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Première en Belgique: la police fédérale va louer des agents de sécurité

La location d’agents de sécurité privés pour épauler la police fédérale pose de nombreux problèmes. Le moins important n’est sans doute pas de se poser la question de savoir si une telle décision a bien sa place dans un Etat démocratique.

Plus inquiétant encore est la révélation de la mise sur pied en juillet 2014 à l’université de Gand d’un « Centre d’innovation  pour la sécurité publique » qui étudie les collaborations futures entre les autorités publiques et le secteur privé pour travailler ensemble sur des projets concrets de sécurité publique.

police fédéraleCe premier appel au privé ne serait donc qu’un premier pas. Il serait peut-être temps que les responsables politiques de Wallonie et de Bruxelles exigent la plus grande clarté sur ce qui se trame à Gand. Confier des missions de sécurité publique au privé dans la plus grande opacité serait extrêmement grave. 

Paul D.

Lu le 25 Octobre 2014 sur le site RTL.be :

C’est une première, la police belge va louer des agents de sécurité et des caméras de surveillance mobiles pour assurer la sécurité, mardi prochain, lors de la visite de nombreux chefs d’Etat et de gouvernement à Nieuport et Ypres pour une cérémonie du souvenir marquant le centenaire de la Première Guerre mondiale, rapportent L’Echo et De Tijd samedi.

Ils « n’interviendront pas »

En complément des services de police habituels, 45 agents de firmes de sécurité privées et des caméras de haute technologie de Securitas seront utilisées. « Nos agents se chargeront de la sécurité des biens de la Chancellerie, mais n’interviendront pas, cela reste une compétence exclusive de la police fédérale », explique Régis Gaspar, directeur de Securitas.

Cette petite révolution trouve son origine dans la création en juillet d’un Centre d’innovation pour la sécurité, mis en place par l’Université de Gand, les autorités publiques et le secteur privé pour travailler sur des projets concrets.

« La France, morte ? Il y a peu de pays où il se passe tant de choses »

Lu sur le site leparisien.fr.

Pour Xavier Niel, le fondateur de Free, la France regorge de Bill Gates en puissance. Il revient sur les raisons de son investissement dans la halle Freyssinet à Paris qui accueillera un millier de start-up.

Xavier NielCe sera la plus grosse pépinière de start-up au monde. Xavier Niel, patron d’Iliad, la maison mère de Free, a lancé hier, en présence de François Hollande, les travaux de rénovation de la halle Freyssinet, dans le XIIIe arrondissement de Paris. (…)

Comment vous est venue l’idée de cet endroit qui accueillera 1 000 start-up ?

XAVIER NIEL. Depuis longtemps je cherchais un endroit à Paris pour créer un gros incubateur (NDLR : une structure d’accompagnement de jeunes sociétés) de start-up. Quand je voyage, je m’aperçois que dans le monde entier, dans les entreprises de nouvelles technologies, vous avez toujours des Français. On les forme bien, ils sont géniaux, font des trucs fantastiques, sont réputés dans le monde entier… La Silicon Valley les fait rêver, mais c’est le pire endroit du monde pour créer son entreprise : la concurrence y est terrible. Il y a des incubateurs en France qui marchent bien, mais il fallait un lieu emblématique. C’est pour cela que nous avons choisi cet ancien bâtiment de la SNCF qui accueillera le plus gros incubateur du monde.

Combien de temps faudra-t-il pour en voir sortir les pépites de demain ?

Ça va très vite ! Regardez Google, qui n’a que 15 ans ! L’application Snapchat (NDLR : elle permet de partager entre téléphones) vaut 10 Mds$ alors qu’elle n’a que 2 ans et demi ! Ici, nous allons faire venir entre 3 000 et 3 500 jeunes. On leur fournira tout ce dont ils ont besoin pour créer, faire vivre et voir grandir leur entreprise : bureau de poste, dépôt des brevets, etc. Ce sera un QG d’inventeurs qui permettra de passer de l’idée au prototype, avec des outils lasers, des imprimantes 3D… Les loyers seront bas et tiendront compte de ceux pratiqués par les autres incubateurs parisiens. Comptabilité, gestion, banques… Tout sera disponible ici ou à proximité. Il y aura aussi des commerces autour de la halle. Nous avons des discussions avec la mairie d’Ivry-sur-Seine pour étendre l’activité de la halle au-delà du périphérique et y rajouter des logements pour les créateurs de ces start-up.

