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Quand les politologues jouent au puzzle des coalitions

puzzleA l’heure où l’Europe induit de plus en plus les politiques des Etats, à l’heure où les Régions vont voir leurs compétences se multiplier avec la 6ème réforme de l’Etat, à l’heure où l’Etat belge continue à s’évaporer, il est paradoxal de voir « Le Vif-L’Express », comme tous les médias francophones, accorder toute leur attention aux élections fédérales. Paradoxal ? Pas tellement si nous considérons que le résultat de ces élections vont avoir une incidence sur l’existence-même de la Belgique.

Ainsi, pas moins de 7 politologues se penchent au chevet d’un Etat particulièrement malade. Ils ébauchent 5 scénarios et donnent une cote de probabilité de voir des coalitions former un gouvernement.  Si les scénarios 1 à 4 relèvent du déjà vu, ils sont bien obligés d’en arriver à un 5ème scénario qui consiste en un blocage et lui donnent une probabilité étonnante (de 0 à 10 sur 10).  Il suffirait que N-VA et CD&V s’associent en Flandre, que le PS renoue avec le CDh et Ecolo en Wallonie et que le MR tombe dans les bras du FDF et d’Ecolo à Bruxelles. Bart Maddens rappelle très justement : « On a vu en 2010 que les affaires courantes pouvaient être interprétés de façon large ».  Johan Ackaert ajoute : « Le blocage au niveau fédéral avec des majorités régionales composées rapidement, c’est le scénario dont rêve la N-VA ». Le dernier recours serait alors d’aller vers de nouvelles élections fédérales qui auraient l’allure d’un référendum pour ou contre la Belgique. Les élections fédérales du 25 mai seront bien la mère de toutes les élections.

Paul D. (Cliquer sur les images pour lire l’article du Vif/L’Express.)

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La culture du compromis…!

compromisIl y a environ quinze jours, Elio déclarait à un journaliste d’Outre-Quiévrain « qu’il y avait une grande différence entre le Belge et le Français : le Belge, lui, pratique la culture du compromis ». C’est ainsi que m’est venue l’idée de consulter ma vieille mémoire et d’en extraire quelques exemples de compromis à la belge.

En 1962, les deux seules autoroutes belges sont en Flandre : autoroute Bruxelles-Ostende et autoroute Anvers-Liège qui s’est arrêtée au niveau de la frontière linguistique et des charbonnages de Campine. La politique de la Flandre est claire : favoriser le tourisme de la côte belge et étendre l’hinterland du port d’Anvers. En d’autres termes, favoriser l’axe de communication nord-sud au détriment de l’axe est-ouest qui nous aurait été plus favorable et qui nous aurait probablement coûté moins cher. C’est ainsi que, de compromis en compromis, l’autoroute de Wallonie mettra plus de deux décennies avant d’être mise en service : changement de priorité, tracasseries politiques et administratives, mise en concurrence avec l’autoroute flamande Courtrai-Gand-Anvers-Turnhout, craintes que Dunkerque ne fasse de l’ombre à Anvers, peur d’une collaboration trop importante entre la Wallonie et la France… Financement national pour tous, retombées régionales pour un seul. Avantages pour l’un, désavantages pour l’autre.

Nous avons la culture du compromis.

Etant unanimement déclaré d’intérêt national par la Flandre, le financement du terminal gazier de Zeebrugge fera l’objet d’un bon compromis à la belge. En échange, la Wallonie recevra le financement de cinq kilomètres d’autoroute supplémentaires.

Nous avons la culture du compromis.

Cette merveille qu’était le jardin botanique de Bruxelles se trouvait à l’étroit. Comme par hasard, c’est en Flandre qu’il sera transféré, mais grâce à la culture du compromis, il restera une institution nationale. C’est même, si ma mémoire est bonne, la dernière institution nationale de Belgique. Mais depuis l’époque de son transfert, le sol flamand est devenu de plus en plus sacré. Récemment, des voix se sont élevées pour la flamandiser, mais ce n’est pas grave.

