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« Francophones, attention ! 2019, c’est demain ! »

Jules Gheude, essayiste politique (1)

Jules GheudeLe temps passe vite, très vite !

Mise en place il y a un an, la coalition « suédoise » s’est engagée à mettre le volet communautaire entre parenthèses pour se consacrer pleinement au redressement économique et budgétaire du pays. Objectif plus que louable, lorsqu’on sait que la dette publique a atteint, fin 2014, 106,6% du PIB…

Les appréhensions des leaders francophones concernant la loyauté du partenaire N-VA se sont avérées jusqu’ici non fondées. Force est de reconnaître, en effet, qu’ils s’acquittent chacun de leur mission de manière responsable et consciencieuse, démontrant ainsi leur aptitude à gérer. Leur présence au gouvernement flamand depuis 2004 (au début, la N-VA formait un cartel avec le CD&V) avait d’ailleurs déjà largement confirmé cette aptitude.

Mais, dans le ciel politique, une législature passe à la vitesse d’une comète. 2019, c’est demain !

Si la N-VA se comporte loyalement au sein du gouvernement fédéral, elle n’a pas pour autant renié son objectif premier : faire de la Flandre un Etat souverain au sein de l’Europe. Le ministre de l’Intérieur Jan Jambon a tenu à le rappeler dernièrement.

La Fête de la Communauté flamande, ce 11 juillet, a également fourni aux responsables nationalistes flamands l’occasion de rappeler que leur combat était loin d’être terminé.

Ainsi, Geert Bourgeois, le ministre-président flamand, a-t-il déclaré que son gouvernement s’engageait résolument pour une Nation flamande forte. Le terme figure d’ailleurs dans le préambule de la « Charte pour la Flandre », que le Parlement flamand, unanime, a adoptée en 2012.

Cette « Nation flamande », Geert bourgeois entend bien la préparer aux défis qui nous attendent en 2019.

Pas question, pour lui, que l’horloge tourne à l’envers ! On ira de l’avant : « Nous aurons bientôt un ministère flamand des Affaires étrangères à part entière et le statut de nos diplomates flamands doit donc être amélioré. » Et d’insister aussi sur la nécessité d’avoir une seule culture politique qui exige une langue partagée : le néerlandais.

Quant à Jan Peumans, le président du Parlement flamand, ses propos ne laissent place à aucune ambiguïté :

« Nous devons oser exercer ce droit à l’autodétermination avec plus de verve. Bien que la 6ème réforme de l’Etat ait accru l’autonomie flamande et fait passer le budget annuel de la Flandre de 28 à près de 37 milliards d’euros, elle ne peut être un terminus. »

Et d’ajouter : « Les nations constituées naturellement favorisent une Europe libre de conflit. Ce sont les meilleures briques pour l’édification d’une Europe stable. »

A peine l’encre de la 6ème réforme de l’Etat était-elle sèche que Wouter Beke, le président du CD&V, avait d’ailleurs déclaré :

« Personne ne niera qu’une 7ème réforme de l’Etat viendra un jour. L’approfondissement est irréversible. (…) Nous voulons qu’on tienne compte, en matière communautaire, de pensions, de sécurité…, de ce que veulent 57% de la population belge, dont les Flamands. »

Aujourd’hui, des voix académiques (Hugues Dumont, des Facultés Saint-Louis de Bruxelles, et Carl Devos, de l’Université de Gand) s’élèvent déjà pour souligner l’impérieuse nécessité d’une nouvelle réforme de l’Etat.

Bref, dès 2019 (si le gouvernement fédéral parvient à atteindre ce terme), le démantèlement de la Belgique va se poursuivre irrémédiablement et les responsables francophones, toujours demandeurs de rien au départ, ne pourront rien empêcher.

Face à la détermination flamande – le nationalisme flamand ne s’arrête jamais, rappelait François Perin en 2011 -, les responsables francophones pratiquent la politique de l’autruche. Ils se mettent la tête dans le sable « fédéral » alors que celui-ci, depuis les fameuses résolutions adoptées par le Parlement flamand en 1999, est devenu « confédéral ».

En droit international, le concept du « confédéralisme » implique des Etats souverains qui, à un moment donné, décident de coopérer dans un certain nombre de domaines. Dans le cas qui nous occupe, il faudrait donc que la Belgique ait préalablement cessé d’exister.

