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Nos choix démocratiques

A la veille d’élections importantes, il n’est pas étonnant de lire et d’entendre bon nombre de réflexions sur l’état de la démocratie aujourd’hui.

Il est de plus en plus évident que la démocratie aujourd’hui ne se limite pas aux choix purement électoraux auquel les électeurs sont invités.

Loin de nous l’idée de décourager le vote, ou de prôner l’abstention, même quand les partis ne rencontrent pas nos propres choix institutionnels comme c’est le cas par rapport au choix de la France ignoré de la plupart des partis.

Certes, il faut voter, ne serait-ce que par respect pour les luttes démocratiques menées avant nous pour l’obtention du droit de vote.

Mais cela ne nous empêche pas d’inviter les citoyens à exprimer leurs convictions en dehors des aspects strictement électoraux.

La position de l’AWF au sujet des élections est claire : votons pour ceux ou celles qui auront exprimé des opinions proches des nôtres, ou qui auront au moins manifesté leur ouverture d’esprit en vue d’une réunion de la Région Wallonne à la République Française.

En même temps, l’Alliance Wallonie France lance un appel à tous les citoyens quels qu’ils soient, pour qu’ils manifestent leur opinion en faveur du réunionisme. Comment ?

En adhérant à l’AWF, ce qui serait pour nous la meilleure des idées…

Mais aussi, en manifestant leur soutien à nos projets en nous contactant

– soit par écrit ou par téléphone …

– soit par mail, ou par un courrier internet …

– soit en versant une modique somme symbolique ( 1€ suffit…!) sur le compte AWF … pour manifester leurs idées, fût-ce de manière anonyme !

Ce contact sera un geste vraiment démocratique : l’AWF compte sur vous.

Georges-Henry Simonis

Une patience ardente

Par Pierre HAZETTE, ancien ministre.

Pierre HazetteJ’emprunte l’oxymoron de ce titre à Arthur Rimbaud et je me  justifie.

Après plus de cinquante ans de militantisme politique, d’action parlementaire et d’exercice de responsabilités gouvernemen-tales, je me trouve dans l’impossibilité de répondre à la question toute simple : « Que se passera-t-il après le scrutin de mai en Belgique ? »

Le destin du pays est incertain. Si le nationalisme triomphe en Flandre, la déchirure s’aggravera sans doute mais le tempo, qui pourrait conduire à l’indépendance de la Flandre, est impossible à prévoir. Si les démocrates chrétiens et les libéraux peuvent maintenir les nationalistes dans l’opposition, ils proposeront un programme gouvernemental qui ne s’éloignera pas de la résolution votée en 1999 par le parlement flamand. La différence ne sera pas ce que les francophones pourraient espérer.

Le destin de la Wallonie est un peu plus prévisible : dès l’an prochain, les problèmes budgétaires vont prendre une acuité impressionnante. Résumons-les : plus de compétences à exercer et moins de moyens à leur consacrer. Quand on sait que les Wallons ont dû puiser dans leurs ressources, manifestement surestimées, pour que la Communauté des francophones, en 2014, puisse affronter ses obligations en matière d’enseignement, quand on voit s’accumuler les dossiers de constructions scolaires, d’équipement des écoles et de rémunération du corps enseignant, on est en droit de se demander si les citoyens de la Belgique francophone sauront de manière claire quel avenir le scrutin leur dessinera.

Je n’ai, donc, pour ma part, qu’une certitude : la Wallonie sortira plus pauvre de la réforme de l’État.

Et les Wallons seront déçus par un État qui, tout doucement ou brutalement, les exclura.

Je conclus dès lors que les accords de coopération signés en 1999 et en 2004 par nos entités francophones avec la France doivent nous permettre de chercher dans les économies d’échelle les moyens d’atténuer les  effets les plus pénibles de l’austérité (1).

Jusqu’à présent, rien n’est venu concrétiser ces accords bilatéraux.

Je préconise en conséquence que les partis francophones en compétition soient invités à livrer leurs propositions visant l’activation ce ces accords.

Ne nous leurrons pas : nul responsable politique d’un parti susceptible d’entrer dans une coalition gouvernementale n’ira au-delà de la réflexion que cette invitation suppose. N’allons donc pas nous exposer. Il ne faudrait pas que les partisans d’un adossement de la Wallonie à la France soient désavoués par un vote citoyen dont les contours ne seront pas précisés d’ici le 25 mai.

Patientons donc et contentons-nous de montrer la voie. Tout excès de passion se heurterait à la  dernière digue que la Belgique, telle que la rêvent la plupart des francophones, dresse devant un déferlement, venu du nord, dont l’ampleur pourrait étonner.

Portons le message de la raison au sein des formations politiques dont nous nous sentons proches ; allons- y et parlons. Parlons avec patience et que notre ardeur nous inspire des paroles fortes mais dépourvues d’agressivité.

(1) Précisons quels sont ces accords avec la France auxquels Pierre Hazette fait allusion et dont très peu de Wallons et de Bruxellois connaissent l’existence.