Nous avons la culture du compromis.

L’aéroport national a été construit en Flandre avec l’argent de tous. Les bénéfices sont pour la Flandre, et les nuisances sonores pour Bruxelles, mais ce n’est pas grave.

Nous avons la culture du compromis.

Lors du tracé de la frontière linguistique, six communes francophones de la périphérie bruxelloise ont été cédées à la Flandre, mais en échange de facilités linguistiques. Aujourd’hui, nos chers compatriotes ne peuvent plus supporter la présence de francophones sur leur sol, mais ce n’est pas grave.

Nous allons trouver un compromis.

Ces vingt dernières années, la Flandre a réclamé la scission de Bruxelles – Halle – Vilvoorde. Après plus de cinq cents jours de crise, elle a obtenu satisfaction sans céder la moindre contrepartie. Le résultat des négociations est du genre farfelu, mais ce n’est pas grave.

Il nous permet de tenir jusqu’au prochain compromis.

Aujourd’hui, la Flandre réclame le confédéralisme. Elio, Joëlle et Charles jurent, la bouche en cœur, qu’on ne touchera ni au social, ni à la solidarité, ni aux articles de la Constitution qui pourraient mettre la Belgique en danger.

C’est ainsi que, le cœur léger, nous nous dirigeons vers le  compromis des compromis : un confédéralisme pur et dur.

Elio, pourquoi n’as-tu pas demandé au journaliste qui t’interviewait quel était la grande différence entre un Français et un Belge ? Il t’aurait répondu que « la grande différence entre un Français et un Belge, c’est qu’on ne verra jamais les Picards manifester en criant : « les Alsaciens dehors ! » »

Adrien LHOMME, avril 2014

De la démocratie en Europe

L’actualité mise en perspective, par Georges R.

Europe citoyenneDans son essai De la démocratie en Amérique, publié dès 1835, Alexis de Tocqueville prédisait que le citoyen, dont l’implication dans la vie publique est le carburant de la démocratie, allait se désintéresser des affaires de l’Etat pour ne s’occuper que de son petit monde à lui. Délaissant ses libertés politiques au profit d’un confort que la classe dirigeante s’emploierait à lui donner, il laisserait la démocratie dégénérer en une forme adoucie du despotisme. Mais que se passe-t-il quand les attentes du citoyen, même démissionnaire, sont déçues voire trompées ?

Si le citoyen ne joue plus son rôle, il y est aussi poussé par des forces qui le dépassent. Aujourd’hui, neutraliser le citoyen pour en faire un consommateur, c’est la volonté de ceux qui veulent imposer la loi du marché dans tous les aspects de la vie sociale, avec la perspective d’accélérer l’uniformisation du monde, en réduisant la politique à un concours de potiches. Caricatural ? Pas sûr.

Nous en avions touché un mot dans un article intitulé  Karel De Gucht et Charles de Gaulle : négocié dans la plus grande discrétion par les autorités américaines et européennes, le « partenariat transatlantique de commerce et d’investissement » doit constituer un marché commun de 820 millions de consommateurs. L’orientation générale de ce traité serait de renforcer le pouvoir des multinationales et de rendre impuissants les Etats, donc la démocratie, avec la bénédiction de l’Union européenne et la complicité des gouvernements nationaux.

