Les inquiétudes et les conseils de B Plus

soleil printempsCette semaine ensoleillée, délicieusement printanière, a pu nous éloigner des bruits du monde. Avec un peu de recul, la politique, autant nationale qu’internationale, a pu apparaître comme un théâtre où des personnages en représentation gesticulent au milieu des journalistes, où les grandes déclarations cachent mal un jeu médiocre, où le public ne se lève que pour applaudir ou quitter la salle. On a depuis longtemps cessé de croire en la sincérité du jeu politique et en la neutralité des médias mais à quoi bon s’en faire, on est tellement loin de la scène. Après tout, le conformisme a ceci de bien qu’il assure une certaine paix sociale. On a presque envie de s’en contenter. De ne s’occuper que de soi. De respirer la vie, en pensant que tout cela ne nous regarde pas. Sauf que cela nous regarde, évidemment.

L’avenir de la Wallonie avec la France, on se dit qu’il serait temps d’y penser, vu ce qui s’annonce, mais ce n’est pas à l’agenda des politiques, et les médias font tout pour rendre la question complètement saugrenue, hors de propos, ridicule. Alors, regardons ailleurs, profitons des beaux jours quand ils sont là. Le retour des fleurs dans les jardins, voilà ce qui doit nous occuper. Laissons parler ceux qui se battent pour que la Belgique vive. Ils ne sont pas plus rassurés que nous. Peut-être même sont-ils plus à plaindre que nous, s’ils sont engagés dans un combat perdu d’avance.

Cette semaine, La Libre a publié sur son site un texte de Gilles Vanden Burre, un des représentants habituels de B Plus, le mouvement qui veut donner un nouveau souffle à la Belgique. Lui aussi s’en prend aux médias francophones, leur reprochant d’agiter la menace du séparatisme alors que la Flandre est loin d’y penser. Néanmoins, le succès de la N-VA pose un gros problème à B Plus, qui ne pourrait se résoudre à une Belgique « coquille vide », réduite à quelques symboles. Voici la conclusion de Gilles Vanden Burre :

« …le concept de séparatisme est en train de perdre du terrain en Flandre mais, chassé par la porte, il pourrait revenir par la fenêtre des réformes envisagées par la N-VA.

« En conclusion, il est urgent de changer de stratégie par rapport au péril indépendantiste. Sortons de l’émotionnel et du « les Flamands ne nous aiment pas » ressassés par les médias francophones. Aussi haut qu’ils portent les couleurs belges, ce ne sont ni Stromae ni les Diables Rouges qui pérenniseront l’avenir du pays. Celui-ci passe par un débat politique permettant de démonter les arguments socio-économiques des nationalistes, en sortant des raccourcis et des simplismes. Parallèlement à cela, les responsables politiques wallons et bruxellois se doivent de continuer à incarner un autre modèle de société, solidaire et efficace, qui ancre nos Régions dans le XXIe siècle tout en cassant les clichés flamingants à leur égard. C’est bien cela le cœur du scrutin du 25 mai prochain et de la campagne qui va précéder. »

Ce printemps sera-t-il celui de B Plus et des auteurs de Good Morning Belgium ? Quel temps fera-t-il sur la Belgique au soir du 25 mai ? Les oiseaux chanteront-ils la Brabançonne ou le Vlaamse Leeuw ?

Faut-il s’en inquiéter ?

G.R.

Frustrée, la jeunesse française rêve d’en découdre

Notre ami Roland Douhard attire mon attention sur une intéressante étude réalisée par France Télévisions auprès d’un grand nombre de jeunes de 18 à 34 ans. Deux sociologues jeunes Françaisde la jeunesse, Cécile Van de Velde et Camille Peugny, maîtres de conférences à l’EHESS et à l’université Paris-VIII, ont contribué à concevoir le questionnaire.  210 000 jeunes se sont pris au jeu de cette opération « Génération quoi ? ». Leurs 21 millions de réponses fournissent un matériau de recherche exceptionnel aux deux universitaires qui en tirent pour le quotidien « Le Monde » les principaux enseignements. Ils se focalisent sur la tranche d’âge des 18-25 ans sans très bien nous expliquer pourquoi ils n’ont pas retenu les réponses des 25-34 ans.

Qui sera étonné que le tableau soit sombre ? La France traverse en ce moment une crise de confiance en elle malgré les immenses potentialités qui sont les siennes (un prochain article y sera consacré). Ce manque de confiance est alimenté par un gouvernement hésitant qui tarde à prendre des décisions, au principal parti d’opposition qui est en crise permanente et à un front national qui souffle sur les braises bien décidé à cueillir les fruits du mécontentement. Le Français est sans doute, de tous les Européens, celui qui aime le plus le débat politique. La journaliste belge, Charline Vanhoenacker, invitée à l’émission « On n’est pas encore couché », confiait, outre sa francophilie, le bonheur qu’elle avait de travailler en France et d’animer chaque matin le 5-7 radio sur « France Inter », mais aussi de participer à des débats qui avaient une autre envergure que ceux pratiqués dans le petit monde politique belge.

Je serais curieux qu’un tel questionnement soit proposé aux jeunes Wallons et de voir, toutes proportions d’échelle gardées, combien de jeunes répondraient ? Là où le jeune Français se dit non résigné, l’apathie est telle chez nous que tout semble aller pour le mieux. Et pourtant,  aux mêmes difficultés que connaissent les jeunes Français s’ajoute le problème communautaire que les politiciens, tant Wallons que Bruxellois, se plaisent à taire. Le réveil risque d’être d’autant plus pénible au lendemain de l’échéance électorale du 25 mai. 

Il serait plus que temps pour le jeune Wallon de s’intéresser à la politique et de se rendre compte que la solidarité est un mot qui tendra à disparaître du vocabulaire interrégional belge avec toutes les conséquences qui ne manqueront pas d’en découler. Le moment d’en découdre avec ceux qui leur auront maintenu la tête dans le sable sera-t-il alors venu ?

