La conférence de presse de l’A.W.F.

L’Alliance Wallonie France a tenu ce jeudi 20 février 2014  à la Maison de la Presse de CHARLEROI une conférence de presse destinée à présenter ses objectifs.

Une quarantaine de membres, provenant de toutes les régions de Wallonie et de Bruxelles, et de tous  horizons politiques et philosophiques, ont présenté les revendications du mouvement.

L’A.W.F. a rappelé avec force qu’elle n’était pas un parti politique de plus  parmi les diverses tendances wallonnes, mais qu’elle était un mouvement de citoyens s’interrogeant sur l’avenir de la Wallonie.

Ainsi, l’A.W.F. ne présentera pas en tant que telle des candidats aux élections du 25 mai 2014.

Mais l’A.W.F. a cependant un message  clair et original  à adresser à l’opinion publique en vue de ces prochaines élections, tant aux citoyens qu’aux différents partis politiques : l’A.W.F. revendique l’instauration d’un large débat sur le rattachement de la Wallonie à la République Française.

Le choix de la France, que propose clairement l’A.W.F., n’est plus simplement un choix de cœur, motivé par l’évidence et l’importance des liens qui unissent les francophones de Belgique à la France.

C’est devenu aussi un choix de raison, la situation économique de la Wallonie seule, et même rattachée à Bruxelles, n’étant pas viable à long terme.

Le professeur d’économie Jules GAZON, de l’Université de Liège, a une nouvelle fois clairement démontré  que, en cas de séparation de la Flandre, la Wallonie n’en sortirait pas et connaîtrait une évolution semblable à celle qu’a connue la Grèce ces derniers mois.

Il a aussi démontré, chiffres à l’appui, qu’en cas de rattachement à la République, le poids de la dette wallonne ne constituerait pas une charge excessive pour la France, dont l’importance en Europe serait fortement renforcée par l’adhésion de la Wallonie.

 L’A.W.F. a présenté également  les analyses de mandataires publiques expérimentés : comme bien d’autres avant eux ou avec eux, tant l’ancien Ministre-Président Robert COLLIGNON que l’ancien Ministre Pierre HAZETTE encouragent de manière précise et documentée l’ouverture de négociations en vue du rattachement à la France.

Dans cette perspective, l’A.W.F. entend développer le concept d’intégration-autonomie, permis par la Constitution française, qui allie intégration à la République et respect des particularités et du passé de la Wallonie.

L’A.W.F. entend interpeller les partis politiques démocratiques sur le débat  qu’elle revendique à bref délai : les réponses seront rendues publiques, et orienteront les votes de ceux qui pensent qu’« on  ne pourra pas indéfiniment retenir sous le toit belge une Flandre qui ne partage plus les valeurs du sud ».

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                        Dossier de presse disponible sur simple demande.

                                   Charleroi, le 20 février 2014

Georges-Henry S.

Questions sans réponse ?

Ne vous êtes-vous pas demandé pourquoi Joëlle s’est installée à Bruxelles, et pourquoi Lorette et Didier ont quitté le bateau de la Wallonie pour la rejoindre ?

questionNe vous êtes-vous pas demandé pourquoi nos hommes politiques wallons éprouvent le besoin d’étaler leurs racines flamandes à la veille du confédéralisme ?

Ne vous êtes-vous pas demandé pourquoi Elio n’assiste pas aux réunions de la Francophonie ?

et

Ne vous êtes-vous pas demandé pourquoi aucun d’eux n’ose affirmer sa fierté d’être wallon ?

Adrien LHOMME

Devant la justice pour avoir refusé de polluer !

Chère amie, cher ami,

Emmanuel Giboulot, viticulteur bio dans le département de la Côte-d’Or, exploite depuis plus de quarante ans 10 hectares de vignes en agriculture biologique.

Le 24 février 2014, il passera devant le tribunal correctionnel pour avoir refusé de déverser un dangereux pesticide sur sa vigne. Il encourt jusqu’à 6 mois d’emprisonnement et 30 000 euros d’amende.

Par solidarité avec lui, je vous demande de signer la déclaration de soutien située en bas de ce message.

Un insecticide qui détruit les abeilles

En juin dernier, pour contrer un risque hypothétique d’épidémie de flavescence dorée, une maladie de la vigne, le préfet de Côte-d’Or a pris un arrêté radical : tous les vignerons devront traiter leur vigne contre la cicadelle, l’insecte qui répand la maladie.

