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Le Thalys wallon vu par M Belgique

Le Thalys wallon, symbole d’une réforme de l’Etat masquée (MBelgique du 21/03/15)
31 mars 2015, 17:04

C’est bien connu: un train peut en cacher un autre. “E pericoloso sporgersi”. Danger: derrière le Thalys wallon, c’est le train fantôme des volontés flamandes qui déboule. Plus que du simple communautaire : comme une sorte de réforme de l’Etat masquée qui postulerait un tout nouveau rôle pour la Région wallonne : suppléer le fédéral.
Vous avez assurément entendu souvent, dans la bouche de politiques flamands de tous horizons politiques, cette maxime récurrente: “Ce que la Flandre fait elle-même, elle le fait mieux”.
Evolution récente, N-VA aidant, la formule soudain se complète désormais d’un : “Ce que nous, au gouvernement fédéral, n’avons plus envie de faire, faites-le donc vous-même, mes p’tits wallons…”
C’est une ministre francophone, Jacqueline Galant, qui stoppe le Thalys wallon mais incite le gouvernement wallon à le reprendre à son compte.
C’est la même Galant qui entend supprimer des lignes de la fédérale SNCB puisque les TEC wallons n’ont dès lors qu’à acheter des bus en plus…
« Back to the future »

C’est du “back to the future”, retour à ce qui se passait dans les “secteurs nationaux” dans les années 80, lorsqu’un Luc Van den Brande (CVP, aujourd’hui CD&V)) s’exclamait froidement: “Si les wallons veulent aider leur sidérurgie, ils n’ont qu’à payer eux-mêmes”.
Certes, on pressentait déjà bien, à l’époque, que l’avenir de la sidérurgie wallonne ne serait pas rose. Ce qui n’allait pas, que c’est que des dossiers flamands tout aussi peu enthousiasmants comme ceux du textile, de la construction navale ou d’autres aussi pourris que celui des charbonnages du Limbourg (qui coûtèrent des flopées de milliards à l’Etat belge) étaient traités, parce que concernant le Nord, avec une fluidité exemplaire, les grandes entreprises wallonnes ne recevant que des portions congrues.
Les choses ont-elles tellement changé? Certes, d’importantes réformes de l’Etat sont passées par là, certes les Régions se sont emparées d’importants leviers économiques mais on voit toujours aujourd’hui des ministres fédéraux s’en allant chanter, non plus seulement le paisible Vlaams Leeuw, mais bien les partitions nationalistes de la « Zangfeest »qui dénotent pour le moins avec le concept de la “loyauté fédérale”.
Lequel postule, par exemple, que dès lors qu’une décision de compétence fédérale pourrait avoir des conséquences pour la Wallonie (ou Bruxelles et la Flandre) il y ait à tout le moins “concertation”. (le Comité ad hoc a d’ailleurs depuis été saisi d’office par le Gouvernement wallon).

Le Thalys Vande Lanotte : 1% depuis Ostende

Petit résumé pour ceux qui auraient loupé ce wagon tout chargé de communautaire. En février, le gouvernement se penche sur le “Thalys Vande Lanotte”, du nom du ténor socialiste flamand, surnommé l’ “Empereur d’Ostende”, et qui a voulu et protégé pendant des années l’arrivée d’un Thalys quasi vide dans sa cité balnéaire, « Reine des Plages ». Officiellement, on ne vous le racontera pas comme ça, mais la pièce s’est jouée ainsi : le sp.a remballé dans l’opposition, ses copains N-VA mettent en exergue le flop : le tronçon Ostende-Bruges affiche un taux d’occupation de …1%. (chiffre officiel)
Donc, décide le gouvernement, il sera suspendu jusqu’à examen dans le cadre du “plan de modernisation et d’efficience de la SNCB”.
Mais c’était sans compter sans un de ces coups fourrés qui donnent décidément toute sa saveur à la solidarité flamande, surtout depuis l’arrivée au pouvoir de la N-VA. Puisqu’une décision politique arrêtait le Thalys du Nord, il fallait évidemment stopper itou le Thalys du Sud.
En y mettant les formes en communication, c’est à dire en parlant d’abord d’une “suspension” pour l’installation du système de sécurité ECTS (sur un tronçon de la dorsale wallonne). Alors que c’est bel et bien d’une suppression définitive dont il est question.
Pas plus fine psychologue que mathématicienne, la démonstration en a été faite par la ministre Jacqueline Galant elle-même, qui n’avait évidemment aucune raison de tant s’embrouiller dans des chiffres de déficit s’il ne s’agissait que d’une simple et inoffensive suspension technique, comme la dorsale wallonne en a déjà connu par deux fois.

140.000 passagers l’an

Le hic, c’est que la fréquentation du Thalys du Sud est tout de même largement différente : là, on en est à des taux de remplissage de 50%, voire de 60% le week-end.
Pas de quoi crier au succès mais, mine de rien, le temps a fait que de plus en plus de passagers ont découvert la ligne. Sous le gouvernement Verhofstadt, une véritable concertation s’était d’ailleurs tenue entre ministres fédéraux et régionaux qui s’étaient accordés à donner du temps à la liaison : non sans résultats, le Thalys wallon affichant désormais 140.000 passagers l’an. Soit 5,7 mio€ de recettes et effectivement, un déficit de 4,5 mio€ l’an.
Sur ce dernier chiffre, Jacqueline Galant de Jurbise ne se trompe point : le léger problème est qu’elle ignore tout du fond du dossier. A savoir que si 5 mio d’€ ce n’est pas rien, c’est tout de même quasi rien dans le budget SNCB et que c’est le prix à payer pour continuer d’exister sur la carte européenne du train à grande vitessse.