« Pour ses défenseurs, il pourrait faire gagner jusqu’à 0,05 points de PIB par an aux économies américaine et européenne », est-il écrit sur le site du journal Le Monde qui s’est employé à démêler le vrai du faux dans ce qui ressemble à un coup de force ultralibéral. « Jusqu’à 0,05 points de PIB par an » : le journaliste a dû se tromper car, pour un bénéfice aussi ridicule, on serait d’accord de se laisser menotter par des groupes aux intérêts très différents des nôtres. « Imagine-t-on des multinationales traîner en justice les traité transatlantiquegouvernements dont l’orientation politique aurait pour effet d’amoindrir leurs profits ? Se conçoit-il qu’elles puissent réclamer — et obtenir ! — une généreuse compensation pour le manque à gagner induit par un droit du travail trop contraignant ou par une législation environnementale trop spoliatrice ? » Cette indignation est celle du Monde diplomatique. A son tour, le magazine Marianne vient de s’en prendre à ce qu’il appelle « la nouvelle arnaque européenne », avec une couverture qui rappelle le temps du Plan Marshall, quand le PCF nourrissait la peur de l’impérialisme américain. Mais la menace est réelle.

A quels intérêts l’Europe obéit-elle ? Il ne faudrait pas que le désenchantement nous égare. On est en droit de réclamer des comptes à ceux qui engagent l’Europe dans une voie aussi peu démocratique mais, comme on a pu le lire sur le site de La Libre, un succès des populistes et autres eurosceptiques aux élections européennes de mai menacerait la prospérité de l’Union et pourrait même la mener vers le « chaos et la guerre », ont mis en garde mercredi les leaders des principaux groupes politiques du Parlement européen. Ouf, nous voilà prévenus. Ceux qui se présentent comme les gardiens de la démocratie ont parlé d’une voix forte et responsable. « Je suis convaincu que si l’Europe succombe aux sirènes populistes et eurosceptiques, ce serait un retour vers le chaos et la guerre », a martelé le Français Joseph Daul, chef de file des élus conservateurs… « Beaucoup disent qu’il faut arrêter l’intégration européenne, (mais) c’est reculer. Une Europe à plusieurs vitesses, c’est reculer également »… « L’Europe est vulnérable aux attaques des nationalistes si elle s’en tient à une coopération entre Etats », a renchéri le chef de file des socialistes, l’Autrichien Hannes Swoboda… « Nous voulons laisser derrière nous le populisme et le nationalisme », a dit le président des élus libéraux, le Belge Guy Verhofstadt… Pour l’écologiste Daniel Cohn-Bendit… « le nationalisme, c’est l’égoïsme ». 

OK, d’accord, rien à redire, on a compris le message et les sous-entendus. Mais c’est quand même un peu court. A part des incantations, rien pour nourrir le rêve européen ?

La démocratie est un art difficile, autant pour le citoyen que pour celle ou celui qui le représente. Il y a des élus très attachés à la démocratie mais plus encore à leur perception des choses et à leur situation. C’est humain, et peut-être ont-ils de bonnes raisons de penser que, là où ils sont, ils font le bonheur du plus grand nombre ou, en tout cas, que sans eux ce serait pire. A la différence du philosophe athénien Platon, qui n’était pas un démocrate car il lui semblait aberrant de confier les affaires de la cité à des artisans ou à des paysans, nos élites politiques ont le souci de parler aux électeurs, de leur rappeler qu’avec le droit de vote, ils détiennent un pouvoir très précieux… et que la seule façon de bien s’en servir, c’est de voter pour la même Europe, bientôt diluée dans un marché commun transatlantique.

Platon ne s’en cachait pas, lui : il rêvait d’une république idéale où tout le monde occuperait la place que lui assigneraient ses compétences, les philosophes étant de loin les plus aptes à diriger la cité pour le bien de tous. Pas de compte à rendre et la paix sociale assurée, mais une volonté sincère et très aristocratique d’utiliser les plus belles intelligences au service du bien commun. Les despotes éclairés du XVIIIe siècle ont quelque peu mis cette philosophie en pratique et Voltaire se flattait de les inspirer, lui qui n’aurait jamais donné le droit de vote aux masses populaires, incapables de penser, selon lui. « Tout pour le peuple, rien par le peuple » : la formule a gardé ses adeptes, à la différence que les philosophes ont été remplacés par les experts de l’économie de marché, ces techniciens du profit qui savent comment on produit des richesses. On a le droit de se méfier du peuple et de ses colères mais qu’on arrête alors de se draper dans son excellence démocratique en se servant de l’histoire ou en inventant des mots pour disqualifier le vote protestataire.