Le problème est que même l’insecticide le moins polluant contre la cicadelle tue les abeilles et la faune auxiliaire.

Il détruit toutes sortes d’insectes nécessaires à la régulation de la vigne pour éviter les parasites. Or, Emmanuel Giboulot travaille justement depuis plus de 40 ans à préserver les équilibres biologiques de sa vigne.

Il décide donc, fort logiquement, de lutter contre la cicadelle en choisissant parmi les nombreux traitements naturels bien connus des agriculteurs bio.

Le 30 juillet dernier, un inspecteur de la direction régionale de l’Agriculture arrive chez lui. L’inspecteur s’aperçoit qu’il n’a pas déversé de pesticide.

Il décide aussitôt de le signaler au procureur. Emmanuel Giboulot est mis en examen, comme un délinquant.

Traîné en correctionnelle !!

Emmanuel Giboulot est convoqué le 24 décembre pour un arrangement amiable avec le procureur, mais celui-ci annule au dernier moment.

Au lieu de classer l’affaire, le procureur décide de le renvoyer devant le tribunal correctionnel, avec un procès le 24 février prochain !

Emmanuel Giboulot sera donc jugé aux côtés de délinquants sexuels et de cambrioleurs endurcis, qui forment la population habituelle des audiences correctionnelles.

Le problème est que, en dehors de quelques réactions isolées, personne ne s’est exprimé publiquement pour défendre Emmanuel Giboulot.

Aucune réaction massive n’a eu lieu dans la population, jusqu’à présent.

L’IPSN avait créé une page de soutien sur Facebook pour Emmanuel Giboulot, qui a récolté plus de 35 000 soutiens. Mais, vu le contexte, la mobilisation doit aujourd’hui être infiniment plus forte et plus officielle.

Les alternatives naturelles sont efficaces !

En effet, contrairement à ce qu’affirment les autorités, il existe plusieurs moyens de protéger les vignes contre la cicadelle tout en respectant l’environnement :

  • les vignes peuvent être protégées avec des fougères et de l’argile calciné ;
  • des pièges à cicadelle existent, et ils sont efficaces (la cicadelle est attirée par la couleur orange) ;
  • on peut également poser entre les pieds de vigne de la paille d’avoine ou du papier d’aluminium, dont la forte intensité lumineuse empêche l’insecte de se poser. Des expériences ont montré que cette simple mesure est tout aussi efficace que l’insecticide ;
  • mais surtout, surtout, c’est en préservant la biodiversité qu’on lutte le mieux contre la cicadelle, car c’est un insecte apprécié par de nombreux prédateurs dans la nature. Le problème est que ces prédateurs, les araignées, la mante religieuse et certains types de punaises, ont aujourd’hui été éradiqués dans les vignes non biologiques, où la faune est ravagée par les insecticides.

Ces solutions ne devraient pas être combattues mais au contraire encouragées par les autorités.

Les agriculteurs qui les utilisent devraient être félicités et donnés en exemple, non pas soumis à la terreur d’une répression judiciaire.

C’est pourquoi je vous demande de signer la déclaration officielle de soutien à Emmanuel Giboulot.

Signez la déclaration de soutien

Emmanuel Giboulot ne doit pas se rendre au tribunal abandonné de tous. Il doit savoir qu’il est soutenu par des centaines de milliers de personnes.

Oui, si vous signez la déclaration de soutien ci-dessous, et si vous passez ce message à tout votre carnet d’adresses, nous pouvons provoquer une vague de solidarité historique dans le pays.

Nous pouvons aussi changer l’issue de ce procès en rassemblant des centaines de milliers de signatures de soutien.

Car sans réaction massive de la population, ce viticulteur risque très probablement d’être condamné, pour l’exemple.

La plupart des agriculteurs qui verront cela se le tiendront pour dit. Ils comprendront qu’ils doivent obéir aveuglément aux injonctions des autorités, y compris si cela implique d’empoisonner leur propre terre et de décimer plus encore les abeilles et autres insectes pollinisateurs !!

Ne laissez pas se commettre une telle injustice, avec des conséquences aussi lourdes et contraires à l’intérêt de tous. Manifestons publiquement notre réprobation la plus totale contre les réglementations qui marchent à l’envers et qui nuisent autant à l’environnement qu’au bon sens.

L’Institut pour la Protection de la Santé Naturelle vous appelle donc solennellement à signer la déclaration officielle de soutien à Emmanuel Giboulot et à la faire signer par tout votre entourage.

