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Nous vivons un 11 septembre français

 Moi, Wallon de Liège, je suis un Français d’esprit, de cœur et de tripes, comme j’aime le dire à mes amis. Depuis une semaine, je suis en souffrance. Je vis un véritable 11 septembre français et le moment d’émotion et de rassemblement passé, je me demande ce Ahmed Merabetque sera ma France demain. Une chose est certaine : elle ne sera plus la même.

Je retiens trois hypothèses :

1 Est-ce la France identitaire qui l’emportera avec le renforcement des communautarismes, le repli sur soi, la peur , l’incitation, parfois sournoise, à la haine, au rejet de l’autre qui ne pourra mener qu’à une France fractionnée en perpétuel affrontement ?

2 Est-ce la France des « bisounours », celle du « tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil », celle du politiquement correct  qui minimisera l’importance du développement d’états islamiques prêts à endoctriner des jeunes ou leurs parents en manque de repères et de culture, de les entraîner au maniement des armes puis de les envoyer dans leurs pays d’origine pour multiplier des actes de terrorisme, de véritables opérations assassines envers les « infidèles » ?

3 Est-ce la France des Valeurs républicaines (Liberté, Egalité, Fraternité), celle des Lumières, celle de la Révolution des Droits de l’Homme et du Citoyen qui parviendra à rassembler, à imposer les mêmes droits, mais aussi les mêmes devoirs à tous ses citoyens par l’éducation civique d’abord, mais aussi par une répression qui soit à la mesure des plans machiavéliques des ennemis du libre-examen ?

L’élan donné par la marche pacifique et digne de plus de 4 millions de citoyens français doit être le début d’un élan républicain pour une liberté d’expression qui passe par-dessus  tout dogme, toute religion ou tout intégrisme. Cet élan ne doit pas être la simple expression d’une émotion qui a atteint son paroxysme. Il doit répondre aujourd’hui à des lois qu’il appartient aux élus de mettre en adéquation avec les défis de notre époque.

Je veux aujourd’hui être optimiste parce que j’ai entendu nombre d’adultes qui ont, de République à la Nation, participé à la marche en famille afin d’inculquer à leurs enfants les Valeurs de la République, celles qui font l’honneur de la France.

Paul D.

Depuis mercredi, j’ai lu des dizaines de textes. Parmi ceux-ci, j’en ai retenu un,  » Charlie et les Musulmans « ,  de Nadia Geerts, qui me semble bien correspondre à ce que nous voudrions que notre société soit.

 

Ces derniers jours, comme ce fut le cas à intervalles réguliers depuis le 11 septembre 2001, un débat agite la toile : celui de savoir s’il faut que les musulmans s’expriment, se désolidarisent, se distancient de l’attentat commis contre Charlie Hebdo ce 7 janvier 2015.

Certains s’indignent qu’une telle idée puisse effleurer qui que ce soit de sensé, partant d’un principe qui m’est cher, selon lequel la citoyenneté surpasse tout, et qu’on ne peut à la fois se réclamer des idéaux universalistes républicains et renvoyer les musulmans à leur supposée communauté, le tout en les sommant de s’en dégager.

D’autres estiment qu’il est du devoir de tout musulman de clamer haut et fort qu’il est Charlie, afin qu’aucun doute ne puisse subsister sur sa loyauté première.

Ma position en la matière est plus nuancée.

1. J’estime que nul n’a à décider pour quelqu’un qu’il est musulman (sur base de son physique, de son patronyme, de son origine ethnique…) et à l’assigner de ce fait à prendre position. Ce serait en effet à peu près aussi absurde que de considérer que tous les « blancs » sont catholiques et donc complices de la pédophilie de certains prêtres. En ce sens, l’interpellation de Rokhaya Diallo par Ivan Rioufol est choquante, puisqu’il a, selon ses propres mots « sommé » la journaliste, musulmane, de se désolidariser des attentats, suscitant ses larmes et sa colère :

« Je me sens visée. J’ai l’impression que toute ma famille et tous mes amis musulmans sont mis sur le banc des accusés. (…) Est-ce que vous osez me dire ici que je suis solidaire ? (…) Vous avez vraiment besoin que je verbalise que je suis aussi choquée que vous ? (…) Je suis extrêmement choquée par ce que vous êtes en train de dire, Ivan Roufiol. »

2. J’estime également que, dans une société idéale, les appartenances communautaires – qu’elles soient religieuses, ethniques, sexuelles,… – seraient subsumées par une seule et même appartenance citoyenne. Il n’y aurait alors plus de noirs, de juifs, de femmes, de vieux, de roux, de roms ni de musulmans, mais seulement des hommes, des citoyens libres et égaux en dignité et en droits dont nul ne s’aviserait d’attendre qu’ils s’expriment autrement que comme tels. C’en serait enfin fini de la valse des étiquettes, des assignations identitaires et du repli communautaire, et nous pourrions vivre en paix dans une douce indifférence à nos différences, pénétrés de l’importance et de la beauté de ce qui nous rassemble.

3. Mais nous ne vivons pas dans ce monde idéal. Dans notre monde, des gens se font exploser dans des tours ou des trains pour combattre un Occident dégénéré et mécréant. Dans notre monde, des gens vocifèrent par milliers dans les rues du monde entier pour dénoncer les caricatures qu’un dessinateur danois a faites du prophète Mahomet. Dans notre monde, des fous de Dieu abattent froidement des hommes parce qu’ils étaient libre-penseurs ou juifs. Dans notre monde, des élèves justifient ces crimes au nom d’un relativisme malsain, sur l’air du « Ils l’ont quand même un peu cherché… ». Et ces gens le font au nom de l’islam et du respect qui lui serait dû.

J’aimerais qu’ils ne fassent rien de tout cela. J’aimerais que personne ne commence plus jamais une phrase par « Moi, en tant que musulman… » – ou en tant que juif, ou en tant que femme, ou en tant que belge,… lorsqu’il s’agit de défendre des principes. J’aimerais que ce soit notre humanité qui s’exprime, et rien qu’elle.

Mais on n’en est pas là. Et je comprends, et je partage l’inquiétude de ceux qui voyaient hier des milliers de musulmans descendre dans les rues « en tant que musulmans » pour crier leur révolte qu’on ait caricaturé leur prophète, et qui aimeraient assister à une telle mobilisation pour que, de la même manière, des milliers de musulmans dénoncent les crimes odieux commis au nom de l’islam.

Certains le font. Des intellectuels, des dessinateurs, des responsables de mosquées font entendre leur voix, disent que c’est intolérable. J’ignore si c’est suffisant.