On oublie le grand consensus d’il y a 25 ans

Passons le fait que pratiquement quasi-toutes les lignes de la SNCB sont forcément déficitaires (ça s’appelle un service public), passons le fait que ledit déficit était tellement connu qu’il était prévu dans le Contrat de Gestion SNCB.
Ce que tout le monde a omis de dire et qu’il faut rappeler c’est que, jadis, avant le Thalys, de multiples lignes internationales reliaient, lentement, les grandes villes de Wallonie à Paris (jusqu’à sept trains par jour).
Et qu’on a oublié un peu vite le grand consensus politique qui s’était noué il y a 25 ans, lorsqu’il s’était agi d’abandonner irréversiblement toutes ces liaisons à l’ancienne et de de positionner la Wallonie, et sa capitale namuroise, sur le réseau européen des trains à grande vitesse. Histoire de doper, comme ce fut le cas pour Lille, le développement économique.
Ce ne fut d’ailleurs pas évident: il a fallu se battre pour que les lignes à grande vitesse s’installent en Wallonie et les permis de construire furent un feuilleton sans relâche.
Si on n’y prend garde, à force d’en sourire, on en arriverait, avec le folklore mathématique de Jacqueline Galant, à en oublier l’essentiel : à savoir que, jusqu’à nouvel ordre (ou nouvelle réforme de l’Etat), les trains sont financés également par les Wallons. Et que ce cela postule des retours pour la Wallonie.

Le flop du Fyra, vite résolu

Paul Magnette, le Ministre-Président wallon, ne s’est ainsi pas privé de rappeler que lorsque la Flandre s’est retrouvée confrontée à l’historique flop du Fyra (ce train de conception italienne à très relative haute vitesse -108 km/heure à peine- qui n’a roulé que six semaines vers les Pays Bas avec un important arrêt à Anvers), il n’a fallu que peu de temps pour trouver, avec l’appui wallon, un accord financier ad hoc et mettre en place un service Intercity de remplacement.
On verra ce qu’il adviendra du sort final du Thalys wallon, de toute façon à l’arrêt au 1e avril. Une certitude : tandis que la Wallonie n’a rien à dire sur le“plan de transport” qui multiplie à l’infini les colères des navetteurs, la Flandre a développé un bien meilleur réseau ferroviaire, notamment IC, avec une offre conséquente.

Clair de lune à Maubeuge

Ce n’est d’ailleurs pas un événement anodin que le Premier Ministre luxembourgeois soit venu, l’autre jour, à la tribune du Parlement Wallon s’inquiéter de la panne des investissements sur la mythique ligne 162, celle qui tortillarde de Bruxelles à Luxembourg.
Pour les wallons, la suspension/suppression du Thalys, c’est la crainte d’un retour à une provincialisation, alors que, partout en Europe, les compagnies de chemins de fer dépensent des sommes pharamineuses dans l’interconnexion des villes.
On l’a vu dans le débat au Parlement wallon : au delà d’un classique conflit Nord/Sud sur les ressources, c’est le MR, seul partenaire francophone du gouvernement, qui est accusé “de n’avoir pas tenu bon face à la Flandre.”
Le libéral Jean-Luc Crucke a eu beau plaider “pour qu’on extirpe la liaison Belgique-France du monopole du Thalys” et proclamer sa foi dans une alternative qui passerait par le clair de lune de Maubeuge et la gare de Valenciennes, il n’a guère convaincu. Pire: ses petits camarades se sont amusés à lui mettre sous le nez de mâles mais périmées déclarations d’autres libéraux quant à la sacro-sainte défense du Thalys wallon.

La régionalisation du rail, objectif flamand

Va-t-on vers un confédéralisme larvé dont le sort du Thalys wallon serait un des signaux d’alerte? Il est clair ici qu’on a appliqué la fameuse “théorie du gaufrier” c’est à dire supprimer le Thalys du Sud pour compenser la suppression du Thalys du Nord.
Et il ne faut jamais perdre de vue que, depuis longtemps, tous les partis flamands ont demandé la régionalisation du rail, la Flandre souhaitant, avec des nuances, gérer toute sa mobilité.
Steve Stevaert, l’ancien président des socialistes flamands, entendait ainsi financer des “lignes locales d’un rail purement flamand”. Ou décrocher, à défaut plus que l’actuelle clé 60%/40% des investissements ferroviaires…
Suspendu ou définitivement arrêté ? Le sort du Thalys wallon jouera en tout cas à coup sur l’image du MR en Wallonie.
Chacun sait désormais qu’il y a un prix à payer pour tout politique francophone qui entend accéder à la fonction de Premier Ministre.
Le montois Elio Di Rupo paie cash aujourd’hui ses concessions aux partis du Nord sur les allocations d’insertion et les exclusions du chômage.
S’il ne redémarre pas, le Thalys wallon pourrait conduire à cette question ennuyeuse pour le Premier Ministre, le Wallon Charles Michel : son pouvoir fédéral s’arrête-t-il à Wavre?

Le gouvernement wallon contourne la dépolitisation des cadres

Malgré le fait que la Wallonie souffre depuis tant d’années de la politisation outrancière de sa vie publique, il semble bien difficile à celle-ci de chasser ses vieux démons…

30/03/15 à 10:23 – Mise à jour à 10:22

Source : Le Vif/l’express

Dans une note adressée aux syndicats que Le Vif/L’Express s’est procurée, le gouvernement wallon propose de sortir plusieurs postes de la fonction publique du régime des mandats. La manoeuvre interpelle

Il devait constituer un solide rempart contre les nominations politisées. Mais l’arrêté royal réformant le régime des mandats dans l’administration et dans les organismes d’intérêt public (OIP) dérange visiblement le gouvernement wallon. Il envisage de sortir 18 postes de la fonction publique du régime des mandats. Selon la note que s’est procurée Le Vif/L’Express, le gouvernement wallon semble vouloir contourner – au moins en partie – la réforme qu’il a lui-même mise en oeuvre lorsque les verts étaient encore dans l’équipe. Il y a quelques semaines, le député Ecolo Stéphane Hazée pointait l’absence de plusieurs postes-clés dans la liste des mandats à renouveler parmi les OIP. La réponse vient de surgir dans « l’avant-projet de décret-programme » soumis à l’avis du Comité de secteur XVI, l’espace de concertation entre les autorités publiques wallonnes et les syndicats des agents qui en dépendent.