Il n’est pas sûr d’ailleurs que les mécontents soient les plus influençables ou les plus ignorants, ni les moins capables de comprendre où est leur intérêt véritable. Après tout, rien ne garantit que celui qui détient le pouvoir soit animé par un idéal de sacrifice, ajoutant la supériorité morale à celle de l’intelligence, et place l’intérêt des autres, au sens le plus large, avant le sien propre. Et même s’il est de bonne foi, jugeant qu’il lui appartient de transcender souverainement la multitude et la mesquinerie des intérêts particuliers, il va au mieux écouter sa conscience. Les valeurs morales elles-mêmes, infléchies et interprétées à souhait, traduisent une certaine vision des choses qui n’est pas sans rapport avec l’intérêt, n’en déplaise aux bonnes âmes. Mais trêve de bavardages, Adam Smith et ses héritiers ont tranché la question en postulant que l’intérêt général procède de la mise en concurrence des intérêts particuliers. Pas besoin de finasser, dès lors : l’intérêt des dominés rejoint l’intérêt des dominants.

Postulat discutable, évidemment. Le choix de l’économie de marché n’est pas neutre. Karl Marx, au temps du capitalisme sauvage, a foudroyé les gardiens de la pensée unique. « Les idées dominantes d’une époque n’ont jamais été que les idées de la classe dominante… Les lois, la morale, la religion sont à ses yeux (du prolétaire) autant de préjugés bourgeois derrière lesquels se cachent autant d’intérêts bourgeois. Toutes les classes qui, dans le passé, se sont emparées du pouvoir essayaient de consolider la situation déjà acquise en soumettant l’ensemble de la société aux conditions qui leur assuraient leur revenu. » Karl Marx a servi la démocratie en stimulant la réflexion critique, en montrant que les droits de l’homme eux-mêmes, au XIXe siècle, étaient utilisés pour justifier une nouvelle forme d’esclavage, plus subtile mais pas forcément moins lourde. Il est vrai que ce grand intellectuel prétendait lui aussi libérer les hommes en les enfermant dans une forme de pensée unique encore plus étroite car à prétention scientifique et à portée messianique.

Il ne s’agit pas d’ignorer l’histoire, au contraire. Il faut la connaître assez pour voir quand on l’instrumentalise en jouant notamment sur les peurs d’un électorat mal informé, transformant l’éducation des masses en propagande. Il est de salubrité publique de rappeler la violence et le terrible héritage des deux guerres qui ont frappé l’Europe à partir de 1914. Les régimes totalitaires ont pris racine dans les cendres de la grande guerre. Même si le communisme a été vécu par beaucoup comme un idéal généreux capable de mobiliser ce que l’homme a de meilleur, on ne peut oublier le bilan terrifiant des expériences menées au nom de cette idéologie à travers le monde. Plus radicalement opposé aux valeurs démocratiques, et même à deux mille ans de morale chrétienne (à distinguer de l’histoire de l’Eglise), la barbarie nazie a davantage ébranlé les consciences européennes et mérite à coup sûr d’apparaître comme un contre-modèle absolu dont il faut d’autant plus se méfier qu’il s’est imposé par la force des urnes. Mais il est commode d’agiter Hitler ou n’importe quel autre épouvantail pour imposer son point de vue à des hommes et des femmes qui ne sont pas d’accord de se laisser conduire où le courant les mène, à des gens qui sentent que tout leur échappe, rejetés du jeu politique et du marché du travail dans une Europe dont on peut légitimement se demander si elle a la volonté d’être un espace démocratique où peut se discuter un vrai projet politique.

Les partis démocratiques ont le devoir de réenchanter l’Europe, en rendant confiance et espoir à ceux qui se sentent abandonnés. Sans se soumettre à l’économie mondialisée. Avec les peuples et non contre eux.

