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Indemnités de maladie rabotées : qui est concerné et dans quelle mesure ?

Indemnités de maladie rabotées : qui est concerné et dans quelle mesure ?

Lu ce mercredi 14 septembre sur le site du Vif/L’Express :

Source: Le Soir

La ministre des Affaires sociales, Maggie De Block (Open VLD), envisage de revoir le mode de calcul des indemnités de maladie. Certaines indemnités pourront être diminuées, d’autres augmentées. Les réformes devraient être applicables dès le 1er octobre. Le point sur ses conséquences.

Pourquoi cette réforme ? 

« Il s’agit d’une opération de simplification et d’harmonisation, devant le nombre et le caractère très hétéroclite des primes », indique la porte-parole de la ministre dans Le Soir et La Libre Belgique de ce mercredi.

En quoi consiste-t-elle ?

Dans le système actuel, l’indemnité maladie est calculée sur base du dernier salaire. En vue de réaliser des économies, la ministre souhaite déduire de celui-ci certaines primes, comme celles liées à l’ancienneté, les cadeaux de l’entreprise en nature, en espèces ou sous forme de bons de payement, ou encore les heures supplémentaires (si elles représentent au moins 10% de la rémunération). Les primes de tutorat pour former les jeunes travailleurs sont également concernées ajoute Le Soir.

Qui sera touché et dans quelle mesure ?

« Difficile de dire dans quelle mesure chaque allocation va baisser, cela dépend des primes que chacun touche », a commenté le cabinet ministériel qui souligne que certaines personnes vont aussi voir leur indemnité augmenter. C’est le cas des travailleurs qui sont passés à temps partiel avant de devoir interrompre totalement leurs activités professionnelles.

Concrètement : « Pour le calcul de l’indemnité, on ne prendra plus le dernier salaire moyen. On va remonter d’un trimestre », indique le cabinet de la ministre. Dans le système actuel, un certain nombre de salariés malades ne travaillent plus qu’à temps partiel avant de cesser complètement leur activité en raison de leur maladie. Leur indemnité est donc basée sur leur dernier salaire, donc sur un temps partiel. Avec la réforme, on remonte d’un trimestre, ce qui laisse plus de chances que le calcul soit effectué sur base d’un salaire à temps plein. « Nous avons voulu éviter que des personnes qui ont fait l’effort de rester dans leur entreprise soient pénalisées », indique encore le cabinet. Une thèse que ne partagent pas les syndicats, qui estiment que ce calcul pourrait lui aussi conduire à des baisses dans certains cas.

Quand cette réforme entrera-t-elle en vigueur ?

L’entrée en vigueur de cette réforme est déjà prévue pour le 1er octobre prochain, pour les cas de maladie constatés à partir de cette date. Aucun malade ne verra donc subitement son allocation baisser.

Et pour les malades de longue durée ?

Par ailleurs, Maggie De Block a dans ses tiroirs un plan pour augmenter les contrôles auprès des malades de longue durée à partir du 1er octobre, rapporte aussi Het Laatste Nieuws. L’Inami va mettre sur pied une équipe de médecins qui accompagnera les malades dans leur retour sur le marché du travail. Après un mois, ces derniers, à l’exception des maladies graves, devront répondre à un questionnaire visant à déterminer leur chance de retour à la vie active.

Que disent les syndicats ?

La proposition a été discutée ce mardi matin au comité de gestion de l’Inami. Les syndicats ont remis un avis négatif. Pour la FGTB, cette réforme est inacceptable. Le secrétaire fédéral de la FGTB a qualifié la mesure de « nouvelle précarisation des travailleurs avec un genou à terre. » Contacté par Le Soir, il précise : « Ce ne sont pas de petits montants. Si on peut retirer jusqu’à 10 % d’heures supplémentaires de l’allocation, cela peut atteindre des montants très élevés. » Le gouvernement doit à présent trancher.

L’Écosse relance le débat sur l’indépendance

On n’oublie pas que la construction européenne est liée à la guerre froide et à la promotion d’un modèle économique autant que politique. Réconciliation franco-allemande, oui, certainement, mais sous les auspices du monde anglo-saxon. Néanmoins, si l’Europe apparaissait comme un idéal, c’est parce qu’il s’agissait de faire vivre ensemble, en parfaite harmonie, des peuples que l’histoire avait souvent frottés les uns aux autres. Et si elle apparaissait comme une nécessité, c’est parce qu’elle avait pour vocation de permettre au « Vieux continent » de conserver une position forte sur la scène mondiale. Il y a de quoi déchanter. Qu’une partie croissante de l’opinion européenne ait le sentiment d’avoir été trompée sur les objectifs réels de l’Union européenne, celle-ci apparaissant comme une simple étape sur le chemin de la mondialisation capitaliste, cela ne signifie pas que l’on doive renoncer à l’Europe. Au vu de ce qu’est le monde aujourd’hui, de ce qu’il sera, nous avons besoin d’une Europe plus forte, plus politique, plus démocratique, plus sociale. Moins dépendante de nos partenaires anglo-saxons… ou des capitaux venus de Chine et de la péninsule arabique. (G.R.)

Lu ce 2 septembre sur le site du magazine 7 sur 7 :

La Première ministre d’Ecosse et leader nationaliste Nicola Sturgeon a lancé vendredi une nouvelle initiative, sous forme de consultation, en faveur de l’indépendance de la nation septentrionale du Royaume-Uni, estimant les intérêts des Ecossais menacés par le Brexit.