Le « communautaire » est toujours bien présent, comme en témoigne la volonté du gouvernement flamand de s’opposer à la nouvelle désignation de Thierry Damien comme bourgmestre faisant fonction de Linkebeek. Et, de même que la Flandre s’est toujours montrée réticente à la création de Bruxelles comme région à part entière, de même elle s’oppose aujourd’hui à la mise en place de la « communauté métropolitaine ». Pour Geert Bourgeois, cette nouvelle structure ne peut pas devenir une menace pour les Flamands. Et d’ajouter : « Nous ne permettrons pas qu’on chipote avec la frontière linguistique. Le gouvernement flamand n’approuvera pas le traité-cadre relatif à la protection des minorités nationales parce que cela donnerait des droits francophones en Flandre. »

Voilà donc Christine Defraigne, la présidente du Sénat, prévenue, elle qui réagit par une déclaration pro-belge : « La Belgique, c’est un Etat qui existe. Et moi je suis attachée à mon pays ! »

Son père Jean, qui fut président de la Chambre, avait pourtant bien compris l’évolution des choses : « Les Wallons doivent préparer leur dossier pour faire l’inventaire et dire ce qui doit leur revenir au moment de la séparation (…), car, quand les Flamands auront les poches pleines d’euros, ils nous largueront » (voir « Le Soir » du 4 avril 1996).

A bon entendeur salut !

(1) Dernier livre paru : « François Perin – Une Plume / L’Œuvre écrite », préface de Michel Hermans, Les Editions de la Province de Liège, 2015

Wallonie libre et ses héritiers

Une défaite, voilà ce que représente la Butte du Lion qui domine orgueilleusement le champ de bataille de Waterloo. Voulue par le roi Guillaume des Pays-Bas pour « éterniser la gloire nationale », elle a été érigée en 1826 dans l’indifférence générale. En revanche, l’inauguration d’un petit monument français, répondant à une initiative privée, attira la grande foule en 1904. Plus de cent mille personnes et une réelle ferveur patriotique : on n’avait jamais vu autant de monde à Waterloo depuis la sinistre bataille de juin 1815.

Aigle_blessé_MonumentCe monument à l’Aigle blessé devint un haut lieu du militantisme wallon dans les années 30, quand se précisait la menace d’une Allemagne revancharde asservie au nazisme. Le gouvernement belge s’étant dégagé de son alliance avec la France en 1936 sous la pression de la Flandre et de Léopold III, le sort de la Wallonie inspirait les plus vives inquiétudes, du moins chez les citoyens qui ne pouvaient se résoudre au sacrifice de leur Wallonie romane, alors que la voix gutturale d’Adolphe Hitler tétanisait l’Europe.

C’est là, sous le regard de l’Aigle blessé, qu’en juin 1940 fut fondé le mouvement de résistance Wallonie libre, en réponse à l’Appel du 18 juin, celui du Général de Gaulle. Ainsi, le bicentenaire de la bataille de Waterloo, l’événement historico-touristique de l’année 2015 en Belgique francophone, coïncide avec les 75 ans de Wallonie libre, célébrés le 28 mai de façon plus confidentielle, il faut bien le reconnaître.

Robert Collignon -Quand même, à cette cérémonie, il y avait Robert Collignon. Lui, l’ancien ministre-président de la Région Wallonie, il a rappelé que Waterloo fut la victoire de l’Ancien régime sur les idées de la Révolution. Son point de vue ne sera jamais celui des familles régnantes qui ont paradé sur le champ de bataille. Il a parlé d’une «…défaite douloureuse pour la France et surtout pour la Wallonie, arrachée à sa patrie naturelle et greffée arbitrairement aux Pays-Bas ». La révolution belge n’a pas suffi pour réparer les effets de cette défaite car elle a finalement donné naissance à « la Belgique… ce résidu du traité de Vienne et création britannique ». (La vidéo de ce discours peut être vue sur le site de Wallonie libre.)

Comme on le sait, le mouvement Wallonie libre a toujours été pluraliste et, s’il ne donne plus l’impression de pouvoir influer sur le cours des choses, il a néanmoins laissé un héritage dont les dépositaires sont notamment de véritables acteurs de la politique en Wallonie. Il y a Robert Collignon, bien sûr, mais il n’est pas le seul. Voici, par exemple, un extrait du Daniel Bacquelaineportrait de Daniel Bacquelaine, l’actuel ministre fédéral des Pensions, publié tel quel samedi passé dans la Libre Belgique :

« Pas moins de trois Bacquelaine figurent dans l’Encyclopédie du Mouvement wallon. Le premier, Maurice, est le père du ministre. Jean, son oncle, et Marie-Louise, sa tante, complètent un trio d’illustres militants régionalistes et libéraux, résistants au sein du réseau Wallonie libre durant la Seconde Guerre mondiale. Tous les trois étaient au congrès national wallon d’octobre 1945.