Le premier est un accord de coopération linguistique, culturelle et scientifique entre la Communauté française de Belgique et la République française. Il fut signé en 1999 par William Ancion, Ministre des relations internationales, et Charles Josselin, Ministre délégué à la Coopération et à la Francophonie.

Le second, signé en 2005 par Jean-Claude Van Cauwenberghe, Ministre-Président de la Région wallonne, et Michel Barnier, ministre des Affaires étrangères de la République française, est un accord de coopération beaucoup plus vaste et ambitieux. Le champ d’application de cet accord bilatéral couvre, en effet, tous les champs de compétence de la Région wallonne, sans exception.

Cet accord bilatéral de coopération entre la République française et la Wallonie peut prendre les formes suivantes :

– échange permanent d’informations ;

– échange d’expériences et de personnes ;

– conclusions d’ententes sectorielles ;

– collaboration directe entre institutions diverses (chambres de commerce, universités, entreprises, associations, etc.) ;

–  élaboration et réalisation de projets conjoints ;

–  transfert réciproque de technologies et de savoir-faire ;

– organisation de rencontres professionnelles, séminaires, ateliers au bénéfice d’experts et de porteurs de projets ;

–  réalisation d’études et d’expertises ;

–  promotion réciproque de produits et de services ;

  promotion de partenariats inter-entreprises et création de sociétés mixtes. 

Les parties  veillent à établir toutes les synergies utiles, à utiliser toutes les possibilités offertes, notamment par l’Union européenne, pour participer ensemble à des programmes de développement ; elles se considèrent comme des partenaires privilégiés. Une Commission mixte permanente a été prévue, qui veille à la mise en œuvre de cette coopération.

Après le 1er tour des élections municipales françaises

municipales-2014Des réactions d’amis m’ont rendu perplexe. J’ai lu : « en France, ça sent la merde… », « pauvre France… », « mauvais temps pour les réunionistes …», « ce soir, je me sens un peu moins réunioniste… ». J’en passe et des meilleures…

Dois-je rappeler que le premier parti, en Belgique, est la N-VA, parti nationaliste proche du F.N. français même si ce dernier soutient le Vlaams Belang (10 % dans les intentions de vote en Flandre) pour les élections européennes.

Toute élection française ne peut bien sûr nous laisser indifférent. Il en va ainsi du 1er tour des élections municipales.

Il n’appartient pas à un mouvement comme le nôtre de prendre parti pour un courant politique, mais il nous appartient de rappeler l’article 1er de nos statuts : « L’A.W. F. rejette les idéologies anti-démocratiques, racistes et xénophobes ».

Plutôt que de réagir dans la précipitation, je me suis donné le temps de la réflexion et depuis lundi, j’ai parcouru les résultats des municipales grâce à l’excellente infographie du quotidien « Le Monde ».

Il s’agit tout d’abord de rappeler qu’il s’agit d’élections municipales où l’important est de choisir des maires qui vont bien gérer les 36 000 villes ou villages français. Ceci aura conduit le choix de pas mal de citoyens. Comme 1ère élection après les élections présidentielles, il est tout aussi évident que beaucoup auront choisi de marquer leur approbation ou le plus souvent leur désapprobation vis-à-vis du président de la République et de son gouvernement.

A ce niveau, il est clair que ce 1er tour a vu une sanction de Hollande tout comme la première élection qui avait suivi l’élection de Sarkozy avait vu une défaite de la droite.

Le Français déteste les inégalités et il me semble clair que l’élargissement du fossé qui sépare les couches les plus riches des couches moyennes ou pauvres de la société française a joué. Sarkozy avait échoué. Hollande ne fait pas mieux…

Le Français a exprimé sa colère vis-à-vis de la gouvernance du P.S. A qui celle-ci a-t-elle profité ?

Le premier parti de ce vote sanction est sans aucun doute l’abstention (38,5 % des électeurs inscrits).

Suit de très loin le F.N.* (4,5 % des suffrages exprimés) avec un maire élu au 1e tour dans une commune de 27 000 habitants. Nous n’en sommes pas à une vague « bleu marine » comme aiment à le souligner les médias .

Suit l’U.M.P., le Modem, l’U.D.I. et D.V.D. (divers droites) qui montent à 48 % en nombre de voix, puis E.E.L.V. (Europe écologie les verts) qui seuls ou unis avec le P.G.(Parti de gauche) ou d’autres font de bons résultats et le P.C. **(parti communiste) qui, allié au P.S., au P.G., au P.R.G. (parti radical de gauche), à D.V.G. (divers gauches) et parfois à E.E.L.V. réussit à faire élire dès le premier tour 37 maires dans des municipalités de plus de 5 000 habitants. Ce dernier point peut paraître paradoxal, sauf si l’on prend en compte que les maires communistes sont souvent de bons et intègres gestionnaires municipaux. L’ensemble de la gauche descend à 48 % en nombre de voix, soit exactement le même score que l’ensemble de la droite républicaine.

Les listes pour le 2ème tour viennent d’être déposées. Elles ne réservent que peu de surprises. Après l’expression de la colère, il appartient à chaque citoyen d’aller voter dimanche prochain pour choisir la ou le maire qui gérera au mieux sa municipalité. C’est ce que nous pouvons souhaiter de mieux pour notre République française.