Quid de leur financement ?

Les études montrent que la France est un des pays où le financement marche le mieux. Vous pensez que si demain j’invente un autre Google, j’aurai un problème de financement ? Jamais ! Je suis français et réputé pour être l’investisseur dans les start-up le plus actif au monde. Leur financement est un faux problème.

Malgré la situation économique en France ?

La petite musique qu’on entend c’est : « la France c’est mort, Paris c’est fini… » Mais regardez cette semaine. On a la Fondation Louis Vuiton, l’expo Picasso, la halle Freyssinet… Je connais peu de pays où il se passe tant de choses la même semaine. On dit « la France est en crise ». Ça fait trente ans que j’ai une vie professionnelle, ça fait trente ans que la France est en crise… Mais qu’est-ce que je vois en réalité ? Des gens capables de créer des entreprises de niveau mondial et, quand je vois un énorme succès aux Etats-Unis, il y a toujours un Français derrière.

La France est donc toujours un paradis ?

Je l’ai dit il y a un an. Depuis j’ai des petits camarades qui ne s’en remettent pas. Je le pense toujours. Et ça n’a pas changé, ça s’est même plutôt amélioré entre-temps. La France est un pays où les choses vont plutôt bien, c’est un pays fantastique pour créer sa boîte. Il y a du chômage en France, c’est vrai, mais ce ne sont pas les anciennes économies, les anciennes industries qui vont régler ce problème, c’est notre capacité à créer de nouvelles entreprises. Jusqu’à présent, on ne s’est pas très bien débrouillé. On va s’améliorer. Regardez le CAC 40 : il n’y a qu’une entreprise de moins de 30 ans, Gemalto. Dans les pays dynamiques, c’est plus de 50 %. Il faut qu’on crée ces sociétés de demain. La société civile peut le faire, elle en a les moyens, elle n’a pas d’engagement politique, n’a pas d’élections, travaille sur son argent, et, en général, ce sont souvent des entrepreneurs qui savent donner du temps.

Des élèves de première année de votre école 42 ont déjà été débauchés…

C’est vrai, quelques dizaines. Tant mieux ! Ça veut dire qu’au bout d’un an, ces personnes avaient un niveau que certaines entreprises ont jugé correspondant à celui de diplômés ayant fait trois ou cinq ans d’études supérieures ailleurs. Je ne vois pas plus beau compliment. C’est une école basée sur de bons critères : pas l’argent ou l’éducation, mais sur les capacités. On a 70 000 jeunes qui veulent venir et on en prend mille, sur de bons critères. On a une très belle histoire d’une fille qui touchait le RSA en arrivant il y a un an. Et la deuxième école américaine spécialisée en informatique, Berkeley, a repéré cette fille. Ils lui ont dit « viens, on te paie ta scolarité, on t’obtient ton visa, on fait tout le nécessaire ». Pour elle, c’est une très belle histoire. On en a des dizaines comme ça. On a fait notre boulot : aider les jeunes à trouver un job. En informatique, on ne juge pas le diplôme mais le savoir-faire.

Que pensez-vous de l’image des patrons ?

Les Français aiment leur patron, mais pas le patronat. En France, il y a un capitalisme un peu consanguin. On a fait les mêmes écoles, etc. Cela laisse penser qu’un certain nombre de gens sont exclus. Quand vous prenez des gens sans emplois aux Etats-Unis, ils disent je vais retrouver un job, créer ma société… En France, ils se disent : je suis mauvais, je ne vais pas m’en sortir. L’idée, c’est de faire émerger des jeunes qui réussissent et qui deviennent des exemples. Créer une nouvelle exemplarité qui fasse boule de neige.