Paul D.

Voici l’article de Pascale Krémer sur le site du journal Le Monde.

  • La vie en noir

Interrogés sur leur devenir personnel, les jeunes répondants sont près des deux tiers à se déclarer plutôt ou très optimistes. En revanche, le regard qu’ils portent sur le destin de leur génération est extrêmement sombre. Vingt ans n’est pas le plus bel âge de la vie, pensent-ils majoritairement (à 51 %). Les mots-clés librement choisis pour définir leur génération sont édifiants : « sacrifiée », « perdue ». Et encore (après « Y », « Internet », « connectée »), « désabusée », « désenchantée », « galère »… « Autant « sacrifiée » est un terme qui a pu être induit par le discours des médias, analysent Cécile Van de Velde et Camille Peugny, autant « perdue » semble un choix spontané. » Donc révélateur.

Seuls 25 % des 18-25 ans ont la conviction que leur vie sera meilleure que celle de leurs parents. Ils sont 45 % à imaginer qu’elle sera pire, 29 % qu’elle sera semblable. Près d’un tiers (33 %) sont persuadés qu’ils ne connaîtront jamais autre chose que la crise. Quant à la vie de leurs propres enfants, 43 % pensent qu’elle sera encore pire que la leur. A toutes ces questions, les jeunes femmes répondent de façon encore plus pessimiste que leurs congénères masculins. « Ces pourcentages sont très élevés, sachant que les jeunes sont, dans la plupart des enquêtes, plus optimistes que leurs aînés. Ils le sont d’ailleurs dans cette enquête concernant leur avenir personnel, remarque M. Peugny. Ce qui apparaît ici, c’est le poids du discours de crise dans lequel nous baignons désormais, et le sentiment d’être pris dans une spirale du déclassement. »

Deux pondérations à apporter, selon lui, néanmoins. Les participants peuvent avoir été tentés de « surjouer un discours noir et cynique, ce qui est une manière de conjurer le sort ». Surtout, cette génération est fortement clivée en fonction des parcours et des statuts, précaires ou non. Ce n’est pas une mais des jeunesses qui se dessinent. En passant des étudiants ou salariés en CDI aux chômeurs-intérimaires-inactifs, le pessimisme gagne 20 points. L’expérience du chômage affecte fortement la projection dans l’avenir.

  • Un besoin de reconnaissance

« Les 18-25 ans qui ont participé font voler en éclats le mythe d’une société méritocratique » : voilà le second enseignement majeur de l’enquête, à entendre les deux sociologues. Près des trois quarts (70 %) d’entre eux ont le sentiment que la société française ne leur donne pas les moyens de montrer ce dont ils sont capables. « C’est massif, et en forte progression. En 2006, ils étaient 53 % dans ce cas. »

Les jeunes se montrent très sévères sur le fonctionnement du système éducatif à la française. Récompense-t-il le mérite ? Non, à 61 %. Donne-t-il sa chance à tous ? Non, à 61 %. Logiquement, plus le statut du jeune est précaire, plus son opinion est négative. Des réponses lourdes de rancoeurs  dans une société « où formation initiale et diplôme exercent une si forte emprise sur les parcours de vie ».

D’autant que dans la sphère professionnelle non plus, les jeunes n’ont pas l’impression que leurs mérites et efforts soient récompensés. 60 % des répondants ne se croient pas payés, par exemple, à la hauteur de leurs qualifications.

Dans cette enquête transparaît donc, selon Cécile Van de Velde, « une génération consciente, lucide, désillusionnée, selon laquelle les instruments de mobilité sociale ne fonctionnent pas ». « Les jeunes se sentent abandonnés par la société. Ils ne sont pas aux commandes de leur vie, ils subissent. Sont frustrés de ne pas pouvoir faire leurs preuves, montrer qui ils sont. » Pour réussir dans la vie, la moitié des répondants pense donc ne pouvoir compter que sur soi-même. « Les jeunes sont individualistes, libéraux, par dépit plus que par essence. » Puisque très majoritairement (77 %), ils estiment également que dans la vie, on ne peut pas s’en sortir sans solidarité.

  • La valeur travail

Les jeunes valorisent d’autant plus le travail qu’il leur échappe, un quart d’entre eux connaissant le chômage. Seule une toute petite frange le rejette, envisageant de vivoter en marge du système. 81 % des répondants disent que le travail est important dans leur vie. Et pas seulement pour gagner de l’argent. La moitié déclare que travailler sert avant tout à s’épanouir. « Qu’ils soient soucieux de l’équilibre vie privée-vie professionnelle ne veut pas dire que la valeur travail se perd », commente Camille Peugny, pour qui rien n’est plus faux que les clichés sur une « génération feignasse » : « Impossible de faire une conférence sur les jeunes sans qu’un manager assure qu’à peine arrivés en entreprise, les jeunes ne s’intéressent qu’à leurs RTT. Platon déjà évoquait la décadence de la jeunesse, c’est un discours vieux comme le monde, lié au cycle de l’âge, à la difficulté à concevoir le changement apporté par les jeunes. »

A la question « Actuellement, es-tu épanoui dans ton travail ? », 62 % des 18-25 ans ont acquiescé. Mais la statistique chute à 43 % pour les intérimaires… L’enquête Génération quoi ? fournit le plus grand échantillon d’intérimaires jamais réuni (8 000 répondants dans cette situation), et leur « souffrance » saute aux yeux des sociologues. « Il faut sortir du discours sur l’intérim choisi. Ces jeunes veulent travailler davantage, ils ont le sentiment insupportable que leur destin est aux mains des autres, que leur sort dépend d’un coup de téléphone, ce qui interdit toute projection dans l’avenir. »

  • La tentation du départ

« T’installer à l’étranger, ça te tente ? » Evidemment oui, cela tente les trois quarts des participants à l’enquête. Inhérente à la jeunesse, cette envie d’aller voir ailleurs est plus que jamais valorisée dans la société. Mais 24 % des jeunes se sont reconnus dans une expression volontairement rageuse, hargneuse, qui leur était suggérée : « Dès que je peux, je me barre. » « Une réponse aux portes fermées pour tous les jeunes dans l’impasse, chômeurs, petits contrats, stagiaires… », à en croire les sociologues.

