Aéroport de Liège : les Français prêts à rester à bord

Les Aéroports de Paris estimaient que les subsides de sécurité avaient été trop rabotés par la Région.

Les Aéroports de Paris estimaient que les subsides de sécurité avaient été trop rabotés par la Région.-ÉdA – Jacques Duchateau

Surprise: les Aéroports de Paris renonceraient à quitter l’actionnariat de Liège Airport. Ce ne sera officiel que jeudi au gouvernement wallon.

Comme nous l’annoncions hier matin, une réunion de la dernière chance se tenait ce mardi entre les ministres Magnette et Di Antonio avec les actionnaires français Aéroports de Paris. En cause, la volonté affichée de ces derniers de quitter l’actionnariat de l’aéroport de Liège.

Comme toute bonne négociation, les Français ont fait monter la pression, enclenchant même via une lettre la procédure officielle leur permettant de céder leurs actions.

En charge de la politique aéroportuaire, le ministre Carlo Di Antonio paraissait coincé entre le marteau d’actionnaires proches de la rupture et l’enclume d’une Europe prompte à sanctionner tout ce qui ressemble à des aides d’État, susceptibles de fausse la concurrence. Augusta per angusta, aurait dit Bart Dewever: la victoire par des voies étroites…

Contre toute attente, la réunion de ce mardi a conduit les Aéroports de Paris à faire marche arrière. Face à eux, Di Antonio n’était plus seul puisque la réunion se tenait à l’Élysette, en présence du ministre-président Paul Magnette.

Si les Aéroports de Paris s’apprêtaient à claquer la porte, c’est essentiellement pour une raison de gros sous. La Région avait, sous l’impulsion vigoureuse de l’Europe, réduit ses subsides en matière de sûreté et de sécurité.

Ce qui signifie que si ADP a changé d’avis, c’est que la Région a revu à la hausse ce qui, voici quelques semaines, avait été proposé par le ministre Di Antonio. On peut d’ailleurs imaginer que cette proposition, dont il sera intéressant de connaître le coût financier, devra surtout répondre aux exigences des règles de la Concurrence européenne.

À qui la plume sur le chapeau?

Jeudi, il est fort probable que le gouvernement wallon la jouera collectif, en se félicitant d’avoir pu stabiliser l’actionnariat de l’aéroport liégeois. C’est d’autant plus vrai lorsqu’il s’agit d’un actionnaire privé dont la présence fait figure de caution pour l’entreprise.

Reste que derrière cette volte-face se cache aussi un bras de fer sur l’avenir des aéroports wallons entre les deux partenaires de la majorité wallonne. Et on peut dire sans se tromper que les dernières options du cdH Di Antonio étaient loin d’être au goût du partenaire socialiste.

Si ADP confirme vendredi qu’il reste actionnaire de Liège, personne ne pourra se mettre une plume sur le chapeau pour s’arroger la paternité de l’accord : Di Antonio ne s’y aventurera certainement pas au risque de se voir rappeler que sans Magnette, c’était plutôt mal barré. Une bonne nouvelle et un match nul…

Commentaire : il aura fallu que le ministre-président Magnette s’investisse à fond pour arriver à un compromis positif, là où Di Antonio avait échoué. A l’inverse de « L’Avenir », nous aurions plutôt tendance à attribuer « la plume sur le chapeau » à Paul Magnette, non ?

Aéroport de Liège: l’actionnaire français sur le départ ?

Les Aéroports de Paris détiennent un quart du capital de Liege Airport mais risquent de mettre les voiles.
Les Aéroports de Paris détiennent un quart du capital de Liege Airport mais risquent de mettre les voiles.-Belga
Sauf miracle, les Aéroports de Paris vont quitter Liege Airport. Sous pression, le ministre Di Antonio les rencontre une dernière fois aujourd’hui.

Des observateurs attentifs le pressentent : d’ici quelques jours, un quart du capital de Liege Airport sera à vendre. L’actuel propriétaire de ces 25%, les Aéroports de Paris, ont enclenché la procédure qui leur permettra de sortir de l’actionnariat de l’aéroport liégeois. Que s’est-il passé pour que les relations, pourtant louées par les gestionnaires liégeois, se dégradent subitement ? La plupart des regards se tournent vers la Région wallonne et en particulier son ministre en charge de la politique aéroportuaire, Carlo Di Antonio. Sous la pression des règles européennes en matière de concurrence, la Région a diminué ses subsides pour la sûreté et la sécurité. Avec, fatalement, un impact sur la rentabilité des aéroports. Et, dans la foulée, des dividendes moins intéressants pour les actionnaires. À l’occasion du renouvellement de la convention d’actionnaires pour Liege Airport, les Aéroports de Paris ont fait le forcing pour obtenir un «geste» de Di Antonio. 