Extension de la zone protégée du champ de bataille de Waterloo

Nous relayons bien volontiers l’appel à pétition de notre ami Claude Thayse.

Chers Amis,

Puis-je compter sur vous tous pour diffuser cette pétition auprès de vos membres. Nous avons une occasion unique de mieux protéger le champ de bataille de Waterloo en soutenant ce projet, saisissons-la !

carte bataille WaterlooPétition de soutien au projet d’extension de la zone historique protégée du champ de bataille de Waterloo.

https://www.lapetition.be/en-ligne/Soutien-au-projet-d-extension-de-la-zone-historique-protegee-du-champ-de-bataille-de-Waterloo-14388.html

Je soutiens le projet de la Région wallonne d’étendre la zone historique protégée du champ de bataille de Waterloo. Grâce à la loi du 26 mars 1914, la zone des combats entre Français et Alliés hollando-britanniques a pu être protégée et a pu conserver son aspect de 1914. Je soutiens le nouveau projet de la Région wallonne d’agrandir ce périmètre en englobant les zones des combats franco-prussiens, tout aussi importantes pour l’Histoire et essentielles pour la préservation de la mémoire.

Si la loi de 1914 protégeait déjà 545 hectares, le projet actuel vise à en protéger presque le double (1.193 ha), principalement à Plancenoit, une zone qui n’est pas protégée.

L’objectif est d’assurer la lisibilité et donc la compréhension des mouvements des armées en présence, en sauvegardant le paysage et en lui conservant autant que possible sa vocation agricole.

Tout ce qui était permis le restera, les délais étant parfois un peu plus longs pour obtenir les autorisations demandées.

Lien court : https://14388.lapetition.be/

Merci d’avance !

Claude Thayse

Super Mamie de chez nous

Notre ami René Defossé nous fait parvenir l’article suivant qu’il a trouvé sur le site du quotidien « L’Avenir ».

super mamieAnne-Marie Perin a été couronnée Super Mamie de Wallonie dimanche en début de soirée au palais des Congrès de Liège. Elle représentera la Wallonie à l’élection de Super Mamie francophone le 29 juin prochain à l’Opéra de Nice.

Cinq autre candidates avaient pris part à la finale wallonne. Les six candidates étaient toutes âgées de 63 à 73 ans.

«Nous sommes ravis de cette première expérience et de la bonne ambiance entre les mamies. C’est un véritable succès», a indiqué Patricia Gérard du comité Super mamie.

Le concours de Super Mamie a été initiée en France où il en est à sa 18e édition. C’est la première fois qu’il se déroule en Wallonie. (Belga)

Voir aussi l’article de La Meuse, plus détaillé.

Nos choix démocratiques

A la veille d’élections importantes, il n’est pas étonnant de lire et d’entendre bon nombre de réflexions sur l’état de la démocratie aujourd’hui.

Il est de plus en plus évident que la démocratie aujourd’hui ne se limite pas aux choix purement électoraux auquel les électeurs sont invités.

Loin de nous l’idée de décourager le vote, ou de prôner l’abstention, même quand les partis ne rencontrent pas nos propres choix institutionnels comme c’est le cas par rapport au choix de la France ignoré de la plupart des partis.

Certes, il faut voter, ne serait-ce que par respect pour les luttes démocratiques menées avant nous pour l’obtention du droit de vote.

Mais cela ne nous empêche pas d’inviter les citoyens à exprimer leurs convictions en dehors des aspects strictement électoraux.

La position de l’AWF au sujet des élections est claire : votons pour ceux ou celles qui auront exprimé des opinions proches des nôtres, ou qui auront au moins manifesté leur ouverture d’esprit en vue d’une réunion de la Région Wallonne à la République Française.

En même temps, l’Alliance Wallonie France lance un appel à tous les citoyens quels qu’ils soient, pour qu’ils manifestent leur opinion en faveur du réunionisme. Comment ?