« La volonté est de contrebalancer les nominations à titre temporaire des mandataires afin d’assurer la continuité du service public au profit de l’intérêt général », indique la note. En pratique, cette disposition est lourde de conséquence, puisqu’elle ouvre les candidatures, par avancement de grade, aux seuls agents déjà en fonction dans les OIP concernés. Et non plus aux lauréats de l’école d’administration publique qui avait vu le jour dans le cadre de la réforme. « Sans remettre en cause la qualité du travail des fonctionnaires en place, le gouvernement exclut de la sorte l’apport d’un vent frais », regrette Stéphane Hazée. « Le vivier dans lequel on puisera sera déjà régi par les éventuelles nominations politisées du passé », ajoute un observateur du monde syndical.

La liste des OIP concernés par un changement de statut de plusieurs fonctionnaires dirigeants interpelle l’opposition. Ces dernières années, la gestion de plusieurs d’entre eux a fait l’objet de critiques plutôt sévères. C’est le cas du Centre wallon de recherches agronomiques (CRA-W), où des légèretés dans plusieurs bilans annuels avaient été décelées par la Cour des comptes, en marge de rivalités internes et de suspicions de fractionnement des marchés. A en juger par les échos de la récente visite de René Collin, ministre wallon de l’Agriculture (CDH), ces éléments interpellent encore le pouvoir de tutelle. La gestion de la Société wallonne du logement (SWL) est tout aussi controversée, tandis que l’Institut scientifique de service public (Issep) tente de reconstruire sa crédibilité après le licenciement, fin 2013, de son ancien directeur général adjoint Pierre Snyders, suspecté d’abus de biens sociaux et de faux en écriture. L’homme a, depuis lors, été recasé au Port autonome de Liège, bien que l’enquête soit toujours en cours. « En plus d’une remise en question sur le principe de la réforme, on se trouve là face à divers organismes récemment épinglés pour un déficit de gestion », souligne Stéphane Hazée.

Un journaliste à Monsanto : « vous prendrez bien un petit verre d’herbicide ? »

Nous connaissons le combat de la France en Europe afin que les OGM et autres herbicides dont la firme américaine Monsanto s’est fait la championne soient interdits sur son territoire. L’interview qui suit  ne manque pas de sel…! Le gouvernement wallon s’honorerait en signant un accord bilatéral avec la France pour l’interdiction des OGM et des herbicides en Wallonie.

27/03/15 à 13:36 – Mise à jour à 13:52

Source : Le Vif

Tel est pris, qui croyait prendre. Lorsqu’un lobbyiste de Monsanto affirme à un journaliste que l’herbicide fabriqué par sa firme n’est pas dangereux pour la santé, celui-ci lui propose d’en boire un verre.  » Je ne suis pas stupide « , répond-il. 

Un journaliste à Monsanto : "vous prendrez bien un petit verre d'herbicide ?" (vidéo)

© Capture d’écran Canal +

« Je ne crois pas que le glyphosate cause le cancer en Argentine. Vous pouvez en boire un verre entier, ça ne vous fera aucun mal ! », ose affirmer Patrick Moore, lobbyiste de Monsanto. « Vous voulez en boire ? », propose alors le journaliste, « nous en avons ici ».

« J’en serai ravi », affirme le lobbyiste de but en blanc, avant de réaliser ce qu’il vient de dire et de se raviser : « enfin pas vraiment, mais je sais que ça ne me ferait aucun mal ».

Le journaliste, qui sent qu’il vient d’ouvrir une brèche, insiste et là Patrick Moore, visiblement décontenancé rétorque : « je ne suis pas stupide ». « Donc c’est dangereux ? », demande le journaliste. « Non, des gens tentent de se suicider et échouent régulièrement », argumente-t-il.

Le journaliste pose alors la question une nouvelle fois : « vous voulez en boire un verre ? »

Excédé, le lobbyiste finira par déclarer que l’interview est terminée avant de quitter son siège. « C’est une bonne manière de résoudre le problème », conclut le journaliste, avant de se faire insulter par le lobbyiste.

Roundup, le produit phare de la firme Monsanto, vient d’être classé parmi les pesticides potentiellement cancérigènes par l’Organisation Mondiale de la Santé.

Vinciane Despret sacrée Wallonne de l’année 2013

Belga Publié le lundi 17 mars 2014 à 23h47 – Mis à jour le lundi 17 mars 2014 à 23h48 

 

La philosophe, psychologue et éthologue de l’Université de Liège Vinciane Despret s’est vu attribuer le Prix Bologne-Lemaire de Wallonne de l’année 2013, indique mardi soir l’Institut Destrée. L’objet de ce prix, décerné depuis 1996, consiste à honorer une personne « qui, par son action sociale, économique, politique ou culturelle a le mieux servi les intérêts de la société wallonne ». Vinciane Despret succède à l’économiste, professeur et expert Roland Gillet. Spécialisée en éthologie, Vinciane Despret est chef de travaux à l’Université de Liège, maître de conférences à l’Université libre de Bruxelles et participe à de nombreux colloques et études portant notamment sur la relation du scientifique à l’animal, objet de son étude.

Dans son dernier ouvrage (« Que diraient les animaux si on leur posait les bonnes questions ? « ), la lauréate « bouscule nos idées reçues et montre, avec beaucoup d’humour, combien mammifères et oiseaux sont plus intelligents que nous le croyons », explique l’Institut Destrée.

Le jury, composé des anciens lauréats du prix, a surtout été sensible « à la manière brillante dont elle vulgarise ses connaissances pluridisciplinaires grâce à des questionnements très pertinents qui interrogent l’être, la citoyenneté, la nature et la société. Le jury a également été très attentif au rayonnement international auquel Vinciane Despret contribue en valorisant ses travaux – et par là son université et sa région – à l’étranger. »

L’article à lire pour tout comprendre aux élections départementales françaises

Les Wallons ne seront pas indifférents aux élections départementales françaises. Nous avons trouvé intéressant de mettre en lien l’excellent article que nous avons trouvé sur le site de Francetv info.

