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MA BLESSURE FRANÇAISE

Colloque Prospective-Parlement Wallon-2014-11-27 » Ma Blessure Française « , tel est le titre que Louis Nisse a donné à un essai qui devrait bientôt se retrouver dans toute bonne librairie. Nous vous livrons, avec l’autorisation de l’auteur, l’avant-propos d’un ouvrage qui, nous l’espérons, suscitera chez vous l’envie de vous laisser prendre par la main pour parcourir les chemins improbables qu’emprunte un amoureux de la beauté.

Paul D.

RHAPSODIE

AVANT-PROPOS

France, je t’offre ici le Cheval d’Orgueil d’un Wallon. Tu ignores presque  tout de nous, les Liégeois, les Wallons, les francophones de Belgique. Puisse ce témoignage t’aider à mieux nous connaître et à nous reconnaître ! Et te donner envie de découvrir ma petite patrie, ma terre wallonne : elle t’appartient. Laisse- moi te guider ; arpente-la avec moi en préparation de ta prochaine Joyeuse Entrée, ta très prochaine Joyeuse Entrée, car la Belgique s’évapore. Et, si possible, fais-moi la grâce de suivre l’ordre des chapitres sans te laisser tenter par une picorée à laquelle les nombreuses illustrations  pourraient sembler te convier.

Rassure-toi, mes arrêts sur images ne devraient constituer ni un redoutable diaporama sur ma famille, ni le guide vert de Michelin, ni celui du Routard : tu vas rire et pleurer, du moins je l’espère. Dans cet essai, je tente de définir ma patrie liégeoise et wallonne et mon identité française, qui est aussi un projet et un combat. Et même si j’y exprime mon vécu le plus singulier, le plus irréductible peut-être, je gage néanmoins que les Français de toutes ethnies se réchaufferont le plexus solaire en se reconnaissant dans ce projet minimum commun, en deçà duquel nous ne pouvons que mourir.

Ce livre ambitieux et multiforme, difficile à cerner, j’aurais pu le sous-titrer L’Homme qui arrêtait les trains. En effet, sans être machiniste ni cheminot comme mon cher Pépé, en célébrant la fidélité, je tente d’arrêter des trains. Celui qui conduit notre langue française vers la mort et nous vers l’anéantissement symbolique. Celui dont le tracé dévaste notre mémoire jusqu’au cœur de nos villes. Ceux qui rendent inaudibles les chants profonds du monde. Ceux qui broient les cultures, aussi vitales à l’Homme que la biodiversité ou la poésie.

Ma petite patrie, la Wallonie, tu la découvriras d’abord grâce à mes parents. Grâce à mon père, un humble et fier artisan de sa glorieuse histoire industrielle, qui avait un terrible compte amoureux à régler avec toi. Grâce à ma mère, née en ton sein, au cœur du Béarn, qui vécut une sorte d’exil à Liège, une ville si peu étrangère pourtant. La Wallonie – une Wallonie certes très liégeoise, la mienne –, je t’en retracerai l’Histoire, France, j’évoquerai pour toi ses richesses, son patrimoine, sa culture, ses langues et je te montrerai l’impasse politique, la nasse où son attachement à l’État belge la coince dorénavant. L’aliène et la  meurtrit. J’y évoquerai aussi les enfants qui l’ont honorée et qui l’honorent ainsi que le long combat des militants wallons qui inspirent mes velléités.

Cet écrit qui pourrait d’abord te dérouter, je le nomme rhapsodie, car mon ambition est de coudre (ραπτειν) des registres très divers – prose lyrique, pamphlets, poèmes, farces, textes référentiels s’entrelacent – tout en gardant une unité poétique. (Tu jugeras si j’ai réussi cette gageure.) Ces vibrations des verts rejets de mes toutes premières détresses et tendresses, puissent-elles aussi te parcourir. Mes anciennes blessures te guérir.

 

La justice française se déclare compétente pour juger Facebook

Nous ne pouvons que nous réjouir de cette décision de la justice française.

Facebook a été assigné par un internaute qui se plaint d’avoir vu son compte censuré après la publication d’une photo de « L’Origine du monde », le tableau de Gustave Courbet représentant un sexe féminin.

Le tableau « L’Origine du monde », de Gustave Courbet, est conservé au musée d’Orsay à Paris, depuis 1995. (MUSEE D’ORSAY / WIKIMEDIA COMMONS)

Le statut de Facebook n’a pas influencé la justice. Le tribunal de grande instance de Paris s’est déclaré, jeudi 5 mars, compétent pour juger le réseau social américain dans un conflit l’opposant à un internaute. Le géant du net prétendait n’avoir de compte à rendre qu’à la justice américaine. Voici ce qu’il faut savoir pour comprendre cette affaire.

Le problème avec « L’Origine du monde »

Le géant américain est assigné en justice par un professeur des écoles, père de trois enfants, qui reproche à Facebook d’avoir bloqué en 2011 son compte où il avait posté une photo du tableau de Gustave Courbet, L’Origine du monde, représentant un sexe féminin. Une représentation que le réseau social considère comme une simple représentation de la nudité, interdite par Facebook, et non comme une œuvre. La photo du tableau de Courbet renvoyait à un lien vers le site de la chaîne Arte

Le plaignant a vu son compte désactivé par « une censure aveugle » la veille de son anniversaire, a dénoncé l’avocat de l’instituteur, lors de l’audience du 22 janvier. Il estime en conséquence avoir subi un préjudice, d’autant que ses mails de réclamation sont restés sans réponse. L’homme « s’est senti associé à une personne qui ne serait pas digne de considération ou qui aurait des mœurs ou des pratiques interdites par la loi », a ajouté l’avocat rappelant que son client, « homme droit, cultivé et très attaché à la transmission du savoir. »

Les arguments juridiques de Facebook

Lors de l’audience de janvier, l’avocate de Facebook a contesté la compétence du tribunal français pour juger cette affaire en expliquant que l’internaute avait accepté, en s’inscrivant sur le site, les conditions générales d’utilisation qui prévoient la seule compétence d’un tribunal américain pour trancher les litiges.