« Daniel Bacquelaine n’a pas rompu avec cet héritage-là. Ses sentiments pour la Belgique sont plutôt tièdes, et son aversion pour le nationalisme flamand, plutôt farouche. Peu porté sur les remous médiatiques, cet éternel raisonnable a toutefois pris l’habitude de taire sa conviction profonde : si le délitement de l’Etat s’accélère, comme il le pressent, le scénario d’une Wallonie française aura sa faveur. »

Aux régionalistes francophiles, il faut ajouter les régionalistes lucides (l’un n’empêchant pas l’autre), et on comprendra que le scénario d’une Wallonie française est plus que jamais pertinent.

« Un scénario à la grecque en Wallonie »

« Grèce: j’ai honte pour l’Europe », proclame Elio Di Rupo sur le site du PS. « Au cours des dernières années, aucun autre peuple européen n’a consenti autant de sacrifices que les Grecs. » C’était la position du Parti socialiste avant le référendum de ce dimanche. On OXIsait maintenant que la Grèce a pris le risque de se fâcher avec l’Union européenne en refusant de se plier à la volonté de ses créanciers.

« Je soutiens la Grèce, je soutiens Syriza. L’attitude de l’Union européenne est intenable, non seulement pour les Grecs mais aussi pour la zone euro. Après cinq années d’échecs cuisants, ces penseurs continuent à mener une politique d’austérité insupportable. » Ces propos, Elio Di Rupo les tenait déjà devant les militants socialistes il y a une semaine. Le magazine Le Vif/L’Express les rapporte en introduction d’un article intitulé « Le psychodrame grec réveille la fracture francophone ».

La réaction de la Grèce divise l’opinion publique. Héroïque aux yeux de certains, criminalisée par d’autres, elle n’a pas fini de se débattre au milieu de ses difficultés financières. « Il y a un parallèle évident à faire entre ce qui se passe en Grèce et la situation en Wallonie », a déclaré Pierre-Yves Jeholet, chef de groupe MR au parlement wallon. Voici comment il s’en explique dans le Vif/L’Express :

« L’endettement de la région s’élève à 20 milliards d’euros. Nous devions avoir un déficit de 450 millions d’euros en 2015 mais, à la suite de l’ajustement budgétaire, il s’élèvera à 685 millions. Le Conseil économique et social wallon met en garde contre un déficit qui pourrait s’élever à plus d’un milliard en 2018. Ce sont des chiffres qui interpellent quand on sait qu’en outre, le mécanisme de transition de la loi de financement imposera la perte progressive de 550 millions d’euros d’ici dix ans et que la fin de mécanismes de solidarité coûtera quelque 600 millions d’euros. »

Et d’enchaîner : « La Grèce est dans le mur et, à ce rythme-là, la Wallonie va dans le mur ! La vérité, contrairement à ce que dit Elio Di Rupo, c’est que les responsables grecs manquent de courage et de sens des responsabilités. Le discours est le même au niveau du gouvernement wallon. Christophe Lacroix, ministre du Budget, affirme qu’on ne peut pas pratiquer l’austérité pour l’austérité. Mais c’est se mettre la tête dans le sable, car nous sommes exactement dans un scénario à la grecque ! »

Julian Assange demande l’asile à la France

La France ne s’honorerait-elle pas en répondant positivement à la demande de Julian Assange ? Mais il faudrait pour cela un brin de courage face aux Etats-Unis et aux Etats européens vassaux de ce qui reste encore aujourd’hui (pour combien de temps) la 1e puissance économique mondiale.

<!––>Source AFP

Publié le 03/07/2015 à 12:25 – Modifié le 03/07/2015 à 12:50 | Source Le Point.fr
"Un examen approfondi fait apparaître que compte tenu des éléments juridiques et de la situation matérielle de M. Assange, la France ne peut pas donner suite à sa demande", explique l'Élysée dans un communiqué.