Je pense que notre société démocratique vient de subir un choc terrible. Certains ont parlé d’un 11 septembre français, et personnellement, je le vis comme ça. Des gens sont morts parce qu’ils pensaient librement, parce qu’ils exorcisaient les démons de l’humanité par le rire, parce qu’ils étaient pleinement humains. Je ne sais ce qu’il est juste de demander à nos concitoyens musulmans. Je pense, plus exactement, que nous n’avons certainement pas à les sommer de dire quoi que ce soit, mais que nous avons un besoin urgent qu’ils aient la maturité de prendre la parole pour nous rassurer, pour que demain nous puissions faire encore société ensemble.

Je m’opposerai toujours à quiconque désignera qui que ce soit nommément parce que supposé musulman, le sommant de se distancer. Mais je remercie d’ores et déjà du fond du cœur tous ceux qui comprendront que lutter conte l’islamisme et ce que certains appellent « islamophobie » passera nécessairement par l’établissement d’un cordon sanitaire strict vis-à-vis des adversaires de la liberté. En ce compris la liberté de basphémer. Aujourd’hui, nous avons plus que jamais besoin de leur aide.

Nadia Geerts

INSOUMISSION

Le site de l’AWF se veut être un espace de dialogues, de réflexion, loin du prosélytisme, loin des raisonnements binaires où d’un côté existe LA VERITE et de l’autre LE MENSONGE ou l’ERREUR. C’est dans cet esprit que nous vous soumettons le texte écrit par notre ami Roland Douhard.

Rien de ce qui se passe en France ne peut nous laisser indifférent. La France paye son courage face à l’islamisme politique. Où en serions-nous aujourd’hui si nos amis français n’étaient pas intervenus au Mali ? Imaginez que les forces d’Al-Qaïda aient pu atteindre les rives de l’océan atlantique ? Où était l’Europe en cette occasion ?

Paul Durieux

Ce matin, Bernard-Henri Lévy écrivait qu’il faudra que l’islam se débarrasse de l’islamisme. Voilà une vérité qui ne fait aucun amalgame, puisqu’elle fait la part entre la religion et l’idéologie, mais qui a le mérite de demander aux musulmans de mettre l’islamisme hors la loi coranique.

Le 25 août dernier, sur le site du magazine « Regards », du Centre Communautaire Laïque Juif (CCLJ), j’écrivais ce qui suit. C’est un peu long, mais je demande à être lu jusqu’au bout pour être compris:

Islam ou islamisme, il faudra choisir, choisir entre le vivre-ensemble, la démocratie ou la haine de l’Autre et la guerre des valeurs. Toute société possède ses règles de vie commune. La nôtre ambitionne de conjuguer les siennes en affirmant les principes de l’Etat de droit. Ce qui signifie que chaque citoyen est pourvu de droits pour lui-même et les siens et de devoirs envers ses semblables. Parmi ces règles, l’expression libre des opinions et le respect de celles des autres.

Une caricature, tout comme un texte, véhicule idées, valeurs sur le mode du rire et de la distanciation. Elle n’est donc pas neutre. Il est dans l’ordre des choses qu’elle puisse heurter ou choquer les esprits les plus engagés ou les plus faibles. L’histoire de ce genre graphique est jalonnée d’exemples plus irrévérencieux les uns que les autres. L’essentiel est que ces dessins – ce ne sont que des dessins – aux codes implicites et connus – il s’agit de regards personnels interpellant, à fonction grossissante, de second degré – soient publiés dans un contexte identifié d’humeur et d’humour, indirectement lié à l’information. Le reste est affaire d’appréciation ou de critique.

Les menaces verbales, voire physiques de certains excités et imbéciles à l’encontre des dessinateurs et chroniqueurs libres sont discréditées par leur nature même et renforcent, malheureusement, l’image d’un islam intolérant. Pour certains, les caricatures danoises et de Charlie Hebdo sur le Prophète, dans le contexte d’intervention occidentale en Afghanistan, en Irak, en Syrie, au Mali étaient et demeurent inopportunes. Question de point de vue. Mais étaient-elles, sont-elles illégitimes et fausses pour autant ? Tournons le dos au discours dominant et à la pensée correcte. Si les cerveaux lobotomisés islamistes entendent briser la démocratie, les esprits chagrins et bien pensants dénoncent quant à eux le « délit de blasphème ». Ils entendent ainsi culpabiliser et, in fine, bâillonner la liberté d’expression, la liberté tout court. Celle notamment, en toute lucidité et bienveillance, d’interroger les musulmans sur certains passages du Coran.

Exemple: Sourate XLVII, Mohammad, versets 4, 5 et 37: « Lorsque vous rencontrez des infidèles, tuez-les et faites-en un grand carnage, et serrez fort les entraves des captifs. Ensuite vous les mettrez en liberté, ou les rendrez moyennant une rançon, lorsque la guerre aura cessé. agissez ainsi (…). Ne montrez point de lâcheté, et n’appelez point les infidèles à la paix quand vous êtes les plus forts, et que Dieu est avec vous; il ne vous privera point du prix de vos œuvres. »

Des millions de pratiquants sincères sont nourris de cette littérature, qui date, rappelons-le, du 7ème siècle. Dans certaines mosquées, de plus en plus sur Internet et les réseaux sociaux, les discours d’Imams autoproclamés et d’incultes en appellent au djihad, non au sens de l’effort sur soi, comme le rappellent nombre de sages oulémas, véritable étymologie du mot, mais bien au sens de la guerre sainte. Le problème n’est pas l’islam, religion d’amour et de paix, à maints égards, mais la lecture littéraliste du texte coranique. Il n’est donc pas étonnant que, parmi la multitude pacifique des musulmans (1 milliard 500 millions de personnes dans le monde) se trouvent des dizaines, voire des centaines de milliers de radicaux qui enfantent en leur sein les quelques milliers de fanatiques assoiffés de sang et de vengeance. Ils veulent « réparer » les crimes, bien réels, que l’Occident chrétien a commis en terre d’islam depuis des siècles – les Juifs en ont payé relativement le prix au centuple, vu leur nombre limité – L’histoire des croisades est enseigné dans beaucoup d’écoles coraniques (shihoni), comme l’honneur perdu du Livre du Prophète.