Alors que le Royaume-Uni a voté à 52% pour quitter l’UE lors du référendum du 23 juin, l’Écosse s’est prononcée elle à 62% pour un maintien dans le giron européen et Mme Sturgeon ne cesse depuis de répéter que l’option d’un nouveau référendum d’indépendance, après celui de septembre 2014, est « sur la table ».

« Les intérêts de l’Écosse sont menacés »

« Les intérêts de l’Ecosse sont menacés », a-t-elle déclaré lors d’un discours à Stirling, un lieu symbolique puisque William Wallace, héros et symbole de l’indépendance écossaise, y remporta une bataille historique contre les Anglais en 1297.

Brexit « contre son gré »

Le Brexit, a-t-elle développé, conduira non seulement l’Ecosse à sortir de l’UE « contre son gré », mais aussi à sortir du « marché unique ». « Je ne suis pas prête à rester là à regarder ce qui va arriver sans me battre », a ajouté Mme Sturgeon, également dirigeante du parti indépendantiste SNP (gauche).

L’Écosse et l’Europe

« Nous trouverons les moyens de protéger le mieux possible la place de l’Ecosse en Europe », a-t-elle dit en annonçant le lancement d’une grande consultation jusqu’à la fin novembre visant à toucher deux millions de personnes, pour une population d’environ 5,3 millions d’habitants.

Référendum

 Outre l’organisation de réunions publiques, les Ecossais seront invités à répondre à un questionnaire en ligne, et notamment à dire s’ils sont prêts à « soutenir l’organisation » d’un référendum d’indépendance pour « protéger les intérêts de l’Ecosse en Europe ».

Les vérités de Quatremer

Lu ce 1er septembre sur le site du Vif/L’Express :

Jean Quatremer, correspondant de Libération à Bruxelles, ne ménage pas notre pays. Pour lui, la Belgique ne fonctionne plus, il n’y a plus de Belges et les flamingants ont gagné la partie.

Il est le poil à gratter que l’on salue ou que l’on conspue. Jean Quatremer, correspondant du quotidien français Libération au coeur de la capitale de l’Europe depuis vingt-cinq ans, ne cesse d’éreinter la Belgique. Il a dénoncé la saleté de Bruxelles, la ville immobile où les tunnels s’effondrent, l’Etat défaillant. « Depuis une dizaine d’années, le fossé se creuse entre les citoyens et la classe politico-médiatique, lance-t-il. Les gens ont une conscience assez grande du fait que le pays est en crise, qu’il est profondément dysfonctionnel. »

Quand on demande à ce « regard » extérieur ce qu’est, selon lui, être Belge en 2016, il ne peut dès lors s’empêcher de pouffer. « Franchement, je ne vois pas ce que ce pourrait être. Il y a bien une expression de chauvinisme quand les Diables Rouges gagnent un match. Mais pour le reste, il me semble évident que les flamingants ont gagné la partie. La Belgique, en tant qu’entité culturelle et politique, ne fonctionne plus. La Wallonie et la Flandre sont deux démocraties qui s’ignorent complètement, avec pour seul point de rencontre un gouvernement fédéral qui a tendance à s’amenuiser. Nous sommes entrés de plain-pied dans l’ère de la post-Belgique. »

S’il avoue ne pas parler néerlandais, et si tout l’éloigne du discours des nationalistes flamands, Jean Quatremer n’en assène pas moins des réalités qui font mal pour le sud du pays. « L’effondrement et l’éclatement annoncé du pays ne sont pas que le fait des Flamands. Les francophones sont coresponsables de la situation actuelle. Dès lors que les socialistes francophones ne sont plus au pouvoir fédéral, cela les détache de la fédération, on le sent. Et plus la Wallonie se gauchisera, plus le pays ira vers l’explosion. Il y a une fuite en avant francophone effrayante à se jeter dans les bras des syndicats, du PS, du PTB. Voter pour des staliniens, en 2016, il faut être marteau ! S’il y avait une conscience nationale belge, elle devrait se manifester par un vote MR. » Une façon de dire que le choix posé par le Premier ministre, Charles Michel, est une façon de donner un avenir au pays. Fût-ce à court terme.

« Un déni fascinant »

Ce qui « fascine » en Belgique francophone le correspondant de Libé, c’est le déni, le refus de voir ce qui ne va pas. Là encore, il n’hésite pas à jouer la carte de la provocation : « Quand tu vas à Molenbeek, tu as un choc culturel et physique. On me rétorque qu’en France, nous avons les banlieues. C’est vrai, mais ici, c’est au centre de la capitale. A deux cent mètres de la Grand-Place, tu es en Arabie saoudite. Il y a un truc qui ne va pas. Jamais je n’ai vu autant de femmes voilées dans d’autres villes européennes. Il a fallu que ça pète dans le métro pour qu’on puisse enfin le dire. Avant, si tu osais en parler, on te rétorquait tout de suite que tu n’aimais pas la Belgique. » Un autre exemple ? Le voici servi tout chaud, tout frais : « Quand tous les Rwandais sont arrivés ici après le génocide, dans les années 1990, on ne s’est même pas demandé comment on allait les intégrer, si l’extrême violence vécue là-bas ne les amènerait pas à se comporter de la même façon ici. Tout le monde se foutait de savoir s’il fallait ou non des structures d’accueil… »

Les Belges n’auraient plus de capacité d’indignation face aux dérives du système institutionnel. Anesthésiés par tant d’années de déliquescence programmée. « La justice belge s’effondre sous nos yeux, appuie Quatremer. Votre pays est en queue de classement de l’OCDE en ce qui concerne les investissements. Ça devrait faire la une des journaux tous les jours ! Mais non… Et je mets ma main à couper que lors de la prochaine réforme de l’Etat, on parlera de la régionalisation de la justice, y compris de son budget. Mais enfin, francophones, réveillez-vous ! »