Cet article va à l’encontre de plusieurs clichés : la France serait un pays incapable d’adopter des réformes de structure. La France jacobine ne pourrait accepter de différences quant aux lois qui organisent ses collectivités territoriales. La France serait un pays bien inférieur à la Belgique quant à ses politiques sociale et culturelle (lire le chapitre des compétences importantes qui resteront celles des départements « De quoi vont s’occuper les départements ? »)

L’espoir de l’ AWF est que le taux de participation à ces élections s’élève afin que les abstentionnistes ne soient pas, comme aux européennes, le premier parti de France. L’autre espoir est que les Français accordent leur vote aux partis qui défendent les Valeurs de la République.

Paul D.

Les 22 et 29 mars, les Français sont appelés à élire leurs conseillers départementaux. Un scrutin qui comporte de nombreuses nouveautés par rapport aux anciennes élections cantonales. Francetv info répond aux questions que vous pouvez vous poser.

Dans un bureau de vote de Saulxures-lès-Nancy (Meurthe-et-Moselle), le 25 mai 2014.
Dans un bureau de vote de Saulxures-lès-Nancy (Meurthe-et-Moselle), le 25 mai 2014. ( MAXPPP)

Vous ne comprenez rien aux élections départementales ? Vous faites partie du tiers de Français qui n’a pas entendu parler de ce scrutin qui se tient les dimanches 22 et 29 mars ? Pas de panique ! Francetv info répond à toutes les questions que vous pouvez vous poser.

Les élections départementales, c’est quoi ?

Les départementales servent à choisir les élus dans les départements de France. Ces élus, appelés conseillers départementaux, siègent au conseil départemental. Ces dénominations sont nouvelles : jusqu’à présent, on parlait de conseillers généraux et d’élections cantonales.

Chaque département est subdivisé en plusieurs cantons. Une élection est organisée dans chaque canton. Les vainqueurs de ces scrutins siègent ensuite au conseil départemental pour six ans.

Qu’est-ce qui change par rapport aux cantonales ?

Il ne s’agit pas seulement d’un changement de nom. Ce scrutin nouvelle mouture comporte de nombreuses évolutions.

Calendrier. Il s’agit d’abord d’une élection générale, qui a lieu tous les six ans sur tout le territoire, et non plus d’un scrutin renouvelant les sièges par moitié tous les trois ans.

Parité. Dans leur canton, les électeurs n’éliront plus un conseiller général, mais un binôme obligatoirement composé d’un homme et d’une femme. Cette nouveauté imposera de fait une parité hommes-femmes parfaite dans les conseils départementaux, alors que ces assemblées se distinguaient jusqu’à présent par une sous-représentation du sexe féminin (17,79% des élus).

Carte. Puisque deux personnalités par canton sont élues, au lieu d’une, le nombre de cantons a été divisé par deux, passant de 4 035 à 2 054. Ainsi, le nombre d’élus départementaux reste sensiblement le même : 4 108.

Pour passer de 4 035 cantons à 2 054, le ministère de l’Intérieur et les préfets ont sorti leurs ciseaux, pour opérer le plus grand redécoupage cantonal jamais réalisé depuis le début du XIXe siècle. Les cantons, qui avaient été découpés sur des bases géographiques, prennent désormais en compte le critère démographique. Dans la quasi totalité des cas, la population de chaque canton n’est ni supérieure, ni inférieure de plus de 20% à la population moyenne des cantons du département.

L’an dernier, une partie de la droite avait crié au scandale devant ce « charcutage ruralicide », selon les mots de François Sauvadet. Le président UDI du conseil général de Côte-d’Or estimait, dans son Livre noir sur le redécoupage des cantons, que le PS avait « procédé très clairement à des opérations partisanes de rééquilibrage en sa faveur au mépris des réalités territoriales ». Une accusation rejetée par le gouvernement.

Est-ce que tout le monde vote ?

Les électeurs de 98 départements (sur 101) sont appelés aux urnes le 22 mars, puis le 29 mars en cas de second tour. En métropole, deux exceptions sont toutefois à signaler : Paris et l’agglomération lyonnaise, où le scrutin n’est pas organisé.

Paris étant à la fois une commune et un département, le Conseil de Paris concentre les prérogatives d’un conseil municipal et d’un conseil départemental. Ses membres sont élus tous les six ans, lors des élections municipales. Il n’y a donc pas lieu d’élire des conseillers départementaux à Paris.

A Lyon, la situation est nouvelle : la métropole de Lyon, entrée en vigueur au 1er janvier 2015, a absorbé sur son territoire les compétences du département du Rhône. Les élus de la métropole ont été choisis lors des élections municipales de 2014. Aucune élection départementale n’est donc organisée dans les 59 communes qui composent l’agglomération. De son côté, le nouveau Rhône se retrouve amputé. Il ne comptera plus que 13 cantons, soit 26 élus.

Les habitants des départements d’outre-mer sont appelés aux urnes, sauf en Martinique et en Guyane, où des collectivités uniques (rassemblant département et région) seront mises en place en décembre 2015 à l’occasion des élections régionales. Enfin, les collectivités d’outre-mer, comme la Polynésie française ou Saint-Pierre-et-Miquelon, ne sont pas concernées par ces élections.

Comment fonctionne le mode de scrutin ?

Pour les puristes du droit électoral, il s’agit d’un « scrutin binominal mixte majoritaire à deux tours ». Concrètement, cela signifie que dans chaque canton, plusieurs binômes composés d’un homme et d’une femme s’affrontent dans le cadre d’un scrutin majoritaire.

Un binôme peut l’emporter dès le premier tour, le 22 mars. Pour cela, il doit recueillir la majorité absolue des suffrages exprimés (50% plus une voix), et un nombre de suffrages d’au moins 25% des inscrits sur les listes électorales.