Ils veulent aussi « purifier » le monde, en lui imposant une Charia (Loi) vue par une tradition nourrie aux sources du salafisme sunnite. Le terrorisme des islamistes, dont sont d’abord victimes les musulmans eux-mêmes, à l’action sur tout l’arc moyen-oriental, y compris à Gaza, n’est certes pas l’oeuvre des masses islamiques. Mais le texte référentiel lui-même, en certains passages, sans l’indispensable travail d’historicité et d’interprétation moderniste, par une approche littérale, dogmatique et non contextualisée, peut rendre le projet et l’acte criminels souhaitables et légitimes. Il serait temps que des esprits lucides et courageux, à l’instar d’un Malek Chebel, qui en appelle à la rupture avec le discours théologique, dépoussièrent le Coran et s’inspirent des maîtres éclairés de l’islam.

Songeons à Avicenne, qui se mesure aux Anciens Grecs et Romains et fonde l’islam philosophique avec Averroès, qui, lui, demande à l’Homme d’éclairer sa croyance à l’aune de la raison. Songeons à Ibn Khaldoun, qui situe la religion dans son historicité. Il serait temps en effet de faire vivre les religions en tant que pensée et pratique sociales évolutives, non figées dans le marbre dogmatique d’une lecture obsolète et liberticide. Ainsi, les modernistes qui refusent la congélation de leur croyance, refus dont ils ont besoin et le monde avec, indiqueraient aux peuples musulmans, désireux de justice, la seule voie possible d’une coexistence non violente entre les sociétés humaines et leurs systèmes de représentation religieux et philosophiques. Cet aggiornamento théologique des termes et fonctions de la pensée religieuse en islam, nécessaire aussi dans d’autres traditions, se révèle comme le chantier principal de ce début du XXIème siècle.

Ce travail d’affranchissement est en réalité affaire de tous. Le dialogue entre les monde séculier, laïque et régulier et confessionnel doit accompagner ce travail de mise à jour permanent, non comme une tentation de contrôle du temporel sur le sacré, mais comme un enrichissement à l’oeuvre humaine et un progrès vers l’émergence d’une humanité plurielle, par ses cultures, mais indivisibles par sa nature.

Les évangélistes américains, qui nient la théorie de l’évolution darwinienne et orchestrent une croisade contre la science ne sont pas en reste d’intégrisme et d’obscurantisme. L’enjeu n’est autre que la suprématie de l’irrationnel et du dogme, devenus vérité, sur les esprits « pervertis » par la raison. Changer de paradigme, voilà le « projet intelligent ». L’hostilité de beaucoup d’Américains de voir s’édifier un centre culturel musulman dans le quartier de « Ground zéro », où les tours jumelles se sont effondrées, le 11 septembre 2001, sous les coups du terrorisme d’Al Quaïda, est révélateur d’un rejet frontal de l’Autre. Cette attitude, tout comme celle de l’Etat islamique, à des degrés différents, est porteuse d’un conflit de civilisations. Le président américain, Barack Obama, protestant, et l’ancien maire de New York, Michaël Bloomberg, juif, ont tous deux compris le danger d’une telle posture d’exclusion, en se prononçant pour la construction de la mosquée.

Même le judaïsme, pétri pourtant de mémoire et ouvert à la contradiction dialectique, qui fait du respect de la Loi et de la liberté du commentaire, c’est-à-dire de l’interprétation, les bases de son identité, n’échappe pas, en ses extrêmes, à la tentation radicale. Souvenons-nous que c’est un Juif, Ygal Amir, enivré d’une haine transmise dans une école talmudique (yéshiva), qui a assassiné le premier ministre israélien, Yitzhak Rabin, dont le crime n’était autre que d’avoir signé un accord de paix avec les Palestiniens de l’OLP. Souvenons-nous, plus récemment, du lynchage ignoble d’un jeune Palestinien, brûlé vif, par une bande de cinglés juifs, aujourd’hui en prison, tout comme Amir, afin de venger l’assassinat écoeurant de trois adolescents juifs israéliens. C’est dire les défis à venir. A défaut, Samuel P. Huntington aurait eu raison d’annoncer, sans s’en réjouir, l’avènement du choc des civilisations, pour ne pas dire, de guerres de civilisations, sous couvert d’idéologies religieuses monstrueuses.

J’ajoute aujourd’hui, que les dessinateurs massacrés de Charlie Hebdo nous ont montré et demandé, par leur rire, leur insolence et leur liberté, de ne pas nous soumettre. Ce n’est donc pas de cette sorte d’abaissement dont nous avons besoin, comme le dernier roman de Michel Houellebecq le laisse entrevoir, mais bien d’insoumission, d’insoumission à tous ordres qui auraient la folle idée nous voir à genoux.

Roland Douhard.

Ce 08 janvier à 12.00, solidarité Wallonie – France

La Wallonie aussi a observé un moment de recueillement ce 08 janvier à midi. Ci-dessous, un simple exemple de cet élan de solidarité que nous envoient Pierre et Josette Mélot.

Chers amis français (de Payzac et d’ailleurs) et quelques autres,

L’émoi est immense à Liège, notre ville où nous nous trouvons en ce moment, après l’attentat commis hier au siège de Charlie Hebdo. Partout des rassemblements, des prises de position, des communiqués qui témoignent de l’écoeurement face à un acte aussi abject et de la sympathie à l’égard des victimes, de leurs proches et, plus largement, du peuple français dont nous sommes si proches.

Ci-joint, le communiqué qui a été affiché (à notre initiative) dans le hall d’entrée et les ascenseurs de notre immeuble (30 appartements) au quai de Gaulle à Liège et qui a recueilli l’approbation générale des occupants.

Cordialement

Pierre et Josette Mélot

Message de sympathie à nos ami(e)s français(e)s

qui cohabitent avec nous dans la Résidence Mosane

 Après l’ignoble attentat perpétré hier, le 7 janvier 2015, contre le siège de l’hebdomadaire « CHARLIE HEBDO » à Paris au cours duquel plusieurs journalistes, dessinateurs et employés du périodique ainsi que des fonctionnaires de police ont été sauvagement assassinés, nous invitons les occupants de notre immeuble à répondre à la demande formulée par le président François HOLLANDE.

 Comme tous les Français de la République française, nous aurons un moment de recueillement, ce 8 janvier à midi, en mémoire de ces héros de la libre opinion et de la libre expression, valeurs fondamentales qui nous sont chères et qu’ils ont pratiquées et défendues en toute connaissance de cause jusqu’au sacrifice de leur vie.

Le conseil de copropriété

VIVRE DEBOUT POUR NOTRE FRANCE

PhilosophesNotre ami Roland Douhard me fait parvenir le très beau texte qui suit. Je pense que beaucoup de lecteurs de ce site se reconnaîtront en lui.