« Apparemment, on n’était pas loin d’un accord mais le ministre a changé la donne», nous dit une source. En tout état de cause, les Aéroports de Paris ont donc claqué la porte il y a trois semaines. La date-butoir pour un accord, c’est ce vendredi. À défaut d’un accord aujourd’hui (voir ci-dessous), le gouvernement wallon devra retrouver un nouvel actionnaire pour ces 25% du capital.

Qui pour reprendre?

Ceux pour qui la messe est dite quant au départ des Aéroports de Paris spéculent sur le futur actionnaire. Plusieurs possibilités existent. 1: un nouvel actionnaire privé (peu probable à court terme). 2: une reprise en main par la Région le temps de trouver une solution (techniquement possible à condition que cette opération soit calibrée aux exigences de l’Institut des comptes nationaux). 3: une reprise par l’actionnaire principal, TEB Participations, filiale de Nethys (possible mais pas du goût de ceux qui trouvent que l’aéroport est déjà trop liégeois et pas assez wallon). 4: le rachat de ces parts par la Sowaer qui est le bras armé de la Région pour la gestion de ses deux aéroports (mais la Sowaer n’aurait la capacité de le faire que si la Région la recapitalise solidement). En clair, aucun scénario ne s’impose.

Dire que Carlo Di Antonio joue sur du velours serait mentir: sa marge de manœuvre est quasiment inexistante car accéder aux revendications des Français l’exposerait à d’autres qui, immanquablement, risqueraient de débouler de l’aéroport de Charleroi… Or, en mai dernier, le ministre avait clairement affiché son souci de plus de transversalité entre les deux structures au point d’évoquer une fusion possible. La réponse a été immédiate  : le sous-régionalisme s’est encore plus radicalisé.

Une réunion de la dernière chance 

Ce mardi, une réunion de la dernière chance se tiendra à l’Élysette en présence du ministre-président Paul Magnette et du ministre Carlo Di Antonio. 

Les Aéroports de Paris y enverront leurs émissaires. Dernière chance car il est acquis que les Parisiens n’ont pas l’intention de séjourner dans la capitale wallonne pour y faire un brin de tourisme. Que cette réunion se déroule au cabinet de Paul Magnette peut s’interpréter de deux façons. L’optimiste y verra que le gouvernement wallon, ministre-président en tête, met les mains dans le cambouis. Le pessimiste verra plutôt l’expression d’un parti socialiste qui veut encadrer (voire contrôler) le cdH Di Antonio. Lorsque ce dernier avait suggéré que José Happart ne reste pas président de Liege Airport, les socialistes avaient râlé. Et l’empressement de TEB Participations pour rétorquer que Happart restera encore un an de plus le traduisait vertement. Au passage, on signalera que le conseil d’administration de Liege Airport n’a toujours pas entériné cette prolongation.

Commentaires : quel gâchis ! Nous retrouvons ici les ingrédients qui, entre autres,  polluent la vie économique wallonne : 1. Intervention de la Commission européenne en matière de concurrence                             2. particratie wallonne                3. sous-régionalisme wallon

Nous nous plaçons du côté des optimistes et espérons que le ministre-président wallon Paul Magnette arrivera à imposer une solution acceptable par chaque partie.

 

L’ Algérie pour oublier la Wallonie

Photo de Karim Younes.
Karim Younes et Pierre Hazette

Notre ami Pierre Hazette nous donne une belle leçon d’histoire peu connue de l’ensemble des citoyens wallons. Nous l’en remercions.

« J’en parle dans mon livre « Aux Portes de l’Avenir, vingt siècles de résistance, cinquante ans d’indépendance… » Casbah Editions en page 241. »

Pierre Hazette, sénateur, ancien ministre de l’enseignement obligatoire de Belgique l’évoque dans sa conférence du 24 octobre 2013 organisée par l’AWF à Namur, en ces termes :

« L’an dernier, en visite à Alger pour le compte de la candidature liégeoise à l’organisation de l’exposition internationale de 2017, je retrouvai Karim Younès, l’ancien Président de l’Assemblée nationale et, comme d’habitude avec lui, nous entreprîmes de refaire le monde.

« Sais-tu, me dit-il, que vous êtes ce que vous êtes, vous Wallons, en raison d’une proximité étroite avec notre histoire à nous, Algériens ? ».