Pas facile, disent certains patrons, avec le Code du travail… Faux. Ça coûte moins cher d’embaucher un ingénieur en France qu’aux Etats-Unis, toutes charges incluses, parce que le salaire américain est bien plus élevé. Quand vous licenciez, ça ne coûte pas plus cher qu’aux Etats-Unis. Après, qu’on ait un Code du travail un peu complexe, c’est vrai. Il faut simplifier certaines choses. Il ne s’agit pas de détricoter le droit du travail mais de leur rendre accessible et compréhensible à l’entreprise. (…)

L’administration fédérale aux ordres de la Flandre

Les chiffres ci-après ne devraient laisser aucun Wallon ou Bruxellois de langue française indifférent. Nous pouvons affirmer que la situation est extrêmement grave en termes d’emploi, mais aussi de pouvoir avec les ministères de la Défense, de l’Intérieur et de la Justice dans les mains de ministres flamands.

fonctionnaires fédérauxPlus de 9 fonctionnaires fédéraux sur 10 sont sous les ordres de ministres flamands, selon une enquête menée par le Groupe d’étude et de réforme de la fonction administrative (Gerfa), dont fait écho jeudi La Libre Belgique.

Le résultat des calculs du Gerfa donne une indication alarmante des rapports de force nord-sud au sein de la toute fraîche majorité fédérale: 3.968 fonctionnaires dépendent de ministres francophones (MR, donc), tandis que 51.889 sont sous la compétence de ministres flamands CD&V, N-VA et Open VLD. « Cela fait donc un ratio de 92,9 % contre 7,1 % », relève le Gerfa. Et encore, certains chiffres pourraient être nuancés. Les « corps spéciaux », soit l’armée, la police fédérale, la magistrature et le personnel des greffes, cours et tribunaux, ne sont pas intégrés dans ce bilan. Or, ce personnel dépend aussi de ministres néerlandophones (Défense, Intérieur, Justice). On parle ici de 57.763 agents qu’il faudrait alors ajouter aux calculs.

Source : Belga

D’ici 10 ans, la France sera la puissance dominante en Europe

Ce n’est pas nous qui l’affirmons, mais le très sérieux quotidien britannique, le « Daily Telegraph », peu enclin d’habitude à jeter des fleurs à son voisin français. Admettons que nous sommes là très éloignés du « french bashing ».

Article publié sur le site du magazine Le Point (11 octobre 2014)

C’est la prédiction du « Daily Telegraph », qui fustige la situation économique de l’Allemagne. « L’homme malade de l’Europe » n’est pas celui qu’on croit…

Hollande-MerkelHaut les cœurs ! D’après The Daily Telegraph, le prétendu déclin français (ou « suicide », pour reprendre une expression chère à Éric Zemmour) ne sera bientôt qu’un vieux souvenir, rapporte le blog du Monde « Big Brother ». Dans dix ans, prédit le quotidien britannique, l’homme malade de l’Europe ne sera pas celui qu’on croit : la France aura dépassé l’Allemagne.

Graphiques et experts à l’appui, le site du journal attaque en effet durement les choix économiques allemands : « La France peut passer pour l’homme malade de l’Europe, mais les malheurs de l’Allemagne sont plus profonds, enracinés dans le dogme mercantile, la glorification de l’épargne pour son propre compte et la psychologie corrosive du vieillissement. »

Un pronostic qui appuie là où ça fait mal, alors que quatre instituts de conjoncture viennent de fortement réviser à la baisse, ce jeudi, leurs prévisions de croissance pour l’économie outre-Rhin. D’autant que, note le journal britannique, ces inquiétudes sont exprimées avant tout par des spécialistes allemands, au premier rang desquels le directeur de l’Institut allemand pour la recherche économique.