 
La France, notre belle et chère France, celle qui nous a donné l’esprit des Lumières: le refus de tout dogmatisme, le choix du raisonnement contre le préjugé, l’amour, bien sûr de la liberté, mais aussi du prix de la liberté.

La France, celle qui nous séduit par la beauté de ses paysages, l’océan de son patrimoine, la profondeur de son histoire, la richesse de sa gastronomie; ma France, celle des principes républicains, des communautés du vivre-ensemble, celle qui nous emporte dans ses débats politiques passionnés et sans fin; la France, notre France, terre de la douceur de vivre de Charles Trenet, de la résistance de Jean Ferrat, de l’insolence de Charlie Hebdo.

Oui, cette France, je l’avoue, je l’aime éperdument. Cabu, Wolinsky, Charb, Tignoud, Bernard Maris étaient nos Voltaire, nos Rousseau, nos Diderot, nos Montesquieu, nos Locke.

Leurs corps nous a quittés, mais jamais leur amour de la vie ne nous abandonnera. Qu’ils sachent que nous ne renoncerons jamais à vivre debout !

Roland Douhard

France et Wallonie unies dans la douleur

Charlie Hebdo

Nous pleurons la liberté de la presse, le talent et le courage assassinés.

Charlie, nous connaissions et nous connaissons. Pour preuve, l’article que nous avions publié ci-après :

« Charlie Hebdo »

« Charlie Hebdo »… On aime ou on n’aime pas, voire on adore ou on déteste jusqu’à le haïr.

Parmi les amoureux de la caricature, on trouvera de nombreux adeptes. D’autres parlent de vulgarité pour des dessins qui ne font pas toujours, c’est vrai, dans la dentelle. Mais Charlie Hebdo, ce sont aussi des articles de qualité signés par de belles plumes.

Charlie HebdoPlusieurs membres de l’A.W.F. se rappelleront ce numéro du mercredi 21 novembre 2007 où l’hebdomadaire débarquait à Liège et consacrait ses deux pages centrales à la région liégeoise sous le titre de « Allons Wallons de la patrie ! »

Quelle ne fut pas notre surprise de voir le dessinateur Schvartz et la journaliste Marine Chanel nous rejoindre à une soirée de bowling que nous organisions. Nous avions apprécié le professionnalisme de nos interlocuteurs mais surtout l’article et les caricatures qui avaient suivi.

Outre la mouvance d’Alliance à la France, le magazine avait aussi interviewé Alfred, un sidérurgiste, sujet ô combien d’actualité, le politologue Pierre Verjans et Philippe Dutilleul, l’auteur du fameux journal télévisé fiction qui annonçait la scission de la Belgique.

Aujourd’hui, Charlie Hebdo se retrouve sous les feux de l’actualité avec les caricatures de Mahomet. D’un côté, la défense de la liberté d’expression de la presse, de l’autre, des islamistes qui ne peuvent supporter la représentation du prophète sous quelque forme que ce soit. Pris en tenailles, des millions de musulmans français qui ne demandent qu’à vivre en paix, mais aussi tous les Français qui vivent dans des pays où l’islamisme politique est au pouvoir. Enfin, la fille Le Pen qui sort du bois et reprend les vieux slogans de son père.

Charlie Hebdo n’a-t-il pas un double mérite ? Celui de nous amener à la réflexion et celui d’animer le débat. A ce double titre, je souhaite longue vie à Charlie Hebdo.

Paul Durieux

Les bons vœux de Marianne aux Wallons

Un texte de Jules GHEUDE

buste-marianneJe suis incapable, comme tout le monde, de dire de quoi 2015 sera fait.

Je peux juste souhaiter que les nombreuses régions du globe qui connaissent la guerre, la maladie ou la famine, finissent par sortir de la tragédie.

Je peux juste souhaiter aussi que l’Europe retrouve la croissance et poursuive efficacement son processus d’unification.

Car qui dit croissance, dit emplois. Il n’est de pire inégalité, à mes yeux, que celle qui divise ceux qui ont la chance de travailler et ceux qui vivent l’expérience frustrante du chômage.

Pour ce qui est de la Belgique, non seulement elle connaît une crise économico-budgétaire (sa dette représente aujourd’hui 107% de son PIB), mais sa survie même est en jeu. Tel était d’ailleurs le constat auquel étaient arrivés, en 2011, les deux élus – l’un de la majorité, l’autre de l’opposition, qui avaient été chargés par la Commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale française d’analyser la situation intérieure de la Belgique.

En fait, le ver était dans le fruit dès la création du pays en 1830. Il n’en est jamais sorti.

Tout cela résulte des conditions dans lesquelles le Royaume indépendant de Belgique a vu le jour.

Celui-ci n’est pas né de la volonté populaire, mais bien de celle des grandes puissances de l’époque (notamment la Grande-Bretagne), afin de se prémunir contre la France. Quinze ans après Waterloo, le souvenir de Napoléon était encore bien vivace !

Dans sa dernière interview, qu’il accorda, le 4 août 2011, à David Coppi du « Soir », François Perin rappelle que la révolution belge a débuté à La Monnaie ( à l’époque, le « petit peuple » n’avait sûrement pas de quoi se payer un billet d’opéra !), que le Congrès national belge ne fut élu que par 2% de la population (ceux qui avaient de quoi s’acquitter du cens et qui étaient… francophones), et que celui-ci se vit imposer par Londres le choix du monarque, en la personne de Léopold de Saxe-Cobourg Gotha.

Bref, on se trouve bel et bien confronté à un « artifice ».

Comment ne pas trouver normal qu’un Mouvement flamand voie le jour rapidement, lorsque l’on relit cette lettre adressée par Charles Rogier à Jean Raikem :

« Les premiers principes d’une bonne administration sont basés sur l’emploi exclusif d’une langue et il est évident que la seule langue des Belges doit être le français. Pour arriver à ce résultat, il est nécessaire que toutes les fonctions civiles et militaires soient confiées à des Wallons et Luxembourgeois. De cette manière, les Flamands, privés temporairement des avantages attachés à ces emplois, seront contraints d’apprendre le français, et l’on détruira ainsi peu à peu l’élément germanique. »

L’opinion francophone actuelle, dans son immense majorité, ignore tout des efforts que ce Mouvement flamand a dû déployer pour arracher les premières lois linguistiques et faire en sorte que la Flandre acquière ses lettres de noblesse sur l’échiquier politique.

Tout cela a laissé des traces, comme on a pu le constater lors des deux conflits mondiaux.

Pour le dire autrement, un sentiment national collectif a fini par se forger en Flandre. On est « vlaamsvoelend » avant d’être catholique, socialiste ou libéral.

