand

En 1983, le refus du gouvernement de Pierre Mauroy (PS) de soutenir le groupe Creusot Loire, fleuron historique de l’industrie française et leader national de la mécanique lourde, alors menacé de faillite, apparaît comme un tournant. L’État accepte ainsi le démantèlement d’un grand groupe industriel et ne soutient plus automatiquement un champion national. Il s’ensuit un retrait quasi complet de l’État du secteur industriel qui se traduit par deux vagues de privatisations successives correspondant au retour de la droite au pouvoir (1986-1987 et 1993-1996) et par plusieurs ouvertures de capital (sous la gauche puis sous la droite, 1997-2004). Cette mutation intervient dans un contexte d’accélération de la libéralisation du commerce international, de la construction du marché unique européen et du renforcement de la mondialisation de l’économie. Longtemps dépeinte comme colbertiste, mettant en œuvre des politiques industrielles sélectives, défendant des champions nationaux et s’engageant dans des grands programmes technologiques (Concorde, TGV…), la France, s’inspirant largement de pratiques étrangères, semble s’ouvrir depuis les années 2000 à une nouvelle forme d’intervention : les politiques industrielles horizontales. Ces politiques se distinguent des politiques précédentes en ce qu’elles visent non plus à défendre spécifiquement les intérêts de quelques groupes d’entreprises, mais à promouvoir un environnement favorable aux entreprises et à leur compétitivité, dans une logique de transversalité.

Les outils et les politiques industrielles se sont multipliés depuis 2004. La plupart d’entre eux mettent l’accent sur la recherche et l’innovation. C’est le cas de la politique des pôles de compétitivité – bien connue en Wallonie – créés en 2005, du pacte pour la recherche en 2006, de la stratégie nationale de recherche et d’innovation en 2007 (qui laissera la place à la stratégie nationale de recherche « France Europe 2020 » en 2015, des investissements d’avenir lancé en 2009, du crédit d’impôt recherche créé en 2008, du pacte national pour la croissance, la compétitivité et l’emploi en 2012… Une partie de ces mesures restent néanmoins relativement verticales dans la mesure où elles s’appliquent à des secteurs ou à des filières spécifiques. Mais l’approche récente leur ajoute des éléments transversaux. Cela tranche avec la politique de soutien aux grands groupes dans le sens où les PME se voient dorénavant accorder une certaine place au sein de la politique industrielle, sans pour autant en devenir la pierre angulaire. Les pôles de compétitivité, par exemple, rassemblent sur un territoire donné des entreprises (petites ou grandes), des laboratoires de recherche et des centres de formation engagés dans une démarche partenariale destinée à dégager des synergies autour de projets communs au caractère innovant. La philosophie est d’améliorer l’ancrage territorial des activités grâce au développement de formes d’interdépendance entre les acteurs économiques.

À côté de ces politiques horizontales et verticales, l’État français maintient, dans certains secteurs jugés stratégiques, une politique industrielle de type discrétionnaire, se réservant le droit d’intervenir sous la forme d’une minorité de blocage, d’arbitrages ou de prises de positions dans des opérations de fusions ou d’acquisitions menées par des groupes étrangers sur des groupes français. L’État se dote à cet effet d’outils juridiques. Ainsi, en 2005, dans un contexte de concentration des entreprises et en réponse aux rumeurs d’offre publique d’achat hostile du groupe américain PepsiCo sur le groupe français Danone, le Premier ministre (de droite) Dominique de Villepin lance un appel « à rassembler toutes les énergies autour d’un véritable patriotisme économique ». La notion doit inciter à protéger les entreprises françaises et les intérêts économiques nationaux.

Le 30 décembre, le décret anti-OPA voit le jour. En conformité avec le droit européen, ce texte de loi donne aux services de l’État les moyens juridiques de s’opposer à la prise de contrôle d’une entreprise française pour des motifs impérieux de sécurité publique ou de défense nationale. Sont concernés des secteurs considérés comme sensibles, parmi lesquels la sécurité, l’armement, les marchés secret-défense, les matériels d’interception des communications, la production d’antidotes, la sécurité informatique… En 2014, pour se donner le moyen d’avoir un droit de regard sur le rachat de la branche énergie d’Alstom par General Electric, le gouvernement français (de gauche, cette fois) élargit la liste en y intégrant le secteur de l’énergie, mais aussi les transports, l’eau, la santé et les télécommunications (Décret n° 2014-479 du 14 mai 2014) relatif aux investissements étrangers soumis à autorisation préalable, Journal officiel, 15 mai 2014).