 
« Un examen approfondi fait apparaître que compte tenu des éléments juridiques et de la situation matérielle de M. Assange, la France ne peut pas donner suite à sa demande », explique l’Élysée dans un communiqué.      AFP PHOTO / POOL / JOHN STILLWELL©JOHN STILLWELL

Le renouveau démocratique irrite déjà au Parlement wallon

Lu sur le site de « La Libre »

Stéphane Tassin Publié le mercredi 27 mai 2015 à 18h51 – Mis à jour le jeudi 28 mai 2015 à 10h32 

Une conférence de presse est donc prévue ce jeudi après-midi en présence des quatre partis traditionnels qui siègent au Parlement wallon dans la majorité comme dans l’opposition (PS, CDH, MR et Ecolo). On peut dire que la sortie du président de l’assemblée, André Antoine (CDH), sur ce sujet dans le quotidien « L’Avenir » a fait grimper aux rideaux les groupes politiques concernés. Car celui qui préside aux destinées de l’assemblée wallonne dirigera également cette commission.

Le respect de la parole donnée

Certains vont même jusqu’à remettre en cause la présidence d’André Antoine, regrettant qu’il tire une nouvelle fois la couverture à lui, alors que l’initiative vient des quatre partis, majorité et opposition réunis. D’autres évoquent le non-respect de la parole donnée. Même au CDH, on ne serait pas très content de la chose.

Pourtant, André Antoine ne comprend pas les critiques : « Le plus important, c’est de réussir ce renouveau démocratique. Vous savez, je n’ai rien demandé. Ce sont les partis qui m’ont choisi et j’avais dit à l’époque que je ne voulais pas être un président d’apparat. »

Après ce petit orage, il reste donc à espérer que cette nouvelle commission, qui siégera toutes les deux semaines et qui sera composée de 12 élus wallons, puisse se pencher réellement et sereinement sur les questions et les décrets qui lui seront soumis. « L’opposition ne doit pas se servir de cette commission pour mettre des bâtons dans les roues de la majorité. Elle ne fonctionnera que si chacun joue le jeu », conclut André Antoine.

C’est sans doute la proposition de décret concernant la mise en place d’une consultation populaire en Wallonie qui devrait constituer le premier dossier chaud de la commission. Ces discussions serviront de baromètre de crédibilité à l’égard de la commission. Tout comme d’éventuelles discussions sur le décret décumul, voté sous la précédente législature, qui autorise seulement 25 % des députés à cumuler leur fonction avec un mandat exécutif dans une commune. De nombreux députés dépités voudraient le remettre en question.

L’illusion aussi fabrique du djihadisme

Un chef d’entreprise décapité dans un attentat dans le sud-est de la France, 38 morts dans une fusillade dans un hôtel tunisien, plus de 150 civils tués à Kobané, des dizaines de tués dans l’attaque d’une mosquée au Koweït, des dizaines d’autres sur une base en Somalie : le deuxième vendredi du Ramadan a été marqué par une flambée de violences portant la marque des djihadistes.

Cette vague meurtrière survient trois jours après un appel du groupe djihadiste Etat islamique (EI), qui combat en Irak et en Syrie, incitant les musulmans dans le monde à engager la guerre sainte contre les « mécréants » durant le ramadan, qui a commencé le 17 juin.

Voici une semaine, notre ami Jacques Rogissart m’envoyait l’article suivant qui prend toute sa valeur au regard de la vague meurtrière. Le temps de la réflexion doit s’accentuer, mais aussi l’action. Le meilleur de ces deux moteurs ne doit-il pas résider dans le rejet de la peur, outil implacable dans la résistance au nazisme islamiste ? Il y a 70 ans, nos pères et mères nous ont montré la voie en terrassant la bête immonde allant parfois jusqu’au sacrifice de leur vie.

Paul D.

Le terrorisme vient une nouvelle fois de secouer la société balayant un monceau d’idées et de fausse vérité.

Mais déjà certains ressortent leur pharmacopée et leur cautère sur jambe de bois pour guérir la plaie.

Regardons plutôt les choses avec l’œil du clinicien.

L’ Islam n’est pas la religion de tolérance et de paix que nous décrivent de vrais coquins et des esprits candides. Faute d’avoir subi l’influence des Lumières, le choc de la Révolution française et les conquêtes laïques des deux derniers siècles, il est resté totalisant, agressivement envahissant, prompt au fanatisme et, pour tout dire, non ajustable, sans de fortes distorsions, aux sociétés et à la civilisation occidentales.

Il y a soixante ans, dans son célèbre livre « Tristes tropiques », le grand ethnologue Claude Lévi-Strauss constatait la difficulté pour le musulman de comprendre qu’on ne le soit pas. Sa religion, écrivait-il, se fonde moins sur l’évidence d’une révélation que par l’impuissance à nouer des liens au-dehors.