Si ces conditions ne sont pas réunies, un second tour est organisé. Peuvent y participer les deux binômes arrivés en tête, ainsi que ceux qui ont rassemblé un nombre de suffrage d’au moins 12,5% des électeurs inscrits. Le binôme arrivé en tête à l’issue du second tour est élu. Une fois élus, les deux membres du binôme ont une totale liberté de vote. Les décisions de l’un ne s’imposent pas à l’autre.

Qui va devenir président du conseil départemental ?

Le jeudi suivant le second tour, c’est-à-dire le 2 avril, se tiendra, dans chaque département, la première réunion du conseil départemental nouvellement élu. C’est au cours de cette séance que sera élu le président de l’assemblée départementale, parmi les conseillers élus. Le plus souvent, il s’agira d’une personnalité désignée à l’avance par le parti ou la coalition majoritaire.

Mais dans d’autres cas de figure, cette élection du président aura valeur de véritable « troisième tour » de scrutin. Cela pourrait se produire si aucune des forces politiques ne dispose d’une majorité absolue au sein du conseil. Dans certains départements, les élus Front national pourraient par exemple se retrouver en position d’arbitres pour faire pencher la balance vers la droite ou vers la gauche.

Le président du conseil départemental est élu à la majorité absolue. En cas d’échec, un second tour est organisé, lors duquel la majorité absolue est également requise. Un nouvel échec conduit à un troisième tour de scrutin. Une majorité relative suffit alors pour être élu président.

Quel parti est le favori ?

A en croire plusieurs sondages, le Front national pourrait arriver en tête des suffrages au soir du premier tour au niveau national, et donc dans de nombreux cantons. Une poussée qu’il faut cependant prendre avec des pincettes car ces enquêtes d’opinion ne tiennent pas compte des particularités locales. De plus, arriver en tête du premier tour ne signifie pas remporter l’élection, qui va le plus souvent se jouer au second tour.

La gauche, de son côté, s’attend à une sévère défaite. Dans les enquêtes d’opinion, le Parti socialiste ne pointe qu’en troisième position, autour de 20%. La gauche se présente en ordre dispersé, Front de gauche et écologistes ayant le plus souvent décidé de faire cavaliers seuls. Cet éparpillement, couplé à l’abstention qui s’annonce forte, risque de priver la gauche de représentants lors de nombreux seconds tours, qui opposeront alors la droite au Front national.

Dans ce contexte, c’est bien l’UMP, dans la plupart des cas alliée avec les centristes de l’UDI, qui pourrait tirer les marrons du feu au second tour. Selon les états-majors des partis, la gauche, qui règne actuellement sur une soixantaine de départements sur 100, pourrait en perdre entre 20 et 40.

De quoi vont s’occuper les départements ?

C’est tout le problème. A quelques jours du scrutin, difficile de faire des promesses de campagne aux électeurs : la loi NOTRe (Nouvelle organisation territoriale de la République), qui fixe les missions des futurs conseils départementaux, n’a pas encore été définitivement adoptée par le Parlement.

Le projet initial dépouillait ces assemblées au profit des régions. Mais la mouture votée par l’Assemblée en première lecture prévoit notamment que le département continuera à s’occuper de l’action sociale, avec, entre autres, la gestion du revenu de solidarité active (RSA), de l’allocation personnalisée d’autonomie (APA). La responsabilité des collèges et des routes départementales continuera également de lui incomber, tout comme le domaine de la culture.

Je ne peux pas aller voter. Comment faire ?

Il vous suffit d’établir une procuration, valable pour les deux tours de scrutin ou seulement l’un des deux. Pour ce faire, il faut remplir un formulaire disponible au tribunal d’instance, au commissariat, ou à la gendarmerie de votre lieu de résidence ou de travail. Nouveauté : vous pouvez également télécharger ce document en ligne, mais il vous faudra toujours l’apporter en main propre dans l’un de ces trois lieux.

J’ai eu la flemme de tout lire, vous pouvez résumer ?

Les 22 et 29 mars, les Français sont appelés à élire leurs conseillers départementaux. Pour la première fois, chaque canton choisira un binôme composé d’un homme et d’une femme. Pour mettre en place ce nouveau mode de scrutin, la carte des cantons a subi un important redécoupage accusé par la droite de favoriser la gauche. Toutefois, cette dernière est loin d’être favorite d’un scrutin qui ne passionne pas les foules, d’autant que les futures compétences des départements ne sont pas encore définitivement fixées.

Le groupe français Hiolle Industries à Mons-Borinage ?

Lu sur le site du journal La Province :

HiolleLe groupe français Hiolle Industries veut s’implanter à Mons-Borinage et créer une entreprise de déconstruction de voitures ferroviaires (70 emplois à la clé).

Un grand groupe industriel français veut s’implanter à Mons-Borinage. Spécialisé dans la déconstruction ferroviaire, Hiolle Industries cherche un bâtiment proche d’une voie de chemin de fer. Une activité porteuse de 70 emplois.

En 2013, le groupe Hiolle Industries (700 emplois) créait une filiale baptisée Nord Ferro spécialisée dans le désossage de voitures de chemin de fer ou de métro. Fort de cette expérience dans le nord de la France, Jean-Michel Hiolle, patron du groupe, souhaite à présent étendre son activité en s’implantant en Hainaut. Les premiers contacts ont été établis avec le « voisin » belge Eric Thiébaut, bourgmestre d’Hensies et député (PS) fédéral.

Ce mercredi, le projet a pris une tournure plus officielle en réunissant la direction de Hiolle Industries avec le président de l’intercommunale IDEA, Marc Barvais, sa directrice générale Caroline Decamps, et le député hensitois.

Pour Hiolle Industries, l’intention de s’implanter en Belgique ne laisse planer aucun doute. « Notre volonté est d’aller chez vous si possible déjà en 2015 », lance Xavier Bleu, chef de projet chez Nord Ferro, lequel a patiemment décortiqué depuis des mois les législations fédérale et régionale en matière d’environnement, très proches de la législation française. « Mais nous n’irons pas sans vision réelle des besoins de la SNCB.  »

La réunion de travail de ce mercredi avec l’IDEA a permis d’évaluer les besoins d’Hiolle Industries pour venir s’implanter à Mons-Borinage.