Le journaliste se réfère à la célèbre interview d’Yves Leterme qu’il avait réalisée durant l’été 2006, dans laquelle le futur Premier ministre d’alors avait affirmé que les francophones n’étaient pas « en état intellectuel d’apprendre le néerlandais ». « Il m’avait dit qu’il ne restait, comme ciment de la Belgique, que le roi, l’équipe de foot, les bières et l’armée. Aujourd’hui, l’armée est flamande ! Les grands perdants de la Belgique actuelle, ce sont les francophones et ils ne veulent surtout pas s’en rendre compte. Il y a vraiment une pression sociale pour que l’on mette le couvercle sur les problèmes. Notre métier à nous, journalistes, c’est de dénoncer le fait que la Belgique d’aujourd’hui, c’est la Flandre ! »

« Il existe de vrais dangers »

Notre pays est-il condamné à s’effondrer en silence ? « Depuis que la N-VA est au pouvoir, elle dit des choses monstrueuses, mais c’est une sacrée rupture par rapport à la période où les socialistes tenaient des propos anesthésiants, analyse Jean Quatremer. La période Di Rupo restera un grand moment de l’histoire belge : « tout va bien, puisqu’on vous le dit »… « 

Le nouveau PS en construction, qui opte pour une régionalisation responsable ? « La Wallonie commence enfin à se dire qu’elle doit construire elle-même. Le ministre-président, Paul Magnette, semble déterminé à le faire, mais il est grand temps. A force de tout attendre de l’Etat fédéral, la Wallonie est en train de mourir. Or, la Flandre ne s’en préoccupe pas, De Wever l’a dit clairement. On peut penser ce que l’on veut de ce type, mais il est d’une honnêteté absolue… »

De quoi être optimiste ? Pas vraiment. Pour clôturer son tour d’horizon décapant, Jean Quatremer met en garde : « Heureusement, la Belgique n’est pas un pays violent. Et qui n’est pas dans une situation où les extrémistes peuvent prendre le pouvoir. Mais je ne parierais pas sur le fait que ça dure éternellement. Les peuples changent vite. Et il existe chez vous de vrais dangers avec la ghettoïsation, la fragmentation en communautés. »

Cet article, publié dans le magazine Le Vif/L’Express du 2 septembre 2016, fait partie d’un dossier réalisé par le journaliste Olivier Mouton sur le thème « Être belge en 2016 ».

Mélenchon et le triangle rouge

Lu ce 31 août dans le journal La Meuse :

C’est le magazine Marianne qui nous raconte cette anecdote au sujet de Jean-Luc Mélenchon, leader charismatique du Parti de gauche en France.

Lors de ses interventions, de nombreux internautes relèvent le petit insigne arboré sur sa chemise ou sur sa veste, posant la question : pourquoi porte-t-il un triangle rouge ? Marianne apporte la réponse. Elle trouve son origine… à Liège !

Ceux qui se souviennent le mieux de leurs cours d’histoire auront reconnu là le symbole, de triste mémoire, que les nazis avaient adopté durant la Seconde Guerre mondiale pour marquer dans les camps leurs déportés politiques : résistants, communistes, objecteurs de conscience…

Interrogé sur ce symbole, le leader du Parti de gauche s’en était expliqué. « J’étais ulcéré qu’on m’ait comparé un jour au Front national, j’étais outré. Et je me suis dit : Qu’est-ce que je pourrais mettre ? Et quelqu’un m’a dit, un camarade belge (N.D.L.R. : liégeois): Moi je te donne le mien, c’est l’insigne des déportés communistes dans les camps de concentration nazis. Donc depuis, je le mets et je ne l’enlève plus, jusqu’à ce que soit ravalé dans la gorge ce qu’ils ont dit sur moi : vous voyez pourquoi on n’est pas pareils (avec le FN) ?! »

Si l’idée lui est venue d’un camarade liégeois, c’est n’est pas tout à fait un hasard. Chez nous, le triangle rouge a en effet été repris après la guerre comme symbole de résistance au développement des idées d’extrême droite. « Porté sous forme d’un pin’s, il permet à chacun de rappeler discrètement que la plupart des citoyens refusent de céder aux idées haineuses, racistes, sexistes ou liberticides », explique le site « Triangle rouge », initiative de l’association liégeoise « Les Territoires de la Mémoire ».

Précision de l’AWF : Jean-Luc Mélenchon continue à porter le fameux pin’s mais l’explication ne date pas d’hier, comme en témoigne une vidéo mise en ligne… le 3 mars 2011.

Le français, langue ardente

1 000 professeurs du monde entier réunis pour défendre le français

Toujours soucieux du rayonnement de notre langue française, c’est avec un immense plaisir que nous répondons au petit mot que nous envoie Adrien Lhomme. Notons que trois de nos administrateurs (Paul Mélot, Jean-René Dheur et Louis Nisse) étaient présents au Congrès de Liège pour représenter notre Alliance. Ils ont distribué un mot d’accueil aux participants pour les informer qu’un mouvement citoyen ayant pour but l’intégration-autonomie de la Wallonie au sein de la République française existait en Wallonie. (Paul D.)

Lu dans le Figaro :

La semaine dernière, un congrès mondial s’est tenu à Liège pour promouvoir notre langue. Il manquera, d’ici à 2020, 180 000 enseignants de français, notamment en Afrique.

ÉDUCATION

Ils sont environ un million à enseigner le français aux quatre coins de la planète. Dans tous ces pays où « l’on naît et l’on vit en français » – de la France à l’Afrique, en passant par le Québec et le Liban -, mais aussi au Mexique, en Inde, en Chine, aux États-Unis, où l’on apprend le « français langue étrangère », ces professeurs sont les porte-drapeaux de la langue de Molière et de la culture qu’elle véhicule.