Me Caroline Lyannaz a également réfuté l’idée que le réseau social puisse relever du droit de la consommation français car, a-t-elle fait valoir, « le service est gratuit » et c’est l’internaute qui prend l’initiative d’ouvrir un compte.

La réponse de l’avocat de l’internaute

« Si je comprends bien et si l’on suit votre logique, aucun des 22 millions d’usagers de Facebook en France ne pourra jamais saisir une juridiction française civile en cas de litige », avait dénoncé l’avocat de l’internaute, Me Stéphane Cottineau, en évoquant « une clause abusive ».

Ce qu’en dit la justice

Comme le défenseur de l’internaute, le tribunal juge notamment « abusive » cette clause exclusive de compétence, obligatoirement signée par tous les utilisateurs de Facebook. Cette dernière désigne un tribunal de l’Etat de Californie, où siège l’entreprise, comme étant le seul habilité à trancher les litiges.

Interrogé par l’AFP, l’avocat de  l’utilisateur banni de Facebook s’est félicité de cette « vraie victoire » : « C’est une première manche gagnée par David contre Goliath. Compte-tenu de l’aura du TGI [tribunal de grande instance] de Paris, cette décision va faire jurisprudence pour les autres réseaux sociaux et autres géants du net qui utilisent l’implantation à l’étranger de leur siège social, principalement aux Etats-Unis, pour tenter d’échapper à la loi française ».

Dossier Chodiev-De Decker : que fait la justice belge ?

 

Président du sénat de 1999 à 2004 puis de 2007 à 2010, bourgmestre (maire) de la Commune d’Uccle depuis 2006, Ministre de la coopération au développement de 2004 à 2007, il devient Ministre d’état en 2009 et est réélu sénateur direct de 2010 à 2014 et député bruxellois en 2014.

C’est donc un personnage important du royaume belge dont il est question.

Il reconnaît avoir travaillé en tant qu’avocat pour le milliardaire kazakh Chodiev et avoir perçu 500 000 € d’honoraires pour un dossier qui lui a demandé 500 heures de travail.

1 000 € l’heure : pas mal…

 

05/03/15 à 08:48 – Mise à jour à 08:48

Source : Le-Vif-L-Express

Malgré l’avancée de l’enquête française et les appels du pied des magistrats de Paris, il n’y a toujours pas de vraie enquête en Belgique sur le Kazakhgate. Pour l’instant, le libéral Armand De Decker n’est inquiété par aucune procédure judiciaire belge.

Dossier Chodiev-De Decker : que fait la justice belge ?

Armand De Decker © Belga

 

Dans le dossier Sarkozy-Chodiev-De Decker, la justice française a mis en examen quatre personnes en septembre dernier, et elle vient de demander la levée de l’immunité du sénateur Aymeri de Montesquiou, descendant de la famille de d’Artagnan, pour une cinquième mise en examen. Une des infractions retenues dans l’enquête hexagonale est celle « de corruption d’agent public étranger ». Or le seul agent public étranger connu dans cette affaire est l’ancien président du Sénat Armand De Decker (MR). Les deux juges d’instruction parisiens en charge du dossier semblent donc nourrir des soupçons à l’égard du libéral belge. Lequel, tout en restant sénateur, avait repris ses activités d’avocats en 2011 pour rejoindre l’équipe de Me Catherine Degoul qui défendait le milliardaire kazakh, empêtré dans le dossier Tractebel.

De Decker aurait-il influencé le processus parlementaire pour que la loi sur la transaction pénale élargie soit votée juste à temps et puisse permettre à son richissime client d’échapper in extremis à un procès en correctionnel ? Et ce à la demande de l’Elysée, occupé par Nicolas Sarkozy, dont un gros contrat en armement avec le Kazakhstan était conditionné à cet épilogue judiciaire ? Le bourgmestre d’Uccle s’en défend vigoureusement, tout comme il conteste le montant de 734 346 euros versé par Chodiev, pour ses services, que révèle pourtant une note des juges parisiens, publiée par Le Canard Enchaîné. Ce montant (comme d’ailleurs les autres cités dans l’article de l’hebdo satirique) a été repéré, dans le cadre de l’enquête, par Tracfin, la cellule française de traitement des circuits financiers clandestins, soit l’équivalent de la CTIF belge.

En juin 2014, les Français ont diligenté une commission rogatoire à Bruxelles. Menée par la police judiciaire fédérale, elle s’est terminée en septembre. Armand De Decker nous dit ne pas avoir été interrogé dans le cadre de cette commission. Le 26 février dernier, les deux magistrats français se sont déplacés à Bruxelles pour rencontrer des représentants du parquet général et du parquet fédéral. But de la visite : examiner ce que Français et Belges pouvaient faire ensemble. Une telle initiative démontre, pour le moins, leur intérêt pour le volet belge du dossier.