Je montrai un peu de perplexité, ce qui permit à Karim, qui avait préparé son coup, d’étaler devant moi les documents relatifs à la conquête française de l’Algérie en 1830. Voici son exorde!

Le chasse-mouche peut bien servir d’anecdote romanesque destinée à attendrir le bon peuple de France dit karim Younes. Mais les diplomates d’Europe réunis en conférence à Londres en ce 4 novembre 1830 ne sont pas dupes.

En fait, ils sont convoqués pour débattre du sort du territoire compris entre la Hollande et la France.

En cette année, le Roi des Français, Louis- Philippe est en difficulté avec le reste de l’Europe. Le congrès de Vienne, en 1815, a non seulement scellé la défaite de Napoléon, mais aussi imposé un nouvel ordre européen ; Louis Philippe, successeur de Charles X a donc nommé opportunément un diplomate d’expérience, Talleyrand ambassadeur à Londres. C’est ce dernier qui représente les intérêts français à cette conférence.

La question traitée sur les bords de la Tamise est de savoir quel sort réserver aux provinces du sud des Pays-Bas. Elles ne veulent plus de Guillaume, le Roi de Hollande, mais certaines de ces provinces sont francophones et d’autres parlent une langue proche de celle des Hollandais. Fallait-il scinder le territoire litigieux en deux ?

En attribuer une partie à la France et l’autre aux Pays-Bas ? Fallait-il au contraire créer un État indépendant, la Belgique ? Faisant mine d’adopter profil bas, Talleyrand se range du côté de la majorité des pays : La France, dira-t-il, abandonne ses prétentions sur cette partie du territoire, mais en homme rusé et prospectif, il ajoute qu’il demande seulement pour prix de sa bonne volonté la reconnaissance tacite et consensuelle de la souveraineté française en Algérie.

Talleyrand obtint l’Algérie contre le renoncement de la France à annexer la Wallonie.

Effectivement soutient Pierre Hazette, « en cette même année 1830, la coalition de l’Église catholique et des francophones de tous bords des provinces du sud eut raison du règne de Guillaume d’Orange. C’était donc en septembre 1830.

En novembre, 1830 toujours, à la conférence de Londres, Talleyrand dut choisir : indisposer les Anglais en réclamant l’intégration de la Wallonie à la France et laisser les provinces flamandes au Roi Guillaume ou rallier la cause des promoteurs d’un Royaume de Belgique. S’il optait pour la deuxième proposition, il s’assurait l’assentiment international pour éliminer la piraterie en Méditerranée et, par voie de conséquence, pour occuper l’Algérie.

Talleyrand voulait de vastes territoires pour la France : l’Algérie lui convenait mieux que la Wallonie !

Ainsi, notre destin a été scellé, conclut  Pierre Hazette il y a moins de deux cents ans, et on ne pourra prétendre qu’il le fut par application anticipée du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes ! ».

Karim Younes

La Belgique reste le pays européen le plus embouteillé

24/08/15 à 13:37 – Mise à jour à 13:37

Source : Belga

La Belgique figure encore et toujours en tête du classement des pays européens les plus embouteillés, devant les Pays-Bas et l’Allemagne, ressort-il lundi du rapport annuel Traffic Scorecard de la société américaine Inrix, un fournisseur de services d’info-trafic.

La Belgique reste le pays européen le plus embouteillé

© AFP

Les automobilistes ont perdu en moyenne 51 heures dans le trafic dans notre pays en 2014, contre 58 heures un an plus tôt, tandis qu’ils en ont perdu respectivement 41 (-4) et 39 (+4) sur les routes néerlandaises et allemandes.

Des 13 pays européens analysés dans le cadre de ce rapport, plus de la moitié (53%) ont constaté l’intensification de la congestion du trafic en 2014 par rapport à 2013, une tendance qui reflète la poursuite de la croissance économique. A l’inverse, les pays confrontés à de forts taux de chômage et à une croissance faible ou négative affichent des statistiques inférieures à celles de 2013. Sur 94 villes européennes, près de la moitié (48%) enregistrent une augmentation de la densité du trafic par rapport à 2013. Londres arrive première du classement des villes les plus encombrées avec 96 heures passées dans le trafic (+14) et Barcelone enregistre la plus forte progression de la congestion en glissement annuel, avec une hausse de 66% (de 15 heures perdues par an en 2013 à 25 heures en 2014). Alors que Bruxelles occupait la tête de ce classement peu flatteur en 2013, la capitale a reculé à la seconde place. Les automobilistes n’y ont plus passé « que » 74 heures dans le trafic l’an dernier, contre 83 un an plus tôt. Anvers rétrograde du 3e au 4e rang avec 64 heures écoulées dans les embouteillages (-14), juste derrière Cologne et ses 65 heures. Gand (52 heures, -2) se positionne 10e de ce classement.