C’est à Liège, en terre francophone, que s’est tenu le XIVe Congrès mondial des professeurs de français, la semaine dernière. Plus de 1 000 enseignants avaient fait le déplacement pour parler du métier, du rayonnement de la langue, de son enseignement, de sa difficile grammaire et de sa sacro-sainte orthographe. L’espace de quelques jours, l’université de Liège s’est transformée en une tour de Babel, ayant pour langage commun le français. Et non l’anglais…

« Que font nos décideurs politiques pour promouvoir l’enseignement du français dans le monde ? Ils semblent s’être totalement dessaisis de la question », déplore Jean-Pierre Cuq, président de la Fédération internationale des professeurs de français (FIPF), présente dans 140 pays. « Les Anglo-Saxons, eux, ont compris qu’il y avait là des enjeux économiques », ajoute le linguiste, professeur à l’université de Nice. Si l’on en croit les projections de l’Unesco, il manquera, d’ici à 2020, 180 000 professeurs de français dans le monde, essentiellement en Afrique.

Quant aux conditions d’exercice du métier, elles sont parfois très problématiques. « Dans beaucoup de pays d’Afrique, il n’est pas rare de voir les enseignants cumuler un autre job, comme taxi. Un salaire de 100 à 150 euros, c’est insuffisant », résume le président de la fédération.

Développer l’apprentissage du français et promouvoir la langue dans le monde comme une alternative à l’uniformisation. Tels sont les objectifs des organisateurs du Congrès, qui veulent aussi en découdre avec les représentations associées au français. Celle d’une langue de culture et non des affaires. Celle aussi d’une langue difficile, réservée à une élite.

Parmi ses résolutions, le Congrès en appelle ainsi à « une nouvelle réforme cohérente et ambitieuse de l’orthographe », après celle de 1990. Pourtant, le français se porte plutôt bien. Et son avenir est prometteur. Cinquième langue du monde par le nombre de locuteurs, troisième langue des affaires après l’anglais et le chinois, c’est aussi la deuxième langue étrangère enseignée dans le monde. Entre 2010 et 2014, le nombre de personnes qui l’étudient a progressé de 6 % en moyenne, selon le rapport 2014 de l’Observatoire de la langue française (OLF). Une progression portée par l’Afrique subsaharienne qui, à elle seule, enregistre une croissance de 44 %. « C’est là-bas que la langue française se déploie le plus rapidement et le plus dynamiquement. Et que tout va se jouer », observe Alexandre Wolff, le responsable de l’OLF. (Caroline Beyer, journaliste au Figaro)

La Flandre maintient le cap

Le football a occupé l’espace médiatique pendant un mois. Cela nous a distraits de la politique et, plus largement, de la réalité. Revenons maintenant sur les discours officiels prononcés à l’occasion de la fête de la Communauté flamande. Ils révèlent une vision de l’histoire et de l’avenir qui ne devrait pas laisser indifférents les citoyens wallons.

Voici l’information donnée par le site de la RTBF :

Ce lundi 11 juillet, la Fête de la Communauté flamande a démarré avec une cérémonie officielle à l’Hôtel de Ville de Bruxelles, et le traditionnel discours du président du Parlement flamand Jan Peumans (N-VA), ponctué de l’hymne flamand, « De Vlaamse Leeuw ».

Vlaamse feestdagDans son discours, Jan Peumans a mis l’accent sur la collaboration entre la Flandre et les Pays-Bas, revenant notamment sur leur passé commun et affirmant que « quand la conscience flamande se réveilla après la deuxième guerre mondiale et mena à une émancipation politique dans les années 1960 et 1970, c’est tout naturellement que les regards se tournèrent vers les Pays-Bas ». Il a également évoqué l' »exemple culturel » néerlandais, mais aussi les missions économiques conjointes de la Flandre et des Pays-Bas, et a plaidé pour que la Flandre puisse avoir sa propre diplomatie économique.

« Certains esprits ne sont pas mûrs pour cette collaboration »

« Dans la Belgique fédérale, certains esprits ne se sont toutefois pas mûrs pour cette collaboration et il est à craindre qu’ils ne le soient jamais » a ajouté le président du Parlement flamand. « L’élite belge, mais aussi flamande, s’est malheureusement investie beaucoup dans les bonnes relations avec notre voisine du sud, la France, et beaucoup trop peu avec nos voisins du nord, les Pays-Bas ».

Pire encore, le Fédéral freine cette relation, selon Jan Peumans, qui rappelle l’échec du rapprochement entre bpost et post.nl, dû à une crainte contre-productive « dans certains cercles fédéraux ». Et de répéter que la politique extérieure de la Flandre reste « lourdement contrainte par la diplomatie fédérale ».

Avec Geert Bourgeois, la N-VA appelle à une nouvelle réforme de l’État

Le ministre-président flamand Geert Bourgeois (N-VA), lui, n’a pas attendu le Jour J pour s’exprimer et créer la polémique. Évoquant les grèves dans le sud du pays, il a déclaré dimanche sur VTM que la frontière linguistique était « devenue aussi une frontière de la grève, et les Flamands crachent sur cela ». Des propos qui ont donné lieu, hier et aujourd’hui, à une pluie de critiques et à une désapprobation du Premier ministre Charles Michel (MR).