Un pays « se reposant sur ses lauriers »

Dans son dernier livre, Die Deutschland-Illusion, Marcel Fratzscher livre « un pamphlet contre le fétichisme fiscal du ministre des Finances Wolfgang Schaüble, maintenant inscrit dans la Constitution à travers une loi d’équilibre budgétaire à laquelle il est quasi impossible de déroger », écrit The Daily Telegraph.

« Il exprime la déception d’un pays se reposant sur ses lauriers, prisonnier de la fausse idée partagée que l’économie se gère comme le budget d’une famille, et rassuré à tort par la flatterie mal placée des pays voisins qui regardent rarement sous le capot du moteur allemand », ajoute le quotidien.

« L’Allemagne se proclame modèle du monde, mais l’orgueil précède la chute », note pour sa part Olaf Gersemann, le chef du service économique du groupe de médias Welt dans son dernier ouvrage, La bulle Allemagne. Selon lui, le second « miracle économique » que connaît l’Allemagne depuis 2005 lui est « monté à la tête ». Le pays a pris un ensemble de circonstances exceptionnelles pour une ascendance permanente, alors que ces dernières vont « bientôt disparaître », voire s’inverser.

« Chant du cygne »

Nous assistons au « chant du cygne d’une grande nation économique », prévient-il. Voilà de quoi redorer le blason français, qui ressort rarement grandi des comparaisons avec son voisin.

« Depuis des décennies, les erreurs en matière de politique publique se succèdent. Les impôts et les structures sociales ont engendré la chute du taux de fécondité du pays. Le manque d’investissement a aggravé cet état de fait. D’ici cinq ans, il est évident que l’Allemagne se trouvera dans une situation grave et qu’un budget équilibré ne sera pas suffisant pour se défendre. D’ici dix ans, la France sera la puissance dominante en Europe », conclut The Daily Telegraph.

Bruxelles, une ville francophone

La Libre Belgique de ce jour attire l’attention sur un manifeste publié par la Ligue francophone et wallonne de Bruxelles, rappelant que « les associations culturelles communauté française W-Bwallonnes de la capitale… ont permis la création du FDF dont on célébrera d’ici peu le demi-siècle d’existence ».

Voici la fin de l’article signé Christian Laporte :

« A l’occasion de la fête de la Communauté française, la Ligue appelle à la remobilisation générale par la voie d’un manifeste qui repose sur trois réalités que ses promoteurs estiment « onbespreekbaar »…

« D’abord que « Bruxelles est une ville francophone à plus de 90 % dont les habitants, quelles que soient les origines, s’instruisent, travaillent et communiquent pour l’essentiel en français ». Une analyse guère partagée par les animateurs du mouvement citoyen bruxellois. Ensuite aux yeux des promoteurs du Manifeste, « Bruxelles est une Région à part entière et doit le rester quelle que soit la constellation institutionnelle future ». Enfin, « Bruxelles est la ville qui compte le plus grand nombre de Wallons d’origine et tout impose de maintenir une solidarité étroite entre Bruxelles et la Wallonie qui traduit la convergence de leurs intérêts et de leur communauté de destin ». La conclusion ? L’avenir de Bruxelles est dans une union étroite avec la Wallonie, « dans la Belgique si c’est encore possible, hors d’elle s’il le faut sous la forme d’une Fédération largement régionalisée pour respecter la personnalité de ses composantes ». Une Fédération « qui pourra continuer à développer et à approfondir ses liens naturels avec la France »… »

Pour lire et peut-être signer ce manifeste, cliquer ici.

Et si on voyait les choses autrement ?

Il est toujours plus facile de hurler avec les loups. Pas besoin d’argument. Rendre hommage à un président dont l’impopularité bat tous les records, cela peut surprendreFrançois Hollande 2. On attend ça d’un ami, quand il en reste, ou d’un humoriste. Apparemment, le chroniqueur Xavier Zeegers n’est ni l’un ni l’autre, il n’est même pas français, mais il prend la défense de François Hollande et de la France que « Flanby » incarne aujourd’hui. Ce qui ne gâte rien, sa chronique a été publiée sur le site de la Libre.

Et si on voyait les choses autrement ?