Cela ne vous demandera qu’un instant, mais c’est un moyen concret d’empêcher qu’une grave injustice ne soit commise, doublée d’une grave atteinte à notre planète.

S’il vous plaît, ne fermez pas cet email pour l’envoyer aux oubliettes. Ce serait un énorme gâchis. Puisque vous avez investi du temps pour lire ce message jusqu’ici, faites un geste simple et signez la déclaration officielle de soutien à Emmanuel Giboulot.

Puis transmettez ce message à toutes vos connaissances.

Un grand merci,

Avec tout mon dévouement,         Augustin de Livois

Institut pour la Protection de la Santé Naturelle

Institut pour la Protection de la Santé Naturelle – Rue du Vieux Marché au Grain 48, 1000 Bruxelles
www.ipsn.eu
Association sans but lucratif conforme à la loi du 27 juin 1921.

Dans l’ombre de la Belgique et de son Premier ministre

Rudy_demotteLe visage et la voix de la Wallonie, c’est lui. Rudy Demotte veille depuis 2007 sur la destinée d’une région wallonne aux compétences élargies, engagée dans la voie d’une autonomie accrue, et, selon le dernier sondage du Soir, il est vu comme le meilleur candidat à sa succession, loin devant les autres. En sa qualité de Ministre-Président de la Wallonie, il a pourtant du mal à se faire entendre. Au niveau médiatique, il est complètement éclipsé par Elio Di Rupo, le visage et la voix d’un gouvernement fédéral qui n’a pas fini de céder des compétences aux entités fédérées mais qui, symboliquement, entretient la flamme d’une Belgique élevée au rang de modèle universel.

Les médias francophones contribuent à faire de la Belgique une nouvelle utopie, un territoire et des hommes dont l’ « indéfectible unité » trouve une justification dans un passé mythique et un rôle actuel d’avant-garde, un pays fait de bric et de broc sentant bon la tolérance et le parler vrai, dont le génie éclaire aujourd’hui la France et demain le monde. Au cœur de cette entreprise de consolidation nationale (ou de mystification totale), il y a surtout le génie d’Elio Di Rupo, dont la communication est bien servie par les médias francophones. Passant du costume de Premier ministre à celui d’illusionniste, Elio Di Rupo n’est plus un homme politique ordinaire. Il plane dans une autre dimension.

Quel contraste avec ce Rudy Demotte un peu maladroit mais sincère et consciencieux qui s’attire les foudres et les sarcasmes des journalistes à chaque fois qu’il entreprend de mobiliser les Wallons ! Le Ministre-Président de la Wallonie n’est pourtant pas du genre à vouloir s’affranchir du cadre belge. Au fond, son message se résume en un slogan très consensuel (et néanmoins très discutable) : « une Wallonie forte pour une Belgique forte ». Il y en a toutefois qui jugent qu’il met trop de Wallonie dans ses discours, lui qui, à la différence d’un Kris Peeters en Flandre, est loin de se donner des airs de chef d’Etat.

Si la relation paraît si déséquilibrée entre lui et son Premier ministre, ce n’est pas seulement une question d’hommes et de rapport de force interne au Parti socialiste, c’est aussi  que, dans les médias francophones, il paraît normal que la Wallonie s’efface derrière la Belgique, alors que cela ne correspond nullement à la réalité institutionnelle de ce pays « en voie d’évaporation ». Ainsi, aux yeux de l’opinion publique, il est normal qu’un Ministre-Président de la Wallonie se fasse taper sur les doigts quand il cherche à affirmer le fait wallon, même (et surtout) quand la Flandre réclame le confédéralisme. Rudy Demotte a la prudence ou le bon goût de ne pas crier.

Dans son dernier discours forcément peu médiatisé (adressé aux diplomates fédéraux, le 5 février), Rudy Demotte s’est permis de citer Talleyrand :   « On ne croit qu’en ceux qui croient en eux », ajoutant que « cette maxime universelle mérite particulièrement d’être méditée dans une Wallonie que les mutations économiques ont longtemps plongée dans le doute ».

Demotte-TalleyrandPour ce discours de circonstance, assez mesuré, dans son style habituel, le Ministre-Président de la Wallonie a eu droit à une brève évocation dans le Vif/L’Express. Nous en reproduisons ici le texte illustré par un portrait de Talleyrand (cliquer pour agrandir).

Il n’en faut pas beaucoup pour que le très sérieux Demotte ait l’air d’un rigolo.