  • Famille, je t’aime

Toutes les questions portant sur les relations au sein de la famille suscitent des réponses unanimement positives. La famille apparaît plus que jamais comme la valeur refuge. S’ils doivent qualifier leurs relations avec les parents, 27 % des jeunes les décrivent comme « idéales », 53 % comme « cool », seuls 10 % les jugent « moyennes » ou « hypertendues ». Les parents, assurent-ils, sont fiers de leur parcours (89 %), les soutiennent dans leurs choix (91 %). Pour Camille Peugny, « les parents ont intériorisé le fait que la situation des jeunes est extrêmement difficile. Les quadras et quinquagénaires ont eux-mêmes connu la crise. Fini, les réflexions désagréables. Les deux générations sont solidaires dans la crise. Moralement et matériellement. »

Une bonne moitié des jeunes (53 %), même actifs, dit recevoir des aides parentales. Dans les familles, l’inquiétude est partagée. « Est-ce que tes parents sont angoissés par ton avenir ? » 63 % pensent que oui. Les réponses positives montent logiquement à 80 % pour les jeunes chômeurs ou inactifs. Mais atteignent tout de même 63 % chez les étudiants, et encore 47 % chez les jeunes en CDI. Même ce sésame recherché par tous ne parvient pas à apaiser l’anxiété familiale. « Cela rejoint les enquêtes sur les angoisses scolaires, la pression du diplôme, poursuit M. Peugny. Et cela montre que les parents sont parfois un brin schizophrènes : ce sont les mêmes qui, dans leurs fonctions en entreprise, ne sont guère pressés d’intégrer les jeunes dont ils ont une image peu flatteuse. »

      .   La faute aux baby-boomers

Autre ambivalence, chez les jeunes cette fois : ils ne sont pas en conflit avec la génération parentale parce que les relations sont souples, les solidarités fortes. Mais cela ne les empêche pas d’en vouloir à leurs aînés de ne pas leur faire de place dans la société. Pour un jeune sur deux, les générations précédentes sont responsables de leurs difficultés. «C’est assez nouveau en France, et l’on peut penser que cela monte, surtout chez les étudiants, observe Cécile Van de Velde. Le problème d’équité entre générations se conscientise, sans doute du fait de la politique d’austérité, de la réforme des retraites et des débats sur le poids de la dette. Les jeunes pensent qu’ils font les frais de tout cela. » Mais sur une même génération, leur regard est double. Les mêmes qui disent « Marre des baby-boomers, on paye pour leur retraite, nous on n’en aura pas » ne veulent surtout pas que la retraite de leurs parents soit amputée – c’est particulièrement frappant chez les jeunes filles. « Ce qui explique en partie pourquoi le mouvement des Indignés a si peu pris en France… »

  • La politique, ils n’y croient plus

Vis-à-vis d’elle, la défiance est énorme. Près de la moitié (46 %) des répondants n’ont pas du tout confiance dans les femmes et hommes politiques. Certes, ils sont encore plus nombreux à se méfier des institutions religieuses (60 %) et presque aussi sceptiques à l’égard des médias (40 % de non-confiance) que des politiques.

Mais pour la moitié des 18-25 ans, c’est tout vu, les politiques sont « tous corrompus ». Ces derniers ont bien encore du pouvoir (64 % des réponses), mais l’utilisent mal, puisqu’ils laissent la finance diriger le monde (90 %). La charge est violente, aux yeux des deux sociologues : « Les jeunes expriment une demande d’Etat, en souhaitant par exemple que leur période de formation soit financée. Ils pensent que les politiques, s’ils en avaient le courage, pourraient avoir une influence sur leur vie. Mais qu’ils ont laissé la finance prendre le pouvoir. Il y a du mépris dans ce regard des jeunes. Ils n’y croient plus. »

Chez eux, jeunes diplômés en tête, le sentiment que droite et gauche se valent semble encore plus fort que dans l’ensemble de la population. « Ils font l’expérience de la désillusion politique. C’est la première fois qu’ils vivent la gauche au pouvoir. Et ils ont le sentiment que rien ne change pour eux. » Voilà qui poussera massivement à l’abstention, anticipent les chercheurs. « Ce sont des gens informés, qui ne se fichent pas de la politique, qui ont des habitudes participatives liées à l’usage des réseaux sociaux. Mais l’offre politique ne répond pas à leurs attentes. La démocratie ne s’adresse pas à eux. Ils n’iront pas voter mais ce sera une abstention politique, réfléchie, presque militante. »

S’ils critiquent au plus haut point la politique traditionnelle, les 18-25 ans s’engagent plus volontiers dans un militantisme de terrain : manifestations, associations, solidarités locales… Leur altruisme semble plus marqué que celui du reste de la population. 80 %, par exemple, seraient favorables à un service civique obligatoire. Autre valeur classique de la jeunesse, la tolérance demeure forte (70 % estiment que l’immigration est une source d’enrichissement culturel) mais semble s’éroder. « A l’image de ce qui se passe dans l’ensemble de la société, une grosse minorité campe sur des positions autoritaires et xénophobes. Une véritable bombe à retardement, craint Mme Van de Velde. Ce sont les jeunes invisibles, dans des vies d’impasse, perdants de la mondialisation. Beaucoup de ruraux et de périurbains, en difficulté, déclassés. Ils sont souvent tentés par le Front national. » Un tiers des répondants envisagent que des emplois puissent être réservés aux Français.