Hollande bashing: « La France a voté, qu’elle assume son choix! »

Mensonge, ingratitude, cynisme, surestime de soi, absence de scrupules, autoritarisme : et si la faiblesse du président français était de ne pas avoir ces défauts-là, si utiles en politique ?

A bientôt mi-mandat, la présidence de François Hollande ressemble aux premiers vers d’Alfred de Musset, dans « Nuit de mai » : les plus désespérés sont les chants les plus beaux, et j’en sais d’immortels qui sont de purs sanglots. Elu en mai, son avion fut foudroyé dès le premier jour par un orage et dut redescendre en catastrophe, comme si les augures grecs s’en étaient mêlés. Depuis, ses électeurs devenus déserteurs sanglotent de remords et le vouent aux gémonies. A force de descendre si bas dans les sondages, il finira par trouver du pétrole disait-on à propos de Raymond Barre à qui l’Histoire a rendu justice. Hollande se trouve plutôt dans la fosse des Marianne, lieu le plus profond du monde (- 10 994 m) où la pression est de 1 100 atmosphères. Il semble y résister, en compagnie des organismes dits piézophiles. Il reste de marbre. Et il a bien raison !

Les sondages ? Il n’y en a qu’un, celui de l’élection elle-même. La légitimité sort des urnes, pas des instituts, pas de la rue, pas des micro-trottoirs. L’obsession de la popularité relève du narcissisme, propre aux tyrans, et diriger c’est voir au-delà de la prochaine élection, donc vers l’intérêt commun plus que son propre destin. Le chemin politique ne se résume pas à faire campagne, c’est plutôt un chemin de campagne ou pullulent des Pitbulls prêts à mordre sur l’homme qui marche au lieu de l’aider; parfois un vrai calvaire. Hollande s’est fixé une barre très haute : si j’échoue sur le chômage, dit-il, je ne me représenterai pas. Voilà un panache qui tranche admirablement avec ces pays où, malgré leur bilan calamiteux, des satrapes prédateurs s’accrochent aux ors et aux vanités, foulant aux pieds une Constitution servant de carpette avant d’enfoncer la porte. La France a voté : qu’elle assume son choix ! Une bronca ne fait pas le poids, et que les citoyens se souviennent qu’en juin 40, à Londres, de Gaulle ralliait 1 % de la population, tandis que Pétain était au sommet d’une gloire nauséabonde.

Son manque de leadership ? Mais il faudrait demander aux Maliens qui ne craignent plus d’avoir les mains coupées, aux Centrafricains au bord de la guerre civile, et aux chrétiens d’Orient soutenus par les cardinaux français, s’ils sont déçus par la France et son chef ! L’intervention en Libye ? Si c’était une erreur, ce fut celle de son prédécesseur.

La gestion de ses amours ? Maladroite, certes. Il se peut qu’il soit un goujat, un cœur d’artichaut voire même un beau salaud si l’on en croit sa toute dernière ex, qui découvre tardivement le mot cruel de Guitry : au soir de leur mariage, combien de femmes ne sont-elles pas déjà veuves du mari qu’elles avaient imaginé ? Mais au fait, il ne s’est jamais marié, et puis ouvrir les placards d’un vulgaire vaudeville pour que des voyeurs matent les draps chiffonnés d’un lit devenu champ de bataille, quelle bassesse ! Honte à elle et ses lecteurs. Mais revenons aux choses sérieuses.

Son impuissance, finalement ? Sur ce point, Alix de Saint-André a tout dit : « J’assistai à une conférence sur le thème de la politique soumise à l’intelligence. Les orateurs évoquèrent leur formidable rêve de jeunesse d’une gauche non communiste à laquelle ils avaient consenti tant d’efforts et d’enthousiasme, de temps, de prises de risques, et qui n’avait débouché que sur une nouvelle branche du vieux parti radical-socialiste. Ils se saluaient sans amertume, comme dans une réunion de famille. Ces Mendès, Delors et Rocard ne manquaient pas d’intelligence, que du contraire, mais ils n’avaient pas les névroses et nombreux défauts nécessaires pour réussir en politique : mensonge, ingratitude, cynisme, surestime de soi, absence totale de scrupules, autoritarisme… » (1)

Et si la faiblesse de Hollande, dont nul ne nie l’intelligence et l’humour (signe de santé) était de ne pas avoir ces défauts-là, justement ? Voilà qui mériterait une solide réflexion plutôt que le bâton.