En adhérant à l’AWF, ce qui serait pour nous la meilleure des idées…

Mais aussi, en manifestant leur soutien à nos projets en nous contactant

– soit par écrit ou par téléphone …

– soit par mail, ou par un courrier internet …

– soit en versant une modique somme symbolique ( 1€ suffit…!) sur le compte AWF … pour manifester leurs idées, fût-ce de manière anonyme !

Ce contact sera un geste vraiment démocratique : l’AWF compte sur vous.

Georges-Henry Simonis

Une patience ardente

Par Pierre HAZETTE, ancien ministre.

Pierre HazetteJ’emprunte l’oxymoron de ce titre à Arthur Rimbaud et je me  justifie.

Après plus de cinquante ans de militantisme politique, d’action parlementaire et d’exercice de responsabilités gouvernemen-tales, je me trouve dans l’impossibilité de répondre à la question toute simple : « Que se passera-t-il après le scrutin de mai en Belgique ? »

Le destin du pays est incertain. Si le nationalisme triomphe en Flandre, la déchirure s’aggravera sans doute mais le tempo, qui pourrait conduire à l’indépendance de la Flandre, est impossible à prévoir. Si les démocrates chrétiens et les libéraux peuvent maintenir les nationalistes dans l’opposition, ils proposeront un programme gouvernemental qui ne s’éloignera pas de la résolution votée en 1999 par le parlement flamand. La différence ne sera pas ce que les francophones pourraient espérer.

Le destin de la Wallonie est un peu plus prévisible : dès l’an prochain, les problèmes budgétaires vont prendre une acuité impressionnante. Résumons-les : plus de compétences à exercer et moins de moyens à leur consacrer. Quand on sait que les Wallons ont dû puiser dans leurs ressources, manifestement surestimées, pour que la Communauté des francophones, en 2014, puisse affronter ses obligations en matière d’enseignement, quand on voit s’accumuler les dossiers de constructions scolaires, d’équipement des écoles et de rémunération du corps enseignant, on est en droit de se demander si les citoyens de la Belgique francophone sauront de manière claire quel avenir le scrutin leur dessinera.

Je n’ai, donc, pour ma part, qu’une certitude : la Wallonie sortira plus pauvre de la réforme de l’État.

Et les Wallons seront déçus par un État qui, tout doucement ou brutalement, les exclura.

Je conclus dès lors que les accords de coopération signés en 1999 et en 2004 par nos entités francophones avec la France doivent nous permettre de chercher dans les économies d’échelle les moyens d’atténuer les  effets les plus pénibles de l’austérité (1).

Jusqu’à présent, rien n’est venu concrétiser ces accords bilatéraux.

Je préconise en conséquence que les partis francophones en compétition soient invités à livrer leurs propositions visant l’activation ce ces accords.

Ne nous leurrons pas : nul responsable politique d’un parti susceptible d’entrer dans une coalition gouvernementale n’ira au-delà de la réflexion que cette invitation suppose. N’allons donc pas nous exposer. Il ne faudrait pas que les partisans d’un adossement de la Wallonie à la France soient désavoués par un vote citoyen dont les contours ne seront pas précisés d’ici le 25 mai.

Patientons donc et contentons-nous de montrer la voie. Tout excès de passion se heurterait à la  dernière digue que la Belgique, telle que la rêvent la plupart des francophones, dresse devant un déferlement, venu du nord, dont l’ampleur pourrait étonner.

Portons le message de la raison au sein des formations politiques dont nous nous sentons proches ; allons- y et parlons. Parlons avec patience et que notre ardeur nous inspire des paroles fortes mais dépourvues d’agressivité.

(1) Précisons quels sont ces accords avec la France auxquels Pierre Hazette fait allusion et dont très peu de Wallons et de Bruxellois connaissent l’existence.