  • Un vent de révolte

Une Cocotte-Minute qui n’aurait pas de soupape. Telle est l’inquiétante image choisie par les deux sociologues pour décrire le « fort potentiel de révolte » perçu au travers de cette vaste enquête. « C’est une génération qui veut entrer de plain-pied dans une société vieillissante. Elle enrage de piétiner à son seuil. Elle ne veut rien renverser, elle n’est pas en conflit de valeurs, mais elle trouve toutes les portes fermées, et elle envoie un avertissement. »

Besoin d’expression étouffé. Frustrations de ne pas avoir de place, de n’obtenir aucune reconnaissance sociale, de ne pouvoir devenir des citoyens à part entière, dotés d’un travail et d’un logement. Trajectoires déviées parce que l’emploi trouvé ne correspond pas aux études. Craintes pour l’avenir. Défiance vis-à-vis du politique… « Ce sentiment d’être privés de l’essentiel constitue un terreau fertile à la contestation. »

Jamais la jeunesse, en France, n’a été aussi éduquée. Lorsqu’ils sont chômeurs, stagiaires, coincés dans l’intérim, ces enfants de la démocratisation scolaire et de la mondialisation culturelle, extrêmement informés, vivent comme une indignité de devoir se contenter de survivre alors que leurs études ont fait naître de forts espoirs. D’où cette frustration existentielle et cette capacité à développer un discours de plus en plus critique sur l’épreuve sociale qu’ils traversent. « Un ‘‘nous » pourrait se former, croient les sociologues, si les diplômés étaient rejoints par les jeunes en désespérance sociale ».

A la question « Est-ce que tu participerais à un mouvement de révolte type Mai 68 demain ou dans les prochains mois ? », ils sont 61 % à dire oui. Tous quasiment égaux dans la colère, femmes et hommes tirés d’affaire et jeunes en galère… 66 % des intérimaires. 63 % des chômeurs. 60 % des étudiants. Et même 54 % des employés en CDI !

« Les jeunes ne sont pas dans la résignation. Il y a une énergie latente, comme en 1968 », perçoit Cécile Van de Velde. En temps de crise, explique-t-elle, on peut adopter une stratégie d’adaptation au système (loyalty), de départ (exit), ou de révolte (voice). «‘‘Loyalty » pourrait bien se transformer en ‘‘voice » si rien ne bouge… Il suffit d’une étincelle… » Et d’une figure cible. La chance des politiques jusqu’à présent ? Qu’il soit plus malaisé de se rebeller contre un ennemi lointain et abstrait – la finance, la mondialisation, l’Europe – que contre la génération de ses parents, comme en 1968.

Le film d’animation franco-wallon défie l’Amérique

animation franco-wallonneC’est bien connu, le regard change avec la façon de nommer les choses. A force de parler de cinéma belge, on feint d’ignorer que l’espace culturel francophone est tourné vers la France et que la culture flamande n’a pas besoin de la Belgique pour exister. César 2014 du meilleur film étranger, The Broken Circle Breakdown est un film belge si on veut mais un peu étranger pour nous aussi (voir sa fiche sur Wikipedia). Petite déception pour ce beau film (belge ou flamand, c’est selon) qui n’a finalement pas été primé à Los Angeles dimanche passé, mais les Belges ne sont pas revenus sans rien de la cérémonie des Oscars. En effet, « le court-métrage « Mr Hublot », réalisé par Laurent Witz et Alexandre Espigares, et auquel le Belge Stéphane Halleux a apporté son talent de sculpteur et d’animateur, a remporté l’Oscar du meilleur court-métrage d’animation », alors même que « le film était face à un poids lourd, « Get A Horse! » de Disney, qui faisait figure de favori avec son pastiche virtuose des courts métrages historiques de Mickey » (information prise sur le site de la RTBF).

Et si, plutôt que de voir briller la Belgique à la façon des étoiles mortes, on disait qu’en Wallonie il y a du savoir-faire et du talent ? Et si même on disait que ce talent se révèle souvent dans des projets menés en collaboration avec des talents français, à l’image de ce qu’était la bande dessinée « franco-belge » ? Aujourd’hui, la Wallonie a réussi à se faire une place de choix dans le secteur de l’animation, comme l’indique cet article de La Libre : « « Ernest et Célestine » qui part à l’assaut d’Hollywood Boulevard ! « Minuscule » qui défie en qualité le géant américain Pixar ! « Astérix » qui rassemble plus de 30 millions d’euros ! Ces trois films d’animation – dont le dernier sortira à l’automne prochain – ont plusieurs points en commun. L’un d’eux, et non des moindres, est le fait qu’ils sont – en tout ou en partie – issus de la filière « Animation » créée, voici une dizaine d’années, en Belgique francophone. Et ces trois films, impliquant des créateurs et des sociétés de chez nous, ne sont que la partie visible de l’iceberg. »

Ce qui n’est pas nommé n’existe pas. Pourtant, Mr Hublot le prouve et aussi les insectes de Minuscule et tout le reste, la collaboration entre la France et la… Wallonie est fructueuse autant qu’elle est naturelle. Et pourquoi ne pas dire que la Wallonie, dédaignée en Belgique au point d’en snober le nom, s’épanouirait davantage avec la France, dans tous les secteurs de l’économie ?

G.R.

Les joyaux de la couronne

maillot diables rougesCela me laisse rêveur, cette couronne dessinée en grand sur le nouveau maillot des Diables rouges. Peut-être une fantaisie de l’équipementier suisse. Ou le couronnement d’une équipe appelée à régner sur le football mondial. Plus probable, un généreux sponsor qui réclame une visibilité maximale. Après tout, les rois du ballon rond sont aussi payés pour associer leur nom à des produits. Sauf que la publicité commerciale est partout mais pas sur le maillot d’une équipe nationale de football. Cela reste un espace national. Aucun doute, c’est la couronne de l’Union (royale) belge de football et c’est aussi la couronne de la Belgique et celle de son roi.