Peut-on parler d’un modèle français ?

Le mouvement de va-et-vient de l’intervention de l’État dans l’industrie observé en France depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale montre à l’évidence qu’il n’existe pas de modèle français unique en matière de politique industrielle. Il n’existe pas non plus de singularité française en la matière. La France n’est pas le seul pays à protéger son industrie. La protection du capital des entreprises considérées comme nationales contre la prise de contrôle par des intérêts dits étrangers est devenue, depuis quelques années, un enjeu de politique économique important, non seulement en France, mais aussi ailleurs dans l’Union européenne et plus largement dans le monde. L’acquisition de ces entreprises par des investisseurs étrangers laisse craindre une perte d’influence des États présageant potentiellement, à terme, la délocalisation des centres de décision, des emplois, du savoir-faire et des compétences techniques. Ces dix dernières années, de nombreuses affaires ont soulevé les passions médiatiques et suscité l’intervention des États, à des degrés divers et selon différentes formes. À ce titre, la plupart des grandes nations (Allemagne, Chine, Espagne, États-Unis…) disposent de dispositifs légaux. Autre argument : à la lecture de l’histoire industrielle française, il ne semble pas possible de relier un mode d’intervention particulier à une couleur politique. Ainsi, « c’est un gouvernement autoritaire qui a institué une redistribution de type social-démocrate sans syndicats et sans compromis institutionnalisé. C’est un gouvernement libéral qui a exacerbé l’interventionnisme et gravement affaibli les entreprises. C’est enfin un gouvernement socialiste, nationalisateur, élu sur un programme de rupture avec le capitalisme, qui a instauré la révolution libérale en France en présidant à la réglementation économique et sociale » (E. COHEN, « Dirigisme, politique industrielle et rhétorique industrialiste », Revue française de science politique, vol. 42, n° 2, 1992, p. 197-198)

Au fond, l’étude du cas français nous rappelle que, dans une économie de marché, la politique industrielle ne dépend pas uniquement d’une certaine culture nationale ou de la volonté des pouvoirs publics. La réalité est plus complexe. La politique industrielle, comme toute autre politique, est le résultat d’interactions et de rapports de force entre acteurs (l’État, les groupes sociaux et les groupes d’entreprises) qui se situent dans un contexte historique, politique, social et économique particulier.

Les possibilités d’intervention de l’État, en France comme ailleurs, dépendent notamment des contraintes internationales qui pèsent sur l’appareil productif national. Parmi celles-ci, la politique européenne de concurrence, fondée sur le contrôle des aides d’État et la répression des pratiques anticoncurrentielles, a eu un impact déterminant dans l’orientation des modes d’intervention en matière de politique industrielle, délimitant, en France comme ailleurs, un cadre d’actions qui ne permet plus à un État dirigiste, volontariste ou stratège de s’exprimer comme autrefois.

Cumul des mandats et ruralité

Par Jean-Luc Lefèvre

De plus en plus de voix s’élèvent en Wallonie en faveur d’une stricte limitation du cumul de mandats exécutifs locaux et régionaux.

Etonnons-nous d’abord du silence assourdissant  autour du cumul autrement plus inadmissible de mandats exécutifs (ministre wallon et bourgmestre) comme si aucun conflit d’intérêts ne pouvait le vicier.

S’agissant du cumul aujourd’hui dans le collimateur,  celui du mandat de bourgmestre ou d’échevin avec celui de député wallon, notons d’abord qu’il est dans l’air du temps ! Il fait même partie du programme présidentiel de F. FILLON en France. Un autre François, BAROIN en l’occurrence, qui appartient au même parti que le premier, s’y oppose résolument pour des raisons qui devraient intéresser au premier chef les francophones des terres romanes de Belgique.