Le premier est un accord de coopération linguistique, culturelle et scientifique entre la Communauté française de Belgique et la République française. Il fut signé en 1999 par William Ancion, Ministre des relations internationales, et Charles Josselin, Ministre délégué à la Coopération et à la Francophonie.

Le second, signé en 2005 par Jean-Claude Van Cauwenberghe, Ministre-Président de la Région wallonne, et Michel Barnier, ministre des Affaires étrangères de la République française, est un accord de coopération beaucoup plus vaste et ambitieux. Le champ d’application de cet accord bilatéral couvre, en effet, tous les champs de compétence de la Région wallonne, sans exception.

Cet accord bilatéral de coopération entre la République française et la Wallonie peut prendre les formes suivantes :

– échange permanent d’informations ;

– échange d’expériences et de personnes ;

– conclusions d’ententes sectorielles ;

– collaboration directe entre institutions diverses (chambres de commerce, universités, entreprises, associations, etc.) ;

–  élaboration et réalisation de projets conjoints ;

–  transfert réciproque de technologies et de savoir-faire ;

– organisation de rencontres professionnelles, séminaires, ateliers au bénéfice d’experts et de porteurs de projets ;

–  réalisation d’études et d’expertises ;

–  promotion réciproque de produits et de services ;

  promotion de partenariats inter-entreprises et création de sociétés mixtes. 

Les parties  veillent à établir toutes les synergies utiles, à utiliser toutes les possibilités offertes, notamment par l’Union européenne, pour participer ensemble à des programmes de développement ; elles se considèrent comme des partenaires privilégiés. Une Commission mixte permanente a été prévue, qui veille à la mise en œuvre de cette coopération.

Après le 1er tour des élections municipales françaises

municipales-2014Des réactions d’amis m’ont rendu perplexe. J’ai lu : « en France, ça sent la merde… », « pauvre France… », « mauvais temps pour les réunionistes …», « ce soir, je me sens un peu moins réunioniste… ». J’en passe et des meilleures…

Dois-je rappeler que le premier parti, en Belgique, est la N-VA, parti nationaliste proche du F.N. français même si ce dernier soutient le Vlaams Belang (10 % dans les intentions de vote en Flandre) pour les élections européennes.

Toute élection française ne peut bien sûr nous laisser indifférent. Il en va ainsi du 1er tour des élections municipales.

Il n’appartient pas à un mouvement comme le nôtre de prendre parti pour un courant politique, mais il nous appartient de rappeler l’article 1er de nos statuts : « L’A.W. F. rejette les idéologies anti-démocratiques, racistes et xénophobes ».

Plutôt que de réagir dans la précipitation, je me suis donné le temps de la réflexion et depuis lundi, j’ai parcouru les résultats des municipales grâce à l’excellente infographie du quotidien « Le Monde ».

Il s’agit tout d’abord de rappeler qu’il s’agit d’élections municipales où l’important est de choisir des maires qui vont bien gérer les 36 000 villes ou villages français. Ceci aura conduit le choix de pas mal de citoyens. Comme 1ère élection après les élections présidentielles, il est tout aussi évident que beaucoup auront choisi de marquer leur approbation ou le plus souvent leur désapprobation vis-à-vis du président de la République et de son gouvernement.

A ce niveau, il est clair que ce 1er tour a vu une sanction de Hollande tout comme la première élection qui avait suivi l’élection de Sarkozy avait vu une défaite de la droite.

Le Français déteste les inégalités et il me semble clair que l’élargissement du fossé qui sépare les couches les plus riches des couches moyennes ou pauvres de la société française a joué. Sarkozy avait échoué. Hollande ne fait pas mieux…

Le Français a exprimé sa colère vis-à-vis de la gouvernance du P.S. A qui celle-ci a-t-elle profité ?

Le premier parti de ce vote sanction est sans aucun doute l’abstention (38,5 % des électeurs inscrits).

Suit de très loin le F.N.* (4,5 % des suffrages exprimés) avec un maire élu au 1e tour dans une commune de 27 000 habitants. Nous n’en sommes pas à une vague « bleu marine » comme aiment à le souligner les médias .