Le nationalisme, contrairement à ce que l’on pourrait croire, n’est donc pas le fait de la seule N-VA. Comme l’a bien dit l’ancien ministre CD&V Stefaan De Clerck, il touche également la démocratie-chrétienne, il fait partie de l’ADN flamand.

En 2012, le Parlement flamand, à l’unanimité de ses membres, a d’ailleurs adopté cette « Charte pour la Flandre » dont le préambule parle expressément de Nation.

Ce contexte, on ne le trouve ni en Wallonie, ni à Bruxelles. On se rappelle le souhait du ministre-président wallon Rudy Demotte, en 2010, d’affirmer l’identité wallonne. Sauf qu’une identité ne se décrète pas, elle s’entérine !

Aujourd’hui, force est de constater que les diverses réformes institutionnelles ne sont pas parvenues à faire de la Belgique un Etat cohérent et paisible. Pour reprendre l’expression de Bart De Wever, Flamands et Wallons, constituent deux démocraties. Ils évoluent sur des planètes bien distinctes.

Nul ne sait si la coalition « suédoise » de Charles Michel pourra tenir cinq ans. Mais une chose est sûre, c’est que le processus de démantèlement de l’Etat est irréversible.

On sait que, depuis 2007, je m’emploie à préparer les esprits wallons à cette échéance. Les travaux des Etats généraux de Wallonie, démarche citoyenne que j’ai initiée en 2008, ont démontré que seule la France pouvait assurer un avenir post-belge décent à la Wallonie.

D’aucuns redoutent ou rejettent cette option par crainte de voir s’éteindre leurs prérogatives ou de perdre leur spécificité. Je pense non seulement au personnel politique, mais aussi aux responsables des syndicats et des mutuelles. En France, en effet, les syndicats ne paient pas les allocations de chômage et les mutuelles ne remboursent pas les soins de santé.

Il faut qu’ils sachent que le processus ne serait pas forcément celui d’une assimilation pure et simple. Comme le précise Jacques Lenain, cet ancien haut fonctionnaire français, qui planche sur le sujet depuis des années : Il n’est pas nécessaire que les Wallons se présentent tout nus devant Marianne pour revêtir l’uniforme français.

La Constitution française, en effet, est fort souple. Elle offre la possibilité de statuts particuliers, dont bénéficient déjà la majorité des collectivités d’outre-mer, ainsi que la Corse et l’Alsace-Moselle pour la métropole.

La Wallonie pourrait ainsi disposer d’un tel statut d’autonomie, qui lui permettrait de conserver ses organes d’auto-administration actuels, ainsi que ses compétences, lesquelles pourraient d’ailleurs être élargies, puisque la Communauté française aurait alors de facto disparu. Nos provinces et communes seraient maintenues en l’état. Quant à l’ex-droit fédéral belge, conservé, sauf exceptions, il se trouverait placé sous la responsabilité du législateur français. Et notre système de sécurité sociale serait adossé au système français.

Bref, les Wallons pourraient être Français à part entière tout en restant ce qu’ils sont aujourd’hui. C’en serait ainsi terminé des interminables chamailles communautaires, de cette suspicion réciproque qui anime Flamands et Wallons.

C’est autour de cette vision d’avenir que les Wallons doivent impérativement se rassembler.

Une vision que, du côté français, on est prêt à envisager favorablement. De passage à Bruxelles, en janvier 1996, Jacques Attali, l’ancien conseiller du président François Mitterrand, avait déclaré : S’ils étaient consultés demain sur l’éventuel rattachement des francophones de Belgique à la France, 95% des habitants de l’Hexagone répondraient favorablement.

Avec tout cela, Marianne vous présente ses bons vœux !

AWF, CAP 2015

La fin de l’année  2014 a été riche pour l’AWF. Nous avons décidé de passer à la vitesse supérieure en nous adjoignant les services d’un jeune universitaire liégeois spécialisé en communication et informatique. Notre Bureau Exécutif a finalisé un mémorandum intitulé « Alliance Wallonie-France Cap 2015 » qui a été envoyé à plus de 5 000 citoyens wallons et français qui exercent des responsabilités politiques, sociétales, culturelles et autres.

Périodiquement, nous enverrons la lettre mensuelle de notre mouvement citoyen à ces mêmes citoyens wallons et français et nous ne manquerons pas de leur ouvrir les colonnes de notre site afin d’enrichir le débat.

Le samedi 13 décembre, nous organisions une journée de réflexion à Lobbes  où Ms Robert Collignon et Jacques Lenain prirent la parole. M. Collignon nous parla de la situation politique belge, et de la prospective pour la Wallonie à l’aune de la 6ème réforme de l’état. M. Lenain développa le projet d’intégration-autonomie de la Wallonie à la France.

Nous reviendrons début janvier sur l’intervention de M. Robert Collignon et début février, nous vous inviterons à prendre connaissance du projet développé par M. Jacques Lenain sous la forme d’un texte édité en quatre chapitres.DSC_0051 bis

Mais avant cela, nous aurons à publier sur ce site les courriels échangés entre M. Paul Magnette, Ministre-Président wallon, et moi-même suite à l’envoi de notre mémorandum « AWF, cap 2015 ». Nous relayerons aussi d’autres réactions reçues dont celle d’une ministre du gouvernement fédéral.

magnette

2015 sera aussi l’année où nous éditerons notre nouveau dépliant qui sortira dans le courant du premier trimestre.DSC_0034Nous avons la ferme volonté de porter la réunion de la Wallonie à la France dans le débat sur l’avenir de la Wallonie. Telle est  l’ambition de notre opération  » AWF, cap 2015  » qui sera le fil conducteur de notre mouvement citoyen tout au long de cette année.

Paul Durieux

Mémorandum envoyé à plus de 5000 responsables français et wallons :

 

                        REJOIGNEZ L’ALLIANCE WALLONIE-­‐FRANCE !

                                  Mouvement de citoyens libres et informés

                                                       AWF Cap 2015

                             La démocratie ne s’arrête pas avec les élections…

En Belgique, jamais l’hypothèse de la réunion de la Wallonie à la France n’a été évoquée par les partis politiques traditionnels.

La réunion à la France se fera cependant quand les centres d’études des partis verront l’impasse dans laquelle les a plongés l’option d’une Belgique confédérale pour la  Wallonie et Bruxelles.

Le rôle de l’AWF est donc de sensibiliser les citoyennes et citoyens wallons afin qu’ils se mettent en mouvement pour que s’impose le débat sur l’avenir français de la Wallonie. Seul un mouvement de citoyens sera capable de faire évoluer l’opinion publique wallonne.