Il s’oppose à cette proposition pour la simple raison qu’en interdisant le double mandat, on exclut aussi de la représentation populaire près d’un français sur deux  vivant dans une localité de moins de 10 000 habitants au seul bénéfice des zones urbaines.

En Wallonie, la situation est la même : près d’un wallon sur deux est domicilié dans une commune de moins de 10 000 habitants.

Une seule question, dès lors, se pose. Après la désertification des campagnes en matière de services publics, tolérerons-nous  encore qu’elles  ne soient plus représentées à Namur que par des citadins qui ne vivent pas au quotidien les problèmes des ruraux et qui ont déjà modifié les critères d’attribution du Fonds des communes à leur seul profit ?

Marre du « Walloon bashing »

Bonjour à tous,

Comme déjà dit à Paul (Durieux), je ne pourrai être avec vous ce samedi 25, étant, une fois de plus, dans notre mère-patrie.

J’ai déjà eu l’occasion de dire ce que je pensais du ramdam à propos de Publifin.

Que tout ne soit pas parfait dans cette nébuleuse, le contraire serait étonnant.

Qu’il y ait eu de l’ingénierie fiscalo-administrative, à coup sûr, mais elle était publique et connue depuis des années. On est quand même loin (sait-on jamais !) des montages via le Luxembourg, les Pays-Bas et l’Irlande, montages admirés de toutes parts pour leur ingéniosité. Merci Deloitte, E&Y, PwC, et quelques autres.

Qu’il y ait des mandats bien rémunérés pour des mandataires passifs et/ou dormants, sans doute.

(Soit dit en passant, je trouve normal que ce soit des élus qui me représentent au Conseil de Police, par exemple.)

Mais s’étonne-t-on des rémunérations des administrateurs passifs de Inbev (par exemple) ou antérieurement de Fortis ? J’ai d’autres exemples mais certes, c’est privé et donc ils font ce qu’ils veulent !

Je ne défends personne mais je suis un peu las du Walloon bashing et de l’auto-flagellation. J’ai parfois l’impression d’être au pèlerinage de l’Achoura où les pèlerins se flagellent au sang.

Un peu d‘anticipation : Monsieur Elio veut redevenir premier ministre. Il doit  donc donner des gages. Ethias devra rejoindre Belfius avant privatisation et donc transfert des emplois wallons à Bruxelles ou Anvers ; Telenet (vlaamse maatschappij) convoite Voo avec le transfert des emplois wallons. Sera-ce la conséquence de tout ceci ?

J’avais déjà écrit que le Kasakhgate était bien plus grave parce qu’il met en cause les fondements d’un Etat, fût-il la Belgique. Je le maintiens.

Pourtant, dans un cas comme dans l’autre, est-ce ces sujets qui font partie des objectifs et des combats de l’AWF ? Peut-être, mais ça ne me paraît pas évident.

J’en viens quand même à mon objectif premier en écrivant ce mot : le conflit d’intérêt.

Ce que j’ai lu dans Le Soir de ce samedi 18 est d’un banal ! Il s’agit de foot et de la construction d’un stade (nationaal) sur le sol flamand. En page 6, en fin de l’article intitulé  « nouvel obstacle… » (5ème colonne), je cite « Derrière cet attentisme pourrait bien se cacher le nouvel homme fort de la Fédération : Bart Verhaege. Le président du club de Bruges (ndlr : c’est le même) voit d’un mauvais œil ce projet qui favoriserait Anderlecht. De plus, le stade national pourrait marcher sur les plates-bandes et faire de l’ombre à son projet immobilier, Uplace, qui doit prendre place à quelques encablures de là, à Vilvorde. »

Ce double conflit d’intérêt – sportivo-commercial et immobilier- ne gêne pas le journaliste et sa rédaction ; c’est normal, c’est privé.

Oufti et cwè, si c’était en Wallonie ?

Voilà, c’était mon humeur d’aujourd’hui ! Ceci ne faisait pas partie non plus des fondamentaux de l’AWF.

 Bonne réunion ce samedi,

Michel Pieret

La Wallonie avec la France en Europe et dans le monde