(1) Dans : « Garde tes larmes pour plus tard », Gallimard 2013.

Recherche premier ministre wallon

Petite annonce : « l’AWF recherche un premier ministre wallon, mais un vrai, pas de ceux qui ont le regard rivé sur ce que dit ou pense la Flandre. Un premier ministre wallon qui ait un véritable projet pour la Wallonie. Faire offre sur ce site. Réponse assurée ! »

Autre annonce, de plus grande importance : Karel De Gucht n’imagine pas la Belgique sans un premier ministre flamand.

De Gught« Cela fait dix ans que je le répète: dans un pays comme la Belgique où il y a une majorité flamande, il faut un Premier ministre flamand. Ne pas avoir un Premier ministre flamand serait mauvais pour la démocratie belge dans son ensemble. »

L’interview de Karel De Gucht est sur le site du Vif/L’Express.

“Il faut dire aux Français que leur pays est un paradis”

Souvent, nous disons sur notre site que nous savons pertinemment bien que la France n’est pas le paradis sur terre pour tous les Français. Autre chose est de dire la vérité aux Français, notamment par rapport au « french bashing » pratiqué par une certaine presse anglo-saxonne, mais aussi par les médias hexagonaux dont certains ajoutent un véritable « Hollande bashing » relevé samedi soir par Laurent Ruquier, pourtant peu habitué à passer la brosse à reluire quand il s’agit des Présidents de la République française, dans son émission « On n’est pas couché ».

Beaucoup d’entre nous savent que la France reste un pays bien agréable à vivre, soit parce qu’ils sont allés grossir le bataillon de Wallons et de Bruxellois de langue française qui ont décidé d’y installer leur résidence principale ou secondaire, soit parce qu’ils aiment y passer leurs vacances et y retrouver leurs amis, soit encore parce qu’ils vont y voir leurs enfants qui travaillent en France ou ont épousé un conjoint d’Outre-Quiévrain.

Cette fois, c’est une journaliste portugaise qui nous donne son sentiment sur la France, ce pays qui laisse rarement indifférent et que d’aucuns se complaisent à dénigrer.

Paul D.

Paris est ma ville passion mais j’ai une préférence pour trois régions en particulier selon les saisons : en été, j’aime la Bretagne avec à son extrémité le Finistère, fin de la terre et début de l’inconnu, pour des lieux tels que Roscoff et la pointe du Raz, qui me rappellent, par les couleurs sombres de leurs roches, la côte nord du Portugal.

CorseEn automne et au printemps, mon cœur balance entre la Corse – l’île de beauté a un “je-ne-sais-quoi” spécial –, et le Périgord, pour la chaleur de ses habitants, ses longues tablées, sa gastronomie généreuse, ses châteaux, son histoire anglo-française à chaque coin de route et ses feux de cheminée.

A l’arrivée en France, dès que vous montez dans un taxi à Roissy ou à Orly, vous reconnaissez tout de suite quelque chose. Quel que soit l’accent, vous retrouvez cette réserve à la française, parfois teintée d’humour. Il ne s’agit pas ici de flatter vainement, mais bien de ce que j’éprouve face à un pays riche d’une merveilleuse mixité culturelle. Attention cependant à ne pas minimiser les énormes difficultés auxquelles ses habitants font face.

J’en parlais il y a peu avec un ami brésilien, la France est un paradis. Il faut le dire plus souvent aux Français, qui semblent parfois l’oublier. Quant aux vacances portugaises, que l’on prend d’un seul tenant, elles sont souvent littorales et familiales. On lézarde sur la plage plus qu’on ne cherche à découvrir l’arrière-pays.