Plus tard dans la journée de dimanche, Geert Bourgeois a appelé de ses vœux, dans son discours à Courtrai, une nouvelle révision de la Constitution, confirmant ainsi qu’une nouvelle réforme de l’État serait le message central de sa campagne électorale pour 2019. « Le fossé entre la politique flamande et la politique wallonne se creuse une nouvelle fois », a-t-il déclaré, avant de conclure que « la Belgique reste un pays avec deux démocraties, deux cultures politiques, un pays fait de deux pays ».

Charles Michel: « pas de relance de réforme (institutionnelle) avant 2019 »

Avant la cérémonie officielle de ce lundi, le Premier ministre Charles Michel a assuré qu’il « veillait », en tant que Premier ministre, à ce qu’il n’y ait « pas de relance de réforme (institutionnelle) avant 2019, avant que les citoyens se soient prononcés dans le cadre des élections ». Il a en revanche dit comprendre qu’il existe des réflexions, « dans les partis francophones comme flamands », sur l’avenir institutionnel.

L’ancien sénateur CD&V et actuel recteur de la KULeuven Rik Torfs était l’invité de Matin Première ce lundi matin. Au-delà de la polémique suscitée par les propos de Geert Bourgeois, il souligne « qu’il vaut mieux regarder le fond de la discussion. Et là il y a un nouveau clivage qui lentement semble se former. Car les grèves ont laissé voir un fossé assez important entre les mentalités des deux côtés de la frontière linguistique. »

La Belgique à l’heure du foot

La nouvelle a déjà mis la Belgique en émoi. Zut, fourt, verdomme, Jan Vertonghen est blessé. Forfait. Plusieurs semaines en dehors des terrains. Quant à Eden Hazard, il a repris l’entraînement mais on ne sait pas s’il est à 100 %. On s’inquiète. L’espoir de vivre un grand Eden Hazardmoment de joie collective passe évidemment par une victoire sur le pays de Galles. Inutile de parler d’autre chose. L’actualité se résume à la préparation du match de demain.

Puisque tout ramène à ça, même les élus de la N-VA se présentent comme des supporters ordinaires des Diables rouges (lien). Ils ne vont pas bouder la victoire, bien sûr, mais que ne serait pas leur émotion si, comme ils l’annonçaient en 2014, la Flandre avait dès à présent son équipe de football qui chanterait le Vlaamse Leeuw ? Bart De Wever, qui, en cyclisme, a réussi à déménager le tour de Flandre à Anvers, doit ruminer sa frustration en pensant que le club de sa ville a formé Toby Alderweireld, Thomas Vermaelen, Jan Vertonghen, Radja Nainggolan et Moussa Dembelé.  Même les frères Lukaku sont nés à Anvers. Avec Kevin De Bruyne le Gantois, Thibault Courtois le Limbourgeois, Dries Mertens le Louvaniste, l’équipe au lion noir pourrait faire exister la Flandre en Europe et dans le monde.

Evidemment, il y a quelques Diables rouges nés en région bruxelloise : Vincent Kompany, Marouane Fellaini, Yannick Carrasco, Michy Batshuayi… Peut-être un peu court pour former une équipe nationale de Bruxelles-Capitale. Quant aux  trois Wallons qui figurent aujourd’hui dans le onze de base de Marc Wilmots, ils ne seraient pas malheureux d’enfiler la vareuse de l’équipe de France, si les circonstances leur en donnaient l’occasion. Axel Witsel, le Liégeois dont le père est martiniquais, n’a jamais caché que son idole était Thierry Henry. Thomas Meunier, l’Ardennais qui jouera l’année prochaine au PSG, s’est lui fait connaître à l’Excelsior Virton, un club frontalier où l’on chante la Marseillaise pour encourager ses joueurs. Eden Hazard, le très Frenchie capitaine des Diables rouges, s’est très tôt lié au club de Lille, où, selon les mots du journal L’Equipe, il a laissé un souvenir impérissable. Rappel de ce parcours par un responsable du club français : « Nous l’avons suivi pendant deux saisons. Il était benjamin. Sa famille souhaitait qu’il accomplisse sa formation en France et y poursuive sa scolarité. Son papa avait évalué que c’était le meilleur endroit pour qu’il s’y épanouisse. » (lien)

Qui sait, on peut faire la fête aux Diables rouges aujourd’hui et se découvrir de nouvelles couleurs dans un avenir proche. En 1976, la Tchécoslovaquie a remporté le trophée, rien de moins, en réalisant l’exploit de vaincre les Pays-Bas de Johan Cruyff et puis les Allemands de Franz Beckenbauer, mais dès que le rideau de fer est tombé, le pays s’est coupé en deux.

Lu sur le site du journal Le Soir :

Diables rouges: « S’ils sont éliminés, les gens passeront vite à autre chose »

Un bel exemple de supportérisme national, c’est le cas des Diables rouges. Quelle est l’explication de cet engouement pour la sélection belge ?

C’est extrêmement récent, et ça s’explique principalement par la réussite sportive. Et ça durera tant qu’on aura des bons résultats.

La vision des Diables rouges est-elle la même au sud et au nord du pays ?

Nous sommes dans un moment où on se sent belge, ce qui est vraiment très rare. Mais je ne pense pas, en effet, qu’on voie les choses de la même façon. D’aucuns, au sud du pays, espère que le foot aura une influence sur la situation politique du pays. Les Diables rouges sont un peu convoqués comme des sauveurs. Il y a une énorme naïveté là-dedans. Ce discours est même dangereux pour les francophones. Si on dit nous-mêmes que le sort de ce pays est dans les pieds d’un gamin de vingt ans, alors on dit que Bart De Wever a raison. Parce qu’implicitement, on reconnaîtrait que la Belgique n’existe plus. C’est un argument boomerang qui peut nous revenir dans la figure.