« Il faut trouver un bâtiment existant de 2.000 m², précise Jean-Michel Hiolle, éloigné des habitations et proche d’une voie ferrée. La présence d’une voie fluviale n’est pas nécessaire. Au niveau de l’emploi, sachant qu’il faut six personnes pour désamianter une voiture, six pour le dégarnissage, et six autres pour diverses opérations, et que nous tablons sur 200 wagons par an, cela représenterait 70 emplois à moyen terme. »

Cl.W.

Lire notre dossier dans La Province de ce jeudi 26 février.

Thalys wallon: chronique d’une disparition annoncée

Un nouveau mauvais coup porté au rail wallon. Il appartient aux Namurois, mais aussi à tous les citoyens wallons de se rebiffer et d’entrer en résistance.

Thalys wallonLu sur le site du quotidien Le Soir

Par José Damilot, conseiller communal à Namur et ancien président des cheminots de la CGSP.

Fin janvier, la nouvelle tombait : le Thalys wallon sera supprimé le 31 mars. Un préavis de 2 mois à peine ! Une information tardive alors que connue des protagonistes ferroviaires depuis plusieurs mois. Manifestement, la volonté d’imposer la politique du fait accompli !

Le Thalys wallon n’a jamais fait l’objet d’un grand intérêt auprès des dirigeants de la SNCB et d’Infrabel. Chaque fois qu’il y avait des problèmes avec le parc Thalys, la desserte wallonne en était la principale victime. Ainsi, rien que dans les 3 dernières années, il a été supprimé un mois et demi à l’été 2012 et 5 mois de novembre 2012 à avril 2013.

Le service de catering a, lui aussi, été supprimé puis rétabli. On voudrait décourager les voyageurs qu’on n’agirait sans doute pas autrement. Malgré ce désintérêt pour ne pas parler de désinvestissement, le Thalys wallon vient de battre son record de voyageurs en 2014. Il a recensé près de 142.000 voyageurs, soit un taux d’occupation de 52 % en moyenne et plus de 60 % en fin de semaine.

Mais ces éléments ne pèsent guère dans la balance de ceux qui rêvent de sa suppression au nom de la rigueur budgétaire, disent-ils, mais aussi et surtout de considérations moins avouables.

Pour mémoire, c’est Johan Vande Lanotte qui, le 18 juin 2013, déclare accepter la suppression du Thalys flamand… si le wallon l’est également.

Pour mémoire toujours, c’est le même Vande Lanotte qui désigne 2 mois plus tard Jo Cornu à la tête de la SNCB lequel est aussi, évidemment, favorable à la suppression des Thalys sur les dorsales. « Deux fois plus de voyageurs que le Thalys flamand »

Pour mémoire, enfin, le Thalys wallon transporte plus du double de voyageurs que le Thalys flamand. Et puis, il y a ceux qui, à l’intérieur d’Infrabel et de la SNCB, rêvent également de mettre un terme à ces relations.

Et aujourd’hui, on a l’impression que l’imbroglio ferroviaire lié à la scission structurelle de la SNCB et d’Infrabel et la cure d’austérité imposée à la SNCB fournissent l’arme du crime.

Quand je parle d’imbroglio ferroviaire, je parle du nombre des protagonistes de ce dossier.

Il y a la SNCB et Infrabel, les champions du « ce n’est pas moi, c’est lui ».

Il y a la SNCF et RFF.

Il y a Thalys devenu opérateur ferroviaire.

Il y a BLogistics devenue filiale de droit privé.

Il y a tous les intervenants industriels et techniques.

Il y a enfin la Ministre qui accepte ou non de subsidier ce service dans le cadre du contrat de gestion.

Quand j’évoque la scission, je parle de la nouvelle structure qui permet à chacun de rejeter la responsabilité sur l’autre.

Quels sont les problèmes ?

1) La volonté d’Infrabel d’équiper Namur du système de sécurité ETCS pour le corridor fret Anvers – Namur – France, Suisse, Italie via l’Athus Meuse. Cette mesure empêche de facto la circulation du Thalys, sur la dorsale wallonne puisqu’il n’est pas équipé d’un système de sécurité compatible avec celui qu’Infrabel installe.

Pour info, le master plan prévoit que l’équipement du réseau en ETCS doit être terminé en 2022 (!) et que l’ETCS sera la norme pour tous les opérateurs en 2025 (!).

On sait déjà que ce calendrier ne sera pas respecté en raison de la réduction des moyens budgétaires sans parler du retard lié à un recours devant le Conseil d’Etat d’un candidat au marché non retenu.

On a donc plusieurs années pour réaliser ces travaux mais à Namur, c’est une urgence, c’est une affaire de semaines ! Curieux, non ? Je vais y revenir.

2) La nécessité pour la SNCB de réaliser des économies en raison de la gestion désastreuse des dirigeants précédents à quoi il faut ajouter depuis octobre dernier, la décision gouvernementale de réduire les subventions des 2 sociétés ferroviaires.

Et donc, c’est un petit peu comme si l’initiative d’Infrabel et ses conséquences sur le Thalys wallon avaient été mises à profit par la SNCB pour actionner le couperet.

Ce pressentiment devient même une conviction lorsqu’on lit dans le budget 2015 de la SNCB : « En l’absence d’une décision définitive quant à leur suppression, le présent budget tient encore compte de l’impact du maintien des dessertes par Thalys des 2 dorsales ».

Ce budget a été présenté au CA de la SNCB le 19.12.2014. Pour la SNCB, il est clair qu’elle attend – espère – la suppression des Thalys des 2 dorsales. Cette question a été débattue, il y a plusieurs mois, entre la SNCB et Infrabel. On n’a pas cherché à la solutionner, on a attendu le plus tard possible avant de la rendre publique et on tente d’expliquer que c’est irréversible.