La météo a sans aucun doute une part de responsabilité. Les vacances “bleu-blanc-rouge” sont quant à elles plus morcelées, sans doute de par la flexibilité des congés accordés. Grâce à elles, les Français sont plus libres et indépendants. Elles sont indéniablement plus culturelles et dynamiques.

Ana Navarro Pedro – Correspondante à Paris du magazine Visão (Portugal)

Cet article est repris sur le site du Courrier international.

De gauche et flamingant : c’est quoi le problème ?

Très souvent, nous nous sommes exprimés pour regretter que l’on attribue le nationalisme flamand à la seule N-VA. CD&V, Open-VLD portent avant tout la Flandre en eux. Ils se servent de la Belgique quand celle-ci peut servir les intérêts de leur nation en devenir.

Ludo Abicht nous rappelle très opportunément que cet ADN flamand est également porté par une bonne partie de la gauche flamande. Un homme politique comme Bert Anciaux, SPa, digne fils de Vic Anciaux, est un des fers de lance de ce mouvement flamand en perpétuel développement.

Quand donc les responsables politiques et sociétaux wallons et bruxellois de langue française auront-ils le courage de reconnaître cette évidence et d’en tirer les conséquences pour l’avenir de leur région respective ?

Paul D.

Ludo AbichtDe gauche et flamingant : c’est quoi le problème ?, demande Ludo Abicht, philosophe flamand et membre de Gravensteengroep. Son opinion a été publiée dans Knack.    

(…) Celui qui ne regarde pas l’histoire de Flandre par la lorgnette de l’idéologie peut… difficilement nier qu’il s’agit ici d’une véritable lutte d’émancipation des petites gens et qu’on a là un héritage qui ne peut être relégué au placard, du moins lorsqu’on cherche à comprendre la société dans laquelle on vit. Que cette émancipation s’est faite pratiquement sans violence, ce qui sous-entend par pression politique, à l’aide de loi et au moyen de l’enseignement, rend peut-être l’histoire moins héroïque, mais pas moins intéressante dans le contexte international d’aujourd’hui. Lorsqu’on regarde en Europe la floraison de nombreux mouvements indépendantistes, et ce, que ce soit en Écosse, en Catalogne au Québec, ce sont des mouvements progressistes et dans certains cas bien à gauche.

C’est donc mal connaître le monde que de dire que tous les mouvements régionaux et nationaux sont par nature régressifs et conservateurs. Ne trouvant leur place sur l’échiquier politique qu’entre la droite respectable et l’extrême droite. (…) Si le mouvement flamand veut jouer un rôle de libérateur, il doit se placer comme figure de proue pour une solidarité internationale et bien entendu se faire la voix de tous ceux qui souffrent de discrimination, de mépris et de racisme.

Pour une lecture plus complète du texte de Ludo Abicht, aller sur le site du Vif/L’Express.

La Bel’giya vue de Russie

Radio Moscou, c’était la voix de l’Union soviétique à l’étranger. Cette radio internationale est devenue La Voix de la Russie après l’effondrement du communisme. Ce n’est plus tout à fait un organe de propagande, comme au temps de la guerre froide, mais l’information qu’elle donne peut subir d’autres influences qu’en Belgique francophone. Info ou intox ? Il paraît que le glorieux pays des diables rouges est sur le point d’éclater. C’est écrit sur le site de La voix de la Russie.

La Flandre ne veut plus avoir la Wallonie à sa charge

voix-russieLa Belgique est sur le point d’éclater. Les Flamands sont fatigués de vivre côte à côte avec les Wallons. Pendant de longues années, la Flandre, où la population parle flamand et la Wallonie francophone étaient unies par la monarchie belge. Cependant, la situation économique des deux régions leur a fait oublier leurs contradictions ethniques et culturelles.