Yanis Varoufakis : « La véritable cible du docteur Schäuble est la France et son Etat-providence »

Source : Le Monde.fr 22.08.2015 à 10h30

Provocateur, idéaliste, arrogant. Yanis Varoufakis, ex-ministre des finances grec, fascine autant qu’il agace. Quatre jours avant son passage en France, à la fête de la Rose, à Frangy-en-Bresse (Saône-et-Loire), dimanche 23 août, l’économiste trublion a reçu Le Monde le 19 août sur l’île grecque d’Égine, où il a une maison.

Le troisième plan d’aide à la Grèce, qu’il définit comme une « capitulation » face aux créanciers d’Athènes, conduira son pays dans l’abîme, explique-t-il. Il dénonce l’opacité de l’Eurogroupe, qui, selon lui, prend des décisions majeures pour l’avenir de la zone euro sans que les citoyens en soient informés.

La France a-t-elle été un allié du gouvernement d’Alexis Tsipras pendant les négociations avec les partenaires de la Grèce ?

La plupart des Européens imaginent que ces derniers mois la Grèce a négocié avec ses partenaires de la zone euro. Ce n’est pas le cas. Pendant les cinq mois où j’ai été impliqué au sein de l’Eurogroupe [la réunion des ministres des finances de la zone euro], mes homologues me renvoyaient systématiquement vers les représentants des institutions, à savoir la Commission européenne, la Banque centrale européenne (BCE), et le Fonds monétaire international (FMI).

Je n’ai jamais négocié en direct avec Michel Sapin, mon collègue français. Ni avec Wolfgang Schäuble, le ministre des finances allemand, qui assurait qu’il ne pouvait rien faire pour moi et me renvoyait aux institutions.

Même lorsque M. Schäuble et moi avons enfin ouvert un dialogue, peu avant mon départ, il était clair que le moindre degré de convergence entre nous ne pouvait être exprimé de façon officielle.

C’est la grande leçon de ces derniers mois : la zone euro est la zone économique la plus puissante, mais personne ne la dirige — ou du moins, personne d’élu. Elle a créé un monstre, l’Eurogroupe, où les ministres des finances ne négocient pas vraiment les uns avec les autres.

Reprochez-vous au gouvernement grec d’avoir signé le troisième plan d’aide ?

J’ai voté contre ce programme. Ce gouvernement, moi y compris, a été élu en janvier sur un engagement simple : ne plus signer avec les créanciers d’accord économiquement non viable. C’est-à-dire qui aggraverait la récession et rendrait littéralement impossible le remboursement de notre dette. Depuis 2010, la Grèce a commis deux fois l’erreur d’accepter de tels plans. Nous avons promis d’y mettre un terme, et, en ce qui me concerne, je n’ai jamais changé de position.

Malheureusement, le premier ministre a fini par accepter ce troisième programme, qu’il a pourtant lui-même décrit comme mauvais. L’Europe tout entière en sortira perdante. De mon côté, j’en ai tiré les conséquences en démissionnant, comme je m’étais engagé à le faire.

Ce nouveau programme, de 86 milliards d’euros, a pourtant permis à la Grèce d’éviter le « Grexit », une sortie de la zone euro ?

C’est ainsi que la presse présente les choses. Mais je ne partage pas cette analyse. Si la Grèce tente, en dépit du bon sens et des lois élémentaires de l’économie, d’appliquer ce mémorandum et les réformes qui l’accompagnent, elle courra droit au Grexit. Car ce programme est conçu pour faire sombrer notre économie.

Résultat : nous ne pourrons pas tenir nos engagements, et le docteur Schäuble pourra nous pointer du doigt et couper les aides au pays. Le Grexit est très clairement l’objectif qu’il poursuit.

Vous affirmez que M. Schäuble veut pousser la Grèce hors de l’euro. Pour quelle raison ?

Pour atteindre la France. L’Etat-providence français, son droit du travail, ses entreprises nationales sont la véritable cible du ministre des finances allemand. Il considère la Grèce comme un laboratoire de l’austérité, où le mémorandum est expérimenté avant d’être exporté. La crainte du Grexit vise à faire tomber les résistances françaises, ni plus ni moins.