En  France,  la  question  « belge »  est  évoquée,  mais  non-­ingérence  et  non-indifférence restent les maîtres-­mots des responsables politiques français. Il faut dire que l’attractivité de  la  République  est  aujourd’hui  très  relative,  sur  fond  de  crise  économique  et  surtout d’une  crise  de  valeurs.  Mais  après  tout,  les  Wallons  ne  pourraient-­ils  pas  réconcilier  la France avec elle-même ?

  1. En Belgique, le débat est dominé par trois problèmes.

Le premier est économique et social, portant sur le chômage et les moyens d’une relance par une coalition fédérale. Il est commun à tous les pays européens.

Le deuxième repose sur des sociétés aux aspirations de plus en plus distanciées. La Flandre prépare en douceur son confédéralisme pendant que les Régions wallonne et bruxelloise s’accrochent à un fédéralisme dont ne veut plus le Nord.

Le troisième est purement institutionnel. Toute question traitée au niveau fédéral a un caractère institutionnel (cf. le survol des avions à Bruxelles). Tous les ministères régaliens ou importants (Intérieur, Armée, Justice…) sont aux mains des Flamands.

En Belgique, nous cumulons trois problématiques pendant qu’en France, les débats se focalisent sur l’économique, le sociétal et la réforme des régions et des départements

Si l’idée régionale ne progresse pas, en tout cas pas avant que l’on ne constate l’impasse budgétaire wallonne, à fortiori l’idée de la réunion à la France ne progressera pas plus, les deux idées étant liées.

Rappelons l’analyse de l’AWF

 1. La fin de la Belgique est inéluctable à court ou moyen terme parce que :

a. la Flandre considère que le modèle fédéral belge est un échec et qu’il faut passer au confédéralisme ;

b. pour la Flandre, la 6e réforme de l’État n’est qu’une étape avant la 7e réforme qui touchera le cœur de la sécurité sociale, ce qui signifie passer d’un modèle de société qui aujourd’hui est  commun  à  la  France  et  à  la  Belgique  à  un  modèle  anglo-saxon  dont  une  majorité  de Wallons ne veut pas ;

c. tous  les  observateurs  internationaux  de  la  vie  politique  s’accordent  à  considérer  qu’un État fédéral ou confédéral n’est viable qu’à partir du moment où il réunit un   minimum de 6 entités (cf. l’Allemagne, la Suisse, les États-­‐Unis, le Canada…);

2. L’analyse du professeur Gazon, corroborée par d’éminents professeurs en économie, démontre qu’aujourd’hui, chiffres à l’appui, une Wallonie indépendante n’est pas viable au niveau de ses finances publiques.

Une Fédération Wallonie-­Bruxelles ne l’est pas plus pour des raisons politiques   (95% des Bruxellois ne voient pas leur sort lié à celui de la Wallonie). Par ailleurs, nous assistons à un développement  important  de  l’identité  bruxelloise  (70  %  se  disent  aujourd’hui  bruxellois avant tout).

3. Par défaut, la Communauté de destin avec la France s’impose. C’est le choix de la Raison. C’est aussi le choix de la solidarité interrégionale et du refus de sacrifier au minimum deux générations de Wallons sur l’autel d’une Belgique devenue mortifère pour la Wallonie.

4. Monsieur Jacques Lenain, haut fonctionnaire français, a développé sur le site de l’AWF (http://www.alliancewalloniefrance.wordpress.com) le projet d’ »intégration-autonomie » de la Wallonie à la République française, qu’il appartiendra d’utiliser au mieux pour que sortent renforcés ET la Wallonie ET la France dans le respect de l’héritage wallon.

5. La Wallonie a la chance de partager la langue française avec la France, langue internationale présente sur les 5 continents et forte de 870 millions de locuteurs au travers de la francophonie (plus besoin de se farcir le néerlandais pour obtenir un emploi même en Flandre : voir le cas de Courtrai où les entreprises exigent de leur personnel wallon la connaissance du néerlandais, ce qu’elles n’exigent pas pour les citoyens français.) Des études sérieuses ont démontré que la Wallonie n’avait besoin que de 10 % de bilingues français-­néerlandais pour des emplois situés dans l’administration bruxelloise ou fédérale.

UN PLAN « F » : tout se passe aujourd’hui comme si l’hypothèse FRANCE n’existait pas, même à titre de simple hypothèse de travail. Il nous faut un PLAN « F ».

Les études des économistes, et notamment celles du professeur Gazon, n’ont jamais été ni démenties ni relayées dans l’opinion.

De Namur à Liège, ou de Charleroi à Nivelles, les confidences faites à l’AWF par d’anciens responsables  politiques  wallons  de  premier  plan  lors  de  nos  conférences-débats restent cachées sous le manteau.

Le  site  internet  de  l’Alliance  Wallonie-France,  dont  la  qualité  est  incontestable,  reçoit  de nombreuses visites, mais n’est que rarement évoqué, pour ne pas dire jamais…

Nous souhaitons, au sein de l’Alliance Wallonie-­‐France, que la question de la réunion de la Wallonie à la France ne soit plus soutenue par le seul élan d’émotions, d’états d’âme ou de sentiments francophiles, moteur certes indispensable à la persuasion, mais soutenue aussi par une argumentation objective et claire qui emporte la conviction.

Que l’AWF soit la lumière qui brille même dans l’obscurité la plus profonde est l’objectif de notre mouvement.

Notre « géopolitique des grandes villes » :

DUNKERQUE

                                                            COURTRAI

                                                                            BRUXELLES

     LILLE                                 TOURNAI

     VALENCIENNES                 MONS

                                                                   CHARLEROI           NAMUR             LIEGE

MAUBEUGE                                                                                                                         VERVIERS

REIMS                                                                                                 LUXEMBOURG                           

                                                                                                                    METZ

                                                                                                                    NANCY

et… PARIS

                                                                                                                               STRASBOURG

Wallonie, région de France à statut spécial ?

La Wallonie telle qu’elle est dessinée actuellement est d’une importance tout à fait comparable aux futures régions françaises.

Dès  à  présent,  nous  demandons  aux  responsables  wallons  d’activer  comme  partenaire privilégié  de  la  France  les  accords  de  coopération  signés  en  1999  et  en  2004  dans  les domaines suivants : coopération linguistique, culturelle et scientifique, échange permanent d’informations,    échange    d’expériences    et    de    personnes,    conclusions    d’ententes sectorielles,  collaboration  directe  entre  institutions  diverses  (chambres  de  commerce, universités, entreprises, associations, etc.), élaboration et réalisation de projets conjoints, transfert   réciproque   de   technologies   et   de   savoir-faire,   organisation   de   rencontres professionnelles,  séminaires,  ateliers  au  bénéfice  d’experts  et  de  porteurs  de  projets, réalisation  d’études  et  d’expertises,  promotion  réciproque  de  produits  et  de  services, promotion de partenariats interentreprises et création de sociétés mixtes.