Suit l’U.M.P., le Modem, l’U.D.I. et D.V.D. (divers droites) qui montent à 48 % en nombre de voix, puis E.E.L.V. (Europe écologie les verts) qui seuls ou unis avec le P.G.(Parti de gauche) ou d’autres font de bons résultats et le P.C. **(parti communiste) qui, allié au P.S., au P.G., au P.R.G. (parti radical de gauche), à D.V.G. (divers gauches) et parfois à E.E.L.V. réussit à faire élire dès le premier tour 37 maires dans des municipalités de plus de 5 000 habitants. Ce dernier point peut paraître paradoxal, sauf si l’on prend en compte que les maires communistes sont souvent de bons et intègres gestionnaires municipaux. L’ensemble de la gauche descend à 48 % en nombre de voix, soit exactement le même score que l’ensemble de la droite républicaine.

Les listes pour le 2ème tour viennent d’être déposées. Elles ne réservent que peu de surprises. Après l’expression de la colère, il appartient à chaque citoyen d’aller voter dimanche prochain pour choisir la ou le maire qui gérera au mieux sa municipalité. C’est ce que nous pouvons souhaiter de mieux pour notre République française.

Paul D.

* En 1995, le F.N. de Jean-Marie Le Pen avait conquis 3 mairies (Toulon, Marignanne et Orange) et Vitrolles en 1997. La gestion de ces mairies fut désastreuse (corruption, détournements de fonds, luttes intestines, condamnations devant la justice…). Depuis lors, Marine Le Pen s’est efforcée de donner au F.N. une image plus respectable, mais il restera aux quelques maires F.N. qui seront élus à démontrer que les pratiques du passé appartiennent bien au passé.

**Il est à noter que le Général de Gaulle avait associé les communistes au C.N.R. (Conseil national de la résistance créé à Alger en 1943), qui préfigurait le premier gouvernement français d’après guerre. Charles de Gaulle ne considérait pas les communistes comme des extrémistes. Aujourd’hui, il y a lieu de dissocier le P.C. et le P.G. de l’extrême gauche française qui est représentée par « Lutte ouvrière » et le « N.P.A. » (nouveau parti anticapitaliste). Ces deux dernières organisations n’ont pas vocation, selon leur propre aveu, à gouverner ou à gérer.

Accords bilatéraux Champagne-Ardenne Wallonie

Bonjour Monsieur,

Je travaille régulièrement avec Pôle Emploi Sedan et suite au dernier article, je voudrais mentionner la convention de partenariat entre la Région Champagne-Ardenne et la Région Wallonne qui prévoit des accords de réciprocité sur les thèmes suivants : Emploi, formation et Apprentissage.

champagne-ardenne wallonieCette convention a été signée le 30 avril 2013 (Jean-Paul Bachy pour la Région Champagne-Ardenne et Rudy Demotte pour la Région Wallonne) et les acteurs de terrain dont je fais partie (chef de projet transfrontalier au Forem Arlon) attendent maintenant du concret de la part des responsables politiques.

Je vous envoie une copie de la convention ( ICI ).

Bien à vous !

Francis Thiry

Encore une locomotive pour la N-VA

DesheemaeckerL’ancien patron de la SNCB-NMBS rejoint la N-VA. On ne va pas le soupçonner d’avoir privilégié les intérêts de la Flandre à la tête du chemin de fer belge. Après tout, il n’est pas rare que le ministre fédéral des entreprises publiques soit francophone. Mais quand même, on sait que la Wallonie ne pèse pas lourd à la SNCB-NMBS.

C’est l’occasion, pour nous, de ressortir un communiqué de presse envoyé par le député wallon Bernard Wesphael, dont la vie a basculé comme on sait. Nous avons apprécié ce texte, intitulé La déglingue du rail wallon.

La Wallonie avec la France en Europe et dans le monde