Lire aussi l’intégralité de l’interview : Yanis Varoufakis : « La véritable cible du docteur Schäuble est la France et son Etat-providence »

Marie Charrel (Athènes, envoyée spéciale)

Nos résistants sont plus nombreux que leurs martyrs

Nos résistants sont plus nombreux que leurs martyrs

Des passagers qui sauvent des vies grâce à leur courage entre Paris et Amsterdam. Un directeur des antiquités du site de Palmyre qui sauve un pan de culture au prix de sa vie. Des terroristes qui échouent, se tirent une balle dans le pied ou cessent de répandre la mort grâce à ceux qui les combattent en Syrie. Pendant que d’autres continuent à dire et crayonner malgré les menaces.

Les années qui viennent seront rudes et chaotiques. Mais il y aura toujours cette façon-là, résistante, de voir l’actualité qui nous secoue.

Au lieu de céder au défaitisme proclamant la mort de la civilisation et le triomphe facile — mais faux — de groupuscules fanatisés voués à l’échec, regardons l’essentiel : la vie, la démocratie, la liberté de ton et d’esprit, le courage et cette immense coalition humaine qui se lève contre cette folie obscurantiste.

Caroline Fourest

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Le curieux discours de Mark Eyskens

Jules Gheude, essayiste politique (1)

Dans l’interview qu’il vient d’accorder à l’hebdomadaire flamand « Knack », le ministre d’Etat Mark Eyskens prédit à la N-VA un destin semblable à celui de la Volksunie, à savoir la désagrégation du parti.

Selon lui, en effet, Bart De Wever et ses amis sont devenus des post-nationalistes néo-belges.

Le fait est qu’en contrepartie de sa participation au gouvernement fédéral, la N-VA a accepté de placer le dossier communautaire au frigo. Durant cinq ans. Force est aussi de constater que les ministres N-VA jouent loyalement le jeu et se comportent, chacun à son niveau, en gestionnaires avisés et responsables. Il faut dire que les défis à relever sont nombreux et de taille : une dette représentant plus de 106% du PIB, la menace terroriste et la politique migratoire, l’emploi, la survie de notre modèle social.

Tout cela n’empêche cependant pas les dirigeants de la N-VA de rappeler qu’ils n’ont en rien tourné le dos au premier point du programme de leur parti : faire de la Nation Flandre un Etat souverain au sein de l’Europe.

Mais Bart De Wever, en bon pragmatique, entend concrétiser l’objectif final dans les meilleures conditions possibles. Cela suppose, notamment, une réduction drastique de la dette publique belge. Car celle-ci, le moment venu, devra être partagée.

Dans un article paru tout récemment dans l’organe de la N-VA, Bart De Wever a d’ailleurs annoncé la couleur : dès la fin de la législature, il conviendra d’opérer une révolution institutionnelle afin d’inverser la logique : les entités fédérées doivent déterminer leur propre politique, avec leurs propres moyens et sous leur propre responsabilité. Elles doivent donc percevoir les impôts et verser une dotation à l’Etat fédéral pour son fonctionnement.

Mark Eyskens semble perdre de vue que cette évolution s’inscrit logiquement dans le scénario confédéraliste proposé dès le début des années 90 par son coreligionnaire Luc Van den Brande, alors ministre-président flamand, et adoptée en 1999 par le Parlement flamand. A l’époque, la N-VA n’existait pas !

Mark Eyskens a également oublié que c’est son autre coreligionnaire, Yves Leterme, qui a contribué à faire de la N-VA la force politique qu’elle représente aujourd’hui. L’ancien ministre CD&V Stefaan De Clerck a d’ailleurs eu l’honnêteté de le reconnaître : la relation entre le nationalisme et la démocratie chrétienne est profondément ancrée dans l’ADN flamand.

Mark Eyskens ne voit pas l’utilité de recourir à une septième réforme de l’Etat, celle-là même dont le président, Wouter Beke, a dit, le 23 juin 2012 (« La Libre Belgique ») qu’elle viendra un jour, car l’approfondissement de la réforme de l’Etat est irréversible.

Et nous invitons Mark Eyskens à relire les propos tenus par le même Wouter Beke, le 22 septembre 2007, au journal québécois « Le Devoir » : Nous voulons un véritable confédéralisme où chacun pourra agir comme il l’entend. (…) Le problème, c’est qu’il y a une forte identité flamande mais pas vraiment d’identité wallonne. Les Wallons ne tiennent à la Belgique que pour l’argent. (…) Si les francophones n’acceptent pas de lâcher du lest, nous n’aurons pas d’autre choix que l’indépendance.