Paul D.

* En 1995, le F.N. de Jean-Marie Le Pen avait conquis 3 mairies (Toulon, Marignanne et Orange) et Vitrolles en 1997. La gestion de ces mairies fut désastreuse (corruption, détournements de fonds, luttes intestines, condamnations devant la justice…). Depuis lors, Marine Le Pen s’est efforcée de donner au F.N. une image plus respectable, mais il restera aux quelques maires F.N. qui seront élus à démontrer que les pratiques du passé appartiennent bien au passé.

**Il est à noter que le Général de Gaulle avait associé les communistes au C.N.R. (Conseil national de la résistance créé à Alger en 1943), qui préfigurait le premier gouvernement français d’après guerre. Charles de Gaulle ne considérait pas les communistes comme des extrémistes. Aujourd’hui, il y a lieu de dissocier le P.C. et le P.G. de l’extrême gauche française qui est représentée par « Lutte ouvrière » et le « N.P.A. » (nouveau parti anticapitaliste). Ces deux dernières organisations n’ont pas vocation, selon leur propre aveu, à gouverner ou à gérer.

Accords bilatéraux Champagne-Ardenne Wallonie

Bonjour Monsieur,

Je travaille régulièrement avec Pôle Emploi Sedan et suite au dernier article, je voudrais mentionner la convention de partenariat entre la Région Champagne-Ardenne et la Région Wallonne qui prévoit des accords de réciprocité sur les thèmes suivants : Emploi, formation et Apprentissage.

champagne-ardenne wallonieCette convention a été signée le 30 avril 2013 (Jean-Paul Bachy pour la Région Champagne-Ardenne et Rudy Demotte pour la Région Wallonne) et les acteurs de terrain dont je fais partie (chef de projet transfrontalier au Forem Arlon) attendent maintenant du concret de la part des responsables politiques.

Je vous envoie une copie de la convention ( ICI ).

Bien à vous !

Francis Thiry

Encore une locomotive pour la N-VA

DesheemaeckerL’ancien patron de la SNCB-NMBS rejoint la N-VA. On ne va pas le soupçonner d’avoir privilégié les intérêts de la Flandre à la tête du chemin de fer belge. Après tout, il n’est pas rare que le ministre fédéral des entreprises publiques soit francophone. Mais quand même, on sait que la Wallonie ne pèse pas lourd à la SNCB-NMBS.

C’est l’occasion, pour nous, de ressortir un communiqué de presse envoyé par le député wallon Bernard Wesphael, dont la vie a basculé comme on sait. Nous avons apprécié ce texte, intitulé La déglingue du rail wallon.

En marge des commémorations de la guerre 14 – 18

sophia-lorraineM. Jacques Rihoux coordonne des projets transfrontaliers entre la Wallonie, la Lorraine et le Grand-Duché du Luxembourg. Il participe au site www.sophia-lorraine.eu que je vous invite à découvrir.

Avec son autorisation, je reproduis textuellement le message qu’il m’a envoyé et le document historique qui l’accompagne.

Bonjour M. DURIEUX,

Je pense avoir compris à la lecture de votre site que l’AWF tentait de dissiper l’enfumage belgicain des esprits par la grande majorité des media traditionnels. Comme vous le savez, l’apprentissage de l’histoire dans nos écoles comme son évocation par les mêmes média déjà évoqués, évitent soigneusement toute information susceptible de réveiller la conscience wallonne. A ce sujet je viens de tomber sur le texte ci-joint qui ressemble furieusement au programme actuel de la NVA… Il s’agit d’un courrier du général von Bissing, gouverneur allemand de la Belgique durant la guerre 14/18 à l’empereur Guillaume II. Alors tant qu’à commémorer « la grande guerre », ne laissons pas l’initiative au gouvernement flamand de nationaliser l’histoire à son profit  ! Ne serait-il pas salutaire de rappeler qu’à l’époque, le gouverneur von Bissing, précurseur du confédéralisme à la De Wever, n’a pas trouvé de « Quisling » wallon pour siéger à Namur, aujourd’hui les partis traditionnels se pressent au portillon… autre temps, autres moeurs ! Une seule donnée reste constante : la défiance vis-à-vis de la République voisine.
Cordialement,

Jacques RIHOUX

Une lettre envoyée par le gouverneur général Von Bissing donne un aperçu de la vision allemande de la Flamenpolitik, telle qu’elle se formule en 1917 :