Il  y  a  lieu  de  mettre  en  application  les  décrets  signés  entre  la  France,  la  Wallonie  et  la Communauté française Wallonie-­Bruxelles.

Le gouvernement français et le parlement wallon doivent dès à présent prendre des initiatives concrètes. Et les citoyens en proposer.

Il  nous  faut  donner  du  souffle  à  ce  mouvement  citoyen  qu’est  l’Alliance  Wallonie-France, spécialement dans les partis francophones  dits traditionnels,  pour qu’il atteigne  sa pleine envergure.

Notre programme 2015

Nous entendons agir, non seulement en Wallonie et à Bruxelles, mais aussi en France, pour qu’apparaisse ce mouvement pluraliste de citoyens porteurs de débats publics transparents sur l’avenir des relations entre la Wallonie et la France.

Avec des citoyens, des artistes, des syndicalistes, des économistes, des journalistes, des universités, des grandes écoles, des étudiants… Tout une société qui se met en route pour plus de justice, plus de fraternité et plus de solidarité.

Le  projet  d’intégration­‐autonomie  de  la  Wallonie  au  sein  de  la  République  française  tel que développé sur notre site par M. Jacques Lenain est celui qui nous permettra le mieux de rencontrer l’adhésion de la société wallonne. Nous jouirons ensemble d’une plus grande solidarité et nous serons citoyens français tout en restant Wallons toudi, et Belges pour ceux qui en ont la fibre.

Comme pour les Bretons, les Basques, les Alsaciens, les Corses ou les Savoyards, il pourra y avoir des citoyens français d’identité française, wallonne ou belge selon les sensibilités de chaque citoyen.

« FRANCE -­ WALLONIE »

Nous mettons nos forces en commun !

Tel est le sens de la campagne que nous lançons en France et en Belgique.

Site de l’AWF : www.alliancewalloniefrance.wordpress.com

Contacts :

Président : Paul Durieux, pauldurieux2003@yahoo.fr – 04 263 69 17 ou 0476 654 329

Secrétaire : Marie Malotaux, marie.malotaux@gmail.com – 081 583 743

Trésorière : Renée Decroisson, renee.decroisson@live.be – 04 380 40 63 ou 0499 381 084

Administrateurs :

Alain Balsat, a.balsat@skynet.be – 04 263 54 18 ou 0496 515 045

Louis Nisse, nisselouis@gmail.com – 04223 37 78

Louis Cartilier, cartilouis@yahoo.fr – 04 265 59 44 ou 0476 266 924

Adrien Lhomme, alh11hapi@gmail.com – 02 325 70 15 ou 0497 486 467

Georges-­‐Henry Simonis, ghsimonis@voo.be – 0485 535 623 ou 071 611 275

Michel Pieret, pieret.michel@skynet.be – 0495 214 370

Philippe Fery, philoufery@gmail.com – 0476 249 840

Paul Mélot, paulmelot1@gmail.com – 0497 606 094

Français, Wallons, venez donc nous rejoindre et nous aider. Devenez membre de notre mouvement citoyen. 

Cotisation ordinaire : 20 €/an.

Cotisation réduite (allocataires sociaux, étudiants, retraités, membres d’une même famille) : 10 €/an. Cotisation de soutien : à partir de 25 €/an. Cotisation d’honneur : à partir de 50 €/an.

Pensez aussi à un ordre permanent de 1, voire 2, 3, 4 ou 5 €/mois… selon vos possibilités. Cette façon de nous aider nous permet de programmer nos actions tout en douceur. 

N° de compte de l’AWF 22, Rue Fêchereux à 4130 Esneux : IBAN : BE26 0682 4499 3129 – BIC : GKCCBEBB

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Verser au n° de compte de l’AWF, 22, Rue Fêchereux à 4130 Esneux : IBAN : BE55 0882 4070 0744 – BIC : GKCCBEBB.

Nous aimerions recevoir vos avis, remarques ou suggestions. L’AWF édite une lettre mensuelle que vous recevrez à l’avenir. Si vous ne désirez plus recevoir les courriels de l’AWF, vous êtes priés de nous le faire savoir en vous désabonnant.

Le MR sur la voie de l’union à la France

Notre ami Michel Pieret nous envoie le petit article suivant en forme de clin d’œil.

Quelques jours avant Noël, la presse se faisait l’écho de récriminations d’élus et de membres du MR.

Ceux-ci y déploraient vivement le trop faible relais de leurs idées et actions dans la presse belge éditée en français.

le figaroMon intention n’est pas ici de jauger le bien-fondé ou le mal-fondé de cette plainte mais de noter son orientation clairement française.

En effet, ces membres du MR déploraient qu’il n’existe aucun organe de presse vraiment de droite qui reprenne et encourage leurs idées comme le fait Le Figaro en France pour les partis de droite.

De manière naturelle, ces personnalités appartenant au MR se réfèrent donc, non pas à un journal de droite allemand, britannique ou néerlandais mais à un journal français.

La réflexion politique du MR avance donc dans la bonne voie.

Comme il est peu probable de voir la presse belge éditée en français devenir le porte-parole des idées de droite ou de voir la création d’un nouvel organe de presse dont ce serait l’objectif, la solution existe.

Amis du MR, cet organe de presse qui défend vos idées, vous dites vous-mêmes que vous le lisez déjà. C’est Le Figaro.

L’Union à la France de la Wallonie (et de Bruxelles) vous offre ce journal de référence de manière on ne peut plus naturelle.

Rejoignez donc ceux de vos camarades de parti qui ont déjà fait le pas et adhérez au mouvement pour l’Alliance de la Wallonie à la France et développez ses idées.

Vous aurez ainsi, de surcroît, le journal de droite qui soutient vos idées.

Michel Pieret

Il y a 30 ans, an I de la Wallonie nouvelle

Nous vous invitons à jeter un petit coup d’œil sur le site de la RTBF, petit coup d’œil en forme de regard dans le rétroviseur de la renaissance de la Wallonie. Nous en sommes alors à la deuxième réforme parlement wallonde l’état belge, 10 ans après la première. Les choses, à l’époque, bougent lentement et choisir de déménager le siège de l’exécutif, du parlement et de l’administration wallons de Bruxelles à Namur n’est pas une mince affaire.