Et nous ne voulons pas oublier Kris Peeters, qui, en tant que ministre-président CD&V flamand, se comportait à l’étranger en véritable chef d’Etat, revendiquant lui aussi une révolution copernicienne que la sixième réforme de l’Etat est loin d’avoir engendrée.

Entre la N-VA et le CD&V, on le voit, il y a l’épaisseur d’un papier à cigarette. Comme les deux formations sont aujourd’hui liées par le même sort sur le vaisseau fédéral, Mark Eyskens se leurre en voulant faire passer la N-VA pour le parti qui a transigé sur ses revendications.

Il n’y a qu’une vérité dans son discours : N’oubliez pas que la Belgique est de plus en plus dominée par les Flamands.

Le général de Gaulle avait donc vu clair, lorsque, le 29juillet 1967, il avait confié à son ministre Alain Peyrefitte : J’avais reçu une délégation de Wallons, bien décidés à préparer le rattachement. Elle m’avait expliqué que les Flamands étaient de plus en plus arrogants et finiraient par faire d’eux-mêmes sécession. C’est peut-être comme ça que ça finira. (…) (Les Wallons) retrouveraient au sein de la France la fierté d’appartenir à une grande nation, la fierté de leur langue et de leur culture, le goût de participer aux grandes affaires du monde et de se battre pour de grandes causes humaines. Toutes choses qu’ils ont perdues dans leur association contre nature, imposée par les Anglais, avec les Flamands (…).

Dernièrement, Rémi Vermeiren, l’ex-présidenty de la KBC qui, il y a dix ans, fut l’un des instigateurs du Manifeste séparatiste « in de Warande », déclarait au « Vif » : Puisque tout sépare Flamands et Wallons, finissons-en. Et au plus vite ! Un constat qui avait été également dressé par François Perin dans son ultime interview au « Soir » en 2011.

La fin d’un Etat n’est certes pas simple, mais elle ne signifie pas l’apocalypse. Une nouvelle harmonie peut naître d’une Flandre indépendante, d’une Wallonie intégrée à la France via un statut particulier et d’une Ville-Etat Bruxelles.

Que peut-on trouver de valorisant à poursuivre la route actuelle, avec son contexte permanent de chamaille, de méfiance et de comparaison dénigrante ?

(1) Dernier livre paru : « François Perin – Une Plume / L’Oeuvre écrite », Les Editions de la Province de Liège, 2015.

Un exemple dont pourrait s’inspirer la Wallonie ?

Lu dans le quotidien « Le Républicain Lorrain ».

Lancement du service militaire volontaire à Thionville

Le permis de conduire, une formation professionnelle, comportementale et citoyenne : voilà ce que propose le service militaire volontaire qui a été lancé jeudi 20 août en Lorraine nord lors d’une réunion à la mission locale de Thionville.

Le service militaire volontaire (SMV), c’est un peu la déclinaison métropolitaine du service militaire adapté en place dans les DOM-TOM depuis des décennies. Un dispositif qui propose à des jeunes – filles et garçons de 18 à 25 ans – un cadre rémunéré (de 342 à 676 €/mois) pour y obtenir une formation professionnelle, scolaire et civique afin de faciliter leur insertion future.

Lors de la réunion qui s’est déroulée jeudi 20 août dans les locaux de la mission locale nord-mosellan-Thionville, les quatre piliers qui constitueront l’architecture de ce SMV ont été détaillés par ceux-là même qui le mettront en œuvre dès cet automne : formation militaire (d’un mois, avec à la clé l’obtention du permis voiture et de l’attestation à la prévention et secours civiques niveau 1), formation citoyenne (aide aux populations, participation à des chantiers d’application au profit de projets d’intérêt public), formation générale (lire, écrire, compter avec en point de mire le certificat de formation générale) et formation professionnelle avec des périodes d’application en entreprise (en corrélation avec les besoins des territoires donc, pour la Lorraine dans le bâtiment et l’hôtellerie-restauration mais aussi les espaces verts et la mécanique par exemple).

Un ensemble à même d’aider les jeunes volontaires à pousser les portes du marché du travail de manière efficace. En particulier les plus éloignés de ce marché puisque ce sont « ceux que nous appelons les « ni, ni », c’est-à-dire n’ayant ni diplôme et ni expérience professionnelle », qui sont concernés au premier chef par le SMV, a précisé Brigitte Vaisse, conseillère régionale (PS) et présidente de la mission locale nord-mosellan Thionville.