« Conformément aux indications de Votre Majesté, j’applique toute mon énergie à développer le plus rapidement possible la politique flamande [Flamenpolitik] ordonnée par Votre Majesté. Après m’être entendu sur les mesures à prendre, le 17 du mois passé, avec le représentant du chancelier, le secrétaire d’état à l’Intérieur, j’ai institué une commission qui doit préparer la division de l’ancien royaume de Belgique en partie flamande et partie wallonne. Comme premier pas, j’ai, d’après l’avis de cette commission, divisé, par ordonnance du 21 écoulé, le territoire du gouvernement général en deux régions administratives, une flamande et une wallonne. En prenant pour base la limite linguistique, ces deux territoires sont bornés par les frontières des provinces et il n’y a que le Brabant qui sera divisé en deux.À mesure que l’avancement des travaux le permettra, les ministères wallons seront transférés à Namur, tandis que les [ministères] flamands resteront à Bruxelles. Suivant nos prévisions, on commencera par le déplacement du ministère wallon de l’Industrie et du Travail à Namur. Dès maintenant, on prend des mesures pour trouver des locaux à Namur. La séparation des ministères sera suivie d’autres mesures de séparation. Il convient de signaler particulièrement l’organisation judiciaire.Aux mesures de séparation des autorités belges se joindra la nomination de deux chefs d’administration allemands, pour la Flandre et la Wallonie, et cette désignation va même se faire dès maintenant. Les espérances fondées sur la création d’une Flandre délivrée de l’influence des Wallons seront, espérons-le, réalisées et serviront alors certainement les intérêts allemands.Je me permets cependant d’ajouter qu’il ne serait pas bon d’abandonner à son sort la Flandre délivrée de la domination de la Wallonie, ou encore de la considérer comme un objet de marchandage dans les pourparlers de paix qui sont imminents. Si l’Empire allemand n’y prend garde, le sort de la Wallonie sera celui d’un ennemi de l’Allemagne, entièrement francisé. Une Wallonie rendue à l’influence française deviendrait automatiquement un instrument de domination anglaise et servirait de prétexte aux visées anglaises sur les côtes de la Flandre.L’extension de la puissance allemande et de l’influence allemande en Wallonie ne me paraissent pas moins importante qu’en Flandre. Économiquement, la Wallonie vaut même plus pour l’Allemagne que la Flandre, à cause de son industrie, en particulier à cause de ses charbonnages que j’ai maintenus en pleine activité. Assurément, la valeur économique des Flandres grandira considérablement lorsque les trésors en charbon de la Campine seront exploités. Il faut montrer, en outre, qu’il y a entre Flamands et Wallons beaucoup de relations économiques qui doivent continuer après la séparation, si l’on ne veut pas que tous deux, ou au moins l’un des deux, ne subissent des dommages. La population wallonne est plus facile à manier et à diriger que la flamande. Les Flamands sont naturellement plus lourds et plus enclins à la résistance. Les Wallons sont plus légers et, s’ils gagnent beaucoup, s’ils ont quelques avantages sociaux, s’ils peuvent jouir de la vie, ils sont faciles à gouverner. En conséquence, je considère comme un devoir envers Votre Majesté et envers la patrie de faire remarquer qu’il faut avoir soin de conserver une Wallonie bien organisée à côté d’une Flandre bien organisée. »

Les inquiétudes et les conseils de B Plus

soleil printempsCette semaine ensoleillée, délicieusement printanière, a pu nous éloigner des bruits du monde. Avec un peu de recul, la politique, autant nationale qu’internationale, a pu apparaître comme un théâtre où des personnages en représentation gesticulent au milieu des journalistes, où les grandes déclarations cachent mal un jeu médiocre, où le public ne se lève que pour applaudir ou quitter la salle. On a depuis longtemps cessé de croire en la sincérité du jeu politique et en la neutralité des médias mais à quoi bon s’en faire, on est tellement loin de la scène. Après tout, le conformisme a ceci de bien qu’il assure une certaine paix sociale. On a presque envie de s’en contenter. De ne s’occuper que de soi. De respirer la vie, en pensant que tout cela ne nous regarde pas. Sauf que cela nous regarde, évidemment.

L’avenir de la Wallonie avec la France, on se dit qu’il serait temps d’y penser, vu ce qui s’annonce, mais ce n’est pas à l’agenda des politiques, et les médias font tout pour rendre la question complètement saugrenue, hors de propos, ridicule. Alors, regardons ailleurs, profitons des beaux jours quand ils sont là. Le retour des fleurs dans les jardins, voilà ce qui doit nous occuper. Laissons parler ceux qui se battent pour que la Belgique vive. Ils ne sont pas plus rassurés que nous. Peut-être même sont-ils plus à plaindre que nous, s’ils sont engagés dans un combat perdu d’avance.

Cette semaine, La Libre a publié sur son site un texte de Gilles Vanden Burre, un des représentants habituels de B Plus, le mouvement qui veut donner un nouveau souffle à la Belgique. Lui aussi s’en prend aux médias francophones, leur reprochant d’agiter la menace du séparatisme alors que la Flandre est loin d’y penser. Néanmoins, le succès de la N-VA pose un gros problème à B Plus, qui ne pourrait se résoudre à une Belgique « coquille vide », réduite à quelques symboles. Voici la conclusion de Gilles Vanden Burre :

« …le concept de séparatisme est en train de perdre du terrain en Flandre mais, chassé par la porte, il pourrait revenir par la fenêtre des réformes envisagées par la N-VA.