Du point de vue géopolitique, la Belgique représente un ensemble plutôt artificiel, composé de deux parties complètement différentes qui n’ont rien en commun : ni la langue, ni la culture, ni l’économie. Pendant plus d’un siècle, les néerlandophones et les francophones ont essayé de cohabiter ensemble. Mais ils avaient du mal à y parvenir. La Flandre, qui jouait pendant longtemps le rôle du parent pauvre, était une région agricole en retard économique. Elle survivait en grande partie grâce aux subventions wallonnes. La région flamande était une sorte de jardin potager, d’appendice agricole de la Wallonie pendant cette période. Au 19e siècle, la Wallonie a connu la révolution industrielle. Le charbon y était extrait, des aciéries ont ouvert et la construction des chemins de fer a commencé. La région francophone ressentait aussi sa suprématie dans la vie culturelle et politique.

Cette situation a perduré jusqu’aux années 1960, lorsque la Flandre, a fait un grand bond en avant sur le plan économique. Désormais la Wallonie est en retard par rapport à la Flandre, souligne Iouri Roubinski, directeur du Centre des recherches sur la France à l’Institut de l’Europe sous l’égide de l’Académie des sciences de Russie.

«Après la Seconde Guerre mondiale, le développement de la Flandre a abouti à l’enrichissement de cette région, et elle a dépassé par son niveau de développement la Wallonie. Désormais, ce ne sont plus les Wallons qui considèrent les Flamands d’assistés. La situation s’est inversée. Les Flamands disent que leur région est le coeur économique et l’avenir de la Belgique. Résultat, la scission entre les Flamands et les Wallons est telle que des partis flamands et wallons ont été créés. De ce point de vue Bruxelles, reste un problème complexe, car dans la région bruxelloise certaines régions appartiennent à la Flandre, et d’autres – à la Wallonie. Il est donc difficile de gérer cette ville.»

En attendant, un seul monarque dirige les deux régions. Il n’est pas exclu que la couronne est le seul élément qui retient le pays de l’éclatement. Un rôle remarquable dans ce domaine a été joué par le roi Albert II, qui pendant de nombreuses années, et ce jusqu’à son abdication, jouait un rôle d’arbitre. Mais lorsque la situation économique a changé, réaliser l’arbitrage fut de plus en plus difficile. La Wallonie continue à être le leader sur le plan politique et culturel, alors qu’elle n’en a plus les droits de l’être, selon les Flamands. Cette situation a fait remonter à la surface des vielles controverses. Des mouvements nationalistes radicaux de droite sont devenus extrêmement populaires en Flandre, notamment grâce au programme politique séparatiste et orienté contre l’émigration que ces partis proposent.

Cependant, si la Flandre attend son indépendance et le début d’une vie nouvelle du point de vue politique et économique, il est peu probable que la Wallonie puisse survivre en tant qu’un Etat distinct, estime le professeur du département de l’intégration européenne à l’Institut d’Etat des relations internationales de Moscou (MGIMO) Alexandre Tevdoï-Bourmouli.

« Si la Flandre devient indépendante, elle voudra le rester. On ne sait ce qui va arriver alors à la Wallonie, qui n’a jamais été une entité autonome. Si les mouvements nationalistes sont très actifs en Flandre, ce genre de mouvement est presque inexistant en Wallonie. Donc en cas de l’éclatement de la Belgique, on peut supposer que la Wallonie pourrait être rattachée à un autre pays. Par exemple à la France.»

L’indépendance d’une seule région de la Belgique pourrait entraîner une véritable reconfiguration de l’espace européen. Mais il est peu probable qu’en Europe, quelqu’un voudrait de tels changements, à l’exception de la Flandre. C’est pourquoi il est fort probable que tous les acteurs, qui en sont capables, puissent user de toute leur influence pour éviter l’éclatement de la Belgique. En abdiquant, Albert II a appelé les citoyens à s’unir. Son fils Philippe, le nouveau roi des Belges, a promis de poursuivre la tâche qui a été commencée par son père. Va-t-il y arriver? On le verra avec le temps.

Maria Baliabina

La Wallonie avec la France en Europe et dans le monde