Aucun devoir d’enquête

Peu après cette rencontre, le parquet de Bruxelles a communiqué que, côté belge, une information judiciaire avait été ouverte en 2013, mais qu’à ce stade aucun élément ne permettait d’impliquer Armand De Decker. La date n’est pas exacte. Il y a un bon mois, le ministre de la Justice Koen Geens (CD&V), répondant à une question de Georges Gilkinet (Ecolo) à la Chambre, indiquait qu’une information judiciaire contre X avait été ouverte fin octobre 2014. C’est suite aux révélations du journal Le Monde sur les mises en examen par la justice française que des enquêteurs de l’OCRC (police anti-corruption) ont rédigé un PV initial, le 31 octobre 2014, à l’intention du procureur du roi de Bruxelles, dans l’espoir que la justice belge enquêterait, elle aussi, sur l’affaire. Un PV initial entraîne automatiquement l’ouverture d’une information pénale. Ce qui a eu lieu. Mais, selon nos informations, aucun devoir d’enquête n’a été demandé, depuis lors, aux hommes de l’OCRC qui ont pourtant rédigé des PV de rappel. L’enquête du parquet de Bruxelles n’a donc jamais réellement démarré…

Depuis quelques jours, des discussions répétées ont lieu au parquet fédéral, sous la houlette du magistrat de référence en matière de corruption, Jean-Pascal Thoreau, pour voir s’il serait opportun d’ouvrir une instruction judiciaire, d’autant que les Français s’apprêtent, semble-t-il, à introduire une demande formelle d’entraide judiciaire. Bref, depuis les premières révélations du Canard Enchaîné, en octobre 2012, la justice belge se tâte toujours.

Thierry Denoël

Il faut sauver la dorsale wallonne du Thalys

Nos amis Laurent Vandamme et Louis Cartilier nous demandent de relayer leur appel à signer la pétition qui demande le rétablissement de la dorsale wallonne du Thalys qui relie Liège, Namur, Charleroi et Mons à Paris.

L’ AWF se joint bien sûr à cet appel. Il est outrageant de constater le parallélisme effectué par le gouvernement fédéral entre la suppression du Thalys Ostende-Paris dont les Flamands ne voulaient plus avec celle du Thalys de la dorsale wallonne dont les Wallons ont le plus grand besoin tant au niveau économique que culturel. Nous demandons au gouvernement wallon d’adopter une attitude de révolte et non une condamnation de circonstance.

Paul D.

Chers amis,

Dans sa rage destructrice de nos droits, le gouvernement a décidé de priver nos gares wallonnes de Mons, Liège, Namur et Charleroi de la liaison quotidienne pourtant si appréciée du Thalys avec Paris-Nord.

Nous jouissions de cet avantage depuis des années, on nous le supprime, sans autre procès… Seule Bruxelles y aura encore droit!

Réagissons à cette nouvelle atteinte à la Wallonie!

https://www.lapetition.be/en-ligne/non-a-la-suppression-du-thalys-wallon-15455.html

Exprimez-vous svp !

Laurent Vandamme

Choix de société : il y va de notre santé…

L’AWF se joint à AVAAZ pour vous demander de signer et de faire circuler parmi vos contacts la pétition qui suit. Il y va de la survie du monde paysan français et wallon. Il y va surtout de notre santé et du redéploiement d’une agriculture et d’un élevage qui respectent l’homme et l’animal. Il y va aussi d’une qualité de vie à la française.

Des milliers de vaches et chèvres agglutinées dans d’immenses entrepôts. Bourrées de médicaments. Reliées à des pompes à lait, tandis que le paysan qui s’occupe d’elles est réduit à un simple rouage dans cette énorme machine. Voilà ce que promet l’ouverture de l’usine aux 2200 animaux à l’étude dans la région de Tours. Mais la préfecture n’a pas encore donné son autorisation, et nous pouvons encore l’arrêter.

Cette nouvelle ferme industrielle géante est le pur produit d’un système déshumanisé, qui avilit le métier de paysan et ronge les écosystèmes de la région. Il est à l’opposé d’une agroécologie durable et stimulante pour l’économie rurale, pourtant prônée par le ministre de l’Agriculture. 
Si nous nous mobilisons massivement dès à présent, nous pouvons créer un tapage médiatique tel qu’il forcera le ministre à abandonner ce projet honteux.

Le Salon de l’Agriculture vient de se tenir à Paris et cette grand-messe ultra médiatisée est une opportunité unique d’exiger l’abandon de cette ferme inhumaine. Cela serait une victoire cruciale dans le combat pour que les exploitations françaises respectent l’environnement, notre santé, le bien-être des animaux et que les agriculteurs ne soient pas mis de côté.

Signez cette pétition et envoyez-la à tous vos proches: Avaaz interpellera Stéphane Le Foll lorsque nous atteindrons 100 000 signatures.

https://secure.avaaz.org/fr/non_aux_fermes_animales_gaantes_jb/?bEBYKab&v=54402

L’année dernière en Picardie, la première “ferme aux 1000 vaches” a ouvert ses portes, malgré l’indignation des habitants de la région et du monde agricole. Aujourd’hui, une quinzaine de méga-projets sont en préparation en France, menaçant toujours plus les emplois de nos agriculteurs. Le pire est que l’État – c’est-à-dire nos impôts – subventionne à coups de millions d’euros ces installations ! 

Signez cette pétition pour dire non aux fermes animales géantes, et demander à Stéphane Le Foll de maintenir le cap sans céder aux pressions des lobbies de l’industrie agroalimentaire:

https://secure.avaaz.org/fr/non_aux_fermes_animales_gaantes_jb/?bEBYKab&v=54402

Nous avons déjà joint nos voix et réussi à protéger les animaux en voie de disparition, les abeilles ou les animaux marins. Cette fois ce sont nos agriculteurs et les animaux d’élevage qui nous nourrissent chaque semaine qui ont besoin de nous. Et c’est un nouveau modèle de société que nous pouvons défendre, ensemble.

Avec optimisme et détermination.

 

Le groupe français Hiolle Industries à Mons-Borinage ?