Il y a certes dans le Coran des sourates imprégnées de paix. Il y en a malheureusement beaucoup d’autres haineuses et parfois sanguinaires. Je renvoie le lecteur pressé au petit livre très éclairé de l’islamologue Anne-Marie Delcambre ;  » l’Islam des interdits » (1). On trouve aussi des outrances dans les évangiles, mais en moins grand nombre et leurs fidèles mettent depuis longtemps les pires en sourdine.

Au nom du « vivre ensemble », les bonnes âmes recommandent de donner plus d’aise à l’Islam dans notre société. C’est grave car on ne fait qu’élargir les bases de sa subversion. C’est au contraire par l’application inflexible, fût-elle pénible à certains, des règles de la laïcité que l’on maintiendra cette religion dans les limites qui sont les nôtres. Inutile d’ajouter qu’on en est loin en Belgique où l’ Etat verse un revenu à tous les cultes.

Il ne faudrait pas non plus voir la détresse de certains pans de la société comme le principal terreau du terrorisme. Si c’était vrai, les zones dévastées de notre sillon Sambre-Et-Meuse auraient mis les armes au poing de nombreux Wallons ! Outre que les « fous de Dieu » sont parfois des travailleurs avec un emploi stable, voire diplômés de l’enseignement supérieur, les populations les plus déshéritées sont plus absorbées par les difficultés de la vie quotidienne que fixées sur les mirages du djihad.

Mais on touche là à la catastrophe véritable que fut l’immigration : on a laissé s’installer des masses de miséreux sans qualification alors que les besoins du monde du travail ne cessaient de s’éloigner d’eux. Sous prétexte de multiculturalisme, on les a laissés végéter dans leur indigence culturelle et l’on s’étonne maintenant d’en découvrir beaucoup, étrangers, sinon hostiles à nos modes de vie !

Les statistiques de l’insécurité ordinaire auraient pourtant dû dessiller les yeux de nos politiciens. Le péché aujourd’hui réside dans cette immigration non sélective, accueillie sous le coup des émotions humanitaires, puis négligée jusqu’à ce qu’elle sature les structures d’accueil et les budgets sociaux.

J’entends bien que les conditions d’entrée se sont durcies et qu’un effort d’acculturation est demandé à notre enseignement. Mais où sont les moyens de l’exécution ? J’ai bien peur que l’Europe, obsédée par les équilibres budgétaires et une compétitivité à courte vue de l’économie, n’incite à faire entrer encore plus de pauvres hères, taillables et corvéables à merci.

La politique d’immigration peut heureusement s’appuyer sur les nombreux leaders d’opinion des communautés immigrées qui souscrivent à nos valeurs fondamentales. Mais il y a lieu de méditer l’avertissement que donnait le sociologue et politologue Edward N. Luttwak aux zélateurs d’une tolérance mal placée : « les personnalités non-musulmanes doivent cesser de légitimer l’Islam tel qu’il est, car cela signifie la violence islamique » (2).

Jacques Rogissart

(1) Desclée de Brouwer, 2003

(2) « N’ignorons pas la violence dans les textes sacrés » (in « Le Monde » du 20 janvier 2015)

Pierre Hazette, un Homme d’exception

Ce mardi à 12.00, j’étais à Bruxelles à l’invitation de l’Ambassade de France. M. Pierre Hazette avait tenu à demander à l’ Ambassade que mon nom soit repris parmi ses amis et les membres de sa famille qu’il souhaitait voir auprès de lui pour une cérémonie qui le touchait particulièrement.

Rassurez-vous, mon ego reste à un niveau très raisonnable, mais j’étais conscient que par cette invitation, M.Hazette voulait, au-delà de ma petite personne, montrer qu’il appréciait le ton, la progression et le travail de notre mouvement citoyen, l’ Alliance Wallonie France.

Le moment n’était pas banal puisque, des mains de l’Ambassadeur de France, M. Bernard Valéro, la République française tenait à honorer notre ancien et brillant ministre de l’enseignement secondaire en lui décernant la médaille d’officier des Palmes Académiques pour l’ensemble d’une vie où l’enseignement et la francophonie furent, parmi bien d’autres choses, au centre de ses préoccupations.    

Photo de Olivier Chastel.

Dans un très beau discours, Pierre Hazette  eut le courage d’évoquer le schéma institutionnel évolutif belge et la conséquence de ce fait sur les politiques menées en Wallonie et à Bruxelles.