Questions :

1) Infrabel veut équiper Namur par priorité en ETCS parce que les couloirs de fret sont une priorité à ses yeux. Pour que ce système soit efficace, cela suppose que les opérateurs (les locomotives tractant du fret) soient dotés d’un équipement compatible.

Le sont-ils ?

Non ! A BLogistics, il y a 2 sortes de locomotives qui tirent les trains de fret, les types 13 et les Traxx. Les types 13 sont équipées d’origine en ETCS mais le système n’est pas activé et l’activation nécessitera des modifications sur la locomotive ! Les Traxx ne sont pas équipées du tout, elles devront retourner dans la firme et cela va prendre beaucoup de temps.

Quant aux autres opérateurs, ils sont loin d’avoir cet équipement, tout au plus ont-ils le système TBL1+. Alors pourquoi cette hâte à équiper Namur alors que les opérateurs, eux, ne disposent pas de la technique adéquate ?

Comment expliquer qu’Infrabel équipe certains tronçons en ETCS sans se soucier de voir si les opérateurs qui parcourent ces tronçons s’équipent simultanément ?

Comme indiqué plus haut, c’est une conséquence surréaliste, parmi d’autres, de la scission du groupe ferroviaire. « Peu importe que l’autre soit en ordre, du moment que je le suis ».

Et donc, un report de quelques mois n’altérerait pas la sécurité et ce temps pourrait être mis à profit pour adapter le Thalys. Pour peu qu’on ait l’intention de le rétablir.

Car on sait que les adaptations techniques demandent du temps et de l’argent, nécessitent des homologations de 4 réseaux et enfin une subvention dédicacée dans le contrat de gestion, opération rendue plus délicate de par le nouveau statut de Thalys.

Bref, même le report semble une idée « mort-née » tant l’acharnement de certains dirigeants ferroviaires est farouche.

Conséquence :

Trois grandes villes wallonnes vont être privées de leur seule relation directe avec Paris. Pour Namur, la pilule est particulièrement amère. Les Namurois savaient déjà que les perspectives toujours reportées de la fin des travaux du RER et de la 162 l’éloignaient toujours plus de Bruxelles et de Luxembourg.

Désormais, la capitale de la Wallonie, la gare la plus fréquentée de la Région Wallonne sait, en outre, qu’elle n’aura plus aucune relation internationale digne de ce nom.

Moralité : les Namurois, tous les Namurois devront faire front s’ils ne veulent pas être les grands oubliés chaque fois que des choix stratégiques sont opérés à certains niveaux de pouvoir.

Société britannique ou société française ?

 « Il faut autoriser le port du voile dans toutes les écoles. » Ainsi s’exprime le directeur général de l’enseignement catholique flamand (VSKO). Pour Lieven Boeve, l’Etat doit légiférer et mettre la religion dans la sphère publique ajoutant qu’il faut plus de professeurs musulmans dans les classes et que des cours d’islam sont envisageables dans l’enseignement catholique. Il se prononce pour un choix de société britannique où le communautarisme est la règle et s’oppose à l’Etat laïque à la française imposé idéologiquement.

Cette profession de foi est antinomique par rapport à l’article de Catherine Kintzler, auteure de « Penser la laïcité » (Paris : Minerve 2014) publié sur ce site le 02.02.15 sous le titre « respiration laïque à la française ». Nous attendons avec intérêt la position de la direction générale de l’enseignement catholique en Communauté française Wallonie- Bruxelles.

Que M. Boeve choisisse le communautarisme à l’anglaise par rapport à la laïcité à la Française n’est pas fait pour nous étonner. Une fois de plus, nous constatons que la société flamande a une conception du vivre ensemble différente de celle de la société de langue française. Vivre en Wallonie ou en Flandre sont deux modes de vie différents, sans parler du vivre à Bruxelles qui comporte ses propres spécificités.

Flandre, Wallonie, Bruxelles : trois sociétés dont les aspirations sont de plus en plus éloignées. C’est la Belgique qui continue à s’évaporer…

Paul D.

Lu sur le site du Vif/L’Express (lien) :

port du voileLieven Boeve, le directeur général de l’enseignement catholique flamand(VSKO), relance la discussion sur le port du voile. « C’est un sujet trop important pour être laissé aux écoles », déclare-t-il aux quotidiens De Standaard et Het Nieuwsblad. 

Lieven Boeve estime que les symboles religieux doivent être autorisés. « Tous les réseaux de l’enseignement doivent abolir l’interdiction du port du voile », affirme-t-il.

Après avoir déclaré qu’il voulait plus d’enseignants musulmans dans les classes et que les cours d’islam dans les écoles catholiques étaient envisageables, Boeve trouve qu’il est urgent de remettre la question du voile sur la table. 

« C’est un sujet trop important pour être laissé aux écoles » dit-il. « Il doit faire l’objet d’un large débat sociétal ».

Boeve explique pourquoi il est opposé à une interdiction. « Il doit être possible d’exprimer sa conviction religieuse ». « Vouloir cacher sa religion dans le cadre d’une neutralité mal comprise qui veut bannir la religion de la sphère publique. Je préfère l’approche britannique, où l’on accepte sans problème que les fonctionnaires portent un turban à la laïcité française imposée idéologiquement ».

Interrogé par De Standaard, Boeve n’estime pas que le voile opprime les femmes. « Je connais suffisamment de femmes qui portent le voile et elles le font tout à fait intentionnellement. Je trouve très condescendant de prétendre qu’elles sont opprimées sans le savoir », dit-il.

Bon à savoir

Un nouveau numéro vert pour l’administration wallonne: le 1718

Eric Deffet
Mis en ligne il y a 8 heures sur le site du journal « Le Soir »

La Wallonie est le premier service public à obtenir le feu vert pour disposer d’un numéro gratuit à quatre chiffres.