Mais cessons d’évoquer Rudy Demotte et la Wallonie, malmenés par les médias francophones, puisqu’il est évident que nous sommes tous belges et que la Belgique va bien grâce à qui vous savez… Autre méthode Coué… Autre traitement médiatique.

Georges R.

Une route Napoléon en Wallonie

Le site du « Vif-l’Express » parle bien d’une route Napoléon en Wallonie, circuit qui sera accompagné d’un guide Michelin et de textes élaborés par des historiens de chez nous, dont l’excellent Philippe Raxhon. Je connais plusieurs de nos lecteurs qui s’en réjouiront. Le mot « Wallonie » deviendrait-il un mot que l’on ose prononcer ? Je ne serai pas le dernier à me réjouir que « le Sud du pays » retrouve sa véritable appellation. (Paul D.)

Voici l’information reprise sur le site du Vif/L’Express.

NapoléonLe balisage de « La Route Napoléon en Wallonie », un parcours touristique retraçant celui de l’Empereur en Belgique dans le cadre de la campagne des 100 jours en 1815, a été présenté lundi par le cabinet du ministre wallon du Tourisme, Paul Furlan. Le circuit est accompagné d’un guide Michelin, qui détaille entre autres les lieux à visiter et les différentes anecdotes historiques.

Le parcours de la route Napoléon, qui s’étend sur 94 kilomètres de Beaumont à Waterloo, a été élaboré avec l’aide d’historiens et reprend l’itinéraire emprunté par l’Empereur en 1815.

La route sera balisée dès lundi à l’aide de 200 panneaux indiquant les points d’intérêts du parcours, « comme un lieu de bataille, l’endroit où Napoléon a dormi ou des anecdotes », précise Jean Fassiaux, attaché de presse de Paul Furlan.

Un circuit GPS pour voitures et vélos est également en phase de finalisation, qui permettra aux visiteurs de suivre l’itinéraire sur le GPS ou sur smartphones et tablettes, grâce à des applications. Le guide Michelin « Route Napoléon en Wallonie et Waterloo 2015 », co-écrit avec l’historien belge Philippe Raxhon, reprend dans ses 96 pages des éléments historiques, des événements, des circuits à parcourir en vélo ainsi qu’une sélection de lieux où se restaurer et d’hébergements. L’ouvrage est en vente depuis lundi.

Parallèlement à cette route Napoléon, sept capsules vidéo ont été réalisées et un documentaire d’une quinzaine de minutes est en cours de doublage.

Le but de ce dispositif, lancé pour commémorer le bicentenaire de la bataille de Waterloo en 2015, « est aussi d’inciter les visiteurs à venir en Wallonie » et leur offrir « de nouvelles manières de découvrir notre patrimoine ».

L’Alliance française de Liège invite

Notre ami Paul Mélot attire mon attention sur deux conférences de l’Alliance française de Liège qui devraient susciter notre intérêt :

Les rendez-vous de l’Alliance française de Liège

Balace-LanneauLiège et la France : de l’amitié à l’alliance

par Francis BALACE et Catherine LANNEAU

Quand ? Lundi 17 février 2014 à 18h

? Théâtre de Liège – Emulation (Place du XX août – Liège)

Prix : 5 € excepté pour les membres de l’Alliance française de Liège et les étudiants qui bénéficient d’un libre accès.

Abstract : 2014, année-clé, année-charnière ! Le souvenir d’une guerre sanglante vécue dans une souffrance commune par les Liégeois et les Français. Un avenir en point d’interrogation que certains Liégeois verraient bien plus proche de la France… La conférence de Francis Balace et Catherine Lanneau tombe à point nommé ! On ne présente plus le professeur Balace, historien réputé, spécialiste de l’histoire contemporaine. Historienne elle aussi, Catherine Lanneau est spécialisée dans l’histoire contemporaine de la France et ses liens avec la Belgique : le gaullisme en Belgique, les relations franco-belges, la France et les Belges francophones. Leurs propos seront à coup sûr passionnants.

Raxhon1789, Liège à l’heure des Révolutions

par Philippe RAXHON

Quand ? Mardi 25 mars 2014 à 18h

? Théâtre de Liège – Emulation (Place du XX août – Liège)

Prix : 5 € excepté pour les membres de l’Alliance française de Liège et les étudiants qui bénéficient d’un libre accès.