Il y a quand même aussi de l’engouement en Flandre, non ?

Il faut bien constater qu’il n’y a plus eu autant de drapeaux belges en Flandre depuis la Libération. Des dizaines de milliers de jeunes Flamands chantent la « Brabançonne » et sont habillés aux couleurs nationales. Ce n’est pas neutre de se dire que la marque Belgique vous donne du plaisir. Je ne suis donc pas en train de dire que ça ne change rien en Flandre. Ce sont peut-être des éléments qui joueront dans leurs rapports avec la Belgique, mais c’est à voir dans les cinq ou dix ans qui viennent. Je pense, toutefois, qu’au nord, on voit beaucoup plus une Belgique qui réussit, des jeunes qui réussissent, et même de bons jeunes immigrés qui réussissent parce qu’ils s’enrichissent et qu’ils s’exportent.

Pour beaucoup de supporters, le parcours des Diables semble avant tout être une occasion pour faire la fête…

Cela correspond très fort à notre culture conviviale et au pays de carnaval que nous sommes. Tous ces écrans géants sont également très locaux, dans les villages, les quartiers. La Belgique est un pays de municipalités. On se retrouve ensemble pour boire des bières, et si les Diables rouges sont éliminés, la majorité des gens passera vite à autre chose.

Est-ce que le phénomène « Diables rouges », ce n’est pas surtout un super-coup de marketing ?

Il y a évidemment beaucoup d’argent en jeu. Sans le marketing derrière, le produit «Diables rouges» ne se serait pas vendu comme ça. On peut certainement dire que c’est une compétition parrainée par une marque de bière qui paie des jeunes millionnaires pour faire un spectacle. C’est une partie de la réalité. A côté de ça, ce sont des joueurs talentueux et brillants, qui ont réussi à s’imposer dans un univers très compétitif.

La politique belge à l’heure du Brexit

Lu sur le site de la RTBF :

De WeverBrexit: pour Bart De Wever, un référendum écossais serait un précédent intéressant

Le président de la N-VA, Bart De Wever ne doute pas que l’Ecosse organisera un référendum sur son maintien dans la Grande-Bretagne après le choix britannique de sortir de l’Union européenne. Le nationaliste flamand y voit un « précédent intéressant ».

Vendredi, la première ministre écossaise a annoncé que les conditions qui avaient présidé au referendum de 2014, lors duquel les Ecossais avaient choisi de rester dans le Royaume-Uni, étaient fondamentalement modifiées et que la question d’une nouvelle consultation était sur la table, l’Ecosse ayant majoritairement voté en faveur du maintien dans l’UE.

« Je pense que les Ecossais le feront et qu’ils gagneront, et que le Royaume-Uni n’aura pas seulement dissous l’Union européenne mais se sera aussi dissous lui-même », a expliqué M. De Wever sur le plateau de l’émission « De Zevende Dag » (VRT).

Le président du premier parti de Belgique ne voit pas d’un bon œil l’organisation d’une consultation sur l’UE en Belgique (que seul propose jusqu’à présent le Vlaams Belang). Il n’est d’ailleurs pas un chaud partisan des référendums.

« Cela me paraît être une idée stupide. Je suis d’ailleurs contre les référendums. Soumettre des questions compliquées aux gens sous la forme de oui ou non, je ne pense pas que ce soit intelligent. Car on a des gens qui votent pour des tas de raisons, souvent plus avec le cœur qu’avec la tête. Et ensuite, il faut réparer les dégâts. »

Dès vendredi, les jeunes N-VA ont appelé à l’indépendance de la Flandre sur Twitter. « Le Royaume-Uni quitte l’Union européenne. Quand la Flandre quitte-t-elle la Belgique ? », ont-ils demandé en comparant les transferts de la Grande-Bretagne vers l’UE et ceux, selon leurs calculs, de la Flandre vers la Wallonie.

« S’ils veulent quitter, qu’ils quittent. Il n’y a pas de problème. Entre Wallons et Bruxellois, on s’en sortira très bien », a répliqué le ministre-président wallon, Paul Magnette (PS) sur le plateau de « C’est pas tous les jours dimanche » (RTL-TVi), avant d’insister sur le caractère illusoire d’un Belxit: 8 Flamands sur 10 disent vouloir rester en Belgique.

L’aventure va-t-elle continuer ?

Nous ne pensons pas ici à la grande épopée des Diables rouges mais au principal enjeu de cette semaine : le maintien ou non du Royaume-Uni dans l’Union européenne. On prédit le pire en cas de « Brexit ». Cela produirait une sorte de cataclysme dont l’économie mondiale se relèverait difficilement. La première à sombrer serait l’Angleterre et, au-delà, la Belgique ou, plutôt, la Flandre, avec des effets certains sur la cohésion de la Belgique, d’autant plus que l’Ecosse se pose à nouveau la question de son indépendance.