Un renseignement sur une prime? Un état d’avancement de votre dossier? Une adresse utile? Des infos sur une procédure? Besoin d’un rendez-vous avec l’administration?

Depuis ce matin, pour contacter l’administration wallonne, il suffit de composer le 1718. Ou le 1719 pour les habitants des communes germanophones.

Ce numéro est bien entendu entièrement gratuit. Comme son prédécesseur, qui était plus compliqué à mémoriser: le célèbre 0800/11901 qui restera parallèlement en service durant deux ans, le temps d’épuiser la foule de documents officiels où il est encore mentionné.

Avec ce 1718, la Wallonie est le premier service public à obtenir le feu vert pour disposer d’un numéro gratuit à quatre chiffres, d’ordinaire réservé à des services d’urgence.

Au bout du fil, les Wallons auront accès à une équipe de neuf personnes spécialement formées pour fournir des réponses concrètes. La ligne est accessible de 8h30 à 17h. Au-delà, l’interlocuteur tombera sur un répondeur automatique dépouillé chaque matin par les agents du téléphone vert.

Chaque jour, le numéro gratuit de la Région wallonne est composé à 500 reprises. Un nombre qui a décuplé depuis 1989, date de la mise en service du tout premier standard accessible au public.

Les Wallons électrisés par les Bretons et la France

Voici une initiative à laquelle notre mouvement ne peut qu’applaudir et qui rentre très bien dans le projet de l’AWF. Retenons que dans cette France encore considérée comme affreusement jacobine, rien de plus solide que les clichés, les Bretons ont eu le choix de tourner le dos au nucléaire. Retenons aussi qu’un véritable état dont le pouvoir est bien réel a instauré non un black-out par zones, ah ce fameux sous régionalisme wallon, mais un délestage qui est le même (20 %) pour l’ensemble des Régions qui forment la Nation française. Bel exemple du projet d’intégration-autonomie de la Wallonie à la France que nous prônons. Citoyens français, nous bénéficions de la solidarité nationale et sommes placés devant le même effort à fournir (le délestage de 20 %). Autonomistes wallons, nous avons la possibilité de choisir notre mode de production électrique en fonction des critères, notamment géologiques, propres à notre Région.

Mais, que diable, qu’attendent nos responsables politiques pour étudier le projet d’intégration-autonomie de la Wallonie à la République française dont la plupart ne connaissent rien ?

Paul D.

Lu sur le site de l' »Avenir »

électricitéQuatre députés wallons reviennent d’une mission en France sur les risques de pénurie d’énergie. Ils en reviennent… survoltés.

On se dit que, tant qu’à refaire des missions parlementaires en Wallonie, on aurait pu convenir d’une thématique moins décalée: «les risques de pénurie d’électricité», alors que la menace d’un black-out s’amenuise au fil de l’hiver…

Jean-Luc Crucke n’est pas d’accord. C’est lui, le président de la commission Énergie, qui emmenait les trois autres commissaires, partis lundi, revenus vendredi. Depuis, le député wallon MR ne tarit pas d’éloges sur les Bretons.

Jean-Luc Crucke, vous avez appris des choses utiles pour les Wallons, en Bretagne et dans le Sud de la France?

C’était passionnant ! En Bretagne, on a constaté une cohésion politique et une mobilisation citoyenne… Incroyable ! L’énergie n’est pas dans les compétences des régions, en France. Mais les Bretons sont… des Bretons. Et ils sont unanimes. Droite, gauche, centre, écologistes forcément : ils ont dit «pas de nucléaire chez nous!» Et ils veulent développer des ressources alternatives. Mais ils ont pris aussi l’engagement de maîtriser la demande d’électricité.

Concrètement?

Ils ont un programme appelé ÉcoW’acteur. Quand un éventuel pic de consommation est en vue, l’alerte est donnée. À partie de là, un réseau de citoyens (près de 100 000 personnes) réagit en même temps.

Comment?

Tous ensemble, ils baissent leur consommation électrique par divers gestes: reporter une machine à plus tard, etc. Ils se sont engagés à ça. Et ça réduit la demande aux moments cruciaux. J’en ai même parlé à des gens dans la rue. Ils savent, ils sont engagés. Le fait que tout le monde s’implique, cette mentalité, l’engagement unanime de tous les élus, c’est ce qui m’a le plus impressionné! C’est cette mobilisation qui fait la différence avec le Sud, en région Paca (Provence, Alpes, Côte d’Azur).

Les gens n’y sont pas mobilisés?

L’initiative EcoW’acteur vient du Sud, en fait. Mais le Sud n’est pas mobilisé. Ce qui se décide à Nice ne va pas s’étendre à toute la région. Par contre, ils y construisent une éolienne flottante, parce que leurs fonds marins sont très bas.

Mais y avait-il encore une raison pour aller voir en France ce qui pouvait nous aider face au black-out? Le danger n’est pas aussi aigu qu’on le disait…

Il n’y a pas que le black-out. Il y a le plan de délestage. Chez eux, on ne déleste pas par zones comme chez nous. On préfère réduire la production de 20% pour tout le monde par exemple. Ça facilite plein de choses. Ne prenons que l’exemple de la circulation des trains… Et puis, il y a la maîtrise qu’on peut avoir sur la demande d’électricité. Il y a la prise de conscience. L’énergie, ça a un coût! ça reste d’actualité. Et il faut arriver à remplacer tôt ou tard le nucléaire.

Et vous ramenez quoi chez nous?

De l’oxygène, de l’énergie… Et en plus du rapport sur la mission bien sûr, les quatre commissaires vont déposer ensemble (Crucke et Olivier Maroy pour l’opposition MR, Dimitri Fourny pour le cdH, Pierre-Yves Dermagne pour le PS) une proposition de résolution sur ce qu’on a vu et sur la mobilisation citoyenne qu’il faut susciter. Sur ce dossier, nous devons parler le même langage. Ne pas nous diviser. Les missions, ça suscite toujours la critique, je sais. Mais on doit jouer la transparence absolue.

La Wallonie avec la France en Europe et dans le monde