Il rappela les accords de coopération signés le 9 décembre 1999 entre le gouvernement dont il faisait partie et la République française ainsi que ceux signés le 10 mai 2004 entre le gouvernement wallon et celui de France.

Ceux-ci prévoyaient l’échange d’informations, d’expériences et de personnes, mais aussi la conclusion d’ententes sectorielles en vue de valoriser les ressources humaines, le partenariat entre administrations, institutions et opérateurs économiques, mais aussi de projets conjoints dans le transfert de technologies et de savoir-faire, dans la promotion réciproque de produits et services, de partenariats inter-entreprises et de création de sociétés mixtes.

Pierre Hazette continua en soulignant que le temps lui paraissait propice pour que nos autorités soulignent les avantages d’une coopération non seulement renforcée, mais quotidiennement mise en relief créant ainsi un courant de sympathie à double sens.

Nous n’avons pas, insista encore Pierre Hazette, à activer ces accords dans une position de quémandeurs, mais à négocier une relation sans perdant, mais à double gagnant, la Wallonie ET la France.

Pierre Hazette regretta que notre société ne mette pas assez en valeur dès aujourd’hui les succès de coopération entre la France et la Wallonie. Il prit l’exemple récent du salon du Bourget dévoilant le succès de Tech-Space Aéro et la relation forte de l’entreprise liégeoise avec l’industrie aéronautique française qui illustrait une réalité quotidienne, sur laquelle nous sommes d’une discrétion confondante…!

Paul D.

  •  Ci-dessous, Pierre Hazette et Bernard Valéro au moment des félicitations.
    Photo de Paul Durieux.

De Napoléon à de Gaulle : rude 18 juin à Londres

LE MONDE | 18.06.2015 à 09h41 • Mis à jour le 18.06.2015 à 11h54 | Par Philippe Bernard (Londres, correspondant)

image: http://s2.lemde.fr/image/2015/06/18/534×0/4657101_6_812f_l-avocat-francais-frank-samson-joue-le-role_2a958123ed277a76e2225c5210f8e785.jpg

L'avocat français Frank Samson joue le rôle de l'Empereur, lors de la reconstitution de la bataille de Ligny, en Belgique, le 14 juin.

L’avocat français Frank Samson joue le rôle de l’Empereur, lors de la reconstitution de la bataille de Ligny, en Belgique, le 14 juin. Colin Delfosse pour « Le Monde »

Dure journée pour la France que ce 18 juin à Londres. Alors que la date est traditionnellement celle du souvenir de l’appel du général de Gaulle, elle revêt cette année un aspect particulier : deux cents ans jour pour jour après la bataille de Waterloo, les Français sont invités à un grand écart entre deux commémorations, celle d’une débâcle contre les Britanniques et celle d’un combat commun.

Prenez l’agenda de Sylvie Bermann, ambassadeur de France, ce jeudi : à 9 h 30, elle devait assister à la cérémonie rappelant l’appel du Général à la résistance à Carlton Gardens, son QG londonien de 1940. Puis, à 11 heures, elle devait filer à la cathédrale Saint-Paul, pour représenter Paris à la « messe nationale de commémoration » de la… victoire de Waterloo. Là, elle devait côtoyer le prince Charles, le descendant du duc de Wellington et endurer la lecture de la prière d’action de grâce « pour la remarquable victoire que Tu as accordée aux armées alliées » qui fut récitée dans toutes les églises du royaume au lendemain du 18 juin 1815.

Lire aussi : Waterloo, la glorieuse défaite de Napoléon

Avant le God Save the Queen, le public réuni à Saint-Paul, qui a obtenu des tickets d’entrée par tirage au sort, devait écouter un officier supérieur britannique lire la dépêche officielle de Wellington annonçant à la Couronne la victoire de Waterloo. « Je joins à ce message deux aigles français pris par nos troupes au cours des opérations », insiste le vainqueur.

La presse tabloïd, toujours friande de French bashing, tente de persuader ses lecteurs que les Français sont furieux du déferlement mémoriel qui accompagne le bicentenaire de Waterloo. Plusieurs journaux ont présenté comme une humiliation pour Paris la pièce de 2,5 euros frappée par la Belgique à l’effigie de la bataille. Estimant particulièrement maigre la délégation française aux cérémonies organisées en Belgique, le Daily Mirror y a vu le signe que « les Français snobent la commémoration » car « ils gardent de l’amertume d’avoir fini deuxièmes derrière le duc de Wellington ».

« Prier pour la paix entre les nations »

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Pendant la reconstitution de la bataille de Ligny, le 13 juin.