Plus mesuré, l’économiste Paul De Grauwe, qui fut un parlementaire Open VLD et enseigne à la London School of Economics, résume ainsi les effets d’un éventuel Brexit dans La Libre Belgique de ce week-end : « Cela aura un impact, c’est clair. Si le Royaume-Uni connaît une brexitrécession, ce sera négatif pour les exportations. La livre sterling va aussi diminuer, ce qui sera positif pour les exportations anglaises, mais négatif pour celles de l’UE. Mais donner des chiffres sur cet impact, c’est de la pure fiction et ce n’est pas sérieux. »

L’enjeu n’est pas seulement rationnel et le débat politique est pris dans les tensions qui traversent la société britannique. Paul De Grauwe s’en désole, sans même évoquer l’assassinat de la députée travailliste Jo Cox : « Des deux côtés, on lance des discours détachés de la réalité et des mensonges. C’est plus extrême du côté des partisans du Brexit. Par exemple, on dit que le fait d’être dans l’union européenne coûte plus de 300 millions de livres sterling par semaine pour la Grande-Bretagne. C’est faux : les transferts nets ne sont que de 130 millions. Pour certains, 80 millions de Turcs vont aussi débarquer sur le sol anglais. Les partisans du maintien jouent aussi la carte de la peur en disant que ce sera la catastrophe pour les Britanniques s’ils sortent de l’UE. »

Selon Paul De Grauwe (qui, répétons-le, enseigne à la London School of Economics), un repli britannique ne serait pas du tout une catastrophe. Se démarquant du discours dominant, il n’hésite pas à lancer « Que les Britanniques s’en aillent, on aura moins d’ennuis », « On n’a aucun intérêt à avoir une union de pays qui sont hostiles à l’UE ». Ce point de vue, il l’a déjà défendu pas mal de fois, notamment sur le site Socialeurope.eu, en février passé : « Ceux qui croient qu’un referendum tranchera définitivement la question se trompent. Supposons que le camp du Brexit soit battu et que le Royaume-Uni reste dans l’Union européenne. Cela ne réduira pas leur ambition de rendre au Royaume-Uni sa pleine souveraineté. Se rendant compte qu’ils ne peuvent pas quitter l’Union européenne, les partisans du Brexit changeront de stratégie pour réaliser leur objectif d’en revenir au pouvoir de Westminster. Ce sera une stratégie du cheval de Troie. Cela impliquera de travailler de l’intérieur pour miner l’Union européenne… L’objectif des ennemis britanniques de l’UE sera une lente déconstruction de l’Union… On peut rétorquer que, ayant perdu le référendum, le camp du Brexit perdra de l’influence. C’est loin d’être certain. »

Connu pour son engagement européen, nommé en 2001 à la tête de la Convention chargée de rédiger un traité constitutionnel pour l’Europe, Valéry Giscard d’Estaing ne semble pas non plus s’émouvoir d’un possible départ des Anglais. Il s’exprime ainsi sur le site d’informations Atlantico.fr :

« Cette affaire du Brexit est très liée à la psychologie britannique. Les Britanniques n’ont jamais été convaincus de l’intérêt de l’Union européenne. Donc, ils peuvent très bien décider d’en sortir. Ils n’ont jamais eu de considérations particulières pour les Européens continentaux. Ils ne nous considèrent pas comme des gens très sérieux, et très performants. A leurs yeux, nous sommes de piètres managers. Ils pensent, en plus, que l’Europe leur apparait très difficile à gérer, que Bruxelles est une énorme bureaucratie, ce qui n’est pas totalement faux.

Mais ce que les Anglais ne disent pas, c’est qu’ils ont eux-mêmes rendu le fonctionnement de l‘Union européenne très difficile. Ils ont sans cesse demandé des exemptions d‘obligations et des régimes d’exception qu’on leur a d’ailleurs accordés. Plus grave, les Britanniques ont été les agents les plus actifs d’un élargissement sans réformes de gouvernance. J’ajoute que ce sont eux qui ressortent en permanence le projet d’admission de la Turquie.

Ils ont donc une perception très critique de l’Europe qu’ils ont contribué à alourdir dans son fonctionnement et cette perception très critique les pousse aujourd’hui à souhaiter partir. 

(…) Pour beaucoup, le Brexit ouvre la porte sur l’inconnu, d’où l’inquiétude des marchés, mais en réalité, on entrera dans une période un peu compliquée de négociations bilatérales entre la Grande-Bretagne et les partenaires…

(…) Il faut absolument qu’au lendemain du référendum britannique, quel que soit le résultat, des Européens prennent l’initiative de renégocier les traités qui organisent la gouvernance de cette Europe. A 28 ou 29, c’est impossible. Il faut commencer par réorganiser la zone euro… Je pense que l’initiative doit venir d’une démarche commune entre la France et l’Allemagne.

J’ai toujours pensé que le président Hollande aurait dû, dès le lendemain de son élection, proposer à Mme Merkel une renégociation de l’organisation de l’Union européenne. Elle aurait accepté. La présidence française a fait une erreur stratégique que l’on paie très cher aujourd’hui.

Il faudrait donc, au lendemain du referendum, reprendre cette idée pour reconstruire autour du noyau dur que constituent la France et l’Allemagne, une zone euro beaucoup plus intégrée.»

L’analyse de Jules Gazon dans le Trends

Jules Gazon nous livre ci-dessous une analyse d’économiste. Cela veut-il dire que la Wallonie manque d’atouts ? Certainement pas ! J’en relèverai quelques-uns parmi d’autres :

  • la Wallonie gagne en thérapie cellulaire, en composites pour l’avion propre, en logistique;
  • la Wallonie est reconnue pour son excellence, nous sommes un district européen créatif;make wallonia 2
  • la Wallonie occupe une position géopolitique incomparable qui pourrait induire de grands travaux d’infrastructure comme la liaison fluviale Dunkerque-Bassin parisien-Bassin du Rhin avec ouverture vers le bassin du Danube et toute l’Europe de l’est;
  • la Wallonie est riche d’une main-d’œuvre qualifiée au talent reconnu et il en va de même dans le domaine culturel : nos artistes sont appréciés dans le monde de la francophonie et en France particulièrement;
  • la Wallonie permettrait à la France de réduire le différentiel qui la sépare de l’Allemagne et d’atteindre ainsi 70 millions de citoyens, ce qui ne serait pas sans effet sur un rééquilibrage de son influence en Europe;
  • la Wallonie jouit d’un patrimoine non négligeable qui s’intégrerait parfaitement dans celui de la France : l’accord signé entre le nouveau musée de Liège et le musée du Louvre en est une merveilleuse illustration;
  • la Wallonie peut être fière de ses infrastructures sociales, médicales (maisons médicales), de sa faculté vétérinaire et de ses hautes écoles ( infirmières, logopèdes, kinésithérapeutes …);
  • la Wallonie peut être fière de ses acquis en matière éthique et apporter là son expérience pour aider à pacifier des débats récurrents qui agitent la France…