Abstract : Né en 1965, Philippe Raxhon est aussi un historien réputé de l’Université de Liège, spécialiste des relations entre la France et la Wallonie, auteur de plusieurs ouvrages : La mémoire de la Révolution Française en BelgiqueEntre Liège et Wallonie, Histoire du Congrès Wallon d’octobre 1945, Un avenir politique pour la Wallonie. Que s’est-il réellement passé à Liège durant l’été de 1789? Quel était l’état d’esprit du peuple liégeois, frondeur et toujours prompt à s’enflammer? La conférence de Philippe Raxhon nous apportera les réponses.

Première conférence de presse de l’ A.W.F.

             L’ A.W.F. et l’avenir de la Wallonie

L’Alliance Wallonie-France vous convie à la conférence de presse qu’elle organise le jeudi 20 février 2014 à la Maison de la Presse de Charleroi.

Paul Durieux, président de l’AWF, présentera le mouvement et précisera sa position face aux prochaines échéances électorales.

Il rappellera également la manière dont la Wallonie peut se lier, sans heurt, à la France avant d’entendre trois personnalités reconnues pour leur indépendance d’esprit et la pertinence de leurs propos.

Jules Gazon, professeur émérite de gestion à HEC-Université de Liège, démontrera l’insoutenable légèreté économique d’une indépendance wallonne et la chimère politique d’un résidu wallobrux.

Le message de Pierre Hazette, ancien ministre de l’enseignement de la Communauté française, rappellera l’existence des accords de coopération, signés, avec la France et qui ne demandent qu’une application intensive.

Robert Collignon, ancien ministre-président de la Wallonie, abordera la nécessité de la réunion à la France, bilan de son expérience politique et de ses convictions wallonnes.

A l’issue de la conférence de presse, nous vous convions à partager une collation au cours de laquelle nous pourrons prolonger le débat et croiser les idées.

Si vous souhaitez une information préalable ou nous informer de votre présence pour faciliter notre logistique: Paul Durieux 00.32.42.63.69.17/ 00.32.476.654.329 ou pauldurieux2003@yahoo.fr

A vous retrouver ce jeudi 20 février à 11 heures à la Maison de la Presse de Charleroi, 15, rue Tumelaire  (tél : 00.32.71.50.91.90).

Peu avant la collation vous sera présenté le livre de Marc Ronvaux « Français, Wallons, Manuel de survie ».

Vous pourrez aussi vous procurer l’ouvrage de Jules Gheude : « Lettre à un ami français ».

Vive la Wallonie libre

vive le québec libreCes mots, que de Gaulle n’a jamais prononcés (sinon, peut-être, en privé), Pascal de Sutter les a écrits dans le « Vif » de cette semaine. Sexologue réputé qui partage son temps entre la Belgique et la France, également reconnu comme un expert de la psychologie politique, apprécié des médias français, chroniqueur régulier du Vif/L’Express, Pascal de Sutter s’exprime avec la sérénité du psychologue et la conviction du citoyen (que l’on imagine levant les bras au ciel… en signe de dépit).

Voici son texte.

Bart De Wever a raison !

pascal de sutterBien que je n’éprouve guère de sympathie pour le dirigeant de la N-VA, et encore moins pour ses idées, il me faut reconnaître qu’il a raison. Il a raison d’avoir mis un peu d’adoucisseur dans son discours à Anvers, le week-end dernier, en espérant que les francophones mordent à l’hameçon. Cela fonctionnera. Car les francophones se raccrocheront à n’importe quoi, avaleront n’importe quelle couleuvre (ou même une colonie de pythons s’il fallait) pour espérer sauver la Belgique. Y compris d’intégrer inconsciemment une partie du discours nationaliste flamand. Déjà, de nombreux Bruxellois francophones envoient leur progéniture dans des écoles flamandes ou en immersion. Et leurs enfants en reviennent la tête pleine « d’idées à la Bart », telle que considérer la fainéantise comme un comportement typiquement wallon. Bart De Wever a compris un élément fondamental de psychologie politique : les Flamands sont fiers d’être Flamands, les Wallons ont honte d’être Wallons. J’exagère, me direz-vous ? Pourtant, comment pouvons-nous expliquer autrement que la majorité des Flamands votent pour des partis qui défendent leurs intérêts, alors que la majorité des Wallons votent pour des partis qui défendent l’intérêt de la Belgique… dominée par les Flamands.