La monarchie belge envahit l’espace national parce qu’il est de plus en plus vide. Il faut le remplir avec des symboles avant que ne s’opère une prise de conscience chez ceux qui n’ont aucune raison de rester belges à tout prix. Pour faire oublier que la Belgique se désagrège, il faut de l’image, il faut de l’émotion. Appuyer sur la Brabançonne et les trois couleurs nationales. Et maintenant, chose inédite, il faut clairement identifier les Diables rouges à la couronne. Passer de l’engouement populaire autour de l’équipe nationale de football à la promotion de la monarchie sans laquelle il n’y aurait plus de Belgique.

Cette couronne, surmontée d’une croix, c’est un hommage rendu à l’Ancien Régime et il est surprenant que nos journalistes n’y voient pas l’ombre d’un problème alors qu’ils dénoncent l’existence d’une ultra-droite royaliste en France. A chacun ses tabous. Quoi qu’il en soit, l’instrumentalisation du sport, cela ne favorise pas la réflexion citoyenne.

Au nom de la patrie belge en danger, c’est une certaine idée de la Wallonie qu’on sacrifie. Et plus que ça : c’est l’avenir de la région wallonne qu’on met en danger. Quand les Flamands accusent l’Etat belge de les vampiriser, ils savent comment le faire évoluer. Ce sont les Wallons qui, piégés dans leur sentiment d’appartenance à la Belgique, ont le plus à perdre. Ils pourraient bien accepter le confédéralisme sans même assumer leur autonomie future, sans même oser un regard vers la France, sinon pour la tenir à distance. Economiquement faibles et psychologiquement défaits. Des Wallons sans une identité wallonne, seulement fiers de rester belges et du rapport déséquilibré qui les attacherait à la Flandre.

G.R.

La Peugeot 308 désignée voiture de l’année 2014

AFP – francetvinfo

nouvelle-peugeot-308La récompense devrait doper ses ventes. La Peugeot 308 a remporté le prix de la voiture de l’année 2014, décerné lundi 3 mars à la veille de l’ouverture du salon automobile de Genève (Suisse).

« On a beaucoup parlé de Peugeot ces derniers temps, à propos de nombreux sujets mais pas des voitures », a relevé le directeur de la marque, Maxime Picat, qui a reçu ce prix référence en Europe, décerné par des journalistes spécialisés. Un clin d’œil à l’entrée de l’Etat français et du Chinois Dongfeng au capital du constructeur français PSA Peugeot Citroën.

Peugeot a enregistré pour l’instant 55 000 commandes pour sa berline, lancée fin 2013 et fabriquée dans son usine historique de Sochaux, dans le Doubs. Pour pouvoir concourir, les voitures doivent avoir été mises sur le marché avant fin décembre et être vendues à au moins 5 000 exemplaires. Le jury juge à la fois le design, le confort, la sécurité, le rapport qualité-prix, la maniabilité, les innovations techniques et les performances en termes d’émissions de CO2 du véhicule.

Echos et mise au point après notre conférence de presse (3)

Lu sur le site du quotidien L’Echo du 22 février sous la rubrique Les coulisses de la rédaction.

Les (nouveaux) grognards de Hollande

Alors que la cote de François Hollande tutoie le nadir, quelques valeureux régionalistes wallons se disent prêts à donner ce qui leur reste pour relever cette République aujourd’hui au tapis. Elections obligent, les rattachistes ou ceux qui les inspirent sont de retour ! L’ »Alliance Wallonie France » (AWF) qui se présente « comme un jeune mouvement citoyen né en mai 2013″ ne parie pas un kopek sur une Wallonie devenue autonome.

Démonstration chiffrée à l’appui, le Pr émérite Jules Gazon (HEC-Liège) prédit carrément l’apocalypse avec un « scénario infernal à la grecque » ! Pour ne citer qu’un chiffre calculé par le professeur, avec la part supportée de la dette de l’État belge, les besoins de financement de la Wallonie autonome exploseraient à 13% de son PIB, la norme européenne étant, pour rappel, à 3% !

Par défaut, Jules Gazon, après avoir testé tous les « destins institutionnels wallons possibles » et donc éliminé « la continuité de la Belgique post 6e Réforme de l’État » ou encore le « confédéralisme belge coquille vide », s’est converti au rattachisme.

La 7e boule de cristal

Depuis… Paris, le très régionaliste et ex-ministre-président wallon Robert Collignon, a adressé un soutien très marqué à l’AWF.

À suivre l’éminence socialiste, l’affaire est cuite « parce qu’on ne veut pas voir en Wallonie les avancées de la 6e réforme de l’État comme un châtiment divin, comme la malédiction de…. Rascar Capac » (mais oui, la momie inca imaginée par Hergé dans « Les Sept boules de Cristal »).

Mystérieux, Robert Collignon livre ensuite un inimaginable scoop ! Le grand homme d’Amay dit avoir été informé par « de jeunes intellectuels flamands » des deux conditions « pour que la Belgique s’éteigne d’elle-même : l’arrivée de Di Rupo au 16 et celle de Philippe au Palais ».

Les deux conditions étant aujourd’hui remplies, Collignon, vent debout, appelle la Wallonie « fidèle au congrès de 1945 » à marcher vers « l’an 1 d’une nouvelle ère, en rejoignant les révolutionnaires de 1792 » (sic).

L’ancien ministre libéral Pierre Hazette, depuis le Sénégal, a délivré aux sympathisants de l’AWF sa certitude : « La Wallonie sortira plus pauvre de la 6e réforme de l’État ».

Prônant davantage une « patience ardente » (un oxymore signé Arthur Rimbaud), Hazette, dans une posture de rattachiste presque gêné, refuse à ce stade de s’exposer, se contentant de « porter le message de la raison et de montrer la voie ». Vers l’Hexagone, bien entendu.

Sous la plume d’un journaliste dont le nom n’est pas cité, la relation de notre conférence de presse se veut humoristique à l’image des articles repris dans « Les coulisses de la rédaction » du quotidien. Je tiens à quelques mises au point :

1. Le titre « Les (nouveaux) grognards de Hollande » (sic) donne tout de suite le ton. Ce titre me donne l’occasion de redire que notre Alliance est pluraliste tant au niveau politique que philosophique. Nous assimiler à des grognards de Hollande est avant tout stupide. L’intégration atteinte, il appartiendra à chacun des membres de l’AWF d’opérer son choix politique ou de confirmer son adhésion au parti qui est le sien aujourd’hui.

2. « La cote de Hollande tutoie le nadir ». Nous n’avons pas attendu le J.I. (journaliste inconnu) pour obtenir cette non-information. Dans une région comme la nôtre où plus de 30 % des téléspectateurs regardent régulièrement les chaînes françaises, nous savons que la cote du Président Hollande tutoie l’astronomiquement bas à l’encontre de son ami Di Rupo qui, selon nos médias, est au zénith.

Est-ce à dire que la Belgique se porte à merveille pendant que la France est à l’agonie ? Stupide, une nouvelle fois ! Mais notre J.I. insiste et parle « d’une République au tapis ». Excusez du peu ! Notre J.I. semble ne pas savoir que le premier parti belge est la N-VA dont le premier article des statuts prévoit la fin de l’Etat belge.  (Pour rappel, le dernier sondage  situe la N-VA à plus de 32 % des intentions de vote en Flandre.) Je ne vois pas que l’existence de la République française soit en danger.

Remarquons au passage que pendant que Di Rupo se pavane aux côtés des pandas, de la famille royale et des people, son parti, le P.S., dégringole dans les sondages. Je connais plus d’un membre du P.S., notamment à l’AWF, qui commencent à en avoir ras-la-casquette d’un premier ministre qui soigne sa communication et parle de tout, sauf de politique.

3. « …élections obligent ». Non, M. le J.I., nous n’avons pas attendu la campagne électorale pour nous  exprimer au travers de conférences-débats. Trouvez-vous anormal que nous voulions que le projet d’intégration-autonomie, entre autres,  prenne place dans le débat politique ? Nos idées seraient-elles à ce point sulfureuses ou inadéquates parce que politiquement incorrectes ?

4. « …quelques  valeureux régionalistes wallons ». Ici, nous sentons le journaliste d’investigation qui sait combien de membres et de sympathisants discrets nous comptons. Le mot « valeureux » fait sans doute allusion aux « Valeureux Liégeois », hymne des Liégeois. Il est vrai que la réflexion est partie de Liège, mais depuis, l’AWF a bien  essaimé dans toutes les Provinces wallonnes et chaque jour, de nouveaux membres nous rejoignent. Comme il en a toujours été dans l’histoire du mouvement wallon, nous revendiquons cette proximité avec les régionalistes wallons. Eh oui, cher J.I., pour nous, le mot « wallon » n’est pas un gros mot qu’il ne faut pas prononcer !

5. « …l’AWF ne parie pas un kopek sur une Wallonie devenue autonome ». Tout au contraire de ce qu’avance notre J.I., nous croyons en une Wallonie qui, devenue autonome, se tournera vers la France pour négocier avec elle une  intégration respectueuse de ses particularités et de son passé. Un de nos  grands espoirs réside dans les élections fédérales de 2014 qui pourraient créer les conditions permettant aux Wallons de se libérer d’un Etat belge de plus en plus mortifère pour la Wallonie.

6. « …Démonstration chiffrée à l’appui, le Pr émérite Jules Gazon (HEC-Liège) prédit carrément l’apocalypse avec un ‘scénario infernal à la grecque’ ! ».  Ce n’est pas de gaieté de cœur que le professeur Gazon aligne des chiffres qui ne sont pas bons pour la Wallonie. Parler d’apocalypse est caricatural car Jules Gazon se refuse à stigmatiser le travailleur wallon qui avec ses qualités est en capacité de s’en sortir à condition d’avoir des dirigeants qui s’attaquent au sous-emploi endémique, à l’hypertrophie politico-administrative, à un taux d’emploi catastrophique et à une faible productivité globale de l’emploi. Ces quatre facteurs stimulants de la productivité sont pour la plupart inhérents à des choix politiques.

7. « Par défaut, Jules Gazon, après avoir testé tous les ‘destins  institutionnels wallons possibles’ et donc éliminé ‘la continuité de la Belgique post 6e Réforme de l’État’ ou encore le ‘confédéralisme belge coquille vide’, s’est converti au rattachisme. » Ici, rien à dire. Tel est en effet la conclusion de Jules Gazon qui a terminé  son exposé par ces mots : « Dire la vérité aux Wallons et les mobiliser pour un destin institutionnel à la hauteur de leur histoire, de leurs mérites et des efforts dont ils sont capables. » Avouez que nous sommes loin d’un discours apocalyptique.

8. « Mystérieux, Robert Collignon livre ensuite un inimaginable scoop ! ». En réalité, Robert Collignon nous a livré une anecdote. Celle d’une conversation à bâtons rompus avec quelques jeunes étudiants flamands. Pas de quoi… en faire un scoop ! L’on sent que le J.I. porte une affection toute particulière à notre Amaytois  qu’il nomme « Le grand homme d’Amay ». Nous aurions préféré que le  J.I. s’attarde à retranscrire la conclusion du discours de Robert Collignon : « Cette autonomie wallonne, cette volonté d’affirmation identitaire ne pourra avoir lieu qu’en

     ° oubliant l’adhésion à un pays moribond,

     ° proclamant son appartenance à la grande culture française, celle des droits de l’homme,

     ° cherchant avec et au sein de la République une union respectant nos particularités, notre passé,

     ° nous débarrassant de tout complexe. »

9. « Hazette, dans une  posture de rattachiste presque gêné, refuse à ce stade de s’exposer, se contentant de ‘porter le message de la raison et de montrer la voie’. » Ici, notre J.I. s’improvise psychologue et détecte chez Pierre Hazette une certaine gêne, un refus de s’exposer.

Bizarre pour quelqu’un qui éprouve une certaine gêne (sic) de faire partie de notre groupe de parrainage dont chaque visiteur de notre site peut trouver les noms. Pierre Hazette est en réalité un sage qui apporte beaucoup à notre mouvement et à la réflexion qui est la nôtre.

10.  Notre J.I. n’a pas compris ou n’a pas voulu comprendre que notre mouvement citoyen est riche de sa diversité, riche de personnes qui ont leur liberté de ton, riche de citoyens qui se retrouvent sur les points suivants :

a) La fin de la Belgique est inéluctable. La crise économique et sociale va susciter un mécontentement citoyen inévitable. La N-VA et ses alliés au gouvernement flamand vont le récupérer. La Belgique confédérale sera sans cesse évolutive dans le sens voulu par la Flandre avec une Belgique coquille quasiment vide, mais dont le peu sera toujours dominé par la Flandre.

b) Une Wallonie indépendante n’est pas viable au niveau de ses finances publiques. Un Etat Wallonie-Bruxelles ne l’est pas pour des raisons politiques (rejeté par 70 % des Bruxellois qui affirment leur identité bruxelloise).

c) Par défaut, la communauté de destin avec la France s’impose. C’est le choix de la raison. C’est aussi le choix de la solidarité interrégionale, du refus de sacrifier deux générations de Wallons sur l’autel d’une Belgique évanescente. C’est enfin notre seul partenaire naturel qui nous permettra d’envisager des économies d’échelle. Une alliance étroite avec la République française s’impose à nous, quel que soit notre attachement à une Belgique que d’aucuns continueront à saboter jusqu’à la faire disparaître…

Echos et mise au point après notre conférence de presse (2)

Dans son édition du vendredi 21 février, le quotidien gratuit « Métro » consacre à notre conférence de presse l’article suivant :

Des anciens ministres embrassent la cause rattachiste

L’Alliance Wallonie-France, mouvement rattachiste né il y a moins d’un an, a défendu hier a Charleroi, dans la perspective des élections, une intégration de la Wallonie à la France tout en maintenant une forte autonomie régionale. Dans ce modèle, les compétences régaliennes de l’Etat belge passeraient à l’Etat français. Celles de la Communauté française aux Régions wallonne et bruxelloise.

L’A.W.F., qui refuse le statut de parti politique, a été porté sur les fonts baptismaux en Assemblée générale en mai dernier. L’ancien ministre-président wallon Robert Collignon (P.S.) et l’ancien ministre de l’Enseignement Pierre Hazette (M.R.) y prennent part.

Ce court article a le mérite d’énoncer des exactitudes à une seule exception : celle de dire que nous ne défendons qu’une seule perspective. Le choix de nos membres ne se limite pas à l’intégration-autonomie, même si celle-ci rencontre l’adhésion d’une majorité d’entre nous. L’AWF se positionne sur un large spectre qui va de l’intégration-assimilation à l’intégration-autonomie en passant aujourd’hui par la patience ardente de Pierre Hazette où nous plaidons pour l’activation des nombreux accords bilatéraux signés entre la Wallonie et la France en 1999 et 2004. Nous comptons sur nos membres pour faire pression dans leurs partis respectifs pour que ces points soient mis à l’ordre du jour. Le vote de nos membres ira aux partis ou aux femmes et hommes qui auront le courage de défendre nos options de communauté de destin avec la France.

Paul D.

Billet d’humour de Jean d’Ormesson

LE FRANÇAIS ? UNE LANGUE ANIMALE…

chèvre«Myope comme une taupe», «rusé   comme un renard», «serrés comme des sardines»… les termes empruntés au monde   animal ne se retrouvent pas seulement dans les fables de La Fontaine, ils sont   partout.

La preuve : que vous soyez fier comme un coq, fort  comme un bœuf, têtu comme un âne, malin comme un singe ou simplement un chaud  lapin, vous êtes tous, un jour ou l’autre, devenu chèvre pour une caille aux  yeux de biche.

Vous arrivez à votre premier rendez-vous fier comme un paon et frais comme un gardon et là , … pas un chat ! Vous faites le pied  de grue, vous demandant si cette bécasse vous a réellement posé un lapin.  Il y a anguille sous roche et pourtant le bouc émissaire qui vous a obtenu ce rancard, la tête de linotte avec qui vous êtes copain comme cochon, vous l’a certifié : cette poule a du chien, une vraie panthère ! C’est sûr, vous serez un crapaud mort d’amour.   Mais tout de même, elle vous traite comme un chien.  Vous êtes prêt à gueuler comme un putois quand, finalement, la fine mouche arrive.

Bon, vous vous dites que dix minutes de retard, il n’y a pas de quoi casser trois pattes à un canard. Sauf que la fameuse souris, malgré son cou de cygne et sa crinière de lion est en fait aussi plate qu’une limande, myope comme une taupe, elle souffle comme un   phoque et rit comme une baleine. Une vraie peau de vache, quoi ! Et vous, vous êtes fait comme un rat.  Vous roulez des yeux de merlan frit, vous êtes rouge comme une écrevisse, mais vous  restez muet comme une carpe. Elle essaie bien de vous tirer les vers du nez, mais vous sautez du coq à l’âne et finissez par noyer le poisson. Vous avez le cafard, l’envie vous prend de pleurer comme un veau (ou de verser des larmes de crocodile, c’est selon). Vous finissez par prendre le taureau par les cornes et vous inventez une fièvre de cheval qui vous permet de filer comme une anguille.  C’est pas que vous êtes une poule mouillée, vous ne voulez pas être le dindon de la farce. Vous avez beau être doux comme un agneau sous vos airs d’ours mal léché, faut pas vous prendre pour un pigeon car vous pourriez devenir le loup dans la bergerie.

Et puis, ça aurait servi à quoi de se regarder comme des chiens de faïence. Après tout, revenons à nos moutons : vous avez maintenant une faim de loup, l’envie de dormir comme un loir et surtout vous avez d’autres chats à fouetter.

Echos et mise au point après notre conférence de presse

Lu sur le site de RTL.be

L’Alliance Wallonie-France prône une « intégration-autonomie » avec la France

Belga | 20 Février 2014 14h48

L’Alliance Wallonie-France (AWF), mouvement rattachiste né il y a moins d’un an, a défendu jeudi à Charleroi, dans la perspective des élections, une intégration de la Wallonie à la France tout en maintenant une forte autonomie régionale.
Dans ce modèle, les compétences régaliennes de l’Etat belge passeraient à l’Etat français. Celles de la Communauté française passeraient aux régions wallonne et bruxelloise, tandis que le gouvernement wallon conserverait ses compétences actuelles augmentées de celles transférées. L’AWF, qui refuse le statut de parti politique, a été portée sur les fonts baptismaux en assemblée générale en mai dernier. Elle dit refuser de s’inscrire dans le « confédéralisme à la sauce flamande ». Le mouvement ne se présente pas aux élections et insiste sur le fait qu’il n’est pas un parti politique. Il revendique des partisans issus de tous les partis – comme l’ancien ministre-président wallon Robert Collignon (PS) ou l’ancien ministre de l’Enseignement Pierre Hazette (MR) – mais aussi de « citoyens non encartés ». (Belga)

Lu ce 21 février dans la version papier du quotidien « La Libre »

Avec la France, mais pas tout à fait

L’Alliance Wallonie France (AWF), mouvement rattachiste né il y a moins d’un an, a défendu jeudi à Charleroi, dans la perspective des élections, une intégration de la Wallonie à la France tout en maintenant une forte autonomie régionale. Dans ce modèle, les compétences régaliennes de l’Etat belge passeraient à l’Etat français. Celles de la Communauté française passeraient aux régions wallonne et bruxelloise, tandis que le gouvernement wallon conserverait ses compétences actuelles augmentées de celles transférées. Le mouvement ne se présente pas aux élections et insiste sur le fait qu’il n’est pas un parti politique. Il revendique des partisans issus de tous les partis comme l’ancien ministre-Président wallon Robert Collignon (PS) ou l’ancien ministre de l’ Enseignement Pierre Hazette (MR) mais aussi de « citoyens non encartés ».

Ces deux articles (et ceux qui leur ressemblent) méritent une mise au point de notre part :

1. Nous tenons tout d’abord à remercier les deux journalistes qui se sont déplacés à notre conférence de presse.

2. Nous sommes conscients qu’ils sont soumis à rude épreuve et que se déplacer à une conférence de presse ou même lire la farde qui leur est destinée leur prend trop de temps à une époque où les modes de communication imposent la rapidité bien avant l’envie de savoir pour ensuite informer leurs lecteurs. Tout doit aller vite et l’agence Belga emploie deux minutes de conversation téléphonique pour écrire un communiqué qui sera ou non relayé par les différents organes de presse.

3. Sans vouloir tomber dans une polémique sémantique, nous aimons affirmer que nous sommes des réunionistes même si ceux qui préfèrent le vocable rattachiste se trouvent très bien chez nous. Parler d’un mouvement citoyen correspond mieux à l’AWF parce que nous réunissons des citoyens particulièrement soucieux de l’évolution de l’Etat belge, des régions flamande et bruxelloise et des conséquences qui en découleront pour la Wallonie.

4. Notre Alliance traite notre avenir avec modération, avec une patience ardente, comme le souligne si bien Pierre Hazette. Nous nous appuyons sur l’expertise d’universitaires, comme Jules Gazon en matière d’économie. L’AWF n’est pas le mouvement d’une seule forme d’intégration à la France comme le dit la presse. La première étape à franchir est de pousser nos membres à obtenir de leurs partis politiques que les accords de coopération nombreux, vastes et ambitieux signés avec la France en 1999 et 2004 soient activés afin de nous permettre de chercher dans les économies d’échelle les moyens d’atténuer les effets les plus pénibles de l’austérité.

5. Certes, beaucoup de nos membres voient aujourd’hui dans l’union-intégration, concept développé par Jacques Lenain, haut fonctionnaire français, la formule qui permettrait de fédérer le plus grand nombre de responsables politiques, sociaux et associatifs, mais aussi de citoyens. Ce projet de communauté de destin de la Wallonie avec la France ferait de nous des Citoyens français à 100 % et non à 50 % comme se plaisent à dire certains. Le titre de la « Libre » est tout simplement erroné. « Avec la France » aurait été un titre plus indiqué. J’invite le journaliste à se documenter sur le concept d’union-intégration.

6. Comme Robert Collignon, nous croyons en une Wallonie qui peut gagner, en une Wallonie qui gagne en thérapie cellulaire, en composites pour l’avion propre, en logistique, en une Wallonie reconnue pour son excellence. Nous sommes un district créatif européen. Il n’y a plus qu’à y croire. Cependant, cette volonté d’affirmation identitaire ne pourra avoir lieu qu’en proclamant notre appartenance à la grande culture française, celle des droits de l’homme, en cherchant avec et au sein de la République une union respectant nos particularités et notre passé et enfin en nous débarrassant de tout complexe.

7. Je terminerai par une citation de notre ami Paul Mélot : « Je sais que je suis, en expression, ultra-minoritaire, mais comme je sais que je ne le suis pas en idées, je me permets de vous parler de mes convictions. »

Paul D.

La Wallonie avec la France en Europe et dans le monde