trajectoires prospectivesRappelons aussi l’éditorial du quotidien « Le Soir » du 23 novembre 2013 intitulé « La Flandre veut-elle encore de la Belgique? ». Point d’ambiguïté dans la compréhension de la question sur la sécurité sociale  posée aux citoyens flamands (« Etes-vous pour ou contre sa scission? ») : POUR, répondent froidement 55 % des Flamands. Ces chiffres avaient le mérite de la clarté. Il serait suicidaire pour les Wallons de balayer ce résultat d’un revers de la main.

Paul D.

« Une Wallonie autonome, c’est la Grèce de 2009 »

02/06/16 à 12:16 – Mise à jour à 12:29

Source: Trends-Tendances 

Le jour où la Wallonie ne pourra plus compter sur la solidarité de la Flandre, ses dépenses publiques devront diminuer d’un quart, estime l’économiste de l’ULg Jules Gazon. Une Wallonie autonome ferait face à un déficit budgétaire aussi grand que celui de la Grèce en 2009.

Jules Gazon, professeur émérite en économie à l’Université de Liège, estime que les dépenses publiques wallonnes devront diminuer d’un quart si la Région ne peut plus compter sur la solidarité de la Flandre. Il a fait connaître ses chiffres la semaine dernière, lors d’un colloque à l’occasion du cinquantième anniversaire du Centre de coordination des organisations flamandes (Overlegcentrum van Vlaamse Verenigingen – OVV). Gazon était l’un des intervenants, aux côtés notamment du politologue Bart Maddens de la KU Leuven.

Outre le déficit public wallon, Gazon a ventilé le solde primaire fédéral – les recettes moins les dépenses sans les charges d’intérêt – régionalement. Cela revient à une sorte de régionalisation des comptes nationaux. Ensuite, il a divisé les intérêts de la dette publique entre la Flandre, la Wallonie et Bruxelles sur base du poids des Régions dans le PIB.

Sur base de cette clé de répartition, la Wallonie ferait face à un déficit budgétaire de 11,121 milliards d’euros, soit 12,37% du PIB. Gazon: « Une situation explosive. Le hasard veut que le déficit budgétaire d’une Wallonie indépendante serait comparable à celui de la Grèce au début de la crise de l’euro en 2009. Nous savons à quoi mène une telle chose: une hausse des intérêts sur la dette publique. Pour pouvoir rester dans la zone euro, la Wallonie devrait réaliser de vastes assainissements. »

« Du fait de la pression fiscale élevée déjà existante, des augmentations d’impôt seraient en réalité exclues », dit Gazon. « La seule solution serait une diminution drastique des dépenses publiques wallonnes. Une diminution de 25% s’imposerait. Cela signifie qu’on devrait lourdement élaguer dans les allocations et les salaires de la fonction publique. Dans un tel cas de figure, un climat quasi révolutionnaire naîtrait en Wallonie. Des allocations et des salaires plus bas pour le personnel de l’Etat affaibliraient la demande intérieure wallonne, ce qui rendrait une relance économique encore plus difficile. »

Immobilisme communautaire

Mais cela ne relève-t-il pas de l’utopie politique ? Le gouvernement fédéral opte pour un immobilisme communautaire. Il n’est plus question de scénario de scission. Si une nouvelle réforme de l’Etat arrivait, ce serait pour faire des pas dans la direction du confédéralisme. Cela conférerait une vaste autonomie aux Régions, mais il serait encore question d’une solidarité confédérale. Gazon n’est pas convaincu: « Une Belgique confédérale mettrait fin à la solidarité financière entre la Flandre et la Wallonie. Le Belgique deviendrait alors une enveloppe vide. »

Gazon voit l’éclatement du pays comme inévitable à terme. Dans l’intervalle, la Wallonie ne peut qu’essayer de réduire l’écart de richesse avec la Flandre. Selon Gazon, cet écart est beaucoup trop grand. Et il est une conséquence d’une politique économique wallonne néfaste.

L’économiste wallon a calculé que le PIB par habitant en Flandre est plus élevé de 37% par rapport à la Wallonie. La productivité flamande est 18% plus élevée et le taux d’activité de 16%.

Post-Belgique

Au cours de son exposé au colloque de l’OVV, Gazon a approfondi les scénarios possibles dans une perspective post-Belgique. Une Wallonie indépendante n’est selon lui pas viable économiquement parlant. Un scénario ‘wallo-bruxellois’, il le voit encore moins. Gazon: « Ils ne veulent rien savoir à Bruxelles. Et l’effort bruxellois pour aider à réduire le déficit budgétaire wallon serait insoutenable. »

Dans un scénario post-Belgique, Gazon ne voit qu’un seul avenir pour la Wallonie: le rattachement à la France. La seconde économie de la zone euro pourrait amortir le choc du rattachement de la Wallonie: « Le PIB français est après tout 4 fois plus grand que le wallon. Le déficit budgétaire wallon et la dette publique wallonne seraient proportionnellement divisés en quatre. »

La Wallonie avec la France en Europe et dans le monde