Pendant la reconstitution de la bataille de Ligny, le 13 juin. Colin Delfosse pour « Le Monde »

Deux siècles de paix franco-britannique après Waterloo, le service religieux à Saint-Paul devait tout de même rappeler la mémoire des victimes des deux camps. Entre deux psaumes et sur fond d’orgue, des descendants de soldats britanniques, français et prussiens engagés à Waterloo et des militaires d’aujourd’hui devaient lire des témoignages de combattants de l’époque. Le Révérend David Ison devait appeler à « prier pour la paix entre les nations ».

Mais deux cents ans n’ont visiblement pas suffi au comité britannique chargé de la commémoration pour prendre un peu de recul. La plaque de marbre dévoilée le 10 juin à la gare de Waterloo se contente de rappeler la « mémoire des membres des armées alliées [britannique et prussienne] qui ont donné leur vie au cours de la bataille de Waterloo », oubliant que 6 800 Français y ont aussi perdu la vie. « Une erreur », admet Sir Evelyn Webb-Carter, président de Waterloo 200, lorsqu’on lui fait remarquer cette omission. « Malheureusement, se désole-t-il avec insistance, il ne sera pas possible de la rectifier. »

Au cours d’une discrète cérémonie organisée à la gare, agrémentée de quelques soldats en costume d’époque, l’historien et homme de télévision Peter Snow raconte la bataille comme s’il en revenait. « Le Royaume-Uni ne célèbre pas Waterloo, précise-t-il. Ça a été une bataille affreuse. Mais nous sommes fiers de son résultat : plus aucun pays n’est capable de dominer seul l’Europe. »

Justement, alors que le Royaume-Uni se prépare à voter par référendum pour ou contre le « Brexit » (British exit ou sortie de l’Union européenne), l’actualité n’est jamais loin lorsqu’on évoque Waterloo. Le très nationaliste Daily Express explique à ses lecteurs que François Hollande pourrait s’opposer aux prétentions de David Cameron de réforme de l’Europe afin de « saboter » la négociation menée par le premier ministre britannique. A l’approche du bicentenaire de Waterloo, ajoute le quotidien, « M. Cameron se trouve confronté à l’héritier de Napoléon Bonaparte ». Faisant allusion à l’aide décisive des Prussiens à Wellington et prônant aujourd’hui un axe Londres-Berlin, l’article suggère que, « une fois encore, le commandant britannique pourrait finir par demander l’aide des Allemands ».

Or le chemin historique de Waterloo jusqu’au débat sur le « Brexit » passe forcément par le général de Gaulle. En 1965, le président français dédaigna les cérémonies du 150anniversaire de la défaite de Napoléon au moment même où il s’opposait à l’entrée de la Grande-Bretagne dans le Marché commun. Soixante-quinze ans après l’appel diffusé par la BBC, l’histoire européenne bégaie et le Général perturbe encore la célébration britannique de Waterloo.

Jan Jambon: « L’indépendance de la Flandre reste mon objectif »

Une interview qui a le mérite de la clarté, sans langue de bois.

22/06/15 à 10:58 – Mise à jour à 10:58

Source : Knack

Même s’il semble toujours étrange de voir un flamingant à ce poste, le vice-premier ministre Jan Jambon (N-VA) se sent comme un poisson dans l’eau au ministère de l’Intérieur et à la Sécurité, un des portefeuilles les plus chargés du gouvernement fédéral. « L’indépendance de la Flandre reste mon objectif » dit-il dans l’hebdomadaire De Zondag.

 

Jan Jambon: "L'indépendance de la Flandre reste mon objectif"
Jan Jambon © BELGA

Quel est aujourd’hui le plus grand défi à relever à l’Intérieur ?

« Pour moi, c’est de garder les services secrets motivés malgré les circonstances particulièrement difficiles dans lesquels ils doivent opérer. Le niveau de menace pour la police est toujours à 3, ce qui signifie que les personnes chargées de garantir notre sécurité sont menacées de l’extérieur ».

Comment vous y prenez-vous?

« Le gouvernement précédent est allé trop loin dans les économies en matière de sécurité. Si la police est menacée et souffre d’un manque de moyens, elle risque d’être démotivée. Je lui rends les moyens dont elle a besoin, ce qu’elle apprécie, je le sens sur le terrain ».

Elle apprécie moins vos projets en matière de pensions. Ce mécontentement ne favorise pas motivation.