Il est à remarquer que depuis cette période, les réformes suivantes se sont accélérées. Elles touchent de plus en plus des matières en relation directe avec la vie des citoyens de chaque région. Elles sont de plus en plus sensibles en termes de solidarité et d’autonomie. Elles vont toutes dans le sens d’un amaigrissement de l’état fédéral au profit de nouvelles compétences attribuées aux entités fédérées ou confédérées suivant l’approche des uns ou des autres.

Une chose est certaine : la 7e réforme de l’état, celle qui suivra le gouvernement Michel, visera le cœur de la sécurité sociale et mettra fin à la solidarité interrégionale. Il appartiendra à la Wallonie de porter un véritable projet qui rencontre le bien-être de ses concitoyens. Ce projet doit s’élaborer dès maintenant… En 2015 !

Tel est le sens de l’action « AWF, CAP 2015 » que vient de lancer notre mouvement citoyen. Il nous appartiendra de convaincre nos décideurs politiques, sociétaux, culturels et autres du bien-fondé de notre projet, mais aussi de nous adresser à chaque citoyen wallon de manière à ce qu’il s’interroge sur le rôle qu’il doit jouer pour que le meilleur se produise en Wallonie.

Paul D.

Valmy FéauxDécembre 1984. La régionalisation franchit un cap. Le ministre socialiste Valmy Féaux quitte Bruxelles et installe son cabinet en bord de Meuse. A l’aube de ses 82 ans, il revient sur cette étape plus que symbolique.

1980. La Belgique vit sa deuxième réforme de l’Etat, entamée 10 ans plus tôt. Après une période dite « préparatoire », c’est le véritable acte de naissance de la Région wallonne, qui dispose désormais d’un Conseil (Parlement), d’un Exécutif (Gouvernement) et d’une administration.

La première élection des membres de l’Exécutif régional wallon a lieu en 1981. Elle aboutit à la formation d’une tripartite traditionnelle composée de 6 ministres : Jean-Maurice Dehousse, Philippe Busquin et Valmy Féaux pour le PS, André Damseaux et André Bertouille (remplacé ensuite par Jacqueline Mayence) pour le PRL et Melchior Wathelet (père) pour le PSC.

Mais il faudra pourtant attendre encore 3 ans pour voir un premier ministre quitter son cabinet de Bruxelles et s’installer à Namur. Et ce précurseur, c’est Valmy Féaux, à l’époque ministre wallon de l’Eau, de l’Environnement et de la Vie rurale.

Retour sur cette date charnière avec celui qui fut aussi bourgmestre d’Ottignies-Louvain-la-Neuve, député et sénateur, ministre du Gouvernement national, président du Conseil régional wallon, Ministre-président communautaire et 1er gouverneur du Brabant wallon…

Valmy Féaux, pourquoi faut-il attendre 1984 pour voir enfin un ministre régional, vous, s’installer à Namur?

Avec les lois de réformes institutionnelles de 1980, il a été décidé que l’Exécutif régional wallon « sortait » du Gouvernement national. On avait le choix: rester à Bruxelles ou s’installer ailleurs. Et il a en effet fallu attendre 1983 pour que sous l’égide du Ministre-président Jean-Maurice Dehousse nous décidions de transférer pour 1985 au plus tard les services centraux de l’administration et les cabinets ministériels. Décision laborieuse d’ailleurs, 4 voix pour l’installation à Namur, et 2 contre.

Suite à cette décision, vous êtes le 1er à déménager.

Oui parce que j’occupais un bâtiment au coin de la rue Belliard à Bruxelles, dont le bail arrivait à échéance fin 1984. Et puis, symboliquement, j’étais le « ministre central », sur l’axe lotharingien comme on le dit parfois, par rapport aux Liégeois et aux Hennuyers.

Vous étiez convaincu par ce transfert ?

J’étais un chaud partisan ! J’ai toujours trouvé anomal qu’un cabinet ministériel soit installé ailleurs que sur le territoire dont il avait la responsabilité. Et j’ai regretté qu’après le scrutin de 1985, et le renvoi du PS dans l’opposition, les cabinets soient rapatriés à Bruxelles sous la pression de Melchior Wathelet. Derrière tout ça, il y a le conflit toujours latent entre régionalistes et communautaristes. Le choix définitif de Namur interviendra ensuite, heureusement, avec le décret Anselme de 1986.

Comment s’est déroulé votre déménagement ?

Jean-Maurice Dehousse a pris les choses en main. Je me souviens de réunions au cours desquelles une grande carte de Namur était déployée, avec des points de chute identifiés. Puis mon secrétaire de cabinet a pris son bâton de pèlerin et a déniché ce bâtiment à Jambes. Nous avons loué plusieurs étages précédemment occupés par l’état-major de Cockerill Sambre.

Seul ministre basé à Namur, votre situation était particulière.

Principal inconvénient : toutes les réunions de l’Exécutif se tenaient encore à Bruxelles. Mais en mars 1985, nouvelle étape, nous nous sommes réunis pour la 1ère fois dans un nouveau bâtiment voisin de mon cabinet. Les murs étaient à peine secs. Ensuite l’alternance Bruxelles-Namur a pris fin lorsque Jean-Maurice Dehousse s’est lui aussi installé à Namur. L’avantage, par contre, c’est que j’étais le plus proche du Conseil régional wallon, installé alors dans l’ancienne Bourse de commerce de Namur.

Vous avez dû vous montrer persuasif pour convaincre vos collaborateurs. Un épisode un peu folklorique…

Trois mois avant notre déménagement, en septembre, nous nous sommes rendus à Namur en train. Je me souviens avoir chanté le Chant des Wallons dans le wagon que nous avions spécialement réservé (rires). Nous avons été accueillis très officiellement par le bourgmestre de Namur et le chef de gare. Et nous avons rejoint le cabinet à pied. Je voulais montrer à mes collaborateurs que le trajet entre la gare et le futur cabinet n’était pas trop long. Arrivés sur place, je me souviens qu’un militant agitait un drapeau wallon dans un immeuble voisin ! Et comme c’était les Fêtes de Wallonie, nous avons terminé notre escapade dans un bistrot célèbre du centre-ville où nous avons bu un petit peket ! (rires)

Avec le recul, vous avez l’impression d’avoir été un précurseur ?

Incontestablement. J’ai en quelque sorte été le premier ministre wallon, avec un petit « p ». Je peux même dire que j’ai ressenti un certain enthousiasme des Namurois. Ce sont des excellents souvenirs.

Propos recueillis par Rudy Hermans (RTBF)