« En conclusion, il est urgent de changer de stratégie par rapport au péril indépendantiste. Sortons de l’émotionnel et du « les Flamands ne nous aiment pas » ressassés par les médias francophones. Aussi haut qu’ils portent les couleurs belges, ce ne sont ni Stromae ni les Diables Rouges qui pérenniseront l’avenir du pays. Celui-ci passe par un débat politique permettant de démonter les arguments socio-économiques des nationalistes, en sortant des raccourcis et des simplismes. Parallèlement à cela, les responsables politiques wallons et bruxellois se doivent de continuer à incarner un autre modèle de société, solidaire et efficace, qui ancre nos Régions dans le XXIe siècle tout en cassant les clichés flamingants à leur égard. C’est bien cela le cœur du scrutin du 25 mai prochain et de la campagne qui va précéder. »

Ce printemps sera-t-il celui de B Plus et des auteurs de Good Morning Belgium ? Quel temps fera-t-il sur la Belgique au soir du 25 mai ? Les oiseaux chanteront-ils la Brabançonne ou le Vlaamse Leeuw ?

Faut-il s’en inquiéter ?

G.R.

Frustrée, la jeunesse française rêve d’en découdre

Notre ami Roland Douhard attire mon attention sur une intéressante étude réalisée par France Télévisions auprès d’un grand nombre de jeunes de 18 à 34 ans. Deux sociologues jeunes Françaisde la jeunesse, Cécile Van de Velde et Camille Peugny, maîtres de conférences à l’EHESS et à l’université Paris-VIII, ont contribué à concevoir le questionnaire.  210 000 jeunes se sont pris au jeu de cette opération « Génération quoi ? ». Leurs 21 millions de réponses fournissent un matériau de recherche exceptionnel aux deux universitaires qui en tirent pour le quotidien « Le Monde » les principaux enseignements. Ils se focalisent sur la tranche d’âge des 18-25 ans sans très bien nous expliquer pourquoi ils n’ont pas retenu les réponses des 25-34 ans.

Qui sera étonné que le tableau soit sombre ? La France traverse en ce moment une crise de confiance en elle malgré les immenses potentialités qui sont les siennes (un prochain article y sera consacré). Ce manque de confiance est alimenté par un gouvernement hésitant qui tarde à prendre des décisions, au principal parti d’opposition qui est en crise permanente et à un front national qui souffle sur les braises bien décidé à cueillir les fruits du mécontentement. Le Français est sans doute, de tous les Européens, celui qui aime le plus le débat politique. La journaliste belge, Charline Vanhoenacker, invitée à l’émission « On n’est pas encore couché », confiait, outre sa francophilie, le bonheur qu’elle avait de travailler en France et d’animer chaque matin le 5-7 radio sur « France Inter », mais aussi de participer à des débats qui avaient une autre envergure que ceux pratiqués dans le petit monde politique belge.

Je serais curieux qu’un tel questionnement soit proposé aux jeunes Wallons et de voir, toutes proportions d’échelle gardées, combien de jeunes répondraient ? Là où le jeune Français se dit non résigné, l’apathie est telle chez nous que tout semble aller pour le mieux. Et pourtant,  aux mêmes difficultés que connaissent les jeunes Français s’ajoute le problème communautaire que les politiciens, tant Wallons que Bruxellois, se plaisent à taire. Le réveil risque d’être d’autant plus pénible au lendemain de l’échéance électorale du 25 mai. 

Il serait plus que temps pour le jeune Wallon de s’intéresser à la politique et de se rendre compte que la solidarité est un mot qui tendra à disparaître du vocabulaire interrégional belge avec toutes les conséquences qui ne manqueront pas d’en découler. Le moment d’en découdre avec ceux qui leur auront maintenu la tête dans le sable sera-t-il alors venu ?

Paul D.

Voici l’article de Pascale Krémer sur le site du journal Le Monde.

  • La vie en noir

Interrogés sur leur devenir personnel, les jeunes répondants sont près des deux tiers à se déclarer plutôt ou très optimistes. En revanche, le regard qu’ils portent sur le destin de leur génération est extrêmement sombre. Vingt ans n’est pas le plus bel âge de la vie, pensent-ils majoritairement (à 51 %). Les mots-clés librement choisis pour définir leur génération sont édifiants : « sacrifiée », « perdue ». Et encore (après « Y », « Internet », « connectée »), « désabusée », « désenchantée », « galère »… « Autant « sacrifiée » est un terme qui a pu être induit par le discours des médias, analysent Cécile Van de Velde et Camille Peugny, autant « perdue » semble un choix spontané. » Donc révélateur.

Seuls 25 % des 18-25 ans ont la conviction que leur vie sera meilleure que celle de leurs parents. Ils sont 45 % à imaginer qu’elle sera pire, 29 % qu’elle sera semblable. Près d’un tiers (33 %) sont persuadés qu’ils ne connaîtront jamais autre chose que la crise. Quant à la vie de leurs propres enfants, 43 % pensent qu’elle sera encore pire que la leur. A toutes ces questions, les jeunes femmes répondent de façon encore plus pessimiste que leurs congénères masculins. « Ces pourcentages sont très élevés, sachant que les jeunes sont, dans la plupart des enquêtes, plus optimistes que leurs aînés. Ils le sont d’ailleurs dans cette enquête concernant leur avenir personnel, remarque M. Peugny. Ce qui apparaît ici, c’est le poids du discours de crise dans lequel nous baignons désormais, et le sentiment d’être pris dans une spirale du déclassement. »

Deux pondérations à apporter, selon lui, néanmoins. Les participants peuvent avoir été tentés de « surjouer un discours noir et cynique, ce qui est une manière de conjurer le sort ». Surtout, cette génération est fortement clivée en fonction des parcours et des statuts, précaires ou non. Ce n’est pas une mais des jeunesses qui se dessinent. En passant des étudiants ou salariés en CDI aux chômeurs-intérimaires-inactifs, le pessimisme gagne 20 points. L’expérience du chômage affecte fortement la projection dans l’avenir.