Est-ce un fantasme de francophone paranoïaque ? Je conversais un jour –en privé- avec un homme politique francophone de premier plan au courant de la situation. Il me démontra (chiffres à l’appui) que si la Wallonie ne pouvait prendre son envol économique, c’était justement à cause de la Belgique fédérale et du poids majoritaire que les Flamands y ont. Par exemple, les aéroports de Liège ou de Charleroi ne peuvent prendre suffisamment d’ampleur car le fédéral en bloque les développements au profit de Zaventem. Il me confiait aussi que les ambassades de Belgique (dirigées dans leur immense majorité par les Flamands) encouragent les investisseurs étrangers à s’établir en Flandre plutôt que dans une Wallonie décrite comme socialiste, fainéante et gréviste. Dans la réalité, il y a actuellement moins de jours de grève et d’absentéisme en Wallonie qu’en Flandre. Mais peu importe la réalité, ce qui importe c’est de convaincre tout un chacun que la Wallonie est une terre de fainéants et de profiteurs… Le drame, c’est que les Wallons eux-mêmes intègrent ces valeurs négatives. Le même phénomène psychologique a été observé pour d’autres peuples minoritaires et dominés. Ils finissent par douter d’eux-mêmes.

Comme les Wallons qui se croient absolument incapables d’autonomie. Pour rappel, les Norvégiens se sont pacifiquement séparés des Suédois en 1905 alors qu’ils étaient bien plus pauvres et bien moins nombreux que les Wallons d’aujourd’hui. Les Slovaques (également considérés par les Tchèques comme des fainéants incapables de se prendre en main) ont procédé de même en 1993 avec le succès que l’on connaît aujourd’hui. Les Wallons, eux, n’ont pas confiance en leur destin. Pourtant, moi aussi j’aime bien la Belgique. J’aime d’ailleurs aussi les Flamands et la Flandre. Je suis cependant persuadé que je serais bien mieux accueilli durant mes vacances à la côte flamande (ex-côte belge) si j’étais le citoyen d’un autre pays qui se nommerait « Wallonie ». Comme bien des Belges, j’ai des ancêtres wallons et flamands. Ces ancêtres ont choisi d’adopter la langue officielle de la Belgique de l’époque. Je n’ai aucune raison d’en avoir honte aujourd’hui. Aussi, en tant qu’habitant de Wallonie, je préfère être libre et assumer mon destin plutôt qu’être un « junkie de la drogue de l’argent flamand » (dixit Bart De Wever)…

La mémoire de la Grande Guerre

« La Flandre instrumentalise la Grande Guerre. » Pour Laurence Van Ypersele, historienne à l’UCL, invitée du jour au 7-9 de la Première, c’est une évidence.

flanders fieldsCe que nous en pensons ?

Ben oui. Le passé divise aussi les Belges. Ils ne s’en font pas la même idée. On sait combien le Gouvernement flamand a souhaité investir dans la commémoration de la première guerre mondiale. Il est vrai que les Anglais n’ont jamais cessé de cultiver le souvenir des Flanders Fields où, symboliquement, le rouge des coquelicots rappelle le sang versé par les soldats de l’immense empire britannique. Au-delà du tourisme mémoriel et de ses retombées économiques attendues, il y a aussi l’opportunité de faire exister la Flandre au niveau international et d’y associer la Tour de l’Yser, chère au nationalisme flamand, qui tour de l'Yserdénonce en même temps les horreurs de la guerre et le mépris dont le peuple de Flandre aurait tout particulièrement souffert.

Dans la représentation du passé, les légendes et les mythes ont leur place. L’histoire n’est pas le moindre des enjeux quand il s’agit de bâtir le futur. Placé sous le signe de la blanche colombe (PAX) et d’une mouette au cri mystique autant que revanchard (AVV-VVK), le centenaire de la Grande Guerre est en mesure d’infléchir encore un peu plus la mémoire collective et l’identité de la Flandre, au service d’un projet politique devant conduire à l’effacement de la Belgique.  Il a donc fallu que le Gouvernement fédéral « contre-attaque » et se réapproprie le souvenir de la guerre 14-18 en Albert-Iercélébrant la figure tutélaire du Roi-chevalier, cette image d’Epinal invoquée par ceux dont la Belgique unitaire est la référence indépassable.