Lu sur le site du journal La Province :

HiolleLe groupe français Hiolle Industries veut s’implanter à Mons-Borinage et créer une entreprise de déconstruction de voitures ferroviaires (70 emplois à la clé).

Un grand groupe industriel français veut s’implanter à Mons-Borinage. Spécialisé dans la déconstruction ferroviaire, Hiolle Industries cherche un bâtiment proche d’une voie de chemin de fer. Une activité porteuse de 70 emplois.

En 2013, le groupe Hiolle Industries (700 emplois) créait une filiale baptisée Nord Ferro spécialisée dans le désossage de voitures de chemin de fer ou de métro. Fort de cette expérience dans le nord de la France, Jean-Michel Hiolle, patron du groupe, souhaite à présent étendre son activité en s’implantant en Hainaut. Les premiers contacts ont été établis avec le « voisin » belge Eric Thiébaut, bourgmestre d’Hensies et député (PS) fédéral.

Ce mercredi, le projet a pris une tournure plus officielle en réunissant la direction de Hiolle Industries avec le président de l’intercommunale IDEA, Marc Barvais, sa directrice générale Caroline Decamps, et le député hensitois.

Pour Hiolle Industries, l’intention de s’implanter en Belgique ne laisse planer aucun doute. « Notre volonté est d’aller chez vous si possible déjà en 2015 », lance Xavier Bleu, chef de projet chez Nord Ferro, lequel a patiemment décortiqué depuis des mois les législations fédérale et régionale en matière d’environnement, très proches de la législation française. « Mais nous n’irons pas sans vision réelle des besoins de la SNCB.  »

La réunion de travail de ce mercredi avec l’IDEA a permis d’évaluer les besoins d’Hiolle Industries pour venir s’implanter à Mons-Borinage.

« Il faut trouver un bâtiment existant de 2.000 m², précise Jean-Michel Hiolle, éloigné des habitations et proche d’une voie ferrée. La présence d’une voie fluviale n’est pas nécessaire. Au niveau de l’emploi, sachant qu’il faut six personnes pour désamianter une voiture, six pour le dégarnissage, et six autres pour diverses opérations, et que nous tablons sur 200 wagons par an, cela représenterait 70 emplois à moyen terme. »

Cl.W.

Lire notre dossier dans La Province de ce jeudi 26 février.

Mémorandum de l’AWF

 REJOIGNEZ L’ALLIANCE WALLONIE – FRANCE !

Mouvement de citoyens libres et informés

AWF Cap 2015

La démocratie ne s’arrête pas avec les élections…

Mémorandum de l’ AWF

En Belgique, jamais l’hypothèse de la réunion de la Wallonie à la France n’a été évoquée par les partis politiques traditionnels.

La réunion à la France se fera cependant quand les centres d’études des partis verront l’impasse dans laquelle les a plongés l’option d’une Belgique confédérale pour la  Wallonie et Bruxelles.

Le rôle de l’AWF est donc de sensibiliser les citoyennes et citoyens wallons afin qu’ils se mettent en mouvement pour que s’impose le débat sur l’avenir français de la Wallonie. Seul un mouvement de citoyens sera capable de faire évoluer l’opinion publique wallonne.

En  France,  la  question  « belge »  est  évoquée,  mais  non­‐ingérence  et  non­‐indifférence restent les maîtres-mots des responsables politiques français. Les marches citoyennes de plus de 4 millions de Citoyens français, mais aussi les centaines de milliers de marcheurs wallons et bruxellois viennent de nous démontrer l’attachement de nos populations aux Valeurs républicaines de Liberté, d’Egalité et de Fraternité.

  1. En Belgique, le débat est dominé par trois problèmes.

– Le premier est économique et social, portant sur le chômage et les moyens d’une relance par une coalition fédérale. Il est commun à tous les pays européens.

– Le deuxième repose sur des sociétés aux aspirations de plus en plus distanciées. La Flandre peaufine en douceur son confédéralisme pendant que les Régions wallonne et bruxelloise s’accrochent à un fédéralisme dont ne veut plus le Nord.

– Le troisième est purement institutionnel. Toute question traitée au niveau fédéral a un caractère institutionnel (cf. le survol des avions à Bruxelles). Tous les ministères régaliens ou importants (Intérieur, Armée, Justice…) sont aux mains des Flamands.

En Belgique, nous cumulons trois problématiques pendant qu’en France, les débats se focalisent sur l’économique, le sociétal et la réforme des régions et des départements.

Si l’idée régionale ne progresse pas, en tout cas pas avant que l’on ne constate l’impasse budgétaire wallonne, à fortiori l’idée de la réunion à la France ne progressera pas plus, les deux idées étant liées.

                              Rappelons l’analyse de l’AWF

 1 . La fin de la Belgique est inéluctable à court ou moyen terme parce que :

– la Flandre considère que le modèle fédéral belge est un échec et qu’il faut passer au confédéralisme ;

-­ pour la Flandre, la 6e réforme de l’État n’est qu’une étape avant la 7e réforme qui touchera le cœur de la sécurité sociale, ce qui signifie passer d’un modèle de société qui aujourd’hui est  commun  à  la  France  et  à  la  Belgique  à  un  modèle  anglo­‐saxon  dont  une  majorité  de Wallons ne veut pas ;

-­  tous  les  observateurs  internationaux  de  la  vie  politique  s’accordent  à  considérer  qu’un État fédéral ou confédéral n’est viable qu’à partir du moment où il réunit un minimum de 6 entités (cf. l’Allemagne, la Suisse, les États-­‐Unis, le Canada…).

2. L’analyse du professeur Gazon, corroborée par d’éminents professeurs en économie, démontre qu’aujourd’hui, chiffres à l’appui, une Wallonie indépendante n’est pas viable au niveau de ses finances publiques.