  • Un besoin de reconnaissance

« Les 18-25 ans qui ont participé font voler en éclats le mythe d’une société méritocratique » : voilà le second enseignement majeur de l’enquête, à entendre les deux sociologues. Près des trois quarts (70 %) d’entre eux ont le sentiment que la société française ne leur donne pas les moyens de montrer ce dont ils sont capables. « C’est massif, et en forte progression. En 2006, ils étaient 53 % dans ce cas. »

Les jeunes se montrent très sévères sur le fonctionnement du système éducatif à la française. Récompense-t-il le mérite ? Non, à 61 %. Donne-t-il sa chance à tous ? Non, à 61 %. Logiquement, plus le statut du jeune est précaire, plus son opinion est négative. Des réponses lourdes de rancoeurs  dans une société « où formation initiale et diplôme exercent une si forte emprise sur les parcours de vie ».

D’autant que dans la sphère professionnelle non plus, les jeunes n’ont pas l’impression que leurs mérites et efforts soient récompensés. 60 % des répondants ne se croient pas payés, par exemple, à la hauteur de leurs qualifications.

Dans cette enquête transparaît donc, selon Cécile Van de Velde, « une génération consciente, lucide, désillusionnée, selon laquelle les instruments de mobilité sociale ne fonctionnent pas ». « Les jeunes se sentent abandonnés par la société. Ils ne sont pas aux commandes de leur vie, ils subissent. Sont frustrés de ne pas pouvoir faire leurs preuves, montrer qui ils sont. » Pour réussir dans la vie, la moitié des répondants pense donc ne pouvoir compter que sur soi-même. « Les jeunes sont individualistes, libéraux, par dépit plus que par essence. » Puisque très majoritairement (77 %), ils estiment également que dans la vie, on ne peut pas s’en sortir sans solidarité.

  • La valeur travail

Les jeunes valorisent d’autant plus le travail qu’il leur échappe, un quart d’entre eux connaissant le chômage. Seule une toute petite frange le rejette, envisageant de vivoter en marge du système. 81 % des répondants disent que le travail est important dans leur vie. Et pas seulement pour gagner de l’argent. La moitié déclare que travailler sert avant tout à s’épanouir. « Qu’ils soient soucieux de l’équilibre vie privée-vie professionnelle ne veut pas dire que la valeur travail se perd », commente Camille Peugny, pour qui rien n’est plus faux que les clichés sur une « génération feignasse » : « Impossible de faire une conférence sur les jeunes sans qu’un manager assure qu’à peine arrivés en entreprise, les jeunes ne s’intéressent qu’à leurs RTT. Platon déjà évoquait la décadence de la jeunesse, c’est un discours vieux comme le monde, lié au cycle de l’âge, à la difficulté à concevoir le changement apporté par les jeunes. »

A la question « Actuellement, es-tu épanoui dans ton travail ? », 62 % des 18-25 ans ont acquiescé. Mais la statistique chute à 43 % pour les intérimaires… L’enquête Génération quoi ? fournit le plus grand échantillon d’intérimaires jamais réuni (8 000 répondants dans cette situation), et leur « souffrance » saute aux yeux des sociologues. « Il faut sortir du discours sur l’intérim choisi. Ces jeunes veulent travailler davantage, ils ont le sentiment insupportable que leur destin est aux mains des autres, que leur sort dépend d’un coup de téléphone, ce qui interdit toute projection dans l’avenir. »

  • La tentation du départ

« T’installer à l’étranger, ça te tente ? » Evidemment oui, cela tente les trois quarts des participants à l’enquête. Inhérente à la jeunesse, cette envie d’aller voir ailleurs est plus que jamais valorisée dans la société. Mais 24 % des jeunes se sont reconnus dans une expression volontairement rageuse, hargneuse, qui leur était suggérée : « Dès que je peux, je me barre. » « Une réponse aux portes fermées pour tous les jeunes dans l’impasse, chômeurs, petits contrats, stagiaires… », à en croire les sociologues.