Savoir-être

Après une période de formation militaire d’un mois, ces derniers pourront bénéficier d’une formation en partenariat avec des entreprises du cru, notamment PSA qui a déjà fait connaître son intérêt pour le dispositif, durant une période totale de 6 à 24 mois selon les profils.

Le cadre de type militaire est destiné à offrir aux volontaires la possibilité de « développer le goût de l’effort à travers un entraînement sportif régulier », mais aussi des savoir-être, à même de faciliter leur insertion professionnelle future. Un aspect « qui est souvent aussi important que les savoir-faire proprement dits », souligne encore Brigitte Vaisse.

Le SMV est, de fait, lancé en Lorraine avant de l’être dans les deux autres régions test retenues – l’Île de France et Poitou-Charentes – qui entreront dans la danse respectivement début septembre et d’ici fin 2015. Un coup d’envoi des candidatures « sans attendre et selon un timing serré », explique Brigitte Vaïsse qui préside l’une des 18 portes d’entrées possibles en Lorraine pour le SMV, les missions locales ayant un rôle important à jouer dans la mobilisation des volontaires. La Région, dans le cadre de sa compétence formation professionnelle, mais aussi toutes les associations relais permettront aussi de faire connaître ce nouveau dispositif. Et il n’y a pas de temps à perdre : les cent premiers volontaires, filles et garçons, devront être « incorporés » dès le 1er octobre prochain sur le site de Montigny-lès-Metz.

Gaz et électricité: les prix ont explosé depuis la libéralisation

On nous avait dit :  » la libéralisation va faire baisser les prix du gaz et de l’électricité parce que la concurrence entre les sociétés privées va jouer. »

Vous rappelez-vous qui était au pouvoir au fédéral à cette époque …?

L’état fédéral belge en voie d’évaporation continue n’est pas capable d’imposer des augmentations raisonnables au contraire de la France où l’état impose aux sociétés privées des limites à ne pas dépasser.

20/08/15 à 15:11 – Mise à jour à 15:11

Source : Belga

Entre 2007, année de la libéralisation totale du marché énergétique belge, et fin 2014, le prix final au consommateur de l’électricité a augmenté en moyenne de 20,78% pour un client domestique belge. Pour le gaz, le prix final a augmenté, en moyenne, de 27,90% pour un client domestique.

Gaz et électricité: les prix ont explosé depuis la libéralisation
La Grande-Bretagne craint de devoir faire face à une pénurie d’électricité cet hiver. © Belga

Il ressort d’une étude publiée ce jeudi par la Commission de régulation de l’électricité et du gaz (Creg) que depuis la libéralisation, les prix de l’électricité et du gaz ont augmenté de 20 et 25%.

Pour le client domestique, le prix final au consommateur a ainsi augmenté, en moyenne, de 133,08 euros/an (+26,54%) en Flandre, de 114,07 euros/an (+18,93%) en Wallonie et de 52,68 euros/an (+9,00%) à Bruxelles. Cette hausse est surtout attribuable à l’augmentation des tarifs de distribution; le prix de la composante énergie étant resté relativement stable (-0,91% en Flandre, +4,90% en Wallonie et +4,15% à Bruxelles). Les prélèvements publics, la contribution énergie renouvelable et cogénération et le transport ont également augmenté, à l’inverse de la TVA.

S’agissant des clients professionnels, le prix final au consommateur pour un client en moyenne tension a quant à lui diminué en moyenne de 1.886,38 euros/an (-8,37%) à Bruxelles et de 11,31 euros/an (-0,05%) en Flandre. En Wallonie, le prix a par contre sensiblement augmenté de 3.123,79 euros/an (+14,26%).

Les prix du gaz naturel pour le client résidentiel ont par ailleurs progressé de 27,90% sur la période soit une augmentation de 293,28 euros/an (+25,74%) en Flandre, de 389,89 euros/an (+33,89%) en Wallonie et de 269,83 euros/an (+22,57%) à Bruxelles.

Pour les PME, le prix du gaz naturel a augmenté de 20,90%, ce qui correspond à une hausse, en moyenne, de 13.779,16 euros/an (+19,78%) en Flandre, de 16.624,86 euros/an (+23,78%) en Wallonie et de 16.238,00 euros/an (+22,41%) à Bruxelles

Liberté – Egalité – Fraternité et l’ Union fait la Force

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Dans le Nord, des agriculteurs s’allient avec succès pour court-circuiter la grande distribution

 

« On marche très bien sans elle! ». Elle, c’est la grande distribution que plusieurs producteurs du Nord ont décidé de court-circuiter en ouvrant dans l’agglomération lilloise un magasin, « Talents de fermes », dont le succès populaire a permis près de 30 créations d’emplois.