Impossible, évidemment, pour le Gouvernement fédéral, de laisser Liège en dehors des cérémonies commémoratives, puisque la Cité ardente a été la première à subir le choc de l’invasion allemande et que la ville a été choisie en 1925 pour l’édification d’un mémorial interallié. C’est donc Liège et les Liégeois qui, le 4 août 2014, vont ouvrir le bal, si on peut dire, en accueillant le roi Philippe et ses invités. Ce sera l’occasion de rappeler que, dès les premiers jours du conflit, la Ville de Liège a été honorée en ces termes par la République française : « Au moment où l’Allemagne, violant délibérément la neutralité de la Belgique, reconnue par les traités, n’a pas hésité à envahir le territoire belge, la ville de Liège, appelée, la première, à subir le contact des troupes allemandes, vient de réussir, dans une lutte aussi inégale qu’héroïque, à tenir en échec l’armée de l’envahisseur. Ce splendide fait d’armes constitue, pour la Belgique et pour la ville de Liège en particulier, un titre impérissable de gloire dont il convient que le gouvernement de la République perpétue le souvenir mémorable en conférant à la ville de Liège la croix de la Légion d’honneur. »

Bien sûr, on peut hausser les épaules à la lecture de ce communiqué officiel, mais ce qui ne trompe pas, ce qui va bien au-delà du calcul diplomatique, ce qui mérite à coup sûr d’imprégner à nouveau la mémoire collective des Liégeois, sinon des Wallons, c’est Liège 1919 (2)l’ambiance qui régnait dans la Cité ardente au moment où le Président de la République française est venu remettre cette croix de la Légion d’honneur à la ville de Liège. Qu’on en juge par cet article du journal Le Soir :

« La réception faite par la ville de Liége au président de la République, et la remise solennelle de la Légion d’honneur à la ville ont été ce qu’on en attendait : elle se sont accomplies dans un enthousiasme délirant.

Une foule formidable, dépassant tout ce qu’on prévoyait, était descendue dans les rues de la ville, sur le passage du cortège. (…) Aucun incident fâcheux n’est venu troubler la grandeur de cette journée. A supposer qu’on dût avoir des craintes, on n’aurait pu, du reste, que redouter un excès de sentiments francophiles, donnant lieu à des manifestations regrettables pour l’unité belge. Rien de semblable ne s’est produit, et la foule, dans ses acclamations frénétiques, a mêlé les noms du Roi, de la Reine, de l’armée belge à ceux du président Poincaré et de Foch.

(…) Un arc de triomphe splendide, érigé boulevard d’Avroy, face à la statue Rogier, est entouré de fillettes fleuries. Au sommet de l’arc de triomphe, dominé par des statues, on lit cette inscription : « A la France ! ».

(…) Quand le discours est terminé, le Président serre longuement la main à M. Kleyer, puis il épingle la croix de la Légion d’honneur sur un coussin que lui tend l’échevin Hénault, coussin aux couleurs de la ville et aux couleurs de la Belgique emmêlées, puis M. Hénault dresse vers la foule immense le coussin. On voit se détacher au pied du Perron Liégeois la croix glorieuse. Et la foule acclame avec délire comme jadis les foules mystiques qui apercevaient une relique fameuse.

La Brabançonne et la Marseillaise sont chantées en chœur par des milliers de poitrines, et des fenêtres, des balcons, le Roi, la Reine, le Président, le maréchal Foch sont acclamés avec frénésie. »

La mémoire de la Grande Guerre n’est pas la même à Liège et à Dixmude, assurément. Gageons toutefois que le gouvernement fédéral saura fédérer.

Signalons quand même ici, parmi les initiatives prises au niveau local pour marquer le centenaire de la première guerre mondiale, un projet qui initie une véritable collaboration entre localités françaises et wallonnes. Ce projet, c’est celui de Sambre rouge, De part et d’autre de la frontière actuelle, on se promet de travailler ensemble au-delà de 2018. Voilà un exemple à suivre.

Georges R.

La Belgique crée son poète étatique…

Voilà, c’est fait. « Le Poëziecentrum de Gand, la Maison de la poésie et de la langue française de Namur et la nouvelle organisation littéraire VONK & Zonen d’Anvers, ont officiellement introduit, mercredi, à la maison internationale des littératures Passa poètePorta, rue Antoine Dansaert, à Bruxelles, l’auteur néerlandophone Charles Ducal comme premier poète national de Belgique. » C’est une information « Belga » qu’on peut lire, notamment, sur le site de la RTBF.

Ainsi donc, la Belgique a son poète national. Mieux ! Il est nommé pour deux ans (nous ne savons pas vraiment par qui il est nommé, ni la somme qui lui sera versée pour s’offrir corps et âme à la nation ). Mieux encore, il devra écrire six poèmes sur diverses thématiques de la Belgique. Mieux, mieux encore, ses poèmes devront être traduits en français/néerlandais et en allemand.