« Le principal, c’est qu’à présent les choses soient claires. Au cours la période de transition jusqu’en 2019 le personnel de police pourra arrêter de travailler à partir de 58 ans. Ce qu’il se passe après sera tranché dans le débat global sur la réforme des pensions, tout comme la discussion sur les métiers pénibles ».

Un autre défi. Selon un ténor des Nations unies, l’Europe doit accueillir au moins un million de réfugiés qui viennent de zones de conflit telles que la Syrie. C’est beaucoup plus que les 40 000 évoqués par l’Europe. Êtes-vous d’accord avec lui ?

« Je ne peux que confirmer les propos de mon collègue Theo Francken (NDLR : ministre N-VA, chargé de la Migration). Nous trouvons que le système de quota pour une répartition correcte vers tous les pays européens est acceptable, il faut juste tenir compte de ce que les pays font déjà. L’Allemagne est déjà champion d’accueil et la Belgique fait déjà plus que sa part ».

Doit-on accueillir davantage de réfugiés?

 » (évasif) Il faut les sélectionner plus tôt. Laisser entrer tout le monde et puis en renvoyer 80% n’a pas de sens. Il faut accueillir les véritables demandeurs d’asile, les personnes menacées de mort dans leur pays à cause de leur orientation sexuelle, politique ou religieuse. Je ne fixe pas de nombre, mais cela ne vaut pas pour les réfugiés économiques. Votre question porte sur le traitement des symptômes. C’est important, mais il est encore plus important de s’attaquer à la cause du problème. Personne n’est content de fuir son pays ».

Dans ce cas, pourquoi ce gouvernement coupe-t-il dans l’aide au développement ?

« Le problème au Moyen-Orient est d’ordre géopolitique. On ne le résout pas en augmentant le budget de l’aide au développement. On ne peut le régler qu’au niveau international ».

La lutte contre la radicalisation constitue un autre défi. Dans le débat parlementaire à ce sujet, où vous avez remis Filip Dewinter (Vlaams Belang) à sa place, vous vous êtes révélé un homme d’État . Vous étiez-vous préparé ?

« Non, vraiment pas. C’était spontané. Dewinter agitait le Coran en le qualifiant de permis de tuer. C’est inacceptable. Pour des centaines de milliers de personnes dans ce pays, le Coran est un livre sacré. Il faut faire preuve de respect. Il serait néfaste de faire de tous les musulmans nos ennemis, ce qui est le but de Dewinter. La limite entre le bien et le mal ne démarque pas l’islam du reste du monde, mais au sein de l’islam, elle distingue la très grande majorité qui a de bonnes intentions d’un petit groupe d’extrémistes ».

Vous avez été content d’être applaudi par le PS qui vous avait qualifié de collaborateur en début de législation?

« C’était agréable, je ne le cache pas. Si on me traite de flamingant extrémiste, ça ne me pose pas de problème. C’est ce que je suis. Mais j’ai mal quand on me traite d’extrême droite. J’étais presque un nazi pour eux. (Soupire) Je ne suis pas d’extrême droite, aucune fibre de mon corps ne l’est.

Avez-vous changé depuis notre entretien d’il y a deux ans?

« Certainement pas, même si je porte de nouvelles responsabilités. Je suis maintenant lié à un contrat de loyauté conclu par quatre partis ».

Lorsque vous avez dit que l’indépendance de la Flandre reste votre but.

« C’est toujours le cas, c’est d’ailleurs toujours le premier article de notre parti. Cependant, nous nous sommes engagés à respecter un silence communautaire de quelques années. Nous y avons beaucoup réfléchi. En échange, nous pouvons réaliser une bonne partie de notre programme socio-économique. L’alternative était de retourner dans l’opposition. Mais nous n’avons rien changé au programme de notre parti ».

Pourquoi l’accord gouvernemental ne mentionne-t-il rien à propos de la restriction du pouvoir du roi, un point important pour la N-VA jusqu’à l’année passée ?

« Cela fait partie du volet communautaire et nous n’avons pas trouvé de compromis avec les autres partis ».

« Si vous vous en prenez au pouvoir du roi, vous mettez votre propre carrière en jeu. Certains en ont vraiment peur « . Savez-vous de qui est cette citation ?

(Il réfléchit) Non, je ne vois pas.

C’est vous qui avez dit cette phrase il y a deux ans.

« C’est possible. Mais je ne caresse pas d’ambitions de carrière, et donc je n’ai pas peur. Une monarchie protocolaire serait un grand pas en avant, mais ne figure pas dans l’accord gouvernemental ».

De Zondag / Paul Cobbaert

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