Dès l’entrée du hangar de 300 m2 situé à Wambrechies, le consommateur tombe nez-à-nez avec une immense photo de groupe des 13 exploitants à l’origine du projet, dont le leitmotiv est de vendre des produits de qualité, frais et surtout de saison.

« L’idée est surtout de nous rapprocher des consommateurs, confie Emmanuelle Lambin, productrice de fruits, en nous rendant indépendants le plus possible ».

Alors que le monde agricole traverse une énième crise en raison des prix exigés par les distributeurs jugés trop bas, certains producteurs voient leur salut dans les circuits courts, à l’instar de « Talents de fermes » qui fête le 19 août son premier anniversaire.

« On a laissé tomber la grande distribution car ils imposent leurs prix, leur qualité et le calibre des produits. Nous n’avons pas peur de vendre des produits moches à partir du moment où ils sont bons et de saison! », argue Isabelle Ruhant, maraîchère de légumes bio.

Ainsi, à la mi-août, plus question de trouver des cerises sur les étals mais plutôt des pommes, tomates ou courgettes du coin.

Pour elle et ses compères, la consommation doit constituer un acte citoyen où l’acheteur doit se transformer en « consom’acteur », animé aussi par la lutte contre le gaspillage alimentaire, qui s’effectue « à titre individuel mais surtout au niveau de la grande distribution ».

« Les distributeurs me demandaient de produire, mais sans réfléchir. Aujourd’hui, je peux prévoir mes stocks et je ne jette plus de légumes, alors qu’en 2014, quand j’étais en contrat avec eux, j’ai dû jeter plus de 12 tonnes de carottes », raconte Georges Eric Vermon, maraîcher de 33 ans de la commune voisine de Marcq-en-Baroeul.

Sur les étals ne se trouvent que des produits locaux issus de l’une des 13 exploitations dont la plus lointaine, celle d’un éleveur de « porcs élevés sur paille », est à 80 km.

« Goûtez-moi cette tomate! », s’exclame M. Vermon, tendant un fruit encore chaud, cueilli dans la matinée. « Pas le temps de les mettre au frigo avec nous », plaisante-t-il.

Et ça marche: outre le chiffre d’affaires de plus de 2 millions d’euros, soit « deux fois plus qu’attendu », 28 emplois à temps-plein ont été crées, « non délocalisables ». Plus de 250 clients, des environs mais aussi de Lille voire de Belgique, fréquentent quotidiennement le magasin, dont certains sont déjà des habitués.

« Habitant à côté, je viens régulièrement pour la qualité et la fraîcheur de leurs produits. Et si en plus je peux aider des agriculteurs locaux… », déclare Myriam Catteau, son panier rempli de légumes et de jus de pomme artisanal.

Tous les clients adoptent en effet une démarche militante pour soutenir des producteurs ayant osé le pari risqué de l’indépendance. Malgré la disparition des intermédiaires, les prix restent similaires à ceux de la grande distribution.

« Nous, on fixe le prix de vente par rapport à notre prix de revient », précise Mme Lambin. « On veut juste gagner correctement notre vie pour l’investissement qu’on y consacre ».

Tous arrivent à présent à vivre de leur métier, écoulant leurs denrées en vente directe puis à « Talents de fermes ». S’ils produisent toujours autant en quantité, les exploitants ont diversifié leurs productions, contrairement à la grande distribution qui leur demandait de se spécialiser sur un ou deux produits.

Avec près de 70 heures d’activité par semaine, partagées entre le temps sur l’exploitation, la quinzaine d’heures de permanence dans le magasin ou encore les réunions hebdomadaires, la charge de travail est lourde.

« On ne compte plus! », s’amuse Pascale Baron, productrice de produits laitiers qui explique que tous ont dû apprendre à gérer un magasin, sa communication ou l’échange direct avec les clients.

« Notre motivation, on la trouve dans la satisfaction des clients quand on leur prodigue des conseils ou des idées de recettes par exemple, ce qu’ils ne trouveront pas en grande surface », indique Mme Ruhant.

« On sait pourquoi on se lève le matin, on est fiers d’avoir monté ce projet », conclut-elle, les yeux pétillants. 250 autres points de vente de ce type existent dans l’Hexagone.

 

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