Une Fédération Wallonie‐Bruxelles ne l’est pas plus pour des raisons politiques (95 % des Bruxellois ne voient pas leur sort lié à celui de la Wallonie). Par ailleurs, nous assistons à un développement  important  de  l’identité  bruxelloise  (70  %  se  disent  aujourd’hui  bruxellois avant tout)

3. Par défaut, la Communauté de destin avec la France s’impose. C’est le choix de la raison. C’est aussi le choix de la solidarité interrégionale et du refus de sacrifier au minimum deux générations de Wallons sur l’autel d’une Belgique devenue mortifère pour la Wallonie.

4. Monsieur Jacques Lenain, haut fonctionnaire français, a développé sur le site de l’AWF (http://www.alliancewalloniefrance.wordpress.com) le projet « d’intégration-autonomie » de la Wallonie à la République française, qu’il appartiendra d’utiliser au mieux pour que sortent renforcés ET la Wallonie ET la France dans le respect de l’héritage wallon.

5. La Wallonie a la chance de partager la langue française avec la France, langue internationale présente sur les 5 continents et forte de centaines de millions de locuteurs au travers de la francophonie. ( plus besoin de se farcir le néerlandais pour obtenir un emploi même en Flandre : voir le cas de Courtrai où les entreprises exigent de leur personnel wallon la connaissance du néerlandais, ce qu’elles n’exigent pas pour les citoyens français.) Des études sérieuses ont démontré que la Wallonie n’avait besoin que de 10 % de bilingues français-­‐néerlandais pour des emplois situés dans l’administration bruxelloise ou fédérale.

UN PLAN « F » : tout se passe aujourd’hui comme si l’hypothèse FRANCE n’existait pas, même à titre de simple hypothèse de travail. Il nous faut un PLAN « F »

Les études des économistes, et notamment celles du professeur Gazon, n’ont jamais été ni démenties ni relayées dans l’opinion.

De Namur à Liège, ou de Charleroi à Nivelles, les confidences faites à l’AWF par d’anciens responsables  politiques  wallons  de  premier  plan  lors  de  nos  conférences-débats  restent cachées sous le manteau.

Le  site  internet  de  l’Alliance  Wallonie‐France,  dont  la  qualité  est  incontestable,  reçoit  de nombreuses visites, mais n’est que rarement évoqué, pour ne pas dire jamais…

Nous souhaitons, au sein de l’Alliance Wallonie-­‐France, que la question de la réunion de la Wallonie à la France ne soit plus soutenue par le seul élan d’émotions, d’états d’âme ou de sentiments francophiles, moteur certes indispensable à la persuasion, mais soutenue aussi par une argumentation objective et claire qui emporte la conviction.

Que l’AWF soit la lumière qui brille même dans l’obscurité la plus profonde est l’objectif de notre mouvement.

              Wallonie, région de France à statut spécial

La Wallonie telle qu’elle est dessinée actuellement est d’une importance tout à fait comparable aux futures régions françaises.

Dès  à  présent,  nous  demandons  aux  responsables  wallons  d’activer  comme  partenaire privilégié  de  la  France  les  accords  de  coopérations  signés  en  1999  et  en  2004  dans  les domaines suivants : coopération linguistique, culturelle et scientifique, échange permanent d’informations,    échange    d’expériences    et    de    personnes,    conclusions    d’ententes sectorielles,  collaboration  directe  entre  institutions  diverses  (chambres  de  commerce, universités, entreprises, associations, etc.), élaboration et réalisation de projets conjoints, transfert   réciproque   de   technologies   et   de   savoir-­‐faire,   organisation   de   rencontres professionnelles,  séminaires,  ateliers  au  bénéfice  d’experts  et  de  porteurs  de  projets, réalisation  d’études  et  d’expertises,  promotion  réciproque  de  produits  et  de  services, promotion de partenariats interentreprises et création de sociétés mixtes.

 Il  y  a  lieu  de  mettre  en  application  les  décrets  signés  entre  la  France,  la  Wallonie  et  la Communauté française Wallonie ‐ Bruxelles.

Le gouvernement français et le parlement wallon doivent dès à présent prendre des initiatives concrètes. Et les citoyens en proposer.

Il  nous  faut  donner  du  souffle  à  ce  mouvement  citoyen  qu’est  l’Alliance  Wallonie-­‐France, spécialement dans les partis francophones  dits traditionnels,  pour qu’il atteigne  sa pleine envergure.

                               Notre programme 2015

Nous entendons agir, non seulement en Wallonie, mais aussi en France, pour qu’apparaisse ce mouvement pluraliste de citoyens porteurs de débats publics transparents sur l’avenir des relations entre la Wallonie et la France.

Avec des citoyens, des artistes, des syndicalistes, des économistes, des journalistes, des universités, des grandes écoles, des étudiants… Toute une société qui se met en route pour plus de justice, plus de fraternité et plus de solidarité.

Le  concept  d’intégration ‐ autonomie  de  la  Wallonie  au  sein  de  la  République  française  tel que développé sur notre site par M. Jacques Lenain est celui qui nous permettra le mieux de rencontrer l’adhésion de la société wallonne. Nous jouirons ensemble d’une plus grande solidarité et nous serons citoyens français tout en restant wallons toudi, et belges pour ceux qui en ont la fibre.

Comme pour les Bretons, les Basques, les Alsaciens, les Corses ou les Savoyards, il pourra y avoir des citoyens français d’identité française, wallonne ou belge selon les sensibilités de chaque citoyen.

                       « FRANCE – WALLONIE »

                         Nous mettons nos forces en commun !

Tel est le sens de la campagne que nous lançons en France et en Wallonie.

Venez donc nous rejoindre et nous aider !