  • Famille, je t’aime

Toutes les questions portant sur les relations au sein de la famille suscitent des réponses unanimement positives. La famille apparaît plus que jamais comme la valeur refuge. S’ils doivent qualifier leurs relations avec les parents, 27 % des jeunes les décrivent comme « idéales », 53 % comme « cool », seuls 10 % les jugent « moyennes » ou « hypertendues ». Les parents, assurent-ils, sont fiers de leur parcours (89 %), les soutiennent dans leurs choix (91 %). Pour Camille Peugny, « les parents ont intériorisé le fait que la situation des jeunes est extrêmement difficile. Les quadras et quinquagénaires ont eux-mêmes connu la crise. Fini, les réflexions désagréables. Les deux générations sont solidaires dans la crise. Moralement et matériellement. »

Une bonne moitié des jeunes (53 %), même actifs, dit recevoir des aides parentales. Dans les familles, l’inquiétude est partagée. « Est-ce que tes parents sont angoissés par ton avenir ? » 63 % pensent que oui. Les réponses positives montent logiquement à 80 % pour les jeunes chômeurs ou inactifs. Mais atteignent tout de même 63 % chez les étudiants, et encore 47 % chez les jeunes en CDI. Même ce sésame recherché par tous ne parvient pas à apaiser l’anxiété familiale. « Cela rejoint les enquêtes sur les angoisses scolaires, la pression du diplôme, poursuit M. Peugny. Et cela montre que les parents sont parfois un brin schizophrènes : ce sont les mêmes qui, dans leurs fonctions en entreprise, ne sont guère pressés d’intégrer les jeunes dont ils ont une image peu flatteuse. »

      .   La faute aux baby-boomers

Autre ambivalence, chez les jeunes cette fois : ils ne sont pas en conflit avec la génération parentale parce que les relations sont souples, les solidarités fortes. Mais cela ne les empêche pas d’en vouloir à leurs aînés de ne pas leur faire de place dans la société. Pour un jeune sur deux, les générations précédentes sont responsables de leurs difficultés. «C’est assez nouveau en France, et l’on peut penser que cela monte, surtout chez les étudiants, observe Cécile Van de Velde. Le problème d’équité entre générations se conscientise, sans doute du fait de la politique d’austérité, de la réforme des retraites et des débats sur le poids de la dette. Les jeunes pensent qu’ils font les frais de tout cela. » Mais sur une même génération, leur regard est double. Les mêmes qui disent « Marre des baby-boomers, on paye pour leur retraite, nous on n’en aura pas » ne veulent surtout pas que la retraite de leurs parents soit amputée – c’est particulièrement frappant chez les jeunes filles. « Ce qui explique en partie pourquoi le mouvement des Indignés a si peu pris en France… »

  • La politique, ils n’y croient plus

Vis-à-vis d’elle, la défiance est énorme. Près de la moitié (46 %) des répondants n’ont pas du tout confiance dans les femmes et hommes politiques. Certes, ils sont encore plus nombreux à se méfier des institutions religieuses (60 %) et presque aussi sceptiques à l’égard des médias (40 % de non-confiance) que des politiques.

Mais pour la moitié des 18-25 ans, c’est tout vu, les politiques sont « tous corrompus ». Ces derniers ont bien encore du pouvoir (64 % des réponses), mais l’utilisent mal, puisqu’ils laissent la finance diriger le monde (90 %). La charge est violente, aux yeux des deux sociologues : « Les jeunes expriment une demande d’Etat, en souhaitant par exemple que leur période de formation soit financée. Ils pensent que les politiques, s’ils en avaient le courage, pourraient avoir une influence sur leur vie. Mais qu’ils ont laissé la finance prendre le pouvoir. Il y a du mépris dans ce regard des jeunes. Ils n’y croient plus. »

Chez eux, jeunes diplômés en tête, le sentiment que droite et gauche se valent semble encore plus fort que dans l’ensemble de la population. « Ils font l’expérience de la désillusion politique. C’est la première fois qu’ils vivent la gauche au pouvoir. Et ils ont le sentiment que rien ne change pour eux. » Voilà qui poussera massivement à l’abstention, anticipent les chercheurs. « Ce sont des gens informés, qui ne se fichent pas de la politique, qui ont des habitudes participatives liées à l’usage des réseaux sociaux. Mais l’offre politique ne répond pas à leurs attentes. La démocratie ne s’adresse pas à eux. Ils n’iront pas voter mais ce sera une abstention politique, réfléchie, presque militante. »

S’ils critiquent au plus haut point la politique traditionnelle, les 18-25 ans s’engagent plus volontiers dans un militantisme de terrain : manifestations, associations, solidarités locales… Leur altruisme semble plus marqué que celui du reste de la population. 80 %, par exemple, seraient favorables à un service civique obligatoire. Autre valeur classique de la jeunesse, la tolérance demeure forte (70 % estiment que l’immigration est une source d’enrichissement culturel) mais semble s’éroder. « A l’image de ce qui se passe dans l’ensemble de la société, une grosse minorité campe sur des positions autoritaires et xénophobes. Une véritable bombe à retardement, craint Mme Van de Velde. Ce sont les jeunes invisibles, dans des vies d’impasse, perdants de la mondialisation. Beaucoup de ruraux et de périurbains, en difficulté, déclassés. Ils sont souvent tentés par le Front national. » Un tiers des répondants envisagent que des emplois puissent être réservés aux Français.