Nous sommes bien sûr au pays du surréalisme, cela devient fastidieux de le répéter, mais que ne ferait-on pas pour susciter un nationalisme belge ?

Nommer un poète national, lui imposer une thématique à la gloire de la nation, ordonner la traduction des poèmes dans les trois langues nationales… Cela ne vous rappelle pas une époque révolue ?

Cette annonce est bien dans la ligne de l’inauguration du nouveau grand théâtre de Liège où les acteurs d’une pièce de Shakespeare parlaient l’un en néerlandais et l’autre en français. La critique tout comme tout ce que compte Liège en matière de « people » n’avaient de mots assez forts que pour s’extasier devant cette audace et cette prouesse artistiques. Ne mettons pourtant pas tous les « people » dans le même sac : l’un d’eux me confiait qu’il n’avait pas du tout apprécié et qu’il ne lèverait pas le petit doigt pour sauver la Belgique. Combien étaient-ils d’ailleurs à applaudir et à penser combien était ridicule le spectacle offert ? Mais ceci est une autre question !

Paul D.

Ainsi que le fait remarquer notre ami Michel Pieret, l’introduction d’un poète national en Belgique a fait l’objet d’un article publié sur le site du quotidien Libération. Voici l’article en question, signé Edouard Launet :

Edouard LaunetA la fin du mois, la Belgique aura son Poète national, nommé pour deux ans. Il est bien temps ! Ce pays n’existe plus beaucoup, peut-être qu’un petit coup de Superglue poétique arrivera à ressouder les communautés francophone et néerlandophone. Car le Poète national devra écrire «au minimum six poèmes par an sur diverses thématiques de la Belgique» et verra ses productions traduites dans les trois langues du pays, car il y a l’allemand aussi. On a hâte.

Le premier Poète national était néerlandophone : il s’appelle Charles Ducal. Impossible pour l’heure de trouver sur la Toile le moindre de ses travaux adapté en français. Il faut s’en remettre à la traduction automatique. Cela donne par exemple : «L’impuissance de mon amour pour faire une photo / qui fait son indélébile / non pas comme une image pour obtenir son retour / mais comme quelque chose qui n’existe pas.» Pas mal. On aimerait connaître, dans cette saisissante image, les parts respectives de la licence poétique et de la balourdise informatique.

Ducal et la traduction Google écrivent aussi : «C’est mon amour. Ils ne me tourmentent pas / elle me donne la fièvre / Elle est belle, mais pas dans le miroir / sa viande n’est pas un mot.» C’est plus expérimental, mais cela passe à peu près. On ne sait qui «ils» sont, mais l’apparition inopinée de la viande est un bonheur.

Le futur Poète national et notre assistance informatique embarquée nous proposent encore : «Une vie écrit sa peur sur son visage / mais c’est simple passe-temps / son visage ne change rien.» Et plus loin : «Sa bouche lit tous les mots objectivement / dans l’armoire sont disponibles : / noix, des bonbons, un sac de croustilles.» Ces anacoluthes ne sont-elles pas furieusement houellebecquiennes ? Ne font-elles pas penser à : «Petit visage de cochon / Tout aplati par la détresse / Les seins qui tombent à dix-sept ans / Et la triste pâleur des fesses» ?

Houellebecq, malgré ses immenses qualités, aurait du mal à revendiquer le titre de Poète national, si le poste était créé en France. Car la place est déjà prise : Victor Hugo ne l’a jamais lâchée, malgré Aragon. Pas une plaie hexagonale qui ne puisse être cicatrisée par le souffle hugolien, pas une blessure nationale qu’il ne sache recoudre, pas une tristesse qu’il ne soit allé fouiller. «La tombe dit à la rose : / – Des pleurs dont l’aube t’arrose / que fais-tu, fleur des amours ? / La rose dit à la tombe : / – Que fais-tu de ce qui tombe / dans ton gouffre ouvert toujours ?»

Tiens, si les Belges le désiraient, on pourrait même leur prêter Hugo, qui se serait bien vu Poète national de nos deux pays…

…D’ailleurs, avant même de s’atteler à sa lourde tâche, le Poète national belge semble avoir déjà renoncé puisqu’il écrit, si l’on en croit Google Trad : «Je sais que c’est idiot / Je vais mourir avec mon travail / déjà à moitié effacé et sans espoir / Mais ce n’est pas un argument.»

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