Site de l’AWF : www.alliancewalloniefrance.wordpress.com

 Contacts :

Président : Paul Durieux, pauldurieux2003@yahoo.fr – 04 263 69 17 ou 0476 654 329

Secrétaire : Marie Malotaux, marie.malotaux@gmail.com – 081 583 743

Trésorière : Renée Decroisson, renee.decroisson@live.be – 04 380 40 63 ou 0499 381 084

 Administrateurs :

Alain Balsat, a.balsat@skynet.be – 04 263 54 18 ou 0496 515 045

Louis Nisse, nisselouis@gmail.com – 04223 37 78

Louis Cartilier, cartilouis@yahoo.fr – 04 265 59 44 ou 0476 266 924

Adrien Lhomme,alh11api@gmail.com – 02 325 70 15 ou 0497 486 467

Georges-­Henry Simonis, ghsimonis@voo.be – 0485 535 623 ou 071 611 275

Michel Pieret, pieret.michel@skynet.be – 0495 214 370

Philippe Fery, philoufery@gmail.com – 0476 249 840

Paul Mélot, paulmelot1@gmail.com – 0497 606 094

Une belle histoire d’amitié franco-belge

Léon Wintgens est un ami et un des membres de l’AWF qui a obtenu la nationalité française. Il m’envoie le bulletin municipal de Valras-Plage qui, dans son édition de janvier-février 2015, consacre ses pages 11 et 12 à la belle histoire de ces Wallons qui, fuyant l’armée nazie, ont vécu « l’évacuation » et ont été accueillis en toute amitié et fraternité par des Françaises et Français devenus leurs sœurs et frères.

« Il était une fois » VALRAS-PLAGE !

UNE RUE, UNE PLAQUE, UN LIEU, UN NOM…

valras plage portC’est un beau roman, c’est une belle histoire… Une formidable romance d’amitié, comme l’aurait aimée chanter Michel Fugain,   née au cœur du drame de la seconde guerre mondiale, entre une famille belge et une famille valrassienne !

Nous sommes le 10 mai 1940, jour de la déclaration de guerre où l’Allemagne nazie envahit la Belgique. Dans le village de Verviers situé dans l’Ardenne belge à 30 km de la frontière allemande*, vivent Thérèse et Jean Neufcour avec leur fille Léonie et ses deux frères jumeaux. Le souvenir douloureux des exactions qui se sont perpétrées en 1914, la barbarie et la férocité des troupes de l’Empire allemand, contraignent la famille Neufcour et toute la population de cette région à « partir en évacuation », selon la formule consacrée. Jean, qui était ambulancier, et ses deux fils rejoignent un centre de recrutement de l’armée belge. Parallèlement, pour Thérèse et Léonie, c’est le début d’une odyssée périlleuse qui aboutira finalement par une rencontre avec Catherine et Némorin Soutier, une famille de pêcheurs valrassiens. Une immarcescible amitié naît entre les membres de ces deux familles, une puissante affection qui a résisté à l’épreuve du temps, dont le récit nous a été révélé grâce au témoignage de Léon Wintgens, petit-fils de Thérèse et fils de Léonie, qui a choisi depuis octobre 2006 de vivre… à Valras-Plage !

« Dès la première heure de guerre en mai 40, les Allemands étaient là ! Ma future mère Léonie, alors âgée de 22 ans, et ma grand- mère Thérèse sont parties de leur côté, d’abord à pied, puis en train jusqu’à Tournai près de Lille. La traversée d’une bonne partie de la Belgique durera plusieurs jours. Depuis Tournai, elles ont embarqué dans des wagons à bestiaux, direction la côte Atlantique, Bordeaux, puis elles entendirent une voix dans le train lancer : ‘Terminus !’… Elles étaient arrivées à la gare de Béziers ! Le voyage s’était effectué dans des conditions assez abominables, les arrêts étaient fréquents, et bien souvent, elles dormaient dans les fossés. »

A la gare de Béziers, un comité d’accueil, composé de personnes de la région biterroise qui s’étaient portées volontaires pour accueillir les réfugiés, les attendait. Thérèse et Léonie ont ainsi été recueillies par la famille Soutier.

« Elles sont restées à Valras-Plage pendant plus de 4 mois et elles ont été non seulement hébergées, mais aussi prises en de bonnes mains, soutenues moralement et généreusement nourries. »

Après la capitulation de l’armée belge à la fin du mois de mai 1940, c’est la débâcle ; le grand- père Jean Neufcour et ses deux fils jumeaux âgés de 17 ans qui n’ont pas été mobilisés, étaient basés à la frontière française, et se réfugient dans les Pyrénées-Orientales. Leurs noms figurent sur des listes de réfugiés que l’on publiait à l’époque, et qui étaient affichées dans les mairies… dont celle de Valras-Plage !

« Ma grand-mère et ma mère les ont donc contactés et ils les ont rejointes chez Catherine et Némorin Soutier. Nous avons conservé des photos où ils sont tous réunis ici, à Valras-Plage. »

A Valras-Plage, Jean Neufcour ne reste pas inactif ! Pour preuve, cette lettre qui lui a été adressée par la section de Béziers du Haut-Commissariat Belge le 26 août 1940 : « Mes compatriotes, réfugiés à Valras, m’ont fait connaître tout le dévouement que vous avez apporté à maintes occasions à leur être agréable et à leur rendre service chaque fois qu’ils ont eu besoin de votre intervention, en qualité d’infirmier. Je me fais un devoir et un plaisir de vous remercier comme il convient de votre abnégation et aussi des services généreux et bénévoles que vous leur avez rendus. »

Courant septembre 1940, toute la famille Neufcour rentre en Belgique où elle vivra la poursuite de la guerre et, à nouveau, la sanglante bataille des Ardennes en 1944, soit deux ans avant la naissance du petit Léon Wintgens.

« Je suis né le 20 septembre 1946 à Verviers. Dans les années 50, quand j’étais en âge de comprendre, je me souviens que ma mère parlait avec beaucoup de nostalgie et d’émotion de Valras-Plage. Elle m’a raconté cette histoire douloureuse, mais aussi, finalement heureuse, et elle vénérait chaleureusement cette famille Soutier : Catherine, son époux Némorin, Mamé Cécile, la mère de Catherine, et le fils Joseph dit « Jojo ». Pour ma mère, ces gens étaient extraordinaires ! Les deux familles s’écrivaient au minimum 2 fois par an, car, à l’époque, nous étions de condition modeste et n’avions pas les moyens de voyager comme nous le pouvons maintenant. »

En 1972, alors que le père de Léon, Jean Wintgens, était gravement malade et hospitalisé, sa mère reçut une lettre des Soutier qui disait en substance : « Nous serions vraiment ravis si vous nous rendiez visite… ». Au mois de mai de cette même année, Léonie et Jean sont venus en train couchettes passer 15 jours à Valras-Plage chez Catherine et Némorin.

« Au retour de mes parents, ils m’ont dit que je devais absolument connaître ces gens-là car ils sont formidables ! Deux ou trois ans après, je suis venu en villégiature à Valras-Plage et cela a été le coup de foudre pour toute la famille Soutier avec laquelle nous avons tissé des liens d’amitié fabuleux. »

Depuis 1976, les Soutier ont passé plusieurs séjours en Belgique, et Léon est venu au moins une fois par an dans notre station balnéaire, ce qui explique son amour pour notre ville et la reconnaissance qu’il éprouve pour la famille Soutier et, au-delà, pour toute une région.

« Je suis toujours très ému quand je vois sur la façade du théâtre municipal de Béziers, la plaque commémorative de remerciements des Belges vis-à-vis des habitants du Biterrois et des environs. »

Le rêve de Léon Wintgens était de pouvoir acquérir un pied-à-terre à Valras-Plage, ce qui fut chose faite en 2006. Retraité depuis 2009 – Léon était greffier en chef au sein de l’institution belge Justice de Paix, qui correspond à notre Tribunal d’Instance – il réside 8 à 9 mois par an dans la station.

« Sans doute avais-je déjà des affinités avec la France puisque mon grand-père maternel était natif de Tourcoing, mais j’ai toujours été très francophile et, après quelques mois de procédures, j’ai reçu des mains du Sous-préfet Nicolas de Maistre, mon certificat de nationalité française en avril 2012. Aujourd’hui, j’ai la France, la ville de Valras-Plage et la famille Soutier chevillées au cœur… Cela a toujours été mon idéal, et me voilà comblé au-delà de toutes mes espérances ! »

* Nos lecteurs auront corrigé : Verviers est une ville et elle n’est pas située en Ardenne belge, mais ceci ne change en rien la belle histoire vécue, ni la chaleur du souvenir, ni le plaisir que j’ai eu à vous la faire partager.

Paul D.

François Perin, une plume et un visionnaire

Ce vendredi matin, Jules Gheude était à la Maison de la Presse de Liège pour y présenter son dernier livre « François Perin, une plume ». Parmi d’autres journalistes, RTC Liège était présent. Vous trouverez ici le lien vous permettant d’accéder au reportage de la télévision locale liégeoise :

http://www.rtc.be/reportages/262-general/1465346-francois-perin-un-visionnaire

Thalys wallon: chronique d’une disparition annoncée

Un nouveau mauvais coup porté au rail wallon. Il appartient aux Namurois, mais aussi à tous les citoyens wallons de se rebiffer et d’entrer en résistance.

Thalys wallonLu sur le site du quotidien Le Soir

Par José Damilot, conseiller communal à Namur et ancien président des cheminots de la CGSP.

Fin janvier, la nouvelle tombait : le Thalys wallon sera supprimé le 31 mars. Un préavis de 2 mois à peine ! Une information tardive alors que connue des protagonistes ferroviaires depuis plusieurs mois. Manifestement, la volonté d’imposer la politique du fait accompli !

Le Thalys wallon n’a jamais fait l’objet d’un grand intérêt auprès des dirigeants de la SNCB et d’Infrabel. Chaque fois qu’il y avait des problèmes avec le parc Thalys, la desserte wallonne en était la principale victime. Ainsi, rien que dans les 3 dernières années, il a été supprimé un mois et demi à l’été 2012 et 5 mois de novembre 2012 à avril 2013.

Le service de catering a, lui aussi, été supprimé puis rétabli. On voudrait décourager les voyageurs qu’on n’agirait sans doute pas autrement. Malgré ce désintérêt pour ne pas parler de désinvestissement, le Thalys wallon vient de battre son record de voyageurs en 2014. Il a recensé près de 142.000 voyageurs, soit un taux d’occupation de 52 % en moyenne et plus de 60 % en fin de semaine.

Mais ces éléments ne pèsent guère dans la balance de ceux qui rêvent de sa suppression au nom de la rigueur budgétaire, disent-ils, mais aussi et surtout de considérations moins avouables.

Pour mémoire, c’est Johan Vande Lanotte qui, le 18 juin 2013, déclare accepter la suppression du Thalys flamand… si le wallon l’est également.

Pour mémoire toujours, c’est le même Vande Lanotte qui désigne 2 mois plus tard Jo Cornu à la tête de la SNCB lequel est aussi, évidemment, favorable à la suppression des Thalys sur les dorsales. « Deux fois plus de voyageurs que le Thalys flamand »

Pour mémoire, enfin, le Thalys wallon transporte plus du double de voyageurs que le Thalys flamand. Et puis, il y a ceux qui, à l’intérieur d’Infrabel et de la SNCB, rêvent également de mettre un terme à ces relations.

Et aujourd’hui, on a l’impression que l’imbroglio ferroviaire lié à la scission structurelle de la SNCB et d’Infrabel et la cure d’austérité imposée à la SNCB fournissent l’arme du crime.

Quand je parle d’imbroglio ferroviaire, je parle du nombre des protagonistes de ce dossier.

Il y a la SNCB et Infrabel, les champions du « ce n’est pas moi, c’est lui ».

Il y a la SNCF et RFF.

Il y a Thalys devenu opérateur ferroviaire.

Il y a BLogistics devenue filiale de droit privé.

Il y a tous les intervenants industriels et techniques.

Il y a enfin la Ministre qui accepte ou non de subsidier ce service dans le cadre du contrat de gestion.

Quand j’évoque la scission, je parle de la nouvelle structure qui permet à chacun de rejeter la responsabilité sur l’autre.

Quels sont les problèmes ?

1) La volonté d’Infrabel d’équiper Namur du système de sécurité ETCS pour le corridor fret Anvers – Namur – France, Suisse, Italie via l’Athus Meuse. Cette mesure empêche de facto la circulation du Thalys, sur la dorsale wallonne puisqu’il n’est pas équipé d’un système de sécurité compatible avec celui qu’Infrabel installe.

Pour info, le master plan prévoit que l’équipement du réseau en ETCS doit être terminé en 2022 (!) et que l’ETCS sera la norme pour tous les opérateurs en 2025 (!).

On sait déjà que ce calendrier ne sera pas respecté en raison de la réduction des moyens budgétaires sans parler du retard lié à un recours devant le Conseil d’Etat d’un candidat au marché non retenu.

On a donc plusieurs années pour réaliser ces travaux mais à Namur, c’est une urgence, c’est une affaire de semaines ! Curieux, non ? Je vais y revenir.

2) La nécessité pour la SNCB de réaliser des économies en raison de la gestion désastreuse des dirigeants précédents à quoi il faut ajouter depuis octobre dernier, la décision gouvernementale de réduire les subventions des 2 sociétés ferroviaires.

Et donc, c’est un petit peu comme si l’initiative d’Infrabel et ses conséquences sur le Thalys wallon avaient été mises à profit par la SNCB pour actionner le couperet.

Ce pressentiment devient même une conviction lorsqu’on lit dans le budget 2015 de la SNCB : « En l’absence d’une décision définitive quant à leur suppression, le présent budget tient encore compte de l’impact du maintien des dessertes par Thalys des 2 dorsales ».

Ce budget a été présenté au CA de la SNCB le 19.12.2014. Pour la SNCB, il est clair qu’elle attend – espère – la suppression des Thalys des 2 dorsales. Cette question a été débattue, il y a plusieurs mois, entre la SNCB et Infrabel. On n’a pas cherché à la solutionner, on a attendu le plus tard possible avant de la rendre publique et on tente d’expliquer que c’est irréversible.

Questions :

1) Infrabel veut équiper Namur par priorité en ETCS parce que les couloirs de fret sont une priorité à ses yeux. Pour que ce système soit efficace, cela suppose que les opérateurs (les locomotives tractant du fret) soient dotés d’un équipement compatible.

Le sont-ils ?

Non ! A BLogistics, il y a 2 sortes de locomotives qui tirent les trains de fret, les types 13 et les Traxx. Les types 13 sont équipées d’origine en ETCS mais le système n’est pas activé et l’activation nécessitera des modifications sur la locomotive ! Les Traxx ne sont pas équipées du tout, elles devront retourner dans la firme et cela va prendre beaucoup de temps.

Quant aux autres opérateurs, ils sont loin d’avoir cet équipement, tout au plus ont-ils le système TBL1+. Alors pourquoi cette hâte à équiper Namur alors que les opérateurs, eux, ne disposent pas de la technique adéquate ?

Comment expliquer qu’Infrabel équipe certains tronçons en ETCS sans se soucier de voir si les opérateurs qui parcourent ces tronçons s’équipent simultanément ?

Comme indiqué plus haut, c’est une conséquence surréaliste, parmi d’autres, de la scission du groupe ferroviaire. « Peu importe que l’autre soit en ordre, du moment que je le suis ».

Et donc, un report de quelques mois n’altérerait pas la sécurité et ce temps pourrait être mis à profit pour adapter le Thalys. Pour peu qu’on ait l’intention de le rétablir.

Car on sait que les adaptations techniques demandent du temps et de l’argent, nécessitent des homologations de 4 réseaux et enfin une subvention dédicacée dans le contrat de gestion, opération rendue plus délicate de par le nouveau statut de Thalys.

Bref, même le report semble une idée « mort-née » tant l’acharnement de certains dirigeants ferroviaires est farouche.

Conséquence :

Trois grandes villes wallonnes vont être privées de leur seule relation directe avec Paris. Pour Namur, la pilule est particulièrement amère. Les Namurois savaient déjà que les perspectives toujours reportées de la fin des travaux du RER et de la 162 l’éloignaient toujours plus de Bruxelles et de Luxembourg.

Désormais, la capitale de la Wallonie, la gare la plus fréquentée de la Région Wallonne sait, en outre, qu’elle n’aura plus aucune relation internationale digne de ce nom.

Moralité : les Namurois, tous les Namurois devront faire front s’ils ne veulent pas être les grands oubliés chaque fois que des choix stratégiques sont opérés à certains niveaux de pouvoir.

La Wallonie avec la France en Europe et dans le monde