  • Un vent de révolte

Une Cocotte-Minute qui n’aurait pas de soupape. Telle est l’inquiétante image choisie par les deux sociologues pour décrire le « fort potentiel de révolte » perçu au travers de cette vaste enquête. « C’est une génération qui veut entrer de plain-pied dans une société vieillissante. Elle enrage de piétiner à son seuil. Elle ne veut rien renverser, elle n’est pas en conflit de valeurs, mais elle trouve toutes les portes fermées, et elle envoie un avertissement. »

Besoin d’expression étouffé. Frustrations de ne pas avoir de place, de n’obtenir aucune reconnaissance sociale, de ne pouvoir devenir des citoyens à part entière, dotés d’un travail et d’un logement. Trajectoires déviées parce que l’emploi trouvé ne correspond pas aux études. Craintes pour l’avenir. Défiance vis-à-vis du politique… « Ce sentiment d’être privés de l’essentiel constitue un terreau fertile à la contestation. »

Jamais la jeunesse, en France, n’a été aussi éduquée. Lorsqu’ils sont chômeurs, stagiaires, coincés dans l’intérim, ces enfants de la démocratisation scolaire et de la mondialisation culturelle, extrêmement informés, vivent comme une indignité de devoir se contenter de survivre alors que leurs études ont fait naître de forts espoirs. D’où cette frustration existentielle et cette capacité à développer un discours de plus en plus critique sur l’épreuve sociale qu’ils traversent. « Un ‘‘nous » pourrait se former, croient les sociologues, si les diplômés étaient rejoints par les jeunes en désespérance sociale ».

A la question « Est-ce que tu participerais à un mouvement de révolte type Mai 68 demain ou dans les prochains mois ? », ils sont 61 % à dire oui. Tous quasiment égaux dans la colère, femmes et hommes tirés d’affaire et jeunes en galère… 66 % des intérimaires. 63 % des chômeurs. 60 % des étudiants. Et même 54 % des employés en CDI !

« Les jeunes ne sont pas dans la résignation. Il y a une énergie latente, comme en 1968 », perçoit Cécile Van de Velde. En temps de crise, explique-t-elle, on peut adopter une stratégie d’adaptation au système (loyalty), de départ (exit), ou de révolte (voice). «‘‘Loyalty » pourrait bien se transformer en ‘‘voice » si rien ne bouge… Il suffit d’une étincelle… » Et d’une figure cible. La chance des politiques jusqu’à présent ? Qu’il soit plus malaisé de se rebeller contre un ennemi lointain et abstrait – la finance, la mondialisation, l’Europe – que contre la génération de ses parents, comme en 1968.

Le film d’animation franco-wallon défie l’Amérique

animation franco-wallonneC’est bien connu, le regard change avec la façon de nommer les choses. A force de parler de cinéma belge, on feint d’ignorer que l’espace culturel francophone est tourné vers la France et que la culture flamande n’a pas besoin de la Belgique pour exister. César 2014 du meilleur film étranger, The Broken Circle Breakdown est un film belge si on veut mais un peu étranger pour nous aussi (voir sa fiche sur Wikipedia). Petite déception pour ce beau film (belge ou flamand, c’est selon) qui n’a finalement pas été primé à Los Angeles dimanche passé, mais les Belges ne sont pas revenus sans rien de la cérémonie des Oscars. En effet, « le court-métrage « Mr Hublot », réalisé par Laurent Witz et Alexandre Espigares, et auquel le Belge Stéphane Halleux a apporté son talent de sculpteur et d’animateur, a remporté l’Oscar du meilleur court-métrage d’animation », alors même que « le film était face à un poids lourd, « Get A Horse! » de Disney, qui faisait figure de favori avec son pastiche virtuose des courts métrages historiques de Mickey » (information prise sur le site de la RTBF).

Et si, plutôt que de voir briller la Belgique à la façon des étoiles mortes, on disait qu’en Wallonie il y a du savoir-faire et du talent ? Et si même on disait que ce talent se révèle souvent dans des projets menés en collaboration avec des talents français, à l’image de ce qu’était la bande dessinée « franco-belge » ? Aujourd’hui, la Wallonie a réussi à se faire une place de choix dans le secteur de l’animation, comme l’indique cet article de La Libre : « « Ernest et Célestine » qui part à l’assaut d’Hollywood Boulevard ! « Minuscule » qui défie en qualité le géant américain Pixar ! « Astérix » qui rassemble plus de 30 millions d’euros ! Ces trois films d’animation – dont le dernier sortira à l’automne prochain – ont plusieurs points en commun. L’un d’eux, et non des moindres, est le fait qu’ils sont – en tout ou en partie – issus de la filière « Animation » créée, voici une dizaine d’années, en Belgique francophone. Et ces trois films, impliquant des créateurs et des sociétés de chez nous, ne sont que la partie visible de l’iceberg. »

Ce qui n’est pas nommé n’existe pas. Pourtant, Mr Hublot le prouve et aussi les insectes de Minuscule et tout le reste, la collaboration entre la France et la… Wallonie est fructueuse autant qu’elle est naturelle. Et pourquoi ne pas dire que la Wallonie, dédaignée en Belgique au point d’en snober le nom, s’épanouirait davantage avec la France, dans tous les secteurs de l’économie ?

G.R.