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La dotation Wellington

Notre ami Claude Thayse adresse un courrier aux journalistes du « Vif-l’Express » Christine Laurent, Gérald Papy et Thierry Fiorelli  qui ont rédigé un article sur Nivelles. 

Votre très intéressant article sur Nivelles m’incite à réagir à propos de la dotation Wellington, voici :

En finir avec cette dette de guerre… que seuls les Wallons payent.

duc WellingtonVous rappelez fort opportunément que le duc de Wellington, « prince de Warterloo », possède encore aujourd’hui 1083 ha, fruit d’une dotation du roi des Pays-Bas en 1815. Cette dotation (accompagnée d’une rente à l’époque) a pris la forme juridique d’un majorat dit « napoléonien ». Si, aux débuts de la Belgique, on n’a pas mis fin aux privilèges du duc parce qu’il ne fallait pas heurter l’Angleterre et que l’enjeu de l’indépendance était plus important, par la suite l’habitude étant prise et, anglophilie et noblesse aidant, on a conservé cette pratique d’ancien régime et même accru ces avantages. En particulier en 1988 lorsque P. Maystadt passa un accord secret avec le duc en vue de la suppression de la rente avec compensation lui faisant ainsi cadeau de 25 ha du territoire national (avec droit de vente, ce qui est incompatible pour un majorat). Le duc restant usufruitier des terres restantes.

Si l’accord scellé lors de la dotation précisait que les terres reviendraient à l’Etat belge lorsque la descendance s’arrêtera, celui-ci a fait preuve d’une grande légèreté depuis. Le majorat (institution complexe du Droit français) est un préciput (le successeur du majorat n’est pas un héritier puisque le majorat ne se trouve pas dans la succession patrimoniale de son auteur) et Napoléon a voulu que l’Etat resta propriétaire des biens en n’accordant la propriété qu’à la condition suspensive de l’extinction de la descendance mâle, et encore par primogéniture. Ce qui aurait déjà légitimé le retour de ces terres puisque lors du décès du 2ème duc en 1884, celui-ci n’avait pas d’enfant et la réversion d’un titre, c’est-à-dire sa transmission à un parent collatéral (comme ce fut le cas à plusieurs reprises) n’a jamais lieu de plein droit en Belgique. C’est une faveur qui doit faire l’objet d’un arrêté royal.

Dans l’hypothèse de la suppression du majorat du duc de Wellington (qui a déjà rapporté plus de 40 millions d’Euros à cette famille depuis 1816), la Région wallonne à qui ces terres doivent revenir, pourrait très bien prendre des mesures en faveur des fermiers et les terres incluses dans un plan de développement durable au bénéfice tant de la collectivité que des fermiers eux-mêmes.

Notons également que le Portugal et l’Espagne ont supprimé les avantages liés aux titres nobiliaires du duc de Wellington et… les Pays-Bas, ceux attribués au Prince Blücher…

Claude Thayse, Nivelles

Francis Delperée creuse la tombe de la Belgique

Hendrik Vuye

Hendrik Vuye est professeur de droit constitutionnel aux Facultés Notre-Dame de la Paix de Namur et député N-VA. Il s’exprime sur le site du « Vif-l’Expresss »

02/10/2014 à 14:06

« Si je prenais le même genre de raccourcis que Francis Delpérée, je l’accuserais de grave atteinte aux droits de l’homme » a répondu Hendrik Vuye (N-VA) aux accusations du chrétien-démocrate.

Le baron-professeur Francis Delpérée (cdH) est un illustre inconnu en Flandre. Cependant, il est en train de se faire un nom en répétant régulièrement – uniquement en français, bien évidemment – que la N-VA est un parti raciste. Cette semaine, il s’est à nouveau laissé aller dans La Libre Belgique et sur Matin Première. Il déclame ses mots, comme nous le faisions en latin à l’époque, et radote sur la N-VA : « un parti belgophobe, europhobe, francophobe, bruxellophobe … raciste ! ». Il prononce ses mots en gesticulant comme un moulin à vent. Seule Joëlle Milquet le surpasse dans cette discipline.

Les déclarations de Delpérée ne sont pas de la petite bière. Qui accuse un autre de racisme à maintes reprises devrait réaliser la portée de ses mots. Delpérée accuse la N-VA d’un délit condamnable. Cependant, si Delpérée est convaincu de sa position, pourquoi ne porte-t-il pas plainte auprès du Centre de l »égalité des chances ? Cher Francis Delpérée, osez joindre le geste à la parole et portez plainte. Si vous ne le faites pas, vous admettrez enfin que vous réalisez que vous racontez des sornettes juridiques.

Attention, je ne reproche rien à Delpérée. Bien au contraire. Dans une démocratie, un parlementaire a le droit de se montrer rude. Il a le droit d’être grossier. Il a le droit de ne pas avoir pleinement conscience de la portée de ses mots. Il a le droit de radoter et de se montrer inintelligent, il a même le droit d’insulter d’autres politiques. Ce sont tous des droits dont Delpérée use sans compter. Grand bien lui fasse, même si ses déclarations sont particulièrement inintelligentes. Je suis démocrate, je respecte l’usage de Delpérée de son droit de liberté d’expression. Cependant, j’ai évidemment le droit de le contredire. Ce droit relève également de la démocratie et de la liberté d’expression.

Qui est derrière les paroles de Delpérée? Est-ce le professeur émérite en droit constitutionnel ou le politique ? Partons à la recherche d’un arbitre neutre, à savoir la Cour européenne des droits de l’homme, dont personne ne conteste l’autorité, pas même Francis Delpérée, même si je ne serais pas étonné qu’il le fasse. La modestie ne figure pas parmi ses principales qualités.

Que dit la Cour européenne des droits de l’homme à propos des partis politiques qui aspirent à l’autonomie ou même à l’indépendance ? Pour cette Cour il s’agit d’un objectif politique équivalent au libéralisme, au socialisme et à la démocratie chrétienne. Il n’existe pas de hiérarchie entre les courants politiques. En outre, la Cour a déjà jugé plusieurs fois que l’aspiration à une autonomie accrue et la défense des intérêts d’un groupe de population n’a rien avoir avec le racisme. Francis Delpérée, cela vous a-t-il échappé ? Qu’à cela ne tienne ! Je me fais un plaisir de le rappeler à mon collègue parlementaire.

Droits de l’homme

Selon la jurisprudence constante de la Cour européenne des Droits de l’homme, un parti politique a pleinement le droit d’aspirer à de nouvelles structures de l’état. La Cour estime également que l’aspiration à l’indépendance n’implique pas du tout qu’on appelle à la violence. Par conséquent, l’aspiration à l’autonomie ne peut être assimilée au racisme.

Si je prenais le même genre de raccourcis que Delpérée, je l’accuserais de grave atteinte aux droits de l’homme, car il néglige le débat politique libre, pourtant une valeur fondamentale de la démocratie. Cependant, ce serait le discréditer. Non, Delpérée est simplement un de ces Belges francophones unilingues qui ne se rend pas bien compte qu’il y a également des Flamands dans la Belgique actuelle. C’est un baron tricolore qui adore faire la leçon – en français évidemment – aux Flamands. La Belgique de Delpérée est celle de 1830, une Belgique où les barons francophones tenaient le crachoir et les Flamands baissaient respectueusement la tête. Cependant, ce temps est révolu depuis longtemps.

Avec ses déclarations, Delpérée creuse lui-même la tombe de la Belgique. Les Flamands n’acceptent pas de telles accusations. Elles sont politiquement fausses, scientifiquement malhonnêtes et crapuleuses sur le plan éthique.

Le portrait acide de l’économie allemande « en déclin »

Un ami attire notre attention sur l’article suivant.

Lu sur le site de Trends Tendances

27/09/2014 à 11:23

Source: Belga

« L’économie de ce pays est en échec. Sa croissance depuis l’an 2000 est plus faible que la moyenne européenne. Les salaires y ont progressé moins vite, et la pauvreté, en hausse, touche un enfant sur cinq ». Bienvenue en… Allemagne.

Ainsi démarre le portrait de la première économie européenne, dressé par l’économiste allemand Marcel Fratzscher, dans un ouvrage à paraître lundi. Au moment où le modèle allemand est encensé dans le monde entier, le président de l’Institut de recherches DIW, à Berlin, comme d’autres économistes de premier plan, veut en finir avec les clichés aussi flatteurs que « dangereux ».

Son pays est « en déclin » et « vit sur ses acquis », explique-t-il dans « Allemagne, l’illusion » (« Die Deutschland Illusion »).

Le revenu moyen d’un ménage allemand a baissé de 3% depuis l’an 2000. La baisse a même atteint 5% pour les 10% les plus pauvres, souligne-t-il.

Certes, l’Allemagne, considérée comme « l’Homme malade de l’Europe », il y a encore une dizaine d’années s’est redressée depuis la crise financière de 2009. Ses près de 200 milliards d’euros d’excédents commerciaux en 2013 témoignent d’une compétitivité exceptionnelle. Le nombre de chômeurs a chuté de plus de 5 millions en 2005 à moins de 3 millions aujourd’hui. L’amélioration des comptes publics a permis à la chancelière Angela Merkel d’adopter un projet de budget 2015 à l’équilibre au niveau fédéral pour la première fois depuis 1969 !

Mais tout cela ne doit pas occulter « les faiblesses fondamentales de l’économie allemande », notamment son « énorme manque d’investissements ». Ces derniers sont passés de 23% du Produit intérieur brut (PIB) au début des années 1990, à 17% aujourd’hui, nettement moins que la moyenne des pays industrialisés (20%).

Pour M. Fratzscher, « le déclin de l’économie allemande va s’accélérer si on ne change pas fondamentalement la politique actuelle ».

« La bulle Allemagne »

Après de mauvais indicateurs ces derniers mois, Olaf Gersemann, chef du service économique du groupe de médias Welt, voit aussi l’avenir en noir, dans un livre paru lundi dernier « La bulle Allemagne ». Pour lui, « L’Allemagne se proclame modèle du monde (…) mais l’orgueil précède la chute ».

Comme M. Fratzscher, M. Gersemann relativise les succès de son pays, qui, sur 20 ans, se classe 156e sur 166 pays pour la croissance. Et si le nombre de chômeurs a baissé de façon spectaculaire, le volume d’heures travaillées n’a pas progressé en Allemagne depuis 20 ans.

L’auteur démonte le mythe des réformes de l’Etat providence, menées au début des années 2000 par le chancelier Schröder, et qui ne sont « pas la raison du miracle de l’emploi en Allemagne ».

Les succès récents du pays viennent plutôt de sa puissante industrie automobile et de ses entreprises de machines-outils, parfaitement positionnées pour profiter de l’essor d’une vaste classe moyenne dans les pays émergents, notamment en Chine.

L’Allemagne a aussi profité de la flambée de consommation chez ses voisins où les salaires progressaient vite quand elle-même se serrait la ceinture.

Enfin, l’effondrement des naissances a « considérablement allégé la facture des ménages et de l’Etat », aubaine à court terme seulement. En 2050, l’Allemagne ne sera plus que la troisième nation d’Europe de l’Ouest, derrière la Grande-Bretagne et la France déjà passées en tête pour le nombre de jeunes scolarisés…

Les Belges s’exilent de plus en plus

Le premier reproche à faire à l’étude ci-dessous est qu’elle parle de Belges, notion qui aujourd’hui ne veut plus dire grand-chose. Connaître combien de Wallons, de Bruxellois et de Flamands décident de s’exiler en Europe et dans le monde serait d’un intérêt bien plus tangible.

bienvenue en FranceLe fait que la France soit la destination préférée des « Belges » expatriés (121 577 sur 461 516) nous permet d’affirmer qu’un grand nombre de Wallons et de Bruxellois de langue française ont choisi de vivre au pays d’Hugo. Il serait d’autre part intéressant de connaître le nombre de nos concitoyens qui ont renoncé à la nationalité belge pour embrasser la française.

Suivent assez logiquement les Pays-Bas dont le mode de vie et l’ouverture d’esprit doivent attirer nombre de citoyens flamands, l’Espagne et son soleil, l’Allemagne en mal d’une main-d’œuvre qualifiée, les Etats-Unis pour le rêve américain et Israël pour des raisons de sécurité évidentes.

Si nous considérons le rapport en nombre d’habitants de 1 à 6 entre les populations belge et française, nous pouvons conclure que l’attractivité de la France pour les Wallons et Bruxellois est bien supérieure à celle qu’exerce la Belgique pour les Français. Cette constatation va à l’encontre de ce que nous disent régulièrement les médias de France et de Belgique qui continuent à véhiculer l’idée que l’impôt belge est bien plus léger que le français, ce qui expliquerait le nombre important de Français qui ont élu domicile en Belgique dans les quartiers chics de Bruxelles ou non loin de la frontière.

Tout le monde n’est pas millionnaire et encore moins à la tête d’une fortune colossale. Rappelons une fois de plus que l’ensemble des classes moyennes et des classes moins favorisées a tout intérêt à être imposé en France plutôt qu’en Belgique.

Et si cette augmentation importante du nombre d’exilés belges était due à la situation politique belge qui reste des plus instables ?

Paul D.

Source: Belga

Le nombre de Belges habitant hors de nos frontières a atteint un niveau record, cette année. Avec 403.641 personnes inscrites à l’étranger, on peut constater une hausse de 22.189 unités par rapport à 2013.

Un nombre qui s’élève même à 461.516 si l’on tient compte des personnes non-inscrites dans ces pays, rapporte Sudpresse mercredi. La différence entre les deux représente « ces Belges dont on sait qu’ils habitent dans le pays, mais qui ne sont pas inscrits officiellement dans le poste », explique Joren Vandeweyer, du SPF Affaires étrangères.

Si l’on compare ce bilan à celui des années antérieures, on peut remarquer une hausse de 5,8% par rapport à la même période l’an passé. Mais c’est aussi 21% de plus qu’il y a 5 ans, et 37% de plus qu’il y a 10 ans.

Dans le classement des destinations privilégiées, les pays frontaliers occupent le top. La France arrive en tête. Elle accueille plus d’un quart des Belges (121.577) partis vivre à l’étranger. Suivent les Pays-Bas, l’Espagne et l’Allemagne. Les États-Unis, premier pays hors Europe de ce classement, occupent la cinquième position, avec 25.907 Belges. Israël clôture le Top 10, avec 9.907 Belges installés sur son territoire.

L’heure solidaire

Hervé Gourdel, guide de haute montagne, était un homme particulièrement apprécié pour ses qualités humaines.

Hervé gourdel

L’assassinat de Hervé Gourdel est un choc. Rien ne justifie un tel meurtre. Ceux qui l’ont commis, en s’attaquant à un homme sans défense, ne se sont pas comportés en guerriers mais en lâches.

L’Alliance Wallonie France se joint à la République française pour observer le deuil de trois jours décrété.

L’heure est à la solidarité nationale avec nos amis français…

Et si on voyait les choses autrement ?

Il est toujours plus facile de hurler avec les loups. Pas besoin d’argument. Rendre hommage à un président dont l’impopularité bat tous les records, cela peut surprendreFrançois Hollande 2. On attend ça d’un ami, quand il en reste, ou d’un humoriste. Apparemment, le chroniqueur Xavier Zeegers n’est ni l’un ni l’autre, il n’est même pas français, mais il prend la défense de François Hollande et de la France que « Flanby » incarne aujourd’hui. Ce qui ne gâte rien, sa chronique a été publiée sur le site de la Libre.

Et si on voyait les choses autrement ?

Hollande bashing: « La France a voté, qu’elle assume son choix! »

Mensonge, ingratitude, cynisme, surestime de soi, absence de scrupules, autoritarisme : et si la faiblesse du président français était de ne pas avoir ces défauts-là, si utiles en politique ?

A bientôt mi-mandat, la présidence de François Hollande ressemble aux premiers vers d’Alfred de Musset, dans « Nuit de mai » : les plus désespérés sont les chants les plus beaux, et j’en sais d’immortels qui sont de purs sanglots. Elu en mai, son avion fut foudroyé dès le premier jour par un orage et dut redescendre en catastrophe, comme si les augures grecs s’en étaient mêlés. Depuis, ses électeurs devenus déserteurs sanglotent de remords et le vouent aux gémonies. A force de descendre si bas dans les sondages, il finira par trouver du pétrole disait-on à propos de Raymond Barre à qui l’Histoire a rendu justice. Hollande se trouve plutôt dans la fosse des Marianne, lieu le plus profond du monde (- 10 994 m) où la pression est de 1 100 atmosphères. Il semble y résister, en compagnie des organismes dits piézophiles. Il reste de marbre. Et il a bien raison !

Les sondages ? Il n’y en a qu’un, celui de l’élection elle-même. La légitimité sort des urnes, pas des instituts, pas de la rue, pas des micro-trottoirs. L’obsession de la popularité relève du narcissisme, propre aux tyrans, et diriger c’est voir au-delà de la prochaine élection, donc vers l’intérêt commun plus que son propre destin. Le chemin politique ne se résume pas à faire campagne, c’est plutôt un chemin de campagne ou pullulent des Pitbulls prêts à mordre sur l’homme qui marche au lieu de l’aider; parfois un vrai calvaire. Hollande s’est fixé une barre très haute : si j’échoue sur le chômage, dit-il, je ne me représenterai pas. Voilà un panache qui tranche admirablement avec ces pays où, malgré leur bilan calamiteux, des satrapes prédateurs s’accrochent aux ors et aux vanités, foulant aux pieds une Constitution servant de carpette avant d’enfoncer la porte. La France a voté : qu’elle assume son choix ! Une bronca ne fait pas le poids, et que les citoyens se souviennent qu’en juin 40, à Londres, de Gaulle ralliait 1 % de la population, tandis que Pétain était au sommet d’une gloire nauséabonde.

Son manque de leadership ? Mais il faudrait demander aux Maliens qui ne craignent plus d’avoir les mains coupées, aux Centrafricains au bord de la guerre civile, et aux chrétiens d’Orient soutenus par les cardinaux français, s’ils sont déçus par la France et son chef ! L’intervention en Libye ? Si c’était une erreur, ce fut celle de son prédécesseur.

La gestion de ses amours ? Maladroite, certes. Il se peut qu’il soit un goujat, un cœur d’artichaut voire même un beau salaud si l’on en croit sa toute dernière ex, qui découvre tardivement le mot cruel de Guitry : au soir de leur mariage, combien de femmes ne sont-elles pas déjà veuves du mari qu’elles avaient imaginé ? Mais au fait, il ne s’est jamais marié, et puis ouvrir les placards d’un vulgaire vaudeville pour que des voyeurs matent les draps chiffonnés d’un lit devenu champ de bataille, quelle bassesse ! Honte à elle et ses lecteurs. Mais revenons aux choses sérieuses.

Son impuissance, finalement ? Sur ce point, Alix de Saint-André a tout dit : « J’assistai à une conférence sur le thème de la politique soumise à l’intelligence. Les orateurs évoquèrent leur formidable rêve de jeunesse d’une gauche non communiste à laquelle ils avaient consenti tant d’efforts et d’enthousiasme, de temps, de prises de risques, et qui n’avait débouché que sur une nouvelle branche du vieux parti radical-socialiste. Ils se saluaient sans amertume, comme dans une réunion de famille. Ces Mendès, Delors et Rocard ne manquaient pas d’intelligence, que du contraire, mais ils n’avaient pas les névroses et nombreux défauts nécessaires pour réussir en politique : mensonge, ingratitude, cynisme, surestime de soi, absence totale de scrupules, autoritarisme… » (1)

Et si la faiblesse de Hollande, dont nul ne nie l’intelligence et l’humour (signe de santé) était de ne pas avoir ces défauts-là, justement ? Voilà qui mériterait une solide réflexion plutôt que le bâton.

(1) Dans : « Garde tes larmes pour plus tard », Gallimard 2013.

Recherche premier ministre wallon

Petite annonce : « l’AWF recherche un premier ministre wallon, mais un vrai, pas de ceux qui ont le regard rivé sur ce que dit ou pense la Flandre. Un premier ministre wallon qui ait un véritable projet pour la Wallonie. Faire offre sur ce site. Réponse assurée ! »

Autre annonce, de plus grande importance : Karel De Gucht n’imagine pas la Belgique sans un premier ministre flamand.

De Gught« Cela fait dix ans que je le répète: dans un pays comme la Belgique où il y a une majorité flamande, il faut un Premier ministre flamand. Ne pas avoir un Premier ministre flamand serait mauvais pour la démocratie belge dans son ensemble. »

L’interview de Karel De Gucht est sur le site du Vif/L’Express.

“Il faut dire aux Français que leur pays est un paradis”

Souvent, nous disons sur notre site que nous savons pertinemment bien que la France n’est pas le paradis sur terre pour tous les Français. Autre chose est de dire la vérité aux Français, notamment par rapport au « french bashing » pratiqué par une certaine presse anglo-saxonne, mais aussi par les médias hexagonaux dont certains ajoutent un véritable « Hollande bashing » relevé samedi soir par Laurent Ruquier, pourtant peu habitué à passer la brosse à reluire quand il s’agit des Présidents de la République française, dans son émission « On n’est pas couché ».

Beaucoup d’entre nous savent que la France reste un pays bien agréable à vivre, soit parce qu’ils sont allés grossir le bataillon de Wallons et de Bruxellois de langue française qui ont décidé d’y installer leur résidence principale ou secondaire, soit parce qu’ils aiment y passer leurs vacances et y retrouver leurs amis, soit encore parce qu’ils vont y voir leurs enfants qui travaillent en France ou ont épousé un conjoint d’Outre-Quiévrain.

Cette fois, c’est une journaliste portugaise qui nous donne son sentiment sur la France, ce pays qui laisse rarement indifférent et que d’aucuns se complaisent à dénigrer.

Paul D.

Paris est ma ville passion mais j’ai une préférence pour trois régions en particulier selon les saisons : en été, j’aime la Bretagne avec à son extrémité le Finistère, fin de la terre et début de l’inconnu, pour des lieux tels que Roscoff et la pointe du Raz, qui me rappellent, par les couleurs sombres de leurs roches, la côte nord du Portugal.

CorseEn automne et au printemps, mon cœur balance entre la Corse – l’île de beauté a un “je-ne-sais-quoi” spécial –, et le Périgord, pour la chaleur de ses habitants, ses longues tablées, sa gastronomie généreuse, ses châteaux, son histoire anglo-française à chaque coin de route et ses feux de cheminée.

A l’arrivée en France, dès que vous montez dans un taxi à Roissy ou à Orly, vous reconnaissez tout de suite quelque chose. Quel que soit l’accent, vous retrouvez cette réserve à la française, parfois teintée d’humour. Il ne s’agit pas ici de flatter vainement, mais bien de ce que j’éprouve face à un pays riche d’une merveilleuse mixité culturelle. Attention cependant à ne pas minimiser les énormes difficultés auxquelles ses habitants font face.

J’en parlais il y a peu avec un ami brésilien, la France est un paradis. Il faut le dire plus souvent aux Français, qui semblent parfois l’oublier. Quant aux vacances portugaises, que l’on prend d’un seul tenant, elles sont souvent littorales et familiales. On lézarde sur la plage plus qu’on ne cherche à découvrir l’arrière-pays.

La météo a sans aucun doute une part de responsabilité. Les vacances “bleu-blanc-rouge” sont quant à elles plus morcelées, sans doute de par la flexibilité des congés accordés. Grâce à elles, les Français sont plus libres et indépendants. Elles sont indéniablement plus culturelles et dynamiques.

Ana Navarro Pedro – Correspondante à Paris du magazine Visão (Portugal)

Cet article est repris sur le site du Courrier international.

De gauche et flamingant : c’est quoi le problème ?

Très souvent, nous nous sommes exprimés pour regretter que l’on attribue le nationalisme flamand à la seule N-VA. CD&V, Open-VLD portent avant tout la Flandre en eux. Ils se servent de la Belgique quand celle-ci peut servir les intérêts de leur nation en devenir.

Ludo Abicht nous rappelle très opportunément que cet ADN flamand est également porté par une bonne partie de la gauche flamande. Un homme politique comme Bert Anciaux, SPa, digne fils de Vic Anciaux, est un des fers de lance de ce mouvement flamand en perpétuel développement.

Quand donc les responsables politiques et sociétaux wallons et bruxellois de langue française auront-ils le courage de reconnaître cette évidence et d’en tirer les conséquences pour l’avenir de leur région respective ?

Paul D.

Ludo AbichtDe gauche et flamingant : c’est quoi le problème ?, demande Ludo Abicht, philosophe flamand et membre de Gravensteengroep. Son opinion a été publiée dans Knack.    

(…) Celui qui ne regarde pas l’histoire de Flandre par la lorgnette de l’idéologie peut… difficilement nier qu’il s’agit ici d’une véritable lutte d’émancipation des petites gens et qu’on a là un héritage qui ne peut être relégué au placard, du moins lorsqu’on cherche à comprendre la société dans laquelle on vit. Que cette émancipation s’est faite pratiquement sans violence, ce qui sous-entend par pression politique, à l’aide de loi et au moyen de l’enseignement, rend peut-être l’histoire moins héroïque, mais pas moins intéressante dans le contexte international d’aujourd’hui. Lorsqu’on regarde en Europe la floraison de nombreux mouvements indépendantistes, et ce, que ce soit en Écosse, en Catalogne au Québec, ce sont des mouvements progressistes et dans certains cas bien à gauche.

C’est donc mal connaître le monde que de dire que tous les mouvements régionaux et nationaux sont par nature régressifs et conservateurs. Ne trouvant leur place sur l’échiquier politique qu’entre la droite respectable et l’extrême droite. (…) Si le mouvement flamand veut jouer un rôle de libérateur, il doit se placer comme figure de proue pour une solidarité internationale et bien entendu se faire la voix de tous ceux qui souffrent de discrimination, de mépris et de racisme.

Pour une lecture plus complète du texte de Ludo Abicht, aller sur le site du Vif/L’Express.

Un sursaut, peut-être

Au royaume de l’éphémère, on aspire à l’éternité. Aussi vrai que Wight is Wight Dylan is Dylan, la Belgique sera toujours la Belgique. Enfin, il y en a qui le pensent (si on peut dire). Alors que le sort de l’état belge est plus que jamais entre les mains des nationalistes flamands, la Belgique est, paraît-il, dans tous les esprits francophones. On ne voit pas de limite à ce que la population wallonne serait prête à accepter pour rester belge. En tout cas, nombreux sont les Wallons qui rejettent l’idée même d’un conflit d’intérêt avec une Flandre au caractère affirmé, fort, dominant, car, dans leur faiblesse, ils veulent croire en l’indéfectible unité de la Belgique.

Il est surprenant, dès lors, que, de la société civile wallonne, des milieux universitaires wallons, habituellement si discrets, monte la voix d’un expert qui, tout à coup, dénonce une injustice dont la population wallonne pourrait souffrir.

Damien ErnstQuand Damien Ernst, professeur en électromécanique à l’ULg, a découvert le plan de délestage annoncé par l’actuel ministre de l’Intérieur en cas de pénurie d’électricité cet hiver, il a ressenti comme un choc électrique. Selon lui, « 72% des postes wallons pourraient être coupés, contre 38% en Flandre », ce qui n’est pas juste (on insiste). On lui a répondu que le déséquilibre entre la Flandre et la Wallonie s’expliquait par des raisons techniques et, parce qu’il a dit que c’était des couillonnades, on a fini par lui donner raison. La secrétaire d’Etat à l’Energie a imposé une correction sévère au plan communiqué par le ministre de l’Intérieur. Tout simple. Il suffisait d’avoir la lumière et l’énergie. Catherine Fonck a sans doute reçu l’aval de son parti pour désavouer Melchior Wathelet, dont la faiblesse apparaît de plus en plus criante. Le cdH n’a plus aucune raison de faire des cadeaux à la Flandre.

Avant cette correction ministérielle, Dubus avait caricaturé la Belgique à sa façon… plus vraie que nature (voir ici sa caricature).

Et Luc Gennart ?

Luc GennartOn se souvient qu’en 2010, le commandant de la base aérienne de Florennes, le colonel Luc Gennart, fut relevé de ses fonctions pour avoir dénoncé publiquement la flamandisation de l’armée belge. Il fut embrigadé par le MR et, tandis que la Belgique se cherchait toujours un gouvernement fédéral, il fit savoir qu’il était candidat pour devenir le ministre de la Défense après les élections législatives de 2014. Pourquoi pas ? Dans l’hypothèse de la coalition « suédoise », le MR disposerait de tellement de postes ministériels que Luc Gennart pourrait sans doute y faire valoir ses qualités d’expert, d’autant plus qu’il est question de remplacer les avions de combat de l’armée belge.

Il serait intéressant de voir comment Luc Gennart infléchirait les choix de l’actuel ministre de la Défense. Pour rappel, le très flamand Pieter de Crem, aussi partisan d’une armée belgo-hollandaise… souhaite toujours autant équiper l’armée de l’air belge avec l’avion de combat américain, le F-35 de Lockheed Martin, en dépit de l’inflation du prix de cet appareil qui cumule également les déboires techniques et technologiques. Mais pourquoi ce choix alors qu’il existe pourtant trois avions de combat européens – Eurofighter (BAE Systems, Airbus Group et Finmeccanica), Gripen (Saab) et Rafale (Dassault Aviation) ? (lien)

On n’est pas sûr, toutefois, que le MR pense à Luc Gennart pour occuper le poste de ministre de la Défense car, entre-temps, l’ancien commandant de la base aérienne de Florennes est devenu… échevin de la ville de Namur.

G.R.