MA BLESSURE FRANÇAISE

Colloque Prospective-Parlement Wallon-2014-11-27 » Ma Blessure Française « , tel est le titre que Louis Nisse a donné à un essai qui devrait bientôt se retrouver dans toute bonne librairie. Nous vous livrons, avec l’autorisation de l’auteur, l’avant-propos d’un ouvrage qui, nous l’espérons, suscitera chez vous l’envie de vous laisser prendre par la main pour parcourir les chemins improbables qu’emprunte un amoureux de la beauté.

Paul D.

RHAPSODIE

AVANT-PROPOS

France, je t’offre ici le Cheval d’Orgueil d’un Wallon. Tu ignores presque  tout de nous, les Liégeois, les Wallons, les francophones de Belgique. Puisse ce témoignage t’aider à mieux nous connaître et à nous reconnaître ! Et te donner envie de découvrir ma petite patrie, ma terre wallonne : elle t’appartient. Laisse- moi te guider ; arpente-la avec moi en préparation de ta prochaine Joyeuse Entrée, ta très prochaine Joyeuse Entrée, car la Belgique s’évapore. Et, si possible, fais-moi la grâce de suivre l’ordre des chapitres sans te laisser tenter par une picorée à laquelle les nombreuses illustrations  pourraient sembler te convier.

Rassure-toi, mes arrêts sur images ne devraient constituer ni un redoutable diaporama sur ma famille, ni le guide vert de Michelin, ni celui du Routard : tu vas rire et pleurer, du moins je l’espère. Dans cet essai, je tente de définir ma patrie liégeoise et wallonne et mon identité française, qui est aussi un projet et un combat. Et même si j’y exprime mon vécu le plus singulier, le plus irréductible peut-être, je gage néanmoins que les Français de toutes ethnies se réchaufferont le plexus solaire en se reconnaissant dans ce projet minimum commun, en deçà duquel nous ne pouvons que mourir.

Ce livre ambitieux et multiforme, difficile à cerner, j’aurais pu le sous-titrer L’Homme qui arrêtait les trains. En effet, sans être machiniste ni cheminot comme mon cher Pépé, en célébrant la fidélité, je tente d’arrêter des trains. Celui qui conduit notre langue française vers la mort et nous vers l’anéantissement symbolique. Celui dont le tracé dévaste notre mémoire jusqu’au cœur de nos villes. Ceux qui rendent inaudibles les chants profonds du monde. Ceux qui broient les cultures, aussi vitales à l’Homme que la biodiversité ou la poésie.

Ma petite patrie, la Wallonie, tu la découvriras d’abord grâce à mes parents. Grâce à mon père, un humble et fier artisan de sa glorieuse histoire industrielle, qui avait un terrible compte amoureux à régler avec toi. Grâce à ma mère, née en ton sein, au cœur du Béarn, qui vécut une sorte d’exil à Liège, une ville si peu étrangère pourtant. La Wallonie – une Wallonie certes très liégeoise, la mienne –, je t’en retracerai l’Histoire, France, j’évoquerai pour toi ses richesses, son patrimoine, sa culture, ses langues et je te montrerai l’impasse politique, la nasse où son attachement à l’État belge la coince dorénavant. L’aliène et la  meurtrit. J’y évoquerai aussi les enfants qui l’ont honorée et qui l’honorent ainsi que le long combat des militants wallons qui inspirent mes velléités.

Cet écrit qui pourrait d’abord te dérouter, je le nomme rhapsodie, car mon ambition est de coudre (ραπτειν) des registres très divers – prose lyrique, pamphlets, poèmes, farces, textes référentiels s’entrelacent – tout en gardant une unité poétique. (Tu jugeras si j’ai réussi cette gageure.) Ces vibrations des verts rejets de mes toutes premières détresses et tendresses, puissent-elles aussi te parcourir. Mes anciennes blessures te guérir.

 

2 réflexions sur « MA BLESSURE